Gou Teng

Gou Teng

Gōu Téng (Ramulus cum Uncis Uncariae)

Identification

Chinois : 钩藤
Pinyin : gōu téng
Traduction : vigne à crochets
Nom commun : uncaria, gambiervine
Nom latin : Ramulus cum Uncis Uncariae
Famille : Rubiaceae
Espèces : Uncaria rhynchophylla Miq. Jacks. (钩藤 gōu téng) ; Uncaria macrophylla Wall. (大叶钩藤 dà yè gōu téng) ; Uncaria hirsuta Havil. (毛钩藤 máo gōu téng) ; Uncaria sinensis Oliv. Havil. (华钩藤 huá gōu téng) ; Uncaria sessilifructus Roxb. (无柄果钩藤 wú bǐng guǒ gōu téng)
Partie utilisée : rameaux avec crochets (doubles crochets préférés)
Texte d’origine : Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Registres Divers de Médecins Célèbres) par Táo Hóng-Jǐng au 5e siècle
Gou Teng

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui apaisent le Foie et éteignent le Vent (平肝熄风药 píng gān xī fēng yào)
Saveurs : Doux (甘 gān)
Nature : Légèrement Froid (微寒 wēi hán)
Méridiens : Foie (肝 gān), Péricarde (心包 xīn bāo)
Dosage : 6-15 g, maximum 30 g. Ne pas faire décocter plus de 10-20 minutes (ajouter en fin de cuisson). L’effet antihypertenseur est fortement diminué si la cuisson dépasse 20 minutes.

Propriétés :

Éteint le Vent du Foie et soulage les spasmes, draine la Chaleur du Foie et calmer le Yang du Foie, libère l’extérieur.

Précautions :

Gōu Téng doit être utilisé avec prudence en l’absence de Vent-Chaleur ou de Chaleur en excès. Sa nature légèrement froide contre-indique son usage chez les patients sans feu ou présentant une déficience. Les textes classiques avertissent que les patients déficients ne devraient pas le consommer, car il est capable de « dérober le Qi ». En raison de sa nature légère, ascendante et de son tropisme pour le Foie, il peut inciter le Yang du Foie à monter et, en montant, entraîner avec lui des facteurs pathogènes turbides pour obscurcir les orifices clairs. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Éteint le Vent du Foie
Soulage les spasmes et convulsions
Draine la Chaleur du Foie
Calme le Yang du Foie
Libère l’extérieur

Actions et Indications

– Éteint le Vent du Foie et soulage les spasmes :
Gōu Téng est essentiel pour éteindre le Vent et drainer le Feu. Il est couramment utilisé pour traiter les manifestations de Vent du Foie telles que les convulsions, tremblements, convulsions infantiles, forte fièvre, spasmes, crises épileptiques, éclampsie, crispation des mâchoires, révulsion des yeux, tétanie, irritabilité et agitation.
– Pour les convulsions infantiles, crispation des mâchoires et tremblements, Gōu Téng est associé à Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae) et Quán Xiē (Scorpio).
– Pour le Vent du Foie avec présence de Glaires, on l’associe à Quán Xiē (Scorpio), Wú Gōng (Scolopendra), Tiān Zhú Huáng (Concretio Silicea Bambusae), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Dǎn Nán Xīng (Arisaema cum Bile).
– Pour la forte fièvre avec montée du Yang du Foie, Gōu Téng est utilisé avec Líng Yáng Jiǎo (Cornu Saigae Tataricae), Lóng Dǎn Cǎo (Radix Gentianae) et Jú Huā (Flos Chrysanthemi), formule Líng Jiǎo Gōu Téng Yǐn 羚角钩藤飲 (Décoction de Corne d’Antilope et Uncaria).
– Pour les convulsions avec Tiān Zhú Huáng (Concretio Silicea Bambusae), Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Chán Tuì (Periostracum Cicadae).
– Pour les convulsions infantiles avec fièvre élevée, Lóng Chǐ (Fossilia Dentis Mastodi), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae).

Gōu Téng traite également l’accident vasculaire cérébral lorsque le Vent du Foie se combine aux Glaires, entraînant perte de connaissance soudaine, paralysie faciale, hémiplégie ou perte de la parole.
– Pour l’accident vasculaire cérébral, Gōu Téng est associé à Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Bái Jí Lí (Fructus Tribuli), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Dì Lóng (Pheretima) et Chuān Shān Jiǎ (Squama Manis).

– Draine la Chaleur du Foie et calme le Yang du Foie :
Gōu Téng draine la Chaleur du Foie et calme le Yang du Foie pour les syndromes de Feu du Foie et de montée du Yang du Foie avec céphalées, sensation de distension dans la tête, vertiges, hypertension, acouphènes, insomnie, sensation de tête lourde et contractions musculaires involontaires. Récemment utilisé pour l’hypertension artérielle, en particulier de ce type.
– Pour l’hypertension avec céphalées et sensation de distension dans la tête, Gōu Téng est associé à Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae) et Huáng Qín (Radix Scutellariae).
– Pour les vertiges et étourdissements, on l’ajoute à Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Shí Jué Míng (Concha Haliotidis).
– Pour l’hypertension, on l’associe à Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae) et Bái Jí Lí (Fructus Tribuli).
– Avec Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Shí Jué Míng (Concha Haliotidis) pour les vertiges dus au Vent du Foie, formule Tiān Má Gōu Téng Yǐn 天麻钩藤飲 (Décoction de Gastrodie et Uncaria).
– Avec Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Lóng Dǎn Cǎo (Radix Gentianae) et Huáng Qín (Radix Scutellariae) pour les céphalées et vertiges dus au Feu du Foie.
– Avec Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Shí Jué Míng (Concha Haliotidis) pour l’hypertension due à la montée du Yang du Foie.
– Avec Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) : Bái Sháo tonifie le Yin du Foie pour calmer et adoucir le Foie, nourrissant le Sang du Foie tout en retenant le Qi et le Yang du Foie, il traite ainsi la racine de l’exubérance du bois-Foie avec agitation du Vent. Gōu Téng est doux et légèrement froid avec une puissante action de calmer le Foie, il traite ainsi la branche qu’est la montée du Yang du Foie. Cette association est souvent utilisée pour les céphalées, vertiges, irritabilité, agitation et insomnie avec rêves perturbants.

– Libère l’extérieur :
Gōu Téng est utilisé pour les syndromes de Vent-Chaleur externe avec symptômes tels que fièvre, céphalées et yeux rouges. Il est également utilisé pour la non-expression complète des éruptions cutanées.
– Avec Bò Hé (Herba Menthae haplocalycis), Chán Tuì (Periostracum Cicadae) et Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) pour le Vent-Chaleur contracté de l’extérieur avec céphalées, yeux rouges et non-expression des éruptions.

Liste des symptômes

Vent du Foie et spasmes :
Convulsions et tremblements
Convulsions infantiles et épilepsie
Crispation des mâchoires et révulsion des yeux
Tétanie et opisthotonos
Éclampsie
Irritabilité et agitation extrêmes

Montée du Yang du Foie et Feu du Foie :
Céphalées avec sensation de distension
Vertiges et étourdissements
Acouphènes
Hypertension artérielle
Insomnie avec rêves perturbants
Yeux rouges et irritabilité
Contractions musculaires involontaires

Accident vasculaire cérébral :
Perte de connaissance soudaine
Paralysie faciale et hémiplégie
Perte de la parole
Engourdissement des membres

Vent-Chaleur externe :
Fièvre avec céphalées
Yeux rouges et douloureux
Éruptions cutanées incomplètement exprimées
Pleurs nocturnes des nourrissons

Commentaire

Gōu Téng (Ramulus cum Uncis Uncariae) tire son nom du roseau uncaria dont les rameaux portent des crochets caractéristiques en forme d’ancre. Ce remède est doux, légèrement froid, et entre dans les méridiens du Foie et du Péricarde. Le Foie gouverne le Vent et le Péricarde gouverne le Feu. Le Vent et le Feu peuvent se provoquer mutuellement pour causer des troubles tels que les convulsions infantiles, les vertiges et les céphalées. En raison de sa nature légère, clarifiante et rafraîchissante, qui non seulement draine le Feu mais aussi sédiment le Vent, ce remède peut traiter des syndromes tels que la Chaleur extrême générant des convulsions et la Chaleur du méridien du Foie, ou la montée du Yang du Foie entraînant vertiges, céphalées et yeux rouges. Il est particulièrement approprié pour les convulsions infantiles.

Le Bǎo Cǎo Yán Yì 本草衍義 (Extension de la Signification de la Matière Médicale) souligne que Gōu Téng est « rapide et tranchant par nature, en un instant il peut expulser les Glaires-Vent, ouvrir le Qi bloqué, ou calmer les convulsions infantiles… cependant, si on le fait décocter longtemps, il n’a plus de puissance ». Chén Shì-Duó avertit dans le Běn Cǎo Xīn Biān 本草新編 (Nouvelle Compilation de la Matière Médicale) que « la génération du Vent-Feu est généralement causée par l’insuffisance de l’Eau du Rein, conduisant à la sécheresse du bois et à la flambée du Feu. Utiliser un peu de Gōu Téng parmi des herbes tonifiant le Yin disperse facilement le Vent-Feu. Si on ne tonifie pas le Yin et utilise seulement Gōu Téng pour éliminer le Vent et disperser le Feu, le Vent ne sera pas éteint et le Feu flambera encore plus ! »

Zhāng Shān-Léi, dans le Běn Cǎo Zhèng Yì 本草正義 (Rectification du Sens de la Matière Médicale), explique sa capacité à traiter les convulsions infantiles : « L’affection convulsive est une maladie causée par le Foie en flamme générant du Vent, le Qi, le Vent et le Feu montant et déferlant dans les neurones du cerveau. Cette substance est légère, clarifiante et rafraîchissante, capable de drainer le Feu et de sédimenter le Vent. »

Gōu Téng se distingue de Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae) par sa nature froide et son action plus puissante pour éteindre le Vent du Foie en drainant la montée du Yang du Foie. Tiān Má est neutre et riche en huile, il ne clarifie pas la Chaleur aussi fortement que Gōu Téng, mais est plus puissant pour soulager la douleur, car l’huile humidifie la sécheresse et contribue à éteindre le Vent. Tiān Má est plus couramment utilisé pour stopper la douleur associée aux céphalées, vertiges et spasmes causés par le Vent du Foie.

Gōu Téng se distingue également de Jú Huā (Flos Chrysanthemi) : les deux herbes calment le Foie et dispersent le Vent-Chaleur pathogène, et les deux sont utilisées pour la montée du Feu-Vent le long du méridien du Foie. Cependant, Gōu Téng éteint principalement le Vent et arrête les convulsions, tandis que Jú Huā tend à disperser le Vent et à drainer la Chaleur. Gōu Téng a une fonction sédative mais pas tranquillisante, il aide à calmer le Shén (esprit) mais ne traite pas l’insomnie.

Associations

– avec Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae) et Quán Xiē (Scorpio) : pour les convulsions infantiles, crispation des mâchoires et tremblements

– avec Líng Yáng Jiǎo (Cornu Saigae Tataricae), Lóng Dǎn Cǎo (Radix Gentianae) et Jú Huā (Flos Chrysanthemi) : pour les convulsions avec forte fièvre (formule Líng Jiǎo Gōu Téng Yǐn 羚角钩藤飲)

– avec Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae), Shí Jué Míng (Concha Haliotidis) et Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) : pour les céphalées et vertiges dus à la montée du Yang du Foie (formule Tiān Má Gōu Téng Yǐn 天麻钩藤飲)

– avec Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) : pour les céphalées, vertiges, irritabilité et insomnie dues à la montée du Yang du Foie (traitement de la racine et de la branche)

– avec Quán Xiē (Scorpio) : pour les convulsions, spasmes, tics et céphalées rebelles dues au Vent du Foie (l’un calme tandis que l’autre éteint puissamment le Vent)

– avec Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Shí Jué Míng (Concha Haliotidis) : pour l’hypertension due à la montée du Yang du Foie

– avec Bò Hé (Herba Menthae haplocalycis), Chán Tuì (Periostracum Cicadae) et Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) : pour le Vent-Chaleur externe avec céphalées, yeux rouges et éruptions incomplètes

– avec Tiān Zhú Huáng (Concretio Silicea Bambusae), Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Chán Tuì (Periostracum Cicadae) : pour les convulsions dues à la Chaleur-Glaires

– avec Shí Jué Míng (Concha Haliotidis) et Lóng Gǔ (Os Draconis) : pour l’éclampsie due au Vent du Foie

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng gōu téng) : forme standard, ajouté en fin de décoction (10 minutes maximum) pour conserver les principes actifs volatils
– crochets seuls (钩钩 gōu gōu) : les crochets seuls sont préférés aux rameaux, considérés comme ayant un arôme plus concentré et un effet thérapeutique plus puissant ; les doubles crochets (shuāng gōu 双钩) sont considérés comme les meilleurs
– tendres pousses (nèn gōu téng 嫩钩藤) : les rameaux jeunes et tendres sont favorisés pour leur action plus légère et plus clarifiante

Formules Classiques

Tiān Má Gōu Téng Yǐn 天麻钩藤飲 (Décoction de Gastrodie et Uncaria)
Cette formule associe Gōu Téng avec Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae), Shí Jué Míng (Concha Haliotidis), Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae), Dù Zhòng (Cortex Eucommiae), Sāng Jì Shēng (Herba Taxilli), Huáng Qín (Radix Scutellariae), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Yì Mǔ Cǎo (Herba Leonuri), Fú Shén (Sclerotium Poriae Pararadicis) et Yè Jiāo Téng (Caulis Polygoni Multiflori) pour traiter la montée du Yang du Foie avec céphalées, vertiges, insomnie et hypertension artérielle.

Líng Jiǎo Gōu Téng Yǐn 羚角钩藤飲 (Décoction de Corne d’Antilope et Uncaria)
Formule associant Gōu Téng avec Líng Yáng Jiǎo (Cornu Saigae Tataricae), Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Sāng Yè (Folium Mori), Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Chuān Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Cirrhosae), Fú Shén (Sclerotium Poriae Pararadicis), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la forte fièvre avec convulsions, agitation et tétanie dues au Vent généré par la Chaleur intense du Foie.

Gōu Téng Yǐn 钩藤飲 (Décoction d’Uncaria)
Cette formule associe Gōu Téng, en cas de déficience concomitante du Qi, avec Rén Shēn (Radix Ginseng) pour les convulsions infantiles chroniques dues à la déficience de la Rate avec diarrhée chronique.

