
Dà Jì (Herba seu Radix Cirsii Japonici)
Identification
Chinois : 大蓟
Pinyin : Dà Jì
Traduction : grand chardon
Nom commun : chardon du Japon, grand chardon japonais
Nom latin : Herba seu Radix Cirsii Japonici
Famille : Asteraceae (Compositae)
Espèces : Cirsium japonicum DC. (大蓟 Dà Jì)
Partie utilisée : parties aériennes et racine, séchées ou fraîches
Texte d’origine : Míng Yī Bié Lù 名醫別錄 (Registres Séparés des Médecins Célèbres) par Táo Hóng-Jǐng au 5e siècle

Nature et Saveur
Catégorie : Remèdes qui arrêtent les saignements (zhǐ xuè yào 止血藥)
Saveurs : Doux (甘 gān), Amer (苦 kǔ)
Nature : Frais (凉 liáng)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Foie (肝 gān)
Dosage : 9-15 g en décoction (forme sèche) ; 30-60 g (forme fraîche) ; usage externe : quantité suffisante
Propriétés :
Refroidit le Sang et arrête les saignements, réduit les abcès et élimine les toxines, dissipe les accumulations de Sang stagnant, favorise la diurèse.
Précautions :
Dà Jì est contre-indiqué en cas de déficience et de Froid de la Rate et de l’Estomac avec selles molles. De nature fraîche, il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant des saignements dus à une déficience de Qi ou à un Froid interne. La forme fraîche possède des propriétés plus fortes pour refroidir le Sang et arrêter les saignements que la forme sèche. La forme calcinée (炭 tàn) est plus efficace pour arrêter les saignements actifs. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées.
Fonctions principales :
Refroidit le Sang
Arrête les saignements
Réduit les abcès
Élimine les toxines
Dissipe le Sang stagnant
Favorise la diurèse
Actions et Indications
– Refroidit le Sang et arrête les saignements :
Dà Jì est l’un des remèdes les plus importants pour traiter toutes les formes de saignements causés par la Chaleur dans le Sang. Il traite l’hématurie, l’hémoptysie, l’hématémèse, l’épistaxis, les méno-métrorragies et les hémorragies rectales.
Il est couramment utilisé pour les troubles hémorragiques caractérisés par du Sang rouge vif et de la chaleur.
– Pour l’hématurie et la dysurie sanglante dues à la Chaleur dans le Sang, Dà Jì est associé à Xiǎo Jì (Herba Cephalanoplos), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis), Huá Shí (Talcum), Tōng Cǎo (Medulla Tetrapanacis) et Pú Huáng (Pollen Typhae), formule Xiǎo Jì Yǐn Zǐ 小蓟饮子 (Décoction de Petit Chardon).
– Pour l’hémoptysie et l’hématémèse dues à la Chaleur dans le Sang, Dà Jì est associé à Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Cè Bǎi Yè (Cacumen Platycladi) et Xiǎo Jì (Herba Cephalanoplos), formule Shí Huī Sǎn 十灰散 (Poudre des Dix Cendres).
– Pour l’épistaxis due à la Chaleur dans le Sang, Dà Jì peut être utilisé seul ou combiné à Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae).
– Pour les méno-métrorragies dues à la Chaleur dans le Sang, Dà Jì est associé à È Jiāo (Colla Corii Asini) et Huáng Qín (Radix Scutellariae).
Dà Jì traite également l’hématurie dans le contexte de la dysurie par Chaleur.
– Pour l’hématurie due à la Chaleur dans le Sang avec dysurie, on l’associe à Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri), Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae), Xiǎo Jì (Herba Cephalanoplos) et Chuān Mù Tōng (Caulis Clematidis Armandii).
– Réduit les abcès et élimine les toxines :
Dà Jì possède une action pour réduire les abcès, disperser les gonflements et éliminer les toxines, traitant ainsi les carboncles, les furoncles, les abcès cutanés et les mastites au stade initial.
