Shi Jue Ming

Shi Jue Ming

Shí Jué Míng (Concha Haliotidis)

Identification

Chinois : 石決明
Pinyin : shí jué míng
Traduction : coquille de décision lumineuse de pierre
Nom commun : coquille d’ormeau
Nom latin : Concha Haliotidis
Famille : Haliotidae
Espèces : Haliotis diversicolor REEVE (雜色鮑 zá sè bào), Haliotis discus hannai Ino (皺紋盤鮑 zhòu wén pán bào), Haliotis ovina GMELIN (羊鮑 yáng bào), Haliotis ruber (LEACH) (澳洲鮑 àozhōu bào), Haliotis asinina LINNAEUS (耳鮑 ěr bào), Haliotis laevigata (DONOVAN) (白鮑 bái bào)
Partie utilisée : coquille séchée
Texte d’origine : Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Registres Divers de Médecins Célèbres)
Shi Jue Ming

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui apaisent le Foie et éteignent le Vent (píng gān xī fēng yào 平肝熄风药)
Saveurs : Salé (咸 xián)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Rein (腎 shèn), Foie (肝 gān)
Dosage : 15-30 g ; à décocter en premier (先煎 xiān jiān) 30 à 60 minutes avant les autres substances

Propriétés :

Draine le Feu du Foie et ancre le Yang du Foie, améliore la vision et fait régresser les obstructions visuelles superficielles, nourrit le Yin du Foie.

Précautions :

Shí Jué Míng est à utiliser avec prudence en cas de déficience et de Froid de la Rate et de l’Estomac accompagnés d’une perte d’appétit et de selles molles. Sa nature froide et lourde risque de nuire aux fonctions digestives chez les patients présentant une insuffisance du Yang de la Rate. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Draine le Feu du Foie
Ancre et apaise le Yang du Foie
Éteint le Vent du Foie
Nourrit le Yin du Foie
Améliore la vision
Fait régresser les obstructions visuelles superficielles

Actions et Indications

– Draine le Feu du Foie et ancre et apaise le Yang du Foie :
Shí Jué Míng est l’un des principaux remèdes pour traiter les tableaux de Feu du Foie et de montée du Yang du Foie, avec des symptômes tels que céphalées, vertiges et yeux rouges. Il est couramment utilisé pour l’hypertension avec montée du Yang du Foie.
– Pour la déficience du Yin du Foie avec montée du Yang, Shí Jué Míng est associé à Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae), formule Ē Jiāo Jī Zǐ Huáng Tāng 阿膠雞子黃湯 (Décoction de Gélatine d’Ânesse et de Jaune d’Oeuf).
– Pour le Feu du Foie ou la montée du Yang du Foie avec signes de Chaleur, vertiges, céphalées, irritabilité et insomnie, on l’associe à Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Huáng Qí (Radix Astragali) et Jú Huā (Flos Chrysanthemi).

Shí Jué Míng est également associé à Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae), Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis) et Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) pour les céphalées et vertiges dus à la montée du Yang du Foie, formule Tiān Má Gōu Téng Yǐn 天麻鉤藤飲 (Décoction de Gastrodia et d’Uncaria).
– Pour l’éclampsie due au Vent du Foie, on l’associe à Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis).
– Pour l’hypertension due à la montée du Yang du Foie, on l’associe à Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis).

– Améliore la vision et fait régresser les obstructions visuelles superficielles :
Shí Jué Míng traite les tableaux de Chaleur du Foie qui affectent les yeux, provoquant une photophobie, un ptérygion ou d’autres obstructions visuelles superficielles, des yeux rouges et une vision trouble. Le Foie gouverne le Vent et son ouverture sensorielle sont les yeux ; lorsque le Sang est déficient et le Foie chaud, le Vent-Feu monte et le Yang du Foie le suit, provoquant vertiges et céphalées.
– Pour la rougeur, le gonflement et la douleur des yeux dus à la montée du Feu du Foie, on associe Shí Jué Míng à Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Jué Míng Zǐ (Semen Cassiae) et Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae).
– Pour une vision altérée due à la déficience du Yin du Foie et du Rein, on l’associe à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparatae) et Shān Zhū Yú (Fructus Corni).
– Pour la cécité nocturne progressive chronique, on l’associe à Chán Tuì (Periostracum Cicadae).
– Pour le ptérygion dû au Vent-Chaleur, on l’associe à Mì Méng Huā (Flos Buddlejae) et Gǔ Jīng Cǎo (Flos Eriocauli).

Shí Jué Míng non seulement refroidit le Foie et ancre le Yang du Foie, mais nourrit et tonifie également le Yin du Foie, traitant ainsi à la fois la manifestation secondaire et la racine fondamentale de la condition.

– Usage récent :
Shí Jué Míng est également utilisé récemment pour traiter l’hyperacidité gastrique, et en application topique pour les hémorragies traumatiques.

Liste des symptômes

Troubles du Foie et Yang ascendant :
Céphalées et migraines
Vertiges et sensations de tête lourde
Yeux rouges et douloureux
Irritabilité et agitation
Insomnie
Hypertension artérielle avec montée du Yang du Foie
Teint rouge
Pouls tendu (en corde)

Troubles visuels :
Vision trouble
Photophobie
Ptérygion et obstructions visuelles superficielles
Cécité nocturne progressive
Diminution progressive de la vue sans lésion visible

Vent interne du Foie :
Tremblements et spasmes
Convulsions
Eclampsie

Autres indications :
Hyperacidité gastrique (usage récent)
Hémorragies traumatiques (usage topique récent)

Commentaire

Shí Jué Míng (Concha Haliotidis) tire son nom de sa capacité à « clarifier avec éclat » (jué míng 決明), faisant référence à sa remarquable action sur la vue. Substance salée, froide et lourde, elle pénètre le méridien du Foie pour refroidir le Foie et calmer le Yang du Foie ascendant. Le Foie gouverne le Vent et son ouverture sensorielle sont les yeux ; lorsque le Sang est déficient et le Foie chaud, le Vent-Feu monte et le Yang du Foie le suit, provoquant vertiges, céphalées et, dans les cas graves, une perte progressive de la vision sans modification physique visible de l’oeil.