Toxicité :

Gōu Téng ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une bonne tolérance : aucune anomalie n’a été observée chez des lapins suite à l’injection d’une préparation de Gōu Téng à 5 g/kg deux fois par jour pendant 10 jours. La DL50 pour l’injection intrapéritonéale de la décoction est de 29,05 g/kg. Cependant, sa nature légèrement froide contre-indique son usage chez les patients sans feu ou présentant une déficience du Qi. Gōu Téng ne potentialise pas l’effet sédatif des barbituriques, mais inverse l’effet stimulant de la caféine. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée aux doses normales.


Wu Mei

Wu Mei

Wū Méi (Fructus Pruni Mume)

Identification

Chinois : 烏梅
Pinyin : wū méi
Traduction : prune noire
Nom commun : fruit de prunier japonais noirci
Nom latin : Fructus Pruni Mume
Famille : Rosaceae
Espèces : Prunus mume Sieb. et Zucc. (烏梅 wū méi)
Partie utilisée : fruit séché, noirci par cuisson à la fumée
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Wu Mei

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui stabilisent et resserrent (astringeants) (shōu liǎn gù shè yào 收敛固摄藥)
Saveurs : Acide (酸 suān)
Nature : Neutre (平 píng) – selon certaines sources : légèrement tiède
Méridiens : Foie (肝 gān), Rate (脾 pí), Poumon (肺 fèi), Gros Intestin (大腸 dà cháng)
Dosage : 10-30 g en décoction (maximum 30 g) ; usage externe en pâte selon besoin

Propriétés :

Retient le Qi du Poumon et arrête la toux, resserre les Intestins et arrête la diarrhée, génère les liquides organiques et calme la soif, expulse les parasites et calme la douleur, arrête les hémorragies utérines (forme carbonisée), traite les cors et verrues (usage externe).

Précautions :

Wū Méi est contre-indiqué en cas de Chaleur en excès ou de stagnation. En raison de son puissant effet astringent, il ne doit pas être utilisé seul pour traiter les diarrhées aiguës, les dysenteries infectieuses ou les diarrhées causées par une intoxication alimentaire. Il est également contre-indiqué lors de la première phase d’une toux exogène ou d’un syndrome externe non résolu. La forme carbonisée (wū méi tàn) est spécifiquement réservée au traitement des hémorragies utérines chroniques par déficience.

Fonctions principales :

Retient le Qi du Poumon
Arrête la toux chronique
Resserre les Intestins
Arrête la diarrhée et la dysenterie chroniques
Génère les liquides organiques
Calme la soif chronique
Expulse les parasites intestinaux
Calme la douleur due aux parasites
Arrête les hémorragies utérines (forme carbonisée)
Traite les cors et verrues (usage externe)

Actions et Indications

– Retient le Qi du Poumon et arrête la toux :
Wū Méi possède une forte saveur acide qui lui permet de contracter et de retenir le Qi du Poumon afin d’arrêter les toux chroniques dues à une déficience du Poumon. Il est indiqué dans les toux sèches chroniques d’origine déficiente, accompagnées d’un essoufflement et d’une voix affaiblie.
– Pour la toux chronique due à la déficience du Poumon, Wū Méi est associé à Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Hé Zǐ (Fructus Chebulae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Bǎi Hé (Bulbus Lilii).
– Pour la toux chronique avec aphonie et pharyngite chronique, Wū Méi est associé à Hé Zǐ (Fructus Chebulae), Shè Gān (Rhizoma Belamcandae) et Chán Tuì (Periostracum Cicadae).

– Resserre les Intestins et arrête la diarrhée :
Wū Méi resserre les Intestins pour traiter les diarrhées et dysenteries chroniques dues à une déficience du Qi du Gros Intestin. Il est particulièrement approprié lorsque la diarrhée chronique s’accompagne de signes de déficience de la Rate et de l’Estomac.
– Pour la diarrhée chronique due à une déficience, Wū Méi est associé à Yīng Sù Ké (Pericarpium Papaveris) et Hé Zǐ (Fructus Chebulae).
– Pour la dysenterie chronique, Wū Méi est associé à Chì Shí Zhī (Halloysitum Rubrum), Hé Zǐ (Fructus Chebulae) et Sì Shén Wán (Pilule des Quatre Miracles).
– Pour la diarrhée chronique avec déficience du Qi du Gros Intestin, Wū Méi est associé à Lóng Gǔ (Os Draconis), Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) et Chì Shí Zhī (Halloysitum Rubrum).

– Génère les liquides organiques et calme la soif :
La saveur acide de Wū Méi lui confère la capacité de générer les liquides organiques et de calmer la soif chronique due à une Chaleur-déficiente blessant le Yin. Il est approprié pour les maladies chroniques avec signes de déficience du Yin se manifestant par une soif persistante, une perte de poids et de l’irritabilité.
– Pour la soif en contexte de diabète, de diabète insipide ou d’hyperthyroïdie, Wū Méi est associé à Xī Yáng Shēn (Radix Panacis Quinquefolii), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae).
– Pour la soif estivale due à la Chaleur-Canicule, Wū Méi est traditionnellement pris en boisson sucrée pour générer les liquides organiques.

– Expulse les parasites et calme la douleur :
La saveur acide de Wū Méi calme et affaiblit les parasites intestinaux, en particulier les ascaris, facilitant leur expulsion lorsqu’il est associé à d’autres remèdes antiparasitaires. Il est spécifiquement indiqué dans les douleurs abdominales vives de type colique causées par les ascaris, ainsi que dans les ascaris des voies biliaires.
– Pour les ascaris intestinaux et les ankylostomes avec douleurs abdominales et vomissements, Wū Méi est associé à Xì Xīn (Herba Asari), Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata), Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Shǐ Jūn Zǐ (Fructus Quisqualis) et Huā Jiāo (Pericarpium Zanthoxyli). Formule Wū Méi Wán 烏梅丸 (Pilule de Prune Noire).

– Arrête les hémorragies utérines (forme carbonisée) :
La forme carbonisée de Wū Méi (wū méi tàn 烏梅炭) traite les hémorragies utérines chroniques résultant d’une déficience.

– Traite les cors et verrues (usage externe) :
Wū Méi est utilisé en application topique sous forme de pâte pour traiter les cors et verrues. On fait macérer 30 grammes de Wū Méi dans de l’eau salée pendant 24 heures, on retire le noyau, puis on ajoute du vinaigre pour obtenir une pâte appliquée localement, à retirer après 2 à 3 jours. Cette préparation est également utilisée pour traiter les ulcères et plaies cutanées.

Liste des symptômes

Troubles du Poumon – toux chronique :
Toux sèche chronique due à la déficience du Poumon
Essoufflement et voix affaiblie
Aphonie et pharyngite chronique

Troubles digestifs :
Diarrhée chronique et dysenterie chronique par déficience
Prolapsus rectal chronique
Douleurs abdominales coliques dues aux ascaris
Ascaris des voies biliaires avec vomissements et douleurs

Troubles par déficience du Yin :
Soif chronique intense due à la Chaleur-déficiente
Perte de poids avec irritabilité
Soif dans le contexte d’un diabète ou hyperthyroïdie

Hémorragies :
Hémorragies utérines chroniques par déficience (forme carbonisée)
Saignements divers par déficience

Indications cutanées (usage externe) :
Cors et verrues plantaires
Ulcères et plaies cutanées récalcitrantes

Commentaire

Wū Méi (烏梅) est le fruit du prunier Prunus mume, noirci par une cuisson lente à la fumée, ce qui lui confère sa couleur sombre caractéristique et concentre ses propriétés astringentes. Premier cité dans le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), ce remède occupe depuis plus de deux millénaires une place de choix parmi les herbes astringentes de la pharmacopée chinoise. Sa saveur fortement acide est le fondement de l’ensemble de ses actions thérapeutiques.

En médecine chinoise classique, la saveur acide possède une double fonction : d’une part, elle retient et astringente, ce qui explique la capacité de Wū Méi à prévenir la fuite du Qi du Poumon lors des toux chroniques, à retenir le Qi du Gros Intestin lors des diarrhées chroniques et à consolider le Yin pour arrêter les hémorragies (forme carbonisée) ; d’autre part, elle génère les liquides organiques et calme la soif, ce qui en fait un remède de choix pour les syndromes de déficience du Yin avec soif persistante. La saveur acide possède également la propriété particulière de « calmer » les parasites intestinaux en modifiant leur milieu interne, facilitant ainsi leur expulsion par des remèdes antiparasitaires complémentaires.

Wū Méi se distingue de Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) par son orientation davantage digestive et antiparasitaire. Alors que Wǔ Wèi Zǐ tonifie le Rein et nourrit le Cœur pour calmer le Shén, Wū Méi génère les liquides organiques, améliore l’appétit, favorise la digestion et expulse les parasites. Les deux herbes arrêtent la transpiration, la diarrhée et la spermatorrhée, mais Wū Méi se distingue par son usage externe pour les cors et verrues, et son action antiparasitaire spécifique aux ascaris. Par rapport à Wǔ Bèi Zǐ (Galla Chinensis), qui est l’herbe astringente la plus puissante de ce groupe, Wū Méi possède une action plus marquée pour générer les liquides organiques et expulser les parasites, tandis que Wǔ Bèi Zǐ est supérieur pour refroidir la Chaleur-déficiente et arrêter les saignements.

L’usage clinique de Wū Méi requiert une discrimination précise du terrain du patient : son fort pouvoir astringent peut piéger des facteurs pathogènes à l’intérieur de l’organisme si l’on ne tient pas compte de la présence d’un excès ou d’une stagnation. Le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Compendium de la Matière Médicale) de Lǐ Shí-Zhēn souligne que Wū Méi « ne convient pas comme traitement unique des diarrhées aiguës », et qu’il doit toujours être associé à des herbes traitant la cause profonde de l’affection. C’est la raison pour laquelle, dans la grande formule classique Wū Méi Wán, Wū Méi est utilisé en grande quantité mais toujours accompagné d’herbes réchauffantes et clarifiantes pour traiter le syndrome de Chaleur-Froid complexe.

Associations

– avec Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Hé Zǐ (Fructus Chebulae) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) : pour la toux chronique due à la déficience du Poumon

– avec Chì Shí Zhī (Halloysitum Rubrum), Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) et Lóng Gǔ (Os Draconis) : pour la diarrhée chronique et la dysenterie chronique par déficience

– avec Xī Yáng Shēn (Radix Panacis Quinquefolii), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis) : pour la soif chronique due à la Chaleur-déficiente et le diabète

– avec Xì Xīn (Herba Asari), Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata) et Huā Jiāo (Pericarpium Zanthoxyli) : pour les ascaris intestinaux avec douleurs abdominales et vomissements (formule Wū Méi Wán 烏梅丸)

– avec Dà Zǎo (Fructus Jujubae), Fú Xiǎo Mài (Semen Tritici Aestivi Levis) et Sāng Yè (Folium Mori) : pour la transpiration spontanée due à une déficience

– avec Hé Zǐ (Fructus Chebulae), Shè Gān (Rhizoma Belamcandae) et Chán Tuì (Periostracum Cicadae) : pour la pharyngite chronique et l’aphonie

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生烏梅 shēng wū méi) : forme standard, principalement utilisée pour retenir le Qi du Poumon, astringenter les Intestins, arrêter la diarrhée, générer les liquides organiques et expulser les parasites
– carbonisé (烏梅炭 wū méi tàn) : la forme carbonisée renforce l’effet hémostatique et est spécifiquement utilisée pour les hémorragies utérines chroniques par déficience et les diarrhées chroniques sévères

Formules Classiques

Wū Méi Wán (烏梅丸 Pilule de Prune Noire)
Formule issue du Shāng Hán Lùn 傷寒論 (Traité des Maladies Causées par le Froid) de Zhāng Zhōng-Jǐng. Elle utilise Wū Méi comme herbe principale en grande quantité (300 fruits) associé à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Xì Xīn (Herba Asari), Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Huā Jiāo (Pericarpium Zanthoxyli), Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Rén Shēn (Radix Ginseng) et Gān Jiāng (Rhizoma Zingiberis). Cette formule traite le syndrome de Jue Yin (syndrome de Chaleur-Froid complexe) avec remontée des ascaris, douleurs abdominales violentes, vomissements, membres froids, irritabilité et diarrhée chronique. Elle est également utilisée en clinique moderne pour les syndromes de Chaleur-Froid complexes avec diarrhée chronique récalcitrante.

Toxicité :

Wū Méi ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques ont mis en évidence des propriétés antibiotiques contre Staphylococcus aureus, Salmonella typhi, Bacillus subtilis, Bacillus dysenteriae, Escherichia coli, Mycobacterium tuberculosis et certains dermatophytes. Une activité relaxante sur la musculature lisse intestinale et une activité antiparasitaire modérée à forte contre les ascaris ont également été documentées. En raison de son fort pouvoir astringent, une utilisation prolongée à doses élevées en l’absence d’indication précise peut retenir des facteurs pathogènes à l’intérieur de l’organisme. Les patients présentant un excès de Chaleur ou une stagnation doivent éviter ce remède.


Rou Dou Kou

Rou Dou Kou

Ròu Dòu Kòu (Semen Myristicae Fragrantis)

Identification

Chinois : 肉豆蔻
Pinyin : Ròu Dòu Kòu
Traduction : cardamome charnue
Nom commun : noix de muscade
Nom latin : Semen Myristicae Fragrantis
Famille : Myristicaceae
Espèces : Myristica fragrans Houtt. (肉豆蔻 ròu dòu kòu)
Partie utilisée : graine séchée (noix), généralement torréfiée
Texte d’origine : Yào Xìng Běn Cǎo 藥性本草 (Matière Médicale des Propriétés Médicinales) par Zhèn Quán au 7e siècle
Rou Dou Kou

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui stabilisent et resserrent (astringeants) (shōu liǎn gù shè yào 收敛固摄藥)
Saveurs : Piquant (辛 xīn)
Nature : Chaud (溫 wēn)
Méridiens : Gros Intestin (大腸 dà cháng), Rate (脾 pí), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 3-10 g en décoction, 1,5-3 g en poudre. Presque toujours utilisé sous sa forme torréfiée pour les fonctions décrites ci-après.

Propriétés :

Resserre le Gros Intestin et arrête la diarrhée, réchauffe le Foyer Moyen et régule le Qi, soulage la douleur.

Précautions :

Ròu Dòu Kòu est contre-indiqué dans les conditions d’excès ou de Chaleur, notamment les diarrhées et dysenteries causées par la Chaleur. La forme fraîche ou non traitée contient une huile essentielle qui stimule les intestins et peut provoquer des diarrhées : seule la forme torréfiée (wèi ròu dòu kòu 煨肉豆蔻) possède l’action astringente et réchauffante décrite dans cette fiche. Des vertiges, des propos incohérents ou une hypersomnie ont été rapportés après ingestion de 7,5 g ou plus de poudre crue de Ròu Dòu Kòu. La myristicine, l’un de ses constituants actifs, est associée à des hallucinations chez l’être humain en cas d’ingestion excessive.

