Long Dan Cao

Long Dan Cao

Lóng Dăn Căo (Radix Gentianae Longdancao)

Identification

Chinois : 龍胆草
Pinyin : lóng dăn căo
Traduction : herbe de bile de dragon
Nom commun : racine de gentiane
Nom latin : Radix Gentianae Longdancao
Famille : Gentianaceae
Espèces : Gentiana scabra Bunge (龍胆 lóng dăn), Gentiana manshurica Kitag. (东北龍胆 dōng bĕi lóng dăn), Gentiana triflora Pall. (三花龍胆 sān huā lóng dăn)
Partie utilisée : racine et rhizome séchés
Texte d’origine : Shén Nóng Bĕn Căo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) au 2e siècle
Long Dan Cao

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et assèchent l’Humidité (qīng rè zào shī yào 清熱燥濕藥)
Saveurs : Amer (苦 kŭ)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Foie (肝 gān), Vésicule Biliaire (胆 dăn), Estomac (胃 wèi), Vessie (膀胱 páng guāng)
Dosage : 3-10 g en décoction, maximum 15 g

Propriétés :

Draine le Feu du Foie et de la Vésicule Biliaire, clarifie et assèche l’Humidité-Chaleur du Réchauffeur Inférieur, éteint le Vent du Foie.

Précautions :

Lóng Dăn Căo est contre-indiqué en cas de déficience de la Rate et de l’Estomac avec signes de Froid. De nature très amère et très froide, ce remède doit être utilisé uniquement pour les syndromes d’Excès. L’utilisation à long terme ou à doses excessives peut léser le Qi de la Rate et de l’Estomac et provoquer des troubles digestifs. À faible dose (moins de 1 g), il stimule la production d’acide gastrique, tandis qu’à doses élevées, il peut irriter l’Estomac et causer nausées, vomissements et perte d’appétit. L’utilisation prolongée doit être évitée, car son amertume et sa froideur extrêmes peuvent endommager le Yang de la Rate et des Reins. Ce remède est contre-indiqué pendant la grossesse en raison de sa nature très froide qui pourrait blesser le fœtus. Il ne doit pas être utilisé pour les troubles oculaires causés par une déficience du Sang du Foie ou pour les démangeaisons génitales causées par une déficience avec Froid.

Fonctions principales :

Draine le Feu du Foie et de la Vésicule Biliaire
Clarifie l’Humidité-Chaleur
Assèche l’Humidité
Éteint le Vent du Foie
Arrête les convulsions
Draine la Chaleur du Réchauffeur Inférieur

Actions et Indications

– Draine le Feu du Foie et de la Vésicule Biliaire :
Lóng Dăn Căo est l’un des remèdes les plus puissants pour drainer le Feu d’Excès du Foie et de la Vésicule Biliaire. Il traite les manifestations de Feu du Foie montant vers le haut, caractérisées par céphalées, yeux rouges gonflés et douloureux, acouphènes, surdité, saveur amère dans la bouche, douleur dans l’hypochondre, irritabilité et insomnie.
– Pour les céphalées et les yeux rouges dus au Feu du Foie, Lóng Dăn Căo est associé à Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Xià Kū Căo (Spica Prunellae).
-Pour les yeux rouges, gonflés et douloureux avec œdème de la conjonctive dus au Feu du Foie, on l’associe à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae).
– Pour les acouphènes et la surdité causés par le Feu du Foie et de la Vésicule Biliaire, Lóng Dăn Căo est combiné avec Chái Hú (Radix Bupleuri) et Zhī Zĭ (Fructus Gardeniae), formule Lóng Dăn Xiè Gān Tāng 龍胆瀉肝湯 (Décoction de Gentiane pour Drainer le Foie).
– Pour la rage de dents et les gencives gonflées et douloureuses dues au Feu de l’Estomac, on l’utilise avec Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Xì Xīn (Herba Asari) et Shēng Má (Rhizoma Cimicifugae).
– Pour l’irritabilité et l’insomnie causées par le Feu du Cœur et du Foie, Lóng Dăn Căo est associé à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Zhī Zĭ (Fructus Gardeniae) et Lián Zĭ Xīn (Plumula Nelumbinis).

– Clarifie et assèche l’Humidité-Chaleur du Réchauffeur Inférieur :
Lóng Dăn Căo excelle dans le traitement de l’Humidité-Chaleur du Réchauffeur Inférieur affectant les méridiens du Foie et de la Vésicule Biliaire. Il traite efficacement les troubles génitaux, urinaires et gynécologiques causés par l’accumulation d’Humidité-Chaleur dans cette région.
– Pour l’ictère dû à l’Humidité-Chaleur dans le Foie et la Vésicule Biliaire, Lóng Dăn Căo est associé à Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Zhī Zĭ (Fructus Gardeniae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei).
– Pour la dysurie par Chaleur avec urines sombres, brûlures mictionnelles et dysurie, on l’utilise avec Chē Qián Zĭ (Semen Plantaginis), Mù Tōng (Caulis Clematidis Armandii) et Zé Xiè (Rhizoma Alismatis), formule Lóng Dăn Xiè Gān Tāng 龍胆瀉肝湯 (Décoction de Gentiane pour Drainer le Foie).
– Pour les leucorrhées jaunes, abondantes et malodorantes dues à l’Humidité-Chaleur, Lóng Dăn Căo est combiné avec Huáng Băi (Cortex Phellodendri), Chē Qián Zĭ (Semen Plantaginis) et Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis).
– Pour les démangeaisons génitales, l’eczéma scrotal et le gonflement douloureux des testicules dus à l’Humidité-Chaleur, on l’associe à Huáng Băi (Cortex Phellodendri), Kŭ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis) et Shé Chuáng Zĭ (Fructus Cnidii).

– Éteint le Vent du Foie et arrête les convulsions :
Lóng Dăn Căo traite les convulsions et les spasmes causés par le Feu du Foie qui agite le Vent interne, particulièrement lors de maladies fébriles où la Chaleur pénètre le niveau du Sang et affecte le Foie.
– Pour les convulsions infantiles dues au Feu du Foie avec symptômes de fièvre élevée, convulsions et spasmes, Lóng Dăn Căo est associé à Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis), Líng Yáng Jiăo (Cornu Saigae Tataricae) et Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae).
– Pour les convulsions et le délire dans les troubles fébriles avec Chaleur extrême, on l’utilise avec Niú Huáng (Calculus Bovis), Líng Yáng Jiăo (Cornu Saigae Tataricae) et Bīng Piàn (Borneolum Syntheticum).

Liste des symptômes

Troubles oculaires et de la tête :
Céphalées temporales ou au vertex
Yeux rouges, gonflés et douloureux
Œdème de la conjonctive
Douleur oculaire nocturne
Photophobie avec larmoiement
Acouphènes et surdité
Vertiges

Troubles digestifs et généraux :
Saveur amère dans la bouche
Douleur et distension de l’hypochondre
Irritabilité et colère
Insomnie avec rêves abondants
Rage de dents
Gencives gonflées et douloureuses

Troubles du Réchauffeur Inférieur :
Ictère avec coloration jaune vif
Urines sombres et rares
Dysurie avec sensation de brûlure
Leucorrhées jaunes, abondantes et malodorantes
Démangeaisons génitales
Eczéma scrotal
Gonflement et douleur des testicules
Infections vaginales avec prurit

Troubles neurologiques :
Convulsions infantiles
Spasmes musculaires
Épilepsie avec Feu du Foie
Délire lors de maladies fébriles

Commentaire

Lóng Dăn Căo (Radix Gentianae Longdancao) tire son nom du chinois signifiant « herbe de bile de dragon », reflétant son amertume extrême comparable à la bile de dragon mythologique. Ce remède est l’un des plus puissants et des plus froids de la pharmacopée chinoise pour drainer le Feu d’Excès du Foie et de la Vésicule Biliaire. Sa nature très amère et très froide lui confère une action descendante marquée, dirigeant le Feu pathogène vers le bas et l’éliminant par les voies urinaires.

Lóng Dăn Căo se distingue par sa capacité exceptionnelle à pénétrer profondément dans les méridiens du Foie et de la Vésicule Biliaire pour éliminer la Chaleur et assécher l’Humidité. Cette action fait de lui le remède de premier choix pour traiter les manifestations aiguës de Feu du Foie montant vers le haut, telles que les yeux rouges et douloureux, les céphalées violentes, l’irritabilité intense et les acouphènes. Son efficacité est particulièrement remarquable dans les situations d’Excès aigu où le Feu du Foie se manifeste avec force.

L’action de Lóng Dăn Căo sur le Réchauffeur Inférieur est tout aussi importante. Il clarifie et assèche l’Humidité-Chaleur accumulée dans cette région, traitant efficacement les troubles génitaux et urinaires. Cette propriété le rend indispensable dans le traitement des leucorrhées jaunes et malodorantes, des démangeaisons génitales, de l’eczéma scrotal et des infections urinaires accompagnées de brûlures. Les textes classiques soulignent que Lóng Dăn Căo « draine le Feu du Foie vers le bas » et « assèche l’Humidité-Chaleur du Réchauffeur Inférieur », deux actions thérapeutiques majeures qui expliquent son utilisation fréquente en clinique.

La capacité de Lóng Dăn Căo à éteindre le Vent du Foie est une autre de ses propriétés essentielles. Lorsque le Feu du Foie devient si intense qu’il agite le Vent interne, des convulsions et des spasmes peuvent survenir. Ce remède refroidit le Feu et calme le Vent simultanément, traitant ainsi les convulsions infantiles, les spasmes musculaires et l’épilepsie causés par le Feu du Foie. Cette action triple – drainer le Feu, assécher l’Humidité et éteindre le Vent – fait de Lóng Dăn Căo un remède unique dans la pharmacopée chinoise.

Il est crucial de comprendre que Lóng Dăn Căo ne doit être utilisé que pour les syndromes d’Excès avec manifestations claires de Feu et d’Humidité-Chaleur. Son amertume et sa froideur extrêmes en font un remède inapproprié pour les conditions de déficience, particulièrement la déficience de la Rate et de l’Estomac. L’utilisation prolongée ou à doses excessives peut léser le Qi de la Rate et de l’Estomac, provoquant des troubles digestifs. À faible dose (moins de 1 gramme), il stimule la production d’acide gastrique et améliore la digestion, tandis qu’à doses élevées, il irrite l’Estomac et cause nausées, vomissements et perte d’appétit.

Lóng Dăn Căo se distingue de Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Huáng Qín (Radix Scutellariae) par sa sphère d’action spécifique. Bien que tous trois clarifient la Chaleur et assèchent l’Humidité, Lóng Dăn Căo cible principalement le Foie et la Vésicule Biliaire avec une action descendante puissante vers le Réchauffeur Inférieur. Huáng Qín agit surtout sur le Réchauffeur Supérieur et le Poumon, tandis que Huáng Lián se concentre sur le Réchauffeur Moyen, le Cœur et l’Estomac. Cette différenciation est essentielle pour une prescription appropriée.

Comparé à Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae), qui appartient également au genre Gentiana, Lóng Dăn Căo diffère considérablement dans ses propriétés et indications. Qín Jiāo est amer et légèrement froid, expulse le Vent-Humidité et n’est pas excessivement asséchant. Il est principalement utilisé pour les douleurs articulaires dues au Vent-Humidité et peut également clarifier la Chaleur de déficience avec sensations de chaleur dans les os. En revanche, Lóng Dăn Căo est extrêmement amer et froid, draine le Feu d’Excès du Foie et de la Vésicule Biliaire, et ne convient qu’aux syndromes d’Excès.

Les études pharmacologiques modernes ont confirmé plusieurs actions traditionnelles de Lóng Dăn Căo. La gentianine, son alcaloïde principal, démontre des effets anti-inflammatoires marqués en stimulant le système endocrinien et en augmentant la sécrétion d’hormones surrénaliennes. Le remède possède également des propriétés sédatives légères, abaisse la tension artérielle et réduit la fréquence cardiaque. Ces effets pharmacologiques soutiennent son utilisation traditionnelle pour l’hypertension, l’irritabilité et l’insomnie causées par le Feu du Foie montant.

Associations

– avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Xià Kū Căo (Spica Prunellae) : pour les céphalées et les yeux rouges dus au Feu du Foie

– avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) : pour les yeux rouges, gonflés et douloureux avec œdème de la conjonctive

– avec Chái Hú (Radix Bupleuri) et Zhī Zĭ (Fructus Gardeniae) : pour les acouphènes et la surdité causés par le Feu du Foie et de la Vésicule Biliaire (formule Lóng Dăn Xiè Gān Tāng 龍胆瀉肝湯 Décoction de Gentiane pour Drainer le Foie)

– avec Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Xì Xīn (Herba Asari) et Shēng Má (Rhizoma Cimicifugae) : pour la rage de dents et les gencives gonflées et douloureuses dues au Feu de l’Estomac

– avec Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Zhī Zĭ (Fructus Gardeniae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) : pour l’ictère dû à l’Humidité-Chaleur

– avec Chē Qián Zĭ (Semen Plantaginis), Mù Tōng (Caulis Clematidis Armandii) et Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) : pour la dysurie par Chaleur (formule Lóng Dăn Xiè Gān Tāng 龍胆瀉肝湯 Décoction de Gentiane pour Drainer le Foie)

– avec Huáng Băi (Cortex Phellodendri), Chē Qián Zĭ (Semen Plantaginis) et Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis) : pour les leucorrhées jaunes et malodorantes dues à l’Humidité-Chaleur

– avec Huáng Băi (Cortex Phellodendri), Kŭ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis) et Shé Chuáng Zĭ (Fructus Cnidii) : pour les démangeaisons génitales et l’eczéma scrotal

– avec Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis), Líng Yáng Jiăo (Cornu Saigae Tataricae) et Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae) : pour les convulsions infantiles dues au Feu du Foie

– avec Niú Huáng (Calculus Bovis), Líng Yáng Jiăo (Cornu Saigae Tataricae) et Bīng Piàn (Borneolum Syntheticum) : pour les convulsions et le délire dans les troubles fébriles

– avec Lú Huì (Aloe), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Qīng Dài (Indigo Naturalis) : pour la constipation avec irritabilité et insomnie dues au Feu du Foie (formule Dāng Guī Lóng Huì Wán 當歸龍薈丸 Pilule d’Angélique, Gentiane et Aloe)

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng lóng dăn căo) : forme standard, possède toutes les propriétés classiques pour drainer le Feu du Foie et de la Vésicule Biliaire et clarifier l’Humidité-Chaleur du Réchauffeur Inférieur
– grillé au vinaigre (醋炙 cù zhì lóng dăn căo) : la préparation au vinaigre renforce son action sur le méridien du Foie et augmente sa capacité à drainer le Feu du Foie, particulièrement indiqué pour les troubles oculaires et les céphalées
– grillé au vin (酒炙 jiŭ zhì lóng dăn căo) : la préparation au vin augmente sa tendance ascendante et renforce son action sur le Réchauffeur Supérieur, utilisée pour les troubles oculaires et les céphalées sévères
– grillé au sel (鹽炙 yán zhì lóng dăn căo) : la préparation au sel guide le remède vers le méridien des Reins et le Réchauffeur Inférieur, particulièrement efficace pour l’Humidité-Chaleur du Réchauffeur Inférieur

Formules Classiques

– Lóng Dăn Xiè Gān Tāng (龍胆瀉肝湯 Décoction de Gentiane pour Drainer le Foie)
Cette formule célèbre combine Lóng Dăn Căo avec Zhī Zĭ (Fructus Gardeniae), Huáng Qín (Radix Scutellariae), Chái Hú (Radix Bupleuri), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis), Mù Tōng (Caulis Clematidis Armandii), Chē Qián Zĭ (Semen Plantaginis), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Gān Căo (Radix Glycyrrhizae) pour drainer le Feu du Foie et de la Vésicule Biliaire et clarifier l’Humidité-Chaleur du Réchauffeur Inférieur. Elle traite les yeux rouges et douloureux, les céphalées, l’irritabilité, la saveur amère dans la bouche, la surdité, les acouphènes, les leucorrhées jaunes et l’eczéma scrotal.

