Mai Ya

Mai Ya

Mài Yá (Fructus Hordei Vulgaris Germinatus)

Identification

Chinois : 麦芽
Pinyin : mài yá
Traduction : germe d’orge
Nom commun : malt d’orge germé
Nom latin : Fructus Hordei Vulgaris Germinatus
Famille : Gramineae (Poaceae)
Espèces : Hordeum vulgare L. (大麦 dà mài)
Partie utilisée : fruit germé et séché au soleil, avec germes de 6 à 9 mm de longueur
Texte d’origine : Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Registres Divers de Médecins Célèbres) par Táo Hóng-Jǐng au 5e siècle
Mai Ya

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui facilitent la digestion (xiāo shí yào 消食藥)
Saveurs : Doux (甘 gān), légèrement acide (酸 suān)
Nature : Neutre à légèrement tiède (平 píng / 微溫 wēi wēn)
Méridiens : Rate (脾 pí), Estomac (胃 wèi), Foie (肝 gān)
Dosage : 9-15 g (usage courant) ; 30-120 g (pour diminuer la lactation ou sevrer)

Propriétés :

Élimine les stagnations alimentaires et restaure l’appétit, renforce la Rate et harmonise l’Estomac, draine et désobstrue le Qi du Foie, réduit la lactation et facilite le sevrage.

Précautions :

Mài Yá est contre-indiqué pendant la grossesse et l’allaitement, sauf dans l’intention précise de diminuer ou tarir le lait maternel. À doses modérées, il favorise la production lactée – à doses élevées, il la réduit. Son usage prolongé ou à doses élevées peut affaiblir le Qi de la Rate et de l’Estomac. Il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience de Qi sans stagnation alimentaire. Les formes chauffées (torréfiées, carbonisées) ont des actions plus douces et moins drainantes que la forme crue.

Fonctions principales :

Élimine les stagnations alimentaires
Restaure l’appétit
Renforce la Rate
Harmonise l’Estomac
Draine le Qi du Foie
Désobstrue le Qi du Foie
Réduit la lactation (à forte dose)
Favorise la lactation (à faible dose)

Actions et Indications

– Élimine les stagnations alimentaires et restaure l’appétit :
Mài Yá est particulièrement efficace pour éliminer les stagnations dues à la surconsommation de riz, de farines, de fruits et d’aliments amylacés. Il désobstrue l’Estomac, dirige le Qi vers le bas et restaure l’appétit physiologique.
Il est couramment utilisé pour les troubles digestifs caractérisés par une sensation de plénitude épigastrique, des éructations, une régurgitation acide et une perte d’appétit.
– Pour la stagnation alimentaire avec plénitude épigastrique et abdominale, éructations malodorantes, régurgitation acide et diarrhée, Mài Yá est associé à Shān Zhā (Fructus Crataegi), Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), formule Bǎo Hé Wán 保和丸 (Pilule pour Préserver l’Harmonie).
– Pour la stagnation alimentaire due aux céréales et aux farines avec perte d’appétit marquée, on l’associe à Gǔ Yá (Setariae Oryzae Fructus Germinatus).
– Pour la stagnation alimentaire avec déficience de la Rate et de l’Estomac, on l’associe à Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Jī Nèi Jīn (Gigeriae Galli Endothelium Corneum).

– Renforce la Rate et harmonise l’Estomac :
Mài Yá renforce les fonctions de transformation et de transport de la Rate, harmonise le Qi de l’Estomac et traite les troubles digestifs liés à une déficience de la Rate avec perte d’appétit.
Il est traditionnellement utilisé pour la faiblesse digestive chronique, l’absence de goût pour la nourriture, la fatigue après les repas et les selles molles.
– Pour la faiblesse de la Rate et de l’Estomac avec stagnation alimentaire, Mài Yá torréfié est associé à Jī Nèi Jīn (Gigeriae Galli Endothelium Corneum) et Dǎng Shēn (Radix Codonopsis).
– Pour la perte d’appétit chez les enfants avec malnutrition et distension abdominale, on l’associe à Shān Zhā (Fructus Crataegi) et Shén Qū (Massa Medicata Fermentata), combinaison connue sous le nom de sān xiān 三仙 (les Trois Immortels).

– Draine et désobstrue le Qi du Foie :
La forme crue (生麦芽 shēng mài yá) de Mài Yá possède une action spécifique pour désobstruer et drainer le Qi du Foie, traiter la stagnation du Qi du Foie aggravant la Rate et l’Estomac, ainsi que la distension et la plénitude hypochondriaques.
Il est utilisé pour les troubles digestifs liés à une disharmonie Foie-Rate avec douleurs des flancs, irritabilité et perte d’appétit.
– Pour la stagnation du Qi du Foie avec distension hypochondriaque et dyspepsie, Mài Yá cru est associé à Chái Hú (Radix Bupleuri) et Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi).

– Réduit la lactation et facilite le sevrage :
À doses élevées (60-120 g), Mài Yá disperse le Qi et le Sang pour réduire la production de lait maternel et faciliter le sevrage. À doses modérées (9-15 g), il favorise au contraire la circulation du Qi et peut contribuer à promouvoir la lactation chez les femmes dont la production de lait est insuffisante par stagnation du Qi du Foie.
– Pour diminuer la lactation en vue du sevrage, Mài Yá cru ou torréfié est utilisé seul en décoction à dose élevée (60-120 g), bu comme infusion tout au long de la journée.
– Pour favoriser la lactation insuffisante par stagnation du Qi, Mài Yá cru à dose modérée est associé à Wáng Bù Liú Xíng (Semen Vaccariae) et Tōng Cǎo (Medulla Tetrapanacis).

Liste des symptômes

Troubles digestifs par stagnation alimentaire :
Sensation de plénitude et de distension épigastrique
Éructations malodorantes
Régurgitation acide
Perte d’appétit
Nausées après les repas
Borborygmes et flatulences
Diarrhées avec douleurs abdominales dues à la stagnation

Faiblesse digestive par déficience de la Rate :
Manque de goût pour la nourriture
Fatigue et léthargie après les repas
Selles molles ou diarrhées chroniques
Distension abdominale postprandiale

Stagnation du Qi du Foie aggravant la Rate :
Distension et douleur des flancs et de l’hypochondre
Irritabilité émotionnelle avec troubles digestifs
Dyspepsie liée au stress ou aux émotions

Troubles de la lactation :
Lactation excessive nécessitant un sevrage
Engorgement mammaire lors du sevrage
Lactation insuffisante par stagnation du Qi du Foie

Commentaire

Mài Yá (Fructus Hordei Vulgaris Germinatus) est obtenu en faisant germer l’orge jusqu’à ce que les pousses atteignent 6 à 9 mm de longueur, puis en séchant le grain au soleil. Son nom chinois signifie littéralement « germe de blé », bien qu’il provienne de l’orge (Hordeum vulgare). Ce remède occupe une place centrale dans la catégorie des substances éliminant les stagnations alimentaires, et se distingue par sa capacité à traiter spécifiquement les stagnations dues aux céréales, aux farines, aux fruits et aux aliments amylacés.

La particularité de Mài Yá réside dans sa double action : d’une part sur le Foyer Moyen (Rate et Estomac) pour désobstruer les stagnations alimentaires et renforcer les fonctions de transformation et de transport, et d’autre part sur le Foie pour drainer et désobstruer son Qi. Cette action hépatique le distingue des autres remèdes de sa catégorie. Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) et Shān Zhā (Fructus Crataegi) n’agissent pas sur le Qi du Foie, alors que Mài Yá, par sa saveur légèrement acide, entre dans le méridien du Foie et y draine les obstructions de Qi. Cette propriété le rend particulièrement indiqué pour les troubles digestifs liés au stress, à la frustration ou à la stagnation émotionnelle.

Un aspect remarquable et souvent cité de Mài Yá est son effet dose-dépendant sur la lactation. À petites doses, il favorise la circulation du Qi dans le sein et peut stimuler ou régulariser un flux lacté insuffisant dû à une stagnation du Qi du Foie. À doses très élevées (60-120 g), il disperse le Qi et le Sang, réduit l’engorgement mammaire et facilite le tarissement du lait lors du sevrage. Cette propriété est mentionnée dans le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Traité de Matière Médicale) de Lǐ Shí-Zhēn. La forme crue semble la plus efficace pour le sevrage, et certains auteurs soulignent que c’est la dose élevée – bien plus que la forme de préparation – qui constitue le facteur déterminant.

Mài Yá se distingue de Gǔ Yá (Setariae Oryzae Fructus Germinatus) par son action plus marquée sur la stagnation alimentaire et sur le Qi du Foie. Gǔ Yá, plus doux et plus harmonieux, ne draine pas le Qi de la Rate de la même manière et convient davantage aux patients âgés, aux enfants et aux constitutions fragiles. En revanche, Mài Yá est supérieur pour les cas de stagnation alimentaire avérée avec implication du Qi du Foie. Les deux remèdes sont fréquemment associés car leurs actions se complètent : Mài Yá désobstrue fortement la stagnation et draine le Foie, tandis que Gǔ Yá renforce doucement la Terre du Foyer Moyen.

