Han Fang Ji

Han Fang Ji

Hàn Fáng Jǐ (Radix Stephaniae Tetrandrae)

Identification

Chinois : 漢防己
Pinyin : hàn fáng jǐ
Traduction : protection de la terre de Han
Nom commun : racine de stéphanie tétrandre
Nom latin : Radix Stephaniae Tetrandrae
Famille : Menispermaceae
Espèces : Stephania tetrandra S. Moore (漢防己 Hàn Fáng Jǐ)
Partie utilisée : racine séchée
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle apr. J.-C.
Han Fang Ji

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui drainent l’Humidité (lì shī yào 利湿藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Âcre (辛 xīn)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Vessie (膀胱 páng guāng), Rein (腎 shèn), Rate (脾 pí)
Dosage : 5-10 g

Propriétés :

Favorise la diurèse et draine l’Humidité, clarifie la Chaleur et élimine l’Humidité-Chaleur, expulse le Vent et élimine l’Humidité, soulage la douleur.

Précautions :

Hàn Fáng Jǐ est contre-indiqué en cas de déficience de la Rate et de l’Estomac, ainsi qu’en l’absence d’Humidité-Chaleur ou de rétention de Liquides pathologiques. De nature froide et amère, son utilisation prolongée peut blesser le Yin et affaiblir la Rate. Il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience du Yin avec transpiration nocturne ou une insuffisance du Qi avec transpiration spontanée. Ce remède ne doit pas être confondu avec Guǎng Fáng Jǐ (Radix Aristolochiae Fangchi), qui contient de l’acide aristolochique néphrotoxique et n’est plus utilisé en Occident.

Fonctions principales :

Favorise la diurèse
Draine l’Humidité
Clarifie la Chaleur
Élimine l’Humidité-Chaleur
Expulse le Vent
Soulage la douleur
Réduit les œdèmes

Actions et Indications

– Favorise la diurèse et draine l’Humidité :
Hàn Fáng Jǐ est l’un des remèdes les plus efficaces de la pharmacopée chinoise pour drainer l’eau et l’Humidité, réduire les œdèmes et favoriser la miction. Il est particulièrement indiqué pour les œdèmes d’origine Humidité-Chaleur affectant le visage et les membres inférieurs, accompagnés d’urines rares et foncées.
– Pour l’œdème généralisé avec Humidité-Chaleur, Hàn Fáng Jǐ est associé à Huáng Qí (Radix Astragali), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae), formule Fáng Jǐ Huáng Qí Tāng 防己黃芪湯 (Décoction de Fáng Jǐ et d’Astragale).
– Pour l’œdème de l’Humidité-Chaleur avec abdominal fullness, on l’associe à Fú Líng (Poria), Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) et Zhì Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae Preparata), formule Fáng Jǐ Fú Líng Tāng 防己茯苓湯 (Décoction de Fáng Jǐ et de Poria).

Hàn Fáng Jǐ traite également les ascites et les épanchements pleuraux par accumulation de Liquides pathologiques.
– Pour les ascites avec accumulation d’eau, Hàn Fáng Jǐ est associé à Jiāo Mù (Semen Zanthoxyli Bungeani), Tíng Lì Zǐ (Semen Descurainiae seu Lepidii) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), formule Jǐ Jiāo Lì Huáng Wán 己椒藶黃丸 (Pilule de Fáng Jǐ, Zanthoxylum, Lepidium et Rhubarbe).

– Clarifie la Chaleur et élimine l’Humidité-Chaleur :
Hàn Fáng Jǐ clarifie efficacement la Chaleur et draine l’Humidité des trois foyers, traitant les syndromes de dysurie par Humidité-Chaleur et les œdèmes d’origine Humidité-Chaleur dans le foyer inférieur.
Il est couramment utilisé pour les troubles urinaires accompagnés de brûlures, d’urines rares, foncées et douloureuses.
– Pour la dysurie par Humidité-Chaleur avec douleur à la miction, Hàn Fáng Jǐ est associé à Huá Shí (Talcum), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) et Mù Tōng (Caulis Akebiae).

– Expulse le Vent et élimine l’Humidité, soulage la douleur :
Hàn Fáng Jǐ est particulièrement efficace pour expulser le Vent-Humidité et traiter le syndrome d’obstruction douloureuse (bì zhèng 痹證), notamment lorsque la Chaleur prédomine, avec des articulations chaudes, rouges, enflées et douloureuses. Il traite les atteintes articulaires des membres inférieurs, les douleurs musculaires et le jué bì 厥痹 (obstruction douloureuse avec engourdissement).
– Pour le syndrome d’obstruction douloureuse avec Chaleur (bi zheng chaud) avec articulations rouges, chaudes et douloureuses, Hàn Fáng Jǐ est associé à Yì Yǐ Rén (Semen Coicis), Cán Shā (Excrementum Bombycis Mori) et Chì Xiǎo Dòu (Semen Phaseoli).
– Pour le syndrome d’obstruction douloureuse par Vent-Froid-Humidité avec prédominance de Froid, on l’associe à Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) et Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata).
– Pour le syndrome d’obstruction douloureuse avec déficience du Qi de la défensive et œdème, on associe Hàn Fáng Jǐ à Huáng Qí (Radix Astragali), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens), formule Fáng Jǐ Huáng Qí Tāng 防己黃芪湯 (Décoction de Fáng Jǐ et d’Astragale).

Hàn Fáng Jǐ traite également le jiǎo qì 腳氣 (béribéri ou jambes lourdes par Humidité-Chaleur dans le foyer inférieur) avec enflure et lourdeur des membres inférieurs.
– Pour le jiǎo qì avec œdème et lourdeur des jambes, on l’associe à Mù Guā (Fructus Chaenomelis), Niú Xī (Radix Cyathulae seu Achyranthis) et Yì Yǐ Rén (Semen Coicis).

Liste des symptômes

Œdèmes et rétention de Liquides :
Œdèmes du visage et des membres inférieurs
Ascites avec distension abdominale
Épanchements pleuraux
Urines rares et retenues
Lourdeur généralisée du corps

Troubles urinaires par Humidité-Chaleur :
Dysurie avec brûlure à la miction
Urines rares, foncées et douloureuses
Urines troubles ou hématurie

Syndromes d’obstruction douloureuse (bì zhèng) :
Articulations chaudes, rouges, enflées et douloureuses
Douleurs des membres inférieurs par Vent-Humidité
Engourdissement et lourdeur des membres
Jambes lourdes avec œdème (jiǎo qì)
Douleurs articulaires aggravées par la chaleur et l’humidité

Commentaire

Hàn Fáng Jǐ (Radix Stephaniae Tetrandrae) tient son nom de la région de Hanzhong (hàn zhōng 漢中) d’où il est originaire, et du caractère 己 (sixième branche céleste, liée à la Rate-Terre), signifiant que ce remède « protège la Terre » contre l’Humidité pathologique. Sa saveur amère et âcre, associée à sa nature froide, en font un remède de choix pour drainer l’Humidité et clarifier la Chaleur dans le foyer inférieur. Sa capacité à agir à la fois sur l’axe Eau-Liquides et sur le système articulaire lui confère une double vocation clinique.

Le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) le mentionne parmi les remèdes traitant les troubles de l’eau et les obstructions douloureuses. Dans le Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 (Précis de la Médecine du Cabinet d’Or) de Zhāng Zhòng-Jǐng, Hàn Fáng Jǐ est l’ingrédient principal de plusieurs formules majeures traitant les œdèmes, les arthralgies et le jiǎo qì, ce qui témoigne de son importance clinique ancienne. La Zhāng Shān-Léi Běn Cǎo Zhèng Yì 張山雷本草正義 (Rectification du Sens de la Matière Médicale) précise que le caractère jǐ 己 représente la Rate-Terre, qui préfère la sécheresse et abhorre l’Humidité, et que ce remède protège la Rate des pathologies d’Humidité.

Dans la classification moderne de la pharmacopée chinoise, Hàn Fáng Jǐ appartient tantôt à la catégorie des herbes qui dissolvent l’Humidité et régulent l’eau, tantôt à celle des herbes qui expulsent le Vent-Humidité, selon les sources. Cette ambivalence reflète sa double action : d’une part drainer les Liquides pathologiques par voie urinaire, d’autre part dégager les canaux et les collatéraux des obstructions par Vent-Humidité. Son alcaloïde principal, la tétrandrine, a fait l’objet de nombreuses études pharmacologiques qui confirment ses propriétés anti-inflammatoires, analgésiques et diurétiques.

Hàn Fáng Jǐ se distingue de Mù Fáng Jǐ (Radix Cocculi Trilobi) par ses actions préférentiellement orientées vers le foyer inférieur et le drainage de l’eau, tandis que Mù Fáng Jǐ est davantage indiqué pour les obstructions douloureuses du Vent-Humidité avec prédominance de Froid. De même, il ne doit en aucun cas être substitué par Guǎng Fáng Jǐ (Radix Aristolochiae Fangchi), qui contient de l’acide aristolochique, toxique pour les reins, et qui est interdit en Occident.

Associations

– avec Huáng Qí (Radix Astragali), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) : pour l’œdème avec déficience du Qi de la défensive et Vent-Eau (formule Fáng Jǐ Huáng Qí Tāng 防己黃芪湯 Décoction de Fáng Jǐ et d’Astragale)

– avec Fú Líng (Poria), Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) et Zhì Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae Preparata) : pour l’œdème par rétention d’eau avec déficience du Yang (formule Fáng Jǐ Fú Líng Tāng 防己茯苓湯 Décoction de Fáng Jǐ et de Poria)

– avec Jiāo Mù (Semen Zanthoxyli Bungeani), Tíng Lì Zǐ (Semen Descurainiae seu Lepidii) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) : pour les ascites et l’accumulation d’eau dans l’abdomen avec constipation (formule Jǐ Jiāo Lì Huáng Wán 己椒藶黃丸 Pilule de Fáng Jǐ, Zanthoxylum, Lepidium et Rhubarbe)

– avec Yì Yǐ Rén (Semen Coicis), Cán Shā (Excrementum Bombycis Mori) et Chì Xiǎo Dòu (Semen Phaseoli) : pour le syndrome d’obstruction douloureuse avec Humidité-Chaleur, articulations chaudes et enflées

– avec Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) et Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata) : pour le syndrome d’obstruction douloureuse par Vent-Froid-Humidité avec prédominance de Froid et de douleur

– avec Zé Lán (Herba Lycopi) : pour les œdèmes avec stase du Sang et rétention de Liquides, notamment les ascites et les œdèmes des membres inférieurs

– avec Mù Guā (Fructus Chaenomelis), Niú Xī (Radix Cyathulae seu Achyranthis) et Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) : pour le jiǎo qì avec œdème, lourdeur et douleur des membres inférieurs

– avec Huá Shí (Talcum), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) et Mù Tōng (Caulis Akebiae) : pour la dysurie par Humidité-Chaleur avec urines rares et douloureuses

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng hàn fáng jǐ) : forme standard utilisée en décoction, la plus courante en clinique, optimale pour drainer l’Humidité, réduire les œdèmes et soulager les douleurs articulaires
– traité au vin (酒炒 jiǔ chǎo hàn fáng jǐ) : la friture au vin potentialise l’action d’ouverture des canaux et collatéraux, indiquée pour les syndromes d’obstruction douloureuse affectant le haut du corps et les membres supérieurs

Formules Classiques

– Fáng Jǐ Huáng Qí Tāng (防己黃芪湯 Décoction de Fáng Jǐ et d’Astragale)
Cette formule du Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 (Précis de la Médecine du Cabinet d’Or) combine Hàn Fáng Jǐ avec Huáng Qí (Radix Astragali), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens), Dà Zǎo (Fructus Jujubae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae). Elle traite l’œdème par Vent-Eau avec déficience du Qi de la défensive, caractérisé par une transpiration spontanée, une aversion au vent et une lourdeur du corps, ainsi que le syndrome d’obstruction douloureuse avec œdème et déficience du Qi.

– Fáng Jǐ Fú Líng Tāng (防己茯苓湯 Décoction de Fáng Jǐ et de Poria)
Formule du Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 (Précis de la Médecine du Cabinet d’Or) combinant Hàn Fáng Jǐ avec Fú Líng (Poria), Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Huáng Qí (Radix Astragali) et Zhì Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae Preparata). Elle traite l’œdème des quatre membres par stagnation du Yang avec rétention d’eau, avec sensation de battements dans les membres.

– Jǐ Jiāo Lì Huáng Wán (己椒藶黃丸 Pilule de Fáng Jǐ, Zanthoxylum, Lepidium et Rhubarbe)
Formule du Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 (Précis de la Médecine du Cabinet d’Or) combinant Hàn Fáng Jǐ avec Jiāo Mù (Semen Zanthoxyli Bungeani), Tíng Lì Zǐ (Semen Descurainiae seu Lepidii) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) pour traiter les ascites, les épanchements et la rétention d’eau avec constipation et distension abdominale, en évacuant l’eau par les deux voies (urinaire et digestive).

Toxicité :

Hàn Fáng Jǐ ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées de 5 à 10 g. Un surdosage (30-100 g) peut provoquer des vomissements, des tremblements, de l’ataxie, une hypertonie, une quadriplégie, des convulsions et, dans les cas extrêmes, une défaillance respiratoire. Les injections intraveineuses de tétrandrine au-delà des doses recommandées (240-300 mg) peuvent également entraîner une toxicité significative. En raison de sa nature froide et amère, un usage prolongé à doses élevées peut affaiblir la Rate et l’Estomac, et blesser le Yin. Ce remède est strictement contre-indiqué en l’absence d’Humidité-Chaleur ou de rétention d’eau, et ne doit pas être substitué par Guǎng Fáng Jǐ (Radix Aristolochiae Fangchi), néphrotoxique en raison de sa teneur en acide aristolochique.



Di Fu Zi

Di Fu Zi

Dì Fū Zǐ (Fructus Kochiae Scopariae)

Identification

Chinois : 地肤子
Pinyin : Dì Fū Zǐ
Traduction : graine du sol et de la peau
Nom commun : belvedère, kochia, summer cypress
Nom latin : Fructus Kochiae Scopariae
Famille : Chenopodiaceae
Espèces : Kochia scoparia (L.) Schrad. (地肤子 Dì Fū Zǐ)
Partie utilisée : fruit (graine) séché
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Di Fu Zi

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui drainent l’Humidité (lì shī yào 利濕藥)
Saveurs : Acre (辛 xīn), Amer (苦 kǔ)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Rein (腎 shèn), Vessie (膀胱 páng guāng)
Dosage : 6-15 g en décoction ; usage externe en lavage ou bain local

Propriétés :

Élimine l’Humidité-Chaleur de la Vessie et favorise la diurèse, soulage les démangeaisons cutanées et traite les affections dermatologiques dues à l’Humidité-Chaleur, tue les parasites cutanés.

Précautions :

Dì Fū Zǐ est contre-indiqué en cas de déficience du Qi avec absence d’Humidité-Chaleur. En raison de sa nature froide et de sa saveur acre, il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience de la Rate et de l’Estomac. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. L’usage externe prolongé doit être évité en cas de lésions cutanées ouvertes. Dì Fū Zǐ est à utiliser avec précaution pendant la grossesse.