Fonctions principales :

Resserre le Gros Intestin
Arrête la diarrhée chronique
Réchauffe le Foyer Moyen
Régule le Qi
Soulage la douleur abdominale par Froid

Actions et Indications

– Resserre le Gros Intestin et arrête la diarrhée :
Ròu Dòu Kòu traite les diarrhées chroniques causées par une déficience du Yang de la Rate, avec prolapsus rectal, plénitude et distension abdominale, vomissements et manque d’appétit. Dans les cas sévères où le Yang du Rein est également déficient, une diarrhée au petit matin – dite diarrhée des cinq heures du matin (wǔ gēng xiè 五更泄) – survient typiquement.
– Pour la déficience du Yang de la Rate avec diarrhée chronique, Ròu Dòu Kòu est associé à Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Dǎng Shēn (Radix Codonopsis), Fú Líng (Poria), Mù Xiāng (Radix Aucklandiae), Qiàn Shí (Semen Euryales) et Shā Rén (Fructus Amomi).
– Pour la diarrhée au petit matin avec abdomen froid due à la déficience du Yang de la Rate et du Rein, on lui associe Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) et Bǔ Gǔ Zhī (Fructus Psoraleae), formule Sì Shén Wán 四神丸 (Pilule des Quatre Miracles).

Pour les entérites ou dysenteries chroniques avec diarrhée persistante, Ròu Dòu Kòu est associé à Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Bǔ Gǔ Zhī (Fructus Psoraleae), Dǎng Shēn (Radix Codonopsis), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Fú Líng (Poria), Hē Zǐ (Fructus Chebulae), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Ròu Guì (Cortex Cinnamomi), Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata), Gān Jiāng (Rhizoma Zingiberis) et Wū Yào (Radix Linderae). La formule est à adapter selon les besoins du patient.

– Réchauffe le Foyer Moyen, régule le Qi et soulage la douleur :
La déficience du Yang de la Rate avec stagnation du Qi provoque des ballonnements, plénitude et distension épigastrique et abdominale, manque d’appétit, indigestion et sensation de froid dans l’abdomen. Ròu Dòu Kòu réchauffe le Foyer Moyen, restaure la circulation harmonieuse du Qi et soulage la douleur.
– Pour la diarrhée chronique avec ballonnements et plénitude, Ròu Dòu Kòu est associé à Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) et Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi).
– Pour la diarrhée chronique avec sensation de froid abdominal, on lui associe Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata) et Gāo Liáng Jiāng (Rhizoma Alpiniae Officinarum).
– Pour la diarrhée chronique avec douleur abdominale, on le combine avec Yīng Sù Ké (Pericarpium Papaveris) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba).
– Pour la diarrhée chronique avec manque d’appétit et faiblesse, Ròu Dòu Kòu est associé à Dǎng Shēn (Radix Codonopsis), Huáng Qí (Radix Astragali), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Fú Líng (Poria).

Liste des symptômes

Troubles digestifs chroniques par Froid et déficience :
Diarrhée chronique due à la déficience du Yang de la Rate
Diarrhée au petit matin (vers 5 heures) due à la déficience du Yang de la Rate et du Rein
Prolapsus rectal
Entérite ou dysenterie chronique persistante
Selles molles ou liquides

Douleurs et distension abdomino-épigastriques :
Plénitude et distension épigastrique et abdominale
Sensation de froid dans l’abdomen
Douleur abdominale chronique
Indigestion et ballonnements

Troubles digestifs fonctionnels :
Manque d’appétit
Nausées et vomissements par Froid du Foyer Moyen
Stagnation du Qi de la Rate et de l’Estomac

Commentaire

Ròu Dòu Kòu (Semen Myristicae Fragrantis) tire son nom vernaculaire de l’expression « cardamome charnue », qui fait référence à la texture charnue de la graine. Parmi les nombreux remèdes nommés dòu kòu, Ròu Dòu Kòu est le seul à posséder simultanément une qualité aromatique et une qualité astringente. Cette double propriété, exclusive à la forme torréfiée, lui confère une place originale dans la pharmacopée : il réchauffe la Rate et l’Estomac, restaure la dynamique du Qi et, dans le même temps, resserre le Gros Intestin pour prévenir les fuites chroniques. Comme le précise le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Compendium de la Matière Médicale) de Lǐ Shí-Zhēn, il « réchauffe la Rate et l’Estomac, et stabilise le Gros Intestin ».

Son domaine d’élection est le Foyer Moyen et le Foyer Inférieur. Il est particulièrement indiqué dans les schémas de Froid par déficience de la Rate et du Rein entraînant une instabilité de l’intestin avec glissement chronique, typiquement la diarrhée chronique ou la dysenterie chronique. Il est aussi utilisé pour les distensions et douleurs épigastriques, le manque d’appétit, les nausées et vomissements dus au Froid par déficience avec stagnation du Qi dans l’Estomac et les Intestins.

Ròu Dòu Kòu se distingue de Hē Zǐ (Fructus Chebulae) en ce qu’il se concentre sur le Foyer Moyen pour traiter la plénitude abdominale, la douleur, le manque d’appétit et les nausées dus au Froid, à la déficience de la Rate et à la stagnation du Qi. Hē Zǐ, quant à lui, se concentre sur le Foyer Supérieur et traite le sifflement et la toux chronique avec perte de voix par déficience du Qi du Poumon. Il se distingue également de Bái Dòu Kòu (Fructus Amomi Rotundus) : si les deux réchauffent le Foyer Moyen et régulent le Qi, Ròu Dòu Kòu est aussi astringent et arrête la diarrhée chronique, notamment la diarrhée au petit matin causée par les déficiences du Yang de la Rate et du Rein. Bái Dòu Kòu régule le Qi, soulage les nausées et vomissements, et assèche plus fréquemment l’Humidité du Foyer Moyen.

Associations

– avec Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) et Bǔ Gǔ Zhī (Fructus Psoraleae) : pour la diarrhée au petit matin par déficience du Yang de la Rate et du Rein (formule Sì Shén Wán 四神丸 Pilule des Quatre Miracles)

– avec Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Dǎng Shēn (Radix Codonopsis), Fú Líng (Poria), Mù Xiāng (Radix Aucklandiae), Qiàn Shí (Semen Euryales) et Shā Rén (Fructus Amomi) : pour la déficience du Yang de la Rate avec diarrhée chronique, plénitude abdominale et manque d’appétit

– avec Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) et Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) : pour la diarrhée chronique avec ballonnements et plénitude

– avec Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata) et Gāo Liáng Jiāng (Rhizoma Alpiniae Officinarum) : pour la diarrhée chronique avec sensation de froid abdominal

– avec Yīng Sù Ké (Pericarpium Papaveris) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) : pour la diarrhée chronique avec douleur abdominale

– avec Dǎng Shēn (Radix Codonopsis), Huáng Qí (Radix Astragali), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Fú Líng (Poria) : pour la diarrhée chronique avec manque d’appétit et faiblesse

– avec Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Hē Zǐ (Fructus Chebulae), Rén Shēn (Radix Ginseng), Mù Xiāng (Radix Aucklandiae), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Ròu Guì (Cortex Cinnamomi), Zhì Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae Preparata) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) : pour la colite ulcéreuse chronique

Préparations (炮制 páo zhì)

– torréfié dans la cendre (wèi ròu dòu kòu 煨肉豆蔻) : forme standard, presque toujours utilisée ; réchauffe le Foyer Moyen, resserre le Gros Intestin et arrête la diarrhée chronique ; l’huile essentielle irritante est neutralisée par la torréfaction
– cru / non traité (shēng ròu dòu kòu 生肉豆蔻) : contre-indiqué chez les patients présentant une déficience et un Froid du Foyer Moyen, car l’huile essentielle stimule les intestins et peut provoquer une diarrhée ; son usage doit être évité en interne dans ces conditions

Formules Classiques

Sì Shén Wán 四神丸 (Pilule des Quatre Miracles)
Cette formule combine Ròu Dòu Kòu avec Bǔ Gǔ Zhī (Fructus Psoraleae), Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) pour traiter la diarrhée chronique au petit matin due à la double déficience du Yang de la Rate et du Rein. Bǔ Gǔ Zhī réchauffe et tonifie le Yang du Rein, Wú Zhū Yú réchauffe le Foyer Moyen et disperse le Froid, Ròu Dòu Kòu réchauffe et resserre l’intestin, et Wǔ Wèi Zǐ astringent retient les fluides et tonifie le Rein. Cette formule est l’une des plus importantes de la pharmacopée pour ce type de diarrhée chronique réfractaire.

Toxicité :

La DL50 de la myristicine chez le chat est de 0,5 à 1,0 ml/kg. L’injection sous-cutanée de myristicine à la dose de 0,12 ml peut entraîner des troubles hépatiques. L’ingestion de poudre de Ròu Dòu Kòu chez le chat à la dose de 1,8 g/kg peut induire une somnolence et, éventuellement, la mort dans les 24 heures. Chez l’être humain, une ingestion de 7,5 g ou plus de poudre crue a été associée à des vertiges, des propos incohérents ou une stupeur et une hypersomnie. L’usage de myristicine a été associé à des hallucinations chez l’homme. Aux doses thérapeutiques recommandées de la forme torréfiée, ce remède est considéré comme sûr. Aucune interaction médicamenteuse majeure documentée aux doses thérapeutiques.


Fu Xiao Mai

Fu Xiao Mai

Fú Xiǎo Mài (Semen Tritici Aestivi Levis)

Identification

Chinois : 浮小麦
Pinyin : fú xiǎo mài
Traduction : blé flottant
Nom commun : blé léger, grain de blé flottant
Nom latin : Semen Tritici Aestivi Levis
Famille : Gramineae (Poaceae)
Espèces : Triticum aestivum L. (小麦 xiǎo mài)
Partie utilisée : grains légers et ratatinés qui flottent sur l’eau lors du vannage
Texte d’origine : Běn Cǎo Méng Quán 本草蒙筌 (Aspects Cachés de la Matière Médicale) par Chen Jia-Mo en 1565
Fu Xiao Mai

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui stabilisent et resserrent (astringeants) (shōu liǎn gù shè yào 收敛固摄藥)
Saveurs : Doux (甘 gān), Salé (咸 xián)
Nature : Frais (凉 liáng)
Méridiens : Cœur (心 xīn)
Dosage : 15-30 g

Propriétés :

Tonifie le Qi, élimine la Chaleur par déficience, arrête les sueurs spontanées et nocturnes, tonifie le Qi du Cœur et du Wei.

Précautions :

Fú Xiǎo Mài est contre-indiqué pour les sueurs spontanées ou nocturnes dues à une déficience simultanée du Yin et du Yang. Ce remède ne doit pas être utilisé en cas de transpiration liée à une maladie fébrile ou à des facteurs pathogènes externes. Sa nature fraîche le rend inapproprié en cas de Froid interne. Ce remède ne présente pas de toxicité aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Tonifie le Qi
Tonifie le Qi du Cœur
Tonifie le Qi Wei défensif
Élimine la Chaleur par déficience
Arrête les sueurs spontanées
Arrête les sueurs nocturnes
Traite les sensations d’os brûlants

Actions et Indications

– Tonifie le Qi et arrête les sueurs spontanées :
Fú Xiǎo Mài est doux en saveur et tonifie le Qi de la Rate et du Poumon, renforçant ainsi la capacité du Qi Wei défensif à contrôler l’ouverture et la fermeture des pores, arrêtant les sueurs spontanées.
Il est frais en nature thermique pour tonifier le Yin du Cœur et disperser la Chaleur qui cause la transpiration.
– Pour les sueurs spontanées dues à une déficience du Qi, Fú Xiǎo Mài est associé à Huáng Qí (Radix Astragali), Má Huáng Gēn (Radix Ephedrae), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae), formule Mǔ Lì Sǎn 牡蛎散 (Poudre de Coquille d’Huître).

– Élimine la Chaleur par déficience et arrête les sueurs nocturnes :
Fú Xiǎo Mài clarifie la Chaleur par déficience du Yin et arrête les sueurs nocturnes. Les autres symptômes de la Chaleur par déficience du Yin comprennent la fièvre légère, la sensation d’os brûlants et la sensation de chaleur dans les paumes et les plantes des pieds.
Il tonifie le Qi, nourrit l’organisme et traite les sensations d’os brûlants et les sensations de chaleur causées par la déficience du Yin.
– Pour les sueurs nocturnes dues à la Chaleur par déficience du Yin, Fú Xiǎo Mài est associé à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii) et Xuán Shēn (Radix Scrophulariae).
– Pour les sensations d’os brûlants, Fú Xiǎo Mài est associé à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii) et Xuán Shēn (Radix Scrophulariae).

Fú Xiǎo Mài traite également la transpiration dans les maladies fébriles résultant de l’invasion par des agents pathogènes chaleur-vent.
– D’après l’Encountering the Sources of the Classic of Materia Medica 本经疏证, l’action de Fú Xiǎo Mài pour inhiber les sueurs nocturnes s’exerce par la dispersion de la Chaleur au niveau de la peau et des interstices, et non par une simple rétention astringente.

– Tonifie le Qi du Cœur :
Fú Xiǎo Mài entre dans le méridien du Cœur pour inhiber les fluides du Cœur. La transpiration est le liquide du Cœur, ainsi qu’il est exprimé dans les Questions Fondamentales 素問 : « La transformation des fluides des cinq organes Yin – dans le Cœur, c’est la sueur. » Fú Xiǎo Mài tonifie le Qi du Cœur, ancre les fluides du Cœur et traite les palpitations et l’insomnie liées à une déficience du Cœur.
– Pour la transpiration spontanée due à une déficience du Qi Wei, Fú Xiǎo Mài est fréquemment associé à Huáng Qí (Radix Astragali) : Huáng Qí est doux et chaud, entrant dans le foyer moyen pour tonifier le Qi, et à l’extérieur pour stabiliser le Qi protecteur. Fú Xiǎo Mài est doux et frais, et entre dans le méridien du Cœur pour inhiber les fluides du Cœur.
– Pour les sueurs spontanées et nocturnes, Fú Xiǎo Mài est associé à Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Huáng Qí (Radix Astragali), formule Mǔ Lì Sǎn 牡蛎散 (Poudre de Coquille d’Huître).

Fú Xiǎo Mài est distinct de Xiǎo Mài (Fructus Tritici) : les deux proviennent de la même plante mais ont des caractéristiques et des fonctions différentes. Lorsque Fú Xiǎo Mài et Xiǎo Mài sont tous deux placés dans l’eau, Fú Xiǎo Mài flotte et Xiǎo Mài coule. Fú Xiǎo Mài a des fonctions astringentes pour arrêter la transpiration, tandis que Xiǎo Mài peut nourrir le Cœur et calmer le Shén.

Liste des symptômes

Troubles de la transpiration par déficience du Qi :
Sueurs spontanées diurnes
Transpiration abondante sans effort physique
Fatigue et faiblesse du Qi
Teint pâle
Frilosité et frilosité légère

Troubles de la transpiration par déficience du Yin :
Sueurs nocturnes
Fièvre légère vespérale
Sensations d’os brûlants
Sensation de chaleur dans les paumes et les plantes des pieds
Bouche sèche et gorge sèche
Agitation et irritabilité

Troubles du Cœur :
Palpitations cardiaques
Insomnie
Irritabilité et agitation liées à une déficience du Cœur
Transpiration comme liquide du Cœur fuyant vers l’extérieur

Autres indications :
Sensation d’os brûlants par déficience du Yin et du Qi
Chaleur par déficience dans les maladies chroniques

Commentaire

Fú Xiǎo Mài (Semen Tritici Aestivi Levis) tire son nom de sa particularité physique : ce sont les graines de froment ridées et légères qui flottent à la surface de l’eau lorsqu’on les y plonge, d’où le terme « blé flottant » ( 浮 = flotter, xiǎo mài 小麦 = petit blé). Son action se définit donc en partie par cette légèreté même – celle qui lui permet de voyager à la surface du corps, au niveau des interstices et de la peau (couche Wei), pour y disperser la Chaleur par déficience et retenir les fluides précieux que sont les sueurs. La première mention de ce remède comme entité distincte de la graine de blé ordinaire apparaît dans le Běn Cǎo Méng Quán 本草蒙筌 de Chén Jiā-Mó (1565).

Fú Xiǎo Mài est doux en saveur et frais en nature. Il entre dans le méridien du Cœur pour tonifier le Qi du Cœur et inhiber les fluides cardiaques, la transpiration étant, selon les Wèn 素問, le liquide propre du Cœur. Son action sur la transpiration ne relève pas d’une simple rétention astringente des fluides, mais d’une double mécanique : d’une part le renforcement du Qi Wei qui contrôle l’ouverture et la fermeture des pores, d’autre part la dispersion de la Chaleur par déficience présente dans la peau et les interstices. Cette distinction est soulignée dans l’Encountering the Sources of the Classic of Materia Medica 本経疏証 et reprise par le Practical Differentiation of Chinese Materia Medica : « En résumé, les effets de Fú Xiǎo Mài sont principalement de tonifier le Qi et d’éliminer la Chaleur ; sa capacité à arrêter la transpiration ne provient pas d’un effet de retenue et d’inhibition. »

Fú Xiǎo Mài se distingue de Má Huáng Gēn (Radix Ephedrae) par la nature de leur action respective sur la transpiration. Alors que Má Huáng Gēn agit uniquement par rétention et inhibition astringente de la dispersion extérieure, sans capacité à soutenir le Qi normal, à refroidir le Cœur ou à réduire la Chaleur, Fú Xiǎo Mài tonifie le Qi et élimine la Chaleur par déficience pour arrêter la transpiration. En clinique, les deux remèdes sont fréquemment associés pour traiter conjointement les sueurs spontanées et nocturnes.

Associations

– avec Huáng Qí (Radix Astragali) : pour les sueurs spontanées dues à une déficience du Qi – Huáng Qí tonifie le Qi et stabilise le Qi Wei protecteur, Fú Xiǎo Mài clarifie la Chaleur par déficience et retient les fluides du Cœur

– avec Má Huáng Gēn (Radix Ephedrae) : pour arrêter les sueurs spontanées et nocturnes – association des deux mécanismes d’arrêt de la transpiration (tonification du Qi et rétention astringente)

– avec Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Huáng Qí (Radix Astragali) : pour les sueurs spontanées et nocturnes (formule Mǔ Lì Sǎn 牡蛎散 Poudre de Coquille d’Huître)

– avec Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae) : pour les sueurs spontanées dues à une déficience du Qi Poumon et Wei

– avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii) et Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) : pour les sueurs nocturnes dues à la Chaleur par déficience du Yin

– avec Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) et Dà Zǎo (Fructus Jujubae) : pour le trouble dit zàng zào 脏燥 (organe sec), avec irritabilité, troubles du sommeil et instabilité émotionnelle liée à une déficience du Cœur combinée à une stagnation du Qi du Foie (formule Gān Mài Dà Zǎo Tāng 甘麦大枣汤 Décoction de Réglisse, Blé et Jujube)

– avec Shān Zhū Yú (Fructus Corni) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) : pour les sueurs nocturnes dues à une déficience du Yin

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng fú xiǎo mài) : forme brute séchée au soleil, graines ridées flottant à la surface de l’eau, utilisée en décoction ou en poudre pour tonifier le Qi et arrêter la transpiration
– grillé à sec (炒用 chǎo fú xiǎo mài) : brièvement grillé jusqu’à ce qu’il devienne odorant, ce mode de préparation renforce légèrement ses propriétés astringentes pour retenir les fluides

Formules Classiques

Mǔ Lì Sǎn (牡蛎散 Poudre de Coquille d’Huître)
Cette formule combine Fú Xiǎo Mài avec Mǔ Lì (Concha Ostreae), Huáng Qí (Radix Astragali) et Má Huáng Gēn (Radix Ephedrae) pour traiter les sueurs spontanées et nocturnes dues à une déficience du Qi Wei et du Yin du Cœur. Fú Xiǎo Mài tonifie le Qi du Cœur et élimine la Chaleur par déficience, tandis que Mǔ Lì ancre le Yang flottant et retient astringement les fluides, et que Huáng Qí stabilise le Qi protecteur Wei.

Gān Mài Dà Zǎo Tāng (甘麦大枣汤 Décoction de Réglisse, Blé et Jujube)
Formule classique du Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 (Prescriptions Essentielles du Coffret d’Or) de Zhāng Zhòng-Jǐng combinant Fú Xiǎo Mài (ou Xiǎo Mài) avec Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) et Dà Zǎo (Fructus Jujubae) pour traiter le trouble zàng zào (organe sec) : tristesse, pleurs incontrôlables, irritabilité, insomnie et instabilité émotionnelle liée à une déficience du Cœur avec stagnation du Qi du Foie.

Toxicité :

Fú Xiǎo Mài ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les effets indésirables rapportés sont rares et sans gravité. En raison de sa nature fraîche, une utilisation prolongée peut légèrement affecter la Rate et l’Estomac chez les personnes présentant une déficience digestive avec signes de Froid. Ce remède est contre-indiqué pour les sueurs liées à une déficience simultanée du Yin et du Yang, et ne doit pas être utilisé en cas de transpiration causée par des facteurs pathogènes externes ou des maladies fébriles d’origine exogène. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.


Qian Shi

Qian Shi

Qiàn Shí (Semen Euryales Ferocis)

Identification

Chinois : 芡实
Pinyin : Qiàn Shí
Traduction : graine de gorgone
Nom commun : graine d’euryale
Nom latin : Semen Euryales Ferocis
Famille : Nymphaeaceae
Espèces : Euryale ferox Salisb. (芡 qiàn)
Partie utilisée : graine séchée, mûre
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Qian Shi

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui stabilisent et resserrent (astringeants) (shōu liǎn gù shè yào 收敛固摄藥)
Saveurs : Doux (甘 gān), Astringent (涩 sè)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Rein (腎 shèn), Rate (脾 pí)
Dosage : 10-15 g en décoction ; maximum 30 g

Propriétés :

Tonifie la Rate et élimine l’Humidité, tonifie le Rein et consolide le Jing essentiel, arrête la diarrhée, retient l’urine et réduit les pertes vaginales.

Précautions :

Qiàn Shí est contre-indiqué en présence de facteurs pathogènes résiduels dans l’organisme, car sa nature astringente risque de retenir ces pathogènes à l’intérieur. Il ne doit pas être utilisé lors de diarrhées aiguës ou de dysurie par accumulation de Chaleur-Humidité dans le Foyer inférieur. En raison de sa nature astringente marquée, il convient de l’utiliser avec prudence chez les patients présentant une constipation ou des difficultés mictionnelles dues à la Chaleur. La forme grillée (chǎo Qiàn Shí) possède une action plus forte pour tonifier la Rate et arrêter la diarrhée, et pour réchauffer le Rein afin de prévenir la perte de Jing essentiel.

Fonctions principales :

Tonifie la Rate
Élimine l’Humidité
Arrête la diarrhée
Tonifie le Rein
Consolide le Jing essentiel
Retient l’urine
Réduit les pertes vaginales

Actions et Indications

– Tonifie la Rate et élimine l’Humidité :
Qiàn Shí traite couramment la diarrhée chronique causée par une déficience de la Rate. La déficience compromet la fonction de la Rate dans l’absorption de l’eau, entraînant une accumulation d’eau dans les intestins et donc la diarrhée. Qiàn Shí soulage la diarrhée en tonifiant la Rate et en asséchant l’Humidité intestinale.
– Pour la diarrhée chronique due à la déficience de la Rate, Qiàn Shí est associé à Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Dǎng Shēn (Radix Codonopsis) et Fú Líng (Poria).
– Pour la diarrhée chronique matinale (5 heures du matin) avec déficience de la Rate et du Rein Yang, on associe Qiàn Shí à Ròu Dòu Kòu (Semen Myristicae), Bǔ Gǔ Zhī (Fructus Psoraleae) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis).

– Tonifie le Rein et consolide le Jing essentiel :
La perte du Jing du Rein est en partie due à un Qi du Rein déficient qui ne peut plus retenir le Jing à sa place. Cliniquement, Qiàn Shí traite des symptômes tels que la spermatorrhée, les pertes vaginales abondantes et l’incontinence urinaire.
– Pour la spermatorrhée, Qiàn Shí est associé à Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae). Cette association classique constitue la formule Shuǐ Lù Èr Xiān Dān 水陸二仙丹 (Pilule des Deux Immortels des Eaux et des Terres).
– Pour l’incontinence urinaire, on ajoute ce remède à Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae) et Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis).
– Pour les pertes vaginales claires et abondantes, on l’utilise avec Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae) et Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae).
– Pour les pertes vaginales jaunes, fétides dues à une accumulation de Chaleur-Humidité, on incorpore Qiàn Shí avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri), Kǔ Shēn Gēn (Radix Sophorae Flavescentis) et Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis).
– Pour la spermatorrhée avec rêves fréquents, on associe Qiàn Shí à Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae), Lián Zǐ (Semen Nelumbinis), Yuǎn Zhì (Radix Polygalae) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis).

Qiàn Shí est également utilisé pour consolider le Jing et traiter les pertes séminales dans le cadre d’une déficience simultanée du Cœur et du Rein.
– Pour les émissions nocturnes dues à une déficience du Cœur et du Rein, Qiàn Shí est associé à Lián Zǐ (Semen Nelumbinis), Rén Shēn (Radix Ginseng), Fú Líng (Poria) et Yuǎn Zhì (Radix Polygalae).

Qiàn Shí est également cité dans le traitement des leucorrhées de type Humidité-Chaleur avec saignements vaginaux.
– Pour les saignements vaginaux avec pertes rouges et blanches dues à la Chaleur-Humidité, on associe Qiàn Shí à Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Lián Zǐ (Semen Nelumbinis).

Liste des symptômes

Troubles liés à la déficience de la Rate :
Diarrhée chronique
Selles molles ou liquides
Fatigue et faiblesse des membres
Inappétence
Borborygmes

Troubles liés à la déficience du Rein :
Spermatorrhée
Émissions nocturnes
Éjaculation précoce
Incontinence urinaire
Pollakiurie (mictions fréquentes)
Douleurs et faiblesse de la région lombaire et des genoux
Pertes vaginales abondantes, claires ou blanches

Troubles liés à la Chaleur-Humidité du Foyer inférieur :
Pertes vaginales jaunes et fétides
Leucorrhée avec prurit
Protéinurie (usage clinique moderne)

Commentaire

Qiàn Shí (Semen Euryales Ferocis) est issu des graines du nénuphar piquant, plante aquatique de grande taille poussant dans les étangs et les lacs d’Asie orientale. Son nom chinois 芡实 (qiàn shí) fait référence à la tête du coq (芡 qiàn, nom populaire pour l’Euryale) dont les fruits rappellent la forme, et shí (实) signifiant « graine » ou « fruit ». Ses noms alternatifs – Jī Tóu Shí 鸡头实 (graine de tête de coq) ou Jī Tóu Mǐ 鸡头米 (riz de tête de coq) – sont largement usités dans la tradition.

Ce remède occupe une place centrale parmi les astringents de la pharmacopée chinoise. Doux et astringent de saveur, neutre de nature, il pénètre les méridiens du Rein et de la Rate pour exercer une double action de tonification et d’astringence. Sa douceur lui permet de nourrir et tonifier sans retenir les facteurs pathogènes ; son astringence lui confère la capacité de consolider le Jing, retenir les liquides et prévenir toute fuite anormale des substances précieuses. La double appartenance aux méridiens de la Rate et du Rein le distingue des autres astringents : il agit aussi bien sur la sphère digestive (diarrhées chroniques par déficience de la Rate) que sur la sphère urogénitale (spermatorrhée, incontinence, leucorrhée).

Comparé à Lián Zǐ (Semen Nelumbinis), avec lequel il partage une saveur douce-astringente et une nature neutre, Qiàn Shí est supérieur pour tonifier le Rein et consolider le Jing essentiel. Lián Zǐ est davantage orienté vers la tonification de la Rate, du Cœur et du Rein, notamment pour calmer le Shén (esprit) et traiter l’insomnie par déficience du Cœur. Les deux remèdes sont fréquemment combinés dans les formules de consolidation du Jing et d’arrêt des diarrhées chroniques.

Comparé à Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae), Qiàn Shí tonifie davantage la Rate et le Rein tout en éliminant l’Humidité, tandis que Jīn Yīng Zǐ possède une astringence plus puissante pour retenir le Jing et contenir l’urine. Leur association synergique constitue la formule classique Shuǐ Lù Èr Xiān Dān 水陸二仙丹 (Pilule des Deux Immortels des Eaux et des Terres), archétype du traitement de la spermatorrhée par déficience du Rein.