Associations

– avec Shān Zhā (Fructus Crataegi) et Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) : pour les stagnations alimentaires avec plénitude épigastrique, éructations et diarrhée (combinaison des Trois Immortels sān xiān 三仙)

– avec Shān Zhā (Fructus Crataegi), Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) : pour la stagnation alimentaire avec distension épigastrique et abdominale (formule Bǎo Hé Wán 保和丸 Pilule pour Préserver l’Harmonie)

– avec Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Jī Nèi Jīn (Gigeriae Galli Endothelium Corneum) : pour la stagnation alimentaire avec déficience de la Rate et de l’Estomac

– avec Gǔ Yá (Setariae Oryzae Fructus Germinatus) : pour la perte d’appétit et la stagnation alimentaire, en particulier due aux céréales (combinaison pour renforcer et restaurer les fonctions de transport et de transformation du Foyer Moyen)

– avec Chái Hú (Radix Bupleuri) et Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) : pour la stagnation du Qi du Foie avec distension hypochondriaque et dyspepsie liée aux émotions

– avec Dǎng Shēn (Radix Codonopsis) et Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) : pour la faiblesse digestive chronique avec stagnation alimentaire et déficience du Qi de la Rate

– avec Wáng Bù Liú Xíng (Semen Vaccariae) et Tōng Cǎo (Medulla Tetrapanacis) : pour la lactation insuffisante par stagnation du Qi du Foie (à dose modérée)

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生麦芽 shēng mài yá) : forme non préparée au-delà du séchage ; c’est la forme la plus efficace pour drainer et désobstruer le Qi du Foie, éliminer les stagnations alimentaires et réduire la lactation à dose élevée ; les recherches modernes montrent que c’est aussi la forme la plus efficace pour la digestion des amidons
– torréfié (炒麦芽 chǎo mài yá) : séché-frit à feu modéré jusqu’à coloration jaune dorée ; cette préparation rend l’action plus douce et moins drainante, renforce les propriétés tonifiantes sur la Rate et l’Estomac, et est privilégiée pour les patients présentant une déficience du Qi
– préparé au son (制麦芽 zhì mài yá) : séché-frit avec du son de blé ; cette méthode de préparation est traditionnellement considérée comme conférant des propriétés tonifiantes et ascendantes tout en améliorant la capacité à éliminer les stagnations alimentaires et à renforcer la Rate

Formules Classiques

– Bǎo Hé Wán (保和丸 Pilule pour Préserver l’Harmonie)
Cette formule combine Mài Yá avec Shān Zhā (Fructus Crataegi), Shén Qū (Massa Medicata Fermentata), Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), Fú Líng (Poria) et Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) pour traiter la stagnation alimentaire par suralimentation avec plénitude épigastrique et abdominale, éructations malodorantes, régurgitation acide et diarrhée. Cette formule est issue des Dān Xī Xīn Fǎ 丹溪心法 (Méthodes Essentielles de Dān Xī) de Zhū Dān-Xī.

– Sān Xiān (三仙 Les Trois Immortels)
Association de Mài Yá avec Shān Zhā (Fructus Crataegi) et Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) pour traiter les stagnations alimentaires dues à la suralimentation avec éructations, distension épigastrique et abdominale, diarrhée, perte d’appétit et léthargie post-prandiale. Cette combinaison des Trois Immortels peut être intégrée directement dans des prescriptions ou utilisée comme base à laquelle on ajoute d’autres remèdes selon les besoins.

– Jiàn Pí Wán (健脾丸 Pilule pour Fortifier la Rate)
Mài Yá est inclus dans cette formule avec Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Dǎng Shēn (Radix Codonopsis), Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Jī Nèi Jīn (Gigeriae Galli Endothelium Corneum) et Shān Zhā (Fructus Crataegi) pour renforcer la Rate et l’Estomac tout en éliminant les stagnations alimentaires, traitant la déficience de la Rate avec stagnation et perte d’appétit chronique.

Toxicité :

Mài Yá ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Il est contre-indiqué pendant la grossesse en cas de risque d’avortement, et doit être utilisé avec une extrême prudence chez les femmes allaitantes qui souhaitent maintenir leur lactation, car à doses élevées il réduit ou tarit le lait maternel. En raison de sa capacité à disperser le Qi de la Rate et de l’Estomac, son utilisation prolongée ou à doses excessives peut affaiblir le Foyer Moyen. Il est déconseillé chez les patients présentant une déficience du Qi sans stagnation alimentaire avérée. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’t été documentée aux doses thérapeutiques habituelles.



Qian Hu

Qian Hu

Qián Hú (Radix Peucedani)

Identification

Chinois : 前胡
Pinyin : Qián Hú
Traduction : racine de peucédane
Nom commun : racine de peucédane blanc ou de peucédane décurrent
Nom latin : Radix Peucedani
Famille : Apiaceae (Umbelliferae)
Espèces : Peucedanum praeruptorum Dunn. (白花前胡 bái huā qián hú) ; Peucedanum decursivum Maxim. (紫花前胡 zǐ huā qián hú)
Partie utilisée : racine séchée
Texte d’origine : Míng Yī Bié Lù 名醫別錄 (Registres Supplémentaires des Médecins Célèbres) par Táo Hóng-Jǐng au 5e siècle
Qian Hu

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et transforment les Mucosités (qīng rè huà tán yào 熱淸化痰藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Piquant (辛 xīn)
Nature : Légèrement Froid (微寒 wēi hán)
Méridiens : Poumon (肺 fèi)
Dosage : 3-10 g en décoction

Propriétés :

Descend le Qi du Poumon et dissout les Glaires, disperse le Vent et clarifie la Chaleur.

Précautions :

Qián Hú est contre-indiqué en cas de toux sèche due à une déficience du Yin du Poumon. Il est également déconseillé lorsque les Glaires sont agitées par un Feu issu d’une déficience du Yin, ou chez les patients qui ne présentent pas d’accumulation de Glaires dans le contexte d’un syndrome d’atteinte externe. De nature légèrement froide et amère, ce remède peut irriter la muqueuse gastrique ; il doit donc être utilisé avec prudence chez les patients présentant des troubles digestifs ou une tendance aux saignements gastro-intestinaux. Selon certaines sources classiques, Qián Hú est incompatible avec Lí Lú 藜蘆 (Rhizoma et Radix Veratri Nigri).

Fonctions principales :

Descend le Qi du Poumon
Dissout les Glaires chaudes
Disperse le Vent-Chaleur
Clarifie la Chaleur du Poumon
Rétablit la diffusion et la descente normales du Qi du Poumon

Actions et Indications

– Descend le Qi du Poumon et dissout les Glaires :
Qián Hú est l’un des remèdes les plus importants pour faire descendre le Qi rebelle du Poumon et transformer les Glaires. Il traite les toux productives avec des expectorations épaisses, jaunes et difficiles à expectorer, accompagnées d’une sensation d’oppression thoracique et d’une dyspnée, causées par l’obstruction du Poumon par des Glaires-Chaleur.
Il est couramment utilisé pour la toux avec expectorations abondantes dues à la stagnation du Qi du Poumon associée à une accumulation de Glaires.
– Pour la toux et la dyspnée dues aux Glaires-Chaleur obstruant le Poumon, Qián Hú est associé à Sāng Bái Pí (Cortex Mori), Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum) et Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae).
– Pour la toux avec expectorations épaisses et collantes, on l’associe à Guā Lóu (Fructus Trichosanthis) et Zhè Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Thunbergii).
– Pour la toux avec expectorations abondantes et bruyantes dans la gorge, on l’associe à Bái Qián (Rhizoma Cynanchi Stauntonii) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae preparatum).

La Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Répertoire de la Matière Médicale) précise que le mérite principal de Qián Hú réside dans sa capacité à faire descendre le Qi : lorsque le Qi descend, le Feu descend, et les Glaires descendent également.

– Disperse le Vent et clarifie la Chaleur :
Qián Hú possède une action dispersante sur les agents pathogènes externes de type Vent-Chaleur, tout en rétablissant la diffusion et la descente normales du Qi du Poumon. Il traite les toux associées aux maladies d’origine externe, caractérisées par de la fièvre, des céphalées, une gorge douloureuse et des expectorations jaunes épaisses.
Sa double action – dissiper l’extérieur et faire descendre le Qi – en fait un remède particulièrement adapté lorsque coexistent une invasion externe par le Vent-Chaleur et une obstruction du Poumon par les Glaires.
– Pour la toux avec céphalées et fièvre due au Vent-Chaleur attaquant le Poumon, Qián Hú est associé à Chái Hú (Radix Bupleuri), Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Bò Hé (Herba Menthae).
– Pour la toux avec frissons et fièvre alternés, congestion thoracique et céphalées dues au Vent-Chaleur, on l’associe à Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae) et Qiāng Huó (Rhizoma et Radix Notopterygii), formule Qián Hú Sǎn 前胡散 (Poudre de Peucédane).
– Pour le Vent-Chaleur avec fièvre, toux et oppression thoracique, on ajoute Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Huáng Qín (Radix Scutellariae).
– Pour la toux et la dyspnée avec expectorations jaunes dues au Vent-Chaleur, Qián Hú est associé à Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum) et Pí Pá Yè (Folium Eriobotryae).

Liste des symptômes

Troubles respiratoires avec Glaires-Chaleur :
Toux productive avec expectorations jaunes, épaisses et collantes
Expectorations difficiles à expectorer
Oppression thoracique et distension
Dyspnée et sifflements respiratoires
Toux avec bruits de Glaires dans la gorge

Atteintes externes par le Vent-Chaleur :
Toux avec fièvre et légère aversion pour le vent et le froid
Céphalées associées à une toux productive
Gorge douloureuse et enflammée
Frissons et fièvre alternés avec toux

Stagnation du Qi du Poumon :
Sensation d’oppression dans la poitrine
Qi rebelle du Poumon avec toux persistante
Dyspnée liée à l’obstruction des Glaires

Commentaire

Qián Hú (Radix Peucedani) est un remède de la pharmacopée chinoise dont la réputation repose principalement sur sa capacité à faire descendre le Qi du Poumon et à transformer les Glaires-Chaleur. Son nom signifie littéralement « antérieur-barbare » (前胡), partageant le caractère 胡 avec Chái Hú (Radix Bupleuri), avec lequel il est si fréquemment associé que les praticiens écrivent parfois simplement les « deux hú » (èr hú 二胡) dans leurs prescriptions. Cette paire complémentaire illustre la logique de la régulation du mouvement du Qi : Chái Hú élève et libère la contrainte, tandis que Qián Hú dirige le Qi vers le bas et expulse les Glaires ; l’un monte pendant que l’autre descend, régulant ainsi la dynamique de montée et de descente du Qi.

La Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Répertoire de la Matière Médicale) souligne que le mérite premier de Qián Hú est de faire descendre le Qi – lorsque le Qi descend, le Feu descend et les Glaires descendent avec lui. Cette observation explique l’expression traditionnelle « chasser l’ancien pour faire venir le nouveau » (qū jiù shēng xīn 驅舊生新), qui décrit la restauration d’un Qi normal une fois que les Glaires obstructrices ont été éliminées. Les Jīng Yuè Quán Shū 景岳全書 (Œuvres Complètes de Zhang Jing-Yue) vont plus loin, affirmant que les Glaires-Vent dans les méridiens du Foie et de la Vésicule Biliaire ne peuvent être expulsées sans Qián Hú, soulignant sa pénétration dans des niveaux profonds.

Qián Hú se distingue par sa double action : il agit à la fois sur l’intérieur (descendant le Qi et transformant les Glaires) et sur l’extérieur (dispersant le Vent-Chaleur et rétablissant la diffusion du Qi du Poumon). Cette particularité le rend supérieur aux remèdes qui ne font que diriger le Qi vers le bas, car il expulse simultanément le facteur pathogène responsable de l’obstruction. Les textes classiques précisent toutefois clairement qu’il ne doit pas être utilisé en cas d’atteinte externe sans accumulation de Glaires, ni en cas de toux liée à une déficience du Yin.

Qián Hú se distingue de Bái Qián (Rhizoma Cynanchi Stauntonii) par son action dispersante sur le Vent-Chaleur externe et sa capacité à clarifier la Chaleur du Poumon : il est donc plus adapté aux expectorations jaunes épaisses avec présence simultanée de Vent-Chaleur en superficie. Bái Qián, légèrement chaud, est quant à lui plus indiqué pour l’obstruction du Qi du Poumon avec expectorations abondantes et bruyantes dans la gorge, indépendamment de la présence de Chaleur ou de Froid. Les deux remèdes sont si souvent combinés que le terme « deux qín » (èr qín 二芩) – parfois confondu avec le terme « deux hú » – est parfois employé dans les prescriptions.

Associations

– avec Chái Hú (Radix Bupleuri) : pour la toux avec oppression thoracique due au Vent-Chaleur contraignant le Poumon ; Chái Hú élève et libère la contrainte, Qián Hú descend le Qi et expulse les Glaires – l’un monte, l’autre descend

– avec Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Sāng Bái Pí (Cortex Mori) et Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae) : pour la toux et la dyspnée dues aux Glaires-Chaleur obstruant le Poumon

– avec Bái Qián (Rhizoma Cynanchi Stauntonii) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae preparatum) : pour la toux avec expectorations abondantes et bruits de Glaires dans la gorge

– avec Jié Gěng (Radix Platycodonis), Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae) et Qiāng Huó (Rhizoma et Radix Notopterygii) : pour les maladies d’origine externe avec toux, céphalées et douleurs corporelles

– avec Bò Hé (Herba Menthae), Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) et Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) : pour le Vent-Chaleur avec fièvre, toux et oppression thoracique

– avec Guā Lóu (Fructus Trichosanthis) et Zhè Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Thunbergii) : pour la toux avec expectorations épaisses, collantes et difficiles à expectorer

– avec Pí Pá Yè (Folium Eriobotryae) et Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum) : pour la toux et la dyspnée avec expectorations jaunes dues au Vent-Chaleur

– avec Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Sāng Bái Pí (Cortex Mori) : pour la toux chronique avec Chaleur du Poumon et expectorations jaunes

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng qián hú) : forme non préparée, utilisée pour la majorité des indications – descend le Qi, transforme les Glaires et disperse le Vent-Chaleur ; indiquée pour les syndromes d’excès avec Glaires-Chaleur et atteintes externes
– miel (蜜炙 mì zhì qián hú) : la racine est mélangée au miel puis légèrement grillée à feu modéré ; cette préparation renforce l’action de moistening du Poumon, réduit les propriétés dispersantes et est mieux adaptée aux toux chroniques ou aux patients présentant une certaine fragilité du Yin du Poumon

Formules Classiques

Qián Hú Sǎn (前胡散 Poudre de Peucédane)
Cette formule combine Qián Hú avec Jié Gěng (Radix Platycodonis), Sāng Bái Pí (Cortex Mori), Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter les maladies d’origine externe avec toux productive, oppression thoracique, céphalées et fièvre légère. C’est la formule emblématique dans laquelle Qián Hú déploie pleinement son action d’expulsion des pathogènes externes tout en faisant descendre le Qi et en transformant les Glaires.

Xìng Sū Sǎn (杏蘇散 Poudre d’Abricot et de Perilla)
Cette formule issue du Wēn Bìng Tiáo Biàn 溫病條辨 (Différenciation Systématique des Maladies Fébriles Chaudes) associe Qián Hú à Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Zǐ Sū Yè (Folium Perillae), Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae preparatum) et Fú Líng (Poria) pour traiter la Sécheresse-Fraîcheur externe attaquant le Poumon, avec toux légère, légères céphalées, absence de transpiration et absence de soif. Qián Hú y joue un rôle clé pour faire descendre le Qi du Poumon et transformer les Glaires légères.

Zhǐ Sòu Sǎn (止嗽散 Poudre pour Arrêter la Toux)
Issue du Yī Xué Xīn Wù 醫學心悟 (Traité de Médecine), cette formule associe Qián Hú à Jié Gěng (Radix Platycodonis), Zǐ Wǎn (Radix Asteris), Bǎi Bù (Radix Stemonae), Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter les toux persistantes dues à des maladies d’origine externe résiduelles ou à une légère obstruction des Glaires dans le Poumon.

Toxicité :

Qián Hú peut irriter la muqueuse gastrique et ne doit pas être administré aux patients souffrant de troubles gastriques ou présentant une tendance aux saignements gastro-intestinaux. Son utilisation prolongée peut consommer le Qi en raison de ses propriétés dispersantes et descendantes. Aux doses thérapeutiques recommandées (3-10 g), ce remède est généralement bien toléré. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée dans les textes classiques, à l’exception de son incompatibilité traditionnelle avec Lí Lú 藜蘆 (Rhizoma et Radix Veratri Nigri). Une utilisation excessive est déconseillée en l’absence d’accumulation de Glaires ou de syndrome d’excès du Poumon.



Dan Shen

Dan Shen

Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae)

Identification

Chinois : 丹参
Pinyin : dān shēn
Traduction : racine rouge (de sauge)
Nom commun : racine de sauge rouge, sauge rouge de Chine
Nom latin : Radix Salviae Miltiorrhizae
Famille : Lamiaceae (Labiatae)
Espèces : Salvia miltiorrhiza Bge. (丹参 dān shēn)
Partie utilisée : racine séchée
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Dan Shen

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui font circuler le Sang (huó xuè yào 活血藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ)
Nature : Légèrement froid (微寒 wēi hán)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Péricarde (心包 xīn bāo), Foie (肝 gān)
Dosage : 9-15 g en décoction ; jusqu’à 30 g dans certaines formules

Propriétés :

Active le Sang et élimine les stases de Sang, calme le Shen et l’agitation, rafraîchit le Sang et élimine les abcès.

Précautions :

Dān Shēn est contre-indiqué en cas de grossesse. Il est déconseillé en l’absence de stase de Sang. Ce remède est incompatible avec Lí Lú (Radix et Rhizoma Veratri) selon certains textes classiques. Des précautions s’imposent lors d’une prise concomitante d’anticoagulants (warfarine, héparine) en raison d’un risque de potentialisation de l’effet antiplaquettaire. Dān Shēn est utilisé avec prudence chez les patients présentant une tendance aux saignements.

Fonctions principales :

– Active le Sang et élimine les stases de Sang
– Régule la menstruation et soulage la douleur
– Calme le Shen et traite l’agitation
– Rafraîchit le Sang et élimine les abcès
– Ouvre les collatéraux et soulage la douleur

Actions et Indications

– Active le Sang, élimine les stases et régule la menstruation :
Dān Shēn est l’un des remèdes les plus importants pour activer le Sang et éliminer les stases. Il traite de nombreux syndromes de stase de Sang, notamment les douleurs thoraciques, abdominales et précordiales dues à l’obstruction des vaisseaux par la stase.
Il est traditionnellement dit que « Dān Shēn à lui seul accomplit l’action des quatre substances » (Sì Wù Tāng 四物湯), en référence à sa puissance à la fois tonifiante et activatrice du Sang.
– Pour la douleur thoracique et précordiale par stase de Sang obstruant les vaisseaux, Dān Shēn est associé à Tán Xiāng (Lignum Santali Albi) et Shā Rén (Fructus Amomi), formule Dān Shēn Yǐn 丹参飲 (Décoction de Dān Shēn).
– Pour la stagnation du Qi du Foie avec stase de Sang causant douleurs thoraciques et hypochondriaques, on l’associe à Chái Hú (Radix Bupleuri), Yù Jīn (Radix Curcumae) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae).
– Pour la maladie coronarienne avec douleur angineuse, stase de Sang et obstruction des méridiens du Cœur, Dān Shēn est associé à Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Hóng Huā (Flos Carthami) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae).