Fonctions principales :

Élimine l’Humidité-Chaleur
Favorise la diurèse
Traite le syndrome de dysurie
Soulage les démangeaisons cutanées
Élimine les parasites cutanés
Clarifie la Chaleur de la Vessie
Traite les affections dermatologiques

Actions et Indications

– Élimine l’Humidité-Chaleur et favorise la diurèse :
Dì Fū Zǐ est particulièrement efficace pour traiter le syndrome de dysurie (lín zhèng 淋證) causé par l’accumulation d’Humidité-Chaleur dans la Vessie, caractérisé par des urines foncées, rares et douloureuses.
Il est couramment utilisé pour les différents types de syndrome de dysurie avec sensation de brûlure à la miction.
– Pour la dysurie par Chaleur (rè lín 熱淋), Dì Fū Zǐ est associé à Qú Mài (Herba Dianthi), Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis) et Mù Tōng (Caulis Akebiae), dans la formule Bā Zhèng Sǎn 八正散 (Poudre des Huit Rectifications).
– Pour la dysurie avec douleur et brûlures, on l’associe à Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis) et Huá Shí (Talcum).
– Pour les infections urinaires chroniques avec Humidité-Chaleur persistante, on l’associe à Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae).

– Soulage les démangeaisons cutanées et traite les affections dermatologiques :
Dì Fū Zǐ possède une action remarquable pour éliminer l’Humidité-Chaleur de la surface corporelle et soulager les démangeaisons cutanées. Il est l’un des remèdes de référence pour traiter les affections dermatologiques liées à l’Humidité-Chaleur et au Vent.
Il traite efficacement l’eczéma, l’urticaire, les rougeurs, les éruptions cutanées prurigineuses et les démangeaisons dues à l’Humidité-Chaleur.
– Pour les éruptions prurigineuses et les démangeaisons dues au Vent et à l’Humidité-Chaleur, Dì Fū Zǐ est associé à Bái Xiǎn Pí (Cortex Dictamni), Kǔ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis) et Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), en usage interne ou externe.
– Pour l’eczéma et les éruptions cutanées avec suintement dues à l’Humidité-Chaleur, on l’associe à Cāng Ěr Zǐ (Fructus Xanthii) et Chán Tuì (Periostracum Cicadae).
– Pour l’urticaire avec prurit intense dû au Vent-Chaleur, on l’associe à Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) et Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae).
– Pour les démangeaisons vaginales ou génitales dues à l’Humidité-Chaleur, Dì Fū Zǐ est utilisé en décoction externe avec Kǔ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis) et Bái Xiǎn Pí (Cortex Dictamni).

– Tue les parasites cutanés :
Dì Fū Zǐ possède une action pour éliminer les parasites cutanés et traiter la teigne, la gale et les affections fongiques de la peau. Il est utilisé principalement en application externe pour ces indications.
– Pour la gale et les parasitoses cutanées, Dì Fū Zǐ est utilisé en décoction topique avec Shé Chuáng Zǐ (Fructus Cnidii).
– Pour les infections fongiques cutanées, on l’applique en lavage externe avec Kǔ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis) et Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri).

Liste des symptômes

Troubles urinaires (lín zhèng 淋證) :
Dysurie avec sensation de brûlure et douleur
Urines foncées, rares et difficiles
Fréquence urinaire avec urgence mictionnelle
Rétention urinaire avec inconfort hypogastrique
Infections urinaires par Humidité-Chaleur

Affections cutanées avec prurit :
Eczéma et dermatites avec suintement
Urticaire avec démangeaisons intenses
Éruptions cutanées prurigineuses dues au Vent-Chaleur-Humidité
Démangeaisons vaginales et génitales
Gale et parasitoses cutanées
Teigne et infections fongiques superficielles
Prurit généralisé ou localisé

Autres indications :
Leucorrhées dues à l’Humidité-Chaleur
Humidité-Chaleur dans le foyer inférieur

Commentaire

Dì Fū Zǐ (Fructus Kochiae Scopariae) tire son nom de la plante Kochia scoparia, dont les fruits mûrs sont récoltés à l’automne. Ce remède est mentionné dès le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), ce qui témoigne de son ancienneté dans la pratique médicale chinoise. Sa saveur acre lui confère la propriété de disperser le Vent qui engendre les démangeaisons, tandis que sa saveur amère et sa nature froide lui permettent d’éliminer l’Humidité-Chaleur. Cette double action – drainer l’Humidité-Chaleur vers le bas par la diurèse et disperser le Vent pathogène à la surface – fait de Dì Fū Zǐ un remède essentiel dans le traitement des affections cutanées prurigineuses et des syndromes de dysurie par Humidité-Chaleur.

Dì Fū Zǐ agit principalement sur deux niveaux : le foyer inférieur, où il élimine l’Humidité-Chaleur de la Vessie pour traiter les syndromes de dysurie, et la surface corporelle (Wei Qi), où il disperse le Vent-Humidité-Chaleur responsable des démangeaisons et des affections cutanées. Le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Compendium de la Matière Médicale) de Lǐ Shí-Zhēn note que Dì Fū Zǐ traite les maladies cutanées, les démangeaisons et les difficultés à uriner, confirmant son double domaine d’action clinique. En pratique clinique, ce remède est utilisé aussi bien en usage interne (décoction) qu’en usage externe (lavage, bain), cette dernière voie étant particulièrement indiquée pour les affections dermatologiques et le prurit localisé.

Dì Fū Zǐ se distingue de Kǔ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis) par la prédominance de son action diurétique pour éliminer l’Humidité-Chaleur par le bas. Kǔ Shēn possède également une action antiparasitaire plus puissante et une capacité à éliminer les Parasites-Humidité de la peau, tandis que Dì Fū Zǐ excelle dans le soulagement du prurit lié au Vent-Humidité-Chaleur. Ces deux remèdes sont fréquemment associés en formules dermatologiques pour renforcer leur effet antiparasitaire et antiprurigineux. Dì Fū Zǐ se distingue également de Bái Xiǎn Pí (Cortex Dictamni) : les deux clarifient l’Humidité-Chaleur de la peau, mais Bái Xiǎn Pí est plus puissant pour éliminer les toxines et traiter les affections cutanées avec jaunisse, alors que Dì Fū Zǐ est supérieur pour favoriser la diurèse et traiter la dysurie.

Associations

– avec Bái Xiǎn Pí (Cortex Dictamni) et Kǔ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis) : pour les affections cutanées prurigineuses dues à l’Humidité-Chaleur, en usage interne ou externe

– avec Qú Mài (Herba Dianthi), Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis) et Mù Tōng (Caulis Akebiae) : pour la dysurie par Chaleur – formule Bā Zhèng Sǎn 八正散 (Poudre des Huit Rectifications)

– avec Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis) et Huá Shí (Talcum) : pour la dysurie avec douleur et brûlure lors de la miction

– avec Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae) et Kǔ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis) : pour les affections dermatologiques avec Humidité-Chaleur, en usage interne ou topique

– avec Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) et Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae) : pour l’urticaire et le prurit cutané dus au Vent-Chaleur

– avec Cāng Ěr Zǐ (Fructus Xanthii) et Chán Tuì (Periostracum Cicadae) : pour les éruptions cutanées prurigineuses et l’eczéma

– avec Shé Chuáng Zǐ (Fructus Cnidii) : pour la gale, les parasitoses cutanées et les mycoses en usage externe

– avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) : pour l’Humidité-Chaleur persistante dans le foyer inférieur avec infections urinaires chroniques

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng Dì Fū Zǐ) : forme standard séchée, action principale pour éliminer l’Humidité-Chaleur, favoriser la diurèse et soulager le prurit cutané
– usage externe (wài yòng 外用) : décoction concentrée utilisée en lavage ou bain local pour les affections cutanées prurigineuses, la gale et les démangeaisons vaginales

Formules Classiques

– Bā Zhèng Sǎn (八正散 Poudre des Huit Rectifications)
Cette formule combine Dì Fū Zǐ avec Qú Mài (Herba Dianthi), Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis), Mù Tōng (Caulis Akebiae), Huá Shí (Talcum), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la dysurie par Humidité-Chaleur avec urines foncées, rares et douloureuses, ainsi que les infections urinaires aiguës.

Toxicité :

Dì Fū Zǐ ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques confirment une bonne tolérance générale. En raison de sa nature froide et de sa saveur acre et amère, une utilisation prolongée ou à doses élevées peut fragiliser la Rate et l’Estomac chez les patients présentant une déficience digestive de type Froid. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée. L’usage externe prolongé sur des lésions cutanées ouvertes doit être évité. Ce remède est à utiliser avec prudence pendant la grossesse.



Jin Qian Cao

Jin Qian Cao

Jīn Qián Cǎo (Lysimachiae Herba)

Identification

Chinois : 金钱草
Pinyin : Jīn Qián Cǎo
Traduction : herbe de la pièce d’or
Nom commun : lysimachia, herbe de la monnaie d’or
Nom latin : Lysimachiae Herba
Famille : Primulaceae
Espèces : Lysimachia christinae Hance (金钱草 Jīn Qián Cǎo)
Partie utilisée : parties aériennes séchées (tiges et feuilles)
Texte d’origine : Běn Cǎo Gāng Mù Shí Yí 本草綱目拾遺 (Supplément au Grand Compendium de la Matière Médicale) par Zhào Xué-Mǐn au 18e siècle
Jin Qian Cao

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui drainent l’Humidité (lì shī yào 利湿藥)
Saveurs : Doux (甘 gān), Salé (鹹 xián), légèrement Froid (微寒 wēi hán)
Nature : légèrement Froid (微寒 wēi hán)
Méridiens : Foie (肝 gān), Vésicule Biliaire (膽 dǎn), Reins (腎 shèn), Vessie (膀胱 páng guāng)
Dosage : 15-30 g en décoction ; peut être utilisé seul à forte dose (jusqu’à 60 g) en tisane pour les calculs urinaires

Propriétés :

Favorise la diurèse et soulage la dysurie, expulse les calculs urinaires et biliaires, clarifie la Chaleur-Humidité du Foie et de la Vésicule Biliaire, résout la toxicité et réduit les gonflements.

Précautions :

Jīn Qián Cǎo doit être utilisé avec prudence en cas de déficience de la Rate et de l’Estomac, sa nature légèrement froide pouvant affaiblir le Yang digestif. En raison de son action diurétique puissante, une utilisation prolongée à doses élevées peut, dans de rares cas, provoquer des réactions allergiques cutanées (prurit, éruptions papuleuses rouges). Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Favorise la diurèse
Soulage la dysurie douloureuse
Expulse les calculs urinaires
Expulse les calculs biliaires
Clarifie la Chaleur-Humidité du Foie et de la Vésicule Biliaire
Résout la toxicité
Réduit les gonflements

Actions et Indications

– Favorise la diurèse, soulage la dysurie et expulse les calculs urinaires :
Jīn Qián Cǎo est le remède de référence en pharmacopée chinoise pour le traitement des calculs urinaires (lithiase rénale et vésicale). Sa saveur douce et fade favorise la diurèse, sa saveur salée ramollit ce qui est dur, et sa nature légèrement froide clarifie la Chaleur. Il peut être utilisé seul à forte dose en tisane pour cette indication.
– Pour les calculs rénaux et vésicaux, Jīn Qián Cǎo est associé à Hǎi Jīn Shā (Lygodii Spora) et Jī Nèi Jīn (Endothelium Corneum Gigeriae Galli).
– Pour la dysurie par Chaleur avec brûlures mictionnelles, on l’associe à Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis).
– Pour les calculs de l’uretère ou de la vessie, Jīn Qián Cǎo est associé à Hǎi Jīn Shā (Lygodii Spora), Shí Wěi (Folium Pyrrosiae), Jī Nèi Jīn (Endothelium Corneum Gigeriae Galli) et Huá Shí (Talcum).

Jīn Qián Cǎo traite également toutes les formes de syndrome de dysurie douloureuse (lín zhèng 淋證).
– Pour la dysurie sanglante accompagnant les calculs, on l’associe à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Pú Huáng (Pollen Typhae) et Xiǎo Jì (Herba Cirsii Japonici).
– Pour les calculs rénaux avec hématurie franche, on l’associe à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Pú Huáng (Pollen Typhae) et Qū Mài (Herba Dianthi).

– Clarifie la Chaleur-Humidité du Foie et de la Vésicule Biliaire et expulse les calculs biliaires :
Jīn Qián Cǎo entre dans les méridiens du Foie et de la Vésicule Biliaire pour clarifier la Chaleur-Humidité et faciliter l’évacuation de la bile. Il est particulièrement indiqué pour la jaunisse et les calculs biliaires associés à la Chaleur-Humidité, ainsi que pour les yeux rouges et gonflés dus à la Chaleur du Foie.
– Pour la jaunisse et les calculs biliaires dus à la Chaleur-Humidité, Jīn Qián Cǎo est associé à Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Yù Jīn (Radix Curcumae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei).
– Pour la cholécystite ou la lithiase biliaire, on l’associe à Chái Hú (Radix Bupleuri), Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Yù Jīn (Radix Curcumae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei).
– Pour l’hépatite avec Chaleur-Humidité, on l’associe à Huáng Qín (Radix Scutellariae), Bái Huā Shé Shé Cǎo (Herba Oldenlandiae) et Chái Hú (Radix Bupleuri).

– Résout la toxicité et réduit les gonflements :
Jīn Qián Cǎo possède une action pour résoudre la toxicité et réduire les gonflements, utilisée pour les morsures de serpent, les abcès et les traumatismes. L’herbe fraîche est appliquée localement en cataplasme sur la zone affectée.
– Pour les gonflements toxiques brûlants ou les morsures de serpent, Jīn Qián Cǎo est associé à Yě Jú Huā (Flos Chrysanthemi Indici) et Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci).

Liste des symptômes

Troubles urinaires :
Calculs rénaux et vésicaux (lithiase urinaire)
Dysurie douloureuse avec sensation de brûlure
Mictions difficiles, rares et foncées
Hématurie associée aux calculs urinaires
Dysurie par Chaleur-Humidité

Troubles biliaires et hépatiques :
Lithiase biliaire (calculs de la vésicule biliaire)
Jaunisse (ictère) par Chaleur-Humidité
Cholécystite et cholangite
Yeux rouges et gonflés dus à la Chaleur du Foie
Hépatite infectieuse avec Chaleur-Humidité

Autres indications :
Morsures de serpent (usage topique)
Abcès et gonflements toxiques
Traumatismes (usage topique)

Commentaire

Jīn Qián Cǎo (Lysimachiae Herba) tire son nom de l’apparence de ses feuilles rondes évoquant des pièces d’or (金钱 jīn qián). Ce remède est parmi les plus polyvalents et les plus importants de la pharmacopée chinoise pour traiter les affections lithiasiques, tant urinaires que biliaires. Sa saveur douce et fade favorise la diurèse, sa saveur salée ramollit les concrétions, et sa nature légèrement froide clarifie la Chaleur – trois propriétés qui s’articulent parfaitement pour traiter les calculs.

Jīn Qián Cǎo est particulièrement reconnu comme le remède de choix (le plus important de sa catégorie) pour les calculs des voies urinaires. Il peut être utilisé seul à forte dose en tisane pour la lithiase urinaire, sa puissance étant telle qu’il n’est pas toujours nécessaire de l’associer à d’autres herbes pour cette indication. Sa capacité à entrer dans les méridiens du Foie, de la Vésicule Biliaire, des Reins et de la Vessie lui confère une action sur l’ensemble du système urinaire et biliaire.

En médecine chinoise, la formation des calculs est liée à la stagnation de la Chaleur-Humidité dans les voies urinaires ou biliaires, qui finit par se concentrer et se cristalliser. Jīn Qián Cǎo agit en clarifiant cette Chaleur-Humidité, en favorisant la circulation des fluides et en ramollissant les concrétions grâce à sa saveur salée – mécanisme d’action analogue à celui qui explique l’utilisation des substances salées pour amollir ce qui est dur dans la théorie des Cinq Saveurs.

Jīn Qián Cǎo se distingue de Hǎi Jīn Shā (Lygodii Spora) par son action plus étendue : alors que Hǎi Jīn Shā agit principalement au niveau sanguin des méridiens de l’Intestin Grêle et de la Vessie pour soulager la dysurie douloureuse (en particulier la dysurie sanglante), Jīn Qián Cǎo excelle à la fois dans l’expulsion des calculs et dans le traitement de la jaunisse et des calculs biliaires grâce à son action sur le Foie et la Vésicule Biliaire. Les deux remèdes sont fréquemment associés pour le traitement des calculs des voies urinaires. Il convient également de noter que plusieurs espèces végétales différentes ont été utilisées sous la dénomination de Jīn Qián Cǎo selon les régions et les époques : la Lysimachiae Herba est aujourd’hui la forme officielle de la Pharmacopée chinoise, particulièrement recommandée pour les calculs biliaires et la clarification de la Chaleur-Humidité, tandis que la Desmodii styracifolii Herba (广金钱草 guǎng jīn qián cǎo) est davantage employée pour les calculs urinaires dans les provinces du Guangdong et du Guangxi.

Associations

– avec Hǎi Jīn Shā (Lygodii Spora) et Jī Nèi Jīn (Endothelium Corneum Gigeriae Galli) : pour les calculs rénaux et vésicaux

– avec Shí Wěi (Folium Pyrrosiae), Hǎi Jīn Shā (Lygodii Spora), Jī Nèi Jīn (Endothelium Corneum Gigeriae Galli) et Huá Shí (Talcum) : pour les calculs de l’uretère et de la Vessie

– avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Pú Huáng (Pollen Typhae) et Xiǎo Jì (Herba Cirsii Japonici) : pour les calculs rénaux avec hématurie

– avec Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Yù Jīn (Radix Curcumae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) : pour la jaunisse et les calculs biliaires par Chaleur-Humidité

– avec Chái Hú (Radix Bupleuri), Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Yù Jīn (Radix Curcumae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) : pour la cholécystite et la cholangite

– avec Huáng Qín (Radix Scutellariae), Bái Huā Shé Shé Cǎo (Herba Oldenlandiae) et Chái Hú (Radix Bupleuri) : pour l’hépatite par Chaleur-Humidité

– avec Yě Jú Huā (Flos Chrysanthemi Indici) et Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) : pour les gonflements toxiques brûlants et les morsures de serpent

– avec Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis) : pour la dysurie douloureuse par Chaleur

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng jīn qián cǎo) : forme sèche, effet standard pour favoriser la diurèse, expulser les calculs et clarifier la Chaleur-Humidité
– frais (鮮用 xiān jīn qián cǎo) : forme fraîche, appliquée localement en cataplasme pour résoudre la toxicité et réduire les gonflements dus aux morsures de serpent, abcès et traumatismes

Formules Classiques

– Formule pour les calculs urinaires (石淋方 Shí Lín Fāng)
Jīn Qián Cǎo est associé à Hǎi Jīn Shā (Lygodii Spora), Jī Nèi Jīn (Endothelium Corneum Gigeriae Galli) et Shí Wěi (Folium Pyrrosiae) pour traiter les calculs des voies urinaires avec dysurie douloureuse et mictions difficiles.

– Yīn Chén Hāo Tāng (茵陳蒿湯 Décoction d’Artemisia Scoparia)
Jīn Qián Cǎo peut être ajouté à cette formule classique – associant Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) – pour renforcer le traitement de la jaunisse par Chaleur-Humidité et traiter la lithiase biliaire associée.

– Formule pour les calculs biliaires (膽石方 Dǎn Shí Fāng)
Jīn Qián Cǎo est associé à Yù Jīn (Radix Curcumae), Hǎi Jīn Shā (Lygodii Spora) et Jī Nèi Jīn (Endothelium Corneum Gigeriae Galli) pour traiter les calculs biliaires.

Toxicité :

Jīn Qián Cǎo ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les effets indésirables sont rares : dans de rares cas, à des posologies élevées (30-60 g), des réactions allergiques cutanées ont été rapportées, sous forme de prurit avec éruptions papuleuses rouges. En raison de sa nature légèrement froide et de son action diurétique, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir la Rate et l’Estomac chez les personnes présentant une déficience digestive. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée aux doses thérapeutiques habituelles.



 

Hua Shi

Hua Shi

Huá Shí (Talcum)

Identification

Chinois : 滑石
Pinyin : Huá Shí
Traduction : pierre glissante
Nom commun : talc
Nom latin : Talcum
Famille : Silicate de magnésium hydraté (minéral)
Espèces : Talcum (滑石 Huá Shí) – silicate de magnésium Mg₃Si₄O₁₀(OH)₂
Partie utilisée : minéral brut nettoyé, en morceaux ou en poudre
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste), 2e siècle
Hua Shi
Saveurs : Doux (甘 gān), Fade (淡 dàn)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Estomac (胃 wèi), Vessie (膀胱 páng guāng)
Dosage : 9-15 g en décoction (placer dans un sachet de gaze). En usage externe : quantité suffisante en poudre.

Propriétés :

Clarifie la Chaleur et facilite la résolution de l’Humidité, dissipe la Canicule et facilite la résolution de l’Humidité, absorbe l’Humidité en usage externe pour les lésions cutanées humides.

Précautions :

Huá Shí est contre-indiqué en cas de déficience du Qi de la Rate, en cas de tendance aux émissions séminales ou de lésion des liquides organiques par un trouble de type Chaud. Son usage est déconseillé pendant la grossesse. Ce minéral ne doit pas être inhalé ni injecté. En usage interne, il doit impérativement être placé dans un sachet de gaze lors de la décoction afin de réduire les résidus dans le liquide. En cas de soif sans Humidité, avec des urines fluides librement émises, Huá Shí est contre-indiqué car il aggraverait la sécheresse et la lésion du Yin.

Fonctions principales :

Clarifie la Chaleur
Facilite la résolution de l’Humidité
Favorise la diurèse
Désobstrue la dysurie douloureuse
Dissipe la Canicule
Harmonise le Qi de la Rate et de l’Estomac
Absorbe l’Humidité en usage externe
Favorise la guérison des lésions cutanées

Actions et Indications

– Clarifie la Chaleur et facilite la résolution de l’Humidité :
Huá Shí est l’une des substances les plus importantes pour traiter le syndrome de dysurie douloureuse par Chaleur-Humidité (rè lín 熱淋), caractérisé par des urines sombres, rares, brûlantes et douloureuses, avec un écoulement difficile.
Il est efficace pour toutes les formes de dysurie par Chaleur-Humidité s’accumulant dans le Foyer Inférieur.
– Pour la dysurie douloureuse par Chaleur-Humidité avec urines sombres, rares et douloureuses, Huá Shí est associé à Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Mù Tōng (Akebiae Caulis), formule Bā Zhèng Sǎn 八正散 (Poudre des Huit Rectifications).
– Pour la dysurie avec calculs urinaires (shí lín 石淋), on l’associe à Hǎi Jīn Shā (Lygodii Spora) et Shí Wéi (Pyrrosiae Folium).
– Pour la dysurie avec hématurie, Huá Shí est associé à Pú Huáng (Typhae Pollen) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae).
– Pour la diarrhée par Chaleur-Humidité, on l’associe à Fú Líng (Poria) et Yì Yǐ Rén (Semen Coicis).

– Dissipe la Canicule et facilite la résolution de l’Humidité :
Huá Shí est particulièrement adapté au traitement des troubles estivaux (shǔ bìng 暑病) avec fièvre, difficulté urinaire, irritabilité et soif, conditions typiquement rencontrées au cœur de l’été lorsque la Canicule se combine à l’Humidité.
Sa saveur douce harmonise le Qi de la Rate et de l’Estomac, tandis que sa saveur fade résout l’Humidité, et sa nature froide disperse la Chaleur accumulée.
– Pour la fièvre, l’irritabilité, la soif et la dysurie due à la Canicule, Huá Shí est associé à Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae), formule Liù Yī Sǎn 六一散 (Poudre Six-à-Un).
– Pour la Chaleur-Humidité obstruant le niveau du Qi avec fièvre continue, sensation de lourdeur du corps, soif et enduit jaune, on l’associe à Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), formule Huáng Qín Huá Shí Tāng 黃芩滑石湯 (Décoction de Scutellaire et Talc).
– Pour la Canicule avec douleur, distension, vomissements et diarrhée, Huá Shí est associé à Zhū Shā (Cinnabaris) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae), formule Gān Lù Xiāo Dú Dān 甘露消毒丹 (Pilule Spéciale de Rosée Douce pour Éliminer les Toxines).
– Pour la Canicule avec obstruction interne et douleur, distension épigastrique, Huá Shí est utilisé avec Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae) et Fú Líng (Poria).

– Absorbe l’Humidité en usage externe et favorise la guérison des lésions cutanées :
Appliqué localement, Huá Shí chasse l’Humidité et traite les lésions cutanées humides, l’eczéma, les éruptions humides, les ulcérations suintantes et la bourbouille (fèi zi 痱子).
Son action externe de séchage de l’Humidité est complémentaire de son action interne de drainage de l’Humidité par la diurèse.
– Pour l’eczéma et les lésions cutanées humides avec prurit intense, Huá Shí est associé à Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum preparatum), en application topique en poudre.
– Pour les brûlures légères et les plaies cutanées, Huá Shí en poudre peut être appliqué directement sur la zone affectée.

Liste des symptômes

Troubles urinaires :
Dysurie douloureuse par Chaleur-Humidité
Urines sombres, rares, brûlantes et difficiles à émettre
Hématurie avec sensation de brûlure
Calculs urinaires (lithiase urinaire)
Douleur et irritation des voies urinaires

Troubles estivaux :
Fièvre continue avec sensation de lourdeur du corps
Irritabilité et soif avec difficulté urinaire
Insolation avec obstruction de l’Humidité
Nausées, vomissements et diarrhée estivaux

Troubles digestifs :
Diarrhée par Chaleur-Humidité
Distension et douleur épigastrique par Humidité-Chaleur
Ictère par Humidité-Chaleur

Troubles cutanés (usage externe) :
Eczéma et lésions cutanées humides et suintantes
Bourbouille (miliaire)
Éruptions humides avec prurit sévère
Brûlures légères et plaies cutanées

Commentaire

Huá Shí (Talcum) tire son nom chinois de sa texture lisse et glissante (滑 huá signifie « glissant »), caractéristique physique qui reflète directement ses propriétés thérapeutiques : sa saveur douce harmonise et apaise, sa saveur fade lixivie l’Humidité par la voie urinaire, sa nature glissante facilite le fonctionnement des orifices et du Foyer Inférieur, et sa nature froide disperse la Chaleur accumulée. C’est une substance minérale très utilisée en été, particulièrement indiquée pour l’irritabilité et la soif dues aux agressions pathogènes estivales, accompagnées d’urines sombres et rares difficiles et douloureuses à émettre.

Huá Shí est l’une des substances les plus polyvalentes pour traiter la Chaleur-Humidité dans le Foyer Inférieur. Sa capacité à dissiper la Canicule et à résoudre l’Humidité simultanément en fait un remède de choix lors des maladies estivales. La formule Liù Yī Sǎn 六一散 (six mesures de Huá Shí pour une mesure de Gān Cǎo) illustre parfaitement cette double action : Huá Shí clarifie la Chaleur et lixivie l’Humidité, tandis que Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) harmonise l’Estomac, modère l’action froide du talc et protège le Qi médian.

Zhang Jie-Bin a précisé la distinction essentielle concernant l’usage de Huá Shí : il traite la soif non en agissant directement sur celle-ci, mais en aidant les orifices à résoudre la Chaleur-Humidité, une fois l’Humidité drainée, le Qi de la Rate retrouve son équilibre et la soif disparaît naturellement. En revanche, si la soif existe sans Humidité et que les urines s’écoulent librement, c’est le signe d’une sécheresse et d’une Chaleur internes : l’utilisation de Huá Shí serait alors une erreur grave qui dévasterait davantage le Yin et le Yang liquides, aggravant la soif.

En usage externe, Huá Shí se distingue de Shí Gāo (Gypsum Fibrosum preparatum) par sa supériorité dans le traitement des lésions cutanées suintantes avec prurit intense, de l’eczéma et des éruptions toxiques humides. Shí Gāo préparé est en revanche préférable pour les plaies chroniques qui ne cicatrisent pas. Ces deux substances peuvent également être utilisées ensemble à des fins topiques.

Huá Shí se distingue de Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) également dans leur action sur la soif : Huá Shí soulage la soif en harmonisant la Rate et l’Estomac tout en résolvant l’Humidité, ce qui le rend particulièrement adapté à la soif due à la Chaleur-Été avec Humidité et urines sombres difficiles à émettre. Shí Gāo soulage l’irritabilité et la soif en clarifiant la Chaleur intense au stade Yang Brillant, afin que les liquides puissent être restaurés une fois la Chaleur pathogène éliminée.

Associations

– avec Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Mù Tōng (Akebiae Caulis) : pour la dysurie douloureuse par Chaleur-Humidité avec urines sombres et douloureuses (formule Bā Zhèng Sǎn 八正散 Poudre des Huit Rectifications)

– avec Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) : pour la fièvre, l’irritabilité, la soif et la dysurie due à la Chaleur-Été (formule Liù Yī Sǎn 六一散 Poudre Six-à-Un)

– avec Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae) : pour la Chaleur-Humidité obstruant le niveau du Qi (formule Huáng Qín Huá Shí Tāng 黃芩滑石湯 Décoction de Scutellaire et Talc)

– avec Hǎi Jīn Shā (Lygodii Spora) et Shí Wéi (Pyrrosiae Folium) : pour les calculs urinaires et la dysurie lithiasique

– avec Fú Líng (Poria) et Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) : pour la diarrhée par Chaleur-Humidité

– avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum preparatum) : en poudre topique pour l’eczéma et les lésions cutanées humides

– avec Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae) : pour la Chaleur dans le Foyer Supérieur avec soif accompagnée de diarrhée (combinaison équilibrant l’action de drainage sans léser le Qi normal)

– avec Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae) et Fú Líng (Poria) : pour l’ictère par Chaleur-Humidité et la Chaleur-Été avec obstruction

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng huá shí) : forme habituelle pour l’usage interne, à placer dans un sachet de gaze lors de la décoction ; présente la pleine action pour clarifier la Chaleur, résoudre l’Humidité et favoriser la diurèse
– en poudre fine (滑石粉 huá shí fěn) : poudre obtenue par broyage grossier puis trituration aqueuse (飞滑石 fēi huá shí), utilisée aussi bien en usage interne (décoction) qu’en application topique pour l’eczéma, la bourbouille et les lésions cutanées humides

Formules Classiques

– Liù Yī Sǎn (六一散 Poudre Six-à-Un)
Cette formule associe Huá Shí à Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) dans un rapport de six mesures de Huá Shí pour une mesure de Gān Cǎo. Elle traite la Canicule avec difficulté urinaire, irritabilité, soif et fièvre. Gān Cǎo harmonise l’Estomac, modère l’action froide de Huá Shí et protège le Qi médian.

– Bā Zhèng Sǎn (八正散 Poudre des Huit Rectifications)
Cette formule combine Huá Shí avec Qú Mài (Herba Dianthi), Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis), Mù Tōng (Akebiae Caulis), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Dēng Xīn Cǎo (Medulla Junci) pour traiter la dysurie douloureuse par Chaleur-Humidité avec urines sombres, rares et très douloureuses.

– Huáng Qín Huá Shí Tāng (黃芩滑石湯 Décoction de Scutellaire et Talc)
Formule combinant Huá Shí avec Huáng Qín (Radix Scutellariae), Fú Líng (Poria), Zhū Líng (Polyporus) et Tōng Cǎo (Medulla Tetrapanacis) pour la chaleur-humidité obstruant le niveau du Qi avec fièvre non remittente, sensation de lourdeur dans le corps, soif et enduit lingual jaune.

– Gān Lù Xiāo Dú Dān (甘露消毒丹 Pilule Spéciale de Rosée Douce pour Éliminer les Toxines)
Huá Shí est l’ingrédient principal de cette formule, associé à Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Huáng Qín (Radix Scutellariae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Bò Hé (Herba Menthae) pour traiter les maladies par Chaleur-Humidité avec fièvre, distension abdominale, douleurs, vomissements, diarrhée et ictère.

Toxicité :

Huá Shí ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées par voie orale, à condition d’être utilisé en décoction dans un sachet de gaze. Ce minéral ne doit en aucun cas être inhalé ni administré par injection. En raison de sa nature froide et de son action drainante, une utilisation prolongée à doses élevées peut fragiliser le Qi de la Rate, induire des émissions séminales ou léser les liquides organiques chez les patients présentant une déficience. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée pour cet usage traditionnel. Les femmes enceintes doivent éviter ce remède.



Zhu Ling

Zhu Ling

Zhū Líng (Sclerotium Polypori Umbellati)

Identification

Chinois : 猪苓
Pinyin : Zhū Líng
Traduction : champignon du porc, truffe du porc
Nom commun : sclérotium de polypore en ombelle
Nom latin : Sclerotium Polypori Umbellati
Famille : Polyporaceae
Espèces : Polyporus umbellatus (Pers.) Fries (猪苓 Zhū Líng)
Partie utilisée : sclérotium séché (masse fongique souterraine)
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Zhu Ling

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui drainent l’Humidité (lì shī yào 利濕藥)
Saveurs : Doux (甘 gān), Fade (淡 dàn)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Rein (腎 shèn), Vessie (膀胱 páng guāng)
Dosage : 6-12 g en décoction

Propriétés :

Favorise la diurèse et élimine l’Humidité, clarifie la Chaleur et favorise la diurèse, élimine l’Humidité-Chaleur du foyer inférieur, traite les syndromes de dysurie.

Précautions :

Zhū Líng est contre-indiqué en cas de déficience du Yin avec chaleur interne sans accumulation d’Humidité-Chaleur réelle. De nature drainante, son utilisation prolongée risque de blesser les liquides organiques et le Yin. Il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience du Yin des Reins, car sa forte action diurétique peut aggraver la sécheresse. Zhū Líng n’est pas approprié en l’absence d’Humidité ou de rétention d’eau pathologique. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Favorise la diurèse
Élimine l’Humidité
Clarifie la Chaleur
Draine l’Humidité-Chaleur du foyer inférieur
Traite les syndromes de dysurie
Réduit les œdèmes

Actions et Indications

– Favorise la diurèse et élimine l’Humidité :
Zhū Líng est l’un des remèdes les plus puissants de la pharmacopée chinoise pour favoriser la diurèse et éliminer l’accumulation d’Humidité pathologique. Son action diurétique est considérée comme plus forte que celle de Fú Líng (Poria) et comparable à celle de Zé Xiè (Rhizoma Alismatis).
Il est couramment utilisé pour les œdèmes, l’ascite et les accumulations de liquides dans les cavités corporelles dues à l’obstruction par l’Humidité.
– Pour les œdèmes généralisés et la rétention d’eau, Zhū Líng est associé à Fú Líng (Poria), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), formule Wǔ Líng Sǎn 五苓散 (Poudre des Cinq Ingrédients avec Poria).
– Pour l’ascite et les épanchements liquidiens, Zhū Líng est associé à Zé Xiè (Rhizoma Alismatis), Chì Xiǎo Dòu (Semen Phaseoli) et Dōng Guā Pí (Exocarpium Benincasae).

– Clarifie la Chaleur et favorise la diurèse :
Zhū Líng clarifie efficacement l’Humidité-Chaleur du foyer inférieur et favorise la diurèse pour traiter les syndromes de dysurie liés à l’Humidité-Chaleur. Il est particulièrement indiqué pour les urines rares, foncées, brûlantes et douloureuses associées à la Chaleur dans la Vessie.
– Pour la dysurie par Humidité-Chaleur avec urines brûlantes et foncées, Zhū Líng est associé à Zé Xiè (Rhizoma Alismatis), Fú Líng (Poria), Ē Jiāo (Colla Corii Asini) et Huá Shí (Talcum), formule Zhū Líng Tāng 猪苓湯 (Décoction de Polypore).
– Pour la dysurie par Humidité-Chaleur avec fièvre et irritabilité, Zhū Líng est associé à Huá Shí (Talcum), Mù Tōng (Caulis Akebiae) et Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis).
– Pour les calculs urinaires avec dysurie douloureuse, on l’associe à Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae), Hǎi Jīn Shā (Herba Lygodii) et Shí Wéi (Folium Pyrrosiae).

Zhū Líng traite également les leucorrhées et les diarrhées causées par l’Humidité.
– Pour les leucorrhées jaunes par Humidité-Chaleur, Zhū Líng est associé à Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis).
– Pour la diarrhée estivale avec accumulation d’Humidité-Chaleur, on l’associe à Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae) et Zé Xiè (Rhizoma Alismatis).

– Traite la spermatorrhée par Humidité-Chaleur du foyer inférieur :
Zhū Líng élimine l’Humidité-Chaleur du foyer inférieur pour traiter la spermatorrhée liée à la prédominance de l’Humidité avec urines troubles, à distinguer de la spermatorrhée par déficience du Yin traitée par Zé Xiè (Rhizoma Alismatis).
– Pour la spermatorrhée par Humidité-Chaleur avec urines turbides, Zhū Líng est associé à Fú Líng (Poria) et Zé Xiè (Rhizoma Alismatis).

Liste des symptômes

Rétention d’eau et œdèmes :
Œdèmes généralisés des membres inférieurs
Ascite et épanchements liquidiens
Pesanteur et lourdeur du corps
Sensation de plénitude abdominale avec rétention d’eau
Urines rares et peu abondantes

Syndromes de dysurie (淋證 lín zhèng) :
Urines rares, foncées et brûlantes
Douleurs à la miction
Sensation de brûlure urétrale
Urgences mictionnelles douloureuses
Calculs urinaires avec dysurie
Hématurie par Humidité-Chaleur

Humidité-Chaleur du foyer inférieur :
Diarrhées estivales par Humidité-Chaleur
Leucorrhées jaunes abondantes
Spermatorrhée par Humidité-Chaleur avec urines troubles
Démangeaisons génitales par Humidité-Chaleur

Autres indications :
Ictère par Humidité-Chaleur
Maladies fébriles avec troubles urinaires

Commentaire

Zhū Líng (Sclerotium Polypori Umbellati) est un champignon parasite qui pousse sur les racines de certains arbres, notamment le chêne et l’érable, et dont la masse fongique souterraine – le sclérotium – constitue la partie médicinale. Son nom chinois 猪苓 signifie littéralement « truffe du porc », car on le trouvait à l’origine en suivant les cochons qui le déterraient. Ce champignon est l’un des remèdes diurétiques les plus puissants de la pharmacopée chinoise, avec une action drainante sur l’Humidité qui surpasse celle de Fú Líng (Poria), bien que cette dernière ait l’avantage supplémentaire de tonifier la Rate et de calmer le Shen.

Sa saveur douce et fade ainsi que sa nature neutre lui confèrent une action spécifiquement orientée vers la promotion de la diurèse et l’élimination de l’Humidité, sans introduire de chaleur ni de froid dans l’organisme. Il entre dans les méridiens du Rein et de la Vessie, agissant directement sur le foyer inférieur pour réguler le métabolisme des liquides. Le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) le mentionne parmi les remèdes drainant l’Humidité et traitant la rétention d’eau, les œdèmes et la dysurie.

Zhū Líng se distingue de Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) par le fait que son action diurétique est plus neutre, sans la capacité de Zé Xiè de clarifier le Feu ministériel du Rein. Alors que Zé Xiè est froid et supérieur pour refroidir la Chaleur, Zhū Líng exerce une action diurétique plus puissante en général. Les deux remèdes traitent la spermatorrhée, mais de types différents : Zhū Líng traite la spermatorrhée par prédominance de l’Humidité du foyer inférieur avec urines troubles, tandis que Zé Xiè traite la spermatorrhée par Chaleur perturbant la chambre du Jing.

Zhū Líng se distingue également de Fú Líng (Poria) par son action purement diurétique, sans les effets tonifiants sur la Rate ni l’action calmante sur le Shen propres à Fú Líng. Zhū Líng est donc le remède de choix lorsque la priorité est d’éliminer l’Humidité pathologique de façon efficace et rapide, en particulier dans les syndromes d’Humidité-Chaleur du foyer inférieur avec dysurie ou œdème marqué. Ces trois remèdes – Zhū Líng, Fú Líng et Zé Xiè – sont fréquemment associés dans les formules classiques pour potentialiser leur action diurétique et antioedémateuse.

Associations

– avec Fú Líng (Poria), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) : pour les œdèmes et la rétention d’eau avec obstruction par l’Humidité interne (formule Wǔ Líng Sǎn 五苓散 Poudre des Cinq Ingrédients avec Poria)

– avec Zé Xiè (Rhizoma Alismatis), Fú Líng (Poria), Ē Jiāo (Colla Corii Asini) et Huá Shí (Talcum) : pour la dysurie par Humidité-Chaleur avec hématurie et fièvre (formule Zhū Líng Tāng 猪苓湯 Décoction de Polypore)

– avec Huá Shí (Talcum), Mù Tōng (Caulis Akebiae) et Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis) : pour la dysurie par Humidité-Chaleur avec urines brûlantes et foncées

– avec Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae), Hǎi Jīn Shā (Herba Lygodii) et Shí Wéi (Folium Pyrrosiae) : pour les calculs urinaires avec dysurie douloureuse

– avec Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae) et Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) : pour l’ictère par Humidité-Chaleur

– avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis) : pour les leucorrhées jaunes par Humidité-Chaleur

– avec Chì Xiǎo Dòu (Semen Phaseoli) et Dōng Guā Pí (Exocarpium Benincasae) : pour l’ascite et les œdèmes importants

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng Zhū Líng) : forme standard utilisée en décoction, maximise l’action diurétique et drainante de l’Humidité
– tranches séchées (切片 qiē piàn) : forme la plus courante en pratique clinique moderne, facilite la décoction et optimise l’extraction des principes actifs

Formules Classiques

– Wǔ Líng Sǎn (五苓散 Poudre des Cinq Ingrédients avec Poria)
Cette formule fondamentale associe Zhū Líng à Fú Líng (Poria), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) pour traiter la rétention d’eau avec obstruction par l’Humidité interne, œdèmes, pesanteur généralisée du corps, dysurie douloureuse et irritabilité. Issue du Shāng Hán Lùn 傷寒論 (Traité sur les Maladies causées par le Froid), elle reste l’une des formules les plus utilisées en médecine chinoise pour les troubles de la métabolisation des liquides.

– Zhū Líng Tāng (猪苓湯 Décoction de Polypore)
Formule issue du Shāng Hán Lùn 傷寒論 (Traité sur les Maladies causées par le Froid) qui associe Zhū Líng à Fú Líng (Poria), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis), Ē Jiāo (Colla Corii Asini) et Huá Shí (Talcum). Elle traite la dysurie par Humidité-Chaleur avec lésion du Yin, caractérisée par de la fièvre, de l’irritabilité, des urines rares et foncées, parfois de l’hématurie et de l’insomnie. L’ajout de Ē Jiāo nourrit le Yin et prévient toute aggravation de la sécheresse par l’action drainante de Zhū Líng.

Toxicité :

Zhū Líng ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques confirment une bonne tolérance générale. Cependant, en raison de sa forte action diurétique, une utilisation prolongée à doses élevées peut épuiser les liquides organiques et léser le Yin, particulièrement chez les patients présentant une déficience préexistante du Yin. Il est contre-indiqué en l’absence d’Humidité ou de rétention liquidienne réelle. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée aux doses thérapeutiques habituelles.



Bi Xie

Bi Xie

Bì Xiè (Rhizoma Dioscoreae Hypoglaucae)

Identification

Chinois : 萆薢
Pinyin : bì xiè
Traduction : rhizome de dioscorée
Nom commun : rhizome de dioscorée hypoglauca, tokoro
Nom latin : Rhizoma Dioscoreae Hypoglaucae
Famille : Dioscoreaceae
Espèces : Dioscorea hypoglauca Palibin (粉萆薢 fěn bì xiè), Dioscorea septemloba Thunb. (綿萆薢 mián bì xiè), Dioscorea futschauensis Uline (福州薯蕷)
Partie utilisée : rhizome séché
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) au 2e siècle
Bi Xie

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui drainent l’Humidité (lì shī yào 利湿藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Vessie (膀胱 páng guāng), Foie (肝 gān), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 10-15 g en décoction

Propriétés :

Sépare le pur du trouble et favorise la diurèse, disperse le Vent-Humidité et désobstrue les méridiens et collatéraux.

Précautions :

Bì Xiè doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience du Yin du Rein. En raison de son action de séparation du pur et du trouble au niveau du Foyer Inférieur, il est contre-indiqué en cas de feu intense par vide du Yin, de fuites urinaires en l’absence d’Humidité, et de lombalgie par déficience du Rein sans facteur humide. Ce remède ne présente pas de toxicité aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Sépare le pur du trouble
Favorise la diurèse
Disperse le Vent-Humidité
Désobstrue les méridiens et collatéraux
Traite les syndromes d’obstruction douloureuse (bì zhèng)

Actions et Indications

– Sépare le pur du trouble et favorise la diurèse :
Bì Xiè est le remède de référence pour traiter les syndromes caractérisés par des urines troubles, laiteuses ou présentant des filaments blanchâtres – condition connue sous le nom de gāo lín 膏淋 (dysurie graisseuse). Son action principale consiste à séparer les fluides purs des substances troubles dans le Foyer Inférieur, guidant les fluides purs vers les organes et les substances troubles vers la Vessie pour être éliminées par les urines.
Il traite les désordres de la Chaleur-Humidité dans le Foyer Inférieur, caractérisés par des urines troubles avec sensations de brûlure et douleur à la miction, une langue rouge avec enduit jaune et gras, une urétrite aiguë ou une cystite.
– Pour les urines troubles et laiteuses avec brûlures à la miction dues à la Chaleur-Humidité dans le Foyer Inférieur, Bì Xiè est associé à Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Huá Shí (Talcum).
– Pour les urines troubles sans brûlures ni douleurs, dues à une déficience du Yang, Bì Xiè est associé à Wū Yào (Radix Linderae), Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae) et Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori), formule Bì Xiè Fēn Qīng Yǐn 萆薢分清飲 (Décoction de Dioscorée pour Séparer le Pur).

Bì Xiè traite également les leucorrhées dues à l’accumulation d’Humidité dans le Foyer Inférieur, caractérisées par des pertes vaginales blanches et turbides.
– Pour les leucorrhées par Humidité, Bì Xiè est associé à Fú Líng (Poria) et Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae).