– Dāng Guī Lóng Huì Wán (當歸龍薈丸 Pilule d’Angélique, Gentiane et Aloe)
Formule combinant Lóng Dăn Căo avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Lú Huì (Aloe), Qīng Dài (Indigo Naturalis), Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Huáng Băi (Cortex Phellodendri), Huáng Qín (Radix Scutellariae), Zhī Zĭ (Fructus Gardeniae), Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) et Shè Xiāng (Moschus) pour drainer le Feu du Foie, purger la Chaleur et traiter la constipation avec irritabilité, insomnie et convulsions infantiles dues au Feu du Foie.

– Qín Jiāo Biē Jiă Săn (秦艽鱉甲散 Poudre de Gentiane Macrophylle et Carapace de Tortue)
Bien que cette formule utilise Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae) comme ingrédient principal, elle illustre la différence entre les deux espèces de gentiane. Lóng Dăn Căo ne convient pas à cette formule car elle traite la Chaleur de déficience avec fièvre vespérale et sensations de chaleur dans les os, conditions pour lesquelles Lóng Dăn Căo serait inapproprié en raison de sa nature trop froide et asséchante.

Toxicité :

Lóng Dăn Căo peut causer des troubles digestifs en cas de surdosage, incluant nausées, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée. Des cas d’hypotension, de bradycardie et d’incontinence urinaire ont été rapportés avec des doses excessives. L’utilisation prolongée de formules contenant Lóng Dăn Căo, particulièrement Lóng Dăn Xiè Gān Tāng, a été associée à des cas de néphrotoxicité, probablement liés à la présence d’acide aristolochique dans Mù Tōng (Caulis Aristolochiae Manshuriensis) dans les versions traditionnelles de la formule. Les versions modernes utilisent Mù Tōng (Caulis Clematidis Armandii) qui ne contient pas d’acide aristolochique. Les symptômes de surdosage apparaissent généralement dans les 2 à 3 heures suivant l’ingestion et incluent céphalées, vertiges, palpitations, fatigue et vomissements. Le traitement du surdosage précoce (moins de 4 heures) consiste en méthodes émétiques ou lavage gastrique. Une décoction de 30 grammes de Lǜ Dòu (Semen Phaseoli Radiati) avec Gān Căo (Radix Glycyrrhizae) peut être administrée pour la détoxification générale. Lóng Dăn Căo est contre-indiqué avec Chuān Wū (Radix Aconiti Preparata) et Căo Wū (Radix Aconiti Kusnezoffii).


Ku Shen

Ku Shen

Kŭ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis)

Identification

Chinois : 苦参
Pinyin : kŭ shēn
Traduction : racine amère
Nom commun : racine de sophora jaunâtre
Nom latin : Radix Sophorae Flavescentis
Famille : Fabaceae (Leguminosae)
Espèces : Sophora flavescens Ait. (苦参 kŭ shēn)
Partie utilisée : racine séchée
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) au 2e siècle
Ku Shen

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et assèchent l’Humidité (qīng rè zào shī yào 清熱燥濕藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Coeur (心 xīn), Foie (肝 gān), Estomac (胃 wèi), Gros Intestin (大腸 dà cháng), Vessie (膀胱 páng guāng)
Dosage : 3-10 g en décoction, 15-30 g en application externe

Propriétés :

Clarifie la Chaleur et assèche l’Humidité, disperse le Vent et élimine les parasites, soulage les démangeaisons, favorise la diurèse.

Précautions :

Kŭ Shēn est contre-indiqué en cas de déficience et de Froid de la Rate et de l’Estomac. De nature extrêmement amère, ce remède est fréquemment associé à des nausées et vomissements en raison de son goût. Les capsules ou comprimés sont préférables pour améliorer l’observance du patient. Kŭ Shēn est incompatible avec Lí Lú (Radix et Rhizoma Veratri) et ne doit pas être utilisé simultanément. Un surdosage de Kŭ Shēn est associé à des réactions indésirables telles qu’irritabilité, spasmes musculaires, crampes, excitation, dyspnée et, dans les cas graves, insuffisance respiratoire.

Fonctions principales :

Clarifie la Chaleur
Assèche l’Humidité
Disperse le Vent
Élimine les parasites
Soulage les démangeaisons
Favorise la diurèse
Arrête les saignements

Actions et Indications

– Clarifie la Chaleur et assèche l’Humidité :
Kŭ Shēn est particulièrement efficace pour traiter l’accumulation de Chaleur-Humidité dans le foyer inférieur, caractérisée par la diarrhée malodorante, la dysenterie, les leucorrhées jaunes malodorantes, les démangeaisons génitales, les hémorroïdes saignantes, la jaunisse et divers types de saignements causés par la Chaleur chassant le Sang hors des vaisseaux.
Il est couramment utilisé pour les troubles causés par la Chaleur-Humidité dans le foyer inférieur avec des manifestations digestives et urogénitales.
– Pour la jaunisse, Kŭ Shēn est associé à Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Lóng Dǎn Cǎo (Radix Gentianae).
– Pour la diarrhée, Kŭ Shēn est utilisé seul, ou en combinaison avec Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae).
– Pour les leucorrhées jaunes, on l’associe à Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Shé Chuáng Zǐ (Fructus Cnidii).
– Pour les démangeaisons génitales ou la vaginite due à une infection à trichomonas, on utilise cette plante avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Shé Chuáng Zǐ (Fructus Cnidii) en lavage, en faisant tremper la zone affectée tous les jours pendant 10 minutes, au moins 5 à 10 fois au total.

Kŭ Shēn traite également les saignements rectaux et l’hémoptysie.
– Pour les saignements rectaux causés par la Chaleur dans les intestins, ou l’hémoptysie due à la Chaleur de l’Estomac, on l’utilise avec Huái Huā (Flos Sophorae) et Dì Yú (Radix Sanguisorbae).
– Pour la douleur hémorroïdaire, on ajoute Kǔ Liàn Pí (Cortex Meliae).

– Disperse le Vent, élimine les parasites et soulage les démangeaisons :
Kŭ Shēn est couramment utilisé de façon interne ou externe pour traiter les troubles dermatologiques caractérisés par la Chaleur-Humidité. Les applications cliniques comprennent les démangeaisons, les suintements, les abcès, l’urticaire, la gale, la lèpre, les démangeaisons génitales et des problèmes cutanés similaires.
Il est traditionnellement utilisé pour les troubles cutanés accompagnés de démangeaisons intenses et de lésions humides.
– Pour les démangeaisons cutanées avec lésions et abcès, on utilise Kŭ Shēn avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri), Shé Chuáng Zǐ (Fructus Cnidii) et Míng Fán (Alumen), localement en solution.
– Pour les démangeaisons cutanées sans lésions ni abcès, on l’utilise avec Chán Tuì (Periostracum Cicadae) et Jīng Jiè (Herba Schizonepetae).
– Pour les démangeaisons génitales, on l’associe à Shé Chuáng Zǐ (Fructus Cnidii) en lavage.
– Pour l’urticaire, on l’utilise avec Bái Xiǎn Pí (Cortex Dictamni), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Hóng Huā (Flos Carthami), Sāng Zhī (Ramulus Mori), Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae), Chuān Shān Jiǎ (Squama Manis), Zào Jiǎo Cì (Spina Gleditsiae), Chán Tuì (Periostracum Cicadae) et Shé Tuì (Periostracum Serpentis).
– Pour les plaies génitales, on utilise Kŭ Shēn seul en lavage externe.
– Pour la lèpre, on associe Kŭ Shēn avec Dà Fēng Zǐ (Semen Hydnocarpi) et Cāng Ěr Zǐ (Fructus Xanthii).

– Favorise la diurèse :
Kŭ Shēn possède des fonctions de clarification de la Chaleur et d’élimination de l’eau. Il clarifie la stagnation de Chaleur-Humidité dans le foyer inférieur pour traiter la dysurie, avec des sensations de brûlure et de douleur accompagnant la miction.
– Pour la dysurie, on utilise Kŭ Shēn seul, ou on l’associe à Shí Wěi (Folium Pyrrosiae), Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis) et Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci).
– Pour la dysurie pendant la grossesse, on utilise cette plante avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Chuān Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae).

Liste des symptômes

Troubles digestifs :
Diarrhée malodorante
Dysenterie
Douleur abdominale
Jaunisse
Hémorroïdes saignantes

Troubles urogénitaux :
Leucorrhées jaunes malodorantes
Démangeaisons génitales
Vaginite à trichomonas
Plaies génitales
Dysurie avec brûlure et douleur
Urines foncées et rares

Troubles dermatologiques :
Démangeaisons cutanées
Eczéma humide
Lésions suintantes
Abcès cutanés
Urticaire
Gale
Lèpre
Éruptions cutanées

Autres indications :
Troubles respiratoires avec dyspnée
Arythmie
Insomnie

Commentaire

Kŭ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis) tire son nom de sa saveur extrêmement amère, qui lui permet de clarifier efficacement la Chaleur. Ce remède est l’un des plus puissants de la pharmacopée chinoise pour assécher l’Humidité et clarifier la Chaleur-Humidité du foyer inférieur. Sa nature froide lui permet de refroidir les processus pathologiques liés à la Chaleur excessive, tandis que sa saveur amère en fait un excellent remède pour tous les syndromes de Chaleur-Humidité. Sa capacité unique à clarifier la Chaleur-Humidité tout en éliminant les parasites le distingue de nombreux autres remèdes clarifiants la Chaleur.

Kŭ Shēn est particulièrement reconnu pour son action sur le foyer inférieur : il clarifie la Chaleur-Humidité du Gros Intestin, de la Vessie et des organes génitaux. Cette polyvalence fait de Kŭ Shēn un remède de choix dans de nombreuses formules traitant la dysenterie, les leucorrhées pathologiques et les troubles dermatologiques. En médecine chinoise, ce remède traite efficacement les troubles causés par la Chaleur-Humidité qui s’accumule dans le foyer inférieur, notamment la diarrhée malodorante, les démangeaisons génitales et les saignements hémorroïdaires.

Une autre application majeure de Kŭ Shēn concerne le traitement des troubles dermatologiques causés par la Chaleur-Humidité. Cette action résulte de sa capacité à clarifier la Chaleur, assécher l’Humidité et éliminer les parasites cutanés. Les études pharmacologiques modernes ont confirmé ses propriétés antibiotiques marquées contre diverses bactéries pathogènes, notamment Bacillus dysenteriae, E. coli, les streptocoques hémolytiques β et Staphylococcus aureus. Ses effets antiparasitaires sont également remarquables contre les infections à trichomonas, avec une efficacité comparable à celle de Shé Chuáng Zǐ (Fructus Cnidii).

Kŭ Shēn se distingue par sa nature non grasse qui ne retient pas les facteurs pathogènes dans l’organisme. Il est couramment utilisé en clinique pour traiter la dysenterie bactérienne, la bronchite chronique avec dyspnée et les troubles dermatologiques accompagnés de démangeaisons intenses. Des études cliniques ont démontré un taux d’efficacité de 86,5% pour la bronchite chronique et l’asthme, et de 79% pour les troubles dermatologiques tels que les éruptions cutanées, les démangeaisons et l’eczéma. L’effet sédatif léger de Kŭ Shēn a également été documenté dans le traitement de l’insomnie, avec de bons résultats chez 101 patients traités sans effets secondaires significatifs.

Kŭ Shēn se distingue de Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) par son action spécifique sur le foyer inférieur. Alors que Huáng Lián clarifie la Chaleur du Cœur, de l’Estomac et du Gros Intestin avec une action puissante sur le foyer moyen, Kŭ Shēn agit principalement sur le foyer inférieur pour clarifier la Chaleur-Humidité et favoriser la diurèse. Les deux plantes assèchent l’Humidité et clarifient la Chaleur, mais Kŭ Shēn est supérieur pour traiter les troubles urogénitaux, les troubles dermatologiques avec démangeaisons et la dysenterie chronique causés par la Chaleur-Humidité.

Associations

– avec Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Lóng Dǎn Cǎo (Radix Gentianae) : pour la jaunisse

– avec Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) : pour la diarrhée

– avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Shé Chuáng Zǐ (Fructus Cnidii) : pour les leucorrhées jaunes et les démangeaisons génitales

– avec Huái Huā (Flos Sophorae) et Dì Yú (Radix Sanguisorbae) : pour les saignements rectaux causés par la Chaleur

– avec Bái Xiǎn Pí (Cortex Dictamni), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) et Hóng Huā (Flos Carthami) : pour l’urticaire

– avec Chán Tuì (Periostracum Cicadae) et Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) : pour les démangeaisons cutanées sans lésions

– avec Shí Wěi (Folium Pyrrosiae), Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis) et Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) : pour la dysurie

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae) : pour la dysurie pendant la grossesse

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng kŭ shēn) : forme standard, possède toutes les propriétés de clarification de la Chaleur et d’assèchement de l’Humidité
– frit à sec (炒苦参 chǎo kŭ shēn) : frit à sec ou cuit au four à chaleur modérée jusqu’à obtenir une couleur jaune brûlée, peut également être frit avec du vin ou du son. Cette préparation modère sa nature amère et froide et l’aide à pénétrer le niveau du Sang. Cette méthode de préparation est particulièrement utilisée pour les patients présentant une déficience de la Rate et de l’Estomac, une dysenterie toxique par Chaleur ou du sang dans les selles dû au Vent intestinal

Toxicité :

La DL50 pour l’extrait de Kŭ Shēn chez la souris est de 14,5 g/kg par ingestion orale et de 14,4 g/kg par injection intramusculaire. Un surdosage de Kŭ Shēn est associé à des réactions indésirables telles qu’irritabilité, spasmes musculaires, crampes, excitation, dyspnée et, dans les cas graves de surdosage important, insuffisance respiratoire. Le traitement du surdosage précoce (moins de 4 heures) peut se faire par des méthodes émétiques pour éliminer l’agent offensant, ou par l’ingestion de charbon activé pour diminuer l’absorption. Une décoction de 30 g de Lǜ Dòu (Semen Phaseoli Radiati) et de Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) peut également être administrée à des fins de détoxification générale.



 

Jin Yin Hua

Jin Yin Hua

Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae Japonicae)

Identification

Chinois : 金银花
Pinyin : jīn yín huā
Traduction : fleur or et argent
Nom commun : fleur de chèvrefeuille du Japon
Nom latin : Flos Lonicerae Japonicae
Famille : Caprifoliaceae
Espèces : Lonicera japonica Thunb. (金银花 jīn yín huā)
Partie utilisée : bouton floral séché ou fleur épanouie
Texte d’origine : Míng Yī Bié Lù 名醫別錄 (Registre Supplémentaire de Médecins Célèbres) au 5e siècle
Jin Yin Hua

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et éliminent les Toxines (qīng rè jiě dú yào 清熱解毒藥)
Saveurs : Doux (甘 gān), Froid (寒 hán)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Poumon (肺 fèi), Estomac (胃 wèi), Gros Intestin (大腸 dà cháng)
Dosage : 10-20 g (forme sèche), jusqu’à 60 g dans les cas graves

Propriétés :

Clarifie la Chaleur et élimine les Toxines, disperse le Vent-Chaleur, clarifie la Chaleur du niveau nutritif, clarifie la Chaleur et refroidit le Sang, traite les abcès et les furoncles.

Précautions :

Jīn Yín Huā est contre-indiqué en cas de déficience de la Rate et de l’Estomac avec diarrhée. De nature froide, il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant des troubles digestifs liés au Froid. Ce remède ne présente pas de toxicité aux doses thérapeutiques recommandées. La forme fraîche possède des propriétés plus fortes pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines que la forme sèche.

Fonctions principales :

Clarifie la Chaleur
Élimine les Toxines
Disperse le Vent-Chaleur
Libère l’Extérieur
Clarifie la Chaleur du niveau nutritif
Refroidit le Sang
Traite les abcès et les furoncles
Réduit les inflammations

Actions et Indications

– Clarifie la Chaleur du niveau nutritif :
Jīn Yín Huā est particulièrement efficace pour traiter les maladies fébriles où la Chaleur pénètre au niveau nutritif, caractérisées par de la fièvre élevée, de l’irritabilité et du délire.
Il est couramment utilisé pour les troubles causés par la Chaleur au niveau nutritif avec hémorragies et éruptions cutanées.
– Pour la Chaleur au niveau nutritif avec fièvre élevée et délire, Jīn Yín Huā est associé à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae), formule Qīng Yíng Tāng 清營湯 (Décoction pour Clarifier le Niveau Nutritif).
– Pour les hémorragies sous-cutanées causées par la Chaleur au niveau nutritif, on l’associe à Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) et Zǐ Cǎo (Radix Lithospermi).

– Disperse le Vent-Chaleur et libère l’Extérieur :
Jīn Yín Huā disperse le Vent-Chaleur de l’Extérieur pour traiter la fièvre, les frissons, les céphalées et la gorge douloureuse causés par l’invasion de Vent-Chaleur.
Il est traditionnellement utilisé pour les affections de la couche protectrice avec fièvre, soif et gorge enflammée.
– Pour le Vent-Chaleur avec fièvre et gorge douloureuse, Jīn Yín Huā est associé à Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Bò Hé (Herba Menthae), formule Yín Qiáo Sǎn 銀翹散 (Poudre de Chèvrefeuille et Forsythia).
– Pour le Vent-Chaleur avec toux et soif, on ajoute ce remède à Sāng Yè (Folium Mori), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis), formule Sāng Jú Yǐn 桑菊飲 (Décoction de Mûrier et Chrysanthème).

– Clarifie la Chaleur et élimine les Toxines :
Jīn Yín Huā possède une action puissante pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines, traitant ainsi les furoncles, les abcès, les ulcérations et les inflammations causées par l’accumulation de Chaleur toxique.
Il est couramment utilisé pour les troubles dermatologiques et les infections bactériennes avec inflammation et gonflement.
– Pour les furoncles, abcès et lésions cutanées, Jīn Yín Huā est associé à Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae), Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) et Yě Jú Huā (Flos Chrysanthemi Indici), formule Wǔ Wèi Xiāo Dú Yǐn 五味消毒飲 (Décoction aux Cinq Ingrédients pour Éliminer les Toxines).
– Pour les abcès mammaires sans suppuration, on l’associe à Guā Lóu (Fructus Trichosanthis), Bái Zhǐ (Radix Angelicae Dahuricae) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis).

Jīn Yín Huā traite également la gorge douloureuse et enflée causée par la Chaleur toxique.
– Pour la gorge douloureuse et enflée, Jīn Yín Huā est associé à Shān Dòu Gēn (Radix Sophorae Tonkinensis), Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae).
– Pour l’abcès intestinal, on l’associe à Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Yì Yǐ Rén (Semen Coicis).

– Traite la diarrhée et la dysenterie causées par la Chaleur toxique :
Jīn Yín Huā clarifie la Chaleur et élimine les Toxines des Intestins pour traiter la diarrhée et la dysenterie caractérisées par du ténesme rectal avec présence de mucus et de sang.
Il est traditionnellement utilisé pour les troubles intestinaux accompagnés de chaleur et d’inflammation.
– Pour la diarrhée avec mucus mais sans sang, Jīn Yín Huā est utilisé avec du sucre.
– Pour la diarrhée avec sang, on l’utilise avec du sucre brun.
– Pour la dysenterie avec mucus causée par la Chaleur humide et les Toxines, on l’associe à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Huáng Qín (Radix Scutellariae), Gé Gēn (Radix Puerariae) et Mǎ Chǐ Xiàn (Herba Portulacae).

Liste des symptômes

Troubles fébriles et Vent-Chaleur :
Fièvre avec frissons
Gorge douloureuse et enflée
Céphalées
Toux avec soif
Irritabilité et délire

Troubles dermatologiques :
Furoncles et abcès
Lésions cutanées rouges et douloureuses
Ulcérations et suppurations
Abcès mammaires
Inflammations et gonflements

Troubles digestifs :
Diarrhée due à la Chaleur toxique
Dysenterie avec mucus et sang
Ténesme rectal
Abcès intestinal

Autres indications :
Infections bactériennes
Hémorragies sous-cutanées
Éruptions cutanées
Macula et purpura

Commentaire

Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) tire son nom de la particularité de ses fleurs qui s’ouvrent blanches comme l’argent puis jaunissent comme l’or, symbolisant ainsi la transformation de l’or et de l’argent. Ce remède est l’un des plus polyvalents de la pharmacopée chinoise pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines. Sa saveur douce lui permet de ne pas endommager l’Estomac, tandis que sa nature froide en fait un excellent remède pour tous les syndromes de Chaleur. Sa capacité unique à clarifier la Chaleur sans être trop desséchant le distingue de nombreux autres remèdes clarifiants la Chaleur.

Jīn Yín Huā est particulièrement reconnu pour son action à la fois sur l’Extérieur et l’Intérieur : il disperse le Vent-Chaleur de l’Extérieur et clarifie la Chaleur toxique de l’Intérieur. Cette polyvalence fait de Jīn Yín Huā un remède de choix dans de nombreuses formules traitant les maladies fébriles et les infections bactériennes. En médecine chinoise, ce remède traite efficacement les troubles causés par l’accumulation de Chaleur et de Toxines, notamment les furoncles, les abcès, la gorge douloureuse et les infections.

Une autre application majeure de Jīn Yín Huā concerne le traitement des troubles dermatologiques causés par la Chaleur toxique. Cette action résulte de sa capacité à clarifier la Chaleur, éliminer les Toxines et réduire les inflammations. Les études pharmacologiques modernes ont confirmé ses propriétés antibactériennes, antivirales et anti-inflammatoires puissantes.

Jīn Yín Huā se distingue par sa nature non grasse qui ne retient pas les facteurs pathogènes dans l’organisme. Il est couramment utilisé en clinique pour traiter les maladies infectieuses avec inflammation, particulièrement lorsque ces troubles s’accompagnent de symptômes tels que la fièvre, la gorge douloureuse et les abcès. La forme fraîche du remède possède une action plus forte pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines que la forme sèche.

Jīn Yín Huā se distingue de Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) par son action spécifique sur la gorge et le Poumon. Alors que Lián Qiáo disperse les nodules et traite les abcès en se concentrant sur la dispersion des accumulations, Jīn Yín Huā agit principalement pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines. Les deux plantes dispersent le Vent-Chaleur et traitent les abcès, mais Jīn Yín Huā est supérieur pour traiter les infections de la gorge et les troubles du niveau nutritif causés par la Chaleur.

Associations

– avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) : pour la Chaleur au niveau nutritif avec fièvre élevée et délire (formule Qīng Yíng Tāng 清營湯 Décoction pour Clarifier le Niveau Nutritif)

– avec Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Bò Hé (Herba Menthae) : pour le Vent-Chaleur avec fièvre et gorge douloureuse (formule Yín Qiáo Sǎn 銀翹散 Poudre de Chèvrefeuille et Forsythia)

– avec Sāng Yè (Folium Mori), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis) : pour le Vent-Chaleur avec toux et soif (formule Sāng Jú Yǐn 桑菊飲 Décoction de Mûrier et Chrysanthème)

– avec Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae), Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) et Yě Jú Huā (Flos Chrysanthemi Indici) : pour les furoncles, abcès et lésions cutanées (formule Wǔ Wèi Xiāo Dú Yǐn 五味消毒飲 Décoction aux Cinq Ingrédients pour Éliminer les Toxines)

– avec Guā Lóu (Fructus Trichosanthis), Bái Zhǐ (Radix Angelicae Dahuricae) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) : pour les abcès mammaires sans suppuration

– avec Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) : pour l’abcès intestinal

– avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Huáng Qín (Radix Scutellariae), Gé Gēn (Radix Puerariae) et Mǎ Chǐ Xiàn (Herba Portulacae) : pour la dysenterie avec mucus causée par la Chaleur humide et les Toxines

– avec Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) et Zǐ Cǎo (Radix Lithospermi) : pour les hémorragies sous-cutanées causées par la Chaleur au niveau nutritif

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng jīn yín huā) : forme sèche, utilisée pour disperser le Vent-Chaleur et clarifier la Chaleur de l’Extérieur
– frais (鮮用 xiān jīn yín huā) : forme fraîche, possède une action plus forte pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines
– carbonisé (炭 jīn yín huā tàn) : forme carbonisée, utilisée pour arrêter les hémorragies dans la dysenterie et la diarrhée sanglante

Formules Classiques

– Yín Qiáo Sǎn (銀翹散 Poudre de Chèvrefeuille et Forsythia)
Cette formule combine Jīn Yín Huā avec Lián Qiáo (Fructus Forsythiae), Bò Hé (Herba Menthae) et Jié Gěng (Radix Platycodonis) pour traiter le Vent-Chaleur avec fièvre, soif et gorge douloureuse.

– Sāng Jú Yǐn (桑菊飲 Décoction de Mûrier et Chrysanthème)
Formule combinant Jīn Yín Huā avec Sāng Yè (Folium Mori), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis) pour traiter le Vent-Chaleur attaquant les Poumons avec toux et soif.

– Wǔ Wèi Xiāo Dú Yǐn (五味消毒飲 Décoction aux Cinq Ingrédients pour Éliminer les Toxines)
Jīn Yín Huā est inclus dans cette formule avec Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae), Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) et Yě Jú Huā (Flos Chrysanthemi Indici) pour traiter les furoncles, abcès et lésions cutanées dues à la Chaleur toxique.

– Qīng Yíng Tāng (清營湯 Décoction pour Clarifier le Niveau Nutritif)
Cette formule combine Jīn Yín Huā avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) pour traiter la Chaleur au niveau nutritif avec fièvre élevée, délire et éruptions cutanées.

Toxicité :

Jīn Yín Huā ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une très bonne tolérance. Cependant, en raison de sa nature froide, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir la Rate et l’Estomac chez les personnes présentant une déficience digestive avec signes de Froid. Les effets indésirables rapportés sont rares et consistent principalement en diarrhée chez les patients déficients. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.



Pu Gong Ying

Pu Gong Ying

Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci Mongolici cum Radice)

Identification

Chinois : 蒲公英
Pinyin : pú gōng yīng
Traduction : fleur publique brave
Nom commun : pissenlit
Nom latin : Herba Taraxaci Mongolici cum Radice
Famille : Asteraceae (Compositae)
Espèces : Taraxacum mongolicum Hand.-Mazz. (蒲公英 pú gōng yīng), Taraxacum officinale Wigg. (药用蒲公英 yào yòng pú gōng yīng)
Partie utilisée : plante entière avec racine, séchée ou fraîche
Texte d’origine : Xīn Xiū Běn Cǎo 新修本草 (Matière Médicale Nouvellement Révisée) sous la dynastie Tang

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et éliminent les Toxines (qīng rè jiě dú yào 清熱解毒藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Doux (甘 gān)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Foie (肝 gān), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 10-30 g (forme sèche), 60-90 g (forme fraîche), maximum 120-180 g (frais pour amygdalite aiguë)

Propriétés :

Clarifie la Chaleur et élimine les Toxines, disperse les abcès et réduit les nodules, favorise la diurèse et clarifie la Chaleur-Humidité, clarifie le Foie et clarifie les yeux.

Précautions :

Pú Gōng Yīng est contre-indiqué en cas de déficience et de Froid de la Rate et de l’Estomac. De nature froide, il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant des troubles digestifs liés au Froid ou une diarrhée. Ce remède ne doit pas être utilisé pour les abcès yin caractérisés par l’absence de rougeur et de douleur. De grandes doses peuvent parfois provoquer une diarrhée légère. Des réactions allergiques rares ont été rapportées avec des symptômes incluant des démangeaisons généralisées, des nausées, de l’anxiété et un inconfort thoracique.

Fonctions principales :

Clarifie la Chaleur
Élimine les Toxines
Disperse les abcès
Réduit les nodules
Favorise la diurèse
Clarifie la Chaleur-Humidité
Clarifie le Feu du Foie
Améliore la vision

Actions et Indications

– Clarifie la Chaleur et élimine les Toxines :
Pú Gōng Yīng est particulièrement efficace pour traiter toutes les manifestations de Chaleur toxique, notamment les abcès mammaires, les furoncles, les anthrax et les lésions cutanées.
Il est couramment utilisé pour les troubles causés par l’accumulation de Chaleur toxique dans l’organisme.
– Pour les abcès mammaires au stade initial avec rougeur, gonflement et douleur, Pú Gōng Yīng est associé à Guā Lóu (Fructus Trichosanthis), Qīng Pí (Pericarpium Citri Reticulatae Viride) et Rěn Dōng Téng (Caulis Lonicerae).
– Pour tous les furoncles douloureux, durs et profondément enracinés, on l’associe à Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) et Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae).

Pú Gōng Yīng traite également les infections de la gorge et des yeux.
– Pour la gorge douloureuse et gonflée, Pú Gōng Yīng est associé à Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Bǎn Lán Gēn (Radix Isatidis).
– Pour les yeux rouges, gonflés et douloureux dus à un Feu du Foie ascendant, on l’associe à Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae).

Pour l’amygdalite aiguë, une décoction de 120 à 180 g de Pú Gōng Yīng frais peut être utilisée.

– Disperse les abcès et réduit les nodules :
Pú Gōng Yīng possède une action puissante pour disperser les accumulations et réduire les nodules, traitant ainsi les abcès internes et externes, particulièrement lorsqu’ils sont fermes et durs.
Il est traditionnellement utilisé pour les abcès intestinaux et pulmonaires.
– Pour les abcès intestinaux avec douleur abdominale et mucus dans les selles, Pú Gōng Yīng est associé à Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Bái Jiàng Cǎo (Herba cum Radice Patriniae) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan).
– Pour les abcès pulmonaires avec expectorations purulentes, on l’associe à Yú Xīng Cǎo (Herba Houttuyniae) et Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae).

Pú Gōng Yīng peut être utilisé à la fois par voie interne et en application externe.
– Pour les abcès et lésions cutanées, le remède frais peut être broyé en pâte et appliqué localement.
– Pour les brûlures infectées, une pâte faite avec Pú Gōng Yīng mélangé à de l’alcool à 75% peut être appliquée.
– Pour la parotidite, une pâte préparée en broyant 30 g de plante fraîche ou 20 g de plante sèche avec un blanc d’œuf peut être appliquée sur la zone affectée.

– Favorise la diurèse et clarifie la Chaleur-Humidité :
Pú Gōng Yīng clarifie la Chaleur et favorise la diurèse pour traiter le syndrome de dysurie par Chaleur avec urines rares et foncées.
Il est efficace pour traiter les infections urinaires et la jaunisse ictérique.
– Pour la dysurie par Chaleur avec urines foncées, Pú Gōng Yīng est associé à Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae) et Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae).
– Pour la jaunisse ictérique due à la Chaleur-Humidité, on l’associe à Yīn Chén (Herba Artemisiae Scopariae).

– Clarifie le Foie et améliore la vision :
Pú Gōng Yīng clarifie le Feu du Foie et améliore la vision pour traiter les troubles oculaires causés par le Feu du Foie ascendant.
Il peut être utilisé seul sous forme de vapeur pour les yeux.
– Pour la vision trouble, Pú Gōng Yīng administré en décoction orale et en solution ophtalmique trois fois par jour a montré une efficacité chez les patients.

Liste des symptômes

Abcès et infections cutanées :
Abcès mammaires avec rougeur et gonflement
Furoncles douloureux et profondément enracinés
Anthrax et lésions cutanées
Abcès et gonflements toxiques
Brûlures infectées
Parotidite

Troubles de la gorge et ORL :
Gorge douloureuse et gonflée
Amygdalite aiguë
Infections de la gorge

Troubles oculaires :
Yeux rouges, gonflés et douloureux
Vision trouble
Inflammation oculaire due au Feu du Foie

Abcès internes :
Abcès intestinaux avec douleur abdominale
Abcès pulmonaires avec expectorations purulentes
Douleur abdominale avec mucus dans les selles

Troubles urinaires et hépatiques :
Dysurie par Chaleur avec urines foncées
Infections urinaires
Jaunisse ictérique
Hépatite

Commentaire

Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) tire son nom de la plante de pissenlit dont il est issu, une plante commune largement répandue. Ce remède est l’un des plus polyvalents de la pharmacopée chinoise pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines. Sa combinaison de saveurs amère et douce lui permet d’agir à la fois sur le niveau du Qi et sur le niveau du Sang, tandis que sa nature froide en fait un excellent remède pour tous les syndromes de Chaleur toxique. Sa capacité unique à disperser les accumulations de Chaleur toxique sans être excessivement desséchant le distingue de nombreux autres remèdes clarifiants la Chaleur.

Pú Gōng Yīng est particulièrement reconnu pour son action sur les abcès mammaires, condition pour laquelle il a été utilisé depuis la dynastie Tang. La Táng Běn Cǎo 唐本草 (Matière Médicale de la Dynastie Tang) note que pour les abcès mammaires des femmes, il suffit de le faire bouillir en jus pour le boire et l’appliquer avec des résultats immédiats. Cette polyvalence fait de Pú Gōng Yīng un remède de choix dans de nombreuses formules traitant les infections et les inflammations. En médecine chinoise, ce remède traite efficacement les troubles causés par l’accumulation de Chaleur toxique, notamment les abcès, les furoncles et les infections.

Une autre application majeure de Pú Gōng Yīng concerne le traitement des troubles causés par la Chaleur-Humidité. Cette action résulte de sa capacité à clarifier la Chaleur, éliminer les Toxines et favoriser la diurèse. Les études pharmacologiques modernes ont confirmé ses propriétés antibactériennes contre Staphylococcus aureus, streptocoque bêta-hémolytique, Diplococcus pneumoniae, Corynebacterium diphtheriae, Pseudomonas aeruginosa, Bacillus dysenteriae et Salmonella typhi.

Pú Gōng Yīng se distingue par sa nature à la fois amère et douce, ce qui lui permet de disperser les accumulations tout en évitant d’être trop desséchant. Il est couramment utilisé en clinique pour traiter les infections et inflammations de toutes sortes, particulièrement lorsque ces troubles s’accompagnent de rougeur, de gonflement et de douleur. La forme fraîche du remède possède une action plus forte pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines que la forme sèche.

Pú Gōng Yīng se distingue de Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae) par son action spécifique au niveau du Qi. Alors que Zǐ Huā Dì Dīng est âcre ainsi qu’amer et froid et tend à entrer dans le niveau du Sang avec une action plus forte pour refroidir le Sang et éliminer les Toxines, Pú Gōng Yīng est doux ainsi qu’amer et froid et tend à entrer dans le niveau du Qi avec une capacité plus forte pour dégager les contraintes et disperser les accumulations. Les deux plantes éliminent les Toxines et réduisent les gonflements, mais Pú Gōng Yīng est supérieur pour traiter les troubles du Foie et de l’Estomac et favoriser la diurèse.

Associations

– avec Guā Lóu (Fructus Trichosanthis), Qīng Pí (Pericarpium Citri Reticulatae Viride) et Rěn Dōng Téng (Caulis Lonicerae) : pour les abcès mammaires au stade initial avec rougeur, gonflement et douleur

– avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) et Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae) : pour tous les furoncles douloureux, durs et profondément enracinés

– avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Yě Jú Huā (Flos Chrysanthemi Indici) : pour renforcer l’effet, formule Wǔ Wèi Xiāo Dú Yǐn 五味消毒飲 (Décoction des Cinq Ingrédients pour Éliminer les Toxines)

– avec Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Bǎn Lán Gēn (Radix Isatidis) : pour la gorge douloureuse et gonflée

– avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae) : pour les yeux rouges et gonflés dus au Feu du Foie ascendant

– avec Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Bái Jiàng Cǎo (Herba cum Radice Patriniae) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) : pour les abcès intestinaux

– avec Yú Xīng Cǎo (Herba Houttuyniae) et Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae) : pour les abcès pulmonaires avec expectorations purulentes

– avec Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae) et Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) : pour la dysurie par Chaleur

– avec Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae) : pour la jaunisse

– avec Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae) : pour les nodules sous-cutanés de phlegme

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng pú gōng yīng) : forme sèche, a un effet modéré pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines
– frais (鮮用 xiān pú gōng yīng) : forme fraîche, possède une action plus forte pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines, particulièrement efficace pour les abcès toxiques et les lésions cutanées

Formules Classiques

– Wǔ Wèi Xiāo Dú Yǐn (五味消毒飲 Décoction des Cinq Ingrédients pour Éliminer les Toxines)
Cette formule combine Pú Gōng Yīng avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae), Yě Jú Huā (Flos Chrysanthemi Indici) et Zǐ Bèi Tiān Kuí (Herba Begoniae Fimbristipulatae) pour traiter toutes sortes de furoncles, d’abcès et de lésions toxiques avec rougeur, gonflement et douleur.

– Dà Huáng Mǔ Dān Tāng (大黃牡丹湯 Décoction de Rhubarbe et Moutan)
Formule incluant Pú Gōng Yīng avec Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Táo Rén (Semen Persicae) et Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae) pour traiter les abcès intestinaux avec douleur abdominale.

Toxicité :

Pú Gōng Yīng ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une très bonne tolérance. Cependant, l’administration de grandes doses peut parfois provoquer une diarrhée légère. En raison de sa nature froide, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir la Rate et l’Estomac chez les personnes présentant une déficience digestive avec signes de Froid. Des réactions allergiques rares ont été rapportées, incluant des démangeaisons généralisées, des nausées, de l’anxiété, un inconfort thoracique, des éruptions maculo-papuleuses, un prurit, des réactions allergiques de la muqueuse de la gorge, un gonflement des lèvres et de la langue, une rhinite, un inconfort épigastrique, des vomissements, des douleurs abdominales et de la diarrhée. La DL50 pour injection intraveineuse de Pú Gōng Yīng chez la souris est de 58,8 g/kg.



Bai Xian Pi

Bái Xiān Pí (Cortex Dictamni Dasycarpi Radicis)

Identification

Chinois : 白鲜皮
Pinyin : bái xiān pí
Traduction : écorce blanche et fraîche
Nom commun : écorce de racine de dictamne
Nom latin : Cortex Dictamni Dasycarpi Radicis
Famille : Rutaceae
Espèces : Dictamnus dasycarpus Turcz. (白鲜 bái xiān)
Partie utilisée : écorce de racine séchée
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) au 2e siècle
Bai Xian Pi

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et éliminent les Toxines (qīng rè xiāo dú zhǐ yǎng yào 清熱消毒止痒藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Rate (脾 pí), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 5-10 g en décoction

Propriétés :

Clarifie la Chaleur et élimine les Toxines, soulage les démangeaisons, clarifie la Chaleur-Humidité, traite les troubles dermatologiques causés par la Chaleur-Humidité.

Précautions :

Bái Xiān Pí est contre-indiqué en cas de déficience et de Froid de la Rate et de l’Estomac. De nature froide, il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience du yang de la Rate. Ce remède peut potentialiser les effets des inhibiteurs des microtubules tels que la vincristine, la vinblastine et le paclitaxel. L’obacunone, un composant de Bái Xiān Pí, peut renforcer la cytotoxicité de ces agents antinéoplasiques.

Fonctions principales :

Clarifie la Chaleur
Élimine les Toxines
Soulage les démangeaisons
Clarifie la Chaleur-Humidité
Traite les troubles dermatologiques
Soulage les douleurs articulaires

Actions et Indications

– Clarifie la Chaleur, élimine les Toxines et soulage les démangeaisons :
Bái Xiān Pí est particulièrement efficace pour traiter les troubles dermatologiques causés par la Chaleur-Humidité, notamment les furoncles, les carboncles, les éruptions cutanées, l’eczéma, les ulcérations et la douleur et l’enflure de la région génitale.
Ces manifestations s’accompagnent généralement d’un écoulement abondant de liquides et d’ulcérations des lésions.
– Pour les troubles dermatologiques caractérisés par l’Humidité, la Chaleur et les Toxines, Bái Xiān Pí est associé à Kǔ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis), Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis) et Dì Fū Zǐ (Fructus Kochiae), en décoction ou en application topique.
– Pour le prurit cutané, l’eczéma et les éruptions causées par le Vent, Bái Xiān Pí est combiné avec Kǔ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis) et Dì Fū Zǐ (Fructus Kochiae) en application topique et interne.

– Clarifie la Chaleur-Humidité :
Bái Xiān Pí clarifie la Chaleur-Humidité et traite la jaunisse causée par l’accumulation d’Humidité-Chaleur.
Il est également efficace pour le syndrome d’obstruction douloureuse (bì zhèng) causé par l’accumulation de Chaleur et d’Humidité, manifesté par une sensation de lourdeur, de rougeur et de douleur brûlante.
– Pour la jaunisse causée par la Chaleur-Humidité, Bái Xiān Pí est associé à Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), formule Yīn Chén Hāo Tāng 茵陈蒿汤 (Décoction d’Artemisia Scoparia).
– Pour le syndrome d’obstruction douloureuse, Bái Xiān Pí est associé à Rěn Dōng Téng (Caulis Lonicerae) et Wēi Líng Xiān (Radix Clematidis).

Liste des symptômes

Troubles dermatologiques :
Furoncles et carboncles
Éruptions cutanées et eczéma
Ulcérations avec écoulement abondant
Enflure et douleur de la région génitale
Démangeaisons intenses de la peau
Lésions cutanées suppurantes

Syndrome d’obstruction douloureuse :
Lourdeur des articulations
Rougeur et sensation de brûlure
Douleur articulaire avec Chaleur

Autres indications :
Jaunisse causée par la Chaleur-Humidité
Démangeaisons génitales
Pertes vaginales avec odeur fétide

Commentaire

Bái Xiān Pí (Cortex Dictamni) tire son nom de la couleur blanche et fraîche de son écorce. Ce remède est l’un des plus efficaces de la pharmacopée chinoise pour traiter les troubles dermatologiques causés par la Chaleur-Humidité. Sa saveur amère lui permet de clarifier la Chaleur et d’assécher l’Humidité, tandis que sa nature froide en fait un excellent remède pour tous les syndromes de Chaleur-Humidité affectant la peau et les articulations.

Bái Xiān Pí est particulièrement reconnu pour son action sur les troubles cutanés accompagnés de démangeaisons intenses. Il clarifie la Chaleur et élimine les Toxines tout en soulageant le prurit, ce qui en fait un remède de choix pour l’eczéma, les éruptions cutanées, les furoncles et les ulcérations avec écoulement abondant. En médecine chinoise, ce remède traite efficacement les troubles causés par l’accumulation de Chaleur-Humidité et de Toxines dans la peau et les tissus sous-cutanés.

Une autre application majeure de Bái Xiān Pí concerne le traitement des troubles articulaires causés par le syndrome d’obstruction douloureuse (bì zhèng) de type Chaleur-Humidité. Cette action résulte de sa capacité à clarifier la Chaleur, transformer l’Humidité et ouvrir les méridiens. Les études pharmacologiques modernes ont confirmé ses propriétés antifongiques et ses effets cardiovasculaires, notamment la stimulation de la contractilité cardiaque à petites doses.

Bái Xiān Pí se distingue par sa capacité à traiter à la fois les manifestations internes et externes de la Chaleur-Humidité. Il peut être utilisé en décoction pour un usage interne ou en application topique pour traiter les lésions cutanées. Le remède est couramment utilisé en clinique pour traiter les troubles dermatologiques suppurants, notamment ceux caractérisés par un écoulement abondant et des ulcérations.

Bái Xiān Pí se distingue de Kǔ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis) par son action spécifique sur les démangeaisons cutanées. Alors que Kǔ Shēn clarifie principalement la Chaleur du Cœur et de l’Intestin Grêle, Bái Xiān Pí agit principalement sur la Rate et l’Estomac pour clarifier la Chaleur-Humidité et soulager les démangeaisons cutanées. Les deux plantes sont fréquemment associées dans le traitement des troubles dermatologiques, mais Bái Xiān Pí est supérieur pour traiter les lésions cutanées avec écoulement abondant et démangeaisons intenses.

Associations

– avec Kǔ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis), Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis) et Dì Fū Zǐ (Fructus Kochiae) : pour les troubles dermatologiques caractérisés par l’Humidité, la Chaleur et les Toxines

– avec Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) : pour la jaunisse causée par la Chaleur-Humidité (formule Yīn Chén Hāo Tāng 茵陈蒿汤 Décoction d’Artemisia Scoparia)

– avec Rěn Dōng Téng (Caulis Lonicerae) et Wēi Líng Xiān (Radix Clematidis) : pour le syndrome d’obstruction douloureuse avec Chaleur-Humidité

– avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) : pour l’eczéma et les lésions cutanées humides en application topique

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng bái xiān pí) : forme séchée, a un effet puissant pour clarifier la Chaleur-Humidité et soulager les démangeaisons
– frit à sec (炒白鲜皮 chǎo bái xiān pí) : modère sa nature froide et réduit les effets potentiellement nocifs sur la Rate et l’Estomac

Formules Classiques

– Yīn Chén Hāo Tāng (茵陈蒿汤 Décoction d’Artemisia Scoparia)
Cette formule combine Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) pour traiter la jaunisse causée par la Chaleur-Humidité. Bái Xiān Pí peut être ajouté à cette formule pour renforcer l’action de clarification de la Chaleur-Humidité.

Toxicité :

Bái Xiān Pí présente une toxicité modérée aux doses thérapeutiques recommandées. La DL50 pour l’injection intrapéritonéale de dictamnine chez la souris est de 150 à 250 mg/kg. En raison de sa nature froide, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir la Rate et l’Estomac chez les personnes présentant une déficience digestive avec signes de Froid. Les effets indésirables rapportés incluent un inconfort gastrique, des nausées et une réduction de l’appétit. L’obacunone peut potentialiser les effets cytotoxiques des inhibiteurs des microtubules tels que la vincristine, la vinblastine et le paclitaxel.



Tu Fu Ling

Tu Fu Ling

Tǔ Fú Líng (Rhizoma Smilacis Glabrae)

Identification

Chinois : 土茯苓
Pinyin : tǔ fú líng
Traduction : sclérotium de terre
Nom commun : rhizome de smilax glabre
Nom latin : Rhizoma Smilacis Glabrae
Famille : Smilacaceae (Liliacées)
Espèces : Smilax glabra Roxb. (土茯苓 tǔ fú líng)
Partie utilisée : rhizome séché
Texte d’origine : Běn Cǎo Gāng Mù 本草纲目 (Compendium de Matière Médicale) par Lǐ Shí-Zhēn en 1578
Tu Fu Ling

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et éliminent les Toxines (qīng rè jiě dú yào 清热解毒药)
Saveurs : Doux (甘 gān), Fade (淡 dàn)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Foie (肝 gān), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 15-60 g, parfois jusqu’à 100-120 g pour des cas sévères

Propriétés :

Élimine la Chaleur toxique, clarifie l’Humidité-Chaleur, traite les affections cutanées, favorise la miction, soulage les douleurs articulaires.

Précautions :

Tǔ Fú Líng doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience du Foie et des Reins sans présence d’Humidité-Chaleur. Il existe un rapport indiquant que la consommation simultanée de Tǔ Fú Líng et de thé peut être associée à une perte de cheveux. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. En raison de sa nature neutre et non desséchante, il peut être utilisé en toute sécurité pour des traitements prolongés sous surveillance appropriée.

Fonctions principales :

Clarifie la Chaleur toxique
Élimine l’Humidité-Chaleur
Favorise la diurèse
Soulage les douleurs articulaires
Traite les affections cutanées
Résout les toxines
Facilite la séparation du pur et du trouble

Actions et Indications

– Élimine la Chaleur toxique :
Tǔ Fú Líng est particulièrement efficace pour traiter la syphilis causée par la Chaleur toxique et l’Humidité. Il s’agit d’un remède majeur dans le traitement des maladies vénériennes caractérisées par des lésions cutanées et des manifestations systémiques.
Il est utilisé pour les troubles causés par la Chaleur toxique avec lésions cutanées et douleurs articulaires.
– Pour la syphilis, Tǔ Fú Líng est utilisé seul à dose élevée de 70 g ou plus, ou associé à Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Bái Xiǎn Pí (Cortex Dictamni) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae).
– Pour la leptospirose, on l’associe à Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae), avec augmentation de la dose à 150 g dans les cas sévères.

Tǔ Fú Líng traite également les éruptions cutanées dues à la Chaleur toxique.
– Pour les éruptions, furoncles ou psoriasis, Tǔ Fú Líng est associé à Dì Fū Zǐ (Fructus Kochiae), Kǔ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis) et Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis).
– Pour les ulcères et lésions cutanées chaudes, on l’utilise avec Bái Xiǎn Pí (Cortex Dictamni) et Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae).

– Clarifie l’Humidité-Chaleur et favorise la miction :
Tǔ Fú Líng possède une action pour clarifier l’Humidité-Chaleur du Foyer Inférieur et favoriser la diurèse, traitant ainsi la dysurie par Chaleur avec sensations de brûlure et miction douloureuse.
Il est traditionnellement utilisé pour les troubles urinaires accompagnés de sensations de brûlure et d’urines foncées.
– Pour la dysurie par Chaleur avec sensations de brûlure et miction douloureuse, Tǔ Fú Líng est associé à Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae), Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) et Mù Tōng (Caulis Clematidis Armandii).
– Pour les troubles urinaires, on l’associe à Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Mù Tōng (Caulis Clematidis Armandii).

Tǔ Fú Líng traite également les sensations de prolapsus de la Vessie ou de brûlures génitales.
– Pour les sensations de prolapsus vésical ou brûlures génitales, Tǔ Fú Líng peut être associé à Bì Xiè (Rhizoma Dioscoreae Hypoglaucae) selon le Dr Zhang Liang-Lin.

– Soulage les douleurs articulaires et élimine l’Humidité :
Tǔ Fú Líng clarifie efficacement l’Humidité-Chaleur et soulage les douleurs articulaires pour traiter le syndrome d’obstruction douloureuse causé par l’Humidité-Chaleur.
Il est couramment utilisé pour les douleurs articulaires avec Humidité-Chaleur, caractérisées par des articulations gonflées, douloureuses et chaudes.
– Pour les douleurs articulaires dues à l’Humidité-Chaleur toxique accumulée, Tǔ Fú Líng est associé à Yì Yǐ Rén (Semen Coicis).
– Pour les douleurs articulaires et les urines troubles, on l’associe à Bì Xiè (Rhizoma Dioscoreae Hypoglaucae).

Tǔ Fú Líng traite également les céphalées dues à l’Humidité-Chaleur contrainte.
– Pour les céphalées causées par l’Humidité-Chaleur contrainte dans le méridien du Foie, Tǔ Fú Líng est associé à Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong).

Liste des symptômes

Troubles cutanés :
Syphilis avec lésions cutanées
Éruptions cutanées
Furoncles et abcès
Psoriasis
Ulcères cutanés
Lésions cutanées chaudes
Eczéma et plaies humides

Troubles urinaires :
Dysurie par Chaleur
Miction douloureuse avec sensations de brûlure
Urines foncées et rares
Sensations de prolapsus vésical
Brûlures génitales
Leucorrhée trouble

Troubles articulaires :
Douleurs articulaires dues à l’Humidité-Chaleur
Gonflements articulaires
Restriction des mouvements articulaires
Syndrome d’obstruction douloureuse par Humidité-Chaleur

Autres indications :
Ictère dû à l’Humidité-Chaleur du Foie et de la Vésicule Biliaire
Leptospirose
Céphalées dues à l’Humidité-Chaleur contrainte
Spasmes musculaires tardifs associés à la syphilis

Commentaire

Tǔ Fú Líng (Rhizoma Smilacis Glabrae) tire son nom de sa ressemblance avec Fú Líng (Poria), bien qu’il s’agisse d’un rhizome et non d’un sclérote de champignon. Ce remède est l’un des plus importants de la pharmacopée chinoise pour éliminer la Chaleur toxique et clarifier l’Humidité-Chaleur, particulièrement au niveau de la peau et des articulations. Sa saveur douce et fade lui permet de faciliter la diurèse sans dessécher, tandis que sa nature neutre en fait un excellent remède qui peut être utilisé à long terme sans blesser le Yin ou le Yang.

Tǔ Fú Líng est particulièrement reconnu pour son action sur les maladies vénériennes, notamment la syphilis. Historiquement, il a été largement utilisé pour traiter les lésions cutanées et les spasmes musculaires tardifs associés à cette maladie. Il est également efficace pour traiter les intoxications au mercure, qui était autrefois utilisé dans le traitement de la syphilis. Sa capacité unique à éliminer la Chaleur toxique tout en facilitant l’élimination de l’Humidité par les urines le distingue de nombreux autres remèdes clarifiant la Chaleur.

Tǔ Fú Líng agit sur trois aspects : il élimine la Chaleur toxique au niveau de la peau, clarifie l’Humidité-Chaleur dans les articulations et favorise la diurèse pour éliminer les toxines. Cette polyvalence fait de Tǔ Fú Líng un remède de choix dans de nombreuses formules traitant les affections cutanées, les troubles urinaires et les douleurs articulaires. En médecine chinoise, ce remède traite efficacement les troubles causés par l’accumulation d’Humidité-Chaleur toxique, notamment les lésions cutanées, les douleurs articulaires et les troubles urinaires.

Une autre application majeure de Tǔ Fú Líng concerne le traitement des troubles cutanés causés par la Chaleur toxique. Cette action résulte de sa capacité à clarifier la Chaleur, éliminer les toxines et résoudre l’Humidité. Les études pharmacologiques modernes ont confirmé ses propriétés antinéoplasiques, particulièrement efficaces contre les cancers de la vessie et du foie. Les études cliniques ont également démontré son efficacité dans le traitement de la leptospirose et des affections cutanées diverses.

Tǔ Fú Líng se distingue par sa nature neutre qui ne blesse ni le Yin ni le Yang. Il peut être utilisé en toute sécurité pour des traitements prolongés, ce qui le rend particulièrement adapté aux maladies chroniques. Sa capacité à pénétrer profondément dans les cent collatéraux lui permet de traiter tous les symptômes toxiques tels que les douleurs articulaires et même la nécrose, ainsi que la Chaleur toxique remontant et causant des maux de gorge et des ulcérations.

Tǔ Fú Líng se distingue de Bì Xiè (Rhizoma Dioscoreae Hypoglaucae) par son action plus forte sur l’élimination des toxines. Alors que Bì Xiè facilite principalement la séparation du pur et du trouble en dirigeant le trouble vers le bas, Tǔ Fú Líng est supérieur pour résoudre l’Humidité-Chaleur toxique contrainte et éliminer les lésions cutanées toxiques. Les deux plantes peuvent être utilisées ensemble pour les troubles urinaires et les douleurs articulaires, mais Tǔ Fú Líng est préféré lorsque des manifestations cutanées sont présentes.

Associations

– avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Bái Xiǎn Pí (Cortex Dictamni) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) : pour la syphilis avec ulcérations cutanées et douleurs osseuses

– avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) et Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae) : pour les éruptions mercurielles et l’intoxication au mercure (formule Tǔ Fú Líng Tāng 土茯苓湯 Décoction de Rhizome de Smilax Glabre)

– avec Bái Xiǎn Pí (Cortex Dictamni), Dì Fū Zǐ (Fructus Kochiae) et Kǔ Shēn Gēn (Radix Sophorae Flavescentis) : pour l’eczéma et les dermatoses prurigineuses d’origine Humidité-Chaleur

– avec Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) : pour les abcès cutanés et les ulcérations avec toxines

– avec Yì Yǐ Rén (Semen Coicis), Fáng Jǐ (Radix Stephaniae Tetrandrae) et Mù Tōng (Caulis Akebiae) : pour le syndrome d’obstruction douloureuse (bì zhèng) de type Humidité-Chaleur avec articulations gonflées et douloureuses

– avec Wēi Líng Xiān (Radix Clematidis) et Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis) : pour les contractures et les douleurs des tendons dues à l’Humidité-Chaleur dans les méridiens

– avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) : pour les éruptions cutanées et l’urticaire chronique par Humidité-Chaleur dans le Sang

– avec Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Huá Shí (Talcum) et Qú Mài (Herba Dianthi) : pour la dysurie et les infections urinaires par Humidité-Chaleur

– avec Bì Xiè (Rhizoma Dioscoreae Hypoglaucae) et Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) : pour les urines troubles avec douleurs à la miction

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng tǔ fú líng) : forme standard utilisée en décoction, efficace pour éliminer l’Humidité-Chaleur, les toxines et désobstruer les méridiens
– séché à basse température : préserve l’intégralité des principes actifs ; c’est la forme la plus couramment utilisée en pharmacie

Formules Classiques

– Tǔ Fú Líng Tāng (土茯苓湯 Décoction de Rhizome de Smilax Glabre)
Cette formule combine Tǔ Fú Líng en grande quantité (30-60 g) avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae), Bái Xiǎn Pí (Cortex Dictamni) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la syphilis avec ulcérations cutanées, douleurs osseuses et articulaires, et éruptions mercurielles liées à l’intoxication au mercure.

– Bì Xiè Shèn Shī Tāng (萆薢滲濕湯 Décoction de Dioscorea pour Infiltrer l’Humidité)
Formule combinant Tǔ Fú Líng avec Bì Xiè (Rhizoma Dioscoreae Hypoglaucae), Yì Yǐ Rén (Semen Coicis), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) pour traiter l’eczéma suintant et les dermatoses d’origine Humidité-Chaleur avec écoulements troubles.

– Jiě Dú Huó Xuè Tāng (解毒活血湯 Décoction pour Éliminer les Toxines et Activer le Sang)
Tǔ Fú Líng est inclus dans cette formule avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) et Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) pour traiter les dermatoses sévères avec composantes toxiques et stase du Sang.

Toxicité :

Tǔ Fú Líng ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Ce remède est considéré comme sûr y compris à des doses élevées (jusqu’à 120 g en décoction) lorsqu’il est utilisé pour les cas sévères de syphilis ou d’intoxication. La principale contre-indication concerne son incompatibilité avec le thé (Folium Camelliae Sinensis), qui peut antagoniser ses effets thérapeutiques ; les patients doivent donc éviter de consommer du thé pendant la durée du traitement. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée dans les sources classiques.

Ai Ye

Ai Ye

Ài Yè (Artemisiae Argyi Folium)

Identification

Ài Yè (Artemisiae Argyi Folium)

Identification

Chinois : 艾叶
Pinyin : Ài Yè
Traduction : Feuille d’armoise
Nom commun : Armoise d’Argyi, moxa
Nom latin : Artemisiae Argyi Folium
Famille : Asteraceae
Espèces : Artemisia argyi H. Lév. & Vaniot (espèce principale) ; Artemisia princeps Pamp. (utilisée dans certaines régions)
Partie utilisée : Feuilles séchées
Texte d’origine : Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Recueil de Notes des Médecins Célèbres) par Tao Hong-Jing au Ve siècle
Ai Ye

Nature et Saveur

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui arrêtent les saignements (zhǐ xuè yào 止血藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Piquant (辛 xīn)
Nature : Tiède (溫 wēn)
Méridiens : Foie (肝 gān), Rate (脾 pí), Rein (腎 shèn)
Dosage : 3-9 g (décoction) ; 1,5-3 g (poudre) ; usage topique en moxibustion ou lavage externe sans restriction de dose

Propriétés :

Ài Yè réchauffe les méridiens et arrête les saignements en dispersant le Froid, ce qui en fait le remède de référence des hémorragies gynécologiques par Vide de Yang ou par Froid dans l’utérus. Il active le Sang, disperse le Froid et calme le fœtus dans les contextes obstétricaux, et constitue la matière première du moxa utilisé en moxibustion.

Précautions :

Ài Yè est chaud et piquant ; un usage prolongé ou à dose élevée peut générer de la Chaleur interne, endommager le Yin et le Sang, et provoquer des nausées, vomissements ou irritation gastrique. Il est contre-indiqué en cas de saignement par Chaleur dans le Sang ou de Vide de Yin avec Chaleur interne. L’usage pendant la grossesse impose la plus grande prudence : la dose doit rester basse et l’indication clairement établie (menace d’avortement par Froid), car à forte dose l’herbe peut stimuler la contractilité utérine. Éviter en cas de Chaleur du Foie montante ou d’Humidité-Chaleur prédominante.

Fonctions principales :

Réchauffe les méridiens et arrête les saignements
Disperse le Froid, active le Sang et soulage la douleur
Calme le fœtus et prévient la fausse couche
Dissipe l’Humidité et soulage le prurit en usage externe

Actions et Indications

– Réchauffe les méridiens et arrête les saignements :
Ài Yè est l’herbe principale pour traiter les hémorragies dues au Froid ou à un Vide de Yang, notamment les métrorragies, ménorragies, spotting intermenstruel et saignements utérins survenant avec des signes de Froid (sang pâle ou noirâtre, douleur abdominale basse améliorée par la chaleur, teint blême, pouls profond et lent). Son action hémostatique repose sur la chaleur qu’il insuffle dans les méridiens du Foie, de la Rate et du Rein, qui gouvernent respectivement la circulation, la maîtrise et la racine du Sang.
Utilisé seul sous forme carbonisée, il arrête les saignements gynécologiques légers ; associé à d’autres herbes hémostatiques et toniques, il traite les hémorragies chroniques par Vide.
– Pour les métrorragies et les saignements utérins chroniques par Vide de Yang, Ài Yè est associé à È Jiāo (Asini Corii Colla) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae).
– Pour les saignements gingivaux, épistaxis et hématémèse par Froid, on l’associe à Páo Jiāng (Rhizoma Zingiberis Preparatum) et Zōng Lǘ Pí (Fibra Stipulae Trachycarpi).

– Disperse le Froid et soulage la douleur :
Grâce à sa chaleur pénétrante et à ses propriétés piquantes qui ouvrent les méridiens, Ài Yè chasse le Froid logé dans l’utérus, le bas abdomen et les méridiens Chong et Ren. Il est indiqué dans les dysménorrhées, les douleurs abdominales basses et les crampes menstruelles causées par le Froid, ainsi que dans les douleurs gynécologiques par Stagnation de Sang liée au Froid.
En moxibustion directe ou indirecte, il transmet une chaleur profonde aux méridiens et aux points d’acupuncture, mobilisant le Qi et le Sang dans les zones refroidies.
– Pour la dysménorrhée par Froid dans l’utérus, Ài Yè est associé à Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) et Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae).
– Pour les douleurs abdominales chroniques et les membres froids par Vide de Yang du Rein, on l’associe à Ròu Guì (Cortex Cinnamomi) et Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata).

– Calme le fœtus et prévient la fausse couche :
Ài Yè est l’un des remèdes obstétricaux les plus anciens de la pharmacopée chinoise. Il stabilise le fœtus lorsque la grossesse est menacée par un Vide de Yang de la Rate et du Rein, ou par un Froid dans les méridiens Chong et Ren, manifesté par des saignements vaginaux légers, des douleurs abdominales basses et une fatigue profonde pendant la grossesse.
Son action de réchauffement de l’utérus et de consolidation du Rein, qui gouverne la conception et la nidation, lui confère cette propriété tocolytique traditionnelle.
– Pour les menaces d’avortement avec saignements et douleurs abdominales par Vide, Ài Yè est associé à È Jiāo (Asini Corii Colla) et Xù Duàn (Radix Dipsaci).
– Pour les avortements à répétition par Vide de Rein, on l’associe à
Tù Sī Zǐ (Semen Cuscutae) et Sāng Jì Shēng (Herba Taxilli).

– Dissipe l’Humidité, soulage les démangeaisons et traite en usage externe :
En usage topique sous forme de décoction pour bain ou de fumigation, Ài Yè dissipe l’Humidité-Froid ou l’Humidité-Chaleur superficielle, traite les dermatoses prurigineuses, l’eczéma, la gale, les ulcères cutanés et les affections vaginales. La fumée issue de la combustion du moxa possède en outre des propriétés antimicrobiennes et antivirales documentées.
Utilisé en bain de pieds ou de bassin, il réchauffe les méridiens du bas du corps et traite les douleurs ostéoarticulaires par Bi Froid-Humidité.
– Pour les démangeaisons cutanées et les lésions eczémateuses par Humidité-Froid, Ài Yè est associé en usage externe à Kǔ Shēn Gēn (Radix Sophorae Flavescentis) et Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri).
– Pour les pertes vaginales abondantes par Humidité-Froid, on l’associe à Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis) et Shé Chuáng Zǐ (Fructus Cnidii).

Liste des symptômes

Hémorragies gynécologiques :
Métrorragies et ménorragies par Vide de Yang ou Froid dans l’utérus
Saignements utérins pendant la grossesse avec menace d’avortement
Spotting intermenstruel avec sang pâle ou fluide
Dysménorrhée avec douleurs améliorées par la chaleur
Leucorrhée abondante claire ou blanchâtre par Humidité-Froid

Douleurs par Froid et Vide de Yang :
Douleurs abdominales basses chroniques par Froid dans l’utérus
Crampes menstruelles sévères par Stagnation de Sang liée au Froid
Douleurs ostéoarticulaires par syndrome Bi Froid-Humidité
Membres froids et douloureux par Vide de Yang du Rein

Pathologies dermatologiques (usage externe) :
Eczéma et dermatoses prurigineuses par Humidité
Prurigo et démangeaisons cutanées chroniques
Ulcères cutanés et plaies torpides
Infections vaginales avec pertes et démangeaisons

Commentaire

Ài Yè occupe une place singulière dans la pharmacopée chinoise : c’est à la fois un médicament interne, un agent hémostatique par excellence pour les hémorragies gynécologiques d’origine froide, et la matière première indispensable à la moxibustion. Originaire des régions tempérées de Chine – la province du Hubei, et en particulier la ville de Qízhōu (蕲州), produit la qualité la plus réputée, connue sous le nom de Qí Ài (蕲艾) – Ài Yè est mentionné dès le Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Recueil de Notes des Médecins Célèbres) et consolidé dans le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Compendium de la Matière Médicale) de Li Shi-Zhen au XVIe siècle, qui lui reconnaît la capacité de « réchauffer le Qi et le Sang, d’expulser l’Humidité et le Froid, et de maîtriser les cent maladies ». Sa saveur amère-piquante et sa nature tiède en font un agent réchauffant mais non desséchant, capable de pénétrer les méridiens Foie, Rate et Rein pour mobiliser le Sang tout en l’astreignant à sa place physiologique.

Sur le plan clinique, Ài Yè se distingue de la plupart des herbes hémostatiques par sa double capacité à arrêter les saignements ET à activer le Sang : carbonisé (炭炒 tàn chǎo), il développe une action astringente et hémostatique renforcée sans perdre entièrement sa propriété réchauffante, ce qui le rend adapté aux hémorragies chroniques par Vide. Cru ou légèrement traité, il conserve une action plus dispersante sur le Froid et la Stagnation de Sang, idéale pour les dysménorrhées. Cette dualité – arrêter sans congeler, réchauffer sans disperser à l’excès – explique son omniprésence dans les formules gynécologiques classiques. Pharmacologiquement, ses principes actifs comprennent des huiles essentielles riches en cinéole et camphre, des flavonoïdes (artémisine), des polysaccharides et des composés phénoliques dotés de propriétés antibactériennes, antivirales, anti-inflammatoires et hémostatiques documentées.

Comparé à Páo Jiāng (Rhizoma Zingiberis Preparatum), avec lequel il partage la capacité de réchauffer les méridiens et d’arrêter les saignements par Froid, Ài Yè est beaucoup plus spécifiquement orienté vers la sphère gynécologique et utérine : il entre dans les méridiens Chong et Ren, tandis que Páo Jiāng agit davantage sur le Réchauffeur Moyen (Rate-Estomac). En revanche, Páo Jiāng est plus puissant pour réchauffer la Rate et traiter les saignements digestifs par Vide de Yang de la Rate. En pratique clinique, les deux herbes sont souvent associées pour renforcer mutuellement leur action hémostatique et réchauffante, notamment dans la formule classique Jiāo Ài Tāng 膠艾湯 (Décoction à la Colle d’Âne et à l’Armoise).

Associations

– avec È Jiāo (Asini Corii Colla) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) : saignements utérins chroniques, métrorragies et menace d’avortement par Vide de Sang et Froid dans les méridiens Chong et Ren

– avec Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) : dysménorrhée sévère et irrégularités menstruelles par Stagnation du Qi du Foie et Froid dans l’utérus

– avec Kǔ Shēn Gēn (Radix Sophorae Flavescentis) et Shé Chuáng Zǐ (Fructus Cnidii) : en usage externe – prurigo vulvaire, eczéma génital et pertes vaginales par Humidité

– avec Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) et È Jiāo (Asini Corii Colla) : ménorragies et saignements utérins fonctionnels avec Vide de Sang

– avec Páo Jiāng (Rhizoma Zingiberis Preparatum) et Zōng Lǘ Pí (Fibra Stipulae Trachycarpi) : hémorragies gynécologiques par Vide de Yang de la Rate avec Froid

– avec Tù Sī Zǐ (Semen Cuscutae) et Sāng Jì Shēng (Herba Taxilli) : fausses couches à répétition par Vide de Rein, consolidation de la grossesse à risque

– avec Bái Hé (Bulbus Lilii) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) – carbonisé : épistaxis et hématémèse légère par Chaleur dans le Sang (usage de la forme carbonisée uniquement)

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng yòng) : action dispersante sur le Froid et la Stagnation de Sang ; indiqué pour les dysménorrhées, les douleurs abdominales par Froid et la moxibustion ; propriété réchauffante et mobilisatrice du Sang maximale
– séché et vieilli – moxa (艾绒 ài róng) : les feuilles sèches sont pilées et tamisées pour former la laine de moxa, utilisée exclusivement en moxibustion directe ou indirecte ; la chaleur transmise est plus douce et pénétrante que celle du cru ; la qualité Qí Ài (蕲艾) vieillie 3 ans est réputée supérieure
– carbonisé (炭炒 tàn chǎo) : action hémostatique et astringente renforcée par la carbonisation partielle, qui crée des composés adsorbants ; la propriété réchauffante est atténuée mais non supprimée ; forme de choix pour tous les saignements gynécologiques chroniques, les métrorragies et les menaces d’avortement avec hémorragie
– préparé au vinaigre (醋炙 cù zhì) : le vinaigre guide l’action vers le Foie et renforce la propriété de Ài Yè à activer le Sang et soulager la douleur gynécologique ; indiqué en priorité pour les dysménorrhées par Stagnation de Sang et Froid, et pour la Stagnation du Qi du Foie avec douleur hypogastrique
– préparé au sel (鹽炙 yán zhì) : le sel guide l’action vers le Rein ; cette préparation est utilisée pour ancrer et consolider le Rein, ce qui renforce l’effet de stabilisation du fœtus et de traitement des saignements par Vide de Rein ; moins courante que les formes crue et carbonisée

Formules Classiques

– Jiāo Ài Tāng (膠艾湯 Décoction à la Colle d’Âne et à l’Armoise)
Formule fondamentale du Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 (Prescriptions Essentielles du Coffret d’Or) de Zhang Zhong-Jing (IIe-IIIe siècle). Elle associe Ài Yè à È Jiāo (Asini Corii Colla), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae). Indiquée pour les saignements utérins chroniques, les métrorragies, les menaces d’avortement et les douleurs abdominales basses par Vide de Sang et Froid dans les méridiens Chong et Ren. Considérée comme la formule gynécologique de référence pour les hémorragies par Vide dans la tradition classique.

– Ài Fù Nuǎn Gōng Wán (艾附暖宮丸 Pilule à l’Armoise et au Cypérus pour Réchauffer le Palais)
Formule gynécologique classique issue du Rén Zhāi Zhí Zhǐ Fāng 仁齋直指方 (Prescriptions Directes du Bienveillant Sage). Elle associe Ài Yè à Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Ròu Guì (Cortex Cinnamomi), Huáng Qí (Radix Astragali) et d’autres herbes réchauffantes et toniques. Indiquée pour l’infertilité, la dysménorrhée sévère, les irrégularités menstruelles et les menaces d’avortement liées à un Froid profond dans l’utérus et un Vide de Yang du Rein avec Stagnation du Qi du Foie.

– Jiāo Ài Sì Wù Tāng (膠艾四物湯 Décoction des Quatre Substances à la Colle d’Âne et à l’Armoise)
Extension de Jiāo Ài Tāng enrichie des quatre substances toniques du Sang : Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), plus È Jiāo (Asini Corii Colla). Indiquée pour les hémorragies gynécologiques chroniques avec Vide de Sang marqué, anémie post-hémorragique, saignements de grossesse et métrorragies chez la femme présentant une complexion pâle, fatigue et palpitations.

Toxicité :

Ài Yè est globalement sûr aux doses thérapeutiques (3-9 g en décoction). Un usage prolongé ou à dose élevée peut provoquer des effets indésirables liés à sa chaleur : nausées, vomissements, douleurs épigastriques, sécheresse buccale et, chez les patients présentant un Vide de Yin sous-jacent, aggravation des signes de Chaleur interne (insomnies, palpitations, flush). Des cas d’hépatotoxicité ont été rapportés avec des préparations non standardisées ou des cures prolongées à haute dose ; l’huile essentielle extraite, notamment riche en thuyone et cinéole, présente un index thérapeutique plus étroit et ne doit pas être ingérée concentrée. En application topique de moxa, une combustion prolongée sur la peau peut causer des brûlures superficielles. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’est documentée pour les doses thérapeutiques courantes, mais la prudence s’impose chez les patients sous anticoagulants (warfarine, héparine) en raison de l’activité hémostatique antagoniste potentielle.



Ban Lan Gen

Ban Lan Gen

Bǎn Lán Gēn (Radix Isatidis)

Identification

Chinois : 板藍根
Pinyin : bǎn lán gēn
Traduction : racine d’isatis bleu
Nom commun : racine d’isatis, racine de pastel des teinturiers
Nom latin : Radix Isatidis
Famille : Brassicaceae (Cruciferae)
Espèces : Isatis indigotica Fort. (草大青 cǎo dà qīng), Isatis tinctoria L. (松藍 sōng lán), Baphicacanthus cusia Bremek. (馬藍 mǎ lán)
Partie utilisée : racine séchée
Texte d’origine : Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Compendium de Materia Medica) par Lǐ Shí-Zhēn en 1578
Ban Lan Gen

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et éliminent les Toxines (qīng rè jiě dú yào 清熱解毒藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 9-15 g, jusqu’à 30 g dans les cas graves

Propriétés :

Clarifie la Chaleur et élimine les Toxines, refroidit le Sang et bénéficie à la gorge, draine la Chaleur toxique de l’Extérieur et de l’Intérieur, traite les maladies épidémiques fébriles.

Précautions :

Bǎn Lán Gēn est contre-indiqué en cas de déficience et de Froid de la Rate et de l’Estomac. De nature très froide, il ne doit pas être utilisé chez les patients sans présence de Chaleur toxique. Une utilisation prolongée peut blesser le Yang de la Rate. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. De rares cas de réactions allergiques ont été signalés avec des symptômes cutanés, des démangeaisons, des nausées ou des vomissements.

Fonctions principales :

Clarifie la Chaleur et élimine les Toxines
Refroidit le Sang
Bénéficie à la gorge
Draine la Chaleur toxique
Traite les maladies épidémiques
Élimine les éruptions cutanées
Traite les infections virales et bactériennes

Actions et Indications

– Clarifie la Chaleur et élimine les Toxines :
Bǎn Lán Gēn possède d’excellentes propriétés pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines à tous les niveaux : extérieur, niveau du Qi, niveau nutritif et niveau du Sang.
Il est couramment utilisé pour traiter les maladies fébriles épidémiques avec forte fièvre, maux de gorge et éruptions cutanées.
– Pour les maladies fébriles avec Chaleur toxique au niveau du Qi, Bǎn Lán Gēn est associé à Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum).
– Pour la Chaleur toxique au niveau nutritif et du Sang avec forte fièvre, éruptions cutanées, purpura et perte de conscience, on l’associe à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) et Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae).

Bǎn Lán Gēn traite également le Vent-Chaleur externe avec maux de gorge.
– Pour le Vent-Chaleur avec gorge rouge, douloureuse et enflée, on ajoute ce remède à Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii), formule Yín Qiáo Sǎn 銀翹散 (Poudre de Chèvrefeuille et Forsythia).
– Pour les oreillons avec gonflement et douleur des glandes parotides, Bǎn Lán Gēn est associé à Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Bàn Zhī Lián (Herba Scutellariae Barbatae).

– Refroidit le Sang et bénéficie à la gorge :
Bǎn Lán Gēn refroidit le Sang et élimine les Toxines pour traiter les maux de gorge causés par la Chaleur toxique, qu’ils soient d’origine externe ou interne.
Il est particulièrement efficace pour les affections de la gorge avec rougeur, enflure et douleur intense.
– Pour la gorge enflée et douloureuse avec rougeur intense, Bǎn Lán Gēn est associé à Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Shè Gān (Rhizoma Belamcandae) et Jié Gěng (Radix Platycodonis).
– Pour la diphtérie avec pseudomembranes blanches dans la gorge, on l’utilise avec Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), formule Yǎng Yīn Qīng Fèi Tāng 養陰清肺湯 (Décoction pour Nourrir le Yin et Clarifier les Poumons).
– Pour l’amygdalite aiguë avec forte douleur et difficulté à avaler, Bǎn Lán Gēn est associé à Shān Dòu Gēn (Radix Sophorae Tonkinensis), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae).

– Traite les maladies épidémiques :
Bǎn Lán Gēn est couramment utilisé pour prévenir et traiter les maladies épidémiques infectieuses telles que la grippe, l’encéphalite, la rougeole, la scarlatine et les oreillons.
– Pour la rougeole avec éruption incomplète et forte fièvre, on l’associe à Shēng Má (Rhizoma Cimicifugae), Gé Gēn (Radix Puerariae) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae).
– Pour la scarlatine avec éruption rouge vif et forte fièvre, Bǎn Lán Gēn est associé à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) et Zǐ Cǎo (Radix Lithospermi).
– Pour l’encéphalite avec forte fièvre et troubles de la conscience, on l’utilise avec Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori Graminei), Yù Jīn (Radix Curcumae) et Xī Jiǎo (Cornu Rhinocerotis, remplacé par Cornu Bubali).

– Traite les affections cutanées :
Bǎn Lán Gēn élimine les Toxines et refroidit le Sang pour traiter les éruptions cutanées, le purpura, l’érysipèle et les furoncles causés par la Chaleur toxique.
– Pour l’érysipèle avec rougeur, chaleur et enflure de la peau, Bǎn Lán Gēn est associé à Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae) et Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci).
– Pour les furoncles et abcès avec Chaleur toxique, on l’associe à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae).

Liste des symptômes

Maladies fébriles épidémiques :
Forte fièvre avec Chaleur toxique
Éruptions cutanées rouges
Purpura et taches hémorragiques
Maux de tête sévères
Irritabilité et agitation
Perte de conscience dans les cas graves

Troubles de la gorge :
Gorge rouge, enflée et douloureuse
Amygdalite aiguë
Pharyngite avec Chaleur toxique
Diphtérie avec pseudomembranes
Difficulté à avaler
Sensation de brûlure dans la gorge

Maladies infectieuses :
Grippe avec forte fièvre
Oreillons avec gonflement parotidien
Rougeole avec éruption incomplète
Scarlatine avec éruption rouge vif
Encéphalite avec troubles de conscience
Infections virales et bactériennes

Affections cutanées :
Érysipèle avec rougeur et chaleur
Furoncles et abcès avec Chaleur toxique
Éruptions cutanées fébriles
Cellulite infectieuse

Commentaire

Bǎn Lán Gēn (Radix Isatidis) tire son nom de la couleur bleue de la plante d’isatis dont il est issu. Ce remède est l’un des plus puissants de la pharmacopée chinoise pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines. Sa nature froide et sa saveur amère en font un remède de choix pour tous les syndromes de Chaleur toxique, qu’ils soient d’origine externe ou interne. Bǎn Lán Gēn se distingue par sa capacité à agir sur tous les niveaux de profondeur de l’organisme : il clarifie la Chaleur toxique de l’Extérieur, du niveau du Qi, du niveau nutritif et du niveau du Sang.

Bǎn Lán Gēn est particulièrement reconnu pour son efficacité dans le traitement des maladies fébriles épidémiques et des infections de la gorge. En médecine chinoise, ce remède traite efficacement les troubles causés par la Chaleur toxique, notamment la forte fièvre, les maux de gorge sévères et les éruptions cutanées. Les études pharmacologiques modernes ont confirmé ses puissantes propriétés antibactériennes et antivirales, justifiant son usage traditionnel dans les infections respiratoires et les maladies épidémiques.

Une application majeure de Bǎn Lán Gēn concerne le traitement des affections de la gorge causées par la Chaleur toxique. Cette action résulte de sa capacité à clarifier la Chaleur, éliminer les Toxines et refroidir le Sang. Il est couramment utilisé en clinique pour traiter l’amygdalite aiguë, la pharyngite, la diphtérie et d’autres infections de la gorge accompagnées de rougeur, d’enflure et de douleur intense.

Bǎn Lán Gēn est également très efficace pour prévenir et traiter les maladies épidémiques infectieuses. Son action antivirale et antibactérienne en fait un remède de premier choix pour la grippe, les oreillons, la rougeole, la scarlatine et l’encéphalite. Les recherches modernes ont démontré son activité inhibitrice contre de nombreux virus et bactéries pathogènes, incluant le virus de la grippe, les staphylocoques, les streptocoques et les bacilles de la dysenterie.

Bǎn Lán Gēn se distingue de Dà Qīng Yè (Folium Isatidis), qui provient des feuilles de la même plante. Les deux remèdes clarifient la Chaleur et éliminent les Toxines, mais Bǎn Lán Gēn, étant la racine, est supérieur pour diriger la Chaleur vers le bas et traiter les affections de la gorge. Dà Qīng Yè, la feuille, est meilleur pour clarifier la Chaleur du Poumon et traiter les éruptions cutanées fébriles.

Associations

– avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) : pour les maladies fébriles avec Chaleur toxique au niveau du Qi

– avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) et Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) : pour la Chaleur toxique au niveau nutritif et du Sang

– avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii) : pour le Vent-Chaleur avec gorge rouge et douloureuse (formule Yín Qiáo Sǎn 銀翹散 Poudre de Chèvrefeuille et Forsythia)

– avec Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Shè Gān (Rhizoma Belamcandae) et Jié Gěng (Radix Platycodonis) : pour la gorge enflée et douloureuse

– avec Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) : pour la diphtérie (formule Yǎng Yīn Qīng Fèi Tāng 養陰清肺湯 Décoction pour Nourrir le Yin et Clarifier les Poumons)

– avec Shān Dòu Gēn (Radix Sophorae Tonkinensis), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) : pour l’amygdalite aiguë

– avec Shēng Má (Rhizoma Cimicifugae), Gé Gēn (Radix Puerariae) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) : pour la rougeole avec éruption incomplète

– avec Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae) et Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) : pour l’érysipèle

– avec Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Bàn Zhī Lián (Herba Scutellariae Barbatae) : pour les oreillons

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng bǎn lán gēn) : forme la plus courante, possède la pleine action pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines, refroidir le Sang et bénéficier à la gorge

Formules Classiques

– Yín Qiáo Sǎn (銀翹散 Poudre de Chèvrefeuille et Forsythia)
Cette formule combine Bǎn Lán Gēn avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae), Bò Hé (Herba Menthae) et Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii) pour traiter les attaques de Vent-Chaleur avec fièvre, maux de gorge et aversion au froid.

– Yǎng Yīn Qīng Fèi Tāng (養陰清肺湯 Décoction pour Nourrir le Yin et Clarifier les Poumons)
Formule combinant Bǎn Lán Gēn avec Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) pour traiter la diphtérie avec pseudomembranes blanches dans la gorge.

– Qīng Yíng Tāng (清營湯 Décoction pour Clarifier le Niveau Nutritif)
Bǎn Lán Gēn peut être ajouté à cette formule avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) pour traiter la Chaleur au niveau nutritif avec forte fièvre, éruptions et troubles de conscience.

Toxicité :

Bǎn Lán Gēn ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une bonne tolérance générale. Cependant, en raison de sa nature très froide, une utilisation prolongée ou à doses élevées peut affaiblir le Yáng de la Rate et de l’Estomac chez les personnes présentant une déficience digestive. De rares cas de réactions allergiques ont été rapportés avec des symptômes incluant éruptions cutanées, démangeaisons, urticaire, nausées, vomissements et inconfort abdominal. Les patients allergiques aux sulfamides peuvent également présenter une sensibilité croisée à Bǎn Lán Gēn. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.



San Qi

San Qi

Sān Qī (Radix Notoginseng)

Identification

Chinois : 三七
Pinyin : Sān Qī
Traduction : Trois-Sept
Nom commun : Notoginseng, Ginseng de Chine du Sud, Pseudoginseng
Nom latin : Radix Notoginseng
Famille : Araliaceae
Espèces : Panax notoginseng (Burk.) F.H. Chen
Partie utilisée : Racine principale (tubéreuse), parfois radicelles et feuilles
Texte d’origine : Běn Cǎo Gāng Mù Shí Yí 本草綱目拾遺 (Compléments à la Grande Matière Médicale) par Zhao Xue-Min au XVIIIe siècle ; mentionné dans le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grande Matière Médicale) par Li Shi-Zhen au XVIe siècle
San Qi

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui arrêtent les saignements (zhǐ xuè yào 止血藥)
Saveurs : Doux (甘 gān), Amer (苦 kǔ)
Nature : Tiède (溫 wēn)
Méridiens : Foie (肝 gān), Estomac (胃 wèi), Gros Intestin (大腸 dà cháng)
Dosage : 3-10 g en décoction ; 1-3 g en poudre ingérée directement ; usage externe en quantité suffisante

Propriétés :

Sān Qī est le remède emblématique capable d’arrêter simultanément les hémorragies et de dissoudre la Stagnation de Sang, deux effets en apparence opposés qu’il accomplit sans provoquer de déséquilibre. Il active le Sang, élimine la Stagnation, soulage la douleur et réduit les tuméfactions, étant l’un des rares remèdes à posséder à la fois une puissante action hémostatique et une action fluidifiante sur le Sang stagnant.

Précautions :

Contre-indiqué en cas de grossesse. À utiliser avec précaution chez les patientes enceintes présentant un saignement sans Stagnation de Sang avérée. Déconseillé en cas de vide de Sang pur (anémie sans stagnation) ou d’absence de Stagnation de Sang. En usage interne à haute dose ou prolongé, peut provoquer des nausées, des réactions gastro-intestinales légères et, rarement, des réactions cutanées allergiques. Ne pas associer à des anticoagulants ou antiagrégants plaquettaires sans surveillance médicale, en raison d’un risque de synergie. Éviter l’usage simultané avec des médicaments métabolisés par le cytochrome P450 (interactions possibles).

Fonctions principales :

Arrête les hémorragies et dissout simultanément la Stagnation de Sang
Active le Sang, élimine la Stagnation et soulage la douleur
Réduit les tuméfactions et accélère la cicatrisation des traumatismes

Actions et Indications

– Arrêter les hémorragies et dissoudre la Stagnation de Sang :
Sān Qī est le remède de référence pour arrêter toutes formes d’hémorragies – internes ou externes – tout en éliminant simultanément la Stagnation de Sang résultante. Cette double action, unique dans la pharmacopée, s’explique par sa nature Tiède et ses saveurs Douce et Amère qui mobilisent le Sang sans le disperser de manière anarchique. Il est particulièrement indiqué lorsque l’hémorragie s’accompagne de douleur, signe de Stagnation de Sang sous-jacente.
Cliniquement, Sān Qī est utilisé pour toutes les hémorragies : hémoptysie, hématémèse, épistaxis, rectorragie, hématurie, métrorragie et plaies traumatiques avec saignement. Il peut être administré seul en poudre ou intégré dans une formule complexe. Son emploi en poudre externe sur les plaies hémorragiques est particulièrement efficace et correspond à l’une de ses utilisations traditionnelles les plus anciennes.
– Pour les hémorragies internes accompagnées de douleur et de Stagnation de Sang, Sān Qī est associé à Huā Ruǐ Shí (Ophicalcitum).
– Pour les métrorragies avec Stagnation de Sang et douleur, on l’associe à Pú Huáng (Pollen Typhae).

– Activer le Sang, dissiper la Stagnation et soulager la douleur :
Sān Qī active puissamment le Sang et élimine la Stagnation de Sang, ce qui lui confère une action analgésique remarquable dans toutes les douleurs liées à la stagnation. Son appellation traditionnelle de « remède hors pair pour les blessures et les traumatismes » (金瘡要藥 jīn chuāng yào yào) témoigne de cette efficacité dans les traumatismes physiques avec hématomes, œdèmes et douleurs.
Il est indiqué dans les traumatismes, contusions, fractures, entorses, hématomes, douleurs thoraciques et abdominales par Stagnation de Sang, ainsi que dans les douleurs angineuses d’origine coronarienne. En médecine contemporaine, Sān Qī entre dans la composition de nombreuses préparations cardiovasculaires pour traiter la Stagnation de Sang au niveau du Cœur avec douleur thoracique (Bi du Cœur).
– Pour les traumatismes avec hématomes et douleurs, Sān Qī est associé à Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum).
– Pour les douleurs thoraciques par Stagnation de Sang au niveau du Cœur, on l’associe à Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae).

– Réduire les tuméfactions et soulager la douleur des abcès :
Sān Qī possède une action anti-inflammatoire et décongestionnante sur les tuméfactions douloureuses, en particulier celles d’origine traumatique ou liées à une Stagnation de Sang avec accumulation locale. Cette action est mise à profit en usage topique sur les plaies, ulcérations et infections localisées.
Il est utilisé en usage externe pour les abcès cutanés, les ulcères chroniques, les plaies infectées et les hémorroïdes saignantes. En usage interne, il traite les abcès profonds avec Stagnation de Sang et douleur.
– Pour les abcès et tuméfactions douloureuses, Sān Qī est associé à Mò Yào (Myrrha).
– Pour les plaies hémorragiques infectées en usage externe, on l’associe à Xuè Jié (Sanguis Draconis).

Liste des symptômes

Hémorragies (internes et externes) :
Hémoptysie (crachats de sang), hématémèse (vomissements de sang)
Épistaxis (saignements de nez), gingivorragies
Rectorragie, hématurie (sang dans les urines)
Métrorragie, saignements utérins anormaux
Hémorragies traumatiques, plaies ouvertes saignantes

Stagnation de Sang et douleur :
Douleurs traumatiques, contusions, hématomes après chute ou choc
Douleurs thoraciques et précordiales par Stagnation de Sang (angor)
Douleurs abdominales fixes et intenses par Stagnation de Sang
Dysménorrhée avec caillots et douleurs avant les règles
Douleurs post-partum par rétention de sang lochial

Tuméfactions et abcès :
Œdèmes et gonflements post-traumatiques
Abcès cutanés avec stagnation et douleur
Ulcères chroniques et plaies à cicatrisation difficile

Commentaire

Sān Qī 三七 est originaire des provinces du Yunnan et du Guangxi en Chine méridionale, où il est cultivé depuis des siècles. Son nom « Trois-Sept » ferait référence soit aux trois feuilles et sept folioles caractéristiques de la plante, soit au fait qu’il faut trois à sept ans pour que la racine atteigne la maturité médicinale. Décrit par Li Shi-Zhen dans le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grande Matière Médicale) au XVIe siècle, il fut proclamé « le remède hors pair pour les plaies d’armes et les hémorragies » (金瘡第一藥 jīn chuāng dì yī yào). Sa réputation dans le traitement des traumatismes de guerre lui a valu d’être l’un des remèdes les plus prisés de la pharmacopée militaire chinoise.

La particularité clinique exceptionnelle de Sān Qī réside dans sa double action en apparence contradictoire : il arrête les saignements tout en dissolvant la Stagnation de Sang déjà formée. Cette dualité en fait un remède de choix chaque fois que le clinicien doit simultanément contrôler une hémorragie active et prévenir ou traiter la stagnation résiduelle. En usage cru, l’action hémostatique et anti-stagnation est maximale ; en usage cuit ou préparé au vinaigre, l’effet tonifiant est davantage mis en avant. Les noto-ginsénosides (notamment R1) et les ginsénosides Rg1 et Rb1 ont été identifiés comme les principaux constituants actifs, responsables des effets hémostatiques, antiagrégants plaquettaires, anti-inflammatoires, cardioprotecteurs et analgésiques documentés pharmacologiquement. Des études cliniques modernes ont confirmé son efficacité dans la prévention et le traitement des accidents vasculaires cérébraux hémorragiques, de l’angine de poitrine coronarienne et des traumatismes orthopédiques.

Sur le plan comparatif, Sān Qī se distingue nettement de Pú Huáng (Pollen Typhae) qui, bien qu’hémostatique et capable d’activer le Sang, agit principalement par nature fraîche sur les hémorragies de type Chaleur dans le Sang, sans la polyvalence traumatologique de Sān Qī. Il se distingue également de Xiān Hè Cǎo (Herba Agrimoniae) dont l’action hémostatique est plus marquée mais sans capacité à dissoudre la Stagnation de Sang. Parmi tous les remèdes hémostatiques de la pharmacopée chinoise, Sān Qī est le seul qui combine avec la même efficacité l’arrêt des saignements et la résolution de la stagnation, sans risque d’aggraver l’une ou l’autre pathologie.