Dān Shēn régule également la menstruation et soulage les douleurs gynécologiques par stase de Sang.
– Pour la dysménorrhée, l’aménorrhée et les irrégularités menstruelles par stase de Sang, Dān Shēn est associé à Hóng Huā (Flos Carthami), Táo Rén (Semen Persicae) et Yì Mǔ Cǎo (Herba Leonuri).
– Pour les masses abdominales (zheng jia) et les douleurs post-partum par stase de Sang, on l’associe à Sān Léng (Rhizoma Sparganii) et É Zhú (Rhizoma Curcumae).

– Ouvre les collatéraux et soulage la douleur :
Dān Shēn traite les douleurs articulaires et les bi zheng (syndromes d’obstruction douloureuse) dus à la stase de Sang dans les méridiens et les collatéraux.
– Pour les douleurs traumatiques et les contusions avec stase de Sang, Dān Shēn est associé à Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum) et Mò Yào (Myrrha).
– Pour le bi zheng douloureux avec obstruction des méridiens et stase de Sang, on l’associe à Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) et Dú Huó (Radix Angelicae Pubescentis).
– Pour l’hépatomégalie ou la splénomégalie par stase de Sang et accumulation de Chaleur-Humidité, Dān Shēn est associé à Biē Jiǎ (Carapax Trionycis), Hǔ Zhāng (Rhizoma Polygoni Cuspidati) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba).

– Calme le Shen et traite l’agitation :
Dān Shēn entre dans les méridiens du Cœur et du Péricarde. Il nourrit le Sang du Cœur, rafraîchit la Chaleur du Cœur et calme le Shen, traitant l’insomnie, les palpitations et l’agitation liées à une insuffisance du Sang du Cœur ou à une Chaleur perturbant le Shen.
– Pour les palpitations, l’insomnie et l’agitation par insuffisance du Sang du Cœur, Dān Shēn est associé à Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae), Bǎi Zǐ Rén (Semen Platycladi) et Yuǎn Zhì (Radix Polygalae), formule Tiān Wáng Bǔ Xīn Dān 天王補心丹 (Pilule Spéciale de l’Empereur des Cieux pour Tonifier le Cœur).
– Pour la fièvre du niveau Ying avec agitation, délire et palpitations par Chaleur perturbant le Shen, on l’associe à Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Lián Qiào (Fructus Forsythiae), formule Qīng Yíng Tāng 清營湯 (Décoction pour Clarifier le Niveau Nutritif).

– Rafraîchit le Sang et élimine les abcès :
Dān Shēn rafraîchit le Sang et élimine les toxines Chaleur pour traiter les abcès, furoncles et ulcères cutanés dus à la stase de Sang avec Chaleur-Poison.
– Pour les abcès et furoncles précoces avec rougeur, chaleur et douleur, Dān Shēn est associé à Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) et Lián Qiào (Fructus Forsythiae).
– Pour les abcès mammaires (ru yong), Dān Shēn est associé à Chuān Shān Jiǎ (Squama Manis) et Zào Jiǎo Cì (Spina Gleditsiae).

Liste des symptômes

Douleurs par stase de Sang :
Douleur thoracique et précordiale (bi zheng de la poitrine)
Angine de poitrine dans les maladies coronariennes
Douleur hypochondriaque
Masses abdominales palpables

Troubles gynécologiques :
Dysménorrhée par stase de Sang
Aménorrhée
Irrégularités menstruelles
Douleurs post-partum par stase de Sang

Troubles du Cœur et du Shen :
Palpitations par insuffisance du Sang du Cœur
Insomnie et rêves agités
Agitation mentale
Délire dans les maladies fébriles au niveau Ying

Autres indications :
Bi zheng douloureux avec stase dans les collatéraux
Traumatismes et contusions
Hépatomégalie et splénomégalie
Abcès, furoncles et ulcères cutanés par Chaleur-Poison et stase

Commentaire

Dān Shēn tire son nom de la couleur rouge-carmin (dān 丹) de sa racine, symbole de son action sur le Sang. Inscrit dès le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) dans la catégorie des remèdes supérieurs, Dān Shēn est considéré comme l’un des remèdes les plus importants pour activer le Sang et éliminer les stases dans toute la pharmacopée chinoise. Son adage clinique traditionnel – « Une seule Dān Shēn remplace les Quatre Substances » – reflète sa polyvalence : elle active le Sang comme Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), nourrit le Sang comme Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), régule le Sang comme Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et astringit le Sang comme Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba).

Sa double entrée dans les méridiens du Cœur et du Foie lui confère une action à la fois cardiovasculaire et psycho-émotionnelle. En entrant dans le méridien du Cœur, Dān Shēn nourrit et rafraîchit le Sang du Cœur, sédatant ainsi le Shen perturbé par la Chaleur ou par une insuffisance du Sang. En entrant dans le méridien du Foie, il élimine la stase de Sang, régule le Qi du Foie et ouvre les collatéraux. Cette dualité fait de Dān Shēn un remède incontournable dans les syndromes de bi zheng de la poitrine (xiong bi 胸痹), les troubles gynécologiques et les déséquilibres émotionnels liés au Cœur.

La pharmacologie moderne a confirmé les actions cardiovasculaires majeures de Dān Shēn : ses principes actifs, les tanshinones (tanshinone I, IIA, IIB) et les composés hydrophiles (acide salvianolique, acide rosmarinique, protocatéchualdéhyde), exercent des effets vasodilatateurs, antiplaquettaires, antioxydants, cardioprotecteurs et anti-inflammatoires. Des études cliniques chinoises ont démontré son efficacité dans le traitement de la maladie coronarienne, notamment dans la réduction des crises d’angine de poitrine et l’amélioration de la microcirculation. Dān Shēn abaisse également les IgE impliquées dans les réactions allergiques.

Dān Shēn se distingue de Hóng Huā (Flos Carthami) par sa capacité à nourrir légèrement le Sang et à calmer le Shen, en plus d’activer la circulation. Hóng Huā est plus fortement dispersant et activateur du Sang mais sans action sur le Shen. Comparée à Táo Rén (Semen Persicae), Dān Shēn agit davantage sur les douleurs chroniques et profondes par stase de Sang, tandis que Táo Rén est plus puissant pour briser les stases récentes et les masses.

Associations

– avec Tán Xiāng (Lignum Santali Albi) et Shā Rén (Fructus Amomi) : pour la douleur thoracique et précordiale par stase de Sang et stagnation du Qi (formule Dān Shēn Yǐn 丹参飲 Décoction de Dān Shēn)

– avec Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae), Bǎi Zǐ Rén (Semen Platycladi) et Yuǎn Zhì (Radix Polygalae) : pour les palpitations et l’insomnie par insuffisance du Sang du Cœur (formule Tiān Wáng Bǔ Xīn Dān 天王補心丹 Pilule Spéciale de l’Empereur des Cieux pour Tonifier le Cœur)

– avec Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Lián Qiào (Fructus Forsythiae) : pour la fièvre au niveau Ying avec agitation et délire (formule Qīng Yíng Tāng 清營湯 Décoction pour Clarifier le Niveau Nutritif)

– avec Hóng Huā (Flos Carthami), Táo Rén (Semen Persicae) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) : pour la dysménorrhée, l’aménorrhée et les douleurs gynécologiques par stase de Sang (formule Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 Décoction pour Chasser la Stase de la Demeure du Sang)

– avec Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) : pour les maladies coronariennes avec angine de poitrine par stase de Sang

– avec Biē Jiǎ (Carapax Trionycis), Hǔ Zhāng (Rhizoma Polygoni Cuspidati) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) : pour l’hépatomégalie et la splénomégalie par stase de Sang

– avec Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum) et Mò Yào (Myrrha) : pour les douleurs traumatiques et contusions avec stase de Sang

– avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) et Lián Qiào (Fructus Forsythiae) : pour les abcès et furoncles par Chaleur-Poison et stase de Sang

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng dān shēn) : forme non préparée, action plus froide, privilégiée pour rafraîchir le Sang, éliminer les abcès et calmer le Shen dans les syndromes de Chaleur
– préparé au vin de riz (酒炙 jiǔ zhì dān shēn) : la cuisson au vin renforce l’action d’activation du Sang et d’élimination des stases, améliore la pénétration dans les méridiens, privilégiée pour les syndromes de froid avec stase de Sang et les douleurs gynécologiques

Formules Classiques

Dān Shēn Yǐn 丹参飲 (Décoction de Dān Shēn)
Cette formule issue du Shí Bǔ Zhāi Yī Shū 時步齋醫書 combine Dān Shēn avec Tán Xiāng (Lignum Santali Albi) et Shā Rén (Fructus Amomi) pour traiter la douleur thoracique et épigastrique par stagnation du Qi et stase de Sang.

Tiān Wáng Bǔ Xīn Dān 天王補心丹 (Pilule Spéciale de l’Empereur des Cieux pour Tonifier le Cœur)
Formule classique pour le vide du Yin du Cœur et du Rein avec Chaleur vide. Dān Shēn y est associé à Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae), Bǎi Zǐ Rén (Semen Platycladi), Yuǎn Zhì (Radix Polygalae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) pour traiter l’insomnie, les palpitations, l’anxiété et la fatigue mentale.

Qīng Yíng Tāng 清營湯 (Décoction pour Clarifier le Niveau Nutritif)
Formule issue du Wēn Bìng Tiáo Biàn 溫病條辨 (Discrimination Systématique des Maladies Fébriles) de Wú Jū-Tōng. Dān Shēn y est associé à Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Lián Qiào (Fructus Forsythiae), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) pour traiter les maladies fébriles graves avec pénétration de la Chaleur au niveau Ying, caractérisées par fièvre vespérale, agitation, délire, palpitations et éruptions cutanées.

Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 (Décoction pour Chasser la Stase de la Demeure du Sang)
Grande formule classique de Wang Qing-Ren issue du Yī Lín Gǎi Cuò 醫林改錯 (Corrections des Erreurs dans les Arts Médicaux). Dān Shēn y contribue en synergie avec Táo Rén (Semen Persicae), Hóng Huā (Flos Carthami), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) pour traiter la stase de Sang dans la poitrine.

Toxicité :

Dān Shēn présente une très bonne tolérance aux doses thérapeutiques. Les études pharmacologiques n’ont pas mis en évidence de toxicité significative aux doses usuelles. Des interactions médicamenteuses sont documentées avec les anticoagulants de type warfarine (potentialisation de l’effet anticoagulant) et avec la digoxine (augmentation de la biodisponibilité). Une utilisation prolongée à fortes doses peut, dans de rares cas, provoquer des réactions cutanées. L’incompatibilité avec Lí Lú (Radix et Rhizoma Veratri) est mentionnée dans les textes classiques (règle des « dix-huit incompatibilités »).



Zhe Bei Mu

Zhe Bei Mu

Zhè Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Thunbergii)

Identification

Chinois : 浙貝母
Pinyin : zhè bèi mǔ
Traduction : bulbe mère du Zhejiang
Nom commun : bulbe de fritillaire de Thunberg
Nom latin : Bulbus Fritillariae Thunbergii
Famille : Liliaceae
Espèces : Fritillaria thunbergii Miq. (浙貝母 zhè bèi mǔ)
Partie utilisée : bulbe séché
Texte d’origine : Běn Cǎo Gāng Mù Shí Yí 本草綱目拾遺 (Complément au Grand Compendium de la Matière Médicale) par Zhào Xué-Mǐn au 18e siècle
Zhe Bei Mu

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et transforment les Mucosités (qīng rè huà tán yào 熱淸化痰藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Poumon (肺 fèi), Cœur (心 xīn)
Dosage : 3-10 g en décoction, 1,0-1,5 g en poudre

Propriétés :

Transforme les Glaires-Chaleur et apaise la toux, clarifie la Chaleur et disperse les nodules, réduit les abcès et les gonflements.

Précautions :

Zhè Bèi Mǔ est contre-indiqué lorsque les Glaires sont de nature froide ou humide. Il est incompatible avec Wū Tóu (Radix Aconiti) selon la liste classique des Shí Bā Fǎn 十八反 (Dix-huit Incompatibilités). Ce remède ne doit pas être utilisé en cas de toux due au Froid-Vent. En raison de sa nature froide et amère, une utilisation prolongée peut affaiblir la Rate et l’Estomac chez les patients présentant une déficience digestive. Les alcaloïdes actifs (péimine, péiminine) présentent une toxicité à doses élevées : dépression respiratoire, dilatation pupillaire et spasmes musculaires ont été rapportés en cas de surdosage.

Fonctions principales :

Transforme les Glaires-Chaleur
Apaise la toux
Clarifie la Chaleur du Poumon
Disperse les nodules et les masses
Réduit les abcès et les gonflements
Résout la toxicité

Actions et Indications

– Transforme les Glaires-Chaleur et apaise la toux :
Zhè Bèi Mǔ est particulièrement efficace pour traiter la toux causée par la Chaleur du Poumon ou l’accumulation de Glaires-Chaleur, caractérisée par des expectorations épaisses, jaunes et difficiles à expectorer. Sa saveur amère et sa nature froide lui confèrent une action descendante et drainante, supérieure à celle de Chuān Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Cirrhosae) pour les conditions d’excès avec Chaleur manifeste.
– Pour la toux causée par le Vent-Chaleur ou l’accumulation de Glaires-Chaleur avec expectorations épaisses, Zhè Bèi Mǔ est associé à Sāng Yè (Folium Mori), Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii), Qián Hú (Radix Peucedani) et Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum).
– Pour la toux sèche due à une déficience du Yin du Poumon, on l’associe à Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Zǐ Wǎn (Radix Asteris), Kuǎn Dōng Huā (Flos Farfarae) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis).

Zhè Bèi Mǔ traite également la toux avec pus ou sang due à un abcès pulmonaire.
– Pour la toux avec pus et sang, on l’ajoute à Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Zǐ Wǎn (Radix Asteris).
– Pour l’abcès pulmonaire avec pus abondant, expectorations et sang, on l’associe à Yú Xīng Cǎo (Herba Houttuyniae), Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis) et Yì Yǐ Rén (Semen Coicis).

– Clarifie la Chaleur et disperse les nodules :
Zhè Bèi Mǔ possède une action puissante pour clarifier la Chaleur-Feu, transformer les Glaires et disperser les nodules et les accumulations dues aux Glaires-Feu. Son amertume lui permet de diriger le Qi vers le bas, de drainer et de disperser les masses palpables.
Il est couramment utilisé pour la scrofule, le goitre, les adénopathies cervicales et les carboncles, partout où les Glaires et la Chaleur se sont coagulées en nodules.
– Pour les nodules sans abcès – scrofule, adénopathies, thyroïde – Zhè Bèi Mǔ est associé à Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae), formule Xiāo Luǒ Wán 消瘰丸 (Pilule pour Réduire la Scrofule).
– Pour les nodules thyroïdiens et le goitre, on l’associe à Hǎi Zǎo (Sargassum), Kūn Bù (Thallus Laminariae seu Eckloniae), Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae) et É Zhú (Rhizoma Curcumae), formule Hǎi Zǎo Yù Hú Tāng 海藻玉壺湯 (Décoction de Sargasse pour le Vase de Jade).
– Pour les carboncles, abcès et masses mammaires, on l’associe à Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci), Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis) et Lián Qiáo (Fructus Forsythiae).

Zhè Bèi Mǔ est également utilisé pour les nodules phlegmateux toxiques – parotidite, mastite, lymphadénite.
– Pour les nodules toxiques dus aux Glaires-Chaleur, Zhè Bèi Mǔ est associé à Jiāng Cán (Bombyx Batryticatus), Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae).
– Pour l’acide gastrique avec régurgitation et douleur épigastrique, on l’associe à Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae), Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Mǔ Lì (Concha Ostreae).

Liste des symptômes

Troubles respiratoires :
Toux due à la Chaleur du Poumon
Expectorations épaisses, jaunes et difficiles à expectorer
Congestion thoracique et sensation d’oppression
Gorge sèche avec toux irritative
Expectorations striées de sang
Abcès pulmonaire avec pus abondant et malodorant
Bronchite avec toux productive

Nodules et masses :
Scrofule – adénopathies cervicales fermes
Goitre et nodules thyroïdiens
Masses dans les seins – mastite et tumeurs bénignes
Carboncles et abcès non ulcérés
Lymphadénite et adénopathies inguinales
Parotidite due aux Glaires-Chaleur

Autres indications :
Douleur épigastrique avec hyperacidité gastrique
Ulcère gastrique ou duodénal avec régurgitations acides

Commentaire

Zhè Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Thunbergii) tire son nom de la province du Zhejiang dont il est originaire – zhè 浙 désignant cette province – et où il est principalement cultivé. Ce remède est issu du même genre botanique que Chuān Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Cirrhosae), mais ses propriétés cliniques diffèrent significativement. Amer et froid, Zhè Bèi Mǔ possède une nature descendante et dispersante qui en fait le remède de prédilection dans les syndromes d’excès avec Chaleur manifeste, tandis que Chuān Bèi Mǔ, plus doux et humidifiant, convient davantage aux toux chroniques par déficience du Yin du Poumon.

Le Běn Cǎo Gāng Mù Shí Yí 本草綱目拾遺 (Complément au Grand Compendium de la Matière Médicale) est le premier texte à accorder une entrée distincte à Zhè Bèi Mǔ, le désignant sous le nom de xiàng shān bèi mǔ 象山貝母 (fritillaire de la montagne aux éléphants). Avant cela, toutes les références aux Bèi Mǔ dans la littérature médicale classique antérieure au Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 désignaient vraisemblablement Chuān Bèi Mǔ. C’est en raison de l’amertume marquée de Zhè Bèi Mǔ et de sa capacité supérieure à résoudre la toxicité que les commentateurs classiques le préféraient pour traiter les gonflements toxiques : Omissions du Grand Compendium de la Matière Médicale (Běn Cǎo Gāng Mù Shí Yí) précise que « Zhè Bèi Mǔ est préférable lorsque la toxicité est impliquée, en raison de son amertume et de sa plus grande capacité à résoudre la toxicité. »

Zhè Bèi Mǔ se distingue également par sa double action – sur la toux due aux Glaires-Chaleur et sur les nodules phlegmateux – qui en font un remède de choix dans de nombreuses formules traitant les maladies bronchopulmonaires aiguës avec expectorations purulentes, ainsi que les affections des glandes lymphatiques, de la thyroïde et du sein. Sa saveur amère lui permet de diriger le Qi vers le bas pour disperser les accumulations, et sa nature froide clarifie la Chaleur et résout la toxicité. Le Zhèng Yì Bèn Cǎo 正義本草 (Rectification du Sens de la Matière Médicale) précise qu’il possède, tout en étant amer et froid, une action implicitement âcre et dispersante, ce qui lui permet à la fois d’expulser la Chaleur, de drainer vers le bas et de disperser les accumulations.

Zhè Bèi Mǔ se distingue de Chuān Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Cirrhosae) par son action plus forte pour clarifier la Chaleur et disperser les nodules. Chuān Bèi Mǔ est amer mais aussi doux, ce qui humidifie le Poumon – il convient donc mieux à la toux sèche et à la toux chronique par déficience du Poumon. Zhè Bèi Mǔ en revanche, amer, froid et descendant, avec une action dispersante plus prononcée, est utilisé préférentiellement pour la toux aiguë par Vent-Chaleur où les Glaires sont épaisses, jaunes et difficiles à expectorer, et est habituellement préféré pour les gonflements, nodules, masses et abcès.