Il peut être utilisé en usage interne et externe pour les sores toxiques dues à la Chaleur.
– Pour les abcès cutanés et les furoncles dus à la Chaleur toxique, Dà Jì peut être appliqué en cataplasme directement sur la zone affectée avec la plante fraîche pilée.
– Pour les mastites et abcès du sein au stade initial, Dà Jì (frais) est broyé et appliqué localement, ou associé en usage interne à Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) et Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae).
– Pour les abcès profonds avec chaleur et rougeur, Dà Jì est associé à Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae).
– Dissipe le Sang stagnant et favorise la diurèse :
Dà Jì peut dissiper les accumulations de Sang stagnant, ce qui le rend utile pour les blessures traumatiques avec ecchymoses et douleur. Il favorise également la diurèse dans le contexte de la dysurie sanglante.
– Pour les blessures traumatiques avec Sang stagnant, gonflement et douleur, Dà Jì frais est pilé et appliqué localement.
– Pour la dysurie sanglante avec difficulté à uriner due à la Chaleur-Humidité dans le Foyer Inférieur, Dà Jì est associé à Xiǎo Jì (Herba Cephalanoplos) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae).
Liste des symptômes
Troubles hémorragiques par Chaleur dans le Sang :
Hématurie (sang dans les urines) due à la Chaleur
Hémoptysie (crachat de sang) due à la Chaleur dans le Poumon
Hématémèse (vomissement de sang) due à la Chaleur de l’Estomac
Épistaxis (saignement nasal) due à la Chaleur
Méno-métrorragies dues à la Chaleur dans le Sang
Hémorragies rectales dues à la Chaleur
Affections dermatologiques :
Carboncles et furoncles dus à la Chaleur toxique
Abcès cutanés au stade initial
Mastite et abcès du sein au stade précoce
Sores et ulcérations dues à la Chaleur toxique
Traumatologie :
Blessures traumatiques avec Sang stagnant
Ecchymoses et douleur dues à un traumatisme
Troubles urinaires :
Dysurie sanglante (hématurie avec difficulté à uriner)
Syndrome douloureux de dysurie sanglante (xuè lín 血淋)
Commentaire
Dà Jì (Herba seu Radix Cirsii Japonici) tire son nom du grand chardon japonais dont il est issu. Ce remède figure parmi les plus importants de la pharmacopée chinoise pour arrêter les saignements causés par la Chaleur dans le Sang. Sa saveur douce-amère et sa nature fraîche lui permettent d’agir directement sur les méridiens du Cœur et du Foie, sièges du Sang en médecine chinoise. Sa capacité à la fois à refroidir le Sang, arrêter les hémorragies et dissiper le Sang stagnant le distingue de nombreux autres remèdes hémostatiques qui ont un effet purement astringent sans action sur la stase.
Dà Jì est particulièrement reconnu pour son action dans les hémorragies des voies urinaires et respiratoires. Son entrée dans le méridien du Foie – organe responsable du stockage et de la régulation du Sang en médecine chinoise – explique son efficacité pour les hémorragies gynécologiques liées à la Chaleur dans le Sang. Son entrée dans le méridien du Cœur renforce son action de refroidissement du Sang au niveau du xué (niveau Sang). La forme fraîche est considérée comme plus puissante pour refroidir le Sang que la forme sèche, tandis que la forme calcinée (炭 tàn) possède un pouvoir hémostatique plus fort.
Dà Jì se distingue de Xiǎo Jì (Herba Cephalanoplos), le petit chardon, avec lequel il est souvent comparé et associé. Les deux partagent la propriété de refroidir le Sang et d’arrêter les saignements, mais Dà Jì est plus puissant pour réduire les abcès et éliminer les toxines, ce qui le rend davantage indiqué pour les affections dermatologiques infectieuses. Xiǎo Jì, quant à lui, est supérieur pour favoriser la diurèse et traiter spécifiquement l’hématurie dans le cadre des syndromes de dysurie douloureuse. En clinique, les deux remèdes sont fréquemment associés pour renforcer leur action hémostatique mutuelle.
Associations
– avec Xiǎo Jì (Herba Cephalanoplos), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis), Huá Shí (Talcum), Tōng Cǎo (Medulla Tetrapanacis) et Pú Huáng (Pollen Typhae) : pour l’hématurie et la dysurie sanglante dues à la Chaleur dans le Sang (formule Xiǎo Jì Yǐn Zǐ 小蓟饮子 Décoction de Petit Chardon)
– avec Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Cè Bǎi Yè (Cacumen Platycladi) et Xiǎo Jì (Herba Cephalanoplos) : pour l’hémoptysie et l’hématémèse dues à la Chaleur dans le Sang (formule Shí Huī Sǎn 十灰散 Poudre des Dix Cendres)
– avec Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) : pour l’épistaxis due à la Chaleur dans le Sang
– avec È Jiāo (Colla Corii Asini) et Huáng Qín (Radix Scutellariae) : pour les méno-métrorragies dues à la Chaleur dans le Sang
– avec Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) et Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) : pour les mastites et abcès du sein au stade initial
– avec Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae) : pour les abcès profonds avec chaleur et rougeur dues à la Chaleur toxique
– avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri), Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae), Xiǎo Jì (Herba Cephalanoplos) et Chuān Mù Tōng (Caulis Clematidis Armandii) : pour l’hématurie due à la Chaleur-Humidité dans le Foyer Inférieur
Préparations (炮制 páo zhì)
– cru (生用 shēng Dà Jì) : forme sèche ou fraîche ; la forme fraîche possède une action plus forte pour refroidir le Sang et arrêter les saignements actifs, et est plus efficace pour réduire les abcès et éliminer les toxines en usage externe
– calciné en charbon (炭 Dà Jì tàn) : calciné jusqu’à carbonisation partielle ; cette préparation renforce le pouvoir hémostatique astringent ; forme préférée pour les hémorragies abondantes et urgentes
Formules Classiques
– Xiǎo Jì Yǐn Zǐ (小蓟饮子 Décoction de Petit Chardon)
Cette formule combine Dà Jì avec Xiǎo Jì (Herba Cephalanoplos), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis), Pú Huáng (Pollen Typhae), Huá Shí (Talcum), Mù Tōng (Caulis Akebiae), Dàn Zhú Yè (Herba Lophatheri), Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) pour traiter l’hématurie et le syndrome de dysurie sanglante dus à la Chaleur dans le Sang avec difficulté à uriner. Formule extraite du Jì Shēng Fāng 濟生方 (Formules pour Sauver les Vivants) de Yán Yòng-Hé au 13e siècle.
– Shí Huī Sǎn (十灰散 Poudre des Dix Cendres)
Dà Jì figure dans cette formule avec Xiǎo Jì (Herba Cephalanoplos), Cè Bǎi Yè (Cacumen Platycladi), Hé Yè (Folium Nelumbinis), Máo Gēn (Rhizoma Imperatae), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Zōng Lǘ Pí (Petiolus Trachycarpi) et Shāo Mò pour traiter les saignements abondants et urgents – hémoptysie, hématémèse, épistaxis – causés par la Chaleur dans le Sang forçant le Sang à circuler de façon anarchique. Tous les ingrédients sont calcinés en charbon. Formule issue du Shí Yào Shén Shū 十藥神書 (Livre Sacré des Dix Remèdes) de Gé Kě-Jiǔ au 14e siècle.
Toxicité :
Dà Jì ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques confirment une très bonne tolérance à usage oral et externe. Cependant, en raison de sa nature fraîche, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir la Rate et l’Estomac chez les personnes présentant une déficience digestive ou des signes de Froid interne. La forme fraîche appliquée localement peut, dans de rares cas, provoquer des réactions cutanées légères chez les sujets sensibles. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.