Associations

– avec Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae) : pour la spermatorrhée et les émissions nocturnes par déficience du Rein, formule Shuǐ Lù Èr Xiān Dān 水陸二仙丹 (Pilule des Deux Immortels des Eaux et des Terres)

– avec Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Dǎng Shēn (Radix Codonopsis) et Fú Líng (Poria) : pour la diarrhée chronique par déficience de la Rate

– avec Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae) et Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis) : pour l’incontinence urinaire par déficience du Rein

– avec Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae) et Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae) : pour les pertes vaginales claires et abondantes par déficience du Rein

– avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri), Kǔ Shēn Gēn (Radix Sophorae Flavescentis) et Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis) : pour les pertes vaginales jaunes et fétides dues à la Chaleur-Humidité

– avec Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae), Lián Zǐ (Semen Nelumbinis), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) et Yuǎn Zhì (Radix Polygalae) : pour la spermatorrhée avec rêves fréquents

– avec Lián Zǐ (Semen Nelumbinis), Rén Shēn (Radix Ginseng), Fú Líng (Poria) et Yuǎn Zhì (Radix Polygalae) : pour les émissions nocturnes par déficience du Cœur et du Rein

– avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Lián Zǐ (Semen Nelumbinis) : pour les saignements vaginaux avec pertes rouges et blanches dues à la Chaleur-Humidité

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng Qiàn Shí) : forme non transformée, efficace pour tonifier le Rein, consolider le Jing et réduire les pertes vaginales
– grillé (炒用 chǎo Qiàn Shí) : légèrement grillé à sec, cette préparation renforce l’action de tonification de la Rate pour arrêter la diarrhée et réchauffe le Rein pour prévenir la fuite du Jing essentiel ; c’est la forme la plus couramment utilisée en clinique

Formules Classiques

Shuǐ Lù Èr Xiān Dān 水陸二仙丹 (Pilule des Deux Immortels des Eaux et des Terres)
Cette formule minimaliste, composée uniquement de Qiàn Shí et de Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae), traite la spermatorrhée et les émissions nocturnes causées par la déficience du Rein. Qiàn Shí (originaire des eaux – 水 shuǐ) et Jīn Yīng Zǐ (originaire des terres – 陸 lù) se renforcent mutuellement pour consolider le Jing et retenir l’essence.

Jīn Suǒ Gù Jīng Wán 金鎖固精丸 (Pilule de la Serrure d’Or pour Consolider le Jing)
Cette formule classique issue du Yī Fāng Jí Jiě 醫方集解 (Recueil d’Explications des Formules Médicales) combine Qiàn Shí avec Shā Yuàn Zǐ (Semen Astragali Complanati), Lián Xū (Stamen Nelumbinis), Lóng Gǔ (Os Draconis) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) pour traiter la spermatorrhée, les émissions nocturnes et l’incontinence par déficience du Rein avec instabilité du Jing.

Yì Huáng Tāng 易黃湯 (Décoction pour Transformer les Pertes Jaunes)
Formule issue du Fù Qīng Zhǔ Nǚ Kē 傅青主女科 (Gynécologie de Fu Qing-Zhu) combinant Qiàn Shí avec Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri), Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis) et Bái Guǒ (Semen Ginkgo) pour traiter les leucorrhées jaunes et fétides dues à l’accumulation de Chaleur-Humidité dans le Foyer inférieur.

Toxicité :

Qiàn Shí ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Sa composition (amidon, protéines, lipides, glucides, thiamine, riboflavine, acide nicotinique, carotène, tryptophane et acides aminés soufrés) lui confère une excellente tolérance. L’utilisation prolongée à forte dose est déconseillée chez les patients souffrant de constipation, en raison de son action astringente marquée sur les Intestins. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée à ce jour. Les effets indésirables rapportés dans la littérature sont rares et limités à des troubles digestifs mineurs en cas de surdosage.


Ma Huang Gen

Ma Huang

Má Huáng Gēn (Radix Ephedrae)

Identification

Chinois : 麻黄根
Pinyin : Má Huáng Gēn
Traduction : racine de chanvre jaune, racine d’éphédra
Nom commun : racine d’éphédra
Nom latin : Radix Ephedrae
Famille : Ephedraceae
Espèces : Ephedra sinica Stapf. (草麻黄 cǎo má huáng), Ephedra equisetina Bge. (木贼麻黄 mù zéi má huáng), Ephedra intermedia Schrenk et Mey. (中麻黄 zhōng má huáng)
Partie utilisée : racine séchée
Texte d’origine : Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Registres Divers de Médecins Célèbres) par Táo Hóng-Jǐng au 5e siècle
Ma Huang Gen

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui stabilisent et resserrent (astringeants) (shōu liǎn gù shè yào 收敛固摄藥)
Saveurs : Doux (甘 gān)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Poumon (肺 fèi)
Dosage : 3-10 g en décoction ; peut également être utilisé en poudre

Propriétés :

Arrête la transpiration spontanée et nocturne par déficience du Qi ou du Yin.

Précautions :

Má Huáng Gēn est contre-indiqué en cas de syndromes d’Extérieur, car sa fonction astringente risque de retenir les facteurs pathogènes à l’intérieur de l’organisme. Ce remède ne traite que le symptôme de la transpiration excessive sans en traiter la cause ; il convient donc de le combiner avec des remèdes toniques appropriés pour un traitement étiologique. Il est impératif de ne pas confondre Má Huáng Gēn (Radix Ephedrae) avec Má Huáng (Herba Ephedrae) : bien qu’issus de la même plante, ces deux remèdes ont des actions diamétralement opposées, Má Huáng provoque la transpiration, tandis que Má Huáng Gēn l’arrête.

Fonctions principales :

Arrête la transpiration spontanée par déficience du Qi
Arrête la transpiration nocturne par déficience du Yin
Consolide l’Extérieur et retient les liquides organiques
Traite la transpiration post-partum

Actions et Indications

– Arrête la transpiration spontanée et nocturne :
Má Huáng Gēn est un remède de premier choix pour traiter aussi bien la transpiration spontanée que la transpiration nocturne causées par des déficiences du Qi ou du Yin. C’est un remède purement symptomatique : il contrôle efficacement la fuite des liquides organiques par les pores sans agir sur la cause sous-jacente du désordre.
Il traite la transpiration spontanée due à la déficience du Qi défensif (Wèi Qì), caractérisée par une transpiration diurne persistante avec intolérance au vent, fatigue et pouls faible.
– Pour la transpiration spontanée due à la déficience du Qi défensif, Má Huáng Gēn est associé à Huáng Qí (Radix Astragali) et Fú Xiǎo Mài (Semen Tritici Aestivi Levis), formule Mǔ Lì Sǎn 牡蠣散 (Poudre d’Huître).
– Pour la transpiration spontanée avec pouls faible et aversion au vent, on l’associe à Huáng Qí (Radix Astragali), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae).

Má Huáng Gēn traite également la transpiration nocturne due à la déficience du Yin avec chaleur vide, caractérisée par des sueurs nocturnes, une sensation de chaleur par déficience, une fièvre légère et des sensations d’ébullition dans les os.
– Pour la transpiration nocturne due à la déficience du Yin et à la chaleur vide, Má Huáng Gēn est associé à Mǔ Lì (Concha Ostreae), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Shān Zhū Yú (Fructus Corni) et Lóng Gǔ (Os Draconis).
– Pour la transpiration nocturne post-partum, on l’utilise avec Mǔ Lì (Concha Ostreae), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae).
– Pour les sueurs nocturnes avec chaleur vide, sensations d’ébullition dans les os, Má Huáng Gēn est associé à Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Wǔ Méi (Fructus Mume) et Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae).

Liste des symptômes

Transpiration spontanée par déficience du Qi défensif :
Transpiration diurne persistante, présente au repos comme à l’effort
Intolérance au vent et au froid
Fatigue et manque d’énergie
Pouls faible ou flottant et vide
Teint pâle
Infections extérieures fréquentes

Transpiration nocturne par déficience du Yin :
Sueurs nocturnes qui s’arrêtent au réveil
Sensation de chaleur interne vague
Fièvre légère en fin d’après-midi
Sensations d’ébullition dans les os
Pommettes rouges
Cinq centres chauds (paumes, plantes et sternum)

Transpiration post-partum :
Transpiration spontanée ou nocturne après l’accouchement
Épuisement du Qi et du Sang
Faiblesse générale

Commentaire

Má Huáng Gēn (Radix Ephedrae) tire son nom de la plante dont il est issu – l’éphédra – dont la racine (根 gēn) a des propriétés radicalement opposées à celles de la tige médicinale. Ce paradoxe botanique est l’un des plus remarquables de toute la pharmacopée chinoise : alors que Má Huáng (Herba Ephedrae) est un puissant diaphorétique qui ouvre les pores et provoque la transpiration, Má Huáng Gēn possède une action astringente qui ferme les pores et arrête toute transpiration excessive. Li Shi-Zhen lui-même, dans le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Compendium de la Matière Médicale), signalait que la poudre de Má Huáng Gēn appliquée localement pouvait arrêter la transpiration excessive provoquée par une surutilisation de Má Huáng.

Má Huáng Gēn est classé parmi les remèdes astringents qui arrêtent la transpiration. Sa saveur douce et sa nature neutre lui confèrent une action douce mais efficace, sans blesser le Yin ni consommer le Qi. Il est important de comprendre que Má Huáng Gēn traite exclusivement le symptôme de la transpiration excessive, sans s’attaquer à sa cause. Cette limitation thérapeutique fondamentale implique qu’il doit presque toujours être associé à des remèdes toniques adaptés : des toniques du Qi défensif pour la transpiration spontanée (comme Huáng Qí Radix Astragali), ou des toniques du Yin pour les sueurs nocturnes (comme Shēng Dì Huáng Radix Rehmanniae).

Dans la pensée médicale chinoise, la transpiration est le fluide du Cœur (hàn wéi xīn yè 汗為心液). Une transpiration excessive et incontrôlée représente donc une fuite pathologique des liquides organiques qui, à terme, peut blesser le Cœur et le Yin. Má Huáng Gēn, en consolidant l’Extérieur et en fermant les pores, prévient cette déperdition et protège ainsi les liquides organiques précieux. Son utilisation est particulièrement indiquée dans les tableaux de déficience du Qi défensif où la faiblesse du Wèi Qì ne peut plus assurer la fermeture correcte des pores cutanés, ainsi que dans les déficiences du Yin où la chaleur vide pousse les liquides vers l’extérieur sous forme de sueurs nocturnes.

Má Huáng Gēn se distingue de Fú Xiǎo Mài (Semen Tritici Aestivi Levis) par son action plus ciblée et plus puissante sur la seule transpiration excessive. Alors que Fú Xiǎo Mài est doux et frais, nourrit le Yin du Cœur, élimine la chaleur vide et traite les sensations d’ébullition dans les os en plus d’arrêter la transpiration, Má Huáng Gēn est principalement utilisé pour arrêter la transpiration excessive due à la faiblesse du Qi défensif. Les deux remèdes sont fréquemment associés pour un effet synergique renforcé, notamment dans la formule Mǔ Lì Sǎn 牡蠣散 (Poudre d’Huître).

Associations

– avec Huáng Qí (Radix Astragali) et Fú Xiǎo Mài (Semen Tritici Aestivi Levis) : pour la transpiration spontanée due à la déficience du Qi défensif

– avec Mǔ Lì (Concha Ostreae), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) : pour la transpiration nocturne due à la déficience du Yin et la chaleur vide

– avec Huáng Qí (Radix Astragali), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae) : pour la transpiration spontanée avec fréquentes infections extérieures (formule Yù Píng Fēng Sǎn 玉屏風散 Poudre Ecran de Jade)

– avec Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Lóng Gǔ (Os Draconis) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) : pour la transpiration nocturne post-partum et les pertes excessives de liquides organiques

– avec Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Wǔ Méi (Fructus Mume) : pour les sueurs nocturnes avec chaleur vide et sensations d’ébullition dans les os

– avec Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Fú Xiǎo Mài (Semen Tritici Aestivi Levis) : pour la transpiration nocturne due aux déficiences combinées du Qi et du Yin

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng yòng) : forme séchée standard, action astringente directe pour arrêter la transpiration
– en poudre (研末 yán mò) : peut être appliqué localement sur les zones de transpiration excessive pour une action topique immédiate

Formules Classiques

– Mǔ Lì Sǎn (牡蠣散 Poudre d’Huître)
Cette formule combine Má Huáng Gēn avec Mǔ Lì (Concha Ostreae), Huáng Qí (Radix Astragali) et Fú Xiǎo Mài (Semen Tritici Aestivi Levis) pour traiter la transpiration spontanée et nocturne due à la déficience du Qi défensif avec faiblesse du Cœur. Les quatre remèdes agissent en synergie : Huáng Qí tonifie le Qi défensif, Mǔ Lì astringente et calme l’esprit, Fú Xiǎo Mài nourrit le Yin du Cœur et élimine la chaleur vide, et Má Huáng Gēn ferme directement les pores pour arrêter la transpiration. C’est la formule classique de référence pour les transpirations pathologiques mixtes.

Toxicité :

Má Huáng Gēn ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Son profil de sécurité est nettement meilleur que celui de Má Huáng (Herba Ephedrae) : il ne contient pas d’éphédrine et ne présente pas les risques cardiovasculaires associés à la tige. Des études pharmacologiques ont mis en évidence des effets sur le système cardiovasculaire – la maokonine augmente la pression artérielle tandis que l’éphédradine A la diminue, et l’extrait de Má Huáng Gēn diminue la contractilité cardiaque en expérimentation animale. Ce remède a également un effet stimulant sur les muscles lisses intestinaux et utérins, ce qui justifie la prudence en cas de grossesse. Son utilisation est contre-indiquée en présence de syndromes d’Extérieur non résolus, car l’action astringente pourrait retenir les facteurs pathogènes à l’intérieur de l’organisme.


Fu Pen Zi

Fu Pen Zi

Fù Pén Zi (Fructus Rubi Chingii)

Identification

Chinois : 覆盆子
Pinyin : Fù Pén Zi
Traduction : fruit au bol renversé
Nom commun : framboise de Chine, framboise palmée
Nom latin : Fructus Rubi Chingii
Famille : Rosaceae
Espèces : Rubus chingii Hu. (覆盆子 Fù Pén Zi)
Partie utilisée : fruit immature séché
Texte d’origine : Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Registres Divers de Médecins Célèbres) par Táo Hóng-Jǐng au 5e siècle
Fu Pen Zi

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui stabilisent et resserrent (astringeants) (shōu liǎn gù shè yào 收敛固摄藥)
Saveurs : Doux (甘 gān), Acide (酸 suān)
Nature : Légèrement Chaud (微溫 wēi wēn)
Méridiens : Rein (腎 shèn), Foie (肝 gān)
Dosage : 3-10 g en décoction ; 1,5-3 g en poudre

Propriétés :

Tonifie le Rein et consolide l’Essence, retient l’urine, tonifie le Foie et améliore la vision.

Précautions :

Fù Pén Zi est contre-indiqué chez les patients présentant une dysurie brûlante causée par une accumulation de Chaleur-Humidité dans le Réchauffeur Inférieur. Il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience du Yin du Rein avec des signes de Chaleur, car sa nature légèrement chaude pourrait aggraver ces conditions. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Tonifie le Rein
Consolide l’Essence (Jīng 精)
Retient l’urine
Traite la spermatorrhée et les émissions nocturnes
Traite l’énurésie et la polyurie
Tonifie le Foie
Améliore la vision
Nourrit le Sang et l’Essence

Actions et Indications

– Tonifie le Rein, consolide l’Essence et retient l’urine :
Fù Pén Zi traite efficacement la déficience du Rein avec pertes séminales, éjaculation précoce, émissions nocturnes et polyurie ou énurésie. Sa saveur douce et acide lui confère une action astringente sur le Réchauffeur Inférieur sans provoquer de sécheresse excessive.
Il est couramment utilisé seul en poudre ou en association avec d’autres plantes toniques du Rein pour traiter les manifestations de déficience du Qi du Rein.
– Pour les pertes séminales, les émissions nocturnes et l’éjaculation précoce dues à la déficience du Rein, Fù Pén Zi est associé à Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae), Shā Yuàn Zǐ (Semen Astragali Complanati), Shān Zhū Yú (Fructus Corni) et Qiàn Shí (Semen Euryales).
– Pour la polyurie et l’énurésie dues à la déficience du Rein, Fù Pén Zi est associé à Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis), Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae) et Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae).
– Pour l’impuissance due à la déficience du Yang du Rein, Fù Pén Zi est utilisé avec Yín Yáng Huò (Herba Epimedii), Bā Jǐ Tiān (Radix Morindae Officinalis) et Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae).

Fù Pén Zi traite également le diabète insipide avec polyurie.
– Pour le diabète insipide avec polyurie, Fù Pén Zi est associé à Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Wū Yào (Radix Linderae) et Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae).

– Tonifie le Foie et améliore la vision :
Fù Pén Zi tonifie le Foie et le Rein, nourrit le Sang et l’Essence pour traiter la détérioration de l’acuité visuelle caractérisée par une vision floue, des vertiges et une vision diminuée.
Il est utilisé dans les cas de déficience du Foie et du Rein avec lésion de l’Essence et du Sang affectant les yeux.
– Pour la vision floue et diminuée due à la déficience du Foie et du Rein, Fù Pén Zi est associé à Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Shā Yuàn Zǐ (Semen Astragali Complanati) et Yè Míng Shā (Excrementum Vespertilionis Murini).

Liste des symptômes

Troubles génito-urinaires par déficience du Rein :
Pertes séminales (spermatorrhée)
Émissions nocturnes
Éjaculation précoce
Impuissance
Polyurie (urines abondantes et claires)
Énurésie (incontinence urinaire nocturne)
Mictions fréquentes
Diabète insipide avec polyurie
Leucorrhée abondante et claire

Troubles de la vision :
Vision floue et diminuée
Vertiges liés à la déficience du Foie et du Rein
Acuité visuelle réduite par lésion de l’Essence et du Sang

Commentaire

Fù Pén Zi (Fructus Rubi Chingii) tire son nom pittoresque, « fruit au bol renversé », de la forme caractéristique du fruit agrégé de la ronce, qui ressemble à un petit bol retourné. Ce remède appartient à la catégorie des astringents qui consolident et retiennent les substances précieuses du Réchauffeur Inférieur. Sa saveur douce et acide, combinée à sa nature légèrement chaude, en font un tonique doux du Rein qui consolide l’Essence sans provoquer de sécheresse excessive, ce qui le distingue avantageusement de nombreux autres toniques du Yang du Rein.

Fù Pén Zi est particulièrement reconnu dans la tradition médicale chinoise pour son double rôle de tonique et d’astringent du Rein. Il agit à la fois en renforçant la capacité du Rein à retenir l’Essence et l’urine, et en nourrissant le Foie pour améliorer la vision. Cette dualité d’action, tonifier et consolider simultanément, fait de Fù Pén Zi un remède de choix dans les formules traitant la déficience chronique du Rein avec fuite de l’Essence. Selon le Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Registres Divers de Médecins Célèbres), ce remède renforce le Qi du Rein et stabilise les fonctions de rétention de l’organe.

Fù Pén Zi se distingue de Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis) et de Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae) dans le traitement des troubles urinaires liés à la déficience du Rein. Sāng Piāo Xiāo consolide l’Essence Jīng avec une action plus marquée sur l’impuissance et les leucorrhées. Yì Zhì Rén tonifie plus puissamment la Rate et le Rein. Fù Pén Zi, en revanche, est le plus efficace des trois pour tonifier conjointement le Foie et le Rein, et son usage est particulièrement indiqué lorsque la vision est également altérée. Wū Yào (Radix Linderae) réchauffe le Rein et la Vessie pour réguler le Qi et traiter les mictions fréquentes, sans posséder l’action tonique du Foie propre à Fù Pén Zi.

Associations

– avec Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae), Shā Yuàn Zǐ (Semen Astragali Complanati), Shān Zhū Yú (Fructus Corni) et Qiàn Shí (Semen Euryales) : pour les pertes séminales, les émissions nocturnes et l’éjaculation précoce dues à la déficience du Rein

– avec Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis), Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae) et Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae) : pour la polyurie et l’énurésie dues à la déficience du Rein

– avec Yín Yáng Huò (Herba Epimedii), Bā Jǐ Tiān (Radix Morindae Officinalis) et Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae) : pour l’impuissance due à la déficience du Yang du Rein

– avec Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Shā Yuàn Zǐ (Semen Astragali Complanati) et Yè Míng Shā (Excrementum Vespertilionis Murini) : pour la vision floue et diminuée due à la déficience du Foie et du Rein

– avec Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Wū Yào (Radix Linderae) et Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae) : pour le diabète insipide avec polyurie

– avec Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae) et Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae) : pour la leucorrhée abondante et les pertes séminales par déficience du Rein

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng fù pén zi) : forme non préparée, action modérée pour tonifier le Rein, consolider l’Essence et retenir l’urine
– en poudre (研末 yán mò) : forme pulvérisée, utilisée seule pour les pertes séminales légères à la dose de 1,5 à 3 g, prise avec de l’eau tiède

Formules Classiques

– Wǔ Zǐ Yǎn Zōng Wán (五子衍宗丸 Pilule des Cinq Graines pour Perpétuer la Descendance)
Cette formule classique combine Fù Pén Zi avec Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae), Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) et Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis) pour tonifier le Rein, consolider l’Essence, traiter l’infertilité masculine, l’impuissance, les émissions nocturnes et améliorer la vision. C’est la formule la plus représentative de l’usage de Fù Pén Zi.

– Sāng Piāo Xiāo Sǎn (桑螵蛸散 Poudre d’Oothèque de Mante Religieuse)
Formule qui utilise Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis) comme plante principale, combinée à Fù Pén Zi, Lóng Gǔ (Os Draconis), Guī Bǎn (Plastrum Testudinis), Fú Shén (Poria Paradicis) et Yuǎn Zhì (Radix Polygalae) pour traiter la spermatorrhée et les émissions nocturnes dues aux déficiences conjointes du Cœur et du Rein.

Toxicité :

Fù Pén Zi ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Ce remède est généralement bien toléré. Cependant, en raison de sa nature légèrement chaude et de son action astringente, une utilisation prolongée est déconseillée chez les patients présentant une déficience du Yin du Rein avec signes de Chaleur-Vide ou une accumulation de Chaleur-Humidité dans le Réchauffeur Inférieur. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée aux doses thérapeutiques usuelles.


Shan Zhu Yu

Shan Zhu Yu

Shān Zhū Yú (Corni Fructus)

Identification

Chinois : 山茱萸
Pinyin : shān zhū yú
Traduction : cornouiller de montagne
Nom commun : fruit de cornouiller officinal
Nom latin : Corni Fructus
Famille : Cornaceae
Espèces : Cornus officinalis Sieb. et Zucc. (山茱萸 shān zhū yú)
Partie utilisée : fruit mûr débarrassé de son noyau
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) au 2e siècle
Shan Zhu Yu

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui stabilisent et resserrent (astringeants) (shōu liǎn gù shè yào 收敛固摄藥)
Saveurs : Acide (酸 suān), Légèrement amer (微苦 wēi kǔ)
Nature : Légèrement tiède (微溫 wēi wēn)
Méridiens : Foie (肝 gān), Rein (腎 shèn)
Dosage : 6-12 g (jusqu’à 30 g dans les cas graves)

Propriétés :

Tonifie le Foie et le Rein, retient le Jing et les liquides organiques, retient le Qi et arrête le collapsus, stabilise le Qi du Rein, arrête les saignements utérins, consolide le Qi défensif.

Précautions :

Shān Zhū Yú est contre-indiqué en cas de Chaleur-Humidité dans le Foyer Inférieur, de dysurie due à la Chaleur, et de difficultés mictionnelles dues à un excès de Chaleur. En raison de sa nature astringente et légèrement chaude, il ne doit pas être utilisé lorsque des facteurs pathogènes sont encore présents dans l’organisme, car il risque de les retenir à l’intérieur du corps. Ce remède est également contre-indiqué en cas d’émissions séminales dues à la Chaleur-Humidité.

Fonctions principales :

Tonifie le Foie et le Rein
Nourrit le Sang du Foie
Tonifie le Jing et le Yang du Rein
Retient le Jing et les liquides organiques
Consolidel le Qi du Rein
Arrête les saignements utérins
Retient le Qi et arrête le collapsus
Consolide le Qi défensif

Actions et Indications

– Tonifie le Foie et le Rein :
Shān Zhū Yú nourrit le Sang du Foie et le Jing et le Yang du Rein, traitant les manifestations de déficience du Foie et du Rein telles que vertiges, étourdissements, acouphènes, faiblesse et douleur lombaire et des genoux, impuissance et émissions séminales.
Il est l’un des remèdes les plus importants de la pharmacopée pour tonifier simultanément le Yin et le Yang du Rein et du Foie.
– Pour les déficiences de Yin du Foie et du Rein avec vertiges, acouphènes, sueurs nocturnes et fièvre de type déficience, Shān Zhū Yú est associé à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) et Fú Líng (Poria), formule Liù Wèi Dì Huáng Wán 六味地黃丸 (Pilule des Six Ingrédients à base de Rehmannia).
– Pour les acouphènes et la vision trouble dus à la déficience de Yin du Rein, Shān Zhū Yú est associé à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Guī Bǎn Jiāo (Gelatinum Plastrum Testudinis), Lù Jiǎo Jiāo (Gelatinum Cornu Cervi) et Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii).
– Pour l’impuissance et les émissions séminales dues à la déficience de Yang du Rein, Shān Zhū Yú est associé à Bǔ Gǔ Zhī (Fructus Psoraleae), Suǒ Yáng (Herba Cynomorii), Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae) et Yín Yáng Huò (Herba Epimedii).
– Pour les douleurs lombaires, Shān Zhū Yú est associé à Xù Duàn (Radix Dipsaci) et Dù Zhòng (Cortex Eucommiae).

– Retient le Jing et les liquides organiques :
La saveur aigre et astringente de Shān Zhū Yú lui confère une capacité à retenir et à consolider le Jing du Rein, prévenant les fuites de substances vitales. Il traite efficacement les émissions séminales, l’énurésie, la pollakiurie et les sueurs excessives liées à une déficience du Zhèng Qi.
– Pour les sueurs excessives dues à une déficience du Zhèng Qi, Shān Zhū Yú est associé à Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Huáng Qí (Radix Astragali), Lóng Gǔ (Os Draconis) et Mǔ Lì (Concha Ostreae).
– Pour la pollakiurie et l’énurésie dues à la déficience de Yang du Rein, Shān Zhū Yú est associé à Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis), Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae), Fù Pén Zǐ (Fructus Rubi), Wū Yào (Radix Linderae Strychnifolia) et Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata).
– Pour les émissions terminales après la miction, Shān Zhū Yú est associé à Fù Pén Zǐ (Fructus Rubi), Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae), Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae) et Shā Yuàn Zǐ (Semen Astragali Complanati).

– Retient le Qi et arrête le collapsus :
Shān Zhū Yú est indiqué dans les situations d’urgence caractérisées par le collapsus du Qi, la chute soudaine de la pression artérielle, les sueurs profuses et la prostration. Sa capacité à retenir le Qi et à consolider le Yang le rend précieux dans le traitement des états de choc et des effondrements de Yang.
– Pour le choc, la chute brutale de la pression artérielle et les sueurs profuses caractéristiques du collapsus du Yang, Shān Zhū Yú est associé à Rén Shēn (Radix Ginseng) et Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata).

– Arrête les saignements utérins :
Shān Zhū Yú traite les saignements utérins excessifs en consolidant et en astringent les vaisseaux du Chong Mai et du Ren Mai lorsque ceux-ci sont insuffisamment nourris par les déficiences du Foie et du Rein.
– Pour les saignements utérins excessifs avec déficience, Shān Zhū Yú est associé à Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) carbonisé, È Jiāo (Colla Corii Asini) et Ài Yè (Folium Artemisiae Argyi) carbonisé.

Liste des symptômes

Troubles liés à la déficience du Foie et du Rein :
Vertiges et étourdissements
Acouphènes
Vision trouble
Faiblesse et douleur lombaire et des genoux
Fièvre de type déficience
Sueurs nocturnes
Bouffées de chaleur

Troubles liés à la fuite du Jing et des liquides :
Émissions séminales et éjaculation prématurée
Spermatorrhée
Énurésie et incontinence urinaire
Pollakiurie nocturne
Sueurs spontanées excessives
Sueurs nocturnes

Troubles gynécologiques :
Saignements utérins excessifs
Pertes vaginales abondantes et claires
Spotting intermenstruel dû à la déficience

Troubles d’urgence :
Collapsus du Yang
Chute brutale de la tension artérielle
Sueurs profuses dans les états de choc
Prostration extrême

Commentaire

Shān Zhū Yú (Fructus Corni) tire son nom de l’arbre Cornus officinalis, un cornouiller originaire du Japon et de la Chine centrale et méridionale. Ce remède est l’un des toniques les plus importants de la pharmacopée chinoise pour le Foie et le Rein, en raison de sa double capacité à tonifier à la fois le Yin et le Yang de ces deux organes. Sa saveur aigre-astringente en fait un remède de choix pour retenir et consolider le Jing, les liquides organiques et le Qi, prévenant ainsi les fuites pathologiques de substances vitales.

La caractéristique la plus remarquable de Shān Zhū Yú est sa capacité unique à tonifier sans être trop chaud ni trop desséchant. Contrairement à de nombreux toniques du Yang du Rein qui sont très chauds et desséchants, Shān Zhū Yú est seulement légèrement chaud et peut être utilisé dans les formules traitant aussi bien la déficience de Yin que de Yang du Rein. Cette polyvalence explique sa présence dans des formules aussi différentes que la Liù Wèi Dì Huáng Wán 六味地黃丸 (Pilule des Six Ingrédients à base de Rehmannia) qui tonifie le Yin, et la Jīn Guì Shèn Qì Wán 金匱腎氣丸 (Pilule du Qi du Rein du Classique du Coffret d’Or) qui tonifie le Yang.

