Xiao Yao San

逍遙散 Xiāo Yáo Sǎn
Poudre du Vagabond Libre et Tranquille

Catégorie : Formules qui harmonisent (hé jiě jì 和解剂)
Sous-catégorie : Formules qui harmonisent le Foie et la Rate (tiáo hé gān pí jì 调和肝脾剂)
Source : Tài Píng Huì Mín Hé Jì Jú Fāng 太平惠民和劑局方 (Formules du Bureau des Remèdes Bienveillants pour la Paix Universelle) – Dynastie Song (960-1279)

Composition

Rang Chinois Pinyin Nom latin Nom commun français Dosage
E 柴胡 Chái Hú Radix Bupleuri Racine de Buplèvre 9 g
M 當歸 Dāng Guī Radix Angelicae sinensis Racine d’Angélique chinoise 9 g
M 白芍 Bái Sháo Radix Paeoniae alba Racine de Pivoine blanche 12 g
C 白朮 Bái Zhú Rhizoma Atractylodis macrocephalae Rhizome d’Atractyle à grande tête 9 g
C 茯苓 Fú Líng Poria cocos Poria, Champignon Poria 15 g
C 薄荷 Bò Hé Herba Menthae haplocalycis Menthe poivrée chinoise 3 g
C 生薑 Shēng Jiāng Rhizoma Zingiberis recens Gingembre frais 3 tranches
A 炙甘草 Zhì Gān Cǎo Radix Glycyrrhizae uralensis preparata Racine de Réglisse préparée au miel 6 g

E = Empereur – M = Ministre – C = Conseiller – A = Ambassadeur

Actions

Actions thérapeutiques :
Disperse la Stagnation du Qi du Foie
Tonifie le Sang et nourrit le Foie
Tonifie la Rate et l’Estomac
Harmonise le Foie et la Rate
Facilite la circulation du Qi

Indications

Syndromes traités :
Stagnation du Qi du Foie avec vide de Sang du Foie
Dysharmonie Foie-Rate
Stagnation du Qi du Foie avec vide de Sang et chaleur légère (Feu du Foie naissant)
Stagnation du Qi et du Sang dans le contexte gynécologique

Tableau Clinique

Langue :
Corps de langue pâle ou légèrement rouge sur les bords, enduit mince et blanc ou légèrement jaune si la Chaleur est présente.
Pouls :
Xián 弦 (Pouls en Corde) : signe de Stagnation du Qi du Foie
Xián Xì 弦細 (Pouls en Corde et Fin) : présent si le vide de Sang est marqué
Xián Ruò 弦弱 (Pouls en Corde et Faible) : signe d’une disharmonie Foie-Rate avec vide de Qi de la Rate

Liste des Symptômes

Gynécologie :
Dysménorrhée : douleurs avant ou pendant les règles
Irrégularités menstruelles (cycles irréguliers, flux abondant ou réduit)
Syndrome prémenstruel : irritabilité, tension des seins, ballonnements
Aménorrhée par vide de Sang et Stagnation du Qi du Foie
Leucorrhées

Digestif :
Distension et douleur hypocondriaque (droit et/ou gauche)
Distension abdominale et épigastrique
Selles irrégulières (diarrhée alternant avec constipation)
Perte d’appétit, nausées légères
Éructations, reflux gastrique

Général :
Fatigue, lassitude
Vertiges, maux de tête
Sensation de boule dans la gorge (Méi Hé Qì 梅核氣)
Troubles du sommeil (insomnie légère, rêves agités)
Irritabilité, sautes d’humeur, état dépressif léger
Fièvre légère intermittente ou sensation de chaleur

Pathologies organiques associées :
Hépatites chroniques, cirrhose débutante
Syndromes douloureux chroniques de la région hypocondriaque
Troubles anxio-dépressifs légers à modérés
Maladies auto-immunes hépatiques
Syndromes menstruels complexes

Analyse de la Formule

Chái Hú 柴胡 – Empereur :
Chái Hú (Radix Bupleuri) est amer, acide et légèrement froid. En tant qu’Empereur, il remplit la fonction cardinale de la formule : disperser le Foie et faire circuler le Qi du Foie. Sa nature ascendante et dispersante lui permet de lever la Stagnation du Qi du Foie stagnant dans le Jiao moyen et dans les canaux du Foie et de la Vésicule Biliaire. Il guide l’ensemble de la formule vers le méridien du Foie et de la Vésicule Biliaire, et sa légèreté lui permet d’agir aussi sur les aspects émotionnels en libérant l’Esprit (Shen 神) comprimé par la Stagnation.

Dāng Guī 當歸 – Ministre :
Dāng Guī (Radix Angelicae sinensis) est doux, acide, légèrement amer et chaud. Premier Ministre, il nourrit le Sang et active le Sang, ce qui est essentiel car la Stagnation du Qi du Foie s’accompagne fréquemment d’un vide de Sang du Foie. En nourrissant le Sang, Dāng Guī nourrit le Foie à la source et soutient l’action de l’Empereur. Son action réchauffante et mobilisatrice évite que la formule ne devienne trop froide ou stagnante.

Bái Sháo 白芍 – Ministre :
Bái Sháo (Radix Paeoniae alba) est acide, amer et légèrement froid. Il nourrit le Sang du Foie, calme le Foie, relâche les spasmes et arrête la douleur. Son acidité concentre et retient le Sang, en synergie avec Dāng Guī pour nourrir le Foie. La combinaison Chái Hú – Bái Sháo constitue le cœur stratégique de la formule : l’un disperse, l’autre nourrit et retient, assurant que la dispersion ne vide pas davantage le Sang. Bái Sháo contribue à calmer le Foie hyperactif par le haut en nourrissant son Yin.

Bái Zhú 白朮 et Fú Líng 茯苓 – Conseillers :
Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis macrocephalae), doux et amer, tiède, tonifie le Qi de la Rate et assèche l’Humidité. Fú Líng (Poria cocos), insipide, neutre, tonifie la Rate, calme l’Esprit et drène l’Humidité. Cette paire Bái Zhú – Fú Líng renforce la Rate, organe typiquement affaibli lorsque le Foie est en Stagnation et l’envahit. Leur action tonifiante de la Rate traite la cause secondaire de la disharmonie Foie-Rate, empêchant la Stagnation du Foie d’aggraver le vide de la Rate.

Bò Hé 薄荷 et Shēng Jiāng 生薑 – Conseillers :
Bò Hé (Herba Menthae), acrid, frais et froid, assiste l’Empereur Chái Hú en dispersant la Stagnation du Qi du Foie par sa nature légère et ascendante, et dissipe la Chaleur légère qui peut en résulter. Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis recens), acrid et tiède, harmonise l’Estomac, prévient les nausées et modère la nature froide de Bái Sháo. Ensemble, ils affinent l’action de la formule sur le Jiao moyen.

Zhì Gān Cǎo 炙甘草 – Ambassadeur :
Zhì Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae preparata), doux et tiède, harmonise toutes les substances de la formule et tonifie le Qi du Centre. Associé à Bái Sháo, il calme la douleur par la combinaison acide-doux (suān gān huà yīn 酸甘化陰). Il sert également de correcteur en modérant les propriétés dispersantes potentiellement excessives de Chái Hú.

Commentaires

Signification du nom :
Le nom Xiāo Yáo 逍遙 évoque la liberté de mouvement, l’errance sans contrainte, la légèreté d’un être qui se déplace librement dans l’espace. Ce terme est directement emprunté au premier chapitre du Zhuāngzǐ 莊子, texte fondateur du taoïsme, intitulé Xiāo Yáo Yóu 逍遙遊 (L’errance absolue) : Zhuangzi y décrit un être idéal qui voyage sans entrave, libéré de toute contrainte et de tout attachement. Appliquer ce nom à la formule exprime l’objectif thérapeutique : redonner au Qi du Foie la fluidité et la liberté de circulation qui caractérisent son état de santé, à l’image du Bois qui doit pouvoir se développer et circuler librement. La poudre (Sǎn 散) évoque aussi la dispersion, ce qui renforce l’idée de libérer ce qui est stagnant.

Position dans la tradition :
La formule est issue du Tài Píng Huì Mín Hé Jì Jú Fāng 太平惠民和劑局方, recueil officiel de la Pharmacopée de la Cour des Song (960-1279), compilé sous l’égide du Bureau Impérial de Médecine. Elle est héritière d’une longue réflexion sur la relation Foie-Rate initiée dans le Nèi Jīng 內經. Son utilisation s’est élargie à travers les dynasties suivantes, notamment sous les Ming et les Qing, où les médecins de l’école des maladies des femmes (Fù Kē 婦科) en ont fait un pilier du traitement gynécologique. Les grands commentateurs comme Zhāng Jǐng-Yuè (Ming) et Wáng Kěn-Táng ont développé son usage clinique, et la formule a été étudiée de manière extensive par les médecins contemporains. Maciocia la cite abondamment dans La pratique de la médecine chinoise (Elsevier) comme formule de référence pour la Stagnation du Qi du Foie, en particulier dans un contexte gynécologique.

Équilibre dynamique de la formule :
L’architecture de la Xiāo Yáo Sǎn repose sur une triple logique thérapeutique. Premièrement, la relation de complémentarité entre disperser et nourrir : Chái Hú disperse, Dāng Guī et Bái Sháo nourrissent, évitant que la dispersion ne crée un vide ou que le vide ne soit aggravé par une action trop agressive. Deuxièmement, la relation entre traiter le Foie et soutenir la Rate : la paire Bái Zhú – Fú Líng rectifie la Rate qui subit l’agression du Foie en Stagnation, traitant simultanément la cause (Stagnation du Foie) et l’effet (vide de la Rate). Troisièmement, un équilibre thermique subtil : la nature légèrement froide de Chái Hú et Bái Sháo est tempérée par la chaleur de Dāng Guī et Shēng Jiāng, la formule restant globalement neutre à légèrement tiède, ce qui lui confère une grande polyvalence clinique.

Pertinence clinique contemporaine :
La Xiāo Yáo Sǎn est l’une des formules les plus prescrites dans les cliniques de MTC contemporaines, aussi bien en Chine qu’en Occident. Elle est régulièrement utilisée pour les troubles anxio-dépressifs, le syndrome prémenstruel, la dysménorrhée, les troubles digestifs fonctionnels (syndrome de l’intestin irritable), les hépatites chroniques et les troubles hépatobiliaires. De nombreuses études pharmacologiques modernes ont identifié des effets hépatoprotecteurs, anxiolytiques, antidépresseurs et régulateurs endocriniens pour les composants de la formule, notamment Chái Hú et Bái Sháo. Sa facilité de modification (Jiā Jiǎn) en fait également une base de travail privilégiée pour de nombreuses variations cliniques.

Nuances d’usage :
Xiāo Yáo Sǎn doit être distinguée de Sì Ní Sǎn 四逆散 (Poudre des Quatre Rébellions), qui traite également la Stagnation du Qi du Foie mais avec des extrémités froides et sans vide de Sang marqué, et de Chái Hú Shū Gān Tāng 柴胡疏肝湯, qui traite une Stagnation du Qi du Foie plus prononcée avec douleur hypocondriaque intense, sans contexte de vide de Sang. Elle se distingue aussi de Yī Guàn Jiān 一貫煎 (Décoction de la Continuité), qui traite un vide de Yin du Foie et des Reins avec Stagnation secondaire, contexte où Xiāo Yáo Sǎn serait trop dispersante. En cas de Feu du Foie prononcé ou de Chaleur significative, la formule doit être modifiée ou remplacée par Jiā Wèi Xiāo Yáo Sǎn 加味逍遙散. Elle est déconseillée en cas de vide de Yin sévère du Foie, car Chái Hú peut aggraver la sécheresse.

Modifications (Jiā Jiǎn 加減)

– En cas de Feu du Foie avec irritabilité marquée, sensation de chaleur et joues rouges, ajouter Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) 6 g et Shān Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) 6 g (formule dérivée : Jiā Wèi Xiāo Yáo Sǎn)

– En cas de Stagnation de Sang avec dysménorrhée sévère, ajouter Táo Rén (Semen Persicae) 9 g et Hóng Huā (Flos Carthami) 6 g

– En cas de douleur hypocondriaque intense avec Stagnation de Qi marquée, ajouter Yù Jīn (Radix Curcumae) 9 g et Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) 9 g

– En cas de distension abdominale avec déficit de la Rate prononcé, ajouter Chén Pí (Pericarpium Citri reticulatae) 6 g et Shā Rén (Fructus Amomi) 4,5 g

– En cas d’insomnie et d’agitation de l’Esprit, ajouter Suān Zǎo Rén (Semen Ziziphi spinosae) 9 g et Hé Huān Pí (Cortex Albiziae) 9 g

– En cas de nausées et de vomissements par attaque de l’Estomac par le Foie, ajouter Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae) 9 g et Zhú Rú (Caulis Bambusae in Taeniam) 6 g

– En cas de vide de Yin du Foie avec sécheresse oculaire et vertiges, ajouter Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii) 12 g et Nǚ Zhēn Zǐ (Fructus Ligustri lucidi) 9 g

– En cas de sensation de boule dans la gorge (Méi Hé Qì), ajouter Hòu Pò (Cortex Magnoliae officinalis) 6 g et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae) 9 g

– En cas de migraines par Stagnation du Qi du Foie ascendant, ajouter Chuān Xiōng (Rhizoma Chuanxiong) 6 g et Màn Jīng Zǐ (Fructus Viticis) 9 g

– En cas de leucorrhées par vide de la Rate et Humidité, ajouter Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) 15 g et Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) 9 g

– En cas de hépatite chronique avec élévation des transaminases, ajouter Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae) 6 g et Dān Shēn (Radix Salviae miltiorrhizae) 9 g

Formules Dérivées et Associées

– Ajout de Mǔ Dān Pí 牡丹皮 et Shān Zhī Zǐ 梔子 pour traiter le Feu du Foie avec irritabilité et chaleur : Jiā Wèi Xiāo Yáo Sǎn 加味逍遙散 (Poudre du Vagabond Libre et Tranquille Renforcée) – aussi appelée Dān Zhī Xiāo Yáo Sǎn 丹梔逍遙散

– Suppression de Shēng Jiāng et Bò Hé, ajout de Shú Dì Huáng 熟地黃 pour tonifier davantage le Sang et le Yin : Hēi Xiāo Yáo Sǎn 黑逍遙散 (Poudre du Vagabond Libre et Tranquille Noire), indiquée pour un vide de Sang plus profond avec Stagnation du Foie

– Combinaison avec les principes des formules tonifiant la Rate en contexte de fatigue chronique gynécologique : Xiāo Yáo Sǎn associée à Guī Pí Tāng 歸脾湯 pour les saignements utérins par vide de la Rate et Stagnation du Foie