Zhè Bèi Mǔ se distingue de Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum) par sa nature et sa saveur opposées : Zhèng Yì Bèn Cǎo 正義本草 (Rectification du Sens de la Matière Médicale) précise que « Bàn Xià traite la Rate et le Poumon, mais Fritillariae Bulbus ne réduit que le métal, les Poumons. L’usage de Bàn Xià repose sur sa saveur âcre et sa chaleur, tandis que celui de Bèi Mǔ repose sur sa saveur amère et sa froideur. »

Associations

– avec Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) : pour la scrofule et les adénopathies cervicales dues aux Glaires-Chaleur (formule Xiāo Luǒ Wán 消瘰丸 Pilule pour Réduire la Scrofule)

– avec Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae) : pour le goitre, la scrofule et les ganglions lymphatiques gonflés ou enflammés – l’amertume de Xià Kū Cǎo disperse et transforme les Glaires épaisses, sa froideur clarifie la Chaleur et résout la toxicité, libère la stagnation et disperse les masses ; ensemble, leur capacité à refroidir, résoudre la toxicité, disperser et transformer les Glaires est bien plus forte que lorsqu’ils sont utilisés séparément

– avec Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) : pour la toux avec expectorations épaisses et jaunes, et pour la scrofule et le goitre – Zhè Bèi Mǔ refroidit la Chaleur, transforme les Glaires, libère la stagnation et dirige le Qi rebelle vers le bas ; Lián Qiáo est amer et frais, clarifie la Chaleur et draine le Feu, disperse les gonflements et chasse les masses

– avec Hǎi Zǎo (Sargassum), Kūn Bù (Thallus Laminariae seu Eckloniae) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum) : pour les masses rocheuses au centre du cou (formule Hǎi Zǎo Yù Hú Tāng 海藻玉壺湯 Décoction de Sargasse pour le Vase de Jade)

– avec Sāng Yè (Folium Mori), Niú Bàng Zǐ (Fructus Arctii) et Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum) : pour la toux due au Vent-Chaleur ou l’accumulation de Glaires-Chaleur avec gorge sèche et expectoration visqueuse difficile à expectorer

– avec Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci), Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis) et Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) : pour les carboncles, abcès et masses mammaires aux premiers stades avec gonflement ferme, rougeur et douleur

– avec Yú Xīng Cǎo (Herba Houttuyniae), Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis) et Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) : pour l’abcès pulmonaire avec pus abondant, expectorations et sang

– avec Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Zǐ Wǎn (Radix Asteris) : pour la toux avec pus ou sang

– avec Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Fú Hǎi Shí (Pumex) : pour le goitre et la scrofule dus aux Glaires-Chaleur

– avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae) : pour l’hyperacidité gastrique avec régurgitations

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng zhè bèi mǔ) : forme standard utilisée en décoction, maximise les effets de clarification de la Chaleur, de transformation des Glaires et de dispersion des nodules
– en poudre (粉末 fěn mò) : 1,0 à 1,5 g par dose, administrée avec la décoction filtrée des autres remèdes ; cette forme est utilisée pour augmenter la biodisponibilité des alcaloïdes actifs et est préférée dans le traitement des nodules et des abcès

Formules Classiques

– Xiāo Luǒ Wán (消瘰丸 Pilule pour Réduire la Scrofule)
Cette formule combine Zhè Bèi Mǔ avec Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) pour traiter la scrofule, les adénopathies cervicales et les nodules thyroïdiens dus à l’accumulation de Glaires-Chaleur. Xuán Shēn nourrit le Yin et clarifie la Chaleur, Mǔ Lì amollit les duretés et disperse les nodules, et Zhè Bèi Mǔ transforme les Glaires et clarifie la Chaleur. Ensemble, ces trois remèdes forment une association classique pour tous les nodules phlegmateux du cou.

– Hǎi Zǎo Yù Hú Tāng (海藻玉壺湯 Décoction de Sargasse pour le Vase de Jade)
Formule combinant Zhè Bèi Mǔ avec Hǎi Zǎo (Sargassum), Kūn Bù (Thallus Laminariae seu Eckloniae), Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum), Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Qīng Pí (Pericarpium Citri Reticulatae Viride), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae), Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Dú Huó (Radix Angelicae Pubescentis) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter le goitre et les masses dures au centre du cou dues aux Glaires obstruant les canaux.

– Xiāo Luǒ Wán (消瘰丸) dans les formules modifiées pour les nodules thyroïdiens
Zhè Bèi Mǔ est associé à Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Hǎi Zǎo (Sargassum) et É Zhú (Rhizoma Curcumae) pour les nodules thyroïdiens en usage clinique contemporain. Cette association combine les actions de clarification de la Chaleur, de dispersion des nodules, de transformation des Glaires et d’invigorisation du Sang pour traiter les masses thyroïdiennes d’origine complexe.

Toxicité :

Zhè Bèi Mǔ présente une toxicité aux doses supra-thérapeutiques. Ses alcaloïdes actifs – péimine et péiminine – ont démontré des effets antitussifs marqués chez le rat, mais à doses élevées provoquent une dépression respiratoire, une dilatation pupillaire, des tremblements musculaires, une incontinence et en cas graves, la mort. La DL50 pour l’injection intraveineuse de péiminine est de 10 à 12 mg/kg chez le lapin et de 8 à 10 mg/kg chez le chat. Ce remède est incompatible avec Wū Tóu (Radix Aconiti) selon la liste classique des Dix-huit Incompatibilités. Il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience digestive, car sa nature froide et amère peut affaiblir la Rate et l’Estomac. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée aux doses thérapeutiques recommandées.



Tao Ren

Tao Ren

Táo Rén (Semen Persicae)

Identification

Chinois : 桃仁
Pinyin : táo rén
Traduction : noyau de pêche
Nom commun : graine de pêcher
Nom latin : Semen Persicae
Famille : Rosaceae
Espèces : Prunus persica (L.) Batsch. táo ; Prunus davidiana (Carr.) Franch. shān táo
Partie utilisée : graine (amande) séchée, débarrassée du tégument
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Tao Ren

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui font circuler le Sang (huó xuè yào 活血藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Doux (甘 gān)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Cœur( 心 xīn), Foie (肝 gān), Gros Intestin (大腸 dà cháng), Poumon (肺 fèi)
Dosage : 6-10 g, broyer avant décoction ; 3-6 g en poudre

Propriétés :
Active le Sang et élimine la Stase de Sang, humidifie les Intestins et dégage les selles, clarifie la Chaleur et réduit les abcès.

Précautions :
Táo Rén est contre-indiqué pendant la grossesse en raison de son action puissante sur le Sang qui peut provoquer des contractions utérines et déclencher un avortement. Il doit être utilisé avec prudence chez les femmes en période menstruelle si le flux est abondant. Son action laxative contre-indique son utilisation en cas de diarrhée ou de selles molles. La graine crue contient de l’amygdaline, un glycoside cyanogénique toxique à forte dose : un traitement trop prolongé ou un surdosage peut entraîner des signes de toxicité aux cyanures (céphalées, palpitations, nausées). Incompatible avec Hóng Huā (Flos Carthami) chez les patientes enceintes. Ne pas combiner avec des anticoagulants sans surveillance médicale.

Fonctions principales :

Active le Sang
Élimine la Stase de Sang
Humidifie les Intestins
Débloque les selles
Clarifie la Chaleur
Réduit les abcès internes

Actions et Indications

– Active le Sang et élimine la Stase de Sang
Táo Rén est l’un des remèdes les plus importants de la pharmacopée chinoise pour traiter tous les syndromes de Stase de Sang. Sa nature bittro-douce lui permet de pénétrer le niveau du Sang du Foie et du Cœur pour disperser les accumulations de Sang stagnant. Il est indiqué dans les douleurs fixes et intenses, les masses abdominales, les contusions traumatiques et les troubles gynécologiques liés à la Stase.
– Pour l’aménorrhée et les dysménorrhées dues à la Stase de Sang, Táo Rén est associé à Hóng Huā (Flos Carthami), Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), formule Táo Hóng Sì Wù Tāng Décoction des Quatre Substances aux Pêche et Safran.
– Pour les masses abdominales (zhēng jiǎ) et les douleurs pelviennes dues à la Stase, on l’associe à Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Fú Líng (Poria), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), formule Guì Zhī Fú Líng Wán Pilule de Cannelle et Poria.
– Pour les traumatismes avec douleurs et hématomes dues à la Stase, Táo Rén est associé à Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum), Mò Yào (Myrrha) et Sū Mù (Lignum Sappan).
– Pour la Stase de Sang post-partum avec rétention des lochies, douleurs abdominales et fièvre, on l’associe à Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), formule Táo Hé Chéng Qì Tāng 桃核承氣湯 (Décoction de Noyau de Pêche qui Ordonne le Qi).
– Pour les douleurs thoraciques et les cardiopathies ischémiques liées à la Stase, Táo Rén est associé à Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Hóng Huā (Flos Carthami).

– Humidifie les Intestins et débloque les selles
Táo Rén contient une huile grasse abondante qui lubrifie les Intestins et facilite le transit. Il est particulièrement indiqué en cas de constipation due à la sécheresse des Intestins, notamment chez les personnes âgées, les femmes en post-partum et les patients présentant une déficience de Sang et une insuffisance de liquides organiques.
– Pour la constipation par sécheresse intestinale, Táo Rén est associé à Huǒ Má Rén (Cannabis Semen), Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum) et Yù Lǐ Rén (Semen Pruni), formule Rùn Cháng Wán 潤腸丸 (Pilule pour Humecter les Intestins).
– Pour la constipation avec Chaleur dans les Intestins et Stase de Sang, on l’associe à Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Máng Xiāo (Natrii Sulfas).