– Disperse le Vent-Humidité et désobstrue les méridiens et collatéraux :
Bì Xiè traite les syndromes d’obstruction douloureuse (bì zhèng 痹證) qu’ils soient de type excès ou déficience. Il est indiqué dans les douleurs articulaires aggravées par le froid et l’humidité, les douleurs aggravées par la chaleur humide, ou les douleurs et faiblesses articulaires dues à une déficience du Rein, touchant particulièrement le bas du dos et les genoux.
Il peut être utilisé pour tous les types de bì zhèng, en le combinant selon le tableau clinique.
– Pour le bì zhèng en général, avec douleurs articulaires dues au Vent-Humidité, Bì Xiè est associé à Dú Huó (Radix Angelicae Pubescentis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Wēi Líng Xiān (Radix Clematidis).
– Pour le bì zhèng de type Froid-Humidité, Bì Xiè est associé à Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi).
– Pour le bì zhèng de type Chaleur-Humidité avec douleurs articulaires et sensations de chaleur aux articulations, Bì Xiè est associé à Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae), Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) et Fěn Fáng Jǐ (Radix Stephaniae Tetandrae).
– Pour les douleurs lombaires et la faiblesse des genoux par déficience du Rein, Bì Xiè est associé à Dù Zhòng (Cortex Eucommiae), Xù Duàn (Radix Dipsaci) et Niú Xī (Radix Cyathulae seu Achyranthis).
– Pour les douleurs et faiblesses des membres inférieurs dues à la Chaleur-Humidité, Bì Xiè peut être associé à Hǎi Tóng Pí (Cortex Erythrinae) et Chuān Mù Tōng (Caulis Clematidis Armandii).

Liste des symptômes

Troubles urinaires :
Urines troubles, laiteuses ou filamenteuses (gāo lín 膏淋)
Urines fréquentes et troubles sans sensation de brûlure (par déficience du Yang)
Sensations de brûlure et douleur à la miction (par Chaleur-Humidité)
Incontinence urinaire
Urétrite aiguë
Cystite

Pertes vaginales :
Leucorrhées blanches et turbides par Humidité dans le Foyer Inférieur

Troubles articulaires et musculaires :
Douleurs articulaires aggravées par le froid et l’humidité
Douleurs articulaires aggravées par la chaleur humide
Douleurs et faiblesse du bas du dos et des genoux par déficience du Rein
Engourdissements des membres
Difficultés à se mouvoir
Douleurs et faiblesses des membres inférieurs liées à la Chaleur-Humidité

Commentaire

Bì Xiè (Rhizoma Dioscoreae Hypoglaucae) est un remède fondamental de la pharmacopée chinoise dont la fonction principale est de « séparer le pur du trouble » (fēn qīng bié zhuó 分清別濁). Cette action particulière le distingue de la plupart des autres remèdes qui favorisent la diurèse : Bì Xiè n’agit pas seulement en drainant les fluides, mais en opérant une véritable séparation qualitative entre les substances pures et les substances troubles dans le Foyer Inférieur. Sa saveur amère lui permet de sécher l’Humidité et de disperser les obstructions, tandis que sa nature neutre le rend utilisable aussi bien pour les tableaux froids que chauds, à condition d’être correctement associé.

Son action sur les urines troubles est reconnue depuis le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經. Les auteurs classiques considèrent que lorsque l’Humidité perturbe la transformation et la séparation des fluides dans le Foyer Inférieur – qu’il s’agisse de Chaleur-Humidité ou de déficience du Yang – les substances troubles refluent dans les voies urinaires. Bì Xiè rétablit ce mécanisme en guidant les substances turbides vers le bas et en les éliminant par les urines. C’est pourquoi il est l’ingrédient principal de la formule classique Bì Xiè Fēn Qīng Yǐn 萆薢分清飲 (Décoction de Dioscorée pour Séparer le Pur).

Bì Xiè est également apprécié pour son action sur les syndromes d’obstruction douloureuse (bì zhèng 痹證). Amer, dépourvant d’humidité, il est indiqué lorsque l’Humidité obstrue les méridiens et les collatéraux, causant douleurs, engourdissements et difficultés articulaires. Sa polyvalence – permettant de traiter à la fois les tableaux froids et chauds en l’associant aux herbes appropriées – en fait un remède de choix dans les pathologies chroniques touchant les membres inférieurs et le bas du dos.

Il convient de distinguer Bì Xiè de Tǔ Fú Líng (Rhizoma Smilacis Glabrae), qui lui est souvent comparé. Ces deux remèdes sont tous deux doux, neutres, éliminent la Chaleur-Humidité et peuvent traiter les douleurs articulaires et les urines troubles par Humidité. Cependant, Bì Xiè excelle à séparer le pur du trouble pour résoudre les urines laiteuses et les leucorrhées, tandis que Tǔ Fú Líng est supérieur pour résoudre les toxines, traiter les ulcères cutanés et les lésions syphilitiques. La force de Bì Xiè réside dans son action discriminante sur les fluides du Foyer Inférieur, là où Tǔ Fú Líng s’illustre par sa puissante action anti-toxique.

Associations

– avec Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Huá Shí (Talcum) : pour les urines troubles et laiteuses avec brûlures dues à la Chaleur-Humidité dans le Foyer Inférieur

– avec Wū Yào (Radix Linderae), Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae) et Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori) : pour les urines troubles sans brûlures par déficience du Yang (formule Bì Xiè Fēn Qīng Yǐn 萆薢分清飲 Décoction de Dioscorée pour Séparer le Pur)

– avec Fú Líng (Poria) et Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) : pour les leucorrhées blanches et turbides par Humidité dans le Foyer Inférieur

– avec Dú Huó (Radix Angelicae Pubescentis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Wēi Líng Xiān (Radix Clematidis) : pour le bì zhèng par Vent-Humidité avec douleurs articulaires généralisées

– avec Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) : pour le bì zhèng de type Froid-Humidité aggravé par le temps froid et pluvieux

– avec Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae), Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) et Fěn Fáng Jǐ (Radix Stephaniae Tetandrae) : pour le bì zhèng de type Chaleur-Humidité avec rougeur et chaleur des articulations

– avec Dù Zhòng (Cortex Eucommiae), Xù Duàn (Radix Dipsaci) et Niú Xī (Radix Cyathulae seu Achyranthis) : pour les douleurs lombaires et la faiblesse des genoux par déficience du Rein

– avec Hǎi Tóng Pí (Cortex Erythrinae) et Chuān Mù Tōng (Caulis Clematidis Armandii) : pour les douleurs et faiblesses des membres inférieurs par Chaleur-Humidité

– avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae) : pour les pertes vaginales (leucorrhées) par Chaleur-Humidité dans le Foyer Inférieur

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng bì xiè) : forme non préparée, action plus forte pour séparer le pur du trouble et favoriser la diurèse
– frit au son (麩炒 fū chǎo bì xiè) : frit avec du son jusqu’à coloration jaune, renforce l’action sur l’Estomac et améliore la transformation de l’Humidité
– frit au vin (酒炒 jiǔ chǎo bì xiè) : imbibé de vin puis frit, renforce l’action pour disperser le Vent-Humidité et désobstruer les méridiens
– frit au sel (鹽炒 yán chǎo bì xiè) : imbibé d’eau salée puis frit, renforce l’action pour favoriser la diurèse et guider vers le Rein

Formules Classiques

– Bì Xiè Fēn Qīng Yǐn (萆薢分清飲 Décoction de Dioscorée pour Séparer le Pur)
Cette formule combine Bì Xiè avec Wū Yào (Radix Linderae), Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae) et Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori) pour traiter les urines troubles, laiteuses et filamenteuses dues à une déficience du Yang du Rein ne permettant plus la transformation et la séparation des fluides dans le Foyer Inférieur. Cette formule illustre parfaitement la capacité de Bì Xiè à rétablir la fonction de séparation du pur et du trouble.

– Bì Xiè Shèng Shī Tāng (萆薢勝濕湯 Décoction de Dioscorée pour Surmonter l’Humidité)
Formule combinant Bì Xiè avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri), Yì Yǐ Rén (Semen Coicis), Fú Líng (Poria) et Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) pour traiter la Chaleur-Humidité dans le Foyer Inférieur se manifestant par des urines troubles, des douleurs articulaires et des leucorrhées.

Toxicité :

Bì Xiè ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études indiquent une très bonne tolérance. Cependant, en raison de son action de séparation et de drainage, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir le Yin du Rein et aggraver les tableaux de vide du Yin. Il est formellement contre-indiqué en cas de feu par vide du Yin avec fuites urinaires terminales en l’absence d’Humidité, et en cas de lombalgie par déficience du Rein sans facteur pathogène humide. Les effets indésirables rapportés sont rares. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.



Yin Chen Hao

Yin Chen Hao

Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae (ou Herba Artemisiae Capillaris))

Identification

Chinois : 茵陳蒿
Pinyin : Yīn Chén Hāo
Traduction : vieille armoise matelas (armoise capillaire)
Nom commun : armoise capillaire, armoise scopaire
Nom latin : Herba Artemisiae Scopariae (ou Herba Artemisiae Capillaris)
Famille : Asteraceae (Compositae)
Espèces : Artemisia scoparia Waldst. et Kit. (滨蒿 Bīn Hāo) ; Artemisia capillaris Thunb. (茵陳蒿 Yīn Chén Hāo)
Partie utilisée : jeunes tiges et feuilles séchées, récoltées de préférence au printemps
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) au 2e siècle
Yin Chen Hao

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui drainent l’Humidité (lì shī yào 利湿藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), légèrement Piquant (辛 xīn)
Nature : Frais (凉 liáng)
Méridiens : Foie (肝 gān), Rate (脾 pí), Vésicule Biliaire (膽 dǎn), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 10-30 g en décoction ; jusqu’à 45-60 g dans les cas sévères. Les jeunes pousses récoltées au printemps sont considérées de meilleure qualité.

Propriétés :

Élimine l’Humidité-Chaleur et traite l’ictère, clarifie la Chaleur et dissipe l’Humidité du Foie et de la Vésicule Biliaire, élimine l’Humidité-Chaleur dans les troubles fébriles, élimine l’Humidité-Chaleur à l’Extérieur et traite les troubles dermatologiques.

Précautions :

Yīn Chén Hāo est contre-indiqué en l’absence d’Humidité-Chaleur. Il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant un ictère dû à une stase de Sang plutôt qu’à une pathologie d’Humidité-Chaleur. Dans les cas d’ictère de type Yin (ictère froid-humide), ce remède doit impérativement être associé à des herbes chaudes et tonifiantes pour la Rate et le Rein – son utilisation isolée dans ces cas peut causer des dommages irréparables. Dans les dosages thérapeutiques recommandés, ce remède est bien toléré ; des cas rares d’effets toxiques ont été signalés pour des doses élevées (15-30 g), incluant céphalées, vertiges, engourdissements des membres supérieurs et palpitations.

Fonctions principales :

Élimine l’Humidité-Chaleur
Traite l’ictère
Clarifie la Chaleur du Foie et de la Vésicule Biliaire
Favorise la diurèse
Dissipe l’Humidité-Chaleur dans les troubles fébriles
Élimine l’Humidité-Chaleur à l’Extérieur

Actions et Indications

– Élimine l’Humidité-Chaleur et traite l’ictère :
Yīn Chén Hāo est l’un des remèdes les plus utilisés et les plus efficaces pour traiter l’ictère en pharmacopée chinoise. Il convient particulièrement à l’ictère de type Yang, dans lequel la peau présente une teinte jaune-orangé brillante, caractéristique de l’Humidité-Chaleur. Associé à d’autres herbes adaptées, il traite également l’ictère de type Yin, dans lequel la peau apparaît d’un jaune terne et sans éclat.
– Pour l’ictère par Humidité-Chaleur avec fièvre, coloration jaune vif de la peau, urines foncées et rares, Yīn Chén Hāo est associé à Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), formule Yīn Chén Hāo Tāng 茵陳蒿湯 (Décoction d’Armoise Capillaire).
– Pour l’ictère provoqué davantage par l’Humidité avec dysurie, Yīn Chén Hāo est utilisé avec Wǔ Líng Sǎn 五苓散 (Poudre aux Cinq Ingrédients avec Poria), formule Yīn Chén Wǔ Líng Sǎn 茵陳五苓散 (Poudre d’Armoise et aux Cinq Ingrédients avec Poria).
– Pour l’ictère froid-humide avec coloration jaune terne, aversion pour le froid et distension abdominale, Yīn Chén Hāo est associé à Gān Jiāng (Rhizoma Zingiberis) et Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata), formule Yīn Chén Sì Nì Tāng 茵陳四逆湯 (Décoction d’Armoise et des Quatre Extrémités Inversées).

– Clarifie la Chaleur et dissipe l’Humidité du Foie et de la Vésicule Biliaire :
Yīn Chén Hāo clarifie l’Humidité-Chaleur du Foie et de la Vésicule Biliaire pour traiter les affections hépatobiliaires avec ou sans ictère manifeste. Il stimule la sécrétion biliaire et favorise la régénération des cellules hépatiques.
– Pour la cholécystite ou la lithiase biliaire avec Humidité-Chaleur, Yīn Chén Hāo est associé à Chái Hú (Radix Bupleuri), Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae), Yù Jīn (Radix Curcumae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei).
– Pour l’hépatite infectieuse, Yīn Chén Hāo est combiné avec Huáng Qín (Radix Scutellariae), Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae), Bái Huā Shé Shé Cǎo (Herba Oldenlandiae) et Chái Hú (Radix Bupleuri).
– Pour la cirrhose hépatique, Yīn Chén Hāo est associé à Bái Huā Shé Shé Cǎo (Herba Oldenlandiae) et Hǔ Zhāng (Rhizoma Polygoni Cuspidati).

– Élimine l’Humidité-Chaleur dans les troubles fébriles :
Yīn Chén Hāo dissipe l’Humidité-Chaleur dans les troubles fébriles caractérisés par de la fièvre, des douleurs musculaires, une sensation d’oppression thoracique, une distension abdominale, des urines jaunes et une constipation.
– Pour les troubles fébriles avec Humidité-Chaleur, Yīn Chén Hāo est associé à Huá Shí (Talcum), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Bái Dòu Kòu (Fructus Amomi Rotundus), formule Gān Lù Xiāo Dú Dān 甘露消毒丹 (Pilule Spéciale de Rosée Douce pour Éliminer les Toxines).

– Élimine l’Humidité-Chaleur à l’Extérieur et traite les troubles dermatologiques :
Yīn Chén Hāo dissipe l’Humidité-Chaleur à la surface du corps et traite divers troubles dermatologiques incluant l’urticaire, l’eczéma, les éruptions cutanées et les plaies suintantes, en usage interne ou topique.
– Pour les troubles dermatologiques dus à l’Humidité-Chaleur, Yīn Chén Hāo est associé à Bái Xiǎn Pí (Cortex Dictamni), Dì Fū Zǐ (Fructus Kochiae) et Kǔ Shēn Gēn (Radix Sophorae Flavescentis), en usage interne ou en application topique.