Non seulement Shí Jué Míng refroidit le Foie et ancre le Yang du Foie, mais il nourrit et tonifie également le Yin du Foie. Cette double action – traiter à la fois la manifestation secondaire (le Yang ascendant) et la racine fondamentale (la déficience du Yin) – en fait un remède particulièrement précieux. Sa nature lourde lui confère une puissante action d’ancrage qui descend le Yang rebelle, tandis que son caractère nourrissant régénère les liquides du Foie épuisés par la Chaleur excessive.

Shí Jué Míng se distingue de Mǔ Lì (Concha Ostreae) par son orientation prioritaire vers les troubles visuels et la Chaleur du Foie. Si les deux substances ancrent le Yang, Mǔ Lì est plus orienté vers l’astringence des liquides et la sédation de l’Esprit, tandis que Shí Jué Míng est supérieur pour clarifier la vision et traiter les manifestations ophtalmiques du Feu du Foie. Comparé à Zhēn Zhū Mǔ (Concha Margaritiferae Usta), Shí Jué Míng nourrit davantage le Yin du Foie tout en ancrant le Yang, tandis que Zhēn Zhū Mǔ cible plus spécifiquement la sédation du Foie pour traiter l’hypertension.

Associations

– avec Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) : pour la déficience du Yin du Foie avec montée du Yang (formule Ē Jiāo Jī Zǐ Huáng Tāng 阿膠雞子黃湯 Décoction de Gélatine d’Ânesse et de Jaune d’Oeuf)

– avec Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae), Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis) et Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) : pour les céphalées et vertiges dus à la montée du Yang du Foie (formule Tiān Má Gōu Téng Yǐn 天麻鉤藤飲 Décoction de Gastrodia et d’Uncaria)

– avec Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Huáng Qí (Radix Astragali) et Jú Huā (Flos Chrysanthemi) : pour le Feu du Foie ou la montée du Yang du Foie avec signes de Chaleur, vertiges, céphalées, irritabilité et insomnie

– avec Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis) : pour l’hypertension due à la montée du Yang du Foie

– avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Jué Míng Zǐ (Semen Cassiae) et Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae) : pour la rougeur, le gonflement et la douleur des yeux dus à la montée du Feu du Foie

– avec Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparatae) et Shān Zhū Yú (Fructus Corni) : pour une vision altérée due à la déficience du Yin du Foie et du Rein

– avec Chán Tuì (Periostracum Cicadae) : pour la cécité nocturne progressive chronique

– avec Mì Méng Huā (Flos Buddlejae) et Gǔ Jīng Cǎo (Flos Eriocauli) : pour le ptérygion dû au Vent-Chaleur

– avec Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis) : pour l’éclampsie due au Vent du Foie

Préparations (炮制 páo zhì)

– crue (生石決明 shēng shí jué míng) : forme brute, action plus forte pour drainer le Feu du Foie et améliorer la vision ; doit être décoctée en premier (先煎 xiān jiān) 30 à 60 minutes avant les autres substances
– calcinée (煅石決明 duàn shí jué míng) : calcination à haute température, action astringente renforcée, plus appropriée pour l’usage externe en cas d’hémorragie traumatique et pour neutraliser l’hyperacidité gastrique ; la calcination facilite également la libération des principes actifs lors de la décoction

Formules Classiques

Tiān Má Gōu Téng Yǐn 天麻鉤藤飲 (Décoction de Gastrodia et d’Uncaria)
Cette formule combine Shí Jué Míng avec Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae), Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis), Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae), Huáng Qín (Radix Scutellariae), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Dù Zhòng (Cortex Eucommiae), Sāng Jì Shēng (Herba Taxilli), Fú Shén (Sclerotium Poriae Pararadicis) et Yè Jiāo Téng (Caulis Polygoni Multiflori) pour traiter les céphalées, vertiges, insomnie et hypertension dus à la montée du Yang du Foie avec insuffisance du Yin du Foie et du Rein.

Ē Jiāo Jī Zǐ Huáng Tāng 阿膠雞子黃湯 (Décoction de Gélatine d’Ânesse et de Jaune d’Oeuf)
Shí Jué Míng est inclus dans cette formule avec Ē Jiāo (Colla Corii Asini), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) pour nourrir le Yin du Foie, ancrer le Yang et traiter les vertiges, tremblements et spasmes des membres dus à la déficience du Yin du Foie avec montée du Yang.

Toxicité :

Shí Jué Míng ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. En raison de sa nature froide et lourde, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir les fonctions digestives de la Rate et de l’Estomac chez les patients présentant une déficience du Yang de la Rate. Les effets indésirables rapportés sont rares et limités à des troubles digestifs en cas de faiblesse préexistante du milieu. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée aux doses thérapeutiques habituelles.


Publié par

PHAM Van Huyen

Diététicien Nutritionniste, diététique et pharmacopée traditionnelles chinoises

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