– Clarifie la Chaleur et réduit les abcès internes
Táo Rén est couramment utilisé dans le traitement des abcès internes, notamment l’abcès pulmonaire et l’abcès intestinal, en combinant son action d’élimination de la Stase à une clarification de la Chaleur-toxique.
– Pour l’abcès pulmonaire (fèi yōng) avec toux, fièvre, douleurs thoraciques et expectorations purulentes malodorantes, Táo Rén est associé à Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis), Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) et Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae), formule Wěi Jīng Tāng 葦莖湯 (Décoction de Tige de Roseau).
– Pour l’abcès intestinal (cháng yōng) au stade précoce avec douleurs abdominales, fièvre et constipation, on l’associe à Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae), formule Dà Huáng Mǔ Dān Tāng 大黃牡丹湯 (Décoction de Rhubarbe et Pivoine).
– Pour l’abcès intestinal avec formation de pus, Táo Rén est associé à Guā Lóu Rén (Semen Trichosanthis) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan).

Liste des symptômes

Stase de Sang gynécologique
Aménorrhée due à la Stase
Dysménorrhée avec douleurs fixes
Rétention des lochies post-partum
Masses pelviennes (zhēng jiǎ)

Douleurs par Stase de Sang
Douleurs thoraciques et cardiopathies ischémiques
Douleurs abdominales fixes et intenses
Traumatismes avec hématomes et contusions
Douleurs post-chirurgicales par Stase

Troubles du transit intestinal
Constipation par sécheresse intestinale
Constipation chez la personne âgée
Constipation post-partum par déficience de Sang
Constipation avec Chaleur intestinale et Stase

Abcès internes
Abcès pulmonaire (fèi yōng) avec expectorations purulentes
Abcès intestinal (cháng yōng) au stade initial
Abcès intestinal avec formation de pus

Autres indications
Douleurs de la tête par Stase de Sang (associées à Chuān Xiōng Rhizoma Ligustici Chuanxiong)
Maladies coronariennes dues à la Stase de Sang

Commentaires

Táo Rén 桃仁 tire son nom de táo (pêche) et rén (graine, amande). Il est extrait du noyau du pêcher commun (Prunus persica) et constitue l’un des remèdes emblématiques de la catégorie des substances qui activent le Sang et éliminent la Stase. Sa première mention dans le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 témoigne de son utilisation ancienne et de son importance fondatrice dans la pharmacopée chinoise.

Sa saveur amère lui confère la capacité de pénétrer en profondeur et de drainer les accumulations, tandis que sa légère douceur lui permet d’agir sans trop disperser le Qi correct. Sa nature neutre évite les déséquilibres thermiques, ce qui en fait un remède applicable dans diverses configurations pathologiques impliquant la Stase de Sang, qu’elles soient accompagnées de Chaleur, de Froid ou de déficience. Le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Traité de la Matière Médicale) de Li Shi-Zhen note que Táo Rén pénètre le niveau du Sang du Foie pour briser les accumulations de Sang et que son action huileux-glissante humidifie les Intestins.

Táo Rén est étroitement associé à Hóng Huā (Flos Carthami) dans la pratique clinique : les deux remèdes se complètent mutuellement pour activer le Sang et éliminer la Stase. Cependant, Táo Rén est considéré comme plus puissant que Hóng Huā pour briser les accumulations de Sang dures et anciennes, tandis que Hóng Huā agit plutôt sur les obstructions plus récentes et moins résistantes. Táo Rén se distingue également de Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) : Dān Shēn active le Sang tout en nourrissant le Sang et en calmant l’Esprit, alors que Táo Rén agit plus directement sur la Stase résistante sans propriété tonifiante.

Les études pharmacologiques modernes ont confirmé l’action anticoagulante et anti-plaquettaire de Táo Rén, notamment via son contenu en amygdaline et en composés lipidiques. Son huile fixe (environ 45 %) contient des acides gras insaturés (acide oléique, linoléique) qui contribuent à l’effet laxatif. Des études cliniques ont démontré son efficacité dans les pathologies cardiovasculaires ischémiques, les dysménorrhées et certaines affections hépatiques fibrotiques.

Associations

avec Hóng Huā (Flos Carthami), Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) pour l’aménorrhée et la dysménorrhée par Stase de Sang, formule Táo Hóng Sì Wù Tāng 桃紅四物湯 (Décoction des Quatre Substances aux Pêche et Safran)

avec Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Fú Líng (Poria), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) pour les masses abdominales et la Stase pelviennes, formule Guì Zhī Fú Líng Wán 桂枝茯苓丸 (Pilule de Cannelle et Poria)

avec Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) pour la Stase de Sang post-partum avec fièvre et constipation, formule Táo Hé Chéng Qì Tāng 桃核承氣湯 (Décoction de Noyau de Pêche qui Ordonne le Qi)

avec Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis), Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) et Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae) pour l’abcès pulmonaire, formule Wěi Jīng Tāng 葦莖湯 (Décoction de Tige de Roseau)

avec Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae) pour l’abcès intestinal au stade initial, formule Dà Huáng Mǔ Dān Tāng 大黃牡丹湯 (Décoction de Rhubarbe et Pivoine)

avec Huǒ Má Rén (Cannabis Semen) et Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum) pour la constipation par sécheresse intestinale, formule Rùn Cháng Wán 潤腸丸 (Pilule pour Humecter les Intestins)

avec Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Hóng Huā (Flos Carthami) pour les cardiopathies ischémiques et les douleurs thoraciques par Stase

Préparations (炮制 páo zhì)

cru (生 shēng táo rén) : forme non préparée, action forte pour éliminer la Stase et humidifier les Intestins ; à utiliser pour les cas d’excès réels de Stase
broyé (搗碎 dǎo suì táo rén) : broyé avant décoction pour maximiser l’extraction des composants actifs et de l’huile fixe laxative
blanchi (炒 chāo táo rén) (grillé à sec) : légèrement grillé à sec jusqu’à coloration dorée ; réduit l’action humidifiante et potentialise l’action sur le Sang stagnant résistant
fermenté au son (fū chǎo táo rén) : préparation rare, utilisée pour harmoniser la Rate tout en activant le Sang

Formules Classiques

Táo Hé Chéng Qì Tāng 桃核承氣湯 (Décoction de Noyau de Pêche qui Ordonne le Qi)
Formule issue du Shāng Hán Lùn 傷寒論 (Traité des Maladies Causées par le Froid) de Zhang Zhongjing. Elle associe Táo Rén à Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Máng Xiāo (Natrii Sulfas) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la Stase de Sang dans le Foyer Inférieur avec fièvre, douleurs abdominales, rétention des lochies et constipation.

Guì Zhī Fú Líng Wán 桂枝茯苓丸 (Pilule de Cannelle et Poria)
Formule classique du Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 (Abrégé du Coffret Doré) de Zhang Zhongjing. Elle combine Táo Rén avec Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Fú Líng (Poria), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) pour éliminer les masses abdominales et les douleurs pelviennes chroniques liées à la Stase de Sang.

Táo Hóng Sì Wù Tāng 桃紅四物湯 (Décoction des Quatre Substances aux Pêche et Safran)
Formule dérivée du Yī Zōng Jīn Jiàn 醫宗金鑑 (Miroir Doré de la Médecine). Elle réunit Táo Rén et Hóng Huā (Flos Carthami) aux quatre substances toniques du Sang – Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) – pour tonifier et activer le Sang, traiter l’aménorrhée, la dysménorrhée et les irrégularités menstruelles par Stase de Sang sur fond de déficience.

Wěi Jīng Tāng 葦莖湯 (Décoction de Tige de Roseau)
Formule citée dans le Qiān Jīn Yào Fāng 千金要方 (Formules Précieuses Valant Mille Pièces d’Or) de Sun Simiao. Elle associe Táo Rén à Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis), Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) et Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae) pour traiter l’abcès pulmonaire avec expectorations purulentes sanglantes et malodorantes.

Dà Huáng Mǔ Dān Tāng 大黃牡丹湯 (Décoction de Rhubarbe et Pivoine)
Formule du Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 qui combine Táo Rén avec Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae) et Máng Xiāo (Natrii Sulfas) pour traiter l’abcès intestinal (appendicite) au stade non-suppuré avec douleurs localisées dans le quadrant inférieur droit, fièvre légère et constipation.

Toxicité

Táo Rén contient de l’amygdaline (environ 3,5 %), un glycoside cyanogénique hydrolysable en acide cyanhydrique par les enzymes intestinales. Aux doses thérapeutiques recommandées (6-10 g en décoction), la toxicité est négligeable car la chaleur de la décoction dégrade en partie l’amygdaline. Cependant, la consommation de graines crues en grande quantité (>50 graines) peut provoquer des signes d’intoxication cyanhydrique : céphalées, vertiges, nausées, palpitations, hypotension, et dans les cas graves, convulsions et détresse respiratoire. La cuisson et le blanchiment préalable (pelage du tégument) réduisent significativement la teneur en amygdaline. Aucune toxicité hépatique ou rénale significative n’a été rapportée aux doses cliniques usuelles. Les études pharmacologiques confirment une bonne tolérance de la décoction standard. La prudence s’impose néanmoins en cas d’usage prolongé ou chez les patients sous traitement anticoagulant, en raison d’un risque de potentialisation de l’effet anticoagulant.