Liste des symptômes

Ictère et troubles hépatobiliaires :
Ictère de type Yang avec teinte jaune-orangé brillante de la peau
Ictère de type Yin avec teinte jaune terne et sans éclat
Urines foncées et rares
Cholécystite et lithiase biliaire
Hépatite infectieuse
Cirrhose hépatique

Troubles fébriles :
Fièvre avec douleurs musculaires
Sensation d’oppression thoracique
Distension abdominale
Urines jaunes
Constipation dans le contexte d’Humidité-Chaleur

Troubles dermatologiques :
Urticaire par Humidité-Chaleur
Eczéma
Éruptions cutanées avec rougeur
Plaies suintantes
Infections cutanées fongiques

Autres indications :
Dysurie dans le contexte d’Humidité-Chaleur
Hyperlipidémie (usage traditionnel)
Hypertension artérielle (usage traditionnel)

Commentaire

Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae) tire son nom de sa nature d’armoise ancienne (chén 陳 signifie « vieux, ancien ») qui repousse à partir de ses vieilles racines au printemps. Son parfum aromatique caractéristique lui confère une capacité unique à briser l’Humidité turbide, tandis que sa nature amère et fraîche lui permet de clarifier la Chaleur et de drainer l’Humidité. Ce remède est depuis l’Antiquité le traitement de référence pour l’ictère en médecine chinoise, et son efficacité est considérée comme très rapide selon les textes classiques.

Le Běn Cǎo Zhèng Yì 本草正義 (Rectification de la Signification de la Matière Médicale) note que Yīn Chén Hāo constitue un traitement spécifique pour l’Humidité-Chaleur dans la Rate et l’Estomac. Dans l’ictère humide ou l’ictère dû à l’alcool, le corps est jaune et l’urine est sombre comme une sauce, signes d’Humidité accumulée et de Chaleur rassemblée dans la terre de l’Estomac. Les textes classiques soulignent qu’il lave les Intestins et l’Estomac, et pousse vers la peau – il ne peut s’en passer.

Bien que Yīn Chén Hāo soit le remède principal pour l’ictère, il est essentiel de distinguer entre l’ictère de type Yin et celui de type Yang. Si la teinte jaune est brillante et lumineuse, l’Humidité et la Chaleur sont d’égale force – c’est l’ictère Yang. Si le jaune est plus sombre, cela représente une Humidité-Froid surabondante associée à une déficience du Yang – c’est l’ictère Yin. Yīn Chén Hāo peut être utilisé dans les deux types : pour l’ictère Yang, il doit être combiné avec des herbes amères et froides ; pour l’ictère Yin, avec des herbes piquantes et chaudes tonifiant la Rate.

Yīn Chén Hāo se distingue de Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae) par son action spécifique sur la Rate et l’Estomac, le rendant spécifique pour l’ictère. Alors que Qīng Hāo pénètre principalement dans le Foie et la Vésicule Biliaire, et convient mieux à la résolution de la chaleur des os due à la consommation et aux troubles palustres, Yīn Chén Hāo est amer, froid, descendant et drainant, et bien plus aromatique – ces propriétés lui permettent de mieux briser l’Humidité turbide, de réduire l’ictère et de favoriser la diurèse, agissant davantage sur le Foie que sur la Vésicule Biliaire. Les deux herbes sont aromatiques et résolvent l’Humidité-Chaleur, et sont souvent combinées pour le traitement de l’ictère par Humidité-Chaleur.

Yīn Chén Hāo se distingue également de Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae) : les deux herbes clarifient la Chaleur, facilitent l’élimination de l’Humidité, clarifient la Chaleur du Foie et bénéficient à la Vésicule Biliaire. Cependant, Jīn Qián Cǎo est doux, salé et légèrement froid, avec une tendance à ramollir les duretés et à expulser les calculs, et assiste davantage la Vésicule Biliaire. Par contraste, Yīn Chén Hāo est amer, froid, descendant et drainant, et réduit l’ictère plus efficacement.

Associations

– avec Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) : pour l’ictère Yang avec Humidité-Chaleur, urines foncées et constipation (formule Yīn Chén Hāo Tāng 茵陳蒿湯 Décoction d’Armoise Capillaire)

– avec Fú Líng (Poria), Zhū Líng (Polyporus), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) et Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) : pour l’ictère avec prédominance d’Humidité et dysurie (formule Yīn Chén Wǔ Líng Sǎn 茵陳五苓散 Poudre d’Armoise et aux Cinq Ingrédients avec Poria)

– avec Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata) et Gān Jiāng (Rhizoma Zingiberis) : pour l’ictère de type Yin avec Froid-Humidité, coloration jaune terne, aversion pour le froid et distension abdominale (formule Yīn Chén Sì Nì Tāng 茵陳四逆湯 Décoction d’Armoise et des Quatre Extrémités Inversées)

– avec Huá Shí (Talcum), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Bái Dòu Kòu (Fructus Amomi Rotundus) : pour les troubles fébriles avec Humidité-Chaleur (formule Gān Lù Xiāo Dú Dān 甘露消毒丹 Pilule Spéciale de Rosée Douce pour Éliminer les Toxines)

– avec Chái Hú (Radix Bupleuri), Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae), Yù Jīn (Radix Curcumae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) : pour la cholécystite ou la lithiase biliaire

– avec Huáng Qín (Radix Scutellariae), Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae), Bái Huā Shé Shé Cǎo (Herba Oldenlandiae) et Chái Hú (Radix Bupleuri) : pour l’hépatite infectieuse

– avec Bái Xiǎn Pí (Cortex Dictamni), Dì Fū Zǐ (Fructus Kochiae) et Kǔ Shēn Gēn (Radix Sophorae Flavescentis) : pour les troubles dermatologiques par Humidité-Chaleur (usage interne ou topique)

– avec Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) : pour l’ictère, Zhī Zǐ clarifie la Chaleur, draine le Feu et facilite les voies hydriques du Triple Foyer, guidant l’Humidité-Chaleur à l’extérieur par les urines – cette paire constitue le fondement de nombreuses formules traitant l’ictère

– avec Hǔ Zhāng (Rhizoma Polygoni Cuspidati) et Bái Huā Shé Shé Cǎo (Herba Oldenlandiae) : pour la cirrhose hépatique

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng yīn chén hāo) : forme standard, les jeunes tiges et feuilles séchées ; les jeunes pousses argentées récoltées au printemps (mián yīn chén 绵茵陈) sont considérées de qualité supérieure par certains praticiens
– pousses tendres printanières (嫩茵陳 nèn yīn chén) : spécification de la prescription pour obtenir les jeunes pousses récoltées en début de printemps, considérées supérieures pour leurs propriétés aromatiques et drainantes

Formules Classiques

– Yīn Chén Hāo Tāng (茵陳蒿湯 Décoction d’Armoise Capillaire)
Cette formule combine Yīn Chén Hāo avec Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) pour traiter l’ictère Yang par Humidité-Chaleur avec fièvre, coloration jaune-orangé brillante de la peau, urines foncées, constipation ou selles incomplètes et distension abdominale. C’est la formule de référence pour l’ictère par Humidité-Chaleur avec prédominance de Chaleur.

– Yīn Chén Wǔ Líng Sǎn (茵陳五苓散 Poudre d’Armoise et aux Cinq Ingrédients avec Poria)
Cette formule associe Yīn Chén Hāo à Fú Líng (Poria), Zhū Líng (Polyporus), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) pour traiter l’ictère avec prédominance d’Humidité, dysurie, distension abdominale et langue avec enduit blanc et gras.

– Yīn Chén Sì Nì Tāng (茵陳四逆湯 Décoction d’Armoise et des Quatre Extrémités Inversées)
Cette formule combine Yīn Chén Hāo avec Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata), Gān Jiāng (Rhizoma Zingiberis) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter l’ictère de type Yin dû au Froid-Humidité avec déficience du Yang de la Rate, coloration jaune terne et froide de la peau, aversion pour le froid, extrémités froides et pouls profond et lent.

– Gān Lù Xiāo Dú Dān (甘露消毒丹 Pilule Spéciale de Rosée Douce pour Éliminer les Toxines)
Yīn Chén Hāo est l’herbe principale de cette formule avec Huá Shí (Talcum), Huáng Qín (Radix Scutellariae), Bái Dòu Kòu (Fructus Amomi Rotundus) et d’autres herbes pour traiter les maladies fébriles de type Humidité-Chaleur dans le Réchauffeur Moyen, avec fièvre, sensation d’oppression thoracique, soif, nausées, ictère et urines jaunes.

Toxicité :

Yīn Chén Hāo ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées (10-30 g). Dans les dosages thérapeutiques normaux, aucun effet indésirable n’est à prévoir. Des cas rares d’effets toxiques ont été signalés après ingestion de doses relativement élevées (15-30 g), avec des symptômes incluant céphalées, vertiges, engourdissements et tremblements des membres supérieurs, lipothymie, sensation oppressive dans la poitrine et palpitations. La capillarine, l’un des principaux constituants actifs, présente une DL50 de 262,5 mg/kg par voie intrapéritonéale chez la souris. Le surdosage de capillarine se caractérise par léthargie et salivation. En raison de sa nature fraîche et amère, l’usage prolongé ou à doses élevées peut fragiliser la Rate chez les patients présentant une déficience digestive avec signes de Froid. Ce remède est formellement contre-indiqué dans l’ictère par stase de Sang, et son utilisation isolée dans l’ictère de type Yin peut causer des dommages souvent irréparables selon les textes classiques.



Che Qian Zi

Che Qian Zi

Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis)

Identification

Chinois : 車前子
Pinyin : Chē Qián Zǐ
Traduction : graine de devant le char, graine de plantain
Nom commun : graine de plantain d’Asie
Nom latin : Semen Plantaginis
Famille : Plantaginaceae
Espèces : Plantago asiatica L. (車前 chē qián) ; Plantago depressa Willd. (平車前 píng chē qián)
Partie utilisée : graine séchée et mûre
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Le Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Che Qian Zi
Saveurs : Doux (甘 gān)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Rein (腎 shèn), Foie (肝 gān), Poumon (肺 fèi), Intestin Grêle (小腸 xiǎo cháng)
Dosage : 9-15 g ; envelopper dans un sachet de gaze avant décoction (bāo jiān 包煎)

Propriétés :

Favorise la diurèse et traite la dysurie, clarifie la Chaleur et dissout l’Humidité, clarifie la Chaleur du Foie et améliore la vision, clarifie la Chaleur du Poumon et dissout les mucosités, consolide les selles et traite la diarrhée.

Précautions :

Chē Qián Zǐ est contre-indiqué en cas de déficience du Rein avec émissions séminales involontaires et chez les patients présentant une déficience du Yang sans Humidité-Chaleur. De nature froide, il doit être utilisé avec prudence en cas de déficience et de Froid de la Rate et de l’Estomac. L’enveloppement dans un sachet de gaze avant décoction est indispensable pour éviter que les graines très petites et glissantes ne se dispersent dans le liquide et n’irritent la gorge. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées, bien que des réactions allergiques rares aient été signalées.

Fonctions principales :

Favorise la diurèse
Traite la dysurie
Clarifie la Chaleur-Humidité
Améliore la vision
Clarifie la Chaleur du Foie
Clarifie la Chaleur du Poumon
Dissout les mucosités
Consolide les selles

Actions et Indications

– Favorise la diurèse et traite la dysurie par Chaleur-Humidité :
Chē Qián Zǐ est l’un des principaux remèdes pour traiter la dysurie douloureuse et la dysurie hémorragique causées par la Chaleur-Humidité dans la Vessie. Il sépare efficacement le clair du trouble dans le foyer inférieur pour favoriser l’élimination de l’Humidité-Chaleur par les urines.
Il est couramment utilisé pour les troubles urinaires avec urines rares, foncées, brûlantes et douloureuses.
– Pour la dysurie douloureuse avec Chaleur-Humidité, Chē Qián Zǐ est associé à Huá Shí (Talcum), Mù Tōng (Caulis Akebiae) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), formule Bā Zhèng Sǎn 八正散 (Poudre des Huit Rectifications).
– Pour la dysurie hémorragique avec Chaleur-Humidité, on l’associe à Xiǎo Jì (Herba Cirsii), Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis).
– Pour les calculs urinaires et la dysurie, Chē Qián Zǐ est associé à Hǎi Jīn Shā (Herba Lygodii) et Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae).

Chē Qián Zǐ traite également l’œdème avec dysurie.
– Pour l’œdème avec dysurie par Chaleur-Humidité, Chē Qián Zǐ est associé à Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) et Fú Líng (Poria).
– Pour l’œdème avec dysurie par déficience du Yang du Rein, on l’associe à Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) et Ròu Guì (Cortex Cinnamomi).

– Clarifie la Chaleur du Foie et améliore la vision :
Chē Qián Zǐ clarifie la Chaleur du Foie pour traiter les troubles oculaires causés par la montée de la Chaleur du Foie vers les yeux, caractérisés par des yeux rouges, douloureux, enflés et avec des larmoiements.
Il est couramment utilisé pour les troubles visuels et les douleurs oculaires liés à la Chaleur du Foie ou à la montée du Feu du Foie.
– Pour les yeux rouges, douloureux et enflés dus à la Chaleur du Foie, Chē Qián Zǐ est associé à Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Lóng Dǎn Cǎo (Radix Gentianae).
– Pour les troubles visuels dus à la déficience du Yin du Foie et du Rein avec montée du Feu, on l’associe à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata) et Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae), formule Míng Mù Dì Huáng Wán 明目地黃丸 (Pilule Rehmannia pour Améliorer la Vision).
– Pour les larmoiements et les photophobies dus à une insuffisance du Foie, Chē Qián Zǐ est associé à Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii) et Nǚ Zhēn Zǐ (Fructus Ligustri Lucidi).

– Clarifie la Chaleur du Poumon et dissout les mucosités :
Chē Qián Zǐ clarifie la Chaleur du Poumon et dissout les mucosités pour traiter la toux avec expectorations abondantes causées par la Chaleur du Poumon combinée aux Glaires-Humidité.
Il est utilisé pour les troubles respiratoires avec expectorations jaunes épaisses et difficiles à expectorer.
– Pour la toux avec expectorations épaisses dues à la Chaleur-Humidité du Poumon, Chē Qián Zǐ est associé à Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Zhè Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Thunbergii).
– Pour la toux avec fièvre due à la Chaleur du Poumon, on l’associe à Sāng Bái Pí (Cortex Mori) et Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum).

– Consolide les selles et traite la diarrhée :
Chē Qián Zǐ possède la remarquable propriété de traiter simultanément la diarrhée et la dysurie grâce à son action de séparation du clair et du trouble : en orientant les liquides en excès vers la Vessie pour les éliminer par l’urine, il consolide les selles et stoppe la diarrhée aqueuse, notamment celle causée par l’Humidité de la Rate.
– Pour la diarrhée aqueuse estivale avec dysurie due à l’Humidité-Chaleur, Chē Qián Zǐ est associé à Fú Líng (Poria), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) et Yì Yǐ Rén (Semen Coicis).
– Pour la diarrhée aqueuse par déficience de la Rate, on l’associe à Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae).

Liste des symptômes

Troubles urinaires :
Dysurie douloureuse, brûlante et difficile
Urines rares, foncées ou troubles
Hématurie par Chaleur-Humidité
Calculs urinaires
Œdème avec dysurie

Troubles oculaires :
Yeux rouges, douloureux, enflés
Larmoiements excessifs
Photophobie
Baisse de l’acuité visuelle due à la déficience du Foie et du Rein

Troubles respiratoires :
Toux avec expectorations jaunes épaisses
Chaleur-Humidité dans le Poumon
Congestion thoracique avec phlegme

Troubles digestifs :
Diarrhée aqueuse estivale
Diarrhée avec dysurie simultanée
Diarrhée par Humidité de la Rate

Commentaire

Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis) tire son nom du plantain (车前 chē qián, littéralement « devant le char »), une plante qui pousse couramment au bord des routes et des chemins. Ce remède est l’un des plus polyvalents de la pharmacopée chinoise pour favoriser la diurèse tout en clarifiant la Chaleur-Humidité. Sa saveur douce lui confère une action douce et non agressive, tandis que sa nature froide en fait un excellent remède pour tous les syndromes de Chaleur-Humidité du foyer inférieur.

Chē Qián Zǐ est particulièrement reconnu pour sa capacité unique à traiter simultanément la diarrhée et la dysurie : en dirigeant les liquides pathologiques en excès vers la Vessie pour les éliminer par les urines, il « sépare le clair du trouble » dans les intestins, consolidant ainsi les selles tout en favorisant la miction. Ce mécanisme est résumé dans la formule classique : « traiter la diarrhée par la diurèse » (lì xiǎo biàn yǐ shí dà biàn 利小便以實大便). En médecine chinoise, cette double action en fait un remède de choix pour les diarrhées aqueuses estivales associées à l’Humidité-Chaleur.

Chē Qián Zǐ est également remarquable par son action sur le Foie : en clarifiant la Chaleur du Foie qui monte vers les yeux, il traite les troubles oculaires tels que les yeux rouges et douloureux, les larmoiements et la photophobie. Cette propriété fait de ce remède un ingrédient fréquent dans les formules traitant les affections oculaires liées à la Chaleur ou à la déficience du Foie et du Rein.

Chē Qián Zǐ se distingue de Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) par son action plus polyvalente. Alors que Zé Xiè est principalement diurétique et s’oriente vers le Rein et la Vessie pour drainer l’Humidité-Chaleur, Chē Qián Zǐ agit également sur le Foie et le Poumon. Zé Xiè est supérieur pour éteindre le Feu Ministre du Rein et traiter la spermatorrhée par Chaleur, tandis que Chē Qián Zǐ est supérieur pour les troubles oculaires et la toux humide. Les deux remèdes traitent la dysurie et la diarrhée, mais Chē Qián Zǐ est plus adapté lorsque ces troubles coexistent avec des signes de Chaleur du Foie.

Associations

– avec Huá Shí (Talcum), Mù Tōng (Caulis Akebiae) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) : pour la dysurie douloureuse avec Chaleur-Humidité (formule Bā Zhèng Sǎn 八正散 Poudre des Huit Rectifications)

– avec Xiǎo Jì (Herba Cirsii) et Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) : pour la dysurie hémorragique par Chaleur-Humidité

– avec Hǎi Jīn Shā (Herba Lygodii) et Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae) : pour les calculs urinaires avec dysurie

– avec Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) et Fú Líng (Poria) : pour l’œdème avec dysurie par Chaleur-Humidité

– avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Lóng Dǎn Cǎo (Radix Gentianae) : pour les yeux rouges et douloureux dus à la Chaleur du Foie

– avec Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata) et Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae) : pour les troubles visuels dus à la déficience du Yin du Foie et du Rein (formule Míng Mù Dì Huáng Wán 明目地黃丸 Pilule Rehmannia pour Améliorer la Vision)

– avec Fú Líng (Poria), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) et Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) : pour la diarrhée aqueuse avec dysurie simultanée par Humidité-Chaleur

– avec Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Zhè Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Thunbergii) : pour la toux avec expectorations épaisses dues à la Chaleur-Humidité du Poumon

– avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) : pour la dysurie douloureuse avec Humidité-Chaleur dans le foyer inférieur

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生車前子 shēng chē qián zǐ) : forme non transformée, utilisée enveloppée dans un sachet de gaze (bāo jiān 包煎) ; action forte pour favoriser la diurèse, clarifier la Chaleur et dissoudre l’Humidité
– frit à sec (炒車前子 chǎo chē qián zǐ) : frit à sec jusqu’à légèrement coloré ; modère la nature froide de la plante, renforce l’action sur la Rate et convient davantage à la diarrhée par déficience de la Rate sans Chaleur prononcée
– frit au sel (鹽車前子 yán chē qián zǐ) : frit avec de l’eau salée ; dirige l’action vers les Reins et la Vessie, renforce l’effet diurétique et la capacité à traiter la dysurie par Chaleur du foyer inférieur

Formules Classiques

– Bā Zhèng Sǎn (八正散 Poudre des Huit Rectifications)
Cette formule combine Chē Qián Zǐ avec Mù Tōng (Caulis Akebiae), Huá Shí (Talcum), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis), Qú Mài (Herba Dianthi), Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la dysurie aiguë douloureuse, hémorragique ou avec formation de calculs due à l’Humidité-Chaleur dans le foyer inférieur.

– Míng Mù Dì Huáng Wán (明目地黃丸 Pilule Rehmannia pour Améliorer la Vision)
Formule combinant Chē Qián Zǐ avec Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae) et Jú Huā (Flos Chrysanthemi) pour traiter les troubles visuels, les larmoiements et la photophobie dus à la déficience du Yin du Foie et du Rein.

– Wǔ Líng Sǎn (五苓散 Poudre des Cinq Lindera)
Chē Qián Zǐ peut être associé à cette formule classique composée de Fú Líng (Poria), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Zhū Líng (Polyporus) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) pour renforcer le traitement de l’œdème et des troubles de la miction.

Toxicité :

Chē Qián Zǐ ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une très bonne tolérance. Cependant, en raison de sa nature froide et de son action drainante, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir le Yang du Rein ou la Rate et l’Estomac chez les personnes présentant une déficience constitutionnelle avec signes de Froid. Un cas de réaction allergique avec érythème, prurit, céphalées, fièvre légère et agitation a été rapporté dans la littérature. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée aux doses thérapeutiques.



Chuan Mu Tong

Chuan Mu Tong

Chuān Mù Tōng (Caulis Clematidis Armandii)

Identification

Chinois : 川木通
Pinyin : chuān mù tōng
Traduction : tige ligneuse de Sichuan
Nom commun : tige de clématite d’Armand
Nom latin : Caulis Clematidis Armandii
Famille : Ranunculaceae
Espèces : Clematis armandii Franch. (川木通 chuān mù tōng) ; Clematis montana Buch.-Ham. (小木通 xiǎo mù tōng)
Partie utilisée : tige séchée
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Le Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) 2e siècle
Chuan Mu Tong

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui drainent l’Humidité (lì shī yào 利湿藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Intestin Grêle (小腸 xiǎo cháng), Vessie (膀胱 páng guāng)
Dosage : 3-6 g

Propriétés :

Favorise la diurèse et désobstrue la dysurie douloureuse, clarifie la Chaleur et draine le Feu du Cœur vers le bas par l’Intestin Grêle, favorise la lactation et désobstrue les vaisseaux sanguins.

Précautions :

Chuān Mù Tōng est contre-indiqué pendant la grossesse. Il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience du Qi ou du Yin. En raison de sa nature amère et froide, une utilisation prolongée ou à doses élevées peut léser le Qi de la Rate et de l’Estomac. Chuān Mù Tōng (Caulis Clematidis Armandii) est considéré comme l’alternative sûre au Guān Mù Tōng (Caulis Aristolochiae Manshuriensis), qui contient de l’acide aristolochique, une substance néphrotoxique désormais interdite dans de nombreux pays. Chuān Mù Tōng ne contient pas d’acide aristolochique et bénéficie d’un profil de sécurité satisfaisant aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Favorise la diurèse
Désobstrue la dysurie douloureuse
Clarifie la Chaleur-Humidité
Draine le Feu du Cœur
Favorise la lactation
Désobstrue les vaisseaux sanguins
Traite l’œdème

Actions et Indications

– Favorise la diurèse et désobstrue la dysurie douloureuse :
Chuān Mù Tōng est particulièrement efficace pour traiter la dysurie par Chaleur-Humidité (rè lín 熱淋), caractérisée par des urines rares, foncées, brûlantes et douloureuses, ainsi que l’œdème.
Il entre dans les méridiens Cœur, Intestin Grêle et Vessie pour drainer la Chaleur-Humidité vers le bas et la faire sortir par les urines.
– Pour la dysurie par Chaleur avec urines brûlantes, foncées et douloureuses, Chuān Mù Tōng est associé à Huá Shí (Talcum), Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis), Qú Mài (Herba Dianthi) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), formule Bā Zhèng Sǎn 八正散 (Poudre des Huit Rectifications).
– Pour la dysurie avec hématurie (xuè lín 血淋), on l’associe à Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Xiǎo Jì (Herba Cirsii).
– Pour la dysurie avec calculs urinaires (shí lín 石淋), Chuān Mù Tōng est associé à Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae) et Hǎi Jīn Shā (Herba Lygodii).
– Pour la dysurie par Chaleur avec déficience du Qi, on l’associe à Shí Wéi (Folium Pyrrosiae) et Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis).

– Clarifie la Chaleur et draine le Feu du Cœur :
Chuān Mù Tōng clarifie la Chaleur et draine le Feu du Cœur en le faisant descendre par l’Intestin Grêle et en l’évacuant par les urines. Il traite l’irritabilité, les aphtes buccaux, les ulcérations de la langue et les urines rares et foncées causés par le Feu du Cœur se transmettant à l’Intestin Grêle.
C’est l’une de ses applications les plus caractéristiques, associant la clarification de la Chaleur du Cœur au niveau supérieur à l’élimination par les urines au niveau inférieur.
– Pour l’irritabilité, les aphtes buccaux et les urines rares dues au Feu du Cœur, Chuān Mù Tōng est associé à Dàn Zhú Yè (Herba Lophatheri) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), formule Dǎo Chì Sǎn 導赤散 (Poudre Guidant le Rouge).
– Pour la dysurie brûlante avec Chaleur-Humidité dans les méridiens de la Vessie, Chuān Mù Tōng est associé à Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis).
– Pour la dysurie brûlante et l’hématurie dues à la Chaleur-Humidité, Chuān Mù Tōng est associé à Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri), Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis) et Huá Shí (Talcum).

– Traite l’œdème et la rétention d’eau :
Chuān Mù Tōng favorise la diurèse pour traiter les œdèmes et l’accumulation de Chaleur-Humidité dans le foyer inférieur.
– Pour l’œdème avec urines rares, Chuān Mù Tōng est associé à Fú Líng (Poria) et Zé Xiè (Rhizoma Alismatis).
– Pour la Chaleur-Humidité avec ictère et dysurie, on l’associe à Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae).

– Favorise la lactation et désobstrue les vaisseaux sanguins :
Chuān Mù Tōng désobstrue les vaisseaux sanguins et les collatéraux pour favoriser la lactation insuffisante due à la stagnation du Qi et du Sang, et traite la douleur et la rigidité des articulations.
– Pour la lactation insuffisante due à une déficience du Qi, Chuān Mù Tōng est associé à Huáng Qí (Radix Astragali) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis).
– Pour la lactation insuffisante avec stagnation du Qi et du Sang, on l’associe à Wáng Bù Liú Xíng (Semen Vaccariae) et des pattes de porc.
– Pour les douleurs articulaires et la rigidité dues au Vent-Humidité, Chuān Mù Tōng est associé à Fáng Jǐ (Radix Stephaniae Tetandrae) et Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis).

Liste des symptômes

Dysurie et troubles urinaires :
Urines rares, foncées et brûlantes
Dysurie douloureuse par Chaleur-Humidité
Hématurie (xuè lín 血淋)
Dysurie avec calculs urinaires (shí lín 石淋)
Dysurie avec urines turbides et laiteuses (gāo lín 膏淋)
Œdème avec urines difficiles

Feu du Cœur et troubles associés :
Irritabilité et agitation liées au Feu du Cœur
Aphtes buccaux récidivants
Ulcérations de la langue
Urines rares et foncées avec sensation de brûlure

Troubles de la lactation :
Insuffisance de lactation
Lactation insuffisante due à la stagnation du Qi et du Sang

Douleurs articulaires :
Douleurs et rigidité des articulations par Vent-Humidité
Œdème des articulations

Commentaire

Chuān Mù Tōng (川木通) tire son nom de son origine dans la province du Sichuan (Chuān 川) et de sa tige creuse qui laisse passer les fluides (mù tōng 木通, littéralement « tige ligneuse qui désobstrue »). Ce remède est l’une des alternatives les plus importantes à la pharmacopée du groupe des Mù Tōng, suite à l’interdiction progressive du Guān Mù Tōng (Caulis Aristolochiae Manshuriensis) dont la toxicité rénale, liée à l’acide aristolochique, a été clairement établie. Chuān Mù Tōng est issu de la clématite d’Armand (Clematis armandii) et ne contient pas d’acide aristolochique.

Sa nature amère et froide en fait un excellent remède pour drainer la Chaleur-Humidité du foyer inférieur, en particulier lors de syndromes de dysurie (lín zhèng 淋證). Il entre dans les méridiens du Cœur, de l’Intestin Grêle et de la Vessie, ce qui lui confère une double action : clarifier le Feu du Cœur dans le foyer supérieur et l’évacuer vers le bas par les urines via l’Intestin Grêle et la Vessie. Cette capacité à « guider le Feu vers le bas » en fait un constituant essentiel de la formule Dǎo Chì Sǎn 導赤散 (Poudre Guidant le Rouge), classiquement utilisée pour les ulcérations buccales et les aphtes dus au Feu du Cœur.

La troisième action majeure de Chuān Mù Tōng concerne la désobstruction des vaisseaux sanguins et la promotion de la lactation. Sa capacité à désobstruer les canaux et les collatéraux en fait un remède utile en gynécologie pour traiter la lactation insuffisante, en association avec des remèdes tonifiants. Chen et Chen soulignent que Chuān Mù Tōng est l’un des rares remèdes du groupe Mù Tōng à disposer d’un profil de sécurité bien documenté, avec une utilisation clinique éprouvée dans les syndromes de Chaleur-Humidité du foyer inférieur.

Chuān Mù Tōng se distingue de Dàn Zhú Yè (Herba Lophatheri) par son action plus puissante pour favoriser la diurèse et désobstruer les collatéraux ; Dàn Zhú Yè est plus léger et plus doux, et convient davantage à la clarification légère du Cœur et de l’Estomac. Par rapport à Tōng Cǎo (Medulla Tetrapanacis), Chuān Mù Tōng est plus froid et plus efficace pour drainer le Feu du Cœur, tandis que Tōng Cǎo est plus doux et davantage utilisé pour favoriser la lactation chez les femmes à constitution faible.

Associations

– avec Huá Shí (Talcum), Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis), Qú Mài (Herba Dianthi) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) : pour la dysurie par Chaleur-Humidité (formule Bā Zhèng Sǎn 八正散 Poudre des Huit Rectifications)

– avec Dàn Zhú Yè (Herba Lophatheri) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) : pour le Feu du Cœur avec aphtes buccaux, irritabilité et urines foncées (formule Dǎo Chì Sǎn 導赤散 Poudre Guidant le Rouge)

– avec Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis) : pour la dysurie brûlante par Chaleur-Humidité dans la Vessie

– avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis) : pour la dysurie brûlante avec hématurie

– avec Shí Wéi (Folium Pyrrosiae) et Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis) : pour la dysurie par Chaleur avec déficience du Qi

– avec Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae) et Hǎi Jīn Shā (Herba Lygodii) : pour la dysurie avec calculs urinaires

– avec Huáng Qí (Radix Astragali) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) : pour la lactation insuffisante due à une déficience du Qi

– avec Wáng Bù Liú Xíng (Semen Vaccariae) : pour la lactation insuffisante due à la stagnation du Qi et du Sang

– avec Fáng Jǐ (Radix Stephaniae Tetandrae) et Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis) : pour les douleurs articulaires par Vent-Humidité

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng chuān mù tōng) : forme standard, efficace pour favoriser la diurèse, clarifier la Chaleur-Humidité et drainer le Feu du Cœur
– tranché (切片 qiē piàn) : tige séchée découpée en rondelles ou en oblique pour faciliter la décoction et optimiser l’extraction des principes actifs

Formules Classiques

– Bā Zhèng Sǎn (八正散 Poudre des Huit Rectifications)
Cette formule combine Chuān Mù Tōng avec Huá Shí (Talcum), Biǎn Xù (Herba Polygoni Avicularis), Qú Mài (Herba Dianthi), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Dēng Xīn Cǎo (Medulla Junci) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la dysurie douloureuse aiguë par Chaleur-Humidité dans le foyer inférieur, avec urines brûlantes, foncées et difficiles, et éventuellement fièvre et soif. Cette formule est la référence classique pour toutes les formes de lín zhèng 淋證 par Chaleur.

– Dǎo Chì Sǎn (導赤散 Poudre Guidant le Rouge)
Formule combinant Chuān Mù Tōng avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Dàn Zhú Yè (Herba Lophatheri) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter le Feu du Cœur se transmettant à l’Intestin Grêle, avec irritabilité, aphtes buccaux, ulcérations de la langue, soif et urines rares et foncées avec brûlures. Cette formule illustre parfaitement l’action de Chuān Mù Tōng pour « guider le Feu du Cœur vers le bas ».

Toxicité :

Chuān Mù Tōng (Caulis Clematidis Armandii) ne contient pas d’acide aristolochique et est considéré comme sûr aux doses thérapeutiques recommandées. Il se distingue en cela du Guān Mù Tōng (Caulis Aristolochiae Manshuriensis), dont l’utilisation a été abandonnée en raison de sa néphrotoxicité avérée. En raison de sa nature froide et amère, une utilisation prolongée à doses élevées peut léser la Rate et l’Estomac. Chuān Mù Tōng est contre-indiqué pendant la grossesse. Les effets indésirables aux doses thérapeutiques habituelles restent rares. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée pour cette espèce.



Ji Nei Jin

Ji Nei Jin

Jī Nèi Jīn (Endothelium Corneum Gigeriae Galli)

Identification

Chinois : 鷄內金
Pinyin : jī nèi jīn
Traduction : or intérieur du poulet
Nom commun : revêtement de gésier de poulet
Nom latin : Endothelium Corneum Gigeriae Galli
Famille : Phasianidae
Espèces : Gallus gallus domesticus BRISSON (鷄 jī)
Partie utilisée : revêtement interne séché du gésier de poulet domestique
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) 2e siècle
Ji Nei Jin

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui facilitent la digestion (xiāo shí yào 消食藥)
Saveurs : Doux (甘 gān)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Vessie (膀胱 páng guāng), Intestin Grêle (小腸 xiǎo cháng), Rate (脾 pí), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 3-9 g en décoction ; 1,5-3 g en poudre (plus efficace sous cette forme)

Propriétés :

Réduit toutes les formes de stagnation alimentaire et améliore la fonction de transport de la Rate, dissout les calculs biliaires et urinaires, consolide l’Essence du Rein et arrête l’énurésie.

Précautions :

Jī Nèi Jīn doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience de la Rate sans stagnation alimentaire, car il peut réduire le Qi originel en l’absence d’accumulation à disperser. Son utilisation prolongée sans indication appropriée est donc déconseillée. Un cas de saignement de nez (épistaxis) a été rapporté après ingestion de cette substance. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Réduit les stagnations alimentaires
Améliore la fonction de transport de la Rate
Renforce et tonifie la Rate et l’Estomac
Dissout les calculs biliaires et urinaires
Transforme les masses et accumulations
Consolide l’Essence du Rein
Arrête l’énurésie et la spermatorrhée
Protège le foyer moyen lors de la prise de minéraux

Actions et Indications

– Réduit fortement les stagnations alimentaires et améliore la fonction de transport de la Rate :
Jī Nèi Jīn est l’un des remèdes les plus puissants pour traiter toutes les formes de stagnation alimentaire, quelle que soit leur nature (viandes, farines, céréales, graisses). Il est utilisé seul sous forme de poudre pour les cas bénins, ou associé à d’autres remèdes dans les cas complexes.
Il est également indispensable dans le traitement du syndrome de malnutrition infantile (gān jī 疳積).
– Pour la stagnation alimentaire avec distension épigastrique et abdominale, perte d’appétit, borborygmes et diarrhée, Jī Nèi Jīn est associé à Shān Zhā (Fructus Crataegi), Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) et Mài Yá (Fructus Hordei Germinatus).
– Pour la stagnation alimentaire avec diarrhée due à une déficience de la Rate, on l’associe à Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae).
– Pour la stagnation alimentaire avec distension abdominale et douleur due au Froid, on l’associe à Zhǐ Ké (Fructus Aurantii), formule Zhǐ Shí Dǎo Zhì Wán 枳實導滯丸 (Pilule à l’Aurantium Immaturus pour guider les Stagnations).
– Pour le syndrome de malnutrition infantile (gān jī), on l’associe à Bīng Láng (Semen Arecae).
– Pour la stagnation alimentaire avec douleur abdominale, on l’associe à Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) et Shā Rén (Fructus Amomi).

Jī Nèi Jīn renforce également la Rate et l’Estomac lorsqu’il est associé à des remèdes tonifiants.
– Pour la déficience de la Rate et de l’Estomac avec stagnation alimentaire, il est associé à Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) en parts égales, combinaison particulièrement remarquable pour réduire et transformer les accumulations statiques tout en tonifiant la Rate et l’Estomac.
– Pour la diarrhée chronique avec Froid de la Rate et de l’Estomac, on l’associe à Dà Zǎo (Fructus Jujubae), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Gān Jiāng (Rhizoma Zingiberis).

– Dissout les calculs biliaires et urinaires :
Jī Nèi Jīn possède une action remarquable pour dissoudre et transformer les accumulations solides, notamment les calculs urinaires et biliaires. Cette application a été particulièrement valorisée par le médecin Zhāng Xī-Chūn au début du XXe siècle, qui affirmait que non seulement ce remède peut réduire les accumulations de la Rate et de l’Estomac, mais quel que soit l’organe touché par une accumulation, Jī Nèi Jīn peut les réduire toutes.
– Pour les calculs urinaires, Jī Nèi Jīn est préféré sous sa forme crue et est associé à Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae) et Hǎi Jīn Shā (Spora Lygodii).
– Pour les calculs biliaires, on l’associe à Yù Jīn (Radix Curcumae) et Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae).
– Pour les masses abdominales fixes et mobiles chez la femme, une utilisation prolongée en poudre permet de les dissoudre progressivement.

– Consolide l’Essence du Rein et arrête l’énurésie :
Jī Nèi Jīn consolide l’Essence du Rein pour traiter la spermatorrhée, les pertes vaginales, l’incontinence urinaire et l’énurésie infantile. Cette action est particulièrement renforcée par la forme calcinée (brûlée).
– Pour l’énurésie et l’incontinence urinaire, Jī Nèi Jīn est associé à Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis).
– Pour la spermatorrhée, on l’associe à Fù Pén Zǐ (Fructus Rubi) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis).
– Pour les pertes vaginales excessives, on l’associe à Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae).

– Utilisé comme substance protectrice lors de la prise de minéraux :
Jī Nèi Jīn est ajouté aux formules contenant des substances minérales lourdes pour aider à leur digestion et absorption et protéger le foyer moyen. Il protège ainsi la Rate et l’Estomac des effets potentiellement dommageables de ces préparations.
– Pour protéger le foyer moyen lors de la prise de minéraux, Jī Nèi Jīn est associé à Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) et d’autres remèdes digestifs.

Liste des symptômes

Troubles digestifs et stagnation alimentaire :
Distension et plénitude épigastriques et abdominales
Perte d’appétit avec sensation de lourdeur digestive
Borborygmes et diarrhée par stagnation alimentaire
Nausées et régurgitations par Froid de l’Estomac
Syndrome de malnutrition infantile (gān jī 疳積)
Émaciation avec ventre gonflé chez l’enfant

Calculs et accumulations :
Calculs urinaires (lithiase urinaire)
Calculs biliaires (lithiase biliaire)
Masses abdominales mobiles ou fixes
Accumulations et stagnations dans différents organes

Troubles du Rein et de la Vessie :
Énurésie infantile
Incontinence urinaire
Spermatorrhée
Pertes vaginales excessives
Pollakiurie par insuffisance du Qi du Rein

Autres indications :
Déficience de la Rate et de l’Estomac avec stagnation
Protection du foyer moyen lors de la prise de minéraux lourds
Ulcères buccaux (usage topique de la forme calcinée)
Affections dermatologiques (usage topique de la forme calcinée)

Commentaire

Jī Nèi Jīn (Endothelium Corneum Gigeriae Galli) tire son nom de la signification littérale « or intérieur du poulet » – référence à la teinte dorée et aux propriétés précieuses du revêtement interne du gésier. Ce remède d’origine animale, issu du gésier du poulet domestique, est d’une remarquable polyvalence : il réduit toutes les formes de stagnation alimentaire, dissout les accumulations solides et consolide l’Essence du Rein. Sa saveur douce et sa nature neutre lui permettent d’être utilisé dans de nombreux contextes cliniques, aussi bien chez les enfants que les adultes et les personnes âgées.

Jī Nèi Jīn est célèbre pour sa capacité à traiter non seulement les stagnations du foyer moyen, mais aussi les accumulations dans d’autres organes. Comme l’observait Zhāng Xī-Chūn dans son Yī Xué Zhōng Zhōng Cān Xī Lù 醫學衷中參西錄 (Essais de Médecine s’appuyant sur le Chinois tout en respectant l’Occidental) : « Non seulement il peut réduire les accumulations de la Rate et de l’Estomac, quel que soit l’organe touché par une accumulation, Jī Nèi Jīn peut les réduire toutes. Ainsi, pour les masses abdominales chez l’homme, et les masses abdominales mobiles ou fixes chez la femme, une utilisation prolongée peut les guérir. » Cette polyvalence unique en fait un remède de premier choix dans les formules de dispersion des stagnations.

L’association de Jī Nèi Jīn avec Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) est l’une des plus significatives de la pharmacopée. Bái Zhú tonifie la Rate et renforce le transport, tandis que Jī Nèi Jīn réduit les stagnations alimentaires et aide à la transformation et à la « mouture » des accumulations solides. Ensemble, ils augmentent l’appétit et peuvent être pris sur une longue durée sans préoccupation particulière, ce qui les rend particulièrement appropriés pour les patients âgés, les enfants et les personnes en convalescence.

Jī Nèi Jīn se distingue de Shān Zhā (Fructus Crataegi) en ceci que ce dernier traite préférentiellement la stagnation due à la surconsommation de viandes et d’aliments gras, tout en activant la circulation du Sang. En revanche, Jī Nèi Jīn traite toutes les formes de stagnation alimentaire et excelle à renforcer l’Estomac, arrêter l’énurésie et dissoudre les calculs – trois actions que Shān Zhā ne possède pas. Cette complémentarité explique leur fréquente association dans les formules cliniques.

Associations

– avec Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) : pour la déficience de la Rate avec stagnation alimentaire – combinaison remarquable pour tonifier et réduire simultanément les accumulations

– avec Shān Zhā (Fructus Crataegi), Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) et Mài Yá (Fructus Hordei Germinatus) : pour la stagnation alimentaire avec distension épigastrique et abdominale

– avec Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) et Shā Rén (Fructus Amomi) : pour la douleur abdominale due à la stagnation alimentaire

– avec Bīng Láng (Semen Arecae) : pour le syndrome de malnutrition infantile (gān jī) et la distension abdominale par stagnation alimentaire

– avec Zhǐ Ké (Fructus Aurantii) : pour la stagnation alimentaire par accumulation de Froid (formule Zhǐ Shí Dǎo Zhì Wán 枳實導滯丸 Pilule à l’Aurantium Immaturus pour guider les Stagnations)

– avec Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae) et Hǎi Jīn Shā (Spora Lygodii) : pour les calculs urinaires

– avec Yù Jīn (Radix Curcumae) et Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae) : pour les calculs biliaires

– avec Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) : pour l’énurésie et l’incontinence urinaire

– avec Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae) et Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) : pour les déficiences du Yin du Poumon et des Liquides organiques

– avec Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) : pour la protection du foyer moyen lors de la prise de substances minérales lourdes

– avec Dà Zǎo (Fructus Jujubae), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Gān Jiāng (Rhizoma Zingiberis) : pour la diarrhée chronique avec Froid de la Rate et de l’Estomac

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng jī nèi jīn) : forme non préparée, préférée pour traiter les calculs biliaires ou urinaires, en raison de son action plus forte pour dissoudre les accumulations solides – usage popularisé par Zhāng Xī-Chūn
– torréfié (炒用 chǎo jī nèi jīn) : torréfié à feu doux jusqu’à légèrement jaune, puis aspergé de vinaigre de riz, refroidi ; réduit l’odeur désagréable et augmente la capacité à délier l’Estomac et réduire les stagnations alimentaires ; l’usage du vinaigre aide à disperser le Qi du Foie et à renforcer la Rate ; souvent réduit en poudre
– calciné (焦用 jiāo jī nèi jīn) : torréfaction à feu vif jusqu’à carbonisation légère avec jaunissement et crépitement, puis aspergé de vinaigre de riz et refroidi ; aussi connu sous le nom de « or intérieur noir » (黑內金 hēi nèi jīn) ou « or intérieur charbon » (內金炭 nèi jīn tàn) ; effets similaires à la torréfaction mais renforce en outre la consolidation de l’Essence du Rein et l’arrêt de l’énurésie ; peut également être appliqué en usage topique pour les affections cutanées et les ulcères buccaux

Formules Classiques

– Zhǐ Shí Dǎo Zhì Wán (枳實導滯丸 Pilule à l’Aurantium Immaturus pour guider les Stagnations)
Cette formule associe Jī Nèi Jīn à Zhǐ Ké (Fructus Aurantii) et Bīng Láng (Semen Arecae) pour traiter la stagnation alimentaire avec distension abdominale et douleur due au Froid, accompagnée d’une réduction de l’appétit, de selles incomplètes et de difficultés urinaires liées à l’obstruction du dynamisme du Qi par l’Humidité pathogène.

– Zhǎng Xī-Chūn Sān Jīn Tāng (張錫純三金湯 Décoction aux Trois Or de Zhang Xi-Chun)
Formule du médecin Zhāng Xī-Chūn associant Jī Nèi Jīn sous forme crue à Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae) et Hǎi Jīn Shā (Spora Lygodii) pour traiter les calculs urinaires avec difficultés mictionnelles, douleur et hématurie, en exploitant la synergie entre la dissolution des calculs et la promotion de la diurèse.

– Suō Quán Wán (縮泉丸 Pilule pour Réduire le Fleuve)
Jī Nèi Jīn est intégré à cette formule avec Wū Yào (Radix Linderae), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae) et Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae) pour traiter la pollakiurie et l’énurésie chez les adultes et les enfants dues à l’insuffisance du Qi du Rein et au Froid de la Vessie.

Toxicité :

Jī Nèi Jīn ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Un cas isolé d’épistaxis a été rapporté suite à l’ingestion de cette substance. En raison de sa propriété à « réduire les accumulations », son utilisation sans accumulation réelle risque de diminuer le Qi originel du patient. Ce remède ne présente aucune interaction médicamenteuse majeure documentée aux doses thérapeutiques habituelles.



 

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