Une application clinique majeure de Shān Zhū Yú concerne le traitement des états d’urgence de collapsus du Yang, une situation dans laquelle le Qi et le Yang du Rein s’effondrent soudainement, entraînant une chute brutale de la pression artérielle, des sueurs profuses, une prostration extrême et des extrémités froides. Dans ces situations critiques, Shān Zhū Yú associé à Rén Shēn (Radix Ginseng) et Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata) constitue un traitement d’urgence classique de la médecine chinoise.

Shān Zhū Yú se distingue de Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), avec lequel il partage la fonction de retenir les liquides et d’arrêter les sueurs excessives. Alors que Wǔ Wèi Zǐ agit principalement sur le Poumon et le Rein pour arrêter la toux et retenir le Qi du Poumon, Shān Zhū Yú agit spécifiquement sur le Foie et le Rein pour tonifier le Jing, consolider les émissions et arrêter les saignements utérins. Les deux remèdes se complètent et sont souvent associés pour renforcer mutuellement leurs effets astringents.

Associations

– avec Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) et Fú Líng (Poria) : pour la déficience de Yin du Foie et du Rein (formule Liù Wèi Dì Huáng Wán 六味地黃丸 Pilule des Six Ingrédients à base de Rehmannia)

– avec Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Huáng Qí (Radix Astragali), Lóng Gǔ (Os Draconis) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) : pour les sueurs excessives dues à la déficience du Zhèng Qi

– avec Rén Shēn (Radix Ginseng) et Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata) : pour le choc et le collapsus du Yang avec chute brutale de la pression artérielle et sueurs profuses

– avec Bǔ Gǔ Zhī (Fructus Psoraleae), Suǒ Yáng (Herba Cynomorii), Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae) et Yín Yáng Huò (Herba Epimedii) : pour l’impuissance et les émissions séminales dues à la déficience de Yang du Rein

– avec Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis), Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae), Fù Pén Zǐ (Fructus Rubi) et Wū Yào (Radix Linderae Strychnifolia) : pour la pollakiurie et l’énurésie dues à la déficience de Yang du Rein

– avec Xù Duàn (Radix Dipsaci) et Dù Zhòng (Cortex Eucommiae) : pour les douleurs lombaires dues à la déficience du Rein

– avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) carbonisé, È Jiāo (Colla Corii Asini) et Ài Yè (Folium Artemisiae Argyi) carbonisé : pour les saignements utérins excessifs

– avec Guī Bǎn Jiāo (Gelatinum Plastrum Testudinis), Lù Jiǎo Jiāo (Gelatinum Cornu Cervi) et Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii) : pour les acouphènes et la vision trouble dus à la déficience de Yin du Rein

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng shān zhū yú) : forme non traitée, possède une action plus forte pour retenir les liquides organiques et arrêter les sueurs excessives
– préparé à la vapeur avec du vin de riz (酒蒸 jiǔ zhēng shān zhū yú) : forme préparée avec du vin de céréales, confère une nature plus chaude et une action tonique plus forte sur le Foie et le Rein ; couramment utilisé pour les douleurs lombaires, les émissions séminales et l’instabilité de la grossesse

Formules Classiques

– Liù Wèi Dì Huáng Wán (六味地黃丸 Pilule des Six Ingrédients à base de Rehmannia)
Cette formule fondamentale de la médecine chinoise combine Shān Zhū Yú avec Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) et Fú Líng (Poria) pour tonifier le Yin du Foie et du Rein, traiter les vertiges, acouphènes, faiblesse lombaire et les sueurs nocturnes par déficience de Yin.

– Jīn Guì Shèn Qì Wán (金匱腎氣丸 Pilule du Qi du Rein du Coffret d’Or)
Cette formule classique issue du Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 (Prescriptions Essentielles du Coffret d’Or) intègre Shān Zhū Yú avec Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis), Fú Líng (Poria), Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) et Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata) pour tonifier le Yang du Rein et traiter les douleurs lombaires, la pollakiurie, les membres froids et la fatigue liées à la déficience de Yang du Rein.

– Zuǒ Guī Wán (左歸丸 Pilule pour Ramener à Gauche)
Formule issue du Jǐng Yuè Quán Shū 景岳全書 (Œuvres Complètes de Jing Yue) associant Shān Zhū Yú à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae), Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Guī Bǎn Jiāo (Gelatinum Plastrum Testudinis), Lù Jiǎo Jiāo (Gelatinum Cornu Cervi) et Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) pour nourrir profondément le Vrai Yin du Rein, traiter l’émaciation, les sueurs nocturnes, les acouphènes et la faiblesse lombaire graves.

Toxicité :

Shān Zhū Yú ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. En raison de sa nature légèrement chaude et astringente, une utilisation prolongée à doses élevées peut aggraver les symptômes de Chaleur-Humidité dans le Foyer Inférieur chez les personnes présentant des signes de Chaleur. Les noyaux du fruit doivent être retirés avant utilisation, car leur action est contraire à celle de la chair du fruit. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée aux doses thérapeutiques habituelles.



Wu Wei Zi

Wu Wei Zi

Wǔ Wèi Zǐ (Schisandrae Fructus)

Identification

Chinois : 五味子
Pinyin : wǔ wèi zǐ
Traduction : fruit aux cinq saveurs
Nom commun : baie de Schisandra, fruit de Schisandra
Nom latin : Schisandrae Fructus
Famille : Schisandraceae
Espèces : Schisandra chinensis (Turcz.) Baill. (北五味子 běi wǔ wèi zǐ) ; Schisandra sphenanthera Rehd. et Wils. (南五味子 nán wǔ wèi zǐ)
Partie utilisée : fruit mûr séché
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) au 2e siècle
Wu Wei Zi

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui stabilisent et resserrent (astringeants) (shōu liǎn gù shè yào 收敛固摄藥)
Saveurs : Acide (酸 suān), Doux (甘 gān)
Nature : Tiède (温 wēn)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Poumon (肺 fèi), Rein (肾 shèn)
Dosage : 3-10 g

Propriétés :

Resserre le Poumon et arrête la toux, enrichit le Rein et affermit l’Essence, génère les Liquides et arrête la transpiration, arrête la diarrhée, calme le Cœur et apaise l’Esprit.

Précautions :

Wu Wei Zi est contre-indiqué en cas de toux avec présence de facteurs pathogènes externes non résolus, de chaleur dans le Poumon avec toux et expectoration de mucosités jaunes, ou de rougeole à son début.
Il ne doit pas être utilisé en cas de diarrhée due à l’humidité-chaleur ou en présence de chaleur interne avec plénitude.
Les doses élevées peuvent causer des troubles gastriques, une diminution de l’appétit, des reflux acides ou des brûlures d’estomac.

Fonctions principales :

Resserre et affermit le Poumon
Arrête la toux chronique
Enrichit le Yin du Rein
Affermit l’Essence
Génère les Liquides
Arrête la transpiration
Arrête la diarrhée chronique
Calme le Cœur
Apaise l’Esprit

Actions et Indications

– Resserre le Poumon, arrête la toux et calme la dyspnée :
Wu Wei Zi possède une action astringente qui resserre le Poumon et arrête la toux chronique et la dyspnée dues à une déficience du Poumon et du Rein.
Il est particulièrement efficace pour la toux chronique avec déficience du Poumon, caractérisée par une toux faible et superficielle avec expectoration de mucosités claires et abondantes.
– Pour la toux chronique due à une déficience du Poumon et du Rein, Wu Wei Zi est associé à Ren Shen (Radix Ginseng), Mai Men Dong (Radix Ophiopogonis) et Shu Di Huang (Radix Rehmanniae Preparata).
– Pour la dyspnée et la toux avec mucosités abondantes dues à une déficience du Poumon et du Rein, on l’associe à Gan Jiang (Rhizoma Zingiberis), Xi Xin (Herba Asari), Ban Xia (Rhizoma Pinelliae) et Xing Ren (Semen Armeniacae Amarum), formule Líng Gān Jiāng Wèi Xīn Xià Rén Tāng 苓甘姜味辛夏仁汤 (Décoction de Poria, Réglisse, Gingembre, Schisandra, Asarum, Pinellia et Noyau d’Abricot).

– Enrichit le Rein et affermit l’Essence :
Wu Wei Zi enrichit le Yin du Rein et affermit l’Essence pour traiter l’émission séminale, la spermatorrhée, les pertes vaginales chroniques et la polyurie.
– Pour l’émission séminale et la spermatorrhée dues à une déficience du Rein, Wu Wei Zi est associé à Sang Piao Xiao (Ootheca Mantidis), Long Gu (Os Draconis), Mu Li (Concha Ostreae) et Sha Yuan Zi (Semen Astragali Complanati).
– Pour les pertes vaginales chroniques, on l’associe à Fu Ling (Poria), Shan Yao (Rhizoma Dioscoreae) et Qian Shi (Semen Euryales).

– Génère les Liquides et arrête la transpiration :
Wu Wei Zi génère les Liquides pour traiter la soif et la sécheresse de la bouche dues à une consomption des Liquides par la chaleur ou à une déficience du Yin.
– Pour la soif et le syndrome de consomption-soif (syndrome métabolique), Wu Wei Zi est associé à Tian Hua Fen (Radix Trichosanthis), Mai Men Dong (Radix Ophiopogonis) et Huang Qi (Radix Astragali).
Wu Wei Zi arrête la transpiration spontanée et les sueurs nocturnes dues à une déficience du Qi ou du Yin.
Pour la transpiration spontanée due à une déficience du Qi, on l’associe à Huang Qi (Radix Astragali), Ma Huang Gen (Radix Ephedrae) et Fu Xiao Mai (Semen Tritici Aestivi Levis), formule Mǔ Lì Sǎn 牡蛎散 (Poudre d’Huître).
Pour les sueurs nocturnes dues à une déficience du Yin, on l’associe à Sheng Di Huang (Radix Rehmanniae), Mai Men Dong (Radix Ophiopogonis) et Dang Gui (Radicis Angelicae Sinensis).

– Arrête la diarrhée :
Wu Wei Zi affermit les Intestins pour traiter la diarrhée chronique due à une déficience du Rein ou de la Rate.
Pour la diarrhée de l’aube (diarrhée du coq) due à une déficience du Yang du Rein et de la Rate, Wu Wei Zi est associé à Bu Gu Zhi (Fructus Psoraleae), Rou Dou Kou (Semen Myristicae) et Wu Zhu Yu (Fructus Evodiae), formule Sì Shén Wán 四神丸 (Pilule des Quatre Substances Miraculeuses).

– Calme le Cœur et apaise l’Esprit :
Wu Wei Zi entre dans le méridien du Cœur pour calmer l’Esprit et traiter l’insomnie, les palpitations, les rêves excessifs et l’agitation mentale.
Pour l’insomnie et les palpitations dues à une déficience du Cœur et du Rein, Wu Wei Zi est associé à Ren Shen (Radix Ginseng), Suan Zao Ren (Semen Zizyphi Spinosae) et Fu Ling (Poria).

Liste des symptômes

Toux chronique avec expectoration de mucosités claires
Dyspnée et respiration superficielle par déficience
Toux et dyspnée aggravées à l’effort
Émission séminale et spermatorrhée
Pertes vaginales chroniques blanches
Polyurie et énurésie
Transpiration spontanée par déficience du Qi
Sueurs nocturnes par déficience du Yin
Soif et sécheresse de la bouche
Syndrome de consomption-soif (diabète)
Diarrhée chronique par déficience
Diarrhée de l’aube
Insomnie et palpitations
Rêves excessifs et agitation mentale
Irritabilité et amnésie

Commentaire

Wǔ Wèi Zǐ (Schisandrae Fructus) tire son nom des cinq saveurs qu’il possède : acide, doux, amer, acide et salé. Cette caractéristique unique lui permet d’agir sur les cinq organes Yin. Sa saveur acide dominante lui confère une action astringente puissante qui stabilise et affermit, tandis que sa nature tiède réchauffe doucement sans assécher.

Wu Wei Zi est l’un des remèdes astringents les plus importants de la pharmacopée chinoise. Il entre dans les méridiens du Poumon, du Rein et du Cœur, démontrant une capacité remarquable à tonifier tout en astreignant. Cette double action le distingue des autres substances astringentes qui ne font que retenir sans nourrir.

Dans le traitement des pathologies du Poumon, Wu Wei Zi resserre le Poumon et arrête la toux chronique. Il est particulièrement indiqué lorsque la toux résulte d’une déficience du Poumon et du Rein avec perte de la fonction de descente et d’astringence. Le Běn Cǎo Gāng Mù 本草纲目 (Grand Matériel Médical) note que Wu Wei Zi bénéficie au Qi du Poumon et du Rein.

Pour le Rein, Wu Wei Zi enrichit le Yin et affermit l’Essence. Il traite efficacement les manifestations de fuite des Liquides et de l’Essence dues à une déficience du Rein : émissions séminales, pertes vaginales chroniques, polyurie. Sa capacité à enrichir le Yin du Rein tout en affermissant l’Essence en fait un remède de choix pour les pathologies chroniques impliquant une déficience du Rein.

Wu Wei Zi génère également les Liquides et arrête la transpiration. Il est utilisé pour traiter la soif, la sécheresse de la bouche et le syndrome de consomption-soif lorsque les Liquides ont été consommés par la chaleur ou une déficience chronique. Pour la transpiration spontanée et les sueurs nocturnes, Wu Wei Zi stabilise l’extérieur et consolide les Liquides.

Dans le domaine de la Rate et des Intestins, Wu Wei Zi affermit les Intestins pour arrêter la diarrhée chronique, particulièrement la diarrhée de l’aube qui survient au petit matin et résulte d’une déficience du Yang du Rein et de la Rate.

Enfin, Wu Wei Zi calme le Cœur et apaise l’Esprit, traitant l’insomnie, les palpitations et l’agitation mentale. Sa capacité à enrichir le Yin tout en calmant l’Esprit le rend particulièrement utile dans les pathologies impliquant une déficience du Cœur et du Rein.

Le principe thérapeutique avec Wu Wei Zi est d’astreindre et de stabiliser tout en tonifiant et en nourrissant. Cependant, comme tous les remèdes astringents, il ne doit être utilisé qu’après que les facteurs pathogènes externes ont été éliminés, car sa nature astringente pourrait retenir le pathogène à l’intérieur.

Associations

– avec Mai Men Dong (Radix Ophiopogonis) et Ren Shen (Radix Ginseng) : pour tonifier le Qi, nourrir le Yin, générer les Liquides et arrêter la transpiration (formule Shēng Mài Sǎn 生脉散 Poudre pour Générer le Pouls)
– avec Huang Qi (Radix Astragali), Ma Huang Gen (Radix Ephedrae) et Mu Li (Concha Ostreae) : pour la transpiration spontanée par déficience du Qi du Poumon (formule Mǔ Lì Sǎn 牡蛎散 Poudre d’Huître)
– avec Bu Gu Zhi (Fructus Psoraleae), Rou Dou Kou (Semen Myristicae) et Wu Zhu Yu (Fructus Evodiae) : pour la diarrhée de l’aube (formule Sì Shén Wán 四神丸 Pilule des Quatre Substances Miraculeuses)
– avec Sang Piao Xiao (Ootheca Mantidis), Long Gu (Os Draconis) et Mu Li (Concha Ostreae) : pour l’émission séminale et la spermatorrhée
– avec Gan Jiang (Rhizoma Zingiberis), Xi Xin (Herba Asari) et Ban Xia (Rhizoma Pinelliae) : pour la toux et la dyspnée avec mucosités abondantes par déficience du Poumon et du Rein
– avec Zhi Mu (Anemarrhenae Rhizoma) et Huang Qi (Radix Astragali) : pour le syndrome de consomption-soif avec déficience du Yin et du Qi

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng wǔ wèi zǐ) : a un effet plus fort pour générer les Liquides, arrêter la transpiration et arrêter la diarrhée
– étuvé avec du vinaigre (醋制 cù zhì wǔ wèi zǐ) : a un effet renforcé pour astreindre le Poumon et arrêter la toux, enrichir le Rein et affermit l’Essence
– étuvé avec du vin (酒制 jiǔ zhì wǔ wèi zǐ) : dirige l’action vers le haut pour traiter les pathologies du Poumon et du Cœur
– étuvé avec du miel (蜜炙 mì zhì wǔ wèi zǐ) : renforce l’action de tonification du Poumon et d’arrêt de la toux

Formules Classiques

– Sheng Mai San (生脉散 Poudre pour Générer le Pouls)
Cette formule célèbre combine Wu Wei Zi avec Ren Shen (Radix Ginseng) et Mai Men Dong (Radix Ophiopogonis) pour tonifier le Qi, nourrir le Yin et générer les Liquides.

– Mu Li San (牡蛎散 Poudre d’Huître)
Wu Wei Zi est associé à Mu Li (Concha Ostreae), Huang Qi (Radix Astragali) et Ma Huang Gen (Radix Ephedrae) pour arrêter la transpiration spontanée.

– Si Shen Wan (四神丸 Pilule des Quatre Substances Miraculeuses)
Formule classique pour la diarrhée de l’aube, combinant Wu Wei Zi avec Bu Gu Zhi (Fructus Psoraleae), Rou Dou Kou (Semen Myristicae) et Wu Zhu Yu (Fructus Evodiae).

– Ling Gan Jiang Wei Xin Xia Ren Tang (苓甘姜味辛夏仁汤 Décoction de Poria, Réglisse, Gingembre, Schisandra, Asarum, Pinellia et Noyau d’Abricot)
Wu Wei Zi est combiné avec des herbes réchauffantes et transformant les mucosités pour traiter la toux et la dyspnée par déficience du Poumon et du Rein avec rétention de liquides.

Toxicité :

Wu Wei Zi est généralement considéré comme sûr aux doses thérapeutiques normales. Cependant, des doses élevées (plus de 15 g) peuvent causer des troubles gastriques, une diminution de l’appétit, des reflux acides, des brûlures d’estomac et rarement des réactions allergiques cutanées. Chez certains individus sensibles, des doses moyennes peuvent provoquer une sensation d’oppression thoracique. La toxicité aiguë est faible. Dans les études animales, la DL50 par voie orale chez la souris est supérieure à 10 g/kg. L’utilisation à long terme aux doses thérapeutiques est généralement bien tolérée.



Pi Pa Ye

Pi Pa Ye

Pí Pá Yè (Folium Eriobotryae Japonicae)

Identification

Chinois : 枇杷葉
Pinyin : pí pá yè
Traduction : feuille de biwa, feuille de néflier du Japon
Nom commun : feuille de loquat, feuille d’érine
Nom latin : Folium Eriobotryae Japonicae
Famille : Rosaceae
Espèces : Eriobotrya japonica (Thunb.) Lindl. (枇杷葉 pí pá yè)
Partie utilisée : feuille séchée ou fraîche, brossée ou enveloppée dans un tissu avant décoction pour ôter les poils irritants
Texte d’origine : Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Registres Divers de Médecins Célèbres) par Táo Hóng-Jǐng au 5e siècle
Pi Pa Ye

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui arrêtent la toux et calment les sifflements respiratoires (zhǐ ké píng chuǎn yào 止咳平喘藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ)
Nature : Frais (涼 liáng)
Méridiens : Poumon (肺 fèi), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 10-15 g (forme sèche), 15-30 g (forme fraîche), en décoction

Propriétés :

Clarifie la Chaleur du Poumon et dissout les glaires, arrête la toux, harmonise l’Estomac et régule le Qi de l’Estomac vers le bas.

Précautions :

Pí Pá Yè est contre-indiqué en cas de toux due au Froid, et de nausées et vomissements causés par un Froid de l’Estomac. Les feuilles comportent des poils fins qui irritent la muqueuse de la gorge : elles doivent être soigneusement brossées ou enveloppées dans une gaze avant décoction afin d’éviter la toux, un œdème ou des spasmes du larynx. La forme préparée au miel renforce l’action humidifiante et convient mieux au traitement de la toux due à la Chaleur sèche. La forme crue est préférée pour traiter les nausées et vomissements. Ce remède ne présente pas de toxicité aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Clarifie la Chaleur du Poumon
Dissout les glaires
Arrête la toux
Harmonise l’Estomac
Régule le Qi de l’Estomac vers le bas
Arrête les nausées et vomissements

Actions et Indications

– Clarifie la Chaleur du Poumon, dissout les glaires et arrête la toux :
Pí Pá Yè est amer, frais et descendant par nature : il séduit la Chaleur du Poumon, transforme les glaires et fait descendre le Qi du Poumon pour traiter la toux. Il est particulièrement indiqué pour les toux avec expectorations jaunes abondantes, bouche amère et sécheresse de la bouche dues à la Chaleur du Poumon.
– Pour la toux avec expectorations jaunes épaisses due à la Chaleur du Poumon, Pí Pá Yè est associé à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Sāng Bái Pí (Cortex Mori).

Pí Pá Yè traite également la toux due à la Chaleur sèche, caractérisée par une toux sèche ou avec sensation que des expectorations restent dans la poitrine après expectoration, ainsi que sécheresse de la bouche et langue rouge.
– Pour la toux due à la Chaleur sèche, Pí Pá Yè est associé à Sāng Bái Pí (Cortex Mori), Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Bǎi Bù (Radix Stemonae), ce remède étant souvent servi avec du miel.
– Pour l’hémoptysie due à la Chaleur du Poumon blessant le Yin, Pí Pá Yè est associé à Bái Jí (Rhizoma Bletillae), È Jiāo (Colla Corii Asini), Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae).
– Pour la toux chronique et consomptive, Pí Pá Yè est associé à Bǎi Hé (Bulbus Lilii), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Zǐ Wǎn (Radix Asteris) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis).

– Harmonise l’Estomac et régule le Qi de l’Estomac vers le bas :
Pí Pá Yè clarifie la Chaleur de l’Estomac et fait descendre le Qi de l’Estomac rebelle pour traiter les nausées et vomissements. Les symptômes secondaires peuvent inclure des vomissements à odeur acide, une régurgitation acide et la soif.
Il est traditionnellement indiqué lorsque la Chaleur de l’Estomac provoque une inversion du Qi de l’Estomac.
– Pour les nausées et vomissements dues à la Chaleur de l’Estomac, Pí Pá Yè est associé à Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Zhú Rú (Caulis Bambusae in Taenia) et Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis).
– Pour les nausées, vomissements et soif dus à la Chaleur de l’Estomac avec troubles respiratoires, on peut ajouter Sāng Yè (Folium Mori) afin d’harmoniser le Poumon et l’Estomac.

Liste des symptômes

Troubles respiratoires :
Toux avec expectorations jaunes épaisses et collantes
Toux sèche difficile à expectorer
Bouche amère et sécheresse de la bouche lors des épisodes de Chaleur du Poumon
Sensation d’oppression thoracique avec rétention de glaires
Hémoptysie due à la Chaleur du Poumon blessant le Yin
Toux chronique et consomptive

Troubles digestifs :
Nausées et vomissements dus à la Chaleur de l’Estomac
Régurgitation acide et vomissements à odeur acide
Soif accompagnant l’inversion du Qi de l’Estomac

Commentaire

Pí Pá Yè (Folium Eriobotryae) tire son nom du néflier du Japon (loquat), arbre fruitier cultivé dans toute la Chine méridionale et le reste de l’Asie orientale. Sa saveur amère et sa nature fraîche en font un remède de choix pour faire descendre le Qi rebelle, aussi bien au niveau du Poumon que de l’Estomac. Son action principale réside dans cette capacité à diriger le Qi vers le bas : lorsque le Qi descend, le feu diminue et les glaires se dissipent d’elles-mêmes, d’où la cessation de la toux et l’apaisement des nausées.

Pí Pá Yè est particulièrement reconnu pour son action humidifiante et refroidissante sur le Poumon. Il est l’un des meilleurs remèdes pour les expectorations collantes et difficiles à expectorer causées par la Chaleur du Poumon. Cette qualité le distingue de nombreux autres remèdes qui arrêtent la toux : contrairement à ceux-ci, il est à la fois refroidissant et humidifiant, ce qui le rend idéal pour les toux sèches causées par la Chaleur et la Sécheresse. Les textes classiques soulignent que, pour traiter les troubles du Poumon et de l’Estomac, ce remède est généralement utilisé pour sa capacité à diriger le Qi rebelle vers le bas.

Pí Pá Yè entretient une relation de complémentarité remarquable avec Sāng Yè (Folium Mori). Le Métal du Poumon contrôle normalement le Bois du Foie, mais lorsque le Poumon est déficient ou le Foie trop vigoureux, cette relation peut s’inverser, poussant le Qi du Poumon vers le haut au lieu de le faire descendre. Pí Pá Yè, amer, frais, entrant dans les méridiens du Poumon et de l’Estomac, descend et refroidit la Chaleur du Poumon pour transformer les glaires et arrêter la toux. Sāng Yè, léger et ascendant, frais et humide, disperse la Chaleur-Vent tout en drainant la Chaleur du Poumon et du Foie. Ensemble, ces deux remèdes rétablissent l’équilibre entre les deux organes et renforcent mutuellement leur action de clarification.

Pí Pá Yè se distingue de Bái Qián (Rhizoma Cynanchi Stauntonii) dans leur action commune de faire descendre le Qi rebelle du Poumon. Pí Pá Yè est frais et humidifiant, et convient donc à la toux sèche ou aux glaires difficiles à expectorer causées par la Chaleur et la Sécheresse, et arrête également les nausées. Bái Qián est légèrement tiède et asséchant, et convient davantage au Qi du Poumon obstrué par un facteur pathogène externe, avec sensation de plénitude dans la poitrine et bruit de glaires dans la gorge. Pí Pá Yè se distingue également de Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum) : tous deux traitent les affections du Poumon et de l’Estomac, mais Pí Pá Yè est frais et humide, traite la Chaleur-glaires et la toux de Sécheresse ; Bàn Xià est chaud et asséchant, transforme l’humidité et les glaires froides et traite la toux avec expectorations abondantes d’origine Humidité-glaires. Combinés, ils se complètent mutuellement : humide et sec, froid et chaud s’équilibrent, et leur effet combiné pour faire descendre le Qi s’en trouve considérablement renforcé.

Associations

– avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Sāng Bái Pí (Cortex Mori) : pour la toux avec expectorations jaunes épaisses dues à la Chaleur du Poumon

– avec Sāng Bái Pí (Cortex Mori), Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Bǎi Bù (Radix Stemonae) : pour la toux due à la Chaleur sèche

– avec Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Zhú Rú (Caulis Bambusae in Taenia) et Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis) : pour les nausées et vomissements dues à la Chaleur de l’Estomac

– avec Bái Jí (Rhizoma Bletillae), È Jiāo (Colla Corii Asini) et Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis) : pour l’hémoptysie due à la Chaleur du Poumon blessant le Yin

– avec Bǎi Hé (Bulbus Lilii), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Shān Zhū Yú (Fructus Corni) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) : pour la toux chronique consomptive

– avec Sāng Yè (Folium Mori) : pour harmoniser le Poumon et l’Estomac, rééquilibrer Métal et Bois

– avec Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum) : pour la toux et les nausées lorsque Chaleur et Humidité-glaires coexistent, renforçant mutuellement l’action de faire descendre le Qi

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng pí pá yè) : forme non préparée, après brossage ou enveloppement dans une gaze ; préféré pour le traitement des nausées et vomissements causés par la Chaleur de l’Estomac
– préparé au miel (蜜炙 mì zhì pí pá yè) : feuilles mélangées au miel puis chauffées à feu modéré jusqu’à absorption complète du miel ; renforce l’action humidifiante et convient mieux au traitement de la toux et de l’asthme causés par la Chaleur et la Sécheresse du Poumon

Formules Classiques

Qīng Zào Jiù Fèi Tāng 清燥救肺湯 (Décoction pour Éliminer la Sécheresse et Sauver le Poumon)
Cette formule combine Pí Pá Yè avec È Jiāo (Colla Corii Asini), Sāng Yè (Folium Mori), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum) pour traiter la Sécheresse blessant le Yin du Poumon avec toux sèche, absence d’expectorations ou expectorations rares, fièvre légère, soif et langue rouge sèche.

Sāng Xìng Tāng 桑杏湯 (Décoction de Feuille de Mûrier et Noyau d’Abricot)
Formule dans laquelle Pí Pá Yè est associé à Sāng Yè (Folium Mori), Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae) et Zhè Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Thunbergii) pour traiter la Sécheresse externe attaquant le Poumon au stade extérieur initial, avec toux sèche aiguë, expectorations jaunes, fièvre et aversion pour le froid.

Pí Pá Qīng Fèi Yǐn 枇杷清肺饮 (Décoction de Pí Pá Yè pour Clarifier le Poumon)
Formule combinant Pí Pá Yè avec Sāng Bái Pí (Cortex Mori), Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) pour traiter l’acné causée par la Chaleur-Humidité dans le Poumon et l’Estomac remontant vers le visage.

Toxicité :

Pí Pá Yè ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Cependant, les feuilles brutes comportent des poils fins (trichomes) qui irritent fortement la muqueuse de la gorge et peuvent provoquer une toux aggravée, un œdème ou des spasmes du larynx si les feuilles ne sont pas correctement préparées avant décoction. Il est donc impératif de brosser soigneusement les feuilles ou de les envelopper dans une gaze avant toute utilisation. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée. En raison de sa nature fraîche, une utilisation prolongée est à éviter chez les patients présentant un Froid de la Rate et de l’Estomac.



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