Chuan Bei Mu

Chuan Bei Mu

Chuān Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Cirrhosae)

Identification

Chinois : 川贝母
Pinyin : Chuān Bèi Mǔ
Traduction : bulbe de fritillaire du Sichuan, « mère de la coquille du Sichuan »
Nom commun : bulbe de fritillaire cirrheux
Nom latin : Bulbus Fritillariae Cirrhosae
Famille : Liliaceae
Espèces : Fritillaria cirrhosa D.Don (川贝母 Chuān Bèi Mǔ), Fritillaria unibracteata Hsiao et K.C. Hsia (暗紫贝母 àn zǐ bèi mǔ), Fritillaria przewalskii Maxim. (甘肃贝母 gān sù bèi mǔ), Fritillaria delavayi Franch. (梭砂贝母 suō shā bèi mǔ)
Partie utilisée : bulbe séché
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Chuan bei Mu

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et transforment les Mucosités (qīng rè huà tán yào 熱淸化痰藥)
Saveurs : Doux (甘 gān), Amer (苦 kǔ)
Nature : Légèrement Froid (微寒 wēi hán)
Méridiens : Poumon (肺 fèi), Cœur (心 xīn)
Dosage : 3-12 g en décoction ; 1-2 g en poudre (la poudre est plus couramment utilisée en raison du coût élevé)

Propriétés :

Transforme les Glaires et arrête la toux, clarifie la Chaleur et humidifie le Poumon, dissout les nodules et disperse les accumulations.

Précautions :

Chuān Bèi Mǔ est contre-indiqué en cas de toux due au Vent-Froid, au Froid ou à l’Humidité, ainsi qu’en cas de stagnation de Glaires due au Vent, au Froid ou à l’Humidité. Sa nature légèrement froide et humidifiante en fait un remède inapproprié pour les patients présentant une déficience et du Froid de la Rate et de l’Estomac. Selon certaines sources traditionnelles, ce remède est incompatible avec Wū Tóu (Radix Aconiti) et les autres médicinaux de la famille des aconits, ainsi qu’avec Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae). Ce remède ne présente pas de toxicité aux doses thérapeutiques recommandées lorsque les espèces standards sont utilisées.

Fonctions principales :

Transforme les Glaires-Chaleur
Arrête la toux
Clarifie la Chaleur du Poumon
Humidifie le Poumon
Nourrit le Yin du Poumon
Dissout les nodules
Disperse les accumulations de Glaires

Actions et Indications

– Transforme les Glaires-Chaleur et arrête la toux :
Chuān Bèi Mǔ est l’un des remèdes les plus importants de la pharmacopée chinoise pour traiter la toux chronique due à la déficience du Poumon et les toux sèches causées par la Chaleur ou la sécheresse. Sa saveur douce humidifie le Poumon, tandis que sa saveur amère transforme les Glaires ; sa nature légèrement froide clarifie la Chaleur pulmonaire.
Il est particulièrement adapté aux toux chroniques non productives, aux toux avec expectoration rare et difficile, et aux toux dues à la déficience du Yin du Poumon.
– Pour la toux sèche chronique due à la déficience du Yin du Poumon avec expectoration rare, Chuān Bèi Mǔ est associé à Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), formule Èr Mǔ Sǎn 二母散 (Poudre des Deux Mǔ).
– Pour la toux avec expectoration jaune épaisse et difficile à expectorer due à la Chaleur du Poumon, on l’associe à Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum) ; la douceur de Chuān Bèi Mǔ humidifie le Poumon, tandis que l’amertume de Xìng Rén dirige le Qi rebelle vers le bas.
– Pour la toux et la dyspnée dues aux Glaires-Chaleur avec expectoration jaune visqueuse difficile à expectorer, Chuān Bèi Mǔ est associé à Fú Hǎi Shí (Pumex), Dǎn Nán Xīng (Arisaema cum Bile) et Bái Jiè Zǐ (Semen Sinapis).
– Pour la toux sèche chronique avec légère fièvre et expectoration striée de sang due à la Chaleur par déficience du Poumon, on l’utilise avec Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Bǎi Bù (Radix Stemonae) et Ē Jiāo (Colla Corii Asini), formule Yuè Huá Wán 月華丸 (Pilule du Clair de Lune).
– Pour la toux due à la sécheresse-chaleur, Chuān Bèi Mǔ est associé à Sāng Yè (Folium Mori) et Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), formule Sāng Xìng Tāng 桑杏湯 (Décoction de Feuille de Mûrier et Graine d’Abricotier).

– Clarifie la Chaleur et humidifie le Poumon :
Chuān Bèi Mǔ possède une action remarquable pour nourrir le Yin du Poumon et clarifier la Chaleur par déficience. Il traite ainsi les troubles pulmonaires chroniques liés à la consommation du Yin, notamment la tuberculose pulmonaire et d’autres affections respiratoires de longue durée.
Il est particulièrement adapté aux patients souffrant de déficience du Yin du Poumon avec signes de Chaleur par déficience : fièvre vespérale, sueurs nocturnes, pommettes rouges, toux sèche persistante et expectoration rare.
– Pour la déficience du Yin du Poumon avec toux chronique, expectoration rare ou absente, fièvre vespérale et sueurs nocturnes, Chuān Bèi Mǔ est associé à Běi Shā Shēn (Radix Glehniae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Biē Jiǎ (Carapax Trionycis) et Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii).
– Pour les tuberculoses avec fièvre vespérale, perte de poids, sueurs nocturnes et sensation de Chaleur interne (wǔ xīn fán rè 五心煩熱), on l’utilise avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Bǎi Bù (Radix Stemonae) et Bái Jí (Rhizoma Bletillae).

– Dissout les nodules et disperse les accumulations :
Chuān Bèi Mǔ possède une action pour dissoudre les nodules causés par la stagnation des Glaires-Chaleur ou les Glaires-Feu, et est utilisé dans le traitement des adénopathies cervicales (écrouelles), du goitre et des abcès.
Il est utilisé pour les masses et nodules palpables, notamment les affections thyroïdiennes, les affections mammaires, et les accumulations de Glaires dans le cou.
– Pour les écrouelles, le goitre et les nodules dus aux Glaires-Chaleur, Chuān Bèi Mǔ est associé à Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae), formule Xiāo Luǒ Wán 消瘰丸 (Pilule pour Réduire les Écrouelles).
– Pour les masses rocheuses au centre du cou, les adénopathies cervicales et le goitre, on l’associe à Hǎi Zǎo (Sargassum), Kūn Bù (Thallus Laminariae seu Eckloniae) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), formule Hǎi Zǎo Yù Hú Tāng 海藻玉壺湯 (Décoction d’Algue pour la Flasque de Jade).
– Pour les nodules thyroïdiens, on l’utilise avec Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Hǎi Zǎo (Sargassum) et Ē Zhú (Rhizoma Curcumae).
– Pour l’abcès pulmonaire, les abcès intestinaux et mammaires, Chuān Bèi Mǔ est associé à Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Guā Lóu (Fructus Trichosanthis).
– Pour les masses et les abcès avec rougeur, douleur et enflure au stade initial, Chuān Bèi Mǔ est associé à Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) et Jú Huā (Flos Chrysanthemi).

Liste des symptômes

Toux et troubles respiratoires :
Toux chronique sèche et non productive
Toux avec expectoration rare, jaune et difficile à expectorer
Toux due à la sécheresse-chaleur
Toux avec légère fièvre et expectoration striée de sang
Toux due à la Chaleur par déficience du Poumon
Dyspnée et respiration sifflante due aux Glaires-Chaleur
Irritation et sécheresse de la gorge
Voix enrouée

Signes de déficience du Yin du Poumon :
Fièvre vespérale
Sueurs nocturnes
Pommettes rouges
Sensation de Chaleur interne (wǔ xīn fán rè 五心煩熱)
Perte de poids progressive
Sécheresse de la bouche et de la gorge

Nodules et accumulations :
Écrouelles (adénopathies cervicales)
Goitre et affections thyroïdiennes
Nodules thyroïdiens
Masses et abcès mammaires
Abcès pulmonaires
Abcès intestinaux

Commentaire

Chuān Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Cirrhosae) tire son nom de sa provenance principale – le Sichuan – et de sa ressemblance avec une coquille de bivalve (bèi 貝). Ce remède est distingué du Zhè Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Thunbergii) depuis la fin du 16e siècle dans le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Compendium de Matière Médicale) de Lǐ Shí-Zhēn, mais cette distinction clinique n’a pris toute son importance qu’au 17e siècle, lorsqu’il fut noté que Chuān Bèi Mǔ humidifiait et nourrissait le Poumon d’une manière que Zhè Bèi Mǔ ne pouvait pas accomplir.

La caractéristique fondamentale de Chuān Bèi Mǔ réside dans la combinaison de ses deux saveurs : sa saveur amère transforme les Glaires et clarifie la Chaleur, tandis que sa saveur douce humidifie et nourrit le Yin du Poumon. Cette double action lui confère une qualité unique – à la fois transformante et nourrissante – qui le distingue de la plupart des autres remèdes de cette catégorie. Il est ainsi parfaitement adapté aux toux chroniques où la déficience du Yin et la présence de Glaires coexistent, une situation où les remèdes purement desséchants aggraveraient la condition.

En clinique, Chuān Bèi Mǔ est souvent administré en poudre prise avec la décoction strained d’autres herbes, en raison de son coût élevé. C’est précisément son action à la fois sur les Glaires et sur le Yin déficient du Poumon – adressant quatre aspects simultanément (déficience, Chaleur, Glaires et sécheresse) lorsqu’il est associé à Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) – qui en fait un remède de choix dans les maladies pulmonaires chroniques, notamment la tuberculose.

Chuān Bèi Mǔ se distingue de Zhè Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Thunbergii) sur plusieurs points essentiels. Tous deux clarifient les Glaires-Chaleur, arrêtent la toux et dispersent les nodules. Cependant, Chuān Bèi Mǔ est amer mais aussi doux, ce qui humidifie le Poumon ; il est ainsi meilleur pour la toux sèche et la toux chronique due à la faiblesse du Poