dì lóng

Identification

Chinois
地龍
Pinyin
dì lóng
Traduction
dragon de la terre
Nom commun
ver de terre séché
Nom latin
Pheretima
Famille
Megascolecidae
Espèces
Pheretima aspergillum (Perrier) (廣地龍 guǎng dì lóng) ; Allolobophora caliginosa (Savigny) trapezoides (Ant. Duges) (土地龍 tǔ dì lóng)
Partie utilisée
corps entier séché, éviscéré
Texte d’origine
Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle

Nature, saveurs et tropismes

  • Nature : Froid (寒 hán)
  • Saveurs : Salé (鹹 xián)
  • Tropismes : Foie (肝 gān), Rate (脾 pí), Vessie (膀胱 páng guāng), Poumon (肺 fèi)

Actions principales

Clarifie la Chaleur et éteint le Vent, arrête les convulsions et les spasmes, ouvre les méridiens et les collatéraux, calme l’asthme et arrête la dyspnée, abaisse le Yang du Foie, favorise la diurèse.

Actions, indications et tableaux cliniques

Clarifie la Chaleur et éteint le Vent

Dì Lóng est pénétrant de nature, il éteint le Vent et clarifie la Chaleur pour traiter les affections fébriles avec forte fièvre, manie, convulsions, spasmes et épilepsie. Il est particulièrement indiqué dans les patterns de Chaleur intense générant le Vent interne avec agitation, perte de conscience et opisthotonos.

Ouvre les méridiens et les collatéraux

Dì Lóng débouche les méridiens, soulage les douleurs et traite les obstructions dans les méridiens et les collatéraux ( bì zhèng 痺證), qu’elles soient d’origine Chaleur ou Froid. Il est couramment utilisé pour les syndromes d’obstruction douloureuse avec douleurs articulaires, raideur et engourdissement des membres.

Calme l’asthme et arrête la dyspnée

Dì Lóng dilate les muscles bronchiques et calme la dyspnée. Il est efficace pour l’asthme bronchique, le sifflement respiratoire et la coqueluche chez l’enfant causés par la Chaleur du Poumon. Il est récemment utilisé sous forme injectable pour traiter les crises d’asthme.

Favorise la diurèse

De saveur salée, Dì Lóng entre dans le méridien de la Vessie pour clarifier la Chaleur et promouvoir la diurèse. Il traite les difficultés urinaires avec dysurie, les calculs urinaires et la rétention urinaire.

Abaisse le Yang du Foie et réduit la pression artérielle

Dì Lóng exerce un effet doux mais durable pour abaisser la pression artérielle. Il traite efficacement l’hypertension causée par la montée du Yang du Foie avec yeux rouges, céphalées, vertiges et goût amer dans la bouche.

Associations traditionnelles

Qi déficient + Stase / post-AVC traditionnel

Tableau : Hémiplégie, faiblesse et troubles moteurs dans un tableau Qi déficient avec Stase

Association : Huáng Qí | Dāng Guī | Chì Sháo | Chuān Xiōng | Hóng Huā | Táo Rén — Bǔ Yáng Huán Wǔ Tāng 补阳还五汤

Tonifier le Qi, activer le Sang et ouvrir les collatéraux

Vent / collatéraux

Tableau : Hémiplégie ou contracture avec Vent et Stase

Association : Gōu Téng | Sāng Zhī | Chì Sháo

Éteindre le Vent et ouvrir les collatéraux

Indications principales — repères cliniques

Troubles fébriles et neurologiques : Forte fièvre avec agitation et manie Convulsions et spasmes chez l’enfant Épilepsie et crises convulsives Opisthotonos et contractures Perte de conscience
Troubles musculo-squelettiques : Syndrome d’obstruction douloureuse par Chaleur-Humidité Articulations rouges, gonflées, chaudes et douloureuses Raideur et engourdissement des membres Hémiplégie post-AVC Paralysie avec troubles de la parole Douleurs et gonflement des fractures
Troubles respiratoires : Respiration sifflante attribuée traditionnellement à la Chaleur du Poumon Sifflement respiratoire et dyspnée Toux avec respiration sifflante dans le cadre traditionnel Spasmes bronchiques avec mucosités
Troubles urinaires et cardiovasculaires : Dysurie par Chaleur de la Vessie Calculs urinaires Rétention urinaire Oedème des membres inférieurs Hypertension par Yang du Foie ascendant Céphalées et vertiges par Yang ascendant

Posologie et préparation

  • 5-15 g en décoction ; 1-2 g en poudre ; 10-20 g (forme fraîche)

Formules classiques et contextes formulaires

  • Bǔ Yáng Huán Wǔ Tāng 补阳还五汤 — Tonifier le Qi, activer le Sang et ouvrir les collatéraux

Précautions et sécurité

Données de sécurité

La littérature moderne sur Pheretima rassemble des données de pharmacologie, de toxicologie et des usages cliniques hétérogènes. Elle ne permet pas d’établir ici un risque obstétrical humain quantifié ni de transposer aux décoctions les effets indésirables rapportés avec des préparations injectables. La grossesse et les antécédents allergiques justifient une prudence renforcée et une évaluation adaptée au produit utilisé.

Commentaire

Le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng mentionne l’earthworm sous le nom 蚯蚓 ; les appellations 土龍 et 地龍 et la systématisation moderne de Dì Lóng apparaissent dans une stratification ultérieure. Les indications anciennes ne correspondent pas directement au cadre moderne « éteint le Vent, ouvre les collatéraux, traite l’asthme et l’hémiplégie ». Le Běn Cǎo Gāng Mù documente une expansion historique des usages et des appellations, mais la fonction abstraite « ouvrir les collatéraux » ne doit pas être présentée comme une citation directe si le passage exact n’est pas fourni.

Sources

  • Traditional attribution; transmitted/reconstructed text; Sun Xingyan 孫星衍 recension — Shén Nóng Běn Cǎo Jīng — source
  • Li Shizhen 李時珍 — Běn Cǎo Gāng Mù (1596) — source
  • Hong Kong Baptist University Chinese Medicine Formulae Images Database — 补阳还五汤 — Bǔ Yáng Huán Wǔ Tāng (2026) — source
  • Nanjing University of Chinese Medicine — 蔓荆 — associations ophtalmiques incluant 蝉蜕 (2025) — source
  • Luo FH et al. — Pheretima: A system review of zoology, traditional applications, processing technology, chemical composition, pharmacologic activities, quality control and toxicity (2025) — source

Ài Yè

Ai Ye

Identification

Chinois : 艾叶
Pinyin : Ài Yè
Traduction : Feuille d’armoise
Nom commun : Armoise d’Argyi, moxa
Nom latin : Artemisiae Argyi Folium
Famille : Asteraceae
Espèces : Artemisia argyi H. Lév. & Vaniot (espèce principale) ; Artemisia princeps Pamp. (utilisée dans certaines régions)
Partie utilisée : Feuilles séchées
Texte d’origine : Míng Yī Bié Lù 名醫別錄 (matière médicale ancienne traditionnellement associée à Táo Hóngjǐng)
Ai Ye

Nature, saveurs et tropismes

Nature : Tiède (溫 wēn)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Piquant (辛 xīn)
Tropismes : Foie (肝 gān), Rate (脾 pí), Rein (肾 shèn)

Actions principales

Ài Yè réchauffe les méridiens et arrête les saignements en dispersant le Froid, ce qui explique son emploi classique dans les hémorragies gynécologiques relevant d’un tableau de Froid ou de Vide.
Il active le Sang, disperse le Froid et calme le fœtus dans les contextes obstétricaux, et constitue la matière première du moxa utilisé en moxibustion.

Actions, indications et tableaux cliniques

Réchauffe les méridiens et arrête les saignements

Ài Yè est l’herbe principale pour traiter les hémorragies dues au Froid ou à un Vide de Yang, notamment les métrorragies, ménorragies, spotting intermenstruel et saignements utérins survenant avec des signes de Froid (sang pâle ou noirâtre, douleur abdominale basse améliorée par la chaleur, teint blême, pouls profond et lent).
Son action hémostatique repose sur la chaleur qu’il insuffle dans les méridiens du Foie, de la Rate et du Rein, qui gouvernent respectivement la circulation, la maîtrise et la racine du Sang.
Utilisé seul sous forme carbonisée, il arrête les saignements gynécologiques légers ; associé à d’autres herbes hémostatiques et toniques, il traite les hémorragies chroniques par Vide.

Disperse le Froid et soulage la douleur

Grâce à sa chaleur pénétrante et à ses propriétés piquantes qui ouvrent les méridiens, Ài Yè chasse le Froid logé dans l’utérus, le bas abdomen et les méridiens Chong et Ren.
Il est indiqué dans les dysménorrhées, les douleurs abdominales basses et les crampes menstruelles causées par le Froid, ainsi que dans les douleurs gynécologiques par Stagnation de Sang liée au Froid.
En moxibustion directe ou indirecte, il transmet une chaleur profonde aux méridiens et aux points d’acupuncture, mobilisant le Qi et le Sang dans les zones refroidies.

Calme le fœtus et prévient la fausse couche

Ài Yè est l’un des remèdes obstétricaux les plus anciens de la pharmacopée chinoise.
Il stabilise le fœtus lorsque la grossesse est menacée par un Vide de Yang de la Rate et du Rein, ou par un Froid dans les méridiens Chong et Ren, manifesté par des saignements vaginaux légers, des douleurs abdominales basses et une fatigue profonde pendant la grossesse.
Son action de réchauffement de l’utérus et de consolidation du Rein, qui gouverne la conception et la nidation, soutient son emploi traditionnel pour « calmer le fœtus » dans des tableaux précisément différenciés.

Dissipe l’Humidité, soulage les démangeaisons et traite en usage externe

En usage topique sous forme de décoction pour bain ou de fumigation, Ài Yè dissipe l’Humidité-Froid ou l’Humidité-Chaleur superficielle, traite les dermatoses prurigineuses, l’eczéma, la gale, les ulcères cutanés et les affections vaginales.
Des travaux modernes ont étudié les produits et fumées issus du moxa ; ces données ne suffisent pas, à elles seules, à établir un effet antimicrobien ou antiviral clinique.
Utilisé en bain de pieds ou de bassin, il réchauffe les méridiens du bas du corps et traite les douleurs ostéoarticulaires par Bi Froid-Humidité.

Associations traditionnelles

Froid / hémorragies gynécologiques

Tableau : Métrorragies ou saignements de grossesse sur terrain de Vide-Froid
Association : È Jiāo | Dāng Guī | Dì Huáng dans la formule Jiāo Ài Tāng 胶艾汤
Indications : Réchauffer les méridiens, nourrir le Sang et arrêter les saignements

Rein / grossesse

Tableau : Mouvements fœtaux instables avec insuffisance du Rein
Association : Tù Sī Zǐ | Sāng Jì Shēng | Xù Duàn
Indications : Nourrir le Sang, soutenir le Rein et stabiliser la grossesse dans le cadre traditionnel

Froid du Centre / saignement

Tableau : Hématémèse ou épistaxis par insuffisance du Yang du Centre
Association : Gān Jiāng | Cè Bǎi Yè dans la formule Bǎi Yè Tāng 柏叶汤
Indications : Réchauffer le Centre et arrêter le saignement dans un tableau de Froid

Indications principales – repères cliniques

Hémorragies gynécologiques : Métrorragies et ménorragies par Vide de Yang ou Froid dans l’utérus Saignements utérins pendant la grossesse avec menace d’avortement

Spotting intermenstruel avec sang pâle ou fluide Dysménorrhée avec douleurs améliorées par la chaleur Leucorrhée abondante claire ou blanchâtre par Humidité-Froid

Douleurs par Froid et Vide de Yang : Douleurs abdominales basses chroniques par Froid dans l’utérus Crampes menstruelles sévères par Stagnation de Sang liée au Froid Douleurs ostéoarticulaires par syndrome Bi Froid-Humidité Membres froids et douloureux par Vide de Yang du Rein

Pathologies dermatologiques (usage externe) : Eczéma et dermatoses prurigineuses par Humidité Prurigo et démangeaisons cutanées chroniques Ulcères cutanés et plaies torpides Infections vaginales avec pertes et démangeaisons

Posologie et préparation

Décoction : 3-9 g
Poudre : 1,5-3 g
Usage topique en moxibustion ou lavage externe : modalités à adapter au contexte et à la pratique

Formules classiques et contextes formulaires

Jiāo Ài Tāng 胶艾汤 : Réchauffer les méridiens, nourrir le Sang et arrêter les saignements

Bǎi Yè Tāng 柏叶汤 : Réchauffer le Centre et arrêter le saignement dans un tableau de Froid

Précautions et sécurité

Précautions traditionnelles

Ài Yè est chaud et piquant ; un usage prolongé ou à dose élevée peut générer de la Chaleur interne, endommager le Yin et le Sang, et provoquer des nausées, vomissements ou irritation gastrique.
Il est contre-indiqué en cas de saignement par Chaleur dans le Sang ou de Vide de Yin avec Chaleur interne.
L’emploi pendant la grossesse relève d’indications traditionnelles spécifiques et nécessite une évaluation professionnelle individualisée ; les données disponibles ne permettent pas d’affirmer une sécurité générale.
Éviter en cas de Chaleur du Foie montante ou d’Humidité-Chaleur prédominante.

Commentaire

Ài Yè 艾葉 est documenté dans les matières médicales anciennes pour ses usages internes, gynécologiques et en moxibustion.
La référence historique doit être rattachée au Míng Yī Bié Lù 名醫別錄, et non au Míng Yī Zá Zhù 明醫雜著.
Dans le Běn Cǎo Gāng Mù, Li Shizhen rapporte notamment des fonctions de réchauffement du centre, d’expulsion du Froid et de l’Humidité et décrit un large champ d’emploi.
Ces formulations classiques doivent être distinguées de la systématisation MTC ultérieure en termes de méridiens, Chong/Ren et Stase de Sang.
Les indications modernes et les données pharmacologiques doivent être présentées séparément des citations historiques.

Sources

– Li Shizhen 李時珍 : Běn Cǎo Gāng Mù (1596) ; source
– Tao Hongjing 陶弘景 (traditional compilation/attribution) : Míng Yī Bié Lù ; source
– Nanjing University of Chinese Medicine : 艾  applications et associations traditionnelles (2019) ; source

Le Hún : l’âme éthérée, messagère des rêves et des élans de l’âme

Hun

Vous êtes hypersensible, rêveur·se, intuitif·ve, souvent traversé·e par des émotions profondes ou par un imaginaire foisonnant ?

La médecine traditionnelle chinoise (MTC) reconnaît cette richesse intérieure et y donne un nom : le Hún (魂), que l’on peut traduire par « âme éthérée ».

Qu’est-ce que le Hún ?

Dans la pensée chinoise, l’être humain est composé de plusieurs dimensions énergétiques et spirituelles. Parmi elles, le Hún représente l’âme éthérée, associée à l’élément Bois et au Foie. Contrairement au Po, l’âme corporelle liée au Poumon et à l’élément Métal, qui est ancrée dans le corps physique et disparaît après la mort, le Hún est considéré comme une entité plus subtile, liée à l’imagination, à la créativité, à la vision et à la connexion spirituelle.

Le Hún est souvent décrit comme l’aspect de l’âme qui voyage, notamment pendant les rêves, et qui nous relie à notre intuition et à notre capacité à envisager l’avenir. Il est associé à la capacité de donner un sens à notre vie, de cultiver des aspirations et de nourrir notre imagination.

On dit du Hún qu’il est comme une brume légère : il va et vient, circule librement, capte des impressions, des messages, des intuitions.

Pour les personnes hypersensibles, qui ressentent les émotions et les énergies de manière amplifiée, le Hún peut jouer un rôle central dans la gestion de leur sensibilité et dans leur quête d’équilibre.

 

Le rôle du Hún pour les hypersensibles

Les personnes hypersensibles ont souvent une perception aiguë du monde qui les entoure. Elles captent les émotions, les ambiances et les énergies subtiles, ce qui peut être à la fois une force et une source de surcharge émotionnelle. En médecine chinoise, cette sensibilité peut être liée à un Hún particulièrement actif ou, parfois, déséquilibré.

Le Hún est logé dans le Foie, qui, selon la MTC, régule la circulation harmonieuse du Qi (énergie vitale) dans le corps. Lorsque le Foie est en déséquilibre – par exemple, à cause de stress, de frustrations ou d’émotions refoulées – le Hún peut devenir instable. Cela peut se manifester par des symptômes comme des rêves agités, une difficulté à se projeter dans l’avenir, une sensation de vide intérieur ou, à l’inverse, une imagination débordante mais chaotique. Pour les hypersensibles, ces signes peuvent être amplifiés, car leur Hún est souvent très actif, les rendant plus réceptifs aux influences internes et externes.

Voici ce que le Hún permet quand il est en harmonie :

  • Accès aux rêves, à l’intuition, à la créativité
  • Élan de vie, motivation intérieure, envie d’explorer
  • Imagination fertile, inspiration artistique ou spirituelle
  • Capacité à ressentir profondément, à se relier aux autres

Mais quand il est perturbé (souvent par la fatigue, un stress émotionnel, ou un vide énergétique), il peut générer :

  • Trop de pensées ou de rêves confus
  • Une sensation de ne pas être « ancré »
  • Des troubles du sommeil ou de l’agitation mentale
  • Une mélancolie diffuse, un sentiment d’errance

Comment prendre soin de son Hún ?

  1. S’ancrer dans le corps

Un Hún trop « flottant » peut rendre la personne rêveuse, instable ou perdue dans ses émotions. Pour l’apaiser :

  • Pratiquez des activités corporelles douces : marche en nature, yoga, Qi Gong.
  • Massez ou chauffez la zone des pieds (notamment sous le gros orteil : point Yong Quan, R1).
  1. Nourrir son monde intérieur

Le Hún a besoin d’être honoré, exprimé :

  • Écrivez vos rêves, tenez un journal.
  • Créez : dessinez, chantez, imaginez.
  • Accordez-vous des moments de solitude et de silence.
  1. Apaiser le mental
  • Respirez profondément, surtout le soir.
  • Limitez les stimulations avant le coucher.
  • Essayez des tisanes calmantes (fleur d’oranger, mélisse, jujube – Suan Zao Ren en MTC).
  1. Soutenir le Foie et le Sang

Car un Foie en bonne santé permet au Hún de s’ancrer. Privilégiez :

  • Une alimentation chaude, riche en légumes verts, légumineuses, dattes rouges, ortie, betterave.
  • Le repos aux bons moments : se coucher avant 23h, moment clé du Foie en chronobiologie chinoise.

 

Le Hún, messager de votre âme

Pour les personnes hypersensibles, comprendre le rôle du Hún en médecine chinoise peut ouvrir une porte vers une meilleure connaissance de soi. Leur sensibilité, souvent perçue comme un défi, est en réalité une manifestation de leur connexion profonde avec leur âme éthérée. En prenant soin de leur Foie, en cultivant leur créativité et en apaisant leur esprit, elles peuvent transformer cette sensibilité en une force puissante, leur permettant de vivre en harmonie avec elles-mêmes et le monde qui les entoure.

La médecine chinoise nous rappelle que nous sommes des êtres complexes, à la croisée du corps, de l’esprit et de l’âme. En honorant notre Hún, nous honorons notre capacité à rêver, à créer et à donner un sens à notre existence – une invitation particulièrement précieuse pour les âmes sensibles.

 

ALIMENTS CONSEILLÉS

Voici une sélection d’aliments conseillés pour nourrir et équilibrer le Hún
en particulier chez les personnes hypersensibles, selon les principes de la médecine traditionnelle chinoise (MTC).

L’objectif est de :

  1. Nourrir le Sang (afin d’ancrer le Hún)
  2. Soutenir le Foie (l’organe lié au Hún)
  3. Apaiser l’Esprit (Shén) (souvent agité chez les sensibles)
  4. Renforcer l’enracinement énergétique

 

  1. Aliments qui nourrissent le Sang du Foie

Un bon ancrage du Hún passe par un Sang abondant et harmonieux.

  • Dattes rouges (jujube) – Da Zao : tonifient le Sang et calment l’Esprit
  • Angélique chinoise – Dang Gui : souvent utilisée en décoction ou en soupe
  • Betterave : favorise la production de Sang et soutient le Foie
  • Ortie (infusion ou soupe) : reminéralisante et tonique du Sang
  • Œufs (surtout le jaune) : riches en nutriments yin
  • Viandes maigres (canard, poulet fermier) : nourrissantes, à consommer cuites longuement
  • Graines de sésame noir : très bénéfiques pour le Sang et les Reins
  1. Aliments qui soutiennent le Foie (et donc le Hún)

Le Foie aime les aliments verts, légèrement amers ou acides, qui favorisent le libre mouvement de l’énergie (Qi).

  • Légumes verts à feuilles : épinards, roquette, cresson, brocoli
  • Artichaut, pissenlit, chicorée : soutiennent la détox douce du Foie
  • Zeste de citron, citron vert (en petite quantité dans l’eau tiède le matin)
  • Graines germées : renforcent la vitalité du Foie
  • Pommes et prunes : légèrement acidulées, elles aident le Foie à « circuler »
  1. Aliments qui apaisent le Shén (Esprit)

Pour calmer l’agitation mentale, les ruminations et favoriser un sommeil paisible.

  • Graines de jujube sauvage – Suan Zao Ren (souvent en tisane ou décoction)
  • Fleur d’oranger, camomille, mélisse : infusions douces le soir
  • Amandes, noix : riches en bons lipides, nourrissent le Cœur
  • Miel (en petite quantité) : apaise et harmonise
  1. Aliments d’ancrage et de centrage

Pour les hypersensibles qui « flottent » souvent dans leur tête ou leur imaginaire.

  • Patate douce, potimarron, carottes : nourrissants, rassurants, soutiennent la Terre (Rate)
  • Riz complet, millet, avoine : base douce et stable pour l’énergie
  • Soupe chaude, bouillons longs (os, légumes racines) : favorisent le retour au corps
  • Noix de coco, dattes sèches : nourrissent à la fois le Yin et l’ancrage


À éviter (ou à modérer)

Pour les personnes hypersensibles, certains aliments peuvent aggraver l’instabilité du Hún :

  • Café, thé noir fort, sucre raffiné → excitants du système nerveux
  • Alcool, épices fortes → dispersent le Qi et troublent l’Esprit
  • Aliments crus ou froids (surtout en hiver) → affaiblissent la Rate et donc le Sang
  • Aliments ultra-transformés → nuisent à l’équilibre général

 

Voici un menu type équilibré sur une journée

respectant la répartition 12 % protéines, 33 % lipides et 55 % glucides

Ce menu est construit selon les principes de la médecine chinoise adaptés aux hypersensibles : apaisant, nourrissant le Sang, soutenant le Foie, et évitant les excès de stimulation. Il respecte également l’équilibre yin-yang, favorise l’ancrage, et s’adapte à un métabolisme moyen.

SPÉCIAL HYPERSENSIBLES (en MTC)

  • Le matin : ancrage + tonification douce de la Rate
  • Le midi : régulation du Foie + apports en Qi et Sang
  • Le soir : apaisement du Shén, sommeil réparateur

PETIT-DÉJEUNER

Nourrir la Rate, ancrer le matin, éviter les excès de froid

  • Porridge de flocons d’avoine (40 g) cuit dans lait végétal enrichi (200 ml)
  • 1 c. à café de graines de sésame noir moulues
  • 1 c. à café de miel
  • 5 dattes séchées (ou 2 jujubes rouges chinoises)
  • 1 œuf dur ou poché (pour nourrir le Sang)
  • Thé de longane et jujube (infusion douce)

DÉJEUNER

Ancrage + circulation du Qi du Foie + soutien du Sang

  • Poêlée de légumes verts (épinards, brocoli, poireau) sautés à l’huile de sésame (1 c. à soupe)
  • Riz semi-complet (70 g sec)
  • Tofu ferme poêlé ou filet de truite vapeur (100 g)
  • Sauce légère au tamari + gingembre
  • 1 compote maison de pomme-prune (sans sucre ajouté)
  • Tisane de mélisse ou de camomille

COLLATION

Apaisement de l’Esprit, douceur sans excès

  • Amandes (15 g)
  • 1 fruit frais de saison (ex : poire ou clémentine)
  • Infusion de fleurs d’oranger ou passiflore

DÎNER

Léger, digestible, calme l’Esprit, favorise le sommeil

  • Soupe douce maison : potimarron, carotte, céleri, lentilles corail (30 g)
  • Millet cuit (40 g sec) ou petit bol de riz gluant
  • Tisane de Suan Zao Ren ou décoction Ye Jiao Teng
  • 1 carré de chocolat noir 85 % (optionnel, max 5 g

 

Voici un menu type végétarien

équilibré avec 12 % protéines, 33 % lipides et 55 % glucides

Et surtout :
– avec un bon apport en acides aminés essentiels, en combinant intelligemment céréales + légumineuses + oléagineux.
– inspiré des principes de la médecine chinoise, pour les hypersensibles : apaisant, enracinant, nourrissant le Sang.

PETIT-DÉJEUNER

  • Porridge de flocons d’avoine (40 g) + lait de soja enrichi (200 ml)
  • Graines de sésame noir moulues (1 c. à café)
  • Purée d’amandes (1 c. à café)
  • 5 dattes ou 2 jujubes rouges (Da Zao)
  • 1 cuillère à café de pollen frais (facultatif, pour le Sang et la vitalité)
  • Tisane de jujube et longane

Avoine + soja = bonne synergie lysine/méthionine
Amande + sésame = renfort calcium et acides gras

DÉJEUNER

  • Lentilles corail cuites (80 g)
  • Riz semi-complet cuit (100 g)
  • Poêlée de légumes verts (brocoli, courgette, épinard) à l’huile d’olive (1 c. à soupe)
  • Graines de courge (1 c. à soupe)
  • Compote de pomme et prune maison (sans sucre)
  • Tisane de mélisse

Lentilles + riz = protéines complètes
L
égumes verts + graines de courge = apport en fer et zinc végétal

COLLATION

  • Noix ou amandes (15 g)
  • 1 fruit frais de saison (poire, pomme, clémentine)
  • Infusion camomille / fleur d’oranger

DÎNER

  • Soupe de potimarron, carottes, oignon + pois chiches (60 g cuits)
  • Millet cuit (40 g sec)
  • 1 cuillère à soupe d’huile de colza crue (après cuisson)
  • Infusion de Suan Zao Ren ou Ye Jiao Teng

Pois chiches + millet = bonne complémentarité acides aminés
Colza = om
éga-3 végétal, pour le système nerveux

Voici une sélection de plantes de la pharmacopée chinoise adaptées aux personnes hypersensibles, selon les principes de la médecine traditionnelle chinoise (MTC). Ces remèdes visent à :

  1. Nourrir le Sang (pour ancrer le Hún)

  2. Calmer l’Esprit (Shén)

  3. Harmoniser le Foie (pour équilibrer les émotions)

  4. Ancrer l’énergie et stabiliser le psychisme

PHARMACOPÉE POUR L’HYPERSENSIBILITÉ (adaptée au Hún)

Nom chinois (latin) Fonction principale Indication MTC / Émotionnelle
Suan Zao Ren (Ziziphus spinosa, graine de jujube sauvage) Nourrit le Sang, calme le Shén Insomnie, nervosité, rumination, rêve excessif
Bai Shao (Paeonia lactiflora, pivoine blanche) Nourrit le Sang, assouplit le Foie Hypersensibilité émotionnelle, irritabilité, spasmes
Long Yan Rou (longane, chair de fruit séchée) Tonifie le Cœur et la Rate, calme le Shén Fatigue mentale, perte de mémoire, anxiété douce
He Huan Pi (Albizzia julibrissin, écorce) Libère les émotions bloquées, calme le Shén Tristesse chronique, chagrin, oppression émotionnelle
Ye Jiao Teng (Polygonum multiflorum, tige) Nourrit le Sang, calme l’Esprit, favorise le sommeil Insomnie, déconnexion, sensation de vide
Fu Shen (Poria cocos avec racine de pin) Renforce la Rate, calme l’Esprit, ancre Peurs vagues, anxiété flottante, difficulté d’ancrage
Dang Gui (Angelica sinensis) Nourrit le Sang et régule le Foie Faiblesse émotionnelle, fatigue, irritabilité
Yuan Zhi (Polygala tenuifolia) Ouvre l’Esprit, calme le Cœur, clarifie Excès mental, dispersion, anxiété panique (avec prudence)

Pour les hypersensibles, il est important de ne pas trop disperser ni trop tonifier, mais plutôt de nourrir, recentrer, et apaiser.

  • Formule classique douce : Suan Zao Ren Tang
    → Insomnie légère, fatigue mentale, agitation due à vide de Sang
    Ingrédients : Suan Zao Ren, Fu Ling, Chuan Xiong, Zhi Mu, Gan Cao

  • Autre formule utile : Gui Pi Tang
    → Fatigue, pleurs faciles, faiblesse émotionnelle, anxiété avec vide de Sang et de Qi de la Rate
    Contient Long Yan Rou, Dang Gui, Huang Qi, Suan Zao Ren, etc.

Conseils d’utilisation

  • Toujours utiliser sous supervision d’un praticien en MTC, surtout pour éviter les interactions ou les déséquilibres secondaires.

  • Privilégier les formes douces : décoctions faibles, tisanes, ou poudres modérées.

  • Accompagner avec des rituels calmes : infusions en conscience, respiration, auto-massage.

À éviter ou utiliser avec prudence

  • Yuan Zhi à haute dose : peut exciter l’Esprit chez les très sensibles.

  • Plantes trop yang ou piquantes : Rou Gui, Fu Zi, Ma Huang, sauf en cas de terrain froid bien ciblé.

  • Plantes laxatives ou dispersantes : risquent de désancrer ou aggraver l’hypersensibilité.

 

Le Hun, cette part éthérée de nous-mêmes, est à la fois source de rêve, de créativité et de quête spirituelle. Chez les personnes hypersensibles, il s’exprime souvent avec intensité, révélant une grande richesse intérieure… mais aussi une certaine vulnérabilité quand il est mal ancré.

La médecine chinoise nous offre des clés précieuses pour harmoniser ce souffle subtil : une alimentation nourrissante pour le Sang et le Foie, des plantes apaisantes et structurantes, des rituels de recentrage. Nourrir et stabiliser le Hun, c’est offrir à notre sensibilité un espace sûr pour s’épanouir.

En apprenant à écouter votre monde intérieur, à équilibrer votre énergie et à honorer votre sensibilité, vous transformez ce que vous perceviez peut-être comme une fragilité en une véritable force de vie.

Traitement de la maladie de Lyme en Médecine Chinoise

Maladie de Lyme

La maladie de Lyme, également appelée borréliose de Lyme1, est une maladie infectieuse qui touche l’être humain et de nombreux animaux.
Elle est transmise par morsure de tiques, les plus répandues en Europe étant Ixodes ricinus, un acarien de la famille des Ixodeae2.
C’est une maladie bactérienne due à une borrélie3, bactérie classée dans le groupe des spirochètes en raison de son aspect serpentiforme et spiralé.

Agent pathogène

La borrélie la plus connue est Borrelia burgdorferi (pour avoir été identifiée comme première responsable de la maladie de Lyme aux États-Unis). Les borrélies disposent de divers moyens, encore mal compris, d’échapper au système immunitaire de leur hôte. Elles peuvent aussi dans certaines conditions résister aux traitements antibiotiques et se développer après une phase d’apparente guérison.
Dans un milieu qui leur convient, elles sont beaucoup plus mobiles et rapides que les globules blancs.
Dans des conditions de stress non létal, les spirochètes peuvent se protéger en s’agrégeant dans des granules coccoïdoforme. Ces kystes semblent être entourés d’une membrane qui n’est pas reconnue comme étrangère par le système immunitaire, et qui n’est donc pas attaquée par les globules blancs.
Lorsque les conditions sont plus favorables, une partie des kystes s’ouvrent en libérant des borrélies viables, ce qui suggère qu’il s’agit bien d’une phase de dormance. C’est ce qui pourrait expliquer la réapparition de symptômes après une période d’apparente guérison. Les borrélies responsables de la maladie de Lyme semblent ainsi pouvoir se protéger durant des années voire des dizaines d’années.
Ces facteurs pourraient, au moins en partie, expliquer des réinfections fréquemment rencontrées avec les spirochètes, et le caractère souvent récurrent des symptômes entrecoupés de phase de dormance apparente du microbe, et l’inefficacité de certaines thérapies dans le cas de borréliose.

L’existence et la signification de formes non guéries par le traitement standard, ou l’attribution de pathologies chroniques à la maladie de Lyme, posent le problème de la « maladie chronique de Lyme », une controverse sociétale dite « Lyme War » aux États-Unis ou « Scandale de Lyme » en France, cette forme supposée chronique n’étant pas validée par les recherches scientifiques actuelles4.

Maladie

Après inoculation, il y a peu de réaction inflammatoire immédiate. Les borrélies sont capables de modifier leurs antigènes de surface (Outer surface proteins ou Osp), et d’échapper aux premières défenses immunitaires. En l’absence de traitement, elles diffusent localement dans la peau à partir du site d’inoculation (érythème migrant).
Puis elles diffusent par voie sanguine vers les tissus articulaires, neurologiques et cardiaques. Chez le sujet immunocompétent, après plusieurs semaines ou mois, les réponses anticorps finissent par contrôler l’infection disséminée, même en l’absence de traitement, et les symptômes s’estompent.
Chez l’homme, le système immunitaire est activé en permanence jusqu’à ce que la bactérie soit éliminée, celle-ci pouvant persister longtemps dans des sites localisés. En l’absence de traitement, la bactérie a pu être mise en évidence plusieurs années après l’inoculation, notamment dans les lésions cutanées tardives (acrodermatite chronique atrophiante ou ACA). Après une infection, il n’y a pas d’immunité protectrice mise en place, même si des anticorps restent présents.

Classiquement, la maladie évolue en trois phases, non obligatoires. Chaque phase peut être révélatrice ou s’intriquer avec une autre, avec des poussées ou des rémissions à chaque phase. Outre les variations selon les zones géographiques (Amérique et Eurasie), la maladie est aussi variable selon les patients (certains ne présentent que la phase primaire, d’autres la phase tertiaire).

La phase primaire, ou précoce localisée, qui survient 3 à 30 jours après l’inoculation, est une phase cutanée, représentée par l’érythème migrant. Dans 20 à 30 % des cas, elle est absente ou passe inaperçue.

La phase secondaire, ou précoce disséminée, se manifeste dans les semaines ou mois après inoculation. Elle peut être révélatrice (apparaître en premier). Selon les cas (germe causal en rapport avec la zone géographique), les troubles peuvent être neurologiques, articulaires, cardiaques, ou cutanés.

Ces deux premières phases sont parfois regroupées en une seule phase dite précoce, surtout en Europe, car les troubles sont divers (plus grande variété de borrélies). La maladie de Lyme se présente comme un ensemble polymorphe (maladies apparemment différentes). Alors qu’en Amérique du Nord, la maladie de Lyme se présente plutôt sous une forme articulaire, unique ou prédominante.

La phase tertiaire se produit des mois ou des années après inoculation. Elle signe une infection persistante ou résurgente, elle peut être aussi révélatrice. Il s’agit de formes chroniques : cutanées, articulaires ou neurologiques. Du point de vue clinique, elles ne sont guère spécifiques (elles peuvent aussi se rencontrer en dehors de la maladie de Lyme), à l’exception de l’acrodermatite chronique atrophiante.
La « neuroborréliose tardive » regroupe plusieurs entités, dont l’encéphalite (atteinte cérébrale) et les polyneuropathies (atteinte des nerfs). L’encéphalite ou encéphalomyélite, chronique ou tardive, se manifeste par des troubles variés : troubles cognitifs, difficultés de concentration parfois associés un état de fatigue, douleurs, faiblesse musculaire, troubles moteurs… Le lien avec une maladie de Lyme est reconnu lorsqu’on retrouve une synthèse d’anticorps spécifiques dans le liquide cérébro-spinal. Une polyneuropathie se manifeste d’abord avec des pics de douleurs, parfois accompagnés d’engourdissements et picotements dans les mains ou les pieds. Elle est classiquement associée à l’acrodermatite atrophiante. Il peut s’agir aussi de douleurs radiculaires chroniques isolées se manifestant comme une sciatique.

Ces formes tardives sont reconnues lorsqu’elles forment des ensembles typiques et cohérents d’un point de vue clinique et biologique. Elles sont discutées ou controversées quand la clinique n’est pas caractéristique et la biologie non validée.

Traitements

Les infections traitées en phase primaire sont guéries par les antibiotiques. Dans près de 90 % des cas, elles sont traitées efficacement par une antibiothérapie de 2 à 4 semaines.
Si la phase primaire passe inaperçue, ou insuffisamment traitée, la maladie continue d’évoluer.
Environ 10 % des patients traités, et peut être plus chez ceux ayant une neuroborréliose, continuent d’avoir des troubles subjectifs (fatigue, douleurs musculaires, troubles cognitifs…). Ces troubles persistent plus de 6 mois après antibiothérapie préconisée, et jusqu’à plus de 10 ans, au moins de façon intermittente.
Même si la plupart des patients s’améliorent au fil des mois, cet état affecte durablement la qualité de vie.
C’est le « syndrome post-borréliose de Lyme », ou PLDS Post-Lyme Disease Syndrom.
Dans cette situation, les études contrôlées ne montrent pas de différence entre une antibiothérapie prolongée et un placebo.

Maladies parasitaires chroniques et Médecine chinoise

Dans un article publié en 1998 dans le Journal of Chinese Medicine, le Dr Heiner Fruehauf expose que le concept ancien de Syndrome Gǔ (gǔ zhēng) est une approche clinique valide pour le traitement de maladies inflammatoires ou parasitaires chroniques, telle que la maladie de Lyme5.

Historiquement, le Gǔ était une pratique où un chamane administrait un poison à une personne, qui lui faisait oublier qui elle était. Le Shǐjì (史記 Mémoires Historiques) rédigé par l’historien Sīmǎ Qiān, rapporte qu’en 91 AEC un incident Gǔ a causé la mort de plus de dix mille personnes. Les victimes auraient été tuées par des poupées de bois ensorcelées, enterrées près de l’endroit où ils vivaient. Dès lors, le terme Gǔ désigne une situation où l’attaquant est dans l’obscurité et la victime ne sait pas ce qui lui arrive.
Bien que le terme Gǔ soit mentionné dans tous les ouvrages médicaux classiques anciens, en commençant par le Huángdì Nèijīng (黄帝内经 Classique Interne de l’Empereur Jaune), celui-ci a disparu des ouvrages cliniques modernes car le Syndrome Gǔ a été jugé comme une croyance « féodaliste et superstitieuse » de l’ancien temps, considérant que la croyance des démons et les pratiques exorcistes n’avaient plus leur place dans la pratique clinique moderne.

GuLe terme Gǔ est l’un des plus anciens caractères chinois puisqu’on le retrouve inscrit sur des os oraculaires.
Le caractère 蠱 gǔ est composé du radical 虫 chóng « serpent », qui répété trois fois 蟲 prend la signification de « ver, insectes », et du radical 皿 mǐn « plat, vaisselle ».
Cela représente un plat dans le contenu duquel croissent des vers. C’est la représentation de ce qui est corrompu.
Durant des siècles, les femmes de la tribu Miao étaient réputées pour leur maitrise de la fabrication du poison Gǔ : le cinquième jour du cinquième mois, elles enterraient dans un pot des animaux et des insectes venimeux (serpents, vers, scorpions…) qui se dévoraient entre eux, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un. Celui-ci était considéré comme le plus virulent. Il était alors utilisé sous forme de poudre ou d’extrait pour empoisonner quelqu’un.
(Joseph Needham note que la même technique a été employée pour isoler la bactérie capable d’attaquer le bacille de la tuberculose…).
Par la suite, les textes médicaux décrivent le syndrome Gǔ comme une infestation de vers dans le corps. Cependant, il est fait la distinction entre le syndrome d’infestation de vers (chóng zhēng) et le syndrome Gǔ (gǔ zhēng) où la toxicité est telle qu’elle finit par dévaster le corps et l’esprit de la personne. On peut dire que le syndrome Gǔ correspond à une infestation particulièrement sévère de parasites et de co-infections qui peuvent atteindre l’état mental de la personne, d’où l’idée de « possession » par des fantômes invisibles.

L’hexagramme 18 du Yìjīng (Le Livre des Mutations) ䷑ gǔ signifie « Le travail sur ce qui est corrompu ». L’hexagramme décrit la situation énergétique où un Vent faible se heurte à l’immobilité de la Montagne. Son mouvement se trouvant empêché, l’absence de mouvement et d’air entraine le pourrissement. Dans le cadre de cet hexagramme, la stagnation est telle que les manifestations de dégradation et de pourrissement (corruption) doivent entrainer une action forte et persévérante. Cependant, il est nécessaire d’avoir certains égards, une certaine délicatesse en portant remède. On ne doit pas se montrer trop cassant afin de ne pas blesser par de la brusquerie.

Syndrome Gu

Les caractéristiques cliniques du Syndrome Gǔ sont décrites ainsi dans la littérature traditionnelle6 :
– il est malveillant et peut avoir des conséquences mortelles
– il entre dans l’organisme à travers la nourriture
– il est considéré comme un type de toxine (gǔ dú). Ceci fait référence aux maladies épidémiques, mais également parce que les textes classiques notent que « Gǔ peut se transformer lui-même en une toxine nocive ».
– il se développe principalement dans les organismes déficients et une fois établi, il blesse encore plus la source du Qi de l’organisme.
– il agit dans l’ombre : il est souvent difficile de déterminer où et quand l’agent pathogène a été contacté, ce qui rend le diagnostic extrêmement difficile.
– les symptômes Gǔ typiques que l’on peut trouver dans la littérature se réfèrent à un tableau d’infection parasitaire par des protozoaires.
– la présence de symptômes mentaux (souvent combinés avec des problèmes digestifs) est l’élément déterminant.
– une personne atteinte peut vivre toute sa vie avec cette infection sans forcément mourir.

Le Bèijí Qiānjīn Yàofāng (备急千金要方 Prescriptions Essentielles Valant Mille pièces d’Or) écrit en 652 par Sūn Sīmiǎo cite : « il existe plus de mille toxines Gǔ, chacune d’entre elles pouvant potentiellement causer différents symptômes. Certaines peuvent causer du sang dans les selles, pendant que d’autres entraînent le désir de s’allonger dans le noir ; d’autres peuvent provoquer des sautes d’humeur, telles que des phases de dépression alternant avec des périodes soudaines de joie ; d’autres encore causent des sensations de lourdeur et de douleurs des membres ; et encore une myriade d’autres symptômes que nous n’avons pas la place de lister entièrement ».

Les principaux symptômes les plus souvent cités dans les textes classiques sont :

Symptômes digestifs
Diarrhée chronique, selles molles ou alternance de diarrhée et de constipation, selles explosives, ballonnements abdominaux ou ascite, crampes abdominales et/ou douleurs, nausées, sang et/ou pus dans les selles, appétit diminué ou vorace, fringales particulières.

Symptômes neuromusculaires
Courbatures, lourdeur musculaire, faiblesse musculaire ; douleurs erratiques ; sensations de chaleur physique ; transpirations nocturnes froides ; lourdeur et douleur des extrémités ; aversion de la lumière vive, désir de rester allongé dans l’obscurité.

Symptômes mentaux
Dépression, pensées suicidaires fréquentes ; accès de colère, crise de rage ; changement d’humeur brusque ; agitation interne, insomnie ; sensation générale de confusion, schémas de pensée chaotique ; hallucinations visuelles et/ou auditives ; crise d’épilepsie ; sensation d’être « possédé ».

Signes constitutionnels
État d’épuisement mental et physique progressif, indications d’épuisement du Yuan Qi ; cernes sombres sous les yeux ; symptômes mystérieux qui échappent à un diagnostic clair ; historique d’infection aigue à protozoaires, voyages en régions tropicales ;
Langue : pointe rouge ou « taches parasite » rouges avec stagnation dans les veines sublinguales (les « taches parasites » chóng bān 蟲斑 sont des petits points rouges se regroupant généralement sur le premier tiers de la langue, brillants sous un enduit gras, et qui s’étendent parfois jusqu’au centre. On dit souvent qu’ils sont indicateurs de la présence de vers ou autres parasites, particulièrement observé chez les enfants. Ils sont le signe de Chaleur localisée parmi de l’Humidité, un tableau énergétique, différent de la Chaleur-Humidité, typique de la plupart des infections parasitaires).
Enduit : gras et enraciné
Pouls : Superficiel (浮 fú) et Grand (大 dà), ou Rugueux (涩 sè)

La particularité du Syndrome Gǔ est qu’il est particulièrement difficile à traiter et qu’il ne répond pas à l’approche classique biànzhèng lùn zhì (traitement adapté au diagnostic différentiel), ni au liùjīng biànzhèng (diagnostic différentiel selon les Six Niveaux).
La plupart des ouvrages classiques consacrent un chapitre particulier pour le Syndrome Gǔ. Les médecins ont toujours mis l’accent sur le fait que les symptômes induits par le Gǔ (tels que diarrhées chroniques, ascites, syndrome de dépérissement (cachexie), symptômes mentaux, etc..), doivent être diagnostiqués et traités de manière totalement différente du contexte ordinaire de ces déséquilibres.
Dans le Pǔjì Fāng (普濟方 Prescriptions pour le Soulagement Universel) écrit en 1406 par le Prince Zhū Sù 朱橚, il est dit : « Le médecin vulgaire traite la diarrhée de type Gǔ comme une diarrhée ordinaire, et c’est complètement faux ». Lorsqu’un patient présente des symptômes qui s’apparentent à une déficience de Qi de la Rate, les méthodes ordinaires pour traiter fatigue, ballonnements, problèmes digestifs, ne fonctionnent pas et peuvent même empirer les symptômes.
L’un des paramètres qui peut permettre de diagnostiquer un Syndrome Gǔ, est que l’utilisation de renshen (panax ginseng), aggrave les symptômes, et donc est une contre-indication. Il apparait que les toniques du Qi, tels que renshen ou dangshen (radix codonopsis) renforcent non seulement le système immunitaire mais tonifient aussi l’agent pathogène.

Le Dr Heiner Fruehauf identifie deux types de syndrome Gǔ : le Gu Cerveau et le Gu Digestif.
Le Gu Digestif est caractérisé par une inflammation limitée au système digestif. A travers la relation étroite entre les intestins et le cerveau par l’intermédiaire des neurotransmetteurs, cet état inflammatoire peut influencer fortement sur l’humeur, mais le retentissement sur le système nerveux va rester secondaire.
Dans le Gu Cerveau, dont la maladie de Lyme est la manifestation typique, le système nerveux est la principale cible de l’infection. Il existe également des symptômes digestifs, mais ceux-ci restent secondaires par rapport aux troubles nerveux. Les patients atteints de Gu Cerveau sont dans un état cognitif et émotionnel extrêmement fragile, pouvant aller jusqu’à des épisodes psychotiques d’hallucinations ou de comportement chaotique. Le tableau qui se rapproche le plus du Gu Cerveau et celui de la malaria. Le terme Nüè 虐 malaria, est souvent cité dans les textes classiques à côté du syndrome Gǔ. Il signifie littéralement « maladie de la torture ».
La maladie de Lyme est à la fois Gǔ et Nüè, c’est-à-dire une infection parasitaire sévère qui épuise et vide progressivement son hôte (Gǔ) et créé un état de souffrance physique, mental et émotionnel (Nüè).

Ce qui caractérise Gǔ et Nüè, du point de vue de la Médecine Chinoise, est l’implication du Vent (fēng 風) et de l’Humidité (shī 湿), ainsi que d’un agent pathogène caché qui va rester longtemps (fú xié 伏邪) et s’enfoncer au plus profond de l’organisme jusqu’à atteindre la couche shaoyin, et affecter le Rein et le Cœur.
On peut noter que le caractère fēng 風 (Vent) contient le caractère chóng 虫 (parasite) et que l’hexagramme Gǔ ䷑ est composé du trigramme « Vent » sous la « Montagne ».

Traitement

C’est dans l’ouvrage Zhìgǔ Xīnfāng (治蛊新方 Nouvelles Formules pour le Traitement de Gǔ) écrit par Lù Shùndé en 1823 que l’on trouve une approche rationnelle et efficace pour le traitement du Syndrome Gǔ avec six principes de traitement.

  1. Disperser la toxine Gu, avec des plantes diaphorétiques (qui augmentent la transpiration) (sàn dú 散毒)

C’est la catégorie la plus importante du traitement du Syndrome Gǔ. Les plantes telles que Zi Su Ye, Bai Zhi ou Bo He induisent la transpiration et chassent le Vent pervers, mais de manière plus douce que Ma Huang ou Gui Zhi, et leur propriété aromatique puissante va permettre de pénétrer les profondeurs de l’organisme.

Zi Su Ye (Folium Perillae Frutescentis)
Bo He (Herba Menthae)
Bai Zhi (Radix Angelicae)
Lian Qiao (Fructus Forsythiae Suspensae)
Gao Ben (Rhizoma et Radix Ligustici Sinensis)
Sheng Ma (Rhizoma Cimicifugae)
Ju Hua (Flos Chrysanthemi Morifolii)

  1. Tuer les parasites (shā chóng 殺蟲) et chasser les démons (qū guǐ 驅鬼)

L’ail cru, Da Suan, et en particulier l’ail violet du Sichuan, est souvent recommandé comme remède simple et efficace du syndrome Gǔ. Dans la tradition populaire occidentale, l’ail est réputé pour ses propriétés antihelmintiques7 (vermifuge) et était également réputé contre « les possessions démoniaques »8.
En usage externe, on l’utilise pour effectuer des moxas sur tranches d’ail sur les « 13  Points du Démon »  (shísān guǐxué 十三鬼穴).

Da Suan (Bulbus Alli Sativi)
Yu Jin (Tuber Curcumae)
Ku Shen (Radix Sophorae Flavescentis)
Huai Hua (Flos Sophorae Japonicae Immaturus)
She Chuang Zi (Fructus Cnidii Monnieri)
Jin Yin Hua (Flos Lonicerae Japonicae)
Qing Hao (Herba Artemisiae Apiaceae)
Shi Chang Pu (Rhizoma Acori Graminei)
Ding Xiang (Flos Caryophylli)
He Zi (Fructus Terminaliae Chebulae)
Lei Wan (Sclerotium Omphaliae Lapidescens)
Bing Lang (Semen Arecae Catechu)
Ku Gua (Momordica Charantia)
Chuan Shan Jia (Squama Manitis Pentadactylae).

  1. Calmer l’Esprit (en nourrissant le Yin et en tonifiant le Qi du Poumon et du Coeur) (ān shén 安神)

Les plantes les plus représentatives de cette catégorie sont Huang Jing et Bai He, considérées par les taoïstes en quête d’immortalité comme Huá Tuó, comme l’Essence de la Terre, ayant à la fois des propriétés tonique et calmante pour favoriser la méditation, et antiparasitaires. Bai He est le remède principal de la maladie qui porte son nom, Maladie du Bulbe de Lys (bǎihé bìng 百合病), qui recouvre un ensemble de désordres psychologiques et émotionnels, un malaise général avec difficulté à parler, manger, s’allonger, marcher, comme si la personne était « possédée par un esprit malveillant »9.

Huang Jing (Rhizome Polygonati)
Bai He (Bulbus Lilii)
Bei Sha Shen (Radix Glehniae Littoralis)
Xuan Shen (Radix Scrophulariae Ningpoensis)
Sheng Di Huang (Radix Rehmanniae Glutinosae)
Xi Yang Shen (Radix Panacis Quinquefolii)
Fu Shen (Poriae Cocos Pararadicis Sclerotium)
Jiang Xiang (Lignum Dalbergiae Odoriferae).

  1. Tonifier le Qi et le Sang (avec des substances piquantes/détoxifiantes) (bǔ qì xuè 補氣血)

Les deux plantes majeures sont Dang Gui avec ses propriétés piquantes et Gan Cao avec ses propriétés détoxifiantes. En cas de diarrhées on évitera He Shou Wu. Wu Jia Pi est intéressante en cas de douleur généralisée.

Dang Gui (Radix Angelicae Sinensis)
Bai Shao (Radix Paeoniae Lactiflorae)
He Shou Wu (Radix Polygoni Multiflori)
Gan Cao (Radix Glycyrrhizae Uralensis)
Huang Qi (Radix Astragali)
Wu Jia Pi (Cortex Acanthopanacis Radicis)

  1. Mobiliser le Qi et disperser les Stases de Sang (avec des plantes anti-parasitaires) (xíng qì pò xiě 行氣破血)

En plus de leurs propriétés antiparasitaires, ces plantes vont permettre de disperser les masses et semblent pouvoir attaquer le bio-film qui entoure les parasites, qui leur permet d’échapper au système immunitaire et de résister aux traitements.

Chuan Xiong (Radix Ligustici Wallichii)
Chai Hu (Radix Bupleuri)
E Zhu (Rhizoma Curcumae Zedoariae)
San Leng (Rhizoma Sparganii)
Chen Pi (Pericarpium Citri Reticulatae)
Mu Xiang (Radix Saussureae seu Vladimirae)
Ze Lan (Herba Lycopi Lucidi)
San Qi (Radix Notoginseng)

  1. Tiédir le Yang (wēn shèn yáng 温肾阳)

Les stagnations sévères doivent être « bousculées » de manière forte, avec des substances qui présentent une certaine toxicité, mais qui permettent également de soutenir le Yang véritable afin que l’organisme lui-même puisse mobiliser son énergie pour se défendre.

Xiong Huang (Realgar)
Liu Huang (Sulphur)
Zhi Fu Zi (Rx. Aconiti Carmichaeli Preparata)
Zhi Chuan Wu (Radix Aconiti Preparata)
Zhi Cao Wu (Radix Aconiti Kusnezoffii Preparata)
Ba Dou (Semen Crotonis)
Wu Gong (Scolopendra)

Cette combinaison de six catégories permet une utilisation adaptée au traitement à long terme, et cliniquement efficace sur le Syndrome Gǔ.

Lors de la réalisation d’une formule individualisée, on utilise entre 12 et 15 remèdes, avec une moyenne de 1-3 remèdes par catégorie.
Il est important de pouvoir changer régulièrement la formule, environ toute les six semaines, afin d’éviter l’adaptation des parasites au traitement et éviter les éventuelles réponses allergiques de l’organisme.
Ces changements, en gardant la structure des six catégories, permettent des variations et des adaptations tout en gardant les mêmes principes de traitements.
Cette procédure peut inclure des changements mineurs, tels que remplacer Gui Zhi par Rou Gui, ou Fu Zi par Chuan Wu ; des changements plus importants comme changer un remède de chacune des catégories ; ou des changements majeurs, comme changer complètement de formule.

Les dosages recommandés varient entre 60 et 90 g de plantes sèches, soit 12 à 18 g de poudre concentrée.
Pour les personnes très sensibles, il est possible de commencer avec un dosage plus faible de 2 à 6 g par jour, puis d’augmenter progressivement.

En général, les bénéfices commencent à se faire sentir au bout de 6 à 12 semaines, sachant que le traitement est de longue durée, pouvant aller de 6 mois, si la personne est jeune ou que l’infection est récente, à 5 ans et plus, si l’infection s’est installée depuis plusieurs décennies et que la personne est particulièrement faible.
De plus la progression n’est pas linéaire mais ressemble plutôt à deux pas en avant et un pas en arrière, avec des phases de plateau.

Maitre Ranxi, spécialiste du Syndrome Gǔ de la Dynastie Qing disait :
« Lorsque la toxine Gǔ est entrée au centre de la personne, on peut la comparer à l’huile qui s’infiltre dans la farine ; elle est partout et peut être difficilement séparée ».

Recommandations diététiques

Durant le traitement (mais également après), éviter :
Poulet, canard, poissons, crevettes, escargots, gecko, serpents, tous type d’insectes.
Egalement tous les aliments qui peuvent « nourrir les parasites » : tous les sucres et produit sucrés, miel, jujubes.

Augmenter la consommation de :
Tofu, céleri, choux, épinard, racine de lotus, shiso (feuille de perilla), menthe poivrée, ail, raifort, gingembre, melon amer (momordique), champignon noir (Oreille de Judas), litchi, longane, orange, mandarine, pamplemousse, prune, grenade, pastèque, vinaigre, thé vert, agneau et porc.
Cependant, si l’un de ces aliments aggrave la situation, il faudra alors l’éviter.

Acupuncture

Source : Qugu Ranxi Lu (Traité de Maitre Ranxi pour chasser le Gu), 1893

  • Appliquer un moxa à l’ail vigoureux sur V-43 gāohuāngshù
  • Moxa sur V-13, E-36 et Guikuxie (point de lamentation du démon) (La description de la localisation de ce point n’est pas exacte. Il semblerait qu’il soit localisé au milieu de la première phalange du pouce, à côté de P-11. Un des commentaires dit : « lorsqu’on applique la moxibustion, le démon va venir gémir, révélant son nom ».)
  • Il est recommandé de faire fréquemment de l’acupressure avec une préparation à base de menthol, particulièrement sur les Treize Points du Démon (十三鬼穴shísān guǐxué), ou de puncturer de manière sélective ces points :

Treize Points du Démon (points gui) :

DM-26 (鬼宮 guǐ gōng Palais du Démon)
P-11 (鬼信 guǐ xìn Lettre du Démon)
Rte-1 (鬼壘 guǐ lěi Rempart du Démon)
MC-7 (鬼心 guǐ xīn Coeur du Démon)
VB-62 (鬼路 guǐ lù Chemin du Démon)
DM-16 (鬼枕 guǐ zhěn Oreiller du Démon)
E-6 (鬼床 guǐ chuáng Lit du Démon)
RM-24 (鬼市 guǐ shì Marché du Démon)
MC-8 (鬼窟 guǐ kū Grotte du Démon)
DM-23 (鬼堂 guǐ táng Palais du Démon) Shangxing
RM-1 chez les hommes /Yumen (tête du clitoris) chez les femmes (鬼藏 guǐ cáng Cache du Démon)
GI-11 (鬼臣 guǐ chén Vassal du Démon)
Haiquan (sous la langue) (鬼封 guǐ fēng Sceau du Démon)

  1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Maladie_de_Lyme 
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Tiques
  3. https://fr.wikipedia.org/wiki/Borrelia
  4. https://www.lymedisease.org/lyme-wars-nbc-ny/
  5. “Driving Out Demons and Snakes: Gu Syndrome, A Forgotten Clinical Approach to Chronic Parasitism” by Heiner Fruehauf, in The Journal of Chinese Medicine, May 1998.
  6. https://en.wikipedia.org/wiki/Gu_(poison)
  7. https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthelminthique
  8. « L’utilisation de l’ail pour repousser revenants et vampires de l’Égypte antique à l’Europe de l’Est », Amandine Marshall, docteur en égyptologie, Archéologia, no559, novembre 2017, p. 48 à 53.
  9. Jīn Kuì Yào Lüè (金匮要略) Prescriptions Essentielles du Cabinet d’Or), Zhang Zhongjing, Beijing 2013.
  10. Qugu Ranxi Lu (Traité de Maitre Ranxi pour chasser le Gu), 1893 



Vous ne pouvez pas copier le contenu de cette page