Associations

– avec Huā Ruǐ Shí (Ophicalcitum) et Xuè Yú Tàn (Crinis Carbonisatus) : hémorragies internes multiples avec Stagnation de Sang résiduelle et douleur

– avec Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) et Hóng Huā (Flos Carthami) : douleurs thoraciques précordiales par Stagnation de Sang au niveau du Cœur (angor)

– avec Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum) et Mò Yào (Myrrha) : traumatismes, contusions, fractures avec hématomes et douleurs intenses par Stagnation de Sang

– avec Táo Rén (Semen Persicae) et Hóng Huā (Flos Carthami) : Stagnation de Sang post-partum avec douleurs abdominales et lochies insuffisantes

– avec Bái Jí (Rhizoma Bletillae) et Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis) : hémoptysie et hématémèse dans un contexte de Chaleur dans le Sang ou de Vide du Poumon

– avec Dì Yú (Radix Sanguisorbae) et Huái Huā (Flos Sophorae) : rectorragie par Chaleur dans le Sang intestinal avec tendance à la Stagnation

– avec Rén Shēn (Radix Ginseng) et Huáng Qí (Radix Astragali) : hémorragies importantes avec Vide de Qi concomitant, pour tonifier le Qi et arrêter le saignement simultanément

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng yòng) : forme standard la plus utilisée ; maximise l’action hémostatique, la dissolution de la Stagnation de Sang et l’effet analgésique ; indiqué pour les hémorragies actives, les traumatismes et les douleurs par Stagnation
– préparé à la vapeur puis séché (熟三七 shú sān qī) : réduit légèrement l’action hémostatique et anti-stagnation au profit d’une action tonifiante sur le Sang et l’Essence ; indiqué en convalescence, en cas de Vide de Sang post-hémorragique ou chez les sujets affaiblis
– préparé au vinaigre (醋炙 cù zhì) : renforce la pénétration dans le Foie et l’action sur la Stagnation de Sang hépatique ; utilisé pour les douleurs hypochondriaques et les dysménorrhées par Stagnation de Sang du Foie
– carbonisé (炭炒 tàn chǎo) : renforce spécifiquement l’action hémostatique astringente au détriment de l’action sur la stagnation ; réservé aux hémorragies abondantes sans stagnation évidente
– en poudre externe (外用散 wài yòng sǎn) : application directe sur les plaies hémorragiques, les hématomes cutanés et les ulcères ; permet un effet local immédiat hémostatique et cicatrisant

Formules Classiques

– Yún Nán Bái Yào (雲南白藥 Poudre Blanche du Yunnan)
Formule brevetée emblématique du Yunnan dont Sān Qī constitue l’un des ingrédients principaux, associé à plusieurs autres plantes hémostatiques tenues secrètes. Indiquée pour toutes les hémorragies traumatiques et internes, les contusions, les plaies avec hématomes et les douleurs par Stagnation de Sang. Elle peut être administrée par voie orale ou appliquée directement sur les plaies externes. Son efficacité hémostatique et son action analgésique rapide en font l’un des préparations d’urgence les plus utilisées en Chine.

– Sān Qī Shāng Yào Piàn (三七傷藥片 Comprimés de Sān Qī pour Traumatismes)
Formule moderne composée principalement de Sān Qī, associé à Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum), Mò Yào (Myrrha), Hóng Huā (Flos Carthami) et Gǔ Suì Bǔ (Rhizoma Drynariae). Indiquée pour les traumatismes orthopédiques, fractures, entorses, contusions et hématomes avec douleurs par Stagnation de Sang.

– Huà Xuě Zhǐ Tòng Piàn (化血止痛片 Comprimés pour Transformer le Sang et Arrêter la Douleur)
Association de Sān Qī avec Wǔ Líng Zhī (Excrementum Trogopteri) et Yán Hú Suǒ (Rhizoma Corydalis), utilisée pour les dysménorrhées sévères avec caillots et douleurs abdominales intenses par Stagnation de Sang du Foie.

– Pǔ Lè Xīn (普樂心 Formule pour la Joie Universelle du Cœur) / Fù Fāng Dān Shēn Piàn (複方丹參片 Comprimés composés de Dān Shēn)
Parmi les préparations cardioprotectrices modernes les plus prescrites en Chine, associant Sān Qī à Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) et Bīng Piàn (Borneolum Syntheticum). Indiquées pour la Stagnation de Sang au niveau du Cœur avec douleurs précordiales, coronaropathie et prévention des accidents cardiovasculaires.

Toxicité :

Sān Qī présente une toxicité faible aux doses thérapeutiques habituelles. Les effets indésirables rapportés à doses normales incluent des nausées, des douleurs épigastriques légères, des selles molles et, rarement, des réactions cutanées allergiques (érythème, prurit). À doses élevées ou en usage prolongé, un allongement du temps de saignement et une thrombocytopénie légère ont été signalés. Des cas isolés de choc anaphylactique lors d’injections intraveineuses de préparations à base de Sān Qī ont été documentés. La DL50 chez la souris par voie orale est très élevée (>5 g/kg), confirmant sa faible toxicité aiguë. Interactions médicamenteuses : potentialisation des effets anticoagulants (warfarine, héparine, aspirine, clopidogrel) avec risque hémorragique accru ; possibilité d’interaction avec les inhibiteurs et inducteurs du CYP3A4. Contre-indiqué en cas de grossesse en raison d’un risque d’avortement par activation du Sang. Ne pas utiliser sans avis médical chez les patients sous traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire.


Bai Hua She She Cao

Bai Hua She She Cao

Bái Huā Shé Shé Cǎo (Herba Hedyotidis Diffusae)

Identification

Chinois : 白花蛇舌草
Pinyin : bái huā shé shé cǎo
Traduction : herbe langue de serpent à fleurs blanches
Nom commun : oldenlandie diffuse
Nom latin : Herba Hedyotidis Diffusae
Famille : Rubiaceae
Espèces : Hedyotis diffusa Willd. (白花蛇舌草 bái huā shé shé cǎo), Oldenlandia diffusa Roxb.
Partie utilisée : plante entière séchée
Texte d’origine : Guǎng Xī Zhōng Yào Zhì 广西中药志 (Materia Medica de Guangxi)
Bai Hua She She Cao

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et éliminent les Toxines (qīng rè jiě dú lèi 清热解毒类)
Saveurs : Doux (甘 gān), Amer (苦 kǔ)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Estomac (胃 wèi), Gros Intestin (大肠 dà cháng), Intestin Grêle (小肠 xiǎo cháng)
Dosage : 10-30 g, jusqu’à 50-100 g en usage frais

Propriétés :

Clarifie la Chaleur et élimine les Toxines, clarifie la Chaleur-Humidité, favorise la diurèse, réduit les abcès et disperse les nodules.

Précautions :

Bái Huā Shé Shé Cǎo doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience et un Froid de la Rate et de l’Estomac. En raison de sa nature froide et de son action diurétique, il ne convient pas aux personnes ayant une constitution déficiente. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Clarifie la Chaleur
Élimine les Toxines
Clarifie la Chaleur-Humidité
Favorise la diurèse
Réduit les abcès
Disperse les nodules
Traite les tumeurs et cancers
Traite la dysenterie

Actions et Indications

– Clarifie la Chaleur et élimine les Toxines :
Bái Huā Shé Shé Cǎo possède une action puissante pour éliminer les Toxines de Chaleur et traiter les accumulations de Chaleur toxique dans l’organisme. Il est couramment utilisé pour traiter les abcès, les furoncles, les carboncles, les inflammations et les infections caractérisées par chaleur, rougeur, gonflement et douleur.
Il est particulièrement reconnu pour ses propriétés antinéoplasiques et constitue un remède majeur dans le traitement des cancers, notamment ceux du poumon et du système gastro-intestinal.
– Pour les abcès pulmonaires avec accumulation de chaleur toxique et présence de mucosités, Bái Huā Shé Shé Cǎo est associé à Yú Xīng Cǎo (Herba Houttuyniae).
– Pour les maux de gorge douloureux et enflés, on l’associe à Dà Qīng Yè (Folium Isatidis) et Bǎn Lán Gēn (Radix Isatidis).
– Pour les abcès et gonflements toxiques, on l’utilise avec Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae) et Yě Jú Huā (Flos Chrysanthemi Indici).

Bái Huā Shé Shé Cǎo traite également les tumeurs et les cancers.
– Pour le traitement des tumeurs et cancers, notamment du poumon, de l’estomac, du foie, du sein, du col de l’utérus et de l’œsophage, ce remède est associé à Bàn Zhī Lián (Herba Scutellariae Barbatae) et d’autres plantes à propriétés antinéoplasiques.

– Clarifie la Chaleur-Humidité et favorise la diurèse :
Bái Huā Shé Shé Cǎo clarifie la Chaleur-Humidité et favorise l’excrétion d’urine pour traiter le syndrome de dysurie par Chaleur-Humidité. Il est efficace pour les infections des voies urinaires, la cystite, l’urétrite et les symptômes de mictions douloureuses avec brûlure.
Il traite également les troubles hépatobiliaires causés par l’accumulation de Chaleur-Humidité.
– Pour la dysurie par Chaleur-Humidité avec mictions douloureuses et brûlantes, Bái Huā Shé Shé Cǎo est associé à Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Qú Mài (Herba Dianthi) et Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis). Formule exemplaire : Bā Zhèng Sǎn 八正散 (Poudre aux Huit Corrections).
– Pour l’hépatite et la jaunisse due à la Chaleur-Humidité, on l’associe à Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Hǔ Zhàng (Rhizoma Polygoni Cuspidati) et Bài Jiàng Cǎo (Herba cum Radice Patriniae).
– Pour les infections du système urinaire ou la cystite, on l’utilise avec Yú Xīng Cǎo (Herba Houttuyniae) et Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri).

– Clarifie la Chaleur et traite la dysenterie :
Bái Huā Shé Shé Cǎo traite efficacement la dysenterie causée par l’accumulation de Chaleur-Humidité dans le Gros Intestin. Les manifestations cliniques incluent diarrhée avec sang et mucus, douleur abdominale, ténesme et sensation d’évacuation incomplète.
– Pour la dysenterie bactérienne aiguë ou la diarrhée avec sang et mucus, Bái Huā Shé Shé Cǎo est associé à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Bái Tóu Wēng (Radix Pulsatillae).
– Pour l’appendicite aiguë, on l’utilise avec Hóng Téng (Caulis Sargentodoxae), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei).

– Réduit les abcès et disperses les nodules :
Bái Huā Shé Shé Cǎo possède une capacité à réduire les gonflements, drainer les abcès et disperser les nodules et masses. Cette action le rend particulièrement utile dans le traitement des abcès internes et externes, des scrofules et des masses abdominales.
– Pour les abcès du sein ou mammites, Bái Huā Shé Shé Cǎo est associé à Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) et Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae).

Liste des symptômes

Troubles infectieux et inflammatoires :
Abcès et furoncles avec rougeur et gonflement
Maux de gorge douloureux et enflés
Inflammation des amygdales
Infections respiratoires
Abcès pulmonaire avec expectoration purulente

Troubles urinaires :
Dysurie par Chaleur-Humidité
Mictions douloureuses avec sensation de brûlure
Urines foncées et peu abondantes
Infections des voies urinaires
Cystite et urétrite
Hématurie

Troubles hépatobiliaires :
Hépatite aiguë ou chronique
Jaunisse due à la Chaleur-Humidité
Douleur hypochondriaque
Cirrhose du foie avec ascite

Troubles gastro-intestinaux :
Dysenterie bactérienne
Diarrhée avec sang et mucus
Douleur abdominale avec ténesme
Appendicite aiguë
Abcès intestinal

Tumeurs et cancers :
Cancer du poumon
Cancer de l’estomac
Cancer du foie
Cancer du sein
Cancer du col de l’utérus
Cancer de l’œsophage
Autres tumeurs malignes

Autres indications :
Abcès du sein et mammites
Scrofules et nodules lymphatiques
Masses abdominales
Lésions cutanées toxiques
Morsures de serpent

Commentaire

Bái Huā Shé Shé Cǎo (Herba Hedyotidis Diffusae) tire son nom de ses petites fleurs blanches et de ses feuilles étroites qui évoquent la langue d’un serpent. Ce remède appartient à la catégorie des plantes qui clarifient la Chaleur et éliminent les Toxines, et constitue l’une des herbes majeures de la pharmacopée chinoise pour le traitement des cancers et des tumeurs. Sa saveur douce et amère combinée à sa nature froide lui permet de pénétrer profondément dans l’organisme pour éliminer les accumulations de Chaleur toxique sans être excessivement desséchant.

Bái Huā Shé Shé Cǎo est particulièrement reconnu pour ses propriétés antinéoplasiques remarquables. Il est couramment utilisé dans le traitement de divers types de cancers, notamment ceux du poumon, du système gastro-intestinal, du foie, du sein et du col de l’utérus. Cette action résulte de sa capacité exceptionnelle à éliminer les Toxines de Chaleur, disperser les nodules et réduire les masses. Les études pharmacologiques modernes ont confirmé ses effets inhibiteurs sur la croissance tumorale et ses propriétés immunostimulantes qui renforcent la capacité de l’organisme à combattre les cellules cancéreuses.

Une autre application majeure de Bái Huā Shé Shé Cǎo concerne le traitement des infections et inflammations causées par l’accumulation de Chaleur-Humidité. Cette action se manifeste particulièrement dans le système urinaire où il favorise la diurèse et traite efficacement les infections des voies urinaires, la cystite et l’urétrite caractérisées par des mictions douloureuses et brûlantes. Son action s’étend également au système hépatobiliaire pour traiter l’hépatite et la jaunisse causées par la Chaleur-Humidité, ainsi qu’au système gastro-intestinal pour traiter la dysenterie et l’appendicite.

Bái Huā Shé Shé Cǎo se distingue de Bàn Zhī Lián (Herba Scutellariae Barbatae) par leurs actions spécifiques. Les deux herbes éliminent les Toxines de Chaleur, favorisent la diurèse et possèdent des propriétés antinéoplasiques, mais Bái Huā Shé Shé Cǎo est plus amer et doux avec une action plus forte pour favoriser la diurèse et traiter la dysurie douloureuse. Bàn Zhī Lián est légèrement amer et âcre, ce qui lui permet de transformer la stagnation, disperser la stase de Sang et réduire les gonflements. Les deux herbes sont fréquemment associées dans le traitement des cancers pour potentialiser leurs effets thérapeutiques.

Associations

– avec Bàn Zhī Lián (Herba Scutellariae Barbatae) : pour le traitement des cancers et tumeurs malignes

– avec Yú Xīng Cǎo (Herba Houttuyniae) : pour les abcès pulmonaires et les infections respiratoires

– avec Dà Qīng Yè (Folium Isatidis) et Bǎn Lán Gēn (Radix Isatidis) : pour les maux de gorge et infections respiratoires

– avec Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Qú Mài (Herba Dianthi) et Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis) : pour la dysurie par Chaleur-Humidité (formule Bā Zhèng Sǎn 八正散 Poudre aux Huit Corrections)

– avec Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Hǔ Zhàng (Rhizoma Polygoni Cuspidati) et Bài Jiàng Cǎo (Herba cum Radice Patriniae) : pour l’hépatite et la jaunisse

– avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Bái Tóu Wēng (Radix Pulsatillae) : pour la dysenterie bactérienne

– avec Hóng Téng (Caulis Sargentodoxae), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) : pour l’appendicite aiguë

– avec Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) et Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) : pour les abcès du sein et mammites

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng bái huā shé shé cǎo) : forme séchée standard, conserve toutes les propriétés pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines
– frais (鲜用 xiān bái huā shé shé cǎo) : forme fraîche, possède une action plus forte pour clarifier la Chaleur et éliminer les Toxines, particulièrement efficace pour les conditions aiguës

Formules Classiques

– Bā Zhèng Sǎn (八正散 Poudre aux Huit Corrections)
Bien que Bái Huā Shé Shé Cǎo ne soit pas un composant de la formule classique originale, il peut être ajouté à cette formule qui combine Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Qú Mài (Herba Dianthi), Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis) et Huá Shí (Talcum) pour traiter la dysurie par Chaleur-Humidité avec mictions douloureuses et brûlantes.

Toxicité :

Bái Huā Shé Shé Cǎo ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une très bonne tolérance. Dans les études de toxicologie aiguë, la DL50 pour l’administration orale de l’extrait chez le rat était de 75,1 g/kg basée sur le poids de l’herbe séchée. Aucune anomalie n’a été observée suite à l’injection intrapéritonéale de 1 g/kg/jour pendant trois mois. Cependant, en raison de sa nature froide, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir la Rate et l’Estomac chez les personnes présentant une déficience digestive avec signes de Froid. Les effets indésirables rapportés sont rares et incluent occasionnellement des troubles gastro-intestinaux légers. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.



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