– Modification par ajout de drogues activant le Sang et régulant les règles dans un contexte de dysménorrhée sévère : Xiāo Yáo Sǎn associée à Shī Xiào Sǎn 失笑散

Précautions

Contre-indications :
– Vide de Yin sévère du Foie et des Reins : Chái Hú, par sa nature montante et dispersante, peut aggraver la sécheresse et épuiser davantage le Yin ; préférer Yī Guàn Jiān 一貫煎
– Feu du Foie intense avec Chaleur de Sang prononcée : la formule de base est insuffisante ; utiliser Jiā Wèi Xiāo Yáo Sǎn ou Lóng Dǎn Xiè Gān Tāng 龍膽瀉肝湯
– Humidité-Chaleur du Foie et de la Vésicule Biliaire : les substances nourricières (Dāng Guī, Bái Sháo) peuvent retenir l’Humidité

Mises en garde :
– Utiliser Chái Hú à des doses réduites (3-6 g) en cas de vide de Yin sous-jacent pour limiter son action dispersante sur le Yin
– Bò Hé doit être ajouté en fin de décoction (5 minutes) en raison de sa volatilité
– Grossesse : usage avec précaution, Dāng Guī peut stimuler l’utérus à fortes doses
– Éviter l’usage prolongé sans réévaluation clinique, notamment en cas d’évolution vers un vide de Yin

Populations à risque :

Patients avec Yin constitutionnellement faible
Personnes souffrant de saignements abondants (Dāng Guī est activateur du Sang)
Pathologies hépatiques sévères avec insuffisance hépatocellulaire

Textes de Référence

Source Chinois Époque (Auteur) Pertinence
Tài Píng Huì Mín Hé Jì Jú Fāng 太平惠民和劑局方 Dynastie Song (960-1279) – Bureau Impérial de Médecine Source primaire de la formule ; première codification officielle
Nèi Jīng – Sù Wèn 內經·素問 Antiquité (auteur collectif, rédaction ~200 av. J.-C. – IIe s. ap. J.-C.) Fondements théoriques de la relation Foie-Rate, des cinq Mouvements et de la pathologie du Bois envahissant la Terre
Jǐng Yuè Quán Shū 景岳全書 Dynastie Ming – Zhāng Jǐng-Yuè (1563-1640) Développement du contexte gynécologique et des modifications de la formule
Fù Kē Yù Chǐ 婦科玉尺 Dynastie Qing – Shěn Jīn-áo (1717-1776) Usage gynécologique approfondi : dysménorrhée, irrégularités menstruelles, leucorrhées
Yī Zōng Jīn Jiàn 醫宗金鑑 Dynastie Qing – Wú Qiān et al. (1742) Commentaire officiel Qing ; analyse de la composition et des modifications

Chai Hu Shu Gan Tang

柴胡疏肝湯 Chái Hú Shū Gān Tāng
Décoction de Buplèvre pour diffuser le Qi du Foie

Catégorie : Formules qui harmonisent (hé jiě jì 和解剂)
Sous-catégorie : Formules qui harmonisent le Foie et la Rate (tiáo hé gān pí jì 调和肝脾剂)
Source : Jǐng Yuè Quán Shū 景岳全書 (Œuvres Complètes de Jing Yue), Zhang Jie-Bin, 1624

Composition

Rang Chinois Pinyin Nom latin Nom commun français Dosage
E 柴胡 Chái Hú Radix Bupleuri Buplèvre 6 g
M 香附 Xiāng Fù Rhizoma Cyperi Souchet rond 4,5 g
M 川芎 Chuān Xiōng Rhizoma Chuanxiong Ligustique de Chine 4,5 g
C 枳殼 Zhǐ Ké Fructus Aurantii Fruit mûr de l’oranger amer 4,5 g
C 白芍 Bái Sháo Radix Paeoniae Alba Pivoine blanche 4,5 g
C 陳皮 Chén Pí Pericarpium Citri Reticulatae Écorce de mandarine séchée 6 g
A 炙甘草 Zhì Gān Cǎo Radix Glycyrrhizae Praeparata Réglisse préparée au miel 1,5 g

E = Empereur – M = Ministre – C = Conseiller – A = Ambassadeur

Actions

Actions thérapeutiques :
Disperse le Foie et régule le Qi
Active le Sang et soulage la douleur
Harmonise les mouvements du Qi dans le Réchauffeur Moyen

Indications

Syndromes traités :
Stagnation du Qi du Foie avec douleur hypocondriale
Stagnation du Qi entravant la circulation du Sang
Stagnation du Qi du Foie envahissant l’Estomac et la Rate

Tableau Clinique

Langue :
Corps de langue de couleur normale à légèrement rouge sur les bords, enduit mince et blanc, ou légèrement violacé si la stagnation de Sang est présente

Pouls :
Xián 弦 (en corde) : pouls en corde, signe principal de la Stagnation du Qi du Foie, marquant la tension et la résistance au flux
Xián Sè 弦澀 (en corde et rugueux) : pouls en corde et rugueux indiquant une stagnation de Sang associée à la Stagnation du Qi

Liste des Symptômes

Signes principaux :
Douleur et distension des hypocondres, unilatérale ou bilatérale
Sensation d’oppression et de plénitude dans la poitrine
Soupirs fréquents
Irritabilité, humeur changeante, tendance à la colère
Douleurs abdominales aggravées par les émotions

Signes digestifs et secondaires :
Nausées, éructations, régurgitation acide
Ballonnements épigastriques
Douleurs erratiques dans l’abdomen
Dysménorrhée ou irrégularités menstruelles
Sensation de boule dans la gorge (prunier dans la gorge)

Analyse de la Formule

Chái Hú 柴胡 – Empereur :
Chái Hú (Radix Bupleuri) est l’herbe souveraine, acide, amère et légèrement froide. Elle pénètre les méridiens du Foie et de la Vésicule Biliaire pour disperser la Stagnation du Qi du Foie, lever la contrainte intérieure et élever le Yang clair. Sa nature ascendante et dispersante en fait l’outil privilégié pour dégager le Qi stagnant du Foie et soulager les douleurs hypocondrale et abdominale liées à la dépression-contrainte du Foie. Scheid et al. soulignent que cette plante est indispensable dans toutes les formules visant à harmoniser le Foie et à disperser sa Stagnation de Qi.

Xiāng Fù 香附 – Ministre :
Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) est le principal régulateur du Qi du Foie dans la pharmacopée chinoise. D’un point de vue thérapeutique, cette substance acide, légèrement amère et légèrement douce entre dans les méridiens du Foie, du Triple Réchauffeur et de l’Estomac pour réguler et désobstruer le Qi du Foie, soulager la douleur et harmoniser les relations Foie-Estomac. Chen & Chen précisent que Xiāng Fù est particulièrement efficace pour traiter les douleurs hypocondrale et abdominale liées à la Stagnation du Qi du Foie, et sa combinaison avec Chái Hú amplifie l’action de dispersion du Foie.

Chuān Xiōng 川芎 – Ministre :
Chuān Xiōng (Rhizoma Chuanxiong), acide et chaud, entre dans les méridiens du Foie, de la Vésicule Biliaire et du Péricarde. En tant que deuxième Ministre, il active le Sang, désobstrue les vaisseaux, régule le Qi dans le Sang et soulage la douleur. Cette substance joue un rôle crucial dans la prévention du passage de la Stagnation du Qi à la stagnation de Sang, évolution fréquente et préoccupante dans les cas chroniques. Bensky et al. notent que son association avec Xiāng Fù et Chái Hú optimise la levée de la Stagnation du Qi du Foie tout en protégeant la circulation sanguine.

Zhǐ Ké 枳殼 – Conseiller :
Zhǐ Ké (Fructus Aurantii), amer, acide et légèrement froid, entre dans les méridiens du Foie, de la Rate et de l’Estomac. Ce Conseiller fait descendre le Qi, désobstrue les accumulations de Qi dans le Réchauffeur Moyen et soulage la distension abdominale et la plénitude de Qi thoracique. Agissant en opposition complémentaire avec l’action ascendante de Chái Hú, il assure le bon mouvement bidirectionnel du Qi et prévient tout déséquilibre ascendant.

Bái Sháo 白芍 – Conseiller :
Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), amer, acide et légèrement froid, entre dans les méridiens du Foie et de la Rate. Ce Conseiller nourrit le Yin du Foie et le Sang, calme le Yang du Foie et relâche la tension musculaire. Son rôle est fondamental dans cette formule car la Stagnation du Qi du Foie consomme le Yin et le Sang du Foie avec le temps : Bái Sháo prévient cette déplétion en nourrissant la substance du Foie tout en aidant à soulager la douleur. Maciocia souligne que son association avec Zhì Gān Cǎo constitue la combinaison classique Sháo Yào Gān Cǎo Tāng pour relâcher les spasmes et soulager la douleur.

Chén Pí 陳皮 – Conseiller :
Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), acide et chaud, entre dans les méridiens de la Rate et du Poumon. Ce troisième Conseiller régule et fait circuler le Qi dans le Réchauffeur Moyen, transforme les Glaires légères, harmonise l’Estomac et arrête les nausées. Sa présence dans la formule témoigne de la préoccupation pour l’envahissement de l’Estomac et de la Rate par le Foie en plénitude de Qi, une pathologie centrale dans l’utilisation clinique de cette décoction.

Zhì Gān Cǎo 炙甘草 – Ambassadeur :
Zhì Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae Praeparata), douce et chaude, entre dans tous les méridiens. L’Ambassadeur harmonise toutes les autres substances de la formule, tonifie modérément le Qi de la Rate et, associé à Bái Sháo, constitue la combinaison classique pour relâcher les spasmes et calmer la douleur. Sa petite dose dans cette formule témoigne d’un rôle harmonisant discret plutôt que tonifiant.

Commentaires

Signification du nom :
Le nom 柴胡疏肝湯 se décompose en trois éléments : Chái Hú 柴胡 désigne le Buplèvre, plante souveraine de la formule ; Shū 疏 signifie « diffuser », « désobstruer », « laisser libre cours à » et évoque le geste de débloquer un canal encombré ; Gān 肝 désigne le Foie, organe cible ; Tāng 湯 est le terme générique pour « décoction ». Le nom désigne donc littéralement une décoction qui, au moyen du Buplèvre, désobstrue et diffuse le Qi du Foie, libérant la contrainte intérieure et restaurant le libre mouvement.

Position dans la tradition :
La formule est issue du Jǐng Yuè Quán Shū 景岳全書 (Œuvres Complètes de Jing Yue) de Zhang Jie-Bin (1563-1640), grand médecin de la dynastie Ming réputé pour sa maîtrise des désordres du Foie et du Rein. Elle est construite sur la base de Sì Nì Sǎn 四逆散 (Poudre des Quatre Rébellions), formule issue du Shāng Hán Lùn 傷寒論 (Traité sur les Maladies Causées par le Froid) de Zhang Zhong-Jing, à laquelle Zhang Jie-Bin a ajouté Xiāng Fù, Chuān Xiōng et Chén Pí pour renforcer l’action de dispersion du Foie et d’activation du Sang. Elle appartient à la grande famille des formules harmonisantes (hé jì 和劑) dont la vocation est de réconcilier deux organes ou deux mouvements du Qi en conflit.

Équilibre dynamique de la formule :
La formule exprime un équilibre remarquable entre plusieurs axes thérapeutiques complémentaires. D’un côté, l’axe ascendant-dispersant de Chái Hú est tempéré par l’axe descendant-désobstruant de Zhǐ Ké, assurant la bonne circulation verticale du Qi. D’un autre côté, l’action de dispersion active du Qi et du Sang par Xiāng Fù et Chuān Xiōng est équilibrée par le rôle nourrissant et protecteur de Bái Sháo sur le Yin du Foie, prévenant que le traitement ne consomme la substance qu’il cherche à libérer. Enfin, la chaleur légère de Chén Pí et Chuān Xiōng contraste avec la légère fraîcheur de Chái Hú et Bái Sháo, ce qui rend la formule globalement neutre et adaptable à une large variété de terrains.

Pertinence clinique contemporaine :
Dans la pratique contemporaine, Chái Hú Shū Gān Tāng est l’une des formules les plus prescrites pour les désordres fonctionnels du système digestif, hépatobiliaire et gynécologique liés au stress et aux facteurs émotionnels. On la retrouve dans le traitement de la dépression légère à modérée, des syndromes anxio-dépressifs, du syndrome du côlon irritable, des cholécystites chroniques, des lithiases biliaires débutantes, de la dysménorrhée primaire, du syndrome prémenstruel et des douleurs intercostales d’origine fonctionnelle. Maciocia la cite abondamment dans son analyse des syndromes de dépression et des douleurs des hypocondres, notamment pour les situations où la Stagnation du Qi du Foie est la pathologie dominante sans vide de Sang ou de Yin significatif.

Nuances d’usage :
La formule est indiquée dans les tableaux de plénitude, lorsque la Stagnation du Qi du Foie est clairement prédominante sur un terrain de Qi et de Sang relativement préservés. Elle doit être distinguée de Xiāo Yáo Sǎn 逍遙散, davantage indiquée en cas de vide de Sang du Foie concomitant, et de Dān Zhī Xiāo Yáo Sǎn 丹梔逍遙散 lorsque la stagnation a généré de la Chaleur. L’utilisation prolongée sans modification peut fragiliser le Yin et le Sang du Foie en raison des substances dispersantes et mobilisantes qu’elle contient. Flaws rappelle qu’une attention particulière doit être portée à l’adjonction de substances nourrissant le Sang ou le Yin dès que la stagnation devient chronique.

