Mu Tong

Mu Tong

Mù Tōng (Akebiae Caulis)

Identification

Chinois : 木通
Pinyin : mù tōng
Traduction : tige qui débouche le bois
Nom commun : tige d’akébia
Nom latin : Akebiae Caulis
Famille : Lardizabalaceae
Espèces : Akebia quinata (Thunb.) Decne. (木通 mù tōng, 五叶木通 wǔ yè mù tōng) ; Akebia trifoliata (Thunb.) Koidz. (三叶木通 sān yè mù tōng) ; Akebia trifoliata (Thunb.) Koidz. var. australis (Diels) Rehd. (白木通 bái mù tōng)
Partie utilisée : tige séchée
Texte d’origine : Yào Xìng Běn Cǎo 藥性本草 (Matière Médicale des Propriétés Médicinales) par Zhèn Quán au 7e siècle
Mu Tong

Nature et Saveur

Catégorie : emèdes qui drainent l’Humidité (lì shī yào 利湿藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ)
Nature : Légèrement Froid (微寒 wēi hán)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Intestin Grêle (小肠 xiǎo cháng), Vessie (膀胱 páng guāng)
Dosage : 3-6 g

Propriétés :

Favorise la diurèse et traite les syndromes de dysurie, draine le Feu du Cœur via l’Intestin Grêle, favorise la lactation et débouche les vaisseaux sanguins.

Précautions :

Mù Tōng est contre-indiqué en cas d’insécurité ou de glissement de l’essence, de spermatorrhée, de déficience et de faiblesse du Yang du Qi, ou en l’absence de Chaleur-Humidité interne. Il est formellement contre-indiqué chez la femme enceinte. En raison de sa nature froide et descendante, il est déconseillé chez les patients présentant un Froid du foyer moyen ou un effondrement du Yang. Mù Tōng présente une toxicité très faible par voie orale aux doses thérapeutiques recommandées. Il est essentiel de s’assurer que l’espèce utilisée est bien Akebia quinata, A. trifoliata ou A. trifoliata var. australis (Akebiae Caulis), et non Aristolochiae manshuriensis Caulis (关木通 guān mù tōng) qui contient l’acide aristolochique, une substance néphrotoxique connue, désormais interdite.

Fonctions principales :

Favorise la diurèse
Traite les syndromes de dysurie
Draine le Feu du Cœur
Guide le Feu vers le bas par l’Intestin Grêle
Favorise la lactation
Débouche les vaisseaux sanguins
Traite l’aménorrhée par stase de Sang
Soulage les douleurs articulaires par Vent-Humidité

Actions et Indications

– Favorise la diurèse et traite les syndromes de dysurie :
Mù Tōng est particulièrement efficace pour traiter la dysurie douloureuse causée par la Chaleur-Humidité dans la Vessie, caractérisée par une miction difficile, douloureuse et en gouttes, souvent accompagnée d’urines sombres et de brûlures urinaires.
Il est également utilisé pour traiter les œdèmes et l’ascite résultant d’un blocage des voies hydriques.
– Pour la Chaleur-Humidité dans la Vessie avec dysurie douloureuse, Mù Tōng est associé à Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Huá Shí (Talcum), formule Bā Zhèng Sǎn 八正散 (Poudre des Huit Rectifications).
– Pour la dysurie hémorragique douloureuse, Mù Tōng est associé à Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis) et Pú Huáng (Pollen Typhae).
– Pour la dysurie liée aux calculs urinaires, on l’associe à Jīn Qián Cǎo (Lysimachiae Herba) et Hǎi Jīn Shā (Lygodii Spora).
– Pour les œdèmes, Mù Tōng est associé à Fú Líng (Poria) et Zhū Líng (Polyporus).

– Draine le Feu du Cœur via l’Intestin Grêle :
Mù Tōng draine le Feu excessif du Cœur en le faisant descendre et sortir par l’Intestin Grêle et la Vessie sous forme d’urines. Cette action traite l’irritabilité accompagnée d’ulcérations de la bouche ou de la langue, et les urines rares et sombres causées par le Feu du Cœur.
Mù Tōng est l’un des remèdes les plus efficaces pour traiter la transmission du Feu du Cœur à l’Intestin Grêle, caractérisée par une sensation de brûlure à la miction, une irritabilité et des ulcérations buccales.
– Pour le Feu du Cœur se transmettant à l’Intestin Grêle avec irritabilité et miction douloureuse, Mù Tōng est associé à Dēng Xīn Cǎo (Junci Medulla).
– Pour les ulcérations de la cavité buccale, la douleur brûlante dans la gorge, l’irritabilité et l’insomnie due au Feu du Cœur en excès, Mù Tōng est associé à Dàn Zhú Yè (Lophateri Herba) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), formule Dǎo Chì Sǎn 導赤散 (Poudre qui Guide le Rouge vers le Bas).

– Favorise la lactation et débouche les vaisseaux sanguins :
Mù Tōng favorise la circulation du Qi et du Sang pour déboucher les vaisseaux lactifères, traitant ainsi l’insuffisance lactée. Il est également utilisé pour l’aménorrhée et pour la douleur et la raideur articulaires causées par l’obstruction des collatéraux.
– Pour l’insuffisance lactée due à une déficience du Qi, Mù Tōng est associé à Huáng Qí (Radix Astragali) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis).
– Pour l’insuffisance lactée avec les pieds de porc et Wáng Bù Liú Xíng (Semen Vaccariae) en décoction épaisse.
– Pour les douleurs articulaires et l’obstruction due au Vent-Humidité, Mù Tōng est associé à Fáng Jǐ (Radix Stephaniae Tetrandrae) et Cāng Zhú (Atractylodis Rhizoma).
– Pour l’aménorrhée due à la stase de Sang, on l’associe à Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) et Hóng Huā (Flos Carthami).

Liste des symptômes

Troubles urinaires par Chaleur-Humidité :
Dysurie douloureuse avec miction en gouttes et brûlures
Urines rares, sombres et concentrées
Douleur et brûlures à la miction
Calculs urinaires
Hématurie douloureuse
Œdèmes et ascite

Troubles du Cœur et de l’Intestin Grêle :
Irritabilité due au Feu du Cœur
Ulcérations de la bouche et de la langue
Douleur brûlante dans la gorge
Insomnie avec agitation
Urines sombres, rares et brûlantes par Feu du Cœur

Troubles gynécologiques et circulatoires :
Insuffisance lactée
Aménorrhée due à la stase de Sang
Douleurs et raideurs articulaires par Vent-Humidité obstruant les collatéraux

Commentaire

Mù Tōng (Akebiae Caulis) tire son nom de sa capacité à déboucher et à faciliter la circulation – « mù » désigne le bois, la structure végétale perforée de canaux, et « tōng » signifie « déboucher, faire circuler ». Ce remède amer et légèrement froid pénètre dans les méridiens du Cœur, de l’Intestin Grêle et de la Vessie. Sa nature est de déboucher et de faciliter l’élimination des eaux pathogènes tout en clarifiant le Feu et la Chaleur-Humidité. Il dirige le Feu vers le bas en le faisant sortir par les urines, draine la Chaleur-Humidité du foyer inférieur, et débouche la circulation du Qi et du Sang dans les vaisseaux.

Un adage classique dit d’« utiliser Mù Tōng pour le Feu souverain, et Zé Xiè (Alismatis Rhizoma) pour le Feu ministériel ». Bien que similaires pour faciliter les voies hydriques, ces deux remèdes diffèrent dans leur application : Mù Tōng clarifie le Feu du Cœur et de l’Intestin Grêle (Feu souverain), tandis que Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) clarifie le Feu ministériel du méridien du Rein. Tous deux traitent l’arrêt interne des eaux et de l’Humidité, mais Mù Tōng débouche également le flux de Qi et de Sang.

Mù Tōng se distingue de Tōng Cǎo (Medulla Tetrapanacis) par son action plus puissante et descendante. Tōng Cǎo est doux et fade, sans amertume ; il élève le Qi pour faciliter la miction et convient à la Chaleur-Humidité légère. Mù Tōng est amer et froid, descendant et drainant ; il clarifie le Feu du Cœur et de l’Intestin Grêle pour faciliter les voies hydriques, et est utilisé pour des symptômes tels que les ulcères de la bouche et de la langue, les mictions douloureuses et l’hématurie. Les deux remèdes favorisent la lactation et traitent l’aménorrhée et les syndromes douloureux d’obstruction, mais l’amertume de Mù Tōng favorise davantage le mouvement du Sang. Un point crucial de sécurité : Mù Tōng (Akebiae Caulis) ne doit jamais être confondu avec Guān Mù Tōng (Aristolochiae manshuriensis Caulis), ce dernier contenant de l’acide aristolochique, une substance hautement néphrotoxique aujourd’hui interdite à l’usage clinique en Occident et progressivement retirée en Chine.

Associations

– avec Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Huá Shí (Talcum) : pour la Chaleur-Humidité dans la Vessie avec dysurie douloureuse (formule Bā Zhèng Sǎn 八正散 Poudre des Huit Rectifications)

– avec Dàn Zhú Yè (Lophateri Herba) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) : pour les ulcérations de la cavité buccale, la douleur brûlante dans la gorge, l’irritabilité et l’insomnie par Feu du Cœur en excès (formule Dǎo Chì Sǎn 導赤散 Poudre qui Guide le Rouge vers le Bas)

– avec Dēng Xīn Cǎo (Junci Medulla) : pour le Feu du Cœur se transmettant à l’Intestin Grêle avec irritabilité et miction douloureuse

– avec Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis) et Pú Huáng (Pollen Typhae) : pour la dysurie hémorragique douloureuse

– avec Jīn Qián Cǎo (Lysimachiae Herba) et Hǎi Jīn Shā (Lygodii Spora) : pour la dysurie liée aux calculs urinaires

– avec Huáng Qí (Radix Astragali) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) : pour l’insuffisance lactée due à une déficience du Qi

– avec Fáng Jǐ (Radix Stephaniae Tetrandrae) et Cāng Zhú (Atractylodis Rhizoma) : pour les douleurs articulaires par obstruction Vent-Humidité

– avec Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) et Hóng Huā (Flos Carthami) : pour l’aménorrhée due à la stase de Sang

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng mù tōng) : forme standard utilisée en décoction, maximise l’action pour favoriser la diurèse, drainer le Feu du Cœur et déboucher les vaisseaux
– préparation par cuisson sèche légère (炒木通 chǎo mù tōng) : légèrement moins froide, ne lèse pas l’Estomac, conserve l’action de clarifier la Chaleur et de favoriser la miction sans drainer le Qi originel

Formules Classiques

– Bā Zhèng Sǎn (八正散 Poudre des Huit Rectifications)
Cette formule associe Mù Tōng à Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Huá Shí (Talcum), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la Chaleur-Humidité dans la Vessie avec dysurie douloureuse, hématurie, urines sombres et concentrées, rétention d’urines ou constipation.

– Dǎo Chì Sǎn (導赤散 Poudre qui Guide le Rouge vers le Bas)
Formule associant Mù Tōng à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Dàn Zhú Yè (Lophateri Herba) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae preparata) pour traiter le Feu du Cœur en excès avec ulcérations de la bouche et de la langue, irritabilité, insomnie et miction douloureuse avec urines sombres. Cette formule guide le Feu du Cœur vers le bas pour le faire sortir par les urines.

Toxicité :

Mù Tōng (Akebiae Caulis – espèces Akebia spp.) présente une toxicité très faible par voie orale aux doses thérapeutiques recommandées (3-6 g). Aucun effet indésirable significatif n’est attendu avec les espèces standard. Cependant, l’identification précise de l’espèce est absolument essentielle pour la sécurité d’utilisation. Deux succédanés couramment utilisés en Chine – Guān Mù Tōng (Aristolochiae manshuriensis Caulis) et Chuān Mù Tōng (Clematidis armandii Caulis) – ont été utilisés de manière extensive comme substituts pendant une grande partie du 20e siècle. Guān Mù Tōng contient l’acide aristolochique, une substance néphrotoxique connue dont la toxicité est significative lors de prises à fortes doses sur une période prolongée. Ce dernier n’est plus disponible en Occident et est progressivement interdit en Chine également. La Pharmacopée Chinoise officielle (édition 2000, addendum 2002) a rétabli Akebiae Caulis comme remède standard. En raison de sa nature amère, froide et descendante, une utilisation excessive peut léser le Qi du foyer moyen.


Publié par

PHAM Van Huyen

Diététicien Nutritionniste, diététique et pharmacopée traditionnelles chinoises

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