Règlements

Sheng Ma

Sheng Ma

Shēng Má (Cimicifugae Rhizoma)

Identification

Chinois : 升麻
Pinyin : shēng má
Traduction : rhizome ascendant
Nom commun : cimicifuga, actée à grappes
Nom latin : Cimicifugae Rhizoma
Famille : Ranunculaceae
Espèces : Cimicifuga foetida L. (大三葉升麻 dà sān yè shēng má) ; Cimicifuga dahurica Maxim. (興安升麻 xīng ān shēng má) ; Cimicifuga heracleifolia Kom. (升麻 shēng má)
Partie utilisée : rhizome
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) au 2e siècle
Sheng Ma

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes piquants et frais qui disperse la Superficie (xin liáng jiě biǎo yào 辣凉解表藥)
Saveurs : Piquant (辛 xīn), Doux (甘 gān), Légèrement amer (微苦 wēi kǔ)
Nature : Légèrement froid (微寒 wēi hán)
Méridiens : Poumon (肺 fèi), Rate (脾 pí), Estomac (胃 wèi), Gros Intestin (大腸 dà cháng)
Dosage : 3-10 g

Propriétés :

Libère l’Extérieur et fait sortir les éruptions, clarifie la Chaleur et élimine les Toxines, élève le Yang et soulève ce qui s’est affaissé.

Précautions :

Shēng Má est contre-indiqué en cas de déficience du yin, de Feu par déficience du Yin, de Yang du Foie ascendant, de saignements dans la partie supérieure du corps, d’éruptions cutanées complètement exprimées, de nausées dues au Qi rebelle de l’Estomac, ou de dyspnée due au Qi rebelle du Poumon. En raison de sa nature ascendante et dispersante, une utilisation prolongée ou un surdosage peut consumer le Yin. Il doit être utilisé avec prudence chez les femmes enceintes. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées lorsqu’il est utilisé correctement.

Fonctions principales :

Libère l’Extérieur
Disperse le Vent-Chaleur
Élève le Yang Qi
Soulève ce qui s’est affaissé
Clarifie la Chaleur
Élimine les toxines
Favorise l’éruption des rougeoles

Actions et Indications

– Libère l’Extérieur et disperse le Vent-Chaleur :
Shēng Má libère l’Extérieur et disperse le Vent-Chaleur pour traiter les stades précoces des maladies fébriles caractérisées par de la fièvre, des frissons, des maux de tête et un enduit lingual mince et jaune.
Il est particulièrement efficace pour les conditions où le facteur pathogène est piégé entre les niveaux tàiyáng et yángmíng, manifestant des symptômes tels que fièvre, maux de tête, et tension musculaire.
– Pour le Vent-Chaleur avec fièvre et maux de tête, Shēng Má est associé à Gé Gēn (Radix Puerariae), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae), formule Shēng Má Gé Gēn Tāng 升麻葛根湯 (Décoction de Cimicifuga et de Kudzu).
– Pour les maux de tête dus au Vent-Chaleur affectant le canal yángmíng, on l’associe à Bái Zhǐ (Radix Angelicae Dahuricae) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum).

Shēng Má favorise également l’éruption complète des rougeoles et éruptions cutanées.
– Pour l’expression incomplète de la rougeole chez les enfants, on ajoute ce remède à Gé Gēn (Radix Puerariae), Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii), Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) et Bò Hé (Herba Menthae).

– Clarifie la Chaleur et élimine les toxines :
Shēng Má clarifie la Chaleur et élimine les toxines pour traiter diverses affections causées par la Chaleur-toxine, particulièrement celles affectant le canal yángmíng dans la partie supérieure du corps.
Il est traditionnellement utilisé pour traiter les maux de tête, les douleurs et gonflements des gencives, les ulcérations buccales, les maux de gorge et les abcès cutanés.
– Pour les gencives enflées et douloureuses ou les ulcérations buccales, Shēng Má est associé à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), formule Qīng Wèi Sǎn 清胃散 (Poudre pour Clarifier l’Estomac).
– Pour les maux de gorge douloureux et enflés, on l’utilise avec Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Xuán Shēn (Radix Scrophulariae).
– Pour les maux de dents dus au Feu de l’Estomac, Shēng Má est associé à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae).

Shēng Má traite également les abcès et furoncles.
– Pour les abcès cutanés sans suppuration, on l’associe à Lián Qiáo (Fructus Forsythiae), Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Bái Lián (Radix Ampelopsis).
– Pour les abcès avec ulcération et suppuration, on l’utilise avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci).
– Pour les maladies fébriles avec éruptions maculaires, on ajoute Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) et Dà Qīng Yè (Folium Isatidis).

– Élève le Yang et soulève ce qui s’est affaissé :
Shēng Má possède une nature ascendante puissante et est fréquemment utilisé pour élever le Yang Qi et soulever ce qui s’est affaissé en cas de déficience du Yang ou du Qi.
Il est couramment prescrit pour traiter le prolapsus des organes internes causé par l’affaissement du qi de la Rate et de l’Estomac, manifesté par un prolapsus rectal ou utérin accompagné d’essoufflement, de fatigue et d’autres symptômes de déficience du Yang et du Qi.
– Pour le prolapsus des organes internes, Shēng Má est associé à Chái Hú (Radix Bupleuri) et Huáng Qí (Radix Astragali) pour élever le Yang et tonifier le Qi, formule Bǔ Zhōng Yì Qì Tāng 補中益氣湯 (Décoction pour Tonifier le Centre et Augmenter le Qi).
– Pour le spasme du vaisseau Ceinture manifesté par des sensations de tiraillement dans le bas du corps, généralement accompagnées de pertes vaginales, on l’utilise avec Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae).

Shēng Má traite également les saignements abondants résultant de l’affaissement du Qi.
– Pour les saignements urinaires, menstruels ou rectaux résultant de l’affaissement du Qi Yang endommageant les collatéraux Yin, on utilise Shēng Má carbonisé avec Jīng Jiè carbonisé (Herba Schizonepetae).

Liste des symptômes

Troubles fébriles et Vent-Chaleur :
Fièvre avec frissons
Maux de tête
Tension et raideur musculaire
Enduit lingual mince et jaune
Stades précoces de maladies fébriles

Troubles de la bouche et de la gorge :
Gencives enflées et douloureuses
Ulcérations buccales et de la langue
Maux de dents dus au Feu de l’Estomac
Maux de gorge douloureux et enflés
Mauvaise haleine

Troubles dermatologiques :
Expression incomplète de la rougeole
Éruptions cutanées incomplètement exprimées
Abcès cutanés sans suppuration
Furoncles et carboncles
Abcès avec ulcération
Érysipèle de la tête et du visage

Troubles par affaissement du Qi :
Prolapsus rectal
Prolapsus utérin
Essoufflement et fatigue
Spasme du vaisseau Ceinture
Pertes vaginales
Saignements urinaires, menstruels ou rectaux

Commentaire

Shēng Má (Rhizoma Cimicifugae) tire son nom de sa propriété ascendante caractéristique, comme l’indique son appellation chinoise qui signifie littéralement « rhizome ascendant ». Ce remède est l’un des plus importants de la pharmacopée chinoise pour élever le Yang Qi tout en dispersant les facteurs pathogènes de l’Extérieur. Sa saveur piquante et douce, combinée à sa nature légèrement froide, lui permet d’exercer des fonctions apparemment contradictoires mais complémentaires : disperser le Vent-Chaleur à l’extérieur tout en élevant le qi affaissé à l’intérieur.

Shēng Má est particulièrement reconnu pour son action sur le canal yángmíng, où il traite efficacement les maux de tête frontaux, les douleurs dentaires, les gencives enflées et les ulcérations buccales causées par le Feu de l’Estomac. Cette propriété de clarifier la Chaleur et d’éliminer les toxines fait de Shēng Má un remède de premier choix dans le traitement des infections et inflammations de la partie supérieure du corps. En médecine chinoise traditionnelle, ce remède est considéré comme ayant quatre fonctions principales : il guide les substances médicinales vers les canaux yángmíng du bras et de la jambe, il élève le Yang depuis les profondeurs du Yin, il expulse le vent pathogène depuis le niveau le plus élevé ainsi que depuis la peau, et il traite les maux de tête yángmíng.

Une autre application majeure de Shēng Má concerne son utilisation pour élever le qi de la Rate et de l’Estomac en cas d’affaissement. Cette action résulte de sa capacité puissante à faire monter le Yang Qi, particulièrement celui de l’Estomac et de la Vésicule Biliaire. Les études pharmacologiques modernes ont confirmé ses propriétés légères anti-inflammatoires et analgésiques, ainsi que ses effets inhibiteurs sur le système cardiovasculaire pour réduire la pression artérielle et la fréquence cardiaque.

Shēng Má se distingue par sa nature ascendante et flottante qui peut épuiser les liquides et le sang si utilisé de manière inappropriée. Il est couramment utilisé en clinique pour traiter les prolapsus d’organes, particulièrement lorsque ces troubles s’accompagnent de symptômes tels que la fatigue et l’essoufflement. La forme préparée au miel du remède possède une action plus forte pour tonifier la Rate et élever le qi que la forme non préparée. La torréfaction du remède réduit considérablement ses propriétés piquantes et dispersantes, mais lui permet alors d’arrêter les saignements et de préserver le sang, ce qui est particulièrement utile pour les saignements vaginaux ou rectaux dus à la déficience de la Rate ou du Qi.

Shēng Má se distingue de Chái Hú (Radix Bupleuri) par son action spécifique et plus puissante pour élever le Yang Qi. Alors que Chái Hú est plus efficace pour libérer l’Extérieur et réduire la fièvre, particulièrement dans les cas de frissons et fièvre alternés caractéristiques du syndrome shàoyáng, Shēng Má est moins puissant pour disperser la Chaleur mais plus efficace pour élever le yang et éliminer la Chaleur-toxine. Les deux herbes peuvent être combinées pour élever le Yang Qi et traiter les prolapsus d’organes. Shēng Má est également comparé à Gé Gēn (Radix Puerariae) : tous deux libèrent l’Extérieur et élèvent le Yang Qi, mais Gé Gēn travaille principalement à disperser la Chaleur dans le canal yángmíng au niveau musculaire et à générer les liquides, tandis que Shēng Má est supérieur pour éliminer la Chaleur-toxine et traiter les conditions affectant la bouche, les gencives et la gorge.

Associations

– avec Gé Gēn (Radix Puerariae), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) : pour le Vent-Chaleur avec fièvre et maux de tête (formule Shēng Má Gé Gēn Tāng 升麻葛根湯 Décoction de Cimicifuga et de Kudzu)

– avec Bái Zhǐ (Radix Angelicae Dahuricae) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) : pour les maux de tête dus au Vent-Chaleur affectant le canal yángmíng

– avec Gé Gēn (Radix Puerariae), Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii), Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) et Bò Hé (Herba Menthae) : pour l’expression incomplète de la rougeole chez les enfants

– avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) : pour les gencives enflées et douloureuses ou les ulcérations buccales (formule Qīng Wèi Sǎn 清胃散 Poudre pour Clarifier l’Estomac)

– avec Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) : pour les maux de gorge douloureux et enflés

– avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) : pour les maux de dents dus au Feu de l’Estomac

– avec Lián Qiáo (Fructus Forsythiae), Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Bái Lián (Radix Ampelopsis) : pour les abcès cutanés sans suppuration

– avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) : pour les abcès avec ulcération et suppuration

– avec Chái Hú (Radix Bupleuri) et Huáng Qí (Radix Astragali) : pour le prolapsus des organes internes (formule Bǔ Zhōng Yì Qì Tāng 補中益氣湯 Décoction pour Tonifier le Centre et Augmenter le Qi)

– avec Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) : pour le spasme du vaisseau Ceinture avec pertes vaginales

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng shēng má) : forme non préparée, possède un effet plus fort pour libérer l’Extérieur, disperser le Vent-Chaleur et clarifier la Chaleur-toxine
– préparé au miel (蜜炙 mì zhì shēng má) : les tranches du remède sont mélangées avec du miel cuit puis frites jusqu’à absorption complète du miel, ce qui modère son effet piquant et dispersant, le dirige vers le foyer moyen et renforce sa tendance ascendante, particulièrement efficace pour élever le yang qi et traiter les prolapsus
– carbonisé (升麻炭 shēng má tàn) : l’herbe est frite à feu vif jusqu’à devenir noire mais non déformée, puis aspergée d’eau pour la refroidir, cette préparation atténue grandement son action piquante et dispersante mais lui permet d’arrêter les saignements et de préserver le sang
– frit au vinaigre (醋炒 cù chǎo shēng má) : préparation moins courante aujourd’hui qui augmente la capacité du remède à tonifier la Rate et à monter
– frit au vin (酒炒 jiǔ chǎo shēng má) : augmente son pouvoir ascendant et améliore sa capacité à atteindre la tête et les yeux
– frit au sel (鹽炒 yán chǎo shēng má) : le dirige vers le canal du Rein pour élever et bénéficier le qi du Rein

Formules Classiques

– Shēng Má Gé Gēn Tāng (升麻葛根湯 Décoction de Cimicifuga et de Kudzu)
Cette formule combine Shēng Má avec Gé Gēn (Radix Puerariae), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour libérer l’Extérieur et favoriser l’éruption complète des rougeoles aux stades précoces.

– Qīng Wèi Sǎn (清胃散 Poudre pour Clarifier l’Estomac)
Formule combinant Shēng Má avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) pour clarifier le Feu de l’Estomac et traiter les maux de dents, gencives enflées et ulcérations buccales.

– Bǔ Zhōng Yì Qì Tāng (補中益氣湯 Décoction pour Tonifier le Centre et Augmenter le Qi)
Shēng Má est inclus dans cette formule avec Chái Hú (Radix Bupleuri), Huáng Qí (Radix Astragali), Rén Shēn (Radix Ginseng) et Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) pour tonifier le Qi de la Rate et de l’Estomac et élever le Yang pour traiter les prolapsus d’organes.

– Xuān Dú Fā Biǎo Tāng (宣毒發表湯 Décoction pour Dissiper les Toxines et Libérer l’Extérieur)
Formule contenant Shēng Má avec Gé Gēn (Radix Puerariae) comme base pour favoriser l’expression des rougeoles, avec addition d’autres herbes pour libérer l’Extérieur et éliminer les toxines.

Toxicité :

Shēng Má ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une très bonne tolérance générale. Cependant, un surdosage est associé à des réactions indésirables telles que nausées, vomissements, maux de tête, raideur musculaire, convulsions et délire. En raison de sa nature ascendante et flottante puissante qui peut épuiser les liquides sanguins, Shēng Má doit être utilisé avec prudence chez les personnes présentant une déficience du Yin, un Feu par déficience, un yang du Foie ascendant, ou des saignements dans la partie supérieure du corps. Une utilisation prolongée ou à doses élevées peut consumer le Yin. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.



Ge Gen

Ge Gen

Gé Gēn (Radix Puerariae)

Identification

Chinois : 葛根
Pinyin : gé gēn
Traduction : racine de kudzu
Nom commun : racine de kudzu, racine de pueraria
Nom latin : Radix Puerariae
Famille : Fabaceae
Espèces : Pueraria lobata Willd. Ohwi (野葛 yě gé) ; Pueraria thomsonii Benth. (甘葛藤 gān gé téng)
Partie utilisée : racine
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) au 2e siècle
Ge Gen

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes piquants et frais qui libèrent la Superficie (xin liáng jiě biǎo yào 辣凉解表藥 )

Saveurs : Doux (甘 gān), Piquant (辛 xīn)
Nature : Frais (涼 liáng)
Méridiens : Rate (脾 pí), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 9-21 g

Propriétés :

Libère l’Extérieur et détend les muscles, génère les liquides organiques et soulage la soif, fait monter le Yang clair de l’Estomac et arrête la diarrhée, fait sortir les éruptions cutanées.

Précautions :

Gé Gēn doit être utilisé avec prudence en cas de transpiration excessive et de déficience du yang. Son usage prolongé peut léser les liquides de l’Estomac. Il ne doit pas être utilisé en période estivale lorsque la transpiration est abondante. Ce remède ne présente pas de toxicité aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Libère l’Extérieur
Relâche les muscles
Clarifie la Chaleur
Génère les liquides organiques
Fait émerger les éruptions cutanées
Élève le yang
Traite la diarrhée
Abaisse la pression artérielle

Actions et Indications

– Libère l’Extérieur et relâche les muscles :
Gé Gēn est excellent pour traiter les atteintes de Vent-Froid ou de Vent-Chaleur qui se manifestent par des céphalées, de la fièvre, une raideur et des douleurs de la nuque et des épaules.
Il pénètre dans la Rate qui contrôle les muscles et relâche la couche musculaire pour soulager la douleur.
– Pour le syndrome de Vent-Froid sans transpiration, Gé Gēn est associé à Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) et Má Huáng (Herba Ephedrae) pour promouvoir la diaphorèse et dissiper le Vent-Froid, formule Gé Gēn Tāng 葛根湯 (Décoction de Kudzu).
– Pour le Vent-Chaleur, on l’associe à Chái Hú (Radix Bupleuri), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), formule Chái Gé Jiě Jī Tāng 柴葛解肌湯 (Décoction de Buplèvre et Kudzu pour Libérer la Couche Musculaire).
– Pour le syndrome de Vent-Froid avec transpiration, on ajoute ce remède à Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) pour dissiper le Vent-Froid et harmoniser les niveaux wei et ying, formule Guì Zhī Jiā Gé Gēn Tāng 桂枝加葛根湯 (Décoction de Rameau de Cannelier avec Kudzu).

– Clarifie la Chaleur et génère les liquides organiques :
Gé Gēn traite les maladies fébriles qui blessent les liquides organiques, caractérisées par la fièvre, l’irritabilité et la soif intense.
Il est particulièrement efficace pour le xiao ke (syndrome de soif et amaigrissement) avec diabète sucré, diabète insipide ou hyperthyroïdie.
– Pour la Chaleur interne avec soif et sécheresse, Gé Gēn est associé à Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis).
– Pour la soif due à la Chaleur de l’Estomac avec déficience du yin de l’Estomac, on l’utilise avec Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Yù Zhú (Rhizoma Polygonati Odorati).
– Pour le xiao ke (syndrome de soif et amaigrissement), Gé Gēn est associé à Huáng Qí (Radix Astragali), Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis) et Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae).

– Fait émerger les éruptions cutanées :
Gé Gēn favorise l’éruption complète de la rougeole en clarifiant la Chaleur et en faisant émerger l’éruption vers l’extérieur.
Il est utilisé aux premiers stades de la rougeole lorsque l’éruption ne s’exprime pas complètement.
– Pour la rougeole incomplètement exprimée, Gé Gēn est associé à Shēng Má (Rhizoma Cimicifugae), souvent avec Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) et Bò Hé (Herba Menthae).

– Élève le Yang et traite la diarrhée :
Gé Gēn sépare le pur du trouble et, par sa propriété ascendante, aide à arrêter la diarrhée causée par la Chaleur-Humidité.
Il est utilisé pour traiter la diarrhée aiguë avec sensation de brûlure à l’anus, selles malodorantes et fièvre, ainsi que la diarrhée chronique due à l’effondrement du Qi de la Rate et de l’Estomac.
– Pour la diarrhée due à la Chaleur-Humidité, on ajoute Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), formule Gé Gēn Huáng Qín Huáng Lián Tāng 葛根黃芩黃連湯 (Décoction de Kudzu, Scutellaire et Coptide).
– Pour la diarrhée chronique due à la déficience du qi de la Rate, on l’utilise avec Rén Shēn (Radix Ginseng), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Fú Líng (Poria) et Mù Xiāng (Radix Aucklandiae).

– Traite l’hypertension :
Gé Gēn est récemment utilisé avec succès pour traiter l’hypertension, les céphalées, la raideur de la nuque, les acouphènes et les vertiges.
Il est également utile pour la maladie coronarienne, l’angine de poitrine et la surdité soudaine.

Liste des symptômes

Syndromes Extérieurs :
Fièvre avec céphalées
Raideur et douleur de la nuque et des épaules
Absence de transpiration ou transpiration spontanée
Aversion au froid

Troubles fébriles et soif :
Soif intense avec désir de boissons froides
Bouche et gorge sèches
Irritabilité
Fièvre avec lésion des liquides organiques

Troubles digestifs :
Diarrhée aiguë due à la Chaleur-Humidité
Diarrhée chronique par effondrement du qi de la Rate
Sensation de brûlure à l’anus
Selles malodorantes

Troubles dermatologiques :
Rougeole incomplètement exprimée
Éruptions cutanées difficiles à sortir

Troubles cardiovasculaires :
Hypertension artérielle
Céphalées et raideur de la nuque
Acouphènes et vertiges
Maladie coronarienne
Angine de poitrine

Commentaire

Gé Gēn (Radix Puerariae) tire son nom du kudzu, une plante grimpante largement répandue en Asie. Ce remède occupe une position unique dans la pharmacopée chinoise car il libère l’Extérieur tout en générant les liquides organiques. Sa saveur douce et piquante, associée à sa nature fraîche, lui permet de traiter aussi bien les atteintes de Vent-Froid que de Vent-Chaleur au niveau de la couche musculaire.

Gé Gēn pénètre dans les méridiens de la Rate et de l’Estomac, qui correspondent au yangming. Cette affinité particulière pour le yangming explique son action spécifique sur la couche musculaire et sa capacité à élever les liquides clairs de l’Estomac vers le haut pour nourrir les Poumons. C’est pourquoi il traite efficacement la soif dans les maladies fébriles et le xiao ke (syndrome de soif et amaigrissement).

La propriété unique de Gé Gēn réside dans sa capacité à la fois ascendante et dispersante. Il élève le Yang pur de la Rate et de l’Estomac tout en dispersant les facteurs pathogènes de la couche musculaire. Cette double action explique son utilisation aussi bien pour libérer l’Extérieur que pour traiter la diarrhée due à l’effondrement du Qi ou à la Chaleur-Humidité.

En médecine clinique moderne, Gé Gēn a démontré des effets remarquables dans le traitement des maladies cardiovasculaires. Ses isoflavonoïdes, notamment la puérarine, dilatent les vaisseaux coronariens, améliorent la circulation cérébrale et abaissent la pression artérielle. Ces effets pharmacologiques confirment son usage traditionnel pour les céphalées, la raideur de la nuque et l’hypertension.

Il est important de noter que la forme non traitée de Gé Gēn possède une action plus forte pour libérer l’Extérieur et réduire la fièvre, tandis que la forme torréfiée est plus efficace pour traiter la diarrhée et protéger le jiao moyen. Cette différence de préparation permet d’adapter le remède aux besoins spécifiques du patient.

Gé Gēn se distingue de Shēng Má (Rhizoma Cimicifugae) par son action sur la couche musculaire plutôt que sur la peau. Alors que Shēng Má élève le Yang et fait émerger les éruptions en agissant sur la surface, Gé Gēn relâche la tension musculaire et traite les pathologies logées dans la couche intermédiaire entre l’Extérieur et l’Intérieur.

Associations

– avec Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) et Má Huáng (Herba Ephedrae) : pour le syndrome de Vent-Froid sans transpiration avec raideur de la nuque (formule Gé Gēn Tāng 葛根湯 Décoction de Kudzu)

– avec Chái Hú (Radix Bupleuri), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) : pour le Vent-Chaleur avec fièvre (formule Chái Gé Jiě Jī Tāng 柴葛解肌湯 Décoction de Buplèvre et Kudzu pour Libérer la Couche Musculaire)

– avec Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) : pour le syndrome de Vent-Froid avec transpiration (formule Guì Zhī Jiā Gé Gēn Tāng 桂枝加葛根湯 Décoction de Rameau de Cannelier avec Kudzu)

– avec Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) : pour la Chaleur interne avec soif et sécheresse

– avec Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Yù Zhú (Rhizoma Polygonati Odorati) : pour la soif due à la Chaleur de l’Estomac avec déficience du yin

– avec Huáng Qí (Radix Astragali), Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis) et Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae) : pour le xiao ke (syndrome de soif et amaigrissement)

– avec Shēng Má (Rhizoma Cimicifugae), Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) et Bò Hé (Herba Menthae) : pour la rougeole incomplètement exprimée

– avec Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) : pour la diarrhée due à la Chaleur-Humidité (formule Gé Gēn Huáng Qín Huáng Lián Tāng 葛根黃芩黃連湯 Décoction de Kudzu, Scutellaire et Coptide)

– avec Rén Shēn (Radix Ginseng), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Fú Líng (Poria) : pour la diarrhée chronique due à la déficience du qi de la Rate

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生葛根 shēng gé gēn) : forme non traitée, a un effet plus fort pour libérer l’Extérieur, relâcher les muscles et réduire la fièvre
– torréfié (煨葛根 wēi gé gēn) : forme torréfiée, augmente la chaleur du remède et renforce son effet pour traiter la diarrhée tout en protégeant le jiao moyen, mais diminue son action pour libérer l’Extérieur

Formules Classiques

– Gé Gēn Tāng (葛根湯 Décoction de Kudzu)
Cette formule combine Gé Gēn avec Má Huáng (Herba Ephedrae), Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens), Dà Zǎo (Fructus Jujubae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter le syndrome de Vent-Froid avec raideur de la nuque, absence de transpiration et aversion au froid.

– Chái Gé Jiě Jī Tāng (柴葛解肌湯 Décoction de Buplèvre et Kudzu pour Libérer la Couche Musculaire)
Formule combinant Gé Gēn avec Chái Hú (Radix Bupleuri), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) pour traiter le Vent-Chaleur avec fièvre croissante et frissons décroissants, raideur de la nuque et absence de transpiration.

– Gé Gēn Huáng Qín Huáng Lián Tāng (葛根黃芩黃連湯 Décoction de Kudzu, Scutellaire et Coptide)
Gé Gēn est inclus dans cette formule avec Huáng Qín (Radix Scutellariae), Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la diarrhée avec sensation de brûlure à l’anus due à la Chaleur-Humidité.

Toxicité :

Gé Gēn ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Cependant, un surdosage peut épuiser les liquides de l’Estomac en raison de sa nature dispersante. L’usage prolongé à doses élevées peut également assécher les liquides organiques chez certains patients. Les effets indésirables rapportés incluent rarement des nausées et des vomissements dus à sa nature fraîche. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.



Chai Hu

Chai Hu

Chái Hú (Bupleuri Radix)

Identification

Chinois : 柴胡
Pinyin : chái hú
Traduction : buplèvre
Nom commun : racine de buplèvre
Nom latin : Bupleuri Radix
Famille : Apiaceae
Espèces : Bupleurum chinense DC. (北柴胡 běi chái hú) ; Bupleurum scorzonerifolium Willd. (南柴胡 nán chái hú)
Partie utilisée : racine
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) au 2e siècle
Chai Hu

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes piquants et frais qui libèrent la Superficie (xin liáng jiě biǎo yào 辣凉解表藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Piquant (辛 xīn)
Nature : Fraîche (微寒 wēi hán)
Méridiens : Foie (肝 gān), Vésicule Biliaire (胆 dǎn), Péricarde (心包 xīn bāo), Triple Réchauffeur (三焦 sān jiāo)
Dosage : 3-10 g

Propriétés :

Libère l’extérieur et expulse la chaleur pathogène, harmonise le Shao Yang, régularise le Qi du Foie et soulage la stagnation, élève le Yang Qi.

Précautions :

Chái Hú a des fonctions ascendantes et dispersantes, son usage prolongé ou un surdosage peut consumer le yin. Il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience de Yin, un Feu de déficience de Yin, une montée du yang du Foie, ou une chaleur latente au niveau ying nutritif. Non recommandé pendant la grossesse. Ce remède ne présente pas de toxicité majeure aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Libère l’Extérieur
Disperse le Vent-Chaleur
Harmonise le shaoyang
Draine le Foie
Disperse la stagnation du Qi
Fait monter le Yang Qi
Traite les prolapsus

Actions et Indications

– Libère l’Extérieur et élimine le Vent-Chaleur :
Chái Hú est particulièrement efficace pour traiter les conditions d’Extérieur caractérisées par le Vent-Chaleur, avec des symptômes tels que fièvre, légère aversion au froid, gorge sèche ou douloureuse et soif.
Il est couramment utilisé pour les troubles du stade initial des maladies fébriles.
– Pour le syndrome Vent-Chaleur, Chái Hú est associé à Huáng Qín (Radix Scutellariae), Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae) et Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens).

– Harmonise le shaoyang et traite les désordres du shaoyang :
Chái Hú est le remède principal pour traiter les pathogènes piégés au niveau shaoyang, situé entre les niveaux taiyang et yangming, manifestant des frissons et fièvre alternés.
Cette condition est caractérisée par des frissons et fièvre alternés, une sensation d’oppression dans la poitrine et l’hypochondre, un goût amer dans la bouche, une gorge sèche, des nausées et un pouls superficiel et tendu.
– Pour le syndrome shaoyang avec frissons et fièvre alternés, Chái Hú est utilisé avec Huáng Qín (Radix Scutellariae), Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), Rén Shēn (Radix Ginseng) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae). Formule Xiǎo Chái Hú Tāng 小柴胡湯 (Décoction Mineure de Buplèvre).
– Pour le paludisme avec frissons et fièvre alternés, on l’associe à Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae) et Huáng Qín (Radix Scutellariae).

– Draine le Foie et disperse la stagnation :
Chái Hú possède une action puissante pour réguler le qi du Foie et soulager la stagnation, traitant ainsi la distension et la douleur de la poitrine et de l’hypochondre, l’irritabilité et les menstruations irrégulières causées par la stagnation du qi du Foie.
Il est traditionnellement utilisé pour les troubles émotionnels accompagnés de stagnation du qi.
– Pour la stagnation du qi du Foie avec distension de la poitrine et de l’hypochondre, Chái Hú est associé à Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis) et Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae). Formule Xiāo Yáo Sǎn 逍遙散 (Poudre de Libre Errance).
– Pour la distension et la douleur hypochondriaque, on l’utilise avec Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi), Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong). Formule Chái Hú Shū Gān Sǎn 柴胡疏肝散 (Poudre de Buplèvre pour Apaiser le Foie).
– Pour les menstruations irrégulières avec douleur, on l’associe à Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi).

– Fait monter le qi yang et traite les prolapsus :
Chái Hú, de nature ascendante, est couramment utilisé pour faire monter le Yang Qi de la Rate et de l’Estomac et traiter le prolapsus des organes internes causé par une déficience de Yang ou de Qi.
Les applications cliniques incluent le prolapsus du rectum et de l’utérus avec essoufflement, fatigue et autres symptômes de déficiences de Yang et de Qi.
– Pour le prolapsus des organes internes, Chái Hú est combiné avec Shēng Má (Rhizoma Cimicifugae), Huáng Qí (Radix Astragali) et Rén Shēn (Radix Ginseng). Formule Bǔ Zhōng Yì Qì Tāng 補中益氣湯 (Décoction pour Tonifier le Centre et Augmenter le Qi).
– Pour la diarrhée chronique due à l’affaissement du Qi de la Rate, on l’utilise avec Huáng Qí (Radix Astragali) et Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae).

Liste des symptômes

Désordres du shaoyang :
Frissons et fièvre alternés
Sensation d’oppression dans la poitrine et l’hypochondre
Goût amer dans la bouche
Gorge sèche
Nausées et vomissements
Perte d’appétit
Irritabilité

Stagnation du qi du Foie :
Distension et douleur de la poitrine et de l’hypochondre
Douleur hypochondriaque
Irritabilité et dépression
Syndrome prémenstruel
Menstruations irrégulières
Dysménorrhée

Prolapsus par déficience :
Prolapsus du rectum
Prolapsus de l’utérus
Diarrhée chronique avec affaissement du qi
Fatigue et essoufflement
Hyperménorrhée

Autres indications :
Céphalée temporale
Feu du Foie avec rougeur des yeux
Fièvre d’origine indéterminée
Hépatite infectieuse

Commentaire

Chái Hú (Radix Bupleuri) est l’un des remèdes les plus polyvalents et les plus utilisés de la pharmacopée chinoise. Son nom provient du caractère 柴 chái qui signifie « bois de chauffage » et 胡 qui fait référence aux régions barbares du nord. Ce remède est particulièrement reconnu pour son action unique sur le niveau shaoyang, situé entre l’Extérieur et l’Intérieur du corps. Sa capacité à harmoniser ce niveau pivot en fait un remède de choix dans de nombreuses formules classiques traitant les maladies où le pathogène est piégé entre deux niveaux.

Chái Hú est particulièrement efficace pour traiter le syndrome shaoyang décrit dans le Shāng Hán Lùn (Traité des Lésions du Froid) de Zhang Zhong-Jing, caractérisé par des frissons et fièvre alternés. Cette présentation clinique unique indique que le pathogène n’est ni complètement à l’Extérieur ni à l’Intérieur, mais oscille entre les deux. La formule classique Xiǎo Chái Hú Tāng (Décoction Mineure de Buplèvre) illustre parfaitement l’utilisation de Chái Hú pour harmoniser le shaoyang.

Une autre application majeure de Chái Hú concerne le traitement de la stagnation du qi du Foie. En médecine chinoise, le Foie est responsable du libre écoulement du qi dans tout le corps. Lorsque cette fonction est perturbée, il en résulte une stagnation qui se manifeste par de la distension, de la douleur, de l’irritabilité et des troubles émotionnels. Chái Hú, de nature acide et amère, pénètre le méridien du Foie pour réguler le qi et soulager la stagnation. Cette action est particulièrement importante dans le traitement des troubles gynécologiques, des troubles digestifs et des déséquilibres émotionnels.

Chái Hú se distingue également par sa capacité à faire monter le Yang Qi. Cette action ascendante permet de traiter les prolapsus d’organes internes causés par l’affaissement du Qi. Dans la formule classique Bǔ Zhōng Yì Qì Tāng (Décoction pour Tonifier le Centre et Augmenter le Qi), Chái Hú joue un rôle essentiel pour élever le qi clair et traiter les symptômes d’affaissement.

Les études pharmacologiques modernes ont confirmé de nombreuses propriétés traditionnelles de Chái Hú. Les saponines triterpéniques, notamment les saikosaponines, sont les principaux composants actifs responsables des effets antipyrétiques, anti-inflammatoires, hépatoprotecteurs et immunomodulateurs. Ces études scientifiques valident l’utilisation traditionnelle de Chái Hú dans le traitement de l’hépatite, des maladies fébriles et des troubles du système immunitaire.

Associations

– avec Huáng Qín (Radix Scutellariae) : pour harmoniser le shaoyang avec frissons et fièvre alternés (formule Xiǎo Chái Hú Tāng 小柴胡湯 Décoction Mineure de Buplèvre)

– avec Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) : pour nourrir le Sang du Foie tout en dispersant la stagnation du Qi du Foie (formule Xiāo Yáo Sǎn 逍遙散 Poudre de Libre Errance)

– avec Shēng Má (Rhizoma Cimicifugae) et Huáng Qí (Radix Astragali) : pour faire monter le qi yang et traiter les prolapsus (formule Bǔ Zhōng Yì Qì Tāng 補中益氣湯 Décoction pour Tonifier le Centre et Augmenter le Qi)

– avec Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi), Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) : pour la distension et la douleur hypochondriaque (formule Chái Hú Shū Gān Sǎn 柴胡疏肝散 Poudre de Buplèvre pour Apaiser le Foie)

– avec Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Fú Líng (Poria) : pour les menstruations irrégulières avec stagnation du qi du Foie

– avec Gé Gēn (Radix Puerariae) : pour libérer la couche musculaire et éliminer la chaleur (formule Chái Gé Jiě Jī Tāng 柴葛解肌湯 Décoction de Buplèvre et Kudzu pour Libérer la Couche Musculaire)

– avec Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) : pour la stagnation du Qi du Foie avec chaleur (formule Jiā Wèi Xiāo Yáo Sǎn 加味逍遙散 Poudre de Libre Errance Augmentée)

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng chái hú) : forme non transformée, a un effet plus fort pour libérer l’Extérieur et harmoniser le shaoyang, particulièrement efficace pour traiter les maladies fébriles
– frit au vinaigre (醋炙 cù zhì chái hú) : frit avec du vinaigre, renforce l’action de réguler le Qi du Foie et est couramment utilisé pour soulager la douleur hypochondriaque, la douleur abdominale et les crampes menstruelles
– frit avec du son (麸炒 fū chǎo chái hú) : frit avec du son de blé, réduit l’action refroidissante et renforce la capacité à faire monter le Yang Qi, approprié pour les formules tonifiant le centre

Formules Classiques

– Xiǎo Chái Hú Tāng (小柴胡湯 Décoction Mineure de Buplèvre)
Cette formule combine Chái Hú avec Huáng Qín (Radix Scutellariae), Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), Rén Shēn (Radix Ginseng), Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae), Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens) et Dà Zǎo (Fructus Jujubae) pour traiter le syndrome shaoyang avec frissons et fièvre alternés, sensation d’oppression dans la poitrine et l’hypochondre, nausées et goût amer dans la bouche.

– Xiāo Yáo Sǎn (逍遙散 Poudre de Libre Errance)
Formule combinant Chái Hú avec Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Fú Líng (Poria) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la stagnation du qi du Foie avec déficience du sang, manifestée par l’irritabilité, la distension hypochondriaque et les menstruations irrégulières.

– Bǔ Zhōng Yì Qì Tāng (補中益氣湯 Décoction pour Tonifier le Centre et Augmenter le Qi)
Chái Hú est inclus dans cette formule avec Huáng Qí (Radix Astragali), Rén Shēn (Radix Ginseng), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis) et Shēng Má (Rhizoma Cimicifugae) pour traiter l’affaissement du Qi de la Rate avec prolapsus des organes, fatigue chronique et faiblesse.

– Chái Hú Shū Gān Sǎn (柴胡疏肝散 Poudre de Buplèvre pour Apaiser le Foie)
Formule contenant Chái Hú, Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi), Zhǐ Ké (Fructus Aurantii) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) pour traiter la stagnation du Qi du Foie avec distension et douleur de la poitrine et de l’hypochondre.

Toxicité :

Chái Hú présente une très faible toxicité aux doses thérapeutiques recommandées. La DL50 chez la souris pour l’huile essentielle de Chái Hú administrée par injection intrapéritonéale est de 1,19 g/kg, et pour la saikosaponine de 1,906 g/kg. Cependant, en raison de sa nature froide et de ses propriétés ascendantes et dispersantes, une utilisation prolongée ou un surdosage peut consumer le yin et les liquides organiques. Des réactions allergiques ont été rapportées dans de rares cas, notamment lors de l’utilisation de la formule Xiǎo Chái Hú Tāng en association avec l’interféron alpha pour le traitement de l’hépatite chronique, avec un risque accru de pneumonite aiguë. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée de manière définitive pour Chái Hú seul, bien que des études suggèrent une possible interaction avec la tolbutamide et l’ofloxacine.



Sang Ye

Sang Ye

Sāng Yè (Folium Mori Albae)

Identification

Chinois : 桑叶
Pinyin : sāng yè
Traduction : feuille de mûrier
Nom commun : feuille de mûrier blanc
Nom latin : Folium Mori Albae
Famille : Moraceae
Espèces : Morus alba L. (桑 sāng)
Partie utilisée : feuille
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) au 2e siècle
Sang Ye

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes piquant et frais qui libèrent la Superficie (xin liáng jiě biǎo yào 辣凉解表藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Doux (甘 gān)
Nature : Froide (寒 hán)
Méridiens : Poumon (肺 fèi), Foie (肝 gān)
Dosage : 5-10 g (feuilles séchées), jusqu’à 50 g maximum, 100 g pour les feuilles fraîches

Propriétés :

Disperse le Vent-Chaleur et clarifie la tête, clarifie la Chaleur du Poumon et humidifie la Sécheresse, calme le Foie et éclaircit les yeux, refroidit le Sang et arrête les saignements.

Précautions :

Sāng Yè est contre-indiqué en raison de sa nature froide chez les patients ayant une déficience constitutionnelle ou du Froid. Il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience de Qi, de Sang, de Yin ou de Yang. Les feuilles récoltées après le premier gel (appelées feuilles de mûrier d’hiver ou feuilles de mûrier givrées) sont traditionnellement considérées comme les plus puissantes pour disperser le Vent et refroidir la Chaleur. Les jeunes feuilles tendres du printemps entrent spécifiquement dans le méridien du Foie pour refroidir le Foie et éclaircir les yeux. Les feuilles préparées avec du miel ont une fonction plus forte pour humidifier le Poumon et soulager la toux.

Fonctions principales :

Disperse le Vent-Chaleur
Clarifie la Chaleur du Poumon
Humidifie la Sécheresse
Apaise le Foie
Éclaircit les yeux
Refroidit le Sang
Arrête les saignements

Actions et Indications

– Disperse le Vent-Chaleur :
Sāng Yè est l’un des remèdes les plus couramment utilisés pour traiter le syndrome de Vent-Chaleur, caractérisé par la toux, la fièvre, les céphalées et les maux de gorge.
Il est particulièrement efficace pour libérer l’Extérieur et disperser les facteurs pathogènes de Vent-Chaleur qui attaquent le foyer supérieur.
– Pour le Vent-Chaleur avec toux, Sāng Yè est associé à Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Bò Hé (Herba Menthae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Jié Gěng (Radix Platycodonis), formule Sāng Jú Yǐn 桑菊飲 (Décoction de Mûrier et Chrysanthème).

– Clarifie la Chaleur du Poumon et humidifie la Sécheresse :
Sāng Yè traite la Chaleur et la Sécheresse qui blessent le Poumon, manifestées par la toux, les expectorations rares ou absentes, les expectorations difficiles à expectorer, ainsi que la bouche et la gorge sèches.
Il est couramment utilisé pour les troubles respiratoires causés par la Chaleur et la Sécheresse du Poumon.
– Pour la Chaleur et la Sécheresse du Poumon, Sāng Yè est associé à Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Chuān Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Cirrhosae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae), formule Sāng Xìng Tāng 桑杏湯 (Décoction de Feuille de Mûrier et Noyau d’Abricot).
– Pour la toux avec expectoration de sang, ce remède est associé à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Ē Jiāo (Colla Corii Asini), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) et Pí Pá Yè (Folium Eriobotryae).

– Apaise le Foie et éclaircit les yeux :
Sāng Yè entre dans le méridien du Foie pour traiter la montée du Yang du Foie, le Feu du Foie et la déficience du Yin du Foie.
La montée du Yang du Foie se caractérise par des vertiges, des étourdissements et des céphalées, le Feu du Foie par des yeux rouges, gonflés et douloureux, et la déficience du Yin du Foie par des vertiges et une vision trouble.
– Pour la montée du Yang du Foie, Sāng Yè est associé à Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Shí Jué Míng (Concha Haliotidis) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba).
– Pour le Feu du Foie, on l’associe à Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Jué Míng Zǐ (Semen Cassiae) et Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis).

Sāng Yè peut être utilisé en application externe sous forme de lavage oculaire pour soulager les troubles oculaires causés par le Feu du Foie.
– Pour la déficience du Yin du Foie, ce remède est associé à Hēi Zhī Má (Semen Sesami Nigrum) et Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii).
– Pour les troubles oculaires dus au Vent-Chaleur avec démangeaisons et rougeur des yeux, Sāng Yè est associé à Chán Tuì (Periostracum Cicadae).

– Refroidit le Sang et arrête les saignements :
Sāng Yè traite l’hématémèse due à la Chaleur, où la Chaleur excessive dans l’Estomac force le Sang à sortir de ses vaisseaux et provoque des vomissements de sang.
Ce remède peut à la fois refroidir le Sang et arrêter les saignements.
– Pour l’hématémèse, Sāng Yè est associé à des remèdes qui refroidissent le Sang, comme Xiǎo Jì (Herba Cirisii).

Liste des symptômes

Troubles du Vent-Chaleur :
Fièvre
Céphalées
Toux
Maux de gorge
Soif légère

Troubles respiratoires :
Toux due à la Chaleur du Poumon
Expectorations rares ou absentes
Expectorations difficiles à expectorer
Bouche et gorge sèches
Sensation de chatouillement dans la gorge
Toux avec expectoration de sang

Troubles oculaires :
Yeux rouges, gonflés et douloureux (Feu du Foie)
Démangeaisons et rougeur des yeux (Vent-Chaleur)
Vision trouble (déficience du Yin du Foie)
Vertiges (montée du Yang du Foie ou déficience du Yin du Foie)
Étourdissements
Céphalées

Autres indications :
Hématémèse due à la Chaleur
Vomissements de sang causés par la Chaleur de l’Estomac

Commentaire

Sāng Yè (Folium Mori Albae) est la feuille du mûrier blanc, un arbre cultivé depuis des millénaires en Chine pour l’élevage des vers à soie. Ce remède polyvalent occupe une place de choix dans la pharmacopée chinoise en raison de ses multiples actions thérapeutiques. Sa nature froide et ses saveurs amère et douce en font un remède idéal pour traiter les pathologies de Chaleur tout en préservant les liquides organiques.

L’une des caractéristiques distinctives de Sāng Yè est sa capacité à disperser le Vent-Chaleur tout en clarifiant la Chaleur interne, ce qui le rend particulièrement utile pour les syndromes où le facteur pathogène extérieur se transforme en Chaleur interne. Cette double action explique son inclusion dans la célèbre formule Sāng Jú Yǐn (Décoction de Mûrier et Chrysanthème), qui traite les stades précoces des troubles respiratoires causés par le Vent-Chaleur.

Sāng Yè entre dans les méridiens du Poumon et du Foie, ce qui lui confère une action thérapeutique sur ces deux organes. Au niveau du Poumon, il clarifie la Chaleur, humidifie la Sécheresse et soulage la toux. Sa capacité à humidifier tout en clarifiant la Chaleur distingue Sāng Yè de nombreux autres remèdes qui dispersent le Vent-Chaleur, lesquels ont tendance à assécher. Cette propriété le rend particulièrement adapté au traitement de la toux sèche causée par la Chaleur et la Sécheresse du Poumon.

Au niveau du Foie, Sāng Yè apaise le Yang du Foie et draine le Feu du Foie, ce qui en fait un remède de premier choix pour les troubles oculaires. La médecine chinoise enseigne que le Foie s’ouvre aux yeux, et que tout déséquilibre du Foie affecte la vision. Sāng Yè traite efficacement les yeux rouges, gonflés et douloureux causés par le Feu du Foie, ainsi que la vision trouble et les vertiges associés à la montée du Yang du Foie ou à la déficience du Yin du Foie.

Une application moins connue mais importante de Sāng Yè concerne le traitement des saignements. Sa capacité à refroidir le Sang permet de traiter l’hématémèse causée par la Chaleur excessive qui force le Sang hors de ses vaisseaux. Cette action hémostatique complète le profil thérapeutique de ce remède polyvalent.

Les études pharmacologiques modernes ont confirmé plusieurs des actions traditionnelles de Sāng Yè. Des recherches ont démontré ses propriétés antibactériennes contre divers agents pathogènes, son action hypoglycémiante et hypocholestérolémiante, ainsi que son excellente tolérance et sa faible toxicité.

Selon le Běn Cǎo Gāng Mù (Grand Traité de Matière Médicale) de Lǐ Shí-Zhēn en 1578, Sāng Yè stimule également la croissance des cheveux. Cette indication supplémentaire illustre la diversité des applications de ce remède dans la tradition médicale chinoise.

Associations

– avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Bò Hé (Herba Menthae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Jié Gěng (Radix Platycodonis) : pour le Vent-Chaleur avec toux (formule Sāng Jú Yǐn 桑菊飲 Décoction de Mûrier et Chrysanthème)

– avec Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Chuān Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Cirrhosae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae) : pour la Chaleur et la Sécheresse du Poumon (formule Sāng Xìng Tāng 桑杏湯 Décoction de Feuille de Mûrier et Noyau d’Abricot)

– avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Ē Jiāo (Colla Corii Asini), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) et Pí Pá Yè (Folium Eriobotryae) : pour la toux avec expectoration de sang

– avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Shí Jué Míng (Concha Haliotidis) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) : pour la montée du Yang du Foie

– avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Jué Míng Zǐ (Semen Cassiae) et Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis) : pour le Feu du Foie

– avec Hēi Zhī Má (Semen Sesami Nigrum) et Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii) : pour la déficience du Yin du Foie

– avec Chán Tuì (Periostracum Cicadae) : pour les troubles oculaires dus au Vent-Chaleur

– avec Xiǎo Jì (Herba Cirisii) : pour l’hématémèse

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng sāng yè) : forme sèche standard, utilisée pour disperser le Vent-Chaleur et clarifier la Chaleur du Poumon
– frais (鮮用 xiān sāng yè) : forme fraîche, possède une action plus forte pour clarifier la Chaleur et générer les liquides organiques, particulièrement pour refroidir le Sang et arrêter les saignements
– préparé avec du miel (蜜炙 mì zhì sāng yè) : la feuille est imprégnée de miel puis séchée, cette préparation renforce la fonction d’humidification du Poumon et de soulagement de la toux

Formules Classiques

– Sāng Jú Yǐn (桑菊飲 Décoction de Mûrier et Chrysanthème)
Cette formule classique combine Sāng Yè avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Bò Hé (Herba Menthae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae), Jié Gěng (Radix Platycodonis), Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter le Vent-Chaleur attaquant le Poumon avec toux, fièvre légère, soif et maux de gorge.

– Sāng Xìng Tāng (桑杏湯 Décoction de Feuille de Mûrier et Noyau d’Abricot)
Formule combinant Sāng Yè avec Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae), Chuān Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Cirrhosae), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Dàn Dòu Chǐ (Semen Sojae Praeparatum) et Lí Pí (Pericarpium Pyri) pour traiter la Sécheresse automnale qui blesse le Poumon avec toux sèche, expectorations rares et difficiles à expectorer.

Toxicité :

Sāng Yè présente une excellente tolérance et une très faible toxicité. Des études pharmacologiques n’ont rapporté aucune mortalité chez les souris après injection intrapéritonéale d’une décoction à 10% de Sāng Yè à une dose 250 fois supérieure à la dose normale pour l’adulte. Dans une étude de suivi, l’injection intrapéritonéale quotidienne d’une décoction à 10% de Sāng Yè pendant 21 jours n’a causé aucun dommage aux organes internes tels que le foie, les reins et les poumons. Les effets indésirables rapportés sont rares et généralement bénins. En raison de sa nature froide, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir la Rate et l’Estomac chez les personnes présentant une déficience digestive. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.​



Ju Hua

Ju Hua

Jú Huā (Flos Chrysanthemi Morifolii)

Identification

Chinois : 菊花
Pinyin : jú huā
Traduction : fleur de chrysanthème
Nom commun : fleur de chrysanthème
Nom latin : Flos Chrysanthemi Morifolii
Famille : Asteraceae
Espèces : Chrysanthemum morifolium Ramat. (菊 jú)
Partie utilisée : capitule floral
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) au 2e siècle
Ju Hua

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes piquant et frais qui libèrent la Superficie (xin liáng jiě biǎo yào 辣凉解表藥)
Saveurs : Piquant (辛 xīn), Doux (甘 gān), Amer (苦 kǔ)
Nature : Fraîche (凉 liáng)
Méridiens : Poumon (肺 fèi), Foie (肝 gān)
Dosage : 4,5-15 g

Propriétés :

Disperse le Vent et clarifie la Chaleur, calme le Foie et éclaircit les yeux, refroidit et tonifie le Foie, élimine la toxicité.

Précautions :

Jú Huā doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience du qi, un Froid de l’Estomac ou une diarrhée. En raison de sa nature fraîche, l’usage prolongé ou à doses élevées peut affaiblir le Yang et le Qi. Ce remède est contre-indiqué en cas de déficience avec Froid. La forme fraîche possède des propriétés plus fortes pour disperser le Vent-Chaleur que la forme sèche. Ce remède ne présente pas de toxicité aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Disperse le Vent-Chaleur
Clarifie la Chaleur
Apaise le Foie
Éclaircit les yeux
Calme le Yang du Foie
Éteint le Vent
Élimine les toxines

Actions et Indications

– Disperse le Vent et clarifie la Chaleur :
Jú Huā est l’un des remèdes les plus utilisés pour traiter le syndrome de Vent-Chaleur, caractérisé par de la toux, de la fièvre, des céphalées et un mal de gorge. Il disperse le Vent-Chaleur depuis l’extérieur et clarifie la Chaleur des méridiens du Poumon et du Foie. Il est particulièrement efficace pour traiter les stades précoces des maladies fébriles ou le syndrome de Vent-Chaleur attaquant la partie supérieure du corps.
– Pour le Vent-Chaleur avec toux, Jú Huā est associé à Sāng Yè (Folium Mori), Bò Hé (Herba Menthae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Jié Gěng (Radix Platycodonis), formule Sāng Jú Yǐn 桑菊飲 (Décoction de Mûrier et Chrysanthème).
– Pour les maladies fébriles et le syndrome de Vent-Chaleur, on l’associe à Sāng Yè (Folium Mori), Bò Hé (Herba Menthae), Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis) et Lián Qiáo (Fructus Forsythiae).

Jú Huā traite également la céphalée causée par le Vent-Chaleur.
-Pour la céphalée due au Vent-Chaleur, on ajoute Qiāng Huó (Rhizoma et Radix Notopterygii), Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae), Bái Zhǐ (Radix Angelicae Dahuricae) et Xì Xīn (Herba Asari).
-Pour le Vent-Chaleur avec mal de gorge, on l’associe à Bǎn Lán Gēn (Radix Isatidis) ou Shān Dòu Gēn (Radix Sophorae Tonkinensis).

– Clarifie le Foie et éclaircit les yeux :
Jú Huā est l’un des remèdes les plus utilisés pour traiter les troubles oculaires. Il entre dans le méridien du Foie et traite les troubles oculaires causés par le Vent-Chaleur attaquant le méridien du Foie, ou par le Feu du Foie qui monte, avec des symptômes tels que rougeur, gonflement et douleur des yeux, obstruction visuelle superficielle et production accrue de larmes lors de l’exposition au vent. Il traite également la vision floue et les vertiges causés par les déficiences du Yin du Foie et du Rein.
– Pour la rougeur, le gonflement et la douleur des yeux, Jú Huā est associé à Sāng Yè (Folium Mori), Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Chán Tuì (Periostracum Cicadae), Mù Zéi (Herba Equiseti Hiemalis) et Bái Jí Lí (Fructus Tribuli).
– Pour la vision floue et les vertiges causés par la déficience du Yin du Foie et du Rein, on l’associe à Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan).

Jú Huā traite aussi la myopie.
– Pour la myopie, on ajoute Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Tiān Mén Dōng (Radix Asparagi) et Zhǐ Ké (Fructus Aurantii).
-Pour l’obstruction visuelle superficielle, on l’utilise avec Mì Méng Huā (Flos Buddlejae), Qīng Xiāng Zǐ (Semen Celosiae), Mù Zéi (Herba Equiseti Hiemalis), Sāng Yè (Folium Mori) et Chán Tuì (Periostracum Cicadae).

– Calme le yang du Foie :
Jú Huā entre dans le méridien du Foie et calme le Yang du Foie ascendant. Il est couramment utilisé pour traiter l’hypertension, les vertiges, les étourdissements et le gonflement et la douleur dans la tête associés à la montée du yang du Foie.
– Pour la montée du Yang du Foie, Jú Huā est associé à Shí Jué Míng (Concha Haliotidis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis).
– Pour les troubles visuels avec vertiges et céphalées dus à la montée du Yang du Foie, on l’utilise avec Bái Jí Lí (Fructus Tribuli), Jué Míng Zǐ (Semen Cassiae), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Màn Jīng Zǐ (Fructus Viticis).

– Clarifie la Chaleur et élimine les toxines :
Jú Huā clarifie la Chaleur et élimine les toxines de l’extérieur du corps et traite divers troubles dermatologiques avec abcès et ulcérations. Cette action est particulièrement prononcée dans les variétés de chrysanthème jaune et sauvage.
– Pour les furoncles, les lésions, les abcès et les carboncles de la peau, Jú Huā est associé à Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae), Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) et Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci), et appliqué localement.

Liste des symptômes

Troubles causés par le Vent-Chaleur :
Toux due au Vent-Chaleur
Fièvre avec céphalée
Mal de gorge avec gonflement et douleur
Bouche et gorge sèches
Soif

Troubles oculaires :
Rougeur, gonflement et douleur des yeux
Obstruction visuelle superficielle
Production excessive de larmes lors de l’exposition au vent
Vision floue
Myopie
Yeux qui démangent

Troubles causés par la montée du yang du Foie :
Hypertension
Vertiges et étourdissements
Céphalées
Gonflement et douleur dans la tête

Troubles dermatologiques :
Furoncles et carboncles
Abcès cutanés
Ulcérations

Commentaire

Jú Huā (Flos Chrysanthemi) tire son nom du chrysanthème cultivé, une plante largement répandue en Chine depuis l’antiquité. Ce remède est l’un des plus polyvalents de la pharmacopée chinoise pour disperser le Vent-Chaleur tout en clarifiant le Foie et en éclaircissant les yeux. Sa saveur douce lui permet de tonifier, tandis que son amertume et sa nature fraîche en font un excellent remède pour tous les syndromes de Chaleur affectant la partie supérieure du corps. Sa capacité unique à la fois disperser et tonifier le distingue de nombreux autres remèdes clarifiants la Chaleur.

Jú Huā est particulièrement reconnu pour son action sur le méridien du Foie et ses applications ophtalmologiques. Depuis le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste), les effets bénéfiques de la consommation à long terme de Jú Huā ont été reconnus pour prolonger la vie et éclaircir la vision. En médecine chinoise, ce remède traite efficacement les troubles causés par le Vent-Chaleur qui affecte les yeux et la tête, notamment la rougeur des yeux, les céphalées et les vertiges.

Une autre application majeure de Jú Huā concerne le traitement de la montée du yang du Foie. Cette action résulte de sa capacité à calmer le Foie, clarifier la Chaleur et apaiser le yang ascendant. Les études pharmacologiques modernes ont confirmé ses propriétés vasodilatatrices, sa capacité à augmenter la perfusion sanguine des artères coronaires et à abaisser la tension artérielle.

Jú Huā se distingue par sa nature non grasse et son action douce qui ne blesse ni le Qi ni le Yin. Il existe plusieurs variétés de Jú Huā utilisées en clinique, chacune ayant des propriétés légèrement différentes. Le chrysanthème blanc (白菊花 bái jú huā) est le plus fort pour apaiser le feu du Foie et éclaircir les yeux, traitant la rougeur et la douleur des yeux. Le chrysanthème jaune (黄菊花 huáng jú huā) est le plus fort pour disperser le Vent-Chaleur. Le chrysanthème sauvage (野菊花 yě jú huā) est le plus fort pour clarifier la Chaleur et éliminer les toxines, traitant les furoncles, les carboncles et les abcès.

Jú Huā se distingue de Sāng Yè (Folium Mori) par son action spécifique sur le Foie. Alors que Sāng Yè est plus froid et plus fort pour disperser le Vent-Chaleur extérieur, clarifier la Chaleur du Poumon, humidifier la sécheresse, refroidir le Sang et arrêter les saignements, Jú Huā est plus efficace pour calmer le Foie, éclaircir les yeux et traiter la montée du yang du Foie. Les deux plantes dispersent le Vent-Chaleur et éclaircissent la tête, mais Jú Huā est supérieur pour traiter les troubles oculaires et le Yang du Foie ascendant.

Associations

– avec Sāng Yè (Folium Mori), Bò Hé (Herba Menthae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Jié Gěng (Radix Platycodonis) : pour le Vent-Chaleur avec toux (formule Sāng Jú Yǐn 桑菊飲 Décoction de Mûrier et Chrysanthème)

– avec Sāng Yè (Folium Mori), Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Chán Tuì (Periostracum Cicadae), Mù Zéi (Herba Equiseti Hiemalis) et Bái Jí Lí (Fructus Tribuli) : pour la rougeur, le gonflement et la douleur des yeux

– avec Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) : pour la vision floue et les vertiges causés par la déficience du Yin du Foie et du Rein

– avec Shí Jué Míng (Concha Haliotidis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis) : pour la montée du Yang du Foie

– avec Bái Jí Lí (Fructus Tribuli), Jué Míng Zǐ (Semen Cassiae), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Màn Jīng Zǐ (Fructus Viticis) : pour les troubles visuels avec vertiges et céphalées dus à la montée du Yang du Foie

– avec Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae), Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) et Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) : pour les furoncles, les carboncles et les abcès cutanés (application topique)

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng jú huā) : forme séchée, a un effet équilibré pour disperser le Vent-Chaleur et éclaircir les yeux
– frit à sec (炒菊花 chǎo jú huā) : frit à sec jusqu’à ce qu’il soit légèrement roussi, cette préparation modère ses propriétés piquantes et rafraîchissantes, et est généralement utilisée pour calmer le Foie et éclaircir les yeux lorsque la Rate et l’Estomac sont faibles
– carbonisé (菊花炭 jú huā tàn) : frit à sec jusqu’à ce qu’il soit complètement carbonisé mais non déformé, puis rapidement aspergé d’eau pour le refroidir et l’empêcher de brûler, cette préparation fait entrer Jú Huā dans le Sang où il cherche le Vent, calme le Vent et apaise le Sang, et est couramment utilisé avec Hé Shǒu Wū (Radix Polygoni Multiflori Preparata), Nǚ Zhēn Zǐ (Fructus Ligustri Lucidi), Bái Jí Lí (Fructus Tribuli) et Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii) pour les vertiges, les acouphènes et la douleur dans les globes oculaires causés par la déficience du Sang générant du Vent

Formules Classiques

– Sāng Jú Yǐn (桑菊飲 Décoction de Mûrier et Chrysanthème)
Cette formule combine Jú Huā avec Sāng Yè (Folium Mori), Bò Hé (Herba Menthae) et Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) pour traiter les maladies fébriles et le Vent-Chaleur attaquant les Poumons avec toux et soif.

– Qǐ Jú Dì Huáng Wán (杞菊地黄丸 Pilule de Lycium, Chrysanthème et Rehmannia)
Formule combinant Jú Huā avec Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii) pour traiter les vertiges et la vision floue dus à la déficience du Foie et du Rein.

– Yín Qiáo Sǎn (银翘散 Poudre de Chèvrefeuille et Forsythia)
Jú Huā peut être ajouté à cette formule avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Bò Hé (Herba Menthae) pour traiter le Vent-Chaleur aux stades précoces avec fièvre et soif.

Toxicité :

Jú Huā ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une très bonne tolérance. Cependant, en raison de sa nature fraîche, une utilisation prolongée à doses élevées chez les personnes présentant une déficience du qi, un Froid de l’Estomac ou une diarrhée peut affaiblir davantage le Qi et le Yang. Les effets indésirables rapportés sont rares et incluent principalement des troubles digestifs chez les personnes sensibles. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée, bien que la prudence soit recommandée lors de l’utilisation avec des médicaments antihypertenseurs en raison de son effet hypotenseur.



Bo He

Bo He

Bò Hé (Herba Menthae Haplocalycis)

Identification

Chinois : 薄荷
Pinyin : bò hé
Traduction : menthe
Nom commun : menthe des champs, menthe sauvage
Nom latin : Herba Menthae Haplocalycis
Famille : Lamiaceae
Espèces : Mentha haplocalyx Briq. (薄荷 bò hé)
Partie utilisée : partie aérienne
Texte d’origine : Yào Xìng Běn Cǎo 药性本草 (Materia Medica des Propriétés Médicinales) par Zhen Quan en 600 apr. J.-C.
Bo He

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes piquants et frais qui libèrent la Superficie (xin liáng jiě biǎo yào 辣凉解表藥)
Saveurs : Piquant (辛 xīn), Frais (凉 liáng)
Nature : Fraîche (凉 liáng)
Méridiens : Poumon (肺 fèi), Foie (肝 gān)
Dosage : 2-10 g (maximum 20 g)

Propriétés :

Libère l’Extérieur et dissipe la Chaleur-Vent, clarifie la tête et les yeux, bénéficie la gorge, fait émerger les éruptions cutanées, apaise et régule le Qi du Foie, disperse le Qi trouble de l’abdomen.

Précautions :

Bo He est contre-indiqué en cas de déficience du Yin, de chaleur par vide du Yin, de montée du Yang du Foie, et chez les patients en convalescence de maladies chroniques ou présentant des symptômes de vide. L’usage chronique et répété peut entraîner un épuisement des réserves de Qi et de Yang. Bo He doit être ajouté en fin de décoction et cuit seulement brièvement, pas plus de 5 à 10 minutes, car les constituants actifs s’évaporent ou se désactivent avec une exposition prolongée à la chaleur.

Fonctions principales :

Disperse le Vent-Chaleur
Libère l’Extérieur
Induit la transpiration
Clarifie la tête
Illumine les yeux
Bénéficie la gorge
Fait émerger les éruptions cutanées
Soulage les démangeaisons
Régularise le Qi du Foie
Lève la stagnation du Qi
Disperse le Qi trouble

Actions et Indications

– Libère l’Extérieur et disperse le Vent-Chaleur :
Bò Hé est couramment utilisé pour traiter les stades initiaux des maladies fébriles et le syndrome de Vent-Chaleur, caractérisés par des céphalées, de la fièvre, l’absence de transpiration, une bouche sèche, des maux de gorge, un enduit lingual jaune et un pouls superficiel et rapide.
Grâce à sa saveur piquante qui peut surmonter sa nature fraîche, Bò Hé peut également être utilisé pour traiter le syndrome de Vent-Froid s’il est combiné avec des remèdes piquants et chauds.
– Pour le syndrome de Vent-Chaleur, Bò Hé est associé à Jīng Jiè (Herba Schizonepetae), Jié Gěng (Radix Platycodonis), Sāng Yè (Folium Mori), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii) pour disperser le Vent-Chaleur et éliminer les toxines.
– Pour les stades précoces des maladies fébriles, on le combine avec Chán Tuì (Periostracum Cicadae), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae).
– Pour le syndrome de Vent-Froid, Bò Hé est utilisé avec Zǐ Sū Yè (Folium Perillae), Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae) et Qiāng Huó (Rhizoma et Radix Notopterygii).

– Clarifie la tête, illumine les yeux et bénéficie la gorge :
Bò Hé possède des propriétés légères, flottantes et ascendantes, ce qui le rend particulièrement efficace pour traiter le Vent-Chaleur dans la partie supérieure du corps, notamment les troubles de la gorge et de la tête.
Les applications cliniques les plus appropriées incluent les céphalées, les maux de gorge et les yeux rouges.
– Pour les maux de gorge dus au Vent-Chaleur, Bò Hé est associé à Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii), Bǎn Lán Gēn (Radix Isatidis) et Shè Gān (Rhizoma Belamcandae).
– Pour les maux de gorge avec perte de voix, on le combine avec Lián Qiáo (Fructus Forsythiae), Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Mù Hú Dié (Semen Oroxyli).
– Pour les yeux rouges dus au Vent-Chaleur, Bò Hé est utilisé avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae).

– Fait émerger les éruptions cutanées et soulage les démangeaisons :
De nature dispersante, Bò Hé est couramment utilisé pour traiter le Vent-Chaleur attaquant la peau, caractérisé par des troubles tels que les éruptions cutanées, la rougeole et d’autres maladies dermatologiques.
Il favorise une récupération plus rapide en réduisant la durée de la maladie.
– Pour favoriser l’éruption de la rougeole, Bò Hé est associé à Jīng Jiè (Herba Schizonepetae), Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii) et Lián Qiáo (Fructus Forsythiae).
– Pour les éruptions cutanées, l’eczéma et les démangeaisons générales, on l’utilise avec Chán Tuì (Periostracum Cicadae), Jīng Jiè (Herba Schizonepetae), Dì Fū Zǐ (Fructus Kochiae) et Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii).

– Apaise et régularise le Qi du Foie et lève la stagnation :
Bò Hé entre dans le méridien du Foie et est couramment utilisé pour traiter la stagnation du Qi du Foie caractérisée par des sensations d’inconfort, de distension et de douleur dans la poitrine et l’hypochondre.
– Pour la stagnation du Qi du Foie, Bò Hé est associé à Chái Hú (Radix Bupleuri), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), formule Xiāo Yáo Sǎn 逍遙散 (Poudre de Libre Errance).
– Pour les yeux rouges, la vision floue et les céphalées dans l’hypertension causées par la montée du Yang du Foie, on ajoute Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Sāng Yè (Folium Mori).

– Disperse le Qi trouble de l’abdomen :
En été, une alimentation inappropriée d’aliments non cuits ou non hygiéniques peut introduire la Chaleur et l’Humidité dans l’abdomen.
Avec l’accumulation de Chaleur et d’Humidité, les patients souffriront de douleurs abdominales, de vomissements, de diarrhée et d’autres troubles gastro-intestinaux.
En combinaison avec d’autres remèdes, Bò Hé peut traiter efficacement ce type de trouble gastro-intestinal.
– Pour les vomissements et la diarrhée dus à la Chaleur-Humidité estivale, Bò Hé est utilisé avec Huò Xiāng (Herba Agastache), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Bái Dòu Kòu (Fructus Amomi Rotundus), formule Gān Lù Xiāo Dú Dān 甘露消毒丹 (Pilule Spéciale de Rosée Douce pour Éliminer les Toxines).

Liste des symptômes

Troubles de l’Extérieur dus au Vent-Chaleur :
Fièvre et céphalées
Absence de transpiration
Bouche sèche et gorge sèche
Maux de gorge
Enduit lingual jaune
Pouls superficiel et rapide

Troubles de la tête et des yeux :
Céphalées frontales
Yeux rouges et douloureux
Vision floue
Larmoiement excessif
Obstruction visuelle superficielle
Perte de voix ou enrouement

Troubles dermatologiques :
Éruptions cutanées incomplètes
Rougeole non exprimée complètement
Démangeaisons cutanées
Eczéma
Urticaire
Éruptions prurigineuses

Troubles du Qi du Foie :
Distension et douleur dans la poitrine et l’hypochondre
Sensation d’inconfort thoracique
Irritabilité
Stagnation du Qi

Troubles digestifs :
Douleurs abdominales dues à la Chaleur-Humidité
Vomissements
Diarrhée estivale
Distension épigastrique

Commentaire

Bò Hé (Herba Menthae Haplocalycis) tire son nom de la menthe des champs, une plante aromatique largement cultivée en Asie. Ce remède est l’un des plus polyvalents de la pharmacopée chinoise pour disperser le Vent-Chaleur et libérer l’Extérieur. Sa saveur piquante lui permet de disperser les facteurs pathogènes, tandis que sa nature fraîche en fait un excellent remède pour les syndromes de Vent-Chaleur. Sa capacité unique à la fois disperser et réguler le Qi le distingue de nombreux autres remèdes libérant l’Extérieur.

Bò Hé est particulièrement reconnu pour son action sur les orifices de la tête, notamment les yeux, la gorge et le nez. Cette polyvalence fait de Bò Hé un remède de choix dans de nombreuses formules traitant les maladies fébriles et les troubles de la partie supérieure du corps. En médecine chinoise, ce remède traite efficacement les troubles causés par le Vent-Chaleur attaquant l’Extérieur, notamment la fièvre, les céphalées et les maux de gorge.

Une autre application majeure de Bò Hé concerne le traitement des troubles dermatologiques causés par le Vent-Chaleur. Cette action résulte de sa capacité à disperser le Vent-Chaleur de la peau et à favoriser l’émergence complète des éruptions cutanées. Les études pharmacologiques modernes ont confirmé ses propriétés anti-inflammatoires, antipyrétiques et diaphorétiques légères.

Bò Hé se distingue par sa nature aromatique qui lui permet de réguler le Qi et de lever la stagnation du Qi du Foie. Il est couramment utilisé en clinique pour traiter les troubles émotionnels et digestifs liés à la stagnation du Qi du Foie, particulièrement lorsque ces troubles s’accompagnent de symptômes tels que la distension thoracique et l’irritabilité. La forme fraîche du remède possède une action plus forte pour disperser le Vent-Chaleur que la forme sèche.

Bò Hé se distingue de Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii) par son action plus légère et sa capacité à réguler le Qi. Alors que Niú Bàng Zǐ draine et dissipe la Chaleur en favorisant l’élimination des toxines par les selles, Bò Hé agit principalement en induisant la transpiration et en dispersant le Vent-Chaleur de l’Extérieur. Les deux remèdes dispersent le Vent-Chaleur et font émerger les éruptions cutanées, mais Bò Hé est supérieur pour traiter les troubles de la tête et pour réguler le Qi du Foie.

Associations

– avec Jīng Jiè (Herba Schizonepetae), Jié Gěng (Radix Platycodonis), Sāng Yè (Folium Mori), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii) : pour le syndrome de Vent-Chaleur avec fièvre, céphalées et maux de gorge

– avec Chán Tuì (Periostracum Cicadae), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) : pour les stades précoces des maladies fébriles

– avec Zǐ Sū Yè (Folium Perillae), Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae) et Qiāng Huó (Rhizoma et Radix Notopterygii) : pour le syndrome de Vent-Froid

– avec Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii), Bǎn Lán Gēn (Radix Isatidis) et Shè Gān (Rhizoma Belamcandae) : pour les maux de gorge dus au Vent-Chaleur

– avec Lián Qiáo (Fructus Forsythiae), Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Mù Hú Dié (Semen Oroxyli) : pour les maux de gorge avec perte de voix

– avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) : pour les yeux rouges dus au Vent-Chaleur

– avec Jīng Jiè (Herba Schizonepetae), Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii) et Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) : pour favoriser l’éruption de la rougeole

– avec Chán Tuì (Periostracum Cicadae), Jīng Jiè (Herba Schizonepetae), Dì Fū Zǐ (Fructus Kochiae) et Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii) : pour les éruptions cutanées, l’eczéma et les démangeaisons générales

– avec Chái Hú (Radix Bupleuri), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) : pour la stagnation du Qi du Foie (formule Xiāo Yáo Sǎn 逍遙散 Poudre de Libre Errance)

– avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Sāng Yè (Folium Mori) : pour les yeux rouges, la vision floue et les céphalées dans l’hypertension causées par la montée du Yang du Foie

– avec Huò Xiāng (Herba Agastache), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Bái Dòu Kòu (Fructus Amomi Rotundus) : pour les vomissements et la diarrhée dus à la Chaleur-Humidité estivale (formule Gān Lù Xiāo Dú Dān 甘露消毒丹 Pilule Spéciale de Rosée Douce pour Éliminer les Toxines)

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng bò hé) : forme standard, a un effet modéré pour disperser le Vent-Chaleur et libérer l’Extérieur, particulièrement efficace pour les troubles de l’Extérieur et les céphalées
– frit à sec (炒用 chǎo bò hé) : forme frite qui réduit ses propriétés dispersantes, améliore son action de régulation du Qi, particulièrement appropriée pour la stagnation du Qi du Foie

Formules Classiques

– Sāng Jú Yǐn (桑菊飲 Décoction de Mûrier et Chrysanthème)
Cette formule combine Bò Hé avec Sāng Yè (Folium Mori), Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis) pour traiter les maladies fébriles et le Vent-Chaleur attaquant les Poumons avec toux et soif.

– Yín Qiáo Sǎn (銀翹散 Poudre de Chèvrefeuille et Forsythia)
Bò Hé est inclus dans cette formule avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii) pour traiter le Vent-Chaleur avec fièvre et soif.

– Xiāo Yáo Sǎn (逍遙散 Poudre de Libre Errance)
Formule combinant Bò Hé avec Chái Hú (Radix Bupleuri), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Fú Líng (Poria) pour traiter la stagnation du Qi du Foie avec distension thoracique et troubles émotionnels.

Toxicité :

Bò Hé ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une très bonne tolérance. Cependant, en raison de sa nature aromatique et dispersante, une utilisation prolongée à doses élevées peut épuiser le Qi et le Yin chez les personnes présentant des déficiences. Les effets indésirables rapportés sont rares et peuvent inclure bouche sèche, gorge irritée, épistaxis et néphrite à doses très élevées. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée. Les doses élevées peuvent provoquer une élévation de la tension artérielle et ne doivent pas être utilisées chez les patients hypertendus.



Sheng Jiang

Gan Jiang

Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens)

Identification

Chinois : 生薑
Pinyin : shēng jiāng
Traduction : gingembre frais
Nom commun : gingembre frais, rhizome de gingembre frais
Nom latin : Rhizoma Zingiberis Recens
Famille : Zingiberaceae
Espèces : Zingiber officinale Willd. Rosc. (薑 jiāng)
Partie utilisée : rhizome frais
Texte d’origine : Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Dossiers Divers de Médecins Renommés) par Tao Hong-Jing en 500 après J.-C.
sheng jiang

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes piquants et tièdes qui libèrent la Superficie (xin wēn jiě biǎo yào 辣温解表藥)
Saveurs : Piquant (辛 xīn), légèrement Doux (甘 gān)
Nature : Légèrement tiède (微温 wēi wēn)
Méridiens : Poumon (肺 fèi), Rate (脾 pí), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 3-9 g

Propriétés :

Libère l’Extérieur et disperse le Froid, réchauffe le Réchauffeur Moyen et apaise les vomissements, réchauffe le Poumon et arrête la toux, élimine les toxines.

Précautions :

Sheng Jiang est contre-indiqué en cas de transpiration spontanée due à une déficience de l’Extérieur, de chaleur due à une déficience du Yin ou de tout tableau avec chaleur abondante. En raison de sa nature tiède, Sheng Jiang peut générer de la chaleur dans le corps et ne doit pas être administré à long terme pour éviter une accumulation de chaleur. Les hautes doses peuvent provoquer une bouche sèche, un mal de gorge, une épistaxis et une néphrite. Elles peuvent entraîner une élévation de la tension artérielle chez les patients hypertendus.

Fonctions principales :

Libère l’Extérieur
Disperse le Froid
Réchauffe le Réchauffeur Moyen
Apaise les vomissements
Réchauffe le Poumon
Arrête la toux
Élimine les toxines

Actions et Indications

– Libère l’Extérieur et disperse le Froid :
Sheng Jiang possède une fonction légère pour libérer l’Extérieur et induire la transpiration. Il est couramment utilisé pour traiter les stades précoces ou légers du syndrome Vent-Froid.
Il est relativement doux et doit être utilisé avec des herbes diaphorétiques plus fortes pour induire la transpiration dans les syndromes extérieurs.
– Pour les premiers stades du rhume ou de la grippe, on utilise Sheng Jiang seul ou avec Gui Zhi (Ramulus Cinnamomi) pour disperser le Vent-Froid ou induire la diaphorèse. Formule exemplaire Guì Zhī Tāng 桂枝湯 (Décoction de Rameau de Cannelier).
– Pour prévenir le rhume par temps froid ou pluvieux, faire cuire 15 à 20 tranches de Sheng Jiang pendant 10 minutes en décoction dans environ deux bols d’eau, avec du sucre brun ajouté à la fin. Servir la décoction encore chaude pour soulager les signes et symptômes légers de Vent-Froid.
Sheng Jiang est associé à Da Zao (Fructus Jujubae) pour harmoniser les niveaux nutritif et protecteur, et harmoniser les fonctions de la Rate et de l’Estomac.

– Réchauffe le Réchauffeur Moyen et apaise les vomissements :
Sheng Jiang réchauffe l’Estomac, harmonise le Réchauffeur Moyen et est couramment utilisé pour soulager les nausées et les vomissements.
– Pour les nausées et vomissements, on l’utilise seul ou avec Da Zao (Fructus Jujubae).
– Pour les nausées et vomissements dus au Froid de l’Estomac, on combine Sheng Jiang avec Ban Xia (Rhizoma Pinelliae).
– Pour les nausées et vomissements dus à la chaleur de l’Estomac, on l’utilise avec Zhu Ru (Caulis Bambusae in Taeniam), Pi Pa Ye (Folium Eriobotryae) et Huang Lian (Rhizoma Coptidis). Formule exemplaire Jú Pí Zhú Rú Tāng 橘皮竹茹湯 (Décoction d’Écorce de Mandarine et de Bambou).

– Réchauffe le Poumon et arrête la toux :
Sheng Jiang réchauffe la Rate pour arrêter la production d’Humidité et réchauffe le Poumon pour éliminer l’accumulation de Glaires.
Il est couramment utilisé pour traiter l’accumulation de Froid et de liquides dans le Poumon caractérisée par une toux et une respiration sifflante, une aversion pour le Froid et des expectorations aqueuses abondantes.
– Pour la toux avec expectorations abondantes causée par le Vent-Froid, on utilise ce remède avec Zi Su Ye (Folium Perillae), Xing Ren (Semen Armeniacae Amarum), Zi Wan (Radix Asteris) et Chen Pi (Pericarpium Citri Reticulatae). Formule exemplaire Xìng Sū Sǎn 杏蘇散 (Poudre d’Abricot et Pérille).

– Élimine les toxines :
Sheng Jiang élimine les toxines et traite les intoxications alimentaires caractérisées par des vomissements et de la diarrhée. Il fonctionne mieux pour les intoxications alimentaires couramment associées aux fruits de mer tels que les crevettes et les crabes.
– Pour l’intoxication aux fruits de mer, on utilise Sheng Jiang individuellement ou avec Zi Su Ye (Folium Perillae).
Sheng Jiang est couramment utilisé pour neutraliser ou éliminer la toxicité d’autres herbes, soit par une utilisation simultanée, soit en utilisant Sheng Jiang comme agent de prétraitement.
– Pour la détoxification, Tian Nan Xing (Rhizoma Arisaematis) et Ban Xia (Rhizoma Pinelliae) doivent être prétraités avec Sheng Jiang pour réduire les effets secondaires toxiques indésirables. Si un engourdissement et un gonflement de la langue ou de la gorge se produisent, boire immédiatement une décoction de Sheng Jiang pour neutraliser les toxines.

Liste des symptômes

Syndromes externes :
Stade précoce du rhume ou de la grippe
Syndrome de Vent-Froid léger à modéré
Frissons et absence de transpiration
Céphalées
Courbatures

Troubles digestifs :
Nausées et vomissements de diverses origines
Froid de l’Estomac
Inversion du Qi de l’Estomac
Douleur épigastrique

Troubles respiratoires :
Toux avec expectorations abondantes et claires
Accumulation de Froid et de mucosités dans le Poumon
Oppression thoracique

Autres indications :
Intoxication alimentaire aux fruits de mer
Surdosage de remèdes toxiques
Prévention des refroidissements

Commentaire

Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens) est l’un des remèdes les plus utilisés en pharmacopée chinoise et dans l’alimentation quotidienne. Ce remède tire son nom du caractère 生 (shēng) signifiant « frais » ou « vivant », pour le distinguer du gingembre séché Gān Jiāng (Rhizoma Zingiberis). Sa saveur piquante et sa nature légèrement tiède lui confèrent une action dispersante modérée, ce qui en fait un remède sûr pour un usage fréquent.

Shēng Jiāng possède quatre actions thérapeutiques principales selon Lǐ Gǎo : en préparant Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), il neutralise sa toxicité ; associé à Dà Zǎo (Fructus Jujubae), il fortifie la digestion ; il réchauffe les méridiens pour disperser le Vent pathogène externe ; il harmonise le Qi et soulage les troubles de l’Estomac.

Zhāng Xī-Chún compare les actions de Gān Jiāng (gingembre séché) et Shēng Jiāng (gingembre frais) : Gān Jiāng est la mère du gingembre, Shēng Jiāng en est l’enfant, car Gān Jiāng est dur tandis que Shēng Jiāng est tendre. L’action de Shēng Jiāng pour générer et disperser le Qi est supérieure à celle de Gān Jiāng, il peut donc ventiler l’Extérieur et induire la transpiration. Cette puissance piquante et dispersante est idéale pour ouvrir les mucosités, réguler le Qi, soulager les nausées et vomissements, et chasser tous les Qi pathogènes contractés de l’extérieur.

L’expression traditionnelle décrivant Shēng Jiāng est « mobile mais ne conserve pas » (走而不守 zǒu ér bù shǒu). Cette formule signifie que le remède possède un large spectre d’utilisation et une action rapide, mais que son effet ne dure pas très longtemps. Par contraste, Gān Jiāng (gingembre séché) « est mobile et conserve » car son action interne réchauffante perdure davantage, tandis que Pào Jiāng (Rhizoma Zingiberis Preparatum, gingembre carbonisé) « conserve mais n’est pas mobile » car il réchauffe le Foyer Moyen et arrête les hémorragies avec une action prolongée.

Shēng Jiāng se distingue de Gān Jiāng par sa fonction principale. Shēng Jiāng est piquant et tiède, avec un arôme et une saveur légers, utilisé principalement pour induire la transpiration et expulser les influences pathogènes. Son effet est rapide mais ne dure pas longtemps, d’où l’observation dans Běn Cǎo Huà Yán (Transformations et Significations de la Matière Médicale) que « Shēng Jiāng disperse principalement ». Gān Jiāng est piquant et chaud, avec un arôme puissant mais une saveur légère, sa texture est compacte et son action principale est d’être mobile à l’intérieur tout en réchauffant le Foyer Moyen et en dispersant le Froid interne.

Les études pharmacologiques modernes confirment que Shēng Jiāng exerce un effet protecteur sur le système gastro-intestinal en stimulant la production de mucus gastrique. Il augmente également la sécrétion d’acide gastrique et la motilité intestinale. Son utilisation a été associée à une augmentation de la fréquence cardiaque, du rythme respiratoire et de la pression artérielle. Shēng Jiāng possède un effet inhibiteur contre diverses bactéries pathogènes.

Associations

– avec Da Zao (Fructus Jujubae) : cette combinaison a deux actions principales pour harmoniser les niveaux nutritif et protecteur, et pour harmoniser la fonction de la Rate et de l’Estomac. Cette association protège le Qi de l’Estomac et réduit l’irritation du tractus gastro-intestinal causée par d’autres herbes (formule Guì Zhī Tāng 桂枝湯 Décoction de Rameau de Cannelier)

– avec Ban Xia (Rhizoma Pinelliae) : pour les vomissements dus à de nombreuses causes, et pour la toux productive due aux Glaires-Humidité

– avec Chen Pi (Pericarpium Citri Reticulatae) : pour l’obstruction du Réchauffeur Moyen par Froid-Humidité causant des nausées et le hoquet (formule Jú Pí Tāng 橘皮湯 Décoction d’Écorce de Mandarine)

– avec Gui Zhi (Ramulus Cinnamomi) : pour les frissons, la fièvre, les courbatures et l’absence de transpiration qui caractérisent le Vent-Froid contracté de l’extérieur

– avec Ma Huang (Herba Ephedrae) : pour tous les troubles contractés de l’extérieur dus au Vent-Froid, en particulier ceux dans lesquels le Vent-Froid a contraint le Qi du Poumon, entraînant une toux et une respiration sifflante

Préparations (炮制 páo zhì)

– frais (生用 shēng yòng) : a un effet diaphorétique plus fort et est utilisé pour libérer l’Extérieur
– cuit (煨薑 wēi jiāng) : le gingembre frais est enveloppé dans cinq ou six couches de papier et trempé complètement dans l’eau, puis placé dans des cendres chaudes pour cuire jusqu’à ce que le papier soit carbonisé jaune. Le gingembre cuit n’a plus d’action dispersante, mais descend simplement sans monter. Il est plus fort pour réchauffer le Réchauffeur Moyen et diriger le Qi rebelle vers le bas, harmonisant ainsi le Réchauffeur Moyen et arrêtant les nausées

Formules Classiques

– Gui Zhi Tang (桂枝湯 Décoction de Rameau de Cannelier)
Cette formule combine Sheng Jiang avec Gui Zhi (Ramulus Cinnamomi), Bai Shao (Radix Paeoniae Alba), Da Zao (Fructus Jujubae) et Gan Cao (Radix Glycyrrhizae) pour harmoniser les niveaux nutritif et protecteur dans les syndromes extérieurs Vent-Froid avec transpiration.

– Xiao Qing Long Tang (小青龍湯 Petite Décoction du Dragon Bleu-Vert)
Sheng Jiang est associé à Ma Huang (Herba Ephedrae), Xi Xin (Herba Asari), Wu Wei Zi (Fructus Schisandrae Chinensis) et d’autres herbes pour traiter la toux et la respiration sifflante dues aux liquides congelés froids empêchant la descente normale du Qi du Poumon.

– Xing Su San (杏蘇散 Poudre d’Abricot et Pérille)
Formule utilisée pour la toux avec expectorations abondantes, combinant Sheng Jiang avec Xing Ren (Semen Armeniacae Amarum), Zi Su Ye (Folium Perillae), Zi Wan (Radix Asteris) et Chen Pi (Pericarpium Citri Reticulatae).

– Ju Pi Zhu Ru Tang (橘皮竹茹湯 Décoction d’Écorce de Mandarine et de Bambou)
Sheng Jiang est associé à Chen Pi (Pericarpium Citri Reticulatae), Zhu Ru (Caulis Bambusae in Taeniam) et d’autres herbes pour traiter les vomissements dus à la déficience du Qi de l’Estomac avec chaleur.

Toxicité :

Les hautes doses de l’herbe peuvent provoquer une bouche sèche, un mal de gorge, une épistaxis et une néphrite. Elles peuvent entraîner une élévation de la tension artérielle. Ne pas utiliser de hautes doses chez les patients hypertendus. Aucune mortalité n’a été notée après une injection intramusculaire de Sheng Jiang chez la souris à une dose 625 fois supérieure à la dose adulte normale chez l’homme.



Gui Zhi

Gui Zhi

Guì Zhī (Cinnamomi Ramulus)

Identification

Chinois : 桂枝
Pinyin : guì zhī
Traduction : branche de cannelier
Nom commun : rameau de cannelier, brindille de cannelle
Nom latin : Cinnamomi Ramulus
Famille : Lauraceae
Espèces : Cinnamomum cassia Presl. (肉桂 ròu guì)
Partie utilisée : jeunes rameaux
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) au 2e siècle
Gui Zhi

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes piquants et tièdes qui libèrent la Superficie (xin wēn jiě biǎo yào 辣温解表藥)
Saveurs : Piquant (辛 xīn), Doux (甘 gān)
Nature : Tiède (溫 wēn)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Poumon (肺 fèi), Vessie (膀胱 páng guāng)
Dosage : 3-9 g

Propriétés :

Libère la couche musculaire et disperse le Froid, réchauffe et débloque les canaux et vaisseaux, réchauffe et soutient le Yang, transforme le Qi, favorise la miction.

Précautions :

Gui Zhi est contre-indiqué dans les maladies fébriles de nature chaude, en cas de déficience du Yin avec signes de Chaleur, en cas de Chaleur dans le Sang avec vomissements ou saignements.
Pendant la grossesse ou en cas de menstruations abondantes, utiliser uniquement à doses de 6 g ou moins, de préférence la forme sautée à sec. L’utilisation est déconseillée en présence de signes de Chaleur pathogène.
En cas de surdosage, Gui Zhi peut causer des vertiges, une sensation de tension ou de brûlure dans les yeux, de la toux, de la soif, une oligurie ou une sensation de brûlure pendant la miction.
Des réactions allergiques rares impliquant la peau et la digestion ont été rapportées.

Fonctions principales :

Libère la couche musculaire
Disperse le Froid
Réchauffe les canaux et collatéraux
Débloque le Yang
Transforme les Glaires
Régularise les menstruations
Harmonise le Qi nourricier et le Qi protecteur

Actions et Indications

– Libère l’Extérieur et assiste le Yang :
Gui Zhi est doux, tiède et léger. Il libère la couche musculaire plutôt que d’induire la transpiration directement. Cette distinction est essentielle pour comprendre son action : alors que Ma Huang (Herba Ephedrae) ouvre les pores de la peau pour expulser le pathogène par une transpiration forte, Gui Zhi agit plus en profondeur au niveau de la couche nutritive (yíng 營) pour harmoniser le Qi nourricier et le Qi protecteur (wèi 衛), escortant doucement le pathogène vers l’extérieur.
– Pour le syndrome du Vent-Froid externe avec fièvre, frissons et transpiration, Gui Zhi est associé à Bai Shao (Radix Paeoniae Alba), formule Guì Zhī Tāng 桂枝湯 (Décoction de Rameau de Cannelier).
– Pour le syndrome du Vent-Froid externe sévère avec frissons marqués, fièvre et absence de transpiration, on l’utilise avec Ma Huang (Herba Ephedrae), formule Má Huáng Tāng 麻黃湯 (Décoction d’Éphédra).
Pour les patients affaiblis souffrant de Vent-Froid externe avec déficience du Qi primordial sous-jacente, on l’associe à Ren Shen (Radix Ginseng).

– Réchauffe et débloque les canaux et collatéraux, élimine l’obstruction douloureuse (bì zhèng 痹證) :
Gui Zhi réchauffe et débloque les canaux et collatéraux, disperse le Froid et l’Humidité pour éliminer l’obstruction douloureuse. Il est particulièrement efficace pour traiter les douleurs articulaires et musculaires causées par l’invasion de Vent, Froid et Humidité.
– Pour l’obstruction douloureuse avec déficience du Yang et extrémités froides, on l’associe à Fu Zi (Radix Aconiti Lateralis Praeparata), formule Guì Zhī Jiā Fù Zǐ Tāng 桂枝加附子湯 (Décoction de Rameau de Cannelier avec Aconit Accessoire).
– Pour les douleurs articulaires et musculaires dues au Vent-Humidité, on le combine avec Chuan Xiong (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) pour expulser le Vent-Humidité, réchauffer les canaux et soulager la douleur.
– Pour l’obstruction douloureuse par Vent-Froid-Humidité, on l’associe à Qiang Huo (Rhizoma et Radix Notopterygii), Du Huo (Radix Angelicae Pubescentis) et Fang Feng (Radix Saposhnikoviae).

– Réchauffe le Yang et transforme les Glaires et mucosités troubles (tán yǐn 痰飲) :
La déficience du Yang interfère avec la transformation et le transport normaux des Liquides dans le corps, conduisant à une accumulation anormale d’Eau et à un œdème. Gui Zhi réchauffe le Yang et transforme les Glaires.
– Pour l’œdème et la dysurie dus à une déficience du Yang, on utilise Gui Zhi avec Fu Ling (Poria), Zhu Ling (Polyporus), Ze Xie (Rhizoma Alismatis) et Bai Zhu (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), formule Wǔ Líng Sǎn 五苓散 (Poudre aux Cinq Ingrédients avec Poria).
– Pour l’accumulation de Glaires avec plénitude dans la poitrine et l’hypocondre, vertiges et palpitations, on l’associe à Fu Ling (Poria), Bai Zhu (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Gan Cao (Radix Glycyrrhizae), formule Líng Guì Zhú Gān Tāng 苓桂术甘湯 (Décoction de Poria, Cannelier, Atractylodes et Réglisse).

– Soutient le Yang du Cœur et débloque le Yang de la poitrine :
Un Yang du Cœur affaibli permet au Froid et aux Glaires d’envahir la poitrine, entraînant une obstruction douloureuse de la poitrine (xiōng bì 胸痹), toux, douleur thoracique pouvant irradier vers les omoplates, essoufflement et inconfort. Gui Zhi est couramment utilisé aujourd’hui pour traiter l’infarctus du myocarde, l’angine de poitrine et l’insuffisance cardiaque causés par une déficience du Yang, en l’absence de signes de Chaleur.
– Pour l’obstruction douloureuse de la poitrine due à une déficience du Yang, on utilise Gui Zhi avec Gua Lou Shi (Fructus Trichosanthis) et Xie Bai (Bulbus Allii Macrostemonis).
– Pour les palpitations et le pouls intermittent dus à des déficiences du Yin et du Yang du Cœur, on l’associe à Zhi Gan Cao (Radix Glycyrrhizae Preparata), Ren Shen (Radix Ginseng) et E Jiao (Colla Corii Asini), formule Zhì Gān Cǎo Tāng 炙甘草湯 (Décoction de Réglisse Préparée).
– Pour agitation et insomnie dues au Yang flottant dans le Réchauffeur supérieur et Yin lésé dans le Réchauffeur inférieur résultant d’une déficience du Yang du Cœur, on le combine avec Mu Li (Concha Ostreae) et Long Gu (Fossilia Ossis Mastodi), formule Guì Zhī Jiā Lóng Gǔ Mǔ Lì Tāng 桂枝加龙骨牡蛎汤 (Décoction de Rameau de Cannelier avec Os de Dragon et Coquille d’Huître).

– Réchauffe les canaux Chong (沖脈) et Ren (任脈), régularise les menstruations :
Une déficience du Yang des canaux Chong et Ren, combinée à une stagnation du Qi, conduit à un flux sanguin anormal, se manifestant par des menstruations irrégulières, des dysménorrhées, une aménorrhée et d’autres troubles gynécologiques. Gui Zhi réchauffe les canaux Chong et Ren et disperse la stagnation en facilitant le flux sanguin dans les vaisseaux.
– Pour les menstruations irrégulières dues à une déficience du Yang et une stagnation du Froid, on l’utilise avec Dang Gui (Radicis Angelicae Sinensis) et Chuan Xiong (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), formule Wēn Jīng Tāng 溫經湯 (Décoction pour Réchauffer les Méridiens).
– Pour la stase de Sang et les masses dans le bas-ventre, on le combine avec Mu Dan Pi (Cortex Moutan) et Tao Ren (Semen Persicae), formule Guì Zhī Fú Líng Wán 桂枝茯苓丸 (Pilule de Rameau de Cannelier et Poria).

– Réchauffe le Centre et dirige le Yin trouble vers le bas :
Gui Zhi réchauffe le Réchauffeur moyen et traite le Froid par déficience du Réchauffeur moyen avec douleur abdominale. Cette action est utilisée dans la formule Xiǎo Jiàn Zhōng Tāng 小建中湯 (Petite Décoction pour Fortifier le Centre), où Gui Zhi est combiné avec Bai Shao (Radix Paeoniae Alba), Sheng Jiang (Rhizoma Zingiberis Recens), Da Zao (Fructus Jujubae), Gan Cao (Radix Glycyrrhizae) et miel.

Liste des symptômes

Syndromes de l’Extérieur :
Vent-Froid de l’Extérieur avec dysharmonie entre Qi nourricier et défensif
Fièvre et frissons avec transpiration
Absence de transpiration dans les cas de Vent-Froid excessif
Céphalées
Douleurs musculaires

Syndromes des méridiens et collatéraux :
Syndrome Bì (obstruction douloureuse) dû au Vent-Froid-Humidité
Douleurs articulaires et musculaires
Raideur et douleur de la nuque et des épaules
Polyarthrite rhumatoïde
Extrémités douloureuses et froides

Troubles liés à la déficience du Yang :
Œdème avec dysfonction urinaire
Étourdissements et vertiges
Palpitations cardiaques
Essoufflement
Douleur thoracique
Pouls intermittent
Irritabilité et insomnie
Spermatorrhée

Troubles gynécologiques :
Menstruations irrégulières
Dysménorrhée
Aménorrhée
Douleur abdominale basse
Masses abdominales

Autres indications :
Accumulation de mucosités
Plénitude dans la poitrine et l’hypocondre
Obstruction douloureuse de la poitrine (xiōng bì)
Froid par déficience du réchauffeur médian

Commentaire

Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) occupe une place comparable à Ren Shen (Radix Ginseng) dans la littérature médicale chinoise en tant que sujet des discussions les plus savantes. Cette importance découle de sa place en tant que remède principal dans la Guì Zhī Tāng 桂枝湯 (Décoction de Rameau de Cannelier), la formule phare du Shāng Hán Lùn 傷寒論 (Traité des Lésions du Froid) de Zhang Zhong-Jing. Ce texte démontre, avec une efficacité élégante, comment Gui Zhi peut être utilisé du haut vers le bas du corps, et de l’extérieur vers l’intérieur. Dans le Shāng Hán Lùn et son texte compagnon, le Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 (Résumé du Coffre d’Or), Gui Zhi est cité cent trente fois dans soixante-dix-sept formules différentes.

Un point essentiel pour comprendre Gui Zhi est de réaliser qu’il ne provoque pas directement la transpiration dans les formules qui libèrent l’extérieur – il libère la couche musculaire. La distinction entre induire la transpiration et libérer la couche musculaire est une question de profondeur et d’affiliation. Les Poumons gouvernent la peau et se rapportent à la mobilisation de la protection (le Qi protecteur wèi qì 衛氣), tandis que la Rate gouverne la chair et se rapporte à l’approvisionnement en nutrition (le Qi nourricier yíng qì 營氣). La méthode d’induction de la transpiration s’appuie sur les actions d’ouverture et de dispersion des remèdes eux-mêmes, comme avec Ma Huang (Herba Ephedrae), pour ventiler et chasser le pathogène vers l’extérieur à travers les pores de la peau pour sortir du corps. L’induction de la transpiration est l’approche utilisée lorsque le Froid a contraint le niveau le plus superficiel de l’extérieur.

La libération de la couche musculaire, en revanche, doit être utilisée lorsque le pathogène n’est pas contraint dans la peau, mais est légèrement plus profond. Habituellement, le pathogène est le Vent, qui pénètre l’extérieur plus rapidement que le Froid. La peau n’est pas bloquée, donc la transpiration peut déjà être présente, et ce qui est requis pour éliminer le pathogène est une suffusion plus douce du Qi normal, le Qi nourricier et le Qi protecteur harmonisés, qui escorte le pathogène vers l’extérieur à travers l’extérieur. Dans cette expulsion du pathogène vers l’extérieur, les deux méthodes sont similaires, mais les différents mécanismes d’action ne doivent pas être confondus.

Selon Li Shi-Zhen dans le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Materia Medica) : « Ma Huang débloque complètement la peau et les pores et se spécialise donc dans l’induction de la transpiration pour disperser le pathogène froid – les Poumons se concentrent sur la peau et la saveur piquante voyage à travers les Poumons. Gui Zhi pénètre et atteint les niveaux nourricier et protecteur. Ainsi, il libère la couche musculaire et le pathogène du Vent est expulsé – la Rate se concentre sur le niveau nourricier, les Poumons sur le niveau protecteur ; la douceur mobilise la Rate, le piquant les Poumons. »

Zhang Xi-Chun développe : « Gui Zhi n’induit ni ne réduit la transpiration. Son pouvoir de débloquer, disséminer et disperser dans l’extérieur s’exerce en fait entre l’extérieur et l’intérieur… Sa saveur est à la fois piquante et douce – le piquant peut disperser, la douceur peut tonifier, donc son effet et son utilisation sont à moitié dispersants et à moitié tonifiants. » La douceur, bien sûr, est aussi la saveur associée à la Terre, ce qui attire Gui Zhi au niveau des muscles et de la chair.

Les actions de ce remède sont multiples. Selon Zou Shu dans le Běn Jīng Shū Zhèng 本經疏證 (Commentaire sur le Classique de Materia Medica) : « En général, il a six voies en thérapie : harmoniser le nourricier, débloquer le Yang, promouvoir la miction, diriger le Qi vers le bas, promouvoir le mouvement dans les zones de stagnation, et tonifier le Centre. »

Une des actions les moins reconnues de ce remède en Occident est son efficacité pour empêcher le Yin trouble de jaillir vers le haut. Zhang Zhong-Jing l’a prescrit à cette fin dans des formules comme Guì Zhī Jiā Guì Tāng 桂枝加桂湯 (Décoction de Rameau de Cannelier avec Rameau de Cannelier Supplémentaire) et comme ajout unique à Fáng Jǐ Huáng Qí Tāng 防己黄芪汤 (Décoction de Stephania et Astragale).

Gui Zhi et Rou Gui (Cortex Cinnamomi) proviennent de différentes parties de la même plante. Rou Gui est l’écorce du tronc de l’arbre. Gui Zhi sont les extrémités des branches. Les deux fonctionnent pour disperser le Froid, réchauffer les canaux et assister le Yang. Cependant, Rou Gui est piquant, chaud et descendant par nature pour réchauffer le Rein. Gui Zhi est piquant, tiède et ascendant par nature pour disperser le Vent-Froid et ouvrir les canaux et collatéraux dans les quatre membres.

Associations

– avec Bai Shao (Radix Paeoniae Alba) : Gui Zhi est piquant, doux et tiède avec une nature ascendante ou flottante. Bai Shao est acide et froid avec une nature de retenue ou d’inhibition – il préserve les Liquides Yin et nourrit le niveau nourricier et le Sang. En combinaison, l’un affecte le Qi et l’autre le Sang ; l’un disperse, l’autre retient ; l’un est mobile, l’autre est tranquille. Cette association harmonise le Qi nourricier et le Qi protecteur (formule Guì Zhī Tāng 桂枝湯 Décoction de Rameau de Cannelier et Xiǎo Jiàn Zhōng Tāng 小建中湯 Petite Décoction pour Fortifier le Centre)

– avec Ma Huang (Herba Ephedrae) : les deux remèdes sont piquants et tièdes, et entrent tous deux dans le canal du Tai Yang. La combinaison est utilisée lorsque le Froid pathogène a attaqué et logé dans l’extérieur, en particulier en hiver. Ma Huang voyage au mieux au niveau protecteur – il disperse fortement le Froid en favorisant la transpiration. Gui Zhi se déplace au mieux au niveau nourricier, où il réchauffe les canaux et libère la couche musculaire, mais son action d’induction de la transpiration est bien moindre que celle de Ma Huang (formule Má Huáng Tāng 麻黃湯 Décoction d’Éphédra)

– avec Chuan Xiong (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) : pour expulser le Vent-Humidité, réchauffer les canaux et collatéraux, faciliter le mouvement articulaire et soulager l’inconfort de l’obstruction douloureuse (formule Qū Bì Tāng 蠲痹汤 Décoction pour Éliminer l’Obstruction Douloureuse)

– avec Fu Zi (Radix Aconiti Lateralis Praeparata) : pour les frissons et extrémités douloureuses en cas de déficience du Yang avec obstruction douloureuse, ou conditions de Froid externe et œdème associés à une déficience du Yang (formule Guì Zhī Jiā Fù Zǐ Tāng 桂枝加附子湯 Décoction de Rameau de Cannelier avec Aconit Accessoire)

– avec Fu Ling (Poria) : pour débloquer le Yang et faciliter l’élimination des mucosités troubles associées à l’œdème par déficience du Yang. Également pour les palpitations et la dyspnée dues à une déficience du Yang du Cœur (formule Wǔ Líng Sǎn 五苓散 Poudre aux Cinq Ingrédients avec Poria et Líng Guì Zhú Gān Tāng 苓桂术甘湯 Décoction de Poria, Cannelier, Atractylodes et Réglisse)
– avec Dan Shen (Radix Salviae Miltiorrhizae) : pour les palpitations et la douleur thoracique causées par une déficience du Yang du Cœur et une obstruction douloureuse subséquente due à la stase de Sang bloquant les canaux

– avec Tao Ren (Semen Persicae) et Mu Dan Pi (Cortex Moutan) : pour la douleur induite par un traumatisme ou l’inconfort gynécologique dû à la stase de Sang (formule Guì Zhī Fú Líng Wán 桂枝茯苓丸 Pilule de Rameau de Cannelier et Poria)
– avec Wu Zhu Yu (Fructus Evodiae) : pour la douleur abdominale, la dysménorrhée et l’irrégularité menstruelle due au Froid par déficience dans les vaisseaux Pénétrant et Conception

– avec Shu Di Huang (Radix Rehmanniae Preparata) : cette combinaison bénéficie aux Reins tout en calmant le souffle sifflant. Elle est plus appropriée lorsque le Qi du Rein n’est pas sécurisé et ne peut accepter le Qi, ce qui se manifeste par un souffle sifflant chronique caractérisé par une inhalation difficile avec une exhalation prolongée (formule Yáng Hé Tāng 阳和汤 Décoction pour Réchauffer le Yang)

– avec Ren Shen (Radix Ginseng) : pour le Vent-Froid lorsqu’il existe une déficience du Qi primordial sous-jacente

– avec Shi Gao (Gypsum Fibrosum) : les deux sont piquants, dispersants et entrent dans les Poumons, mais Gui Zhi est tiède et agit sur l’extérieur tandis que Shi Gao est très froid et agit plus profondément au niveau de la couche musculaire et de l’intérieur. Ensemble, ils agissent fortement pour disséminer le Qi du Poumon, rafraîchir la Chaleur et calmer le souffle sifflant (formule Má Xìng Shí Gān Tāng 麻杏石甘汤 Décoction d’Éphédra, Amande d’Abricot, Gypse et Réglisse)

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生桂枝 shēng guì zhī) : les jeunes extrémités des rameaux sont appelées rameaux tendres de cannelier (嫩桂枝 nèn guì zhī) et ont un arôme riche et lourd très recherché
– pointes de rameau de cannelier (桂枝尖 guì zhī jiān) : ce sont les extrémités fines, également connues sous le nom de pointes de rameau de cannelier (guì zhī shāo 桂枝梢). Elles sont populaires en raison de leur arôme et de leur plus grande capacité à débloquer les vaisseaux sanguins et disperser le Vent-Froid. Cette forme est plus appropriée dans des formules telles que Guì Zhī Fú Líng Wán 桂枝茯苓丸 (Pilule de Rameau de Cannelier et Poria)
– sauté à sec (炒桂枝 chǎo guì zhī) : le remède est sauté jusqu’à ce qu’il devienne jaune foncé. Cette forme de préparation modère l’action diaphorétique

Formules Classiques

– Gui Zhi Tang (桂枝汤 Décoction de Rameau de Cannelier)
La formule la plus emblématique de la médecine chinoise pour libérer l’extérieur, harmonisant le Qi nourricier et le Qi protecteur. Gui Zhi est combiné avec Bai Shao (Radix Paeoniae Alba), Sheng Jiang (Rhizoma Zingiberis Recens), Da Zao (Fructus Jujubae) et Gan Cao (Radix Glycyrrhizae).

– Wu Ling San (五苓散 Poudre aux Cinq Ingrédients avec Poria)
Formule pour transformer les Glaires et éliminer l’Humidité, combinant Gui Zhi avec Fu Ling (Poria), Zhu Ling (Polyporus), Ze Xie (Rhizoma Alismatis) et Bai Zhu (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae).

– Xiao Jian Zhong Tang (小建中汤 Petite Décoction pour Fortifier le Centre)
Gui Zhi est associé à une grande quantité de Bai Shao (Radix Paeoniae Alba), avec du miel pour réchauffer le Centre et traiter le Froid par déficience du Réchauffeur moyen.

– Gui Zhi Fu Ling Wan (桂枝茯苓丸 Pilule de Rameau de Cannelier et Poria)
Formule majeure pour traiter la stase de Sang, notamment en gynécologie, combinant Gui Zhi avec Fu Ling (Poria), Mu Dan Pi (Cortex Moutan), Tao Ren (Semen Persicae) et Bai Shao (Radix Paeoniae Alba).

Toxicité :

En cas de surdosage important, Gui Zhi peut provoquer des vertiges, une sensation de tension, de sécheresse ou de brûlure dans les yeux, de la toux, de la soif, une oligurie ou une sensation de brûlure pendant la miction. Il y a eu de rares cas de réactions allergiques impliquant la peau et la digestion. La toxicité aiguë pour l’aldéhyde cinnamique chez la souris était de 132 mg/kg par injection intraveineuse, 610 mg/kg par injection intrapéritonéale et 2 225 mg/kg par ingestion orale.



Shu Di Huang

Sheng Di Huang

Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Glutinosae Conquitae)

Identification

Chinois : 熟地黄
Pinyin : Shú Dì Huáng
Traduction : terre jaune cuite, racine jaune de terre préparée
Nom commun : rehmannia préparée, rehmannia cuite
Nom latin : Radix Rehmanniae Glutinosae Conquitae
Famille : Scrophulariaceae
Espèces : Rehmannia glutinosa Libosch. (熟地黄 Shú Dì Huáng)
Partie utilisée : racine tubéreuse préparée par étuvage à la vapeur avec de l’alcool de riz ou de l’eau, séchée et tranchée
Texte d’origine : Bèi Jí Qiān Jīn Yào Fāng 備急千金要方 (Prescriptions d’Urgence Valant Mille Pièces d’Or) par Sūn Sī-Miǎo au 7e siècle
Shu Di

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui tonifient le Sang (bǔ xuè yào 補血藥)
Saveurs : Doux (甘 gān)
Nature : Légèrement Chaud (微溫 wēi wēn)
Méridiens : Foie (肝 gān), Rein (腎 shèn)
Dosage : 10-30 g en décoction ; jusqu’à 60 g dans les cas sévères ; peut être utilisé en pilules, poudres et pâtes

Propriétés :

Nourrit le Sang, tonifie le Yin du Foie et du Rein, accroît l’Essence (Jīng) et remplit la Moelle, arrête la toux et l’essoufflement par déficience du Rein.

Précautions :

Shú Dì Huáng est contre-indiqué en cas d’accumulation d’Humidité, de Glaires ou de stagnation du Qi, car sa nature riche, grasse et nourrissante peut obstruer la digestion et aggraver ces conditions. Il est déconseillé en cas de déficience de la Rate et de l’Estomac avec troubles digestifs, diarrhées ou selles molles, sauf s’il est associé à des plantes digestives comme Shā Rén (Fructus Amomi) ou Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae). Son utilisation prolongée à fortes doses peut créer des stagnations ; son caractère stagnant et lourd est une caractéristique fondamentale à prendre en compte lors de la prescription.

Fonctions principales :

Nourrit le Sang
Tonifie le Yin du Foie et du Rein
Accroît l’Essence (Jīng)
Remplit la Moelle
Arrête la toux et l’essoufflement par déficience du Rein
Traite le syndrome de dépérissement et de soif (Xiāo Kě)

Actions et Indications

– Nourrit le Sang :
Shú Dì Huáng est le principal remède de la pharmacopée chinoise pour tonifier le Sang du Foie et du Cœur. Il est indiqué dans les déficiences de Sang se manifestant par un teint terne et pâle, des étourdissements, des palpitations, une insomnie, une vision trouble, des ongles pâles et cassants, une peau sèche et une fatigue générale.
– Pour l’anémie et la déficience de Sang, Shú Dì Huáng est associé à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), formule Sì Wù Tāng 四物湯 (Décoction des Quatre Substances).
– Pour la déficience de Qi et de Sang, on l’associe à Rén Shēn (Radix Ginseng), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Fú Líng (Poria), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), formule Bā Zhēn Tāng 八珍湯 (Décoction des Huit Trésors).

Shú Dì Huáng traite également les troubles gynécologiques par déficience de Sang.
– Pour les irrégularités menstruelles dues à une déficience de Sang, Shú Dì Huáng est associé à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Yì Mǔ Cǎo (Herba Leonuri) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba).
– Pour les saignements utérins chroniques dus à une déficience de Yin et de Sang, on l’utilise avec Shú Dì Huáng carbonisé associé à Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Shān Zhū Yú (Fructus Corni) et Jīng Jiè carbonisé (Jīng Jiè Herba Schizonepetae).
– Pour les troubles gestationnels et post-partum, Shú Dì Huáng est associé à Rén Shēn (Radix Ginseng), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Xù Duàn (Radix Dipsaci) et Shā Rén (Fructus Amomi), formule Tài Shān Pán Shí Sǎn 泰山磐石散 (Poudre Aussi Stable que le Mont Tai).

– Tonifie le Yin du Foie et du Rein :
Shú Dì Huáng est le remède tonique du Yin par excellence, utilisé dans toutes les présentations de déficience du Yin du Foie et du Rein. Les manifestations cliniques comprennent les douleurs et la faiblesse dans les lombes et les genoux, les vertiges, les acouphènes, la diminution de l’audition, la fièvre vespérale, les sueurs nocturnes, les émissions nocturnes, un pouls fin et rapide, et une langue rouge sèche avec peu ou pas d’enduit.
– Pour les déficiences du Yin du Foie et du Rein, Shú Dì Huáng est associé à Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Fú Líng (Poria) et Zé Xiè (Rhizoma Alismatis), formule Liù Wèi Dì Huáng Wán 六味地黃丸 (Pilule des Six Ingrédients à la Rehmannia).
– Pour le Feu de déficience du Rein Yin avec faiblesse et douleur des genoux, Shú Dì Huáng est associé à Guī Bǎn (Plastrum Testudinis), Suǒ Yáng (Herba Cynomorii) et Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), formule Hǔ Qián Wán 虎潛丸 (Pilule du Tigre Caché).
– Pour les déficiences combinées du Yin et du Yang du Rein, on l’associe à Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata) et Ròu Guì (Cortex Cinnamomi), formule Yòu Guī Wán 右歸丸 (Pilule pour Restaurer le Rein Droit).

– Accroît l’Essence (Jīng) et remplit la Moelle :
Shú Dì Huáng est le remède fondamental pour tonifier l’Essence (Jīng) et nourrir la Moelle. La déficience de Jīng et de Sang provoque des retards de développement physique et mental chez les enfants ainsi que des signes de vieillissement prématuré chez l’adulte, incluant les cheveux gris précoces, les étourdissements, la vue trouble, l’impuissance, les acouphènes et d’autres signes de vieillissement précoce.
– Pour les retards de développement chez l’enfant et le vieillissement prématuré, Shú Dì Huáng est associé à Hé Shǒu Wū (Radix Polygoni Multiflori), Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Lù Jiǎo Jiāo (Gelatinum Cornu Cervi), Guī Bǎn Jiāo (Gelatinum Plastrum Testudinis) et Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae).
– Pour les cheveux gris prématurés, Shú Dì Huáng est associé à Hé Shǒu Wū (Radix Polygoni Multiflori), Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Huái Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) et Nǚ Zhēn Zǐ (Fructus Ligustri Lucidi).

– Arrête la toux et l’essoufflement par déficience du Rein :
Ce type de toux, de respiration sifflante et d’asthme est associé à une déficience du Rein avec incapacité à saisir le Qi vers le bas. Le processus d’inhalation prolongé et laborieux entraîne une respiration accélérée et un essoufflement.
– Pour la toux, la respiration sifflante et les expectorations dues à une déficience du Rein, Shú Dì Huáng est associé à Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Fú Líng (Poria), Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis).
– Pour la toux, l’essoufflement et la respiration accélérée, on l’associe à Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Fú Líng (Poria) et Shān Zhū Yú (Fructus Corni).

– Traite le syndrome de dépérissement et de soif (Xiāo Kě) :
Shú Dì Huáng tonifie puissamment le Yin pour traiter le syndrome Xiāo Kě, avec une efficacité particulière sur la polyurie.
– Pour le syndrome Xiāo Kě avec polyurie prédominante, Shú Dì Huáng est associé à Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Shān Zhū Yú (Fructus Corni) et Zé Xiè (Rhizoma Alismatis).
– Pour le syndrome Xiāo Kě avec déficience du Qi, on l’associe à Rén Shēn (Radix Ginseng), Huáng Qí (Radix Astragali) et Xī Yáng Shēn (Radix Panacis Quinquefolii).
– Pour le syndrome Xiāo Kě avec Feu de déficience du Yin, on l’associe à Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii) et Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis).

Liste des symptômes

Déficience de Sang :
Teint terne, pâle ou jaunâtre
Étourdissements et vertiges
Palpitations cardiaques
Insomnie et sommeil agité
Vision trouble ou floue
Ongles pâles et cassants
Peau sèche
Fatigue et faiblesse générale

Troubles gynécologiques :
Irrégularités menstruelles par déficience de Sang
Flux menstruel réduit ou de couleur pâle
Aménorrhée par vide de Sang
Saignements utérins chroniques
Troubles gestationnels et post-partum

Déficience du Yin du Foie et du Rein :
Douleurs et faiblesse dans les lombes et les genoux
Vertiges, acouphènes et diminution de l’audition
Fièvre vespérale et chaleur des cinq centres
Sueurs nocturnes
Emissions nocturnes et éjaculation prématurée
Pouls fin et rapide
Langue rouge sèche avec peu ou pas d’enduit

Déficience de l’Essence (Jīng) :
Retards de développement chez l’enfant
Cheveux gris prématurés
Impuissance et infertilité
Oublis, perte de mémoire
Signe de vieillissement prématuré

Troubles respiratoires par déficience du Rein :
Toux chronique
Respiration sifflante et dyspnée à l’effort
Asthme par incapacité du Rein à saisir le Qi
Essoufflement et respiration accélérée

Syndrome Xiāo Kě :
Soif intense
Polyurie
Polyphagie

Commentaire

Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Glutinosae Conquitae) est la forme préparée de la racine de rehmannia, obtenue par étuvage répété avec de l’alcool de riz (jiǔ 酒) et séchage, ce qui lui confère sa couleur noire brillante, sa saveur sucrée et sa nature légèrement chaude. Ce processus de préparation la distingue fondamentalement de la forme crue Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), qui est froide, et de Xiān Dì Huáng (Radix Rehmanniae Recens), la racine fraîche très froide. Shú Dì Huáng est considérée comme la plus tonifiante des trois formes, particulièrement adaptée au traitement des déficiences de l’Essence, du Sang et du Yin.

Sa nature douce et légèrement chaude lui permet de nourrir profondément le Sang et le Yin sans créer de Chaleur pathologique. Sa capacité à accroître l’Essence (Jīng) et à remplir la Moelle en fait un remède incontournable dans toutes les formules traitant le vieillissement prématuré, les déficiences profondes du Foie et du Rein, et les troubles du développement. Le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Compendium de la Matière Médicale) de Lǐ Shí-Zhēn en 1578 souligne que Shú Dì Huáng est le remède central pour tonifier le Sang et nourrir l’Essence.

Sa nature riche, grasse et stagnante est sa principale caractéristique clinique à prendre en compte. En raison de cette nature, Shú Dì Huáng peut entraver la digestion et favoriser l’accumulation d’Humidité chez les patients présentant une déficience de la Rate. Il est donc systématiquement associé à des plantes digestives et régulatrices du Qi telles que Shā Rén (Fructus Amomi) ou Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) pour contrebalancer ses effets stagnants. La combinaison classique avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) illustre ce principe : l’effet tonifiant maximal est obtenu avec des effets indésirables minimaux, car les tendances stagnantes des toniques sont compensées par les activités vivifiant le Sang.

Shú Dì Huáng se distingue de Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) par son orientation tonifiante marquée là où Shēng Dì Huáng excelle à clarifier la Chaleur et à refroidir le Sang. Shēng Dì Huáng est préférable pour les patients présentant de la Chaleur dans le Sang et une déficience du Yin, tandis que Shú Dì Huáng convient davantage aux patients présentant des déficiences profondes d’Essence, de Sang et de Yin sans signes de Chaleur marqués. De même, Shú Dì Huáng se distingue de Hé Shǒu Wū (Radix Polygoni Multiflori) par sa puissance tonifiante supérieure, bien que Hé Shǒu Wū présente l’avantage de moins créer de stagnation tout en liant doucement.

Associations

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) : pour la déficience de Sang (formule Sì Wù Tāng 四物湯 Décoction des Quatre Substances)

– avec Rén Shēn (Radix Ginseng), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Fú Líng (Poria), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) : pour la déficience combinée de Qi et de Sang (formule Bā Zhēn Tāng 八珍湯 Décoction des Huit Trésors)

– avec Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Fú Líng (Poria) et Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) : pour les déficiences du Yin du Foie et du Rein (formule Liù Wèi Dì Huáng Wán 六味地黃丸 Pilule des Six Ingrédients à la Rehmannia)

– avec Guī Bǎn (Plastrum Testudinis), Suǒ Yáng (Herba Cynomorii) et Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) : pour le Feu de déficience du Yin du Rein avec faiblesse et douleur des genoux (formule Hǔ Qián Wán 虎潛丸 Pilule du Tigre Caché)

– avec Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata) et Ròu Guì (Cortex Cinnamomi) : pour la déficience combinée du Yin et du Yang du Rein (formule Yòu Guī Wán 右歸丸 Pilule pour Restaurer le Rein Droit)

– avec Hé Shǒu Wū (Radix Polygoni Multiflori), Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Lù Jiǎo Jiāo (Gelatinum Cornu Cervi) et Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae) : pour les retards de développement chez l’enfant et le vieillissement prématuré

– avec Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Shān Zhū Yú (Fructus Corni) et Zé Xiè (Rhizoma Alismatis) : pour le syndrome Xiāo Kě avec polyurie prédominante

– avec Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae) et Shān Zhū Yú (Fructus Corni) : pour la toux, l’essoufflement et la respiration accélérée par déficience du Rein

Préparations (炮制 páo zhì)

– cuit à la vapeur (shú dì huáng 熟地黃) : forme standard obtenue par étuvage répété de la racine fraîche ou séchée avec de l’alcool de riz, suivi de séchage ; cette préparation confère à la racine sa couleur noire brillante, sa saveur très douce et sa nature légèrement chaude ; c’est la forme la plus tonifiante pour nourrir le Sang et le Yin
– carbonisé (shú dì huáng tàn 熟地黃炭) : forme carbonisée de la rehmannia préparée ; réduit son action tonifiante mais lui confère une propriété hémostatique ; utilisé traditionnellement pour arrêter les saignements en cas de déficience de Yin et de Sang

Formules Classiques

– Sì Wù Tāng (四物湯 Décoction des Quatre Substances)
Cette formule fondamentale associe Shú Dì Huáng à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) pour tonifier le Sang, réguler le cycle menstruel et traiter les diverses manifestations de déficience de Sang. C’est la formule de base en gynécologie de la médecine chinoise.

– Liù Wèi Dì Huáng Wán (六味地黃丸 Pilule des Six Ingrédients à la Rehmannia)
Formule classique combinant Shú Dì Huáng avec Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Zé Xiè (Rhizoma Alismatis), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Fú Líng (Poria) pour traiter la déficience du Yin du Foie et du Rein avec vertiges, acouphènes, fièvre vespérale et sueurs nocturnes. C’est la formule archétypale pour nourrir le Yin du Rein.

– Bā Zhēn Tāng (八珍湯 Décoction des Huit Trésors)
Formule combinant Shú Dì Huáng avec Rén Shēn (Radix Ginseng), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Fú Líng (Poria), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la déficience combinée de Qi et de Sang se manifestant par de la fatigue, une pâleur et une faiblesse générale.

– Yòu Guī Wán (右歸丸 Pilule pour Restaurer le Rein Droit)
Shú Dì Huáng est la plante principale de cette formule associée à Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata), Ròu Guì (Cortex Cinnamomi), Dù Zhōng (Cortex Eucommiae), Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae) et Lù Jiǎo Jiāo (Gelatinum Cornu Cervi) pour traiter la déficience combinée du Yin et du Yang du Rein avec aversion au froid, douleurs lombaires et genitales, fatigue et frilosité.

– Dà Bǔ Yīn Wán (大補陰丸 Grande Pilule Tonifiante du Yin)
Shú Dì Huáng est associé dans cette formule à Guī Bǎn (Plastrum Testudinis), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) pour traiter le syndrome de Feu de déficience du Yin du Rein avec fièvre vespérale, sueurs nocturnes, émissions nocturnes et douleur des os (syndrome des Os en Ebullition).

Toxicité :

Shú Dì Huáng ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Cependant, en raison de sa nature riche, grasse et stagnante, une utilisation prolongée à fortes doses peut entraver la digestion, provoquer des nausées, une distension abdominale, des diarrhées ou une perte d’appétit chez les patients présentant une déficience de la Rate. Pour minimiser ces effets indésirables, Shā Rén (Fructus Amomi) ou Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) sont systématiquement ajoutés aux prescriptions contenant Shú Dì Huáng. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée aux doses thérapeutiques habituelles.



Xia Ku Cao

Xia Ku Cao

Xià Kū Căo (Spica Prunellae Vulgaris)

Identification

Chinois : 夏枯草
Pinyin : xià kū căo
Traduction : herbe qui sèche en été
Nom commun : brunelle commune, épi de brunelle
Nom latin : Spica Prunellae Vulgaris
Famille : Lamiaceae
Espèces : Prunella vulgaris L. (夏枯草 xià kū căo)
Partie utilisée : épi fructifère séché
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) au 2e siècle
Xia Ku Cao

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et drainent le Feu (qīng rè xiè huǒ yào 清熱瀉火藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Piquant (辛 xīn)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Foie (肝 gān), Vésicule Biliaire (膽 dǎn)
Dosage : 9-15 g

Propriétés :

Clarifie le Feu du Foie et éclaircit les yeux, disperse les nodules et dissout les masses, draine le Feu et abaisse la tension artérielle.

Précautions :

Xia Ku Cao est contre-indiqué en cas de faiblesse digestive ou de déficience de la Rate et de l’Estomac avec signes de Froid. Il doit être utilisé avec précaution chez les personnes présentant une déficience de Qi et de Sang. La forme entière de la plante possède des propriétés plus fortes pour drainer le Feu, tandis que l’épi seul est plus doux et davantage utilisé pour éclaircir la vision. Cette plante ne présente pas de toxicité aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Clarifie le Feu du Foie
Apaise le Feu de la Vésicule Biliaire
Éclaire les yeux
Transforme les Glaires chaudes
Disperse la stagnation
Dissout les nodules
Abaisse la pression artérielle
Traite les troubles oculaires

Actions et Indications

– Clarifie le Feu du Foie :
Xià Kū Căo est particulièrement efficace pour clarifier la Chaleur et apaiser le Feu du Foie et de la Vésicule Biliaire, manifesté par des troubles oculaires, des céphalées et des vertiges.
Il est couramment utilisé pour traiter le Feu du Foie qui monte avec rougeur, gonflement et douleur des yeux, photophobie, larmoiement excessif, céphalées et vertiges.
– Pour le Feu du Foie avec troubles oculaires, Xià Kū Căo est associé à Shí Jué Míng (Concha Haliotidis), Jué Míng Zǐ (Semen Cassiae) et Jú Huā (Flos Chrysanthemi).
– Pour le Feu du Foie avec déficience du Sang, on l’associe à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Xuán Shēn (Radix Scrophulariae).

Xià Kū Căo traite également la stagnation du Qi du Foie caractérisée par une plénitude et douleur hypochondriaques, agitation, irritabilité et instabilité émotionnelle.
– Pour la stagnation du Qi du Foie, on ajoute Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) et Chái Hú (Radix Bupleuri).
– Pour les troubles hépatiques graves avec hypertrophie et inflammation du foie, tels que l’hépatite et l’hépatomégalie caractérisés par une Chaleur et un Feu excessifs, Xià Kū Căo est combiné avec Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae).

– Clarifie les Glaires chaudes, disperse la stagnation et dissout les nodules :
Xià Kū Căo possède une action puissante pour traiter les scrofules, lipomes, ganglions gonflés, goitres, masses et nodules causés par l’accumulation de Chaleur, toxines et Glaires.
En médecine chinoise, les nodules sont considérés comme des accumulations anormales de Chaleur, toxines et Glaires qui, avec le temps, se dessèchent en masses de Glaires ou nodules, particulièrement lorsqu’ils sont accompagnés de stagnation du Qi.
– Pour les scrofules, lipomes, ganglions gonflés, goitres, masses et nodules dus aux Glaires-Chaleur, Xià Kū Căo est associé à Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Kūn Bù (Thallus Laminariae seu Eckloniae), formule Xià Kū Căo Gāo 夏枯草膏 (Sirop de Brunelle).

– Abaisse la pression artérielle :
Xià Kū Căo est couramment utilisé pour traiter l’hypertension associée au Feu du Foie et au Yang du Foie qui monte.
Il possède une action antihypertensive marquée, particulièrement efficace lorsque l’hypertension s’accompagne de manifestations de Feu du Foie.
– Pour l’hypertension, Xià Kū Căo est combiné avec Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis), Dì Lóng (Pheretima) et Dù Zhōng (Cortex Eucommiae).
-Pour les rougeurs, gonflements et douleurs oculaires causés par l’hypertension, on l’utilise avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Shí Jué Míng (Concha Haliotidis) et Chán Tuì (Periostracum Cicadae).

Liste des symptômes

Troubles du Foie et de la Vésicule Biliaire :
Feu du Foie qui monte
Rougeur, gonflement et douleur des yeux
Photophobie et larmoiement excessif
Céphalées et vertiges
Plénitude et douleur hypochondriaques
Agitation et irritabilité
Instabilité émotionnelle

Masses et nodules :
Scrofules
Lipomes
Ganglions gonflés
Goitres
Masses et nodules cervicaux
Nodules dans le canal inguinal

Troubles cardiovasculaires :
Hypertension avec Feu du Foie
Hypertension avec Yang du Foie qui monte
Vertiges et céphalées liés à l’hypertension
Rougeur du visage et des yeux
Tempérament colérique

Autres indications :
Hépatite avec Chaleur excessive
Hépatomégalie
Troubles oculaires aggravés le soir par déficience du Foie

Commentaire

Xià Kū Căo (Spica Prunellae) tire son nom de sa caractéristique botanique particulière : cette plante fleurit au printemps et au début de l’été, mais se flétrit dès l’apparition du premier signe du Qi Yin après le milieu de l’été. Cette particularité a conduit de nombreux commentateurs à décrire Xià Kū Căo comme étant rempli de pur Qi Yang. Ce remède est l’un des plus efficaces de la pharmacopée chinoise pour clarifier le Feu du Foie et disperser les masses. Sa saveur piquante et amère lui permet de disperser et de clarifier, tandis que sa nature froide en fait un excellent remède pour tous les syndromes de Feu du Foie.

Xià Kū Căo est particulièrement reconnu pour son action sur le Foie et la Vésicule Biliaire. Il clarifie le Feu du Foie qui monte en dispersant la Chaleur et en apaisant le Yang du Foie. Cette action est particulièrement utile pour traiter les troubles oculaires tels que la rougeur, le gonflement et la douleur des yeux, ainsi que les céphalées et les vertiges associés au Feu du Foie. En médecine chinoise, ce remède traite efficacement les troubles causés par la stagnation du Qi du Foie qui engendre de la Chaleur et du Feu.

Une autre application majeure de Xià Kū Căo concerne le traitement des nodules et masses causés par les Glaires-Chaleur. Les nodules de Glaires, tels que les scrofules, résultent souvent de la stagnation du Qi du Foie, qui permet aux liquides de s’accumuler, de s’épaissir et de devenir des Glaires. Avec le temps, ces Glaires et cette stagnation engendrent de la Chaleur, qui épaissit davantage les Glaires et forme des masses et nodules palpables. Dans de tels cas, Xià Kū Căo est souvent utilisé car il peut à la fois clarifier le Feu du Foie et disperser les masses. Cette herbe était notée pour son efficacité dans le traitement des masses et nodules dès le Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste.

Xià Kū Căo se distingue par sa capacité à traiter également l’hypertension, particulièrement lorsqu’elle est associée au Feu du Foie ou au Yang du Foie qui monte. Les études pharmacologiques modernes ont confirmé ses propriétés antihypertensives marquées. Les extraits aqueux et alcooliques de Xià Kū Căo ont démontré une action rapide et efficace pour réduire la pression artérielle, bien que l’effet soit généralement de courte durée et nécessite une utilisation continue.

Bien que Zhu Dan-Xi ait noté que Xià Kū Căo nourrit également le Yin et le Sang du Foie, de nombreux commentateurs ultérieurs ont contesté cette affirmation. Comme cette plante pousse au printemps et au début de l’été mais se flétrit dès l’apparition du premier signe de Qi Yin après le milieu de l’été, de nombreux auteurs décrivent Xià Kū Căo comme étant rempli de pur Qi Yang plutôt que comme un tonique du Yin.

Associations

– avec Shí Jué Míng (Concha Haliotidis), Jué Míng Zǐ (Semen Cassiae) et Jú Huā (Flos Chrysanthemi) : pour le Feu du Foie avec troubles oculaires

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) : pour le Feu du Foie avec déficience du Sang et douleur oculaire aggravée le soir

– avec Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) et Chái Hú (Radix Bupleuri) : pour la stagnation du Qi du Foie

– avec Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Kūn Bù (Thallus Laminariae seu Eckloniae) : pour les scrofules dures dues au Sang sec par excès du Yang du Foie (formule Xià Kū Căo Gāo 夏枯草膏 Sirop de Brunelle)

– avec Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) : pour l’hypertrophie et l’inflammation du foie

– avec Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis), Dì Lóng (Pheretima) et Dù Zhōng (Cortex Eucommiae) : pour l’hypertension

– avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Shí Jué Míng (Concha Haliotidis) et Chán Tuì (Periostracum Cicadae) : pour les rougeurs, gonflements et douleurs oculaires causés par l’hypertension

– avec Chái Hú (Radix Bupleuri) : pour les nodules cervicaux dus au Qi du Foie contraint

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng xià kū căo) : forme standard, a un effet optimal pour clarifier le Feu du Foie et disperser les nodules
– frais (鮮用 xiān xià kū căo) : forme fraîche, possède une action plus forte pour clarifier la Chaleur et drainer le Feu que la forme sèche, particulièrement efficace pour le gonflement et la douleur de la gorge, les stades précoces d’abcès mammaire et les vertiges dus au Feu du Foie excessif

Formules Classiques

– Xià Kū Căo Gāo (夏枯草膏 Sirop de Brunelle)
Cette formule combine Xià Kū Căo avec Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Kūn Bù (Thallus Laminariae seu Eckloniae) pour traiter les scrofules à tout stade de développement.

Toxicité :

Xià Kū Căo ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une très bonne tolérance. Cependant, en raison de sa nature froide, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir la Rate et l’Estomac chez les personnes présentant une déficience digestive. Des réactions allergiques rares ont été rapportées avec des symptômes tels que des éruptions maculo-papulaires, des démangeaisons, des réactions allergiques des muqueuses de la gorge, des lèvres et de la langue gonflées, une rhinite, une gêne épigastrique, des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales et de la diarrhée. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.



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