Modifications (Jiā Jiǎn 加減)

– En cas de douleur hypocondrale intense avec stagnation de Sang, ajouter Yán Hú Suǒ (Rhizoma Corydalis) 9 g et Yù Jīn (Radix Curcumae) 9 g pour activer le Sang et soulager la douleur

– En cas de stagnation de Sang prononcée avec teint violacé et dysménorrhée, ajouter Táo Rén (Semen Persicae) 9 g et Hóng Huā (Flos Carthami) 6 g pour activer le Sang et disperser la stagnation

– En cas de calculs biliaires ou de lithiase avec douleur hypocondrale, ajouter Jīn Qián Cǎo (Herba Desmodii Styracifolii) 9 g et Hǎi Jīn Shā (Spora Lygodii Japonici) 9 g pour favoriser l’élimination des calculs

– En cas de Stagnation du Qi du Foie transformée en Chaleur avec irritabilité marquée, sensation de chaleur et soif, ajouter Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) 9 g et Shān Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) 9 g pour drainer la Chaleur du Foie

– En cas de vide de Sang du Foie concomitant avec fatigue, pâleur et ménorragie, ajouter Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis) 9 g et transformer la formule en direction de Xiāo Yáo Sǎn

– En cas d’Humidité-Chaleur dans le Foie et la Vésicule Biliaire avec jaunisse, ajouter Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae) 15 g et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) 6 g pour éliminer l’Humidité-Chaleur

– En cas de Stagnation du Qi du Foie envahissant l’Estomac avec nausées et vomissements, ajouter Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae) 9 g et Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens) 6 g pour harmoniser l’Estomac

– En cas de distension et de plénitude abdominale marquée avec constipation légère, ajouter Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) 6 g et Bīng Láng (Semen Arecae) 9 g pour désobstruer et faire descendre le Qi

– En cas de fibromyalgie avec Stagnation de Qi, stagnation de Sang et Humidité, ajouter Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis) 6 g, Fú Líng (Poria) 6 g, Jī Xuè Téng (Caulis Spatholobi) 6 g et Shā Rén (Fructus Amomi) 4,5 g

Formules Dérivées et Associées

– Formule mère dont est issue Chái Hú Shū Gān Tāng, à utiliser en cas de Stagnation du Qi du Foie avec membres froids par refoulement de la Chaleur intérieure : Sì Nì Sǎn 四逆散 (Poudre des Quatre Rébellions)

– Formule dérivée indiquée en cas de Stagnation du Qi du Foie avec vide de Sang et de Yin du Foie, avec fatigue, pâleur et ménorragie : Xiāo Yáo Sǎn 逍遙散 (Poudre du Vagabond Libre)

– Formule dérivée indiquée lorsque la Stagnation du Qi du Foie a généré de la Chaleur-Feu avec irritabilité intense, saignements et chaleur : Dān Zhī Xiāo Yáo Sǎn 丹梔逍遙散 (Poudre du Vagabond Libre à la Pivoine de montagne et au Gardénia)

– Formule associée pour les cas de Stagnation du Qi du Foie avec stagnation de Sang dans la poitrine, douleurs fixes thoraciques et palpitations : Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 (Décoction qui chasse la stagnation de la Demeure du Sang)

– Formule associée pour les cas où la Stagnation du Qi du Foie se double d’une Chaleur-Humidité dans le Foie et la Vésicule Biliaire avec jaunisse, yeux rouges et urines foncées : Lóng Dǎn Xiè Gān Tāng 龍膽瀉肝湯 (Décoction de Gentiane qui draine le Foie)

– Grande formule harmonisante de la même famille, à utiliser lorsque la stagnation du Shao Yang s’accompagne d’alternance de Froid et de Chaleur, de plénitude thoracique et de nausées : Xiǎo Chái Hú Tāng 小柴胡湯 (Petite Décoction de Buplèvre)

Précautions

Contre-indications :
– Vide de Yin du Foie et du Rein prédominant sans Stagnation de Qi significative
– Vide de Sang du Foie avec sécheresse, ongles cassants, vision trouble et ménorragie par vide
– Plénitude de Feu du Foie avec montée du Yang du Foie et maux de tête violents à prédominance

Mises en garde :
– Ne pas utiliser de manière prolongée sans modification chez les patients présentant un terrain de vide de Yin ou de Sang du Foie, en raison des propriétés dispersantes et mobilisantes de la formule qui risquent d’aggraver ces vides
– Réduire la dose ou modifier la formule en cas de grossesse, en raison de l’action activante du Sang de Chuān Xiōng
– Surveiller l’apparition de signes de sécheresse (bouche sèche, soif, insomnie) lors d’une utilisation prolongée
– Utiliser avec prudence chez les patients dont le terrain de vide de Qi de la Rate prédomine sur la Stagnation du Qi du Foie

Populations à risque :
Femmes enceintes : prudence en raison de l’action activante du Sang
Patients en vide marqué de Qi, de Sang ou de Yin : adapter la formule en ajoutant des substances tonifiantes
Patients âgés avec terrain de vide de Yin constitutionnel

Textes de Référence

Source Chinois Époque (Auteur) Pertinence
Jǐng Yuè Quán Shū (Œuvres Complètes de Jing Yue) 景岳全書 Dynastie Ming, 1624 (Zhang Jie-Bin 張介賓) Texte source de la formule ; Zhang Jie-Bin y systématise le traitement de la Stagnation du Qi du Foie
Shāng Hán Lùn (Traité sur les Maladies Causées par le Froid) 傷寒論 Fin Han de l’Est, env. 220 (Zhang Zhong-Jing 張仲景) Texte source de Sì Nì Sǎn, formule mère dont est dérivée Chái Hú Shū Gān Tāng
Yī Xué Rù Mén (Introduction à la Médecine) 醫學入門 Dynastie Ming, 1575 (Li Chan 李梴) Décrit les syndromes de Stagnation du Qi du Foie et leurs traitements, contexte d’élaboration de la formule
Lèi Zhèng Zhì Cái (Traitements des Syndromes Classifiés) 類證治裁 Dynastie Qing, 1839 (Lin Pei-Qin 林珮琴) Références et commentaires sur l’utilisation de Chái Hú Shū Gān Tāng pour la douleur hypocondrale et les troubles menstruels

Ma Huang Tang

麻黃湯 Má Huáng Tāng
Décoction d’Éphédra

Catégorie : Formules qui libèrent l’Extérieur (Jiě Biǎo Jì 解表劑)
Sous-catégorie : Formules piquantes et tièdes qui libèrent l’Extérieur (Xīn Wēn Jiě Biǎo Jì 辛溫解表劑)
Source : Shāng Hán Lùn 傷寒論 (Traité des Maladies Causées par le Froid), Zhang Zhong-Jing, Dynastie Han Orientale (env. 200 apr. J.-C.)

Composition

Rang Chinois Pinyin Nom latin Nom commun français Dosage
E 麻黃 Má Huáng Herba Ephedrae Éphédra (tiges), sans les nœuds 9 g
M 桂枝 Guì Zhī Ramulus Cinnamomi Rameau de cannelier 6 g
C 苦杏仁 Kǔ Xìng Rén Semen Armeniacae Amarum Graine d’abricotier amer, sans peau ni pointe 9 g
A 炙甘草 Zhì Gān Cǎo Radix et Rhizoma Glycyrrhizae Praeparata cum Melle Réglisse rôtie au miel 3 g

E = Empereur – M = Ministre – C = Conseiller – A = Ambassadeur

Actions

Actions thérapeutiques :
Provoquer la sudation et libérer l’Extérieur (fā hàn jiě biǎo 發汗解表)
Diffuser le Qi du Poumon et calmer la dyspnée (xuān fèi píng chuǎn 宣肺平喘)
Disperser le Froid et lever l’obstruction du Qi Défensif

Indications

Syndromes traités :
Agression externe par le Vent-Froid avec plénitude de l’Extérieur (tài yáng shāng hán zhèng 太陽傷寒證) – tableau d’Extérieur en plénitude
Obstruction du Qi Défensif par le Froid sans sudation
Dyspnée et toux par contrainte du Qi du Poumon due au Froid

Tableau Clinique

Langue :
Langue de coloration normale ou légèrement pâle, enduit mince et blanc (bái tái), non humide excessivement ; absence de modifications notables de la couleur du corps lingual en l’absence d’atteinte intérieure.

Pouls :
Fú 浮 (superficiel) : indique que la pathologie est localisée à l’Extérieur, le Qi Défensif se mobilise contre l’agent pathogène
Jǐn 緊 (tendu, serré) : signe caractéristique du Froid ; le Froid contracte et resserre, produisant une tension au toucher, distinguant ce tableau de l’agression par le Vent seul

Liste des Symptômes

Signes généraux :
Frissons intenses prédominants avec fièvre
Absence de sudation (signe cardinal du tableau de plénitude de l’Extérieur)
Céphalées et courbatures généralisées, douleurs musculaires diffuses
Raideur de la nuque

Signes respiratoires :
Dyspnée, respiration difficile ou sifflante (chuǎn 喘)
Toux
Congestion nasale avec écoulement clair

Signes absents (permettant le diagnostic différentiel) :
Absence de transpiration spontanée
Absence de soif
Absence de gorge rouge ou douloureuse

Analyse de la Formule

Má Huáng 麻黃 – Empereur :
Má Huáng (Herba Ephedrae) est la substance pivot de cette formule. Amer, piquant et tiède, il entre dans les méridiens du Poumon et de la Vessie. Sa nature piquante et dispersante lui permet d’ouvrir les pores, de provoquer la sudation et de libérer la superficie, s’attaquant directement au pathogène Vent-Froid emprisonné dans le niveau Tài Yáng. Il agit simultanément sur le Poumon en diffusant son Qi vers le haut et vers l’extérieur, levant ainsi la contrainte qui génère la dyspnée et la toux. Bensky et al. soulignent qu’il est le remède le plus puissant pour ouvrir les interstices et provoquer la sudation, d’où son rang d’Empereur dans cette formule emblématique.

Guì Zhī 桂枝 – Ministre :
Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), piquant et tiède, libère la couche musculaire de l’Extérieur et réchauffe et facilite la circulation du Qi dans les méridiens. Associé à Má Huáng, il renforce considérablement l’action sudorifique de la formule : Má Huáng ouvre les interstices et les pores, tandis que Guì Zhī pousse le pathogène vers l’extérieur. Cette association est décrite par Bensky et al. comme particulièrement efficace pour libérer l’Extérieur. Guì Zhī réchauffe les méridiens et disperse le Froid, régularisant ainsi la relation entre le Qi Nourricier (yíng qì) et le Qi Défensif (wèi qì) qui se trouve entravé.

Kǔ Xìng Rén 苦杏仁 – Conseiller :
Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), amer et légèrement tiède, entre dans le méridien du Poumon. Son action principale est de débloquer la circulation du Qi du Poumon et de favoriser son mouvement descendant, ce qui complète l’action ascendante et dispersante de Má Huáng. L’association de ces deux substances crée un équilibre dynamique entre la diffusion (xuān 宣) et la descente (jiàng 降) du Qi pulmonaire, traitant ainsi efficacement la dyspnée et la toux. Flaws précise que Xìng Rén aide également Má Huáng à expulser le pathogène.

Zhì Gān Cǎo 炙甘草 – Ambassadeur :
Gān Cǎo (Radix et Rhizoma Glycyrrhizae Praeparata cum Melle), doux et tiède après torréfaction au miel, harmonise l’action de toutes les autres substances. Il modère la puissance diaphorétique de Má Huáng et Guì Zhī, prévenant ainsi une sudation excessive qui pourrait léser le Qi et les Liquides Organiques. Il joue le rôle de conseiller correcteur (zuǒ zhì), protégeant le Qi Juste tout en permettant une action sudorifique suffisante et calibrée.

Commentaires

Signification du nom :
Le nom Má Huáng Tāng 麻黃湯 signifie littéralement « Décoction d’Éphédra ». Má 麻 évoque une sensation d’engourdissement ou de picotement, qualité sensorielle associée à la plante ; Huáng 黃 désigne la couleur jaune caractéristique des tiges séchées. Le terme Tāng 湯 désigne la forme décoction, mode de préparation qui en maximise la puissance diaphorétique et la rapidité d’action – propriétés essentielles dans un contexte d’agression externe aiguë.

Position dans la tradition :
Cette formule occupe une place canonique dans le corpus de la médecine chinoise classique. Tirée du Shāng Hán Lùn 傷寒論 (Traité des Maladies Causées par le Froid) de Zhang Zhong-Jing, elle est citée au moins neuf fois dans ce texte fondateur pour le traitement des maladies du niveau Tài Yáng en plénitude, situation désignée par l’expression shāng hán 傷寒 au sens étroit (lésion par le Froid). Bensky et al. la qualifient de « formule classique pour traiter le Froid en excès à l’Extérieur ». Elle est également considérée comme formule-mère d’un grand nombre de dérivés majeurs.

Équilibre dynamique de la formule :
La grande efficacité de cette formule tient à son architecture interne en miroir : Má Huáng et Guì Zhī agissent ensemble sur la superficie en forçant l’ouverture des pores, tandis que Xìng Rén et Zhì Gān Cǎo régulent le Poumon et pondèrent la dispersion. Má Huáng et Xìng Rén forment un binôme pulmonaire classique : le premier diffuse le Qi vers le haut et l’extérieur, le second le fait descendre et se déployer vers le bas. Guì Zhī et Zhì Gān Cǎo forment quant à eux une association tonifiante qui protège le centre tout en favorisant la libération de l’Extérieur. La formule est ainsi conçue pour chasser le pathogène sans dilapider le Qi Juste.

Pertinence clinique contemporaine :
En médecine contemporaine, cette formule reste d’usage courant dans les pathologies respiratoires aiguës répondant au tableau de plénitude de l’Extérieur par Vent-Froid. Elle est indiquée dans la phase initiale des infections des voies aériennes supérieures (rhinites, sinusites, laryngites), de la grippe, des bronchites aiguës, et des crises d’asthme de type Froid. Chen et Chen rapportent son usage étendu à l’asthme bronchique, à la pneumonie lobaire, à la glomerulonéphrite aiguë débutante, et aux formes débutantes de syndrome Bi par Vent-Froid-Humidité. Elle doit impérativement être réservée aux sujets en bonne condition physique générale, présentant un pouls superficiel et tendu avec absence totale de transpiration.

Nuances d’usage :
La distinction fondamentale entre Má Huáng Tāng et Guì Zhī Tāng 桂枝湯 repose sur la présence ou l’absence de sudation : Má Huáng Tāng est indiquée pour le tableau de plénitude de l’Extérieur (biǎo shí 表實) sans transpiration, alors que Guì Zhī Tāng s’adresse au tableau de vide de l’Extérieur (biǎo xū 表虛) avec sudation. Bensky et al. rappellent que dans le Shāng Hán Lùn, cette agression par le Froid (shāng hán au sens étroit) s’oppose à l’attaque par le Vent (zhōng fēng) traitée par Guì Zhī Tāng. La durée d’administration doit être brève : dès l’apparition d’une légère sudation généralisée, la formule est arrêtée.

Modifications (Jiā Jiǎn 加減)

– En cas de Froid à l’Extérieur avec Chaleur à l’Intérieur (fièvre intense, agitation), ajouter Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) 15-30 g ; cette transformation donne naissance à Má Xìng Gān Shí Tāng 麻杏甘石湯 (Décoction d’Éphédra, Abricotier, Réglisse et Gypse)

– En cas de vide de Qi concomitant avec faiblesse constitutionnelle, ajouter Huáng Qí (Radix Astragali) 15-30 g pour tonifier le Qi Défensif

– En cas de gorge rouge ou douloureuse, réduire le dosage de Guì Zhī de moitié et ajouter Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis) 9-12 g et Shè Gān (Rhizoma Belamcandae) 6-9 g

– En cas de dyspnée, oppression thoracique et toux avec expectorations blanches et aqueuses, ajouter Sū Zǐ (Fructus Perillae) 9 g et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) 6 g

– En cas de douleurs articulaires et musculaires intenses avec lourdeur par Vent-Froid-Humidité, ajouter Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) 9-12 g ; cette transformation donne Má Huáng Jiā Zhú Tāng 麻黃加朮湯 (Décoction d’Éphédra avec Atractylode)

– En cas de syndrome Bi par Vent-Froid-Humidité avec douleurs musculo-articulaires diffuses, ajouter Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) 15-30 g ; cette transformation donne Má Xìng Yì Gān Tāng 麻杏薏甘湯 (Décoction d’Éphédra, Abricotier, Coix et Réglisse)

– En cas de Froid à l’Extérieur très intense avec Chaleur intérieure, forte fièvre sans transpiration, agitation et pouls flottant et tendu, ajouter Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) 30-60 g, Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens) 9 g et Dà Zǎo (Fructus Jujubae) 12 pièces ; cette transformation donne Dà Qīng Lóng Tāng 大青龍湯 (Décoction du Grand Dragon Vert)

– En cas de toux et d’expectorations abondantes avec oppression thoracique, supprimer Guì Zhī et ajouter Sāng Bái Pí (Cortex Mori) 9 g, Sū Zǐ (Fructus Perillae) 9 g, Chì Fú Líng (Poria rubra) 9 g et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) 6 g ; cette transformation donne Huá Gài Sǎn 華蓋散 (Poudre du Dais Fleuri)

Formules Dérivées et Associées

– Suppression de Guì Zhī, ajout de Shēng Jiāng (action diaphorétique atténuée, pour Vent-Froid sans blocage sévère du méridien) : Sān Ào Tāng 三拗湯 (Décoction des Trois Libérations)

– Ajout de Shí Gāo en remplacement de Guì Zhī (transformation vers Chaleur au Poumon) : Má Xìng Gān Shí Tāng 麻杏甘石湯 (Décoction d’Éphédra, Abricotier, Réglisse et Gypse)

– Ajout de Shí Gāo, Shēng Jiāng et Dà Zǎo (Vent-Froid à l’Extérieur intense avec Chaleur à l’Intérieur, agitation, œdème flottant) : Dà Qīng Lóng Tāng 大青龍湯 (Décoction du Grand Dragon Vert)

– Ajout de Bái Zhú (syndrome Bi par Vent-Froid-Humidité, corps lourd, douleurs articulaires) : Má Huáng Jiā Zhú Tāng 麻黃加朮湯 (Décoction d’Éphédra avec Atractylode)

– Ajout de Yì Yǐ Rén avec dosages réduits (Vent-Humidité à l’Extérieur, fièvre aggravée l’après-midi, courbatures légères) : Má Xìng Yì Gān Tāng 麻杏薏甘湯 (Décoction d’Éphédra, Abricotier, Coix et Réglisse)

– Suppression de Guì Zhī, ajout de Sāng Bái Pí, Sū Zǐ, Chì Fú Líng, Chén Pí (Vent-Froid au Poumon avec Glaires abondantes) : Huá Gài Sǎn 華蓋散 (Poudre du Dais Fleuri)

– Formule de la même source traitant le niveau Tài Yáng en vide (avec sudation, aversion au Vent) : Guì Zhī Tāng 桂枝湯 (Décoction de Cannelier)

Précautions

Contre-indications :
– Tableau de vide de l’Extérieur avec transpiration spontanée : utiliser Guì Zhī Tāng à la place
– Vide de Qi ou de Yang préexistant sans robustesse constitutionnelle
– Vide de Yin avec chaleur interne ou fièvre par vide
– Grossesse
– Saignements spontanés ou tendance hémorragique (epistaxis récurrents, hémoptysie)
– Hypertension artérielle non contrôlée (en raison des effets adrénergiques de Má Huáng)
– Mictions abondantes et fréquentes (polyurie signant un vide du Bas-Réchauffeur)

Mises en garde :
– Arrêter immédiatement l’administration dès l’apparition d’une légère transpiration généralisée ; ne pas poursuivre au-delà
– Éviter une sudation excessive qui lèserait le Qi, le Sang et les Liquides Organiques
– Prendre la décoction chaude et couvrir le patient pour favoriser une légère transpiration
– Ne pas décocter les substances piquantes-aromatiques plus de 20-30 minutes pour préserver leur principe actif volatile
– Ne pas utiliser une fois que l’agent pathogène s’est transformé et pénétré à l’Intérieur (disparition du pouls superficiel, apparition de la soif, langue rouge)
– Usage à court terme uniquement ; interrompre dès résolution du tableau

Populations à risque :
– Personnes âgées et enfants en bas âge : risque de sudation excessive et de lésion du Qi
– Patients constitutionnellement faibles, convalescents, post-partum
– Patients sous traitement pour hypertension ou pathologies cardio-vasculaires
– Patients avec antécédents d’épistaxis ou de troubles de la coagulation

Textes de Référence

Source Chinois Époque (Auteur) Pertinence
Shāng Hán Lùn (Traité des Maladies Causées par le Froid) 傷寒論 Dynastie Han Orientale, env. 200 apr. J.-C. (Zhang Zhong-Jing 張仲景) Source primaire ; présentation canonique de la formule pour le niveau Tài Yáng en plénitude (shāng hán), citée au moins 9 fois dans le texte
Jīn Guì Yào Lüè (Précis des Prescriptions du Coffret d’Or) 金匱要略 Dynastie Han Orientale, env. 200 apr. J.-C. (Zhang Zhong-Jing 張仲景) Usage étendu à l’œdème aigu flottant et aux formules dérivées : Má Huáng Jiā Zhú Tāng et Má Xìng Yì Gān Tāng
Tài Píng Huì Mín Hé Jì Jú Fāng (Formulaire de Grâce Impériale de l’Ère Tai Ping) 太平惠民和劑局方 Dynastie Song, 1078-1085 (Département Médical Impérial) Codification de dérivés (Sān Ào Tāng, Huá Gài Sǎn) et précisions sur les modalités d’administration
Shén Nóng Běn Cǎo Jīng (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) 神農本草經 Époque des Han (attribué à l’Antiquité, compilé sous les Han) Premières descriptions des propriétés de Má Huáng : goût amer, nature tiède, action de provoquer la transpiration et de calmer la dyspnée

Lián Zǐ

Identification

Chinois
莲子
Pinyin
Lián Zǐ
Traduction
graine de lotus
Nom commun
graine de lotus sacré
Nom latin
Semen Nelumbinis Nuciferae
Famille
Nelumbonaceae
Espèces
Nelumbo nucifera Gaertn. (莲 Lián)
Partie utilisée
graine séchée (sans l’embryon dans certaines préparations)
Texte d’origine
Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle

Nature, saveurs et tropismes

  • Nature : Neutre (平 píng)
  • Saveurs : Doux (甘 gān)
  • Tropismes : Cœur (心 xīn), Rein (肾 shèn), Rate (脾 pí)

Actions principales

Tonifie la Rate et arrête la diarrhée, tonifie le Rein et consolide l’essence vitale, nourrit le Cœur et calme le Shen.

Actions, indications et tableaux cliniques

Tonifie la Rate et arrête la diarrhée

Lián Zǐ traite couramment la diarrhée chronique causée par une déficience de la Rate et son incapacité à transporter et transformer les liquides. La Rate déficiente perd sa fonction de contrôle de l’eau, ce qui inonde les intestins et engendre la diarrhée. Lián Zǐ agit à la fois par son action tonifiante sur la Rate et par sa nature astringente pour arrêter les pertes.

Tonifie le Rein et consolide l’essence vitale ( Jīng )

La déficience du Qi du Rein entraîne l’incapacité à retenir l’essence vitale, se manifestant par des émissions séminales, des pollutions nocturnes, une énurésie ou des pertes vaginales abondantes. Lián Zǐ stabilise et retient l’essence du Rein grâce à son action astringente combinée à sa nature tonifiante.

Nourrit le Cœur et calme le Shen

Lián Zǐ nourrit le Cœur pour traiter les troubles du Shen, notamment l’insomnie, les palpitations, l’anxiété et les troubles émotionnels liés à une déficience du Cœur. Sa nature douce lui permet de nourrir sans excès le Yin du Cœur, ce qui explique son emploi traditionnel dans certains états d’agitation ou d’insomnie sur terrain déficient.

Associations traditionnelles

Vide de Rate + Humidité

Tableau : Diarrhée chronique, appétit diminué, fatigue et selles molles

Association : Rén Shēn | Bái Zhú | Fú Líng | Shān Yào | Bái Biǎn Dòu | Yì Yǐ Rén | Shā Rén — Shēn Líng Bái Zhú Sǎn 参苓白术散

Tonifier la Rate, soutenir le Qi et transformer l’Humidité

Posologie et préparation

  • 6–15 g.

Formules classiques et contextes formulaires

  • Shēn Líng Bái Zhú Sǎn 参苓白术散 — Tonifier la Rate, soutenir le Qi et transformer l’Humidité

Précautions et sécurité

Précautions traditionnelles

La monographie pharmacopéiale actuelle ne formule pas de précaution spécifique. Du fait de son caractère astringent, les cautions relatives à la constipation ou à la rétention d’un facteur pathogène peuvent être conservées lorsqu’elles sont rattachées à une source de matière médicale explicite. Aucune conclusion générale d’innocuité n’est formulée.

Commentaire

Les traditions dérivées du Shén Nóng Běn Cǎo Jīng conservent une entrée 藕實, le fruit/semence du lotus, décrite comme douce et neutre avec des fonctions de soutien du centre, de l’Esprit et de la force. Les sources permettent de présenter cette entrée comme un antécédent historique de l’usage médicinal des graines de lotus, tout en évitant de projeter sur ce passage l’ensemble du cadre moderne de Lián Zǐ — tonification Rate/Rein, astringence et stabilisation du Jīng — sans sources plus tardives.

Sources

  • Traditional attribution; transmitted/reconstructed text; Sun Xingyan 孫星衍 recension — Shén Nóng Běn Cǎo Jīng — source
  • Hong Kong Baptist University Chinese Medicine Formulae Images Database — 参苓白术散 — Shēn Líng Bái Zhú Sǎn (2026) — source
  • Chinese Pharmacopoeia 2025 — 莲子 — Lián Zǐ / Nelumbinis Semen (2025) — source

Le Hún : l’âme éthérée, messagère des rêves et des élans de l’âme

Hun

Vous êtes hypersensible, rêveur·se, intuitif·ve, souvent traversé·e par des émotions profondes ou par un imaginaire foisonnant ?

La médecine traditionnelle chinoise (MTC) reconnaît cette richesse intérieure et y donne un nom : le Hún (魂), que l’on peut traduire par « âme éthérée ».

Qu’est-ce que le Hún ?

Dans la pensée chinoise, l’être humain est composé de plusieurs dimensions énergétiques et spirituelles. Parmi elles, le Hún représente l’âme éthérée, associée à l’élément Bois et au Foie. Contrairement au Po, l’âme corporelle liée au Poumon et à l’élément Métal, qui est ancrée dans le corps physique et disparaît après la mort, le Hún est considéré comme une entité plus subtile, liée à l’imagination, à la créativité, à la vision et à la connexion spirituelle.

Le Hún est souvent décrit comme l’aspect de l’âme qui voyage, notamment pendant les rêves, et qui nous relie à notre intuition et à notre capacité à envisager l’avenir. Il est associé à la capacité de donner un sens à notre vie, de cultiver des aspirations et de nourrir notre imagination.

On dit du Hún qu’il est comme une brume légère : il va et vient, circule librement, capte des impressions, des messages, des intuitions.

Pour les personnes hypersensibles, qui ressentent les émotions et les énergies de manière amplifiée, le Hún peut jouer un rôle central dans la gestion de leur sensibilité et dans leur quête d’équilibre.

 

Le rôle du Hún pour les hypersensibles

Les personnes hypersensibles ont souvent une perception aiguë du monde qui les entoure. Elles captent les émotions, les ambiances et les énergies subtiles, ce qui peut être à la fois une force et une source de surcharge émotionnelle. En médecine chinoise, cette sensibilité peut être liée à un Hún particulièrement actif ou, parfois, déséquilibré.

Le Hún est logé dans le Foie, qui, selon la MTC, régule la circulation harmonieuse du Qi (énergie vitale) dans le corps. Lorsque le Foie est en déséquilibre – par exemple, à cause de stress, de frustrations ou d’émotions refoulées – le Hún peut devenir instable. Cela peut se manifester par des symptômes comme des rêves agités, une difficulté à se projeter dans l’avenir, une sensation de vide intérieur ou, à l’inverse, une imagination débordante mais chaotique. Pour les hypersensibles, ces signes peuvent être amplifiés, car leur Hún est souvent très actif, les rendant plus réceptifs aux influences internes et externes.

Voici ce que le Hún permet quand il est en harmonie :

  • Accès aux rêves, à l’intuition, à la créativité
  • Élan de vie, motivation intérieure, envie d’explorer
  • Imagination fertile, inspiration artistique ou spirituelle
  • Capacité à ressentir profondément, à se relier aux autres

Mais quand il est perturbé (souvent par la fatigue, un stress émotionnel, ou un vide énergétique), il peut générer :

  • Trop de pensées ou de rêves confus
  • Une sensation de ne pas être « ancré »
  • Des troubles du sommeil ou de l’agitation mentale
  • Une mélancolie diffuse, un sentiment d’errance

Comment prendre soin de son Hún ?

  1. S’ancrer dans le corps

Un Hún trop « flottant » peut rendre la personne rêveuse, instable ou perdue dans ses émotions. Pour l’apaiser :

  • Pratiquez des activités corporelles douces : marche en nature, yoga, Qi Gong.
  • Massez ou chauffez la zone des pieds (notamment sous le gros orteil : point Yong Quan, R1).
  1. Nourrir son monde intérieur

Le Hún a besoin d’être honoré, exprimé :

  • Écrivez vos rêves, tenez un journal.
  • Créez : dessinez, chantez, imaginez.
  • Accordez-vous des moments de solitude et de silence.
  1. Apaiser le mental
  • Respirez profondément, surtout le soir.
  • Limitez les stimulations avant le coucher.
  • Essayez des tisanes calmantes (fleur d’oranger, mélisse, jujube – Suan Zao Ren en MTC).
  1. Soutenir le Foie et le Sang

Car un Foie en bonne santé permet au Hún de s’ancrer. Privilégiez :

  • Une alimentation chaude, riche en légumes verts, légumineuses, dattes rouges, ortie, betterave.
  • Le repos aux bons moments : se coucher avant 23h, moment clé du Foie en chronobiologie chinoise.

 

Le Hún, messager de votre âme

Pour les personnes hypersensibles, comprendre le rôle du Hún en médecine chinoise peut ouvrir une porte vers une meilleure connaissance de soi. Leur sensibilité, souvent perçue comme un défi, est en réalité une manifestation de leur connexion profonde avec leur âme éthérée. En prenant soin de leur Foie, en cultivant leur créativité et en apaisant leur esprit, elles peuvent transformer cette sensibilité en une force puissante, leur permettant de vivre en harmonie avec elles-mêmes et le monde qui les entoure.

La médecine chinoise nous rappelle que nous sommes des êtres complexes, à la croisée du corps, de l’esprit et de l’âme. En honorant notre Hún, nous honorons notre capacité à rêver, à créer et à donner un sens à notre existence – une invitation particulièrement précieuse pour les âmes sensibles.

 

ALIMENTS CONSEILLÉS

Voici une sélection d’aliments conseillés pour nourrir et équilibrer le Hún
en particulier chez les personnes hypersensibles, selon les principes de la médecine traditionnelle chinoise (MTC).

L’objectif est de :

  1. Nourrir le Sang (afin d’ancrer le Hún)
  2. Soutenir le Foie (l’organe lié au Hún)
  3. Apaiser l’Esprit (Shén) (souvent agité chez les sensibles)
  4. Renforcer l’enracinement énergétique

 

  1. Aliments qui nourrissent le Sang du Foie

Un bon ancrage du Hún passe par un Sang abondant et harmonieux.

  • Dattes rouges (jujube) – Da Zao : tonifient le Sang et calment l’Esprit
  • Angélique chinoise – Dang Gui : souvent utilisée en décoction ou en soupe
  • Betterave : favorise la production de Sang et soutient le Foie
  • Ortie (infusion ou soupe) : reminéralisante et tonique du Sang
  • Œufs (surtout le jaune) : riches en nutriments yin
  • Viandes maigres (canard, poulet fermier) : nourrissantes, à consommer cuites longuement
  • Graines de sésame noir : très bénéfiques pour le Sang et les Reins
  1. Aliments qui soutiennent le Foie (et donc le Hún)

Le Foie aime les aliments verts, légèrement amers ou acides, qui favorisent le libre mouvement de l’énergie (Qi).

  • Légumes verts à feuilles : épinards, roquette, cresson, brocoli
  • Artichaut, pissenlit, chicorée : soutiennent la détox douce du Foie
  • Zeste de citron, citron vert (en petite quantité dans l’eau tiède le matin)
  • Graines germées : renforcent la vitalité du Foie
  • Pommes et prunes : légèrement acidulées, elles aident le Foie à « circuler »
  1. Aliments qui apaisent le Shén (Esprit)

Pour calmer l’agitation mentale, les ruminations et favoriser un sommeil paisible.

  • Graines de jujube sauvage – Suan Zao Ren (souvent en tisane ou décoction)
  • Fleur d’oranger, camomille, mélisse : infusions douces le soir
  • Amandes, noix : riches en bons lipides, nourrissent le Cœur
  • Miel (en petite quantité) : apaise et harmonise
  1. Aliments d’ancrage et de centrage

Pour les hypersensibles qui « flottent » souvent dans leur tête ou leur imaginaire.

  • Patate douce, potimarron, carottes : nourrissants, rassurants, soutiennent la Terre (Rate)
  • Riz complet, millet, avoine : base douce et stable pour l’énergie
  • Soupe chaude, bouillons longs (os, légumes racines) : favorisent le retour au corps
  • Noix de coco, dattes sèches : nourrissent à la fois le Yin et l’ancrage


À éviter (ou à modérer)

Pour les personnes hypersensibles, certains aliments peuvent aggraver l’instabilité du Hún :

  • Café, thé noir fort, sucre raffiné → excitants du système nerveux
  • Alcool, épices fortes → dispersent le Qi et troublent l’Esprit
  • Aliments crus ou froids (surtout en hiver) → affaiblissent la Rate et donc le Sang
  • Aliments ultra-transformés → nuisent à l’équilibre général

 

Voici un menu type équilibré sur une journée

respectant la répartition 12 % protéines, 33 % lipides et 55 % glucides

Ce menu est construit selon les principes de la médecine chinoise adaptés aux hypersensibles : apaisant, nourrissant le Sang, soutenant le Foie, et évitant les excès de stimulation. Il respecte également l’équilibre yin-yang, favorise l’ancrage, et s’adapte à un métabolisme moyen.

SPÉCIAL HYPERSENSIBLES (en MTC)

  • Le matin : ancrage + tonification douce de la Rate
  • Le midi : régulation du Foie + apports en Qi et Sang
  • Le soir : apaisement du Shén, sommeil réparateur

PETIT-DÉJEUNER

Nourrir la Rate, ancrer le matin, éviter les excès de froid

  • Porridge de flocons d’avoine (40 g) cuit dans lait végétal enrichi (200 ml)
  • 1 c. à café de graines de sésame noir moulues
  • 1 c. à café de miel
  • 5 dattes séchées (ou 2 jujubes rouges chinoises)
  • 1 œuf dur ou poché (pour nourrir le Sang)
  • Thé de longane et jujube (infusion douce)

DÉJEUNER

Ancrage + circulation du Qi du Foie + soutien du Sang

  • Poêlée de légumes verts (épinards, brocoli, poireau) sautés à l’huile de sésame (1 c. à soupe)
  • Riz semi-complet (70 g sec)
  • Tofu ferme poêlé ou filet de truite vapeur (100 g)
  • Sauce légère au tamari + gingembre
  • 1 compote maison de pomme-prune (sans sucre ajouté)
  • Tisane de mélisse ou de camomille

COLLATION

Apaisement de l’Esprit, douceur sans excès

  • Amandes (15 g)
  • 1 fruit frais de saison (ex : poire ou clémentine)
  • Infusion de fleurs d’oranger ou passiflore

DÎNER

Léger, digestible, calme l’Esprit, favorise le sommeil

  • Soupe douce maison : potimarron, carotte, céleri, lentilles corail (30 g)
  • Millet cuit (40 g sec) ou petit bol de riz gluant
  • Tisane de Suan Zao Ren ou décoction Ye Jiao Teng
  • 1 carré de chocolat noir 85 % (optionnel, max 5 g

 

Voici un menu type végétarien

équilibré avec 12 % protéines, 33 % lipides et 55 % glucides

Et surtout :
– avec un bon apport en acides aminés essentiels, en combinant intelligemment céréales + légumineuses + oléagineux.
– inspiré des principes de la médecine chinoise, pour les hypersensibles : apaisant, enracinant, nourrissant le Sang.

PETIT-DÉJEUNER

  • Porridge de flocons d’avoine (40 g) + lait de soja enrichi (200 ml)
  • Graines de sésame noir moulues (1 c. à café)
  • Purée d’amandes (1 c. à café)
  • 5 dattes ou 2 jujubes rouges (Da Zao)
  • 1 cuillère à café de pollen frais (facultatif, pour le Sang et la vitalité)
  • Tisane de jujube et longane

Avoine + soja = bonne synergie lysine/méthionine
Amande + sésame = renfort calcium et acides gras

DÉJEUNER

  • Lentilles corail cuites (80 g)
  • Riz semi-complet cuit (100 g)
  • Poêlée de légumes verts (brocoli, courgette, épinard) à l’huile d’olive (1 c. à soupe)
  • Graines de courge (1 c. à soupe)
  • Compote de pomme et prune maison (sans sucre)
  • Tisane de mélisse

Lentilles + riz = protéines complètes
L
égumes verts + graines de courge = apport en fer et zinc végétal

COLLATION

  • Noix ou amandes (15 g)
  • 1 fruit frais de saison (poire, pomme, clémentine)
  • Infusion camomille / fleur d’oranger

DÎNER

  • Soupe de potimarron, carottes, oignon + pois chiches (60 g cuits)
  • Millet cuit (40 g sec)
  • 1 cuillère à soupe d’huile de colza crue (après cuisson)
  • Infusion de Suan Zao Ren ou Ye Jiao Teng

Pois chiches + millet = bonne complémentarité acides aminés
Colza = om
éga-3 végétal, pour le système nerveux

Voici une sélection de plantes de la pharmacopée chinoise adaptées aux personnes hypersensibles, selon les principes de la médecine traditionnelle chinoise (MTC). Ces remèdes visent à :

  1. Nourrir le Sang (pour ancrer le Hún)

  2. Calmer l’Esprit (Shén)

  3. Harmoniser le Foie (pour équilibrer les émotions)

  4. Ancrer l’énergie et stabiliser le psychisme

PHARMACOPÉE POUR L’HYPERSENSIBILITÉ (adaptée au Hún)

Nom chinois (latin) Fonction principale Indication MTC / Émotionnelle
Suan Zao Ren (Ziziphus spinosa, graine de jujube sauvage) Nourrit le Sang, calme le Shén Insomnie, nervosité, rumination, rêve excessif
Bai Shao (Paeonia lactiflora, pivoine blanche) Nourrit le Sang, assouplit le Foie Hypersensibilité émotionnelle, irritabilité, spasmes
Long Yan Rou (longane, chair de fruit séchée) Tonifie le Cœur et la Rate, calme le Shén Fatigue mentale, perte de mémoire, anxiété douce
He Huan Pi (Albizzia julibrissin, écorce) Libère les émotions bloquées, calme le Shén Tristesse chronique, chagrin, oppression émotionnelle
Ye Jiao Teng (Polygonum multiflorum, tige) Nourrit le Sang, calme l’Esprit, favorise le sommeil Insomnie, déconnexion, sensation de vide
Fu Shen (Poria cocos avec racine de pin) Renforce la Rate, calme l’Esprit, ancre Peurs vagues, anxiété flottante, difficulté d’ancrage
Dang Gui (Angelica sinensis) Nourrit le Sang et régule le Foie Faiblesse émotionnelle, fatigue, irritabilité
Yuan Zhi (Polygala tenuifolia) Ouvre l’Esprit, calme le Cœur, clarifie Excès mental, dispersion, anxiété panique (avec prudence)

Pour les hypersensibles, il est important de ne pas trop disperser ni trop tonifier, mais plutôt de nourrir, recentrer, et apaiser.

  • Formule classique douce : Suan Zao Ren Tang
    → Insomnie légère, fatigue mentale, agitation due à vide de Sang
    Ingrédients : Suan Zao Ren, Fu Ling, Chuan Xiong, Zhi Mu, Gan Cao

  • Autre formule utile : Gui Pi Tang
    → Fatigue, pleurs faciles, faiblesse émotionnelle, anxiété avec vide de Sang et de Qi de la Rate
    Contient Long Yan Rou, Dang Gui, Huang Qi, Suan Zao Ren, etc.

Conseils d’utilisation

  • Toujours utiliser sous supervision d’un praticien en MTC, surtout pour éviter les interactions ou les déséquilibres secondaires.

  • Privilégier les formes douces : décoctions faibles, tisanes, ou poudres modérées.

  • Accompagner avec des rituels calmes : infusions en conscience, respiration, auto-massage.

À éviter ou utiliser avec prudence

  • Yuan Zhi à haute dose : peut exciter l’Esprit chez les très sensibles.

  • Plantes trop yang ou piquantes : Rou Gui, Fu Zi, Ma Huang, sauf en cas de terrain froid bien ciblé.

  • Plantes laxatives ou dispersantes : risquent de désancrer ou aggraver l’hypersensibilité.

 

Le Hun, cette part éthérée de nous-mêmes, est à la fois source de rêve, de créativité et de quête spirituelle. Chez les personnes hypersensibles, il s’exprime souvent avec intensité, révélant une grande richesse intérieure… mais aussi une certaine vulnérabilité quand il est mal ancré.

La médecine chinoise nous offre des clés précieuses pour harmoniser ce souffle subtil : une alimentation nourrissante pour le Sang et le Foie, des plantes apaisantes et structurantes, des rituels de recentrage. Nourrir et stabiliser le Hun, c’est offrir à notre sensibilité un espace sûr pour s’épanouir.

En apprenant à écouter votre monde intérieur, à équilibrer votre énergie et à honorer votre sensibilité, vous transformez ce que vous perceviez peut-être comme une fragilité en une véritable force de vie.

Traitement de la maladie de Lyme en Médecine Chinoise

Maladie de Lyme

La maladie de Lyme, également appelée borréliose de Lyme1, est une maladie infectieuse qui touche l’être humain et de nombreux animaux.
Elle est transmise par morsure de tiques, les plus répandues en Europe étant Ixodes ricinus, un acarien de la famille des Ixodeae2.
C’est une maladie bactérienne due à une borrélie3, bactérie classée dans le groupe des spirochètes en raison de son aspect serpentiforme et spiralé.

Agent pathogène

La borrélie la plus connue est Borrelia burgdorferi (pour avoir été identifiée comme première responsable de la maladie de Lyme aux États-Unis). Les borrélies disposent de divers moyens, encore mal compris, d’échapper au système immunitaire de leur hôte. Elles peuvent aussi dans certaines conditions résister aux traitements antibiotiques et se développer après une phase d’apparente guérison.
Dans un milieu qui leur convient, elles sont beaucoup plus mobiles et rapides que les globules blancs.
Dans des conditions de stress non létal, les spirochètes peuvent se protéger en s’agrégeant dans des granules coccoïdoforme. Ces kystes semblent être entourés d’une membrane qui n’est pas reconnue comme étrangère par le système immunitaire, et qui n’est donc pas attaquée par les globules blancs.
Lorsque les conditions sont plus favorables, une partie des kystes s’ouvrent en libérant des borrélies viables, ce qui suggère qu’il s’agit bien d’une phase de dormance. C’est ce qui pourrait expliquer la réapparition de symptômes après une période d’apparente guérison. Les borrélies responsables de la maladie de Lyme semblent ainsi pouvoir se protéger durant des années voire des dizaines d’années.
Ces facteurs pourraient, au moins en partie, expliquer des réinfections fréquemment rencontrées avec les spirochètes, et le caractère souvent récurrent des symptômes entrecoupés de phase de dormance apparente du microbe, et l’inefficacité de certaines thérapies dans le cas de borréliose.

L’existence et la signification de formes non guéries par le traitement standard, ou l’attribution de pathologies chroniques à la maladie de Lyme, posent le problème de la « maladie chronique de Lyme », une controverse sociétale dite « Lyme War » aux États-Unis ou « Scandale de Lyme » en France, cette forme supposée chronique n’étant pas validée par les recherches scientifiques actuelles4.

Maladie

Après inoculation, il y a peu de réaction inflammatoire immédiate. Les borrélies sont capables de modifier leurs antigènes de surface (Outer surface proteins ou Osp), et d’échapper aux premières défenses immunitaires. En l’absence de traitement, elles diffusent localement dans la peau à partir du site d’inoculation (érythème migrant).
Puis elles diffusent par voie sanguine vers les tissus articulaires, neurologiques et cardiaques. Chez le sujet immunocompétent, après plusieurs semaines ou mois, les réponses anticorps finissent par contrôler l’infection disséminée, même en l’absence de traitement, et les symptômes s’estompent.
Chez l’homme, le système immunitaire est activé en permanence jusqu’à ce que la bactérie soit éliminée, celle-ci pouvant persister longtemps dans des sites localisés. En l’absence de traitement, la bactérie a pu être mise en évidence plusieurs années après l’inoculation, notamment dans les lésions cutanées tardives (acrodermatite chronique atrophiante ou ACA). Après une infection, il n’y a pas d’immunité protectrice mise en place, même si des anticorps restent présents.

Classiquement, la maladie évolue en trois phases, non obligatoires. Chaque phase peut être révélatrice ou s’intriquer avec une autre, avec des poussées ou des rémissions à chaque phase. Outre les variations selon les zones géographiques (Amérique et Eurasie), la maladie est aussi variable selon les patients (certains ne présentent que la phase primaire, d’autres la phase tertiaire).

La phase primaire, ou précoce localisée, qui survient 3 à 30 jours après l’inoculation, est une phase cutanée, représentée par l’érythème migrant. Dans 20 à 30 % des cas, elle est absente ou passe inaperçue.

La phase secondaire, ou précoce disséminée, se manifeste dans les semaines ou mois après inoculation. Elle peut être révélatrice (apparaître en premier). Selon les cas (germe causal en rapport avec la zone géographique), les troubles peuvent être neurologiques, articulaires, cardiaques, ou cutanés.

Ces deux premières phases sont parfois regroupées en une seule phase dite précoce, surtout en Europe, car les troubles sont divers (plus grande variété de borrélies). La maladie de Lyme se présente comme un ensemble polymorphe (maladies apparemment différentes). Alors qu’en Amérique du Nord, la maladie de Lyme se présente plutôt sous une forme articulaire, unique ou prédominante.

La phase tertiaire se produit des mois ou des années après inoculation. Elle signe une infection persistante ou résurgente, elle peut être aussi révélatrice. Il s’agit de formes chroniques : cutanées, articulaires ou neurologiques. Du point de vue clinique, elles ne sont guère spécifiques (elles peuvent aussi se rencontrer en dehors de la maladie de Lyme), à l’exception de l’acrodermatite chronique atrophiante.
La « neuroborréliose tardive » regroupe plusieurs entités, dont l’encéphalite (atteinte cérébrale) et les polyneuropathies (atteinte des nerfs). L’encéphalite ou encéphalomyélite, chronique ou tardive, se manifeste par des troubles variés : troubles cognitifs, difficultés de concentration parfois associés un état de fatigue, douleurs, faiblesse musculaire, troubles moteurs… Le lien avec une maladie de Lyme est reconnu lorsqu’on retrouve une synthèse d’anticorps spécifiques dans le liquide cérébro-spinal. Une polyneuropathie se manifeste d’abord avec des pics de douleurs, parfois accompagnés d’engourdissements et picotements dans les mains ou les pieds. Elle est classiquement associée à l’acrodermatite atrophiante. Il peut s’agir aussi de douleurs radiculaires chroniques isolées se manifestant comme une sciatique.

Ces formes tardives sont reconnues lorsqu’elles forment des ensembles typiques et cohérents d’un point de vue clinique et biologique. Elles sont discutées ou controversées quand la clinique n’est pas caractéristique et la biologie non validée.

Traitements

Les infections traitées en phase primaire sont guéries par les antibiotiques. Dans près de 90 % des cas, elles sont traitées efficacement par une antibiothérapie de 2 à 4 semaines.
Si la phase primaire passe inaperçue, ou insuffisamment traitée, la maladie continue d’évoluer.
Environ 10 % des patients traités, et peut être plus chez ceux ayant une neuroborréliose, continuent d’avoir des troubles subjectifs (fatigue, douleurs musculaires, troubles cognitifs…). Ces troubles persistent plus de 6 mois après antibiothérapie préconisée, et jusqu’à plus de 10 ans, au moins de façon intermittente.
Même si la plupart des patients s’améliorent au fil des mois, cet état affecte durablement la qualité de vie.
C’est le « syndrome post-borréliose de Lyme », ou PLDS Post-Lyme Disease Syndrom.
Dans cette situation, les études contrôlées ne montrent pas de différence entre une antibiothérapie prolongée et un placebo.

Maladies parasitaires chroniques et Médecine chinoise

Dans un article publié en 1998 dans le Journal of Chinese Medicine, le Dr Heiner Fruehauf expose que le concept ancien de Syndrome Gǔ (gǔ zhēng) est une approche clinique valide pour le traitement de maladies inflammatoires ou parasitaires chroniques, telle que la maladie de Lyme5.

Historiquement, le Gǔ était une pratique où un chamane administrait un poison à une personne, qui lui faisait oublier qui elle était. Le Shǐjì (史記 Mémoires Historiques) rédigé par l’historien Sīmǎ Qiān, rapporte qu’en 91 AEC un incident Gǔ a causé la mort de plus de dix mille personnes. Les victimes auraient été tuées par des poupées de bois ensorcelées, enterrées près de l’endroit où ils vivaient. Dès lors, le terme Gǔ désigne une situation où l’attaquant est dans l’obscurité et la victime ne sait pas ce qui lui arrive.
Bien que le terme Gǔ soit mentionné dans tous les ouvrages médicaux classiques anciens, en commençant par le Huángdì Nèijīng (黄帝内经 Classique Interne de l’Empereur Jaune), celui-ci a disparu des ouvrages cliniques modernes car le Syndrome Gǔ a été jugé comme une croyance « féodaliste et superstitieuse » de l’ancien temps, considérant que la croyance des démons et les pratiques exorcistes n’avaient plus leur place dans la pratique clinique moderne.

GuLe terme Gǔ est l’un des plus anciens caractères chinois puisqu’on le retrouve inscrit sur des os oraculaires.
Le caractère 蠱 gǔ est composé du radical 虫 chóng « serpent », qui répété trois fois 蟲 prend la signification de « ver, insectes », et du radical 皿 mǐn « plat, vaisselle ».
Cela représente un plat dans le contenu duquel croissent des vers. C’est la représentation de ce qui est corrompu.
Durant des siècles, les femmes de la tribu Miao étaient réputées pour leur maitrise de la fabrication du poison Gǔ : le cinquième jour du cinquième mois, elles enterraient dans un pot des animaux et des insectes venimeux (serpents, vers, scorpions…) qui se dévoraient entre eux, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un. Celui-ci était considéré comme le plus virulent. Il était alors utilisé sous forme de poudre ou d’extrait pour empoisonner quelqu’un.
(Joseph Needham note que la même technique a été employée pour isoler la bactérie capable d’attaquer le bacille de la tuberculose…).
Par la suite, les textes médicaux décrivent le syndrome Gǔ comme une infestation de vers dans le corps. Cependant, il est fait la distinction entre le syndrome d’infestation de vers (chóng zhēng) et le syndrome Gǔ (gǔ zhēng) où la toxicité est telle qu’elle finit par dévaster le corps et l’esprit de la personne. On peut dire que le syndrome Gǔ correspond à une infestation particulièrement sévère de parasites et de co-infections qui peuvent atteindre l’état mental de la personne, d’où l’idée de « possession » par des fantômes invisibles.

L’hexagramme 18 du Yìjīng (Le Livre des Mutations) ䷑ gǔ signifie « Le travail sur ce qui est corrompu ». L’hexagramme décrit la situation énergétique où un Vent faible se heurte à l’immobilité de la Montagne. Son mouvement se trouvant empêché, l’absence de mouvement et d’air entraine le pourrissement. Dans le cadre de cet hexagramme, la stagnation est telle que les manifestations de dégradation et de pourrissement (corruption) doivent entrainer une action forte et persévérante. Cependant, il est nécessaire d’avoir certains égards, une certaine délicatesse en portant remède. On ne doit pas se montrer trop cassant afin de ne pas blesser par de la brusquerie.

Syndrome Gu

Les caractéristiques cliniques du Syndrome Gǔ sont décrites ainsi dans la littérature traditionnelle6 :
– il est malveillant et peut avoir des conséquences mortelles
– il entre dans l’organisme à travers la nourriture
– il est considéré comme un type de toxine (gǔ dú). Ceci fait référence aux maladies épidémiques, mais également parce que les textes classiques notent que « Gǔ peut se transformer lui-même en une toxine nocive ».
– il se développe principalement dans les organismes déficients et une fois établi, il blesse encore plus la source du Qi de l’organisme.
– il agit dans l’ombre : il est souvent difficile de déterminer où et quand l’agent pathogène a été contacté, ce qui rend le diagnostic extrêmement difficile.
– les symptômes Gǔ typiques que l’on peut trouver dans la littérature se réfèrent à un tableau d’infection parasitaire par des protozoaires.
– la présence de symptômes mentaux (souvent combinés avec des problèmes digestifs) est l’élément déterminant.
– une personne atteinte peut vivre toute sa vie avec cette infection sans forcément mourir.

Le Bèijí Qiānjīn Yàofāng (备急千金要方 Prescriptions Essentielles Valant Mille pièces d’Or) écrit en 652 par Sūn Sīmiǎo cite : « il existe plus de mille toxines Gǔ, chacune d’entre elles pouvant potentiellement causer différents symptômes. Certaines peuvent causer du sang dans les selles, pendant que d’autres entraînent le désir de s’allonger dans le noir ; d’autres peuvent provoquer des sautes d’humeur, telles que des phases de dépression alternant avec des périodes soudaines de joie ; d’autres encore causent des sensations de lourdeur et de douleurs des membres ; et encore une myriade d’autres symptômes que nous n’avons pas la place de lister entièrement ».

Les principaux symptômes les plus souvent cités dans les textes classiques sont :

Symptômes digestifs
Diarrhée chronique, selles molles ou alternance de diarrhée et de constipation, selles explosives, ballonnements abdominaux ou ascite, crampes abdominales et/ou douleurs, nausées, sang et/ou pus dans les selles, appétit diminué ou vorace, fringales particulières.

Symptômes neuromusculaires
Courbatures, lourdeur musculaire, faiblesse musculaire ; douleurs erratiques ; sensations de chaleur physique ; transpirations nocturnes froides ; lourdeur et douleur des extrémités ; aversion de la lumière vive, désir de rester allongé dans l’obscurité.

Symptômes mentaux
Dépression, pensées suicidaires fréquentes ; accès de colère, crise de rage ; changement d’humeur brusque ; agitation interne, insomnie ; sensation générale de confusion, schémas de pensée chaotique ; hallucinations visuelles et/ou auditives ; crise d’épilepsie ; sensation d’être « possédé ».

Signes constitutionnels
État d’épuisement mental et physique progressif, indications d’épuisement du Yuan Qi ; cernes sombres sous les yeux ; symptômes mystérieux qui échappent à un diagnostic clair ; historique d’infection aigue à protozoaires, voyages en régions tropicales ;
Langue : pointe rouge ou « taches parasite » rouges avec stagnation dans les veines sublinguales (les « taches parasites » chóng bān 蟲斑 sont des petits points rouges se regroupant généralement sur le premier tiers de la langue, brillants sous un enduit gras, et qui s’étendent parfois jusqu’au centre. On dit souvent qu’ils sont indicateurs de la présence de vers ou autres parasites, particulièrement observé chez les enfants. Ils sont le signe de Chaleur localisée parmi de l’Humidité, un tableau énergétique, différent de la Chaleur-Humidité, typique de la plupart des infections parasitaires).
Enduit : gras et enraciné
Pouls : Superficiel (浮 fú) et Grand (大 dà), ou Rugueux (涩 sè)

La particularité du Syndrome Gǔ est qu’il est particulièrement difficile à traiter et qu’il ne répond pas à l’approche classique biànzhèng lùn zhì (traitement adapté au diagnostic différentiel), ni au liùjīng biànzhèng (diagnostic différentiel selon les Six Niveaux).
La plupart des ouvrages classiques consacrent un chapitre particulier pour le Syndrome Gǔ. Les médecins ont toujours mis l’accent sur le fait que les symptômes induits par le Gǔ (tels que diarrhées chroniques, ascites, syndrome de dépérissement (cachexie), symptômes mentaux, etc..), doivent être diagnostiqués et traités de manière totalement différente du contexte ordinaire de ces déséquilibres.
Dans le Pǔjì Fāng (普濟方 Prescriptions pour le Soulagement Universel) écrit en 1406 par le Prince Zhū Sù 朱橚, il est dit : « Le médecin vulgaire traite la diarrhée de type Gǔ comme une diarrhée ordinaire, et c’est complètement faux ». Lorsqu’un patient présente des symptômes qui s’apparentent à une déficience de Qi de la Rate, les méthodes ordinaires pour traiter fatigue, ballonnements, problèmes digestifs, ne fonctionnent pas et peuvent même empirer les symptômes.
L’un des paramètres qui peut permettre de diagnostiquer un Syndrome Gǔ, est que l’utilisation de renshen (panax ginseng), aggrave les symptômes, et donc est une contre-indication. Il apparait que les toniques du Qi, tels que renshen ou dangshen (radix codonopsis) renforcent non seulement le système immunitaire mais tonifient aussi l’agent pathogène.

Le Dr Heiner Fruehauf identifie deux types de syndrome Gǔ : le Gu Cerveau et le Gu Digestif.
Le Gu Digestif est caractérisé par une inflammation limitée au système digestif. A travers la relation étroite entre les intestins et le cerveau par l’intermédiaire des neurotransmetteurs, cet état inflammatoire peut influencer fortement sur l’humeur, mais le retentissement sur le système nerveux va rester secondaire.
Dans le Gu Cerveau, dont la maladie de Lyme est la manifestation typique, le système nerveux est la principale cible de l’infection. Il existe également des symptômes digestifs, mais ceux-ci restent secondaires par rapport aux troubles nerveux. Les patients atteints de Gu Cerveau sont dans un état cognitif et émotionnel extrêmement fragile, pouvant aller jusqu’à des épisodes psychotiques d’hallucinations ou de comportement chaotique. Le tableau qui se rapproche le plus du Gu Cerveau et celui de la malaria. Le terme Nüè 虐 malaria, est souvent cité dans les textes classiques à côté du syndrome Gǔ. Il signifie littéralement « maladie de la torture ».
La maladie de Lyme est à la fois Gǔ et Nüè, c’est-à-dire une infection parasitaire sévère qui épuise et vide progressivement son hôte (Gǔ) et créé un état de souffrance physique, mental et émotionnel (Nüè).

Ce qui caractérise Gǔ et Nüè, du point de vue de la Médecine Chinoise, est l’implication du Vent (fēng 風) et de l’Humidité (shī 湿), ainsi que d’un agent pathogène caché qui va rester longtemps (fú xié 伏邪) et s’enfoncer au plus profond de l’organisme jusqu’à atteindre la couche shaoyin, et affecter le Rein et le Cœur.
On peut noter que le caractère fēng 風 (Vent) contient le caractère chóng 虫 (parasite) et que l’hexagramme Gǔ ䷑ est composé du trigramme « Vent » sous la « Montagne ».

Traitement

C’est dans l’ouvrage Zhìgǔ Xīnfāng (治蛊新方 Nouvelles Formules pour le Traitement de Gǔ) écrit par Lù Shùndé en 1823 que l’on trouve une approche rationnelle et efficace pour le traitement du Syndrome Gǔ avec six principes de traitement.

  1. Disperser la toxine Gu, avec des plantes diaphorétiques (qui augmentent la transpiration) (sàn dú 散毒)

C’est la catégorie la plus importante du traitement du Syndrome Gǔ. Les plantes telles que Zi Su Ye, Bai Zhi ou Bo He induisent la transpiration et chassent le Vent pervers, mais de manière plus douce que Ma Huang ou Gui Zhi, et leur propriété aromatique puissante va permettre de pénétrer les profondeurs de l’organisme.

Zi Su Ye (Folium Perillae Frutescentis)
Bo He (Herba Menthae)
Bai Zhi (Radix Angelicae)
Lian Qiao (Fructus Forsythiae Suspensae)
Gao Ben (Rhizoma et Radix Ligustici Sinensis)
Sheng Ma (Rhizoma Cimicifugae)
Ju Hua (Flos Chrysanthemi Morifolii)

  1. Tuer les parasites (shā chóng 殺蟲) et chasser les démons (qū guǐ 驅鬼)

L’ail cru, Da Suan, et en particulier l’ail violet du Sichuan, est souvent recommandé comme remède simple et efficace du syndrome Gǔ. Dans la tradition populaire occidentale, l’ail est réputé pour ses propriétés antihelmintiques7 (vermifuge) et était également réputé contre « les possessions démoniaques »8.
En usage externe, on l’utilise pour effectuer des moxas sur tranches d’ail sur les « 13  Points du Démon »  (shísān guǐxué 十三鬼穴).

Da Suan (Bulbus Alli Sativi)
Yu Jin (Tuber Curcumae)
Ku Shen (Radix Sophorae Flavescentis)
Huai Hua (Flos Sophorae Japonicae Immaturus)
She Chuang Zi (Fructus Cnidii Monnieri)
Jin Yin Hua (Flos Lonicerae Japonicae)
Qing Hao (Herba Artemisiae Apiaceae)
Shi Chang Pu (Rhizoma Acori Graminei)
Ding Xiang (Flos Caryophylli)
He Zi (Fructus Terminaliae Chebulae)
Lei Wan (Sclerotium Omphaliae Lapidescens)
Bing Lang (Semen Arecae Catechu)
Ku Gua (Momordica Charantia)
Chuan Shan Jia (Squama Manitis Pentadactylae).

  1. Calmer l’Esprit (en nourrissant le Yin et en tonifiant le Qi du Poumon et du Coeur) (ān shén 安神)

Les plantes les plus représentatives de cette catégorie sont Huang Jing et Bai He, considérées par les taoïstes en quête d’immortalité comme Huá Tuó, comme l’Essence de la Terre, ayant à la fois des propriétés tonique et calmante pour favoriser la méditation, et antiparasitaires. Bai He est le remède principal de la maladie qui porte son nom, Maladie du Bulbe de Lys (bǎihé bìng 百合病), qui recouvre un ensemble de désordres psychologiques et émotionnels, un malaise général avec difficulté à parler, manger, s’allonger, marcher, comme si la personne était « possédée par un esprit malveillant »9.

Huang Jing (Rhizome Polygonati)
Bai He (Bulbus Lilii)
Bei Sha Shen (Radix Glehniae Littoralis)
Xuan Shen (Radix Scrophulariae Ningpoensis)
Sheng Di Huang (Radix Rehmanniae Glutinosae)
Xi Yang Shen (Radix Panacis Quinquefolii)
Fu Shen (Poriae Cocos Pararadicis Sclerotium)
Jiang Xiang (Lignum Dalbergiae Odoriferae).

  1. Tonifier le Qi et le Sang (avec des substances piquantes/détoxifiantes) (bǔ qì xuè 補氣血)

Les deux plantes majeures sont Dang Gui avec ses propriétés piquantes et Gan Cao avec ses propriétés détoxifiantes. En cas de diarrhées on évitera He Shou Wu. Wu Jia Pi est intéressante en cas de douleur généralisée.

Dang Gui (Radix Angelicae Sinensis)
Bai Shao (Radix Paeoniae Lactiflorae)
He Shou Wu (Radix Polygoni Multiflori)
Gan Cao (Radix Glycyrrhizae Uralensis)
Huang Qi (Radix Astragali)
Wu Jia Pi (Cortex Acanthopanacis Radicis)

  1. Mobiliser le Qi et disperser les Stases de Sang (avec des plantes anti-parasitaires) (xíng qì pò xiě 行氣破血)

En plus de leurs propriétés antiparasitaires, ces plantes vont permettre de disperser les masses et semblent pouvoir attaquer le bio-film qui entoure les parasites, qui leur permet d’échapper au système immunitaire et de résister aux traitements.

Chuan Xiong (Radix Ligustici Wallichii)
Chai Hu (Radix Bupleuri)
E Zhu (Rhizoma Curcumae Zedoariae)
San Leng (Rhizoma Sparganii)
Chen Pi (Pericarpium Citri Reticulatae)
Mu Xiang (Radix Saussureae seu Vladimirae)
Ze Lan (Herba Lycopi Lucidi)
San Qi (Radix Notoginseng)

  1. Tiédir le Yang (wēn shèn yáng 温肾阳)

Les stagnations sévères doivent être « bousculées » de manière forte, avec des substances qui présentent une certaine toxicité, mais qui permettent également de soutenir le Yang véritable afin que l’organisme lui-même puisse mobiliser son énergie pour se défendre.

Xiong Huang (Realgar)
Liu Huang (Sulphur)
Zhi Fu Zi (Rx. Aconiti Carmichaeli Preparata)
Zhi Chuan Wu (Radix Aconiti Preparata)
Zhi Cao Wu (Radix Aconiti Kusnezoffii Preparata)
Ba Dou (Semen Crotonis)
Wu Gong (Scolopendra)

Cette combinaison de six catégories permet une utilisation adaptée au traitement à long terme, et cliniquement efficace sur le Syndrome Gǔ.

Lors de la réalisation d’une formule individualisée, on utilise entre 12 et 15 remèdes, avec une moyenne de 1-3 remèdes par catégorie.
Il est important de pouvoir changer régulièrement la formule, environ toute les six semaines, afin d’éviter l’adaptation des parasites au traitement et éviter les éventuelles réponses allergiques de l’organisme.
Ces changements, en gardant la structure des six catégories, permettent des variations et des adaptations tout en gardant les mêmes principes de traitements.
Cette procédure peut inclure des changements mineurs, tels que remplacer Gui Zhi par Rou Gui, ou Fu Zi par Chuan Wu ; des changements plus importants comme changer un remède de chacune des catégories ; ou des changements majeurs, comme changer complètement de formule.

Les dosages recommandés varient entre 60 et 90 g de plantes sèches, soit 12 à 18 g de poudre concentrée.
Pour les personnes très sensibles, il est possible de commencer avec un dosage plus faible de 2 à 6 g par jour, puis d’augmenter progressivement.

En général, les bénéfices commencent à se faire sentir au bout de 6 à 12 semaines, sachant que le traitement est de longue durée, pouvant aller de 6 mois, si la personne est jeune ou que l’infection est récente, à 5 ans et plus, si l’infection s’est installée depuis plusieurs décennies et que la personne est particulièrement faible.
De plus la progression n’est pas linéaire mais ressemble plutôt à deux pas en avant et un pas en arrière, avec des phases de plateau.

Maitre Ranxi, spécialiste du Syndrome Gǔ de la Dynastie Qing disait :
« Lorsque la toxine Gǔ est entrée au centre de la personne, on peut la comparer à l’huile qui s’infiltre dans la farine ; elle est partout et peut être difficilement séparée ».

Recommandations diététiques

Durant le traitement (mais également après), éviter :
Poulet, canard, poissons, crevettes, escargots, gecko, serpents, tous type d’insectes.
Egalement tous les aliments qui peuvent « nourrir les parasites » : tous les sucres et produit sucrés, miel, jujubes.

Augmenter la consommation de :
Tofu, céleri, choux, épinard, racine de lotus, shiso (feuille de perilla), menthe poivrée, ail, raifort, gingembre, melon amer (momordique), champignon noir (Oreille de Judas), litchi, longane, orange, mandarine, pamplemousse, prune, grenade, pastèque, vinaigre, thé vert, agneau et porc.
Cependant, si l’un de ces aliments aggrave la situation, il faudra alors l’éviter.

Acupuncture

Source : Qugu Ranxi Lu (Traité de Maitre Ranxi pour chasser le Gu), 1893

  • Appliquer un moxa à l’ail vigoureux sur V-43 gāohuāngshù
  • Moxa sur V-13, E-36 et Guikuxie (point de lamentation du démon) (La description de la localisation de ce point n’est pas exacte. Il semblerait qu’il soit localisé au milieu de la première phalange du pouce, à côté de P-11. Un des commentaires dit : « lorsqu’on applique la moxibustion, le démon va venir gémir, révélant son nom ».)
  • Il est recommandé de faire fréquemment de l’acupressure avec une préparation à base de menthol, particulièrement sur les Treize Points du Démon (十三鬼穴shísān guǐxué), ou de puncturer de manière sélective ces points :

Treize Points du Démon (points gui) :

DM-26 (鬼宮 guǐ gōng Palais du Démon)
P-11 (鬼信 guǐ xìn Lettre du Démon)
Rte-1 (鬼壘 guǐ lěi Rempart du Démon)
MC-7 (鬼心 guǐ xīn Coeur du Démon)
VB-62 (鬼路 guǐ lù Chemin du Démon)
DM-16 (鬼枕 guǐ zhěn Oreiller du Démon)
E-6 (鬼床 guǐ chuáng Lit du Démon)
RM-24 (鬼市 guǐ shì Marché du Démon)
MC-8 (鬼窟 guǐ kū Grotte du Démon)
DM-23 (鬼堂 guǐ táng Palais du Démon) Shangxing
RM-1 chez les hommes /Yumen (tête du clitoris) chez les femmes (鬼藏 guǐ cáng Cache du Démon)
GI-11 (鬼臣 guǐ chén Vassal du Démon)
Haiquan (sous la langue) (鬼封 guǐ fēng Sceau du Démon)

  1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Maladie_de_Lyme 
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Tiques
  3. https://fr.wikipedia.org/wiki/Borrelia
  4. https://www.lymedisease.org/lyme-wars-nbc-ny/
  5. “Driving Out Demons and Snakes: Gu Syndrome, A Forgotten Clinical Approach to Chronic Parasitism” by Heiner Fruehauf, in The Journal of Chinese Medicine, May 1998.
  6. https://en.wikipedia.org/wiki/Gu_(poison)
  7. https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthelminthique
  8. « L’utilisation de l’ail pour repousser revenants et vampires de l’Égypte antique à l’Europe de l’Est », Amandine Marshall, docteur en égyptologie, Archéologia, no559, novembre 2017, p. 48 à 53.
  9. Jīn Kuì Yào Lüè (金匮要略) Prescriptions Essentielles du Cabinet d’Or), Zhang Zhongjing, Beijing 2013.
  10. Qugu Ranxi Lu (Traité de Maitre Ranxi pour chasser le Gu), 1893 



Long Yan Jiu

Vin de Longane
(龍眼酒 lóng yǎn jiǔ)

Long Yan Jiu

Actions :

Tonifie le Cœur et nourrit le Sang

Indications :

Préoccupation excessive et anxiété, palpitations, insomnie, mémoire diminuée.

Cette préparation peut également être recommandée pour les femmes comme formule de beauté, parce que le Sang nourrit et assouplit la peau, et que le visage correspond au Cœur. Ainsi, nourrir le Sang du Cœur est également bon pour nourrir la peau du visage.

Ingrédients :

Longane séché (lóng yăn ròu 龙眼肉 Arillus Euphoriae Longanae) 250 g
Vin rouge (紅酒 hóng jiǔ) : 75 cl

long yan rou

Le vin (de raisin) rouge tonifie le Qi et nourrit le Sang, active la circulation du Sang, tonifie le Rein et le Foie.

Préparation :

Placer les longanes séchés dans un récipient et laisser mariner dans le vin pendant 100 jours.
Filtrer et conserver.

long yan jiu

long yan jiu

long yan jiu

Posologie :

Une petite tasse (10 cl) par jour

(A consommer avec modération)

 

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lóng yǎn ròu

Identification

Chinois
龍眼肉
Pinyin
lóng yǎn ròu
Traduction
chair de l’œil du dragon
Nom commun
arille de longanier, pulpe de longan séchée
Nom latin
Arillus Euphoriae Longanae
Famille
Sapindaceae
Espèces
Dimocarpus longan Lour. (syn. Euphoria longana Lam.) (龍眼 lóng yǎn)
Partie utilisée
arille séchée (pulpe entourant la graine)
Texte d’origine
Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle

Nature, saveurs et tropismes

  • Nature : Tiède (溫 wēn)
  • Saveurs : Doux (甘 gān)
  • Tropismes : Cœur (心 xīn), Rate (脾 pí)

Actions principales

Tonifie le Cœur et la Rate, nourrit le Sang et calme le Shen, bénéficie au Qi et au Sang.

Actions, indications et tableaux cliniques

Tonifie le Cœur et la Rate

Lóng Yǎn Ròu est classiquement utilisé dans les déficiences conjointes du Cœur et de la Rate, syndromes fréquemment rencontrés après des maladies prolongées ou chez les personnes âgées. Le Cœur gouverne les vaisseaux sanguins et le Shen. La Rate transforme les aliments en Qi nourricier ( gǔ qì 穀氣). Un excès de soucis ou de pensées pénibles lèse le Cœur et la Rate et provoque des palpitations, des insomnies, des difficultés à s’endormir et à rester endormi, des oublis, un Shen affaibli et de la fatigue.

Nourrit le Sang et calme le Shen

Lóng Yǎn Ròu nourrit le Sang du Cœur pour apaiser et stabiliser le Shen. Il est particulièrement indiqué dans les troubles du sommeil et les désordres émotionnels liés à une déficience de Sang du Cœur. Sa saveur douce et sa nature tiède en font un remède qui tonifie sans créer de stagnation, contrairement à d’autres toniques du Sang plus lourds.

Bénéficie au Qi et au Sang

Lóng Yǎn Ròu traite efficacement les déficiences combinées de Qi et de Sang, fréquentes chez les malades chroniques et les personnes âgées. Les symptômes caractéristiques comprennent la fatigue, la faiblesse, l’essoufflement, les sueurs spontanées et un teint pâle ou terne.

Associations traditionnelles

Cœur-Rate Qi-Sang déficients

Tableau : Palpitations, insomnie, oubli, fatigue et appétit diminué

Association : Huáng Qí | Rén Shēn | Bái Zhú | Dāng Guī | Suān Zǎo Rén | Yuǎn Zhì | Fú Shén — Guī Pí Tāng 归脾汤

Tonifier Cœur-Rate, nourrir le Sang et calmer le Shen

Posologie et préparation

  • 9–15 g.

Formules classiques et contextes formulaires

  • Guī Pí Tāng 归脾汤 — Tonifier Cœur-Rate, nourrir le Sang et calmer le Shen

Précautions et sécurité

Précautions traditionnelles

La monographie pharmacopéiale actuelle ne formule pas de précaution spécifique. Les réserves traditionnelles liées à l’Humidité, aux Glaires ou à la stagnation digestive peuvent être mentionnées lorsqu’une source de matière médicale les établit. Aucune conclusion générale d’absence de toxicité n’est formulée.

Commentaire

Le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng contient une entrée 龍眼 Lóng Yǎn, décrite comme douce et neutre, avec notamment les indications « calmer la volonté/esprit » et agir sur l’alimentation, puis des formules de longévité et de clarté mentale. Les sources permettent donc de conserver l’ancienneté de Lóng Yǎn comme matière médicale, mais ne doit pas présenter la totalité du cadre moderne « tonifie le Sang du Cœur et de la Rate » comme une formulation directe du texte primaire.

Sources

  • Traditional attribution; transmitted/reconstructed text; Sun Xingyan 孫星衍 recension — Shén Nóng Běn Cǎo Jīng — source
  • Hong Kong Baptist University Chinese Medicine Formulae Images Database — 归脾汤 — Guī Pí Tāng (2026) — source
  • Chinese Pharmacopoeia 2025 — 龙眼肉 — Lóng Yǎn Ròu / Longan Arillus (2025) — source

Vins médicinaux en Médecine Traditionnelle Chinoise

Bai jiuL’utilisation de l’alcool pour faire macérer des plantes est la plus ancienne méthode de préparation  médicinale. Des inscriptions indiquant l’utilisation de vins ont été retrouvées sur des os oraculaires datant de la dynastie Shang (1765-1122 AEC).
Le caractère utilisé pour « alcool » jiǔ, représente une jarre 酉 dans laquelle les liqueurs conservées et vieillies sont mûries et parfaites 酒.

L’étroite relation entre l’utilisation de l’alcool et la médecine se retrouve dans le caractère ancien « médecine », yī.
Le caractère ancien pour « médecine » yī  毉, tel que décrit dans le Lǐ Jì  le Livre des Rites, inclus le radical 巫 wū « chamane », et au-dessus, le caractère 殹 « gémir ». L’idéogramme décrit un chamane en train guérir une personne qui gémit.
Par la suite lorsque la médecine par les plantes se développa, le chamane fut remplacé par la jarre 酉 d’alcool pour donner le caractère traditionnel 醫 « médecine » (医 chinois simplifié).

Associé avec le caractère 藥 yào « remède », cela donne le terme 藥酒 yào jiǔ, vin médicinal.

L’alcool à la caractéristique de préserver les remèdes souvent précieux, ce qui était un avantage important dans la Chine ancienne, et de dissoudre les substances actives des plantes.

Yao

Les propriétés de l’alcool en Médecine Chinoise sont d’être de saveur Piquant et Doux/Amer, et de nature Chaude, toxique.
Pris en petite quantité, l’alcool active la circulation du Sang, ouvre les méridiens, tonifie le Sang et résout les Stases, chasse le Vent et le Froid. Mais l’alcool modifie également les propriétés des plantes en augmentant leur nature Chaude.
Du fait des propriétés intrinsèques de l’alcool, l’utilisation des vins médicinaux se limite à seulement quelques symptômes et constitutions.

Par exemple, dans le Pǔjì Fāng 普济方, le plus grand compendium écrit durant la dynastie Ming (1368-1644) qui réunit plus de 50 000 formules, seules 300 formules sont à base d’alcool.
Zhāng Zhòngjǐng 张仲景, célèbre médecin et auteur du Shānghán Zábìng Lùn 傷寒雜病論 (Traité des attaques du Froid et de diverses maladies), préconisait de n’utiliser les vins médicinaux que lorsque les effets de réchauffement et d’activation de la circulation du Sang étaient requis.

Qian Jin Yao Fang 千金要方
Qian Jin Yao Fang 千金要方

Sūn Sīmiǎo 孙思邈 (581 – 682), auteur du Qiānjīn Yào Fāng 千金要方 (Prescriptions valant mille onces d’or) dans lequel sont mentionnés 80 formules de vins médicinaux, avertissait les médecins et les patients sur les effets secondaires néfastes de l’alcool lorsqu’il était consommé en quantités excessives.
Cependant, il mentionne qu’il est absolument essentiel de boire la préparation suivant les quantités indiquées jusqu’à ce que les effets soient ressentis.

Les vins médicinaux peuvent être utilisés comme traitements, mais également pour prolonger la vie. Chez les personnes âgées le Yang Qi diminue, les vaisseaux deviennent plus rigides, les attaques du climat tel que le Vent, le Froid, l’Humidité, le brouillard et la pluie, se font plus fortement ressentir. Une petite consommation d’alcool permet d’activer la circulation du Sang, de chasser le Vent, d’alléger le corps et de prolonger la vie. Les vins médicinaux devraient être consommés durant l’hiver et arrêté au printemps pour « prévenir cent maladies ».

D’une manière générale, les personnes ayant des problèmes d’hypertension, problèmes de foie, certaines maladies cardiaques, allergies à l’alcool, ne devraient pas utiliser les vins médicinaux. Strictement déconseillé aux femmes enceintes et aux enfants. De plus, l’alcool peut interagir avec des médicaments tels que diurétiques, antihypertenseurs, antidépresseurs, et autres médicaments.

Il est conseillé de prendre conseil auprès de votre praticien en Médecine Chinoise avant tout traitement.

Conseils de préparation des Yào Jiǔ 藥酒, vins médicinaux

Yao Jiu

Le terme Jiǔ désigne aussi bien le vin de riz, équivalent du saké japonais titrant entre 17 et 25°, que le cognac ou les alcools de grains distillés comme la vodka à 40°. Il faut éviter d’utiliser des alcools de fruits (eau-de-vie).

Yao Jiu

Pour faire macérer les plantes, les alcools blancs sont préférables. Pour une absorption plus importante des plantes, il vaut mieux utiliser les vins de riz. Les alcools jaunes comme le cognac tonifient le Sang et soulagent les douleurs. Les vins de raisin s’accompagnent bien avec les repas, tonifient le Cœur, élèvent l’Esprit. Les bières à base d’orge fermentée sont nourrissantes et renforcent l’Estomac et la digestion.

Pour faire macérer les plantes, il est conseillé d’utiliser un grand récipient en verre, en terre cuite ou en porcelaine, de deux litres ou plus, muni d’un couvercle hermétique ou d’un bouchon en liège.

La proportion de plantes représente en général le tiers de la préparation.

Yao Jiu

Conserver la préparation dans un endroit frais et sombre, idéalement dans une cave, à l’abri du soleil.

Il faut laisser macérer un minimum de 15 à 21 jours. Plus la macération est longue, plus la préparation sera forte. Il n’est pas rare que des vins médicinaux soient macérés plus d’un an. En général, lorsque la préparation ne devient pas plus foncée, le maximum de principes actifs a été extrait.

Remuer doucement la préparation deux à trois fois par semaine le premier mois, puis une fois par semaine le reste du temps.

Yao Jiu

A la fin de la macération, filtrer les ingrédients en les pressant pour en extraire le maximum d’alcool afin de transvaser dans une bouteille, mais il est également possible de laisser les ingrédients. Conserver dans un endroit frais et sec, mais pas au réfrigérateur.

Pour améliorer le goût des vins médicinaux, après avoir filtré les plantes, il est possible de rajouter un peu de miel ou de sucre roux.

La quantité pour une dose est d’environ 2 à 4 cl, à prendre pur, ou dilué dans 2 à 4 parts d’eau, de préférence tiédit, après les deux repas principaux.

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niú bàng zĭ

Identification

Chinois
牛蒡子
Pinyin
niú bàng zĭ
Traduction
graine de grande bardane
Nom commun
fruit de bardane, graine de bardane
Nom latin
Fructus Arctii Lappae
Famille
Asteraceae (Compositae)
Espèces
Arctium lappa L. (牛蒡 niú bàng)
Partie utilisée
fruit mûr (achène)
Texte d’origine
Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Notes Diverses de Médecins Réputés) par Tao Hong-Jing en 500 ap. J.-C.

Nature, saveurs et tropismes

  • Nature : Froide (寒 hán)
  • Saveurs : Piquant (辛 xīn), Amer (苦 kǔ)
  • Tropismes : Poumon (肺 fèi), Estomac (胃 wèi)

Actions principales

Disperse le Vent et clarifie la Chaleur, élimine les Toxines et fait sortir les éruptions, soulage la gorge et transforme les Glaires, humidifie les Intestins et relâche les selles.

Actions, indications et tableaux cliniques

Disperse le Vent-Chaleur

Niú Bàng Zǐ est particulièrement efficace pour disperser le Vent-Chaleur et traiter les stades précoces des troubles fébriles caractérisés par de la fièvre, des céphalées, une gorge douloureuse avec gonflement et douleur, de la toux et des expectorations jaunes. Il est couramment utilisé pour traiter le Vent-Chaleur affectant le Poumon, accompagné de maux de tête, de fièvre, de gorge douloureuse avec gonflement et douleur, de toux et d’expectorations jaunes.

Élimine les toxines et fait émerger les éruptions cutanées

Niú Bàng Zǐ disperse le Vent-Chaleur et élimine la Chaleur toxique de la peau. Il est couramment utilisé pour traiter divers troubles dermatologiques tels que les gonflements rouges, les éruptions cutanées, l’eczéma, les furoncles, les érythèmes, les oreillons, les éruptions maculo-papuleuses fébriles aiguës et la rougeole en cas d’éruption incomplète ou d’expression inadéquate. Niú Bàng Zǐ fait émerger les éruptions cutanées, favorise leur apparition et élimine les toxines du corps.

Clarifie la Chaleur et élimine les toxines de la gorge

Niú Bàng Zǐ disperse le Vent-Chaleur, élimine les toxines et est très efficace pour traiter les maux de gorge avec douleur intense et gonflement, tels que l’amygdalite aiguë, la pharyngite et la laryngite. Il est traditionnellement utilisé pour les troubles de la gorge accompagnés de Chaleur toxique et de gonflement douloureux.

Disperse les masses et réduit les gonflements

Niú Bàng Zǐ disperse les masses et réduit les gonflements causés par l’accumulation de Chaleur toxique dans la peau, traitant ainsi les furoncles, les abcès et les gonflements fixes avec rougeur et douleur. Il est couramment utilisé pour traiter les lésions cutanées caractérisées par des gonflements rouges douloureux.

Humidifie les intestins et favorise l’évacuation des selles

Niú Bàng Zǐ possède une nature froide et glissante qui humidifie les intestins et facilite l’évacuation des selles, traitant ainsi la constipation due à la Chaleur et à la sécheresse dans les intestins. Il est utilisé en combinaison avec d’autres plantes pour traiter la constipation accompagnée de Chaleur.

Associations traditionnelles

Vent-Chaleur / début de maladie

Tableau : Fièvre, toux, gorge douloureuse et gonflée

Association : Jīn Yín Huā | Lián Qiáo | Bò Hé | Jié Gěng — Yín Qiáo Sǎn 银翘散

Disperser le Vent-Chaleur, diffuser le Poumon et soulager la gorge

Chaleur-Toxique / gorge

Tableau : Gorge rouge, gonflée et douloureuse avec chaleur interne

Association : Bò Hé | Jié Gěng | Lián Qiáo | Xuán Shēn | Gān Cǎo — Qīng Yān Lì Gé Sǎn 清咽利膈散

Disperser le Vent, clarifier la Chaleur-Toxique et bénéficier à la gorge

Posologie et préparation

  • 6–12 g ; concasser avant la décoction.

Formules classiques et contextes formulaires

  • Yín Qiáo Sǎn 银翘散 — Disperser le Vent-Chaleur, diffuser le Poumon et soulager la gorge
  • Qīng Yān Lì Gé Sǎn 清咽利膈散 — Disperser le Vent, clarifier la Chaleur-Toxique et bénéficier à la gorge

Précautions et sécurité

Précautions traditionnelles

Froid et glissant, Niú Bàng Zǐ doit être utilisé avec prudence en cas de déficience de la Rate avec selles molles. Aucune conclusion générale d’absence de toxicité n’est formulée.

Commentaire

Niú Bàng Zǐ 牛蒡子 est attesté dans le Míng Yī Bié Lù 名醫別錄 sous le nom 惡實, avec 牛蒡 comme nom alternatif. Le texte lui attribue notamment des fonctions de clarification de la vision, de soutien du centre et de dispersion des atteintes de Vent. Les indications modernes de libération de la surface, de bénéfice de la gorge et de résolution des toxines relèvent d’une systématisation et de sources postérieures.

Sources

  • Tao Hongjing 陶弘景 (traditional compilation/attribution) — Míng Yī Bié Lù — source
  • Hong Kong Baptist University Chinese Medicine Formulae Images Database — 银翘散 — Yín Qiáo Sǎn (2026) — source
  • Chinese Pharmacopoeia 2025 — 牛蒡子 — Niú Bàng Zǐ / Arctii Fructus (2025) — source
  • Nanjing University of Chinese Medicine — 牛蒡 — Niú Bàng Zǐ applications et associations (2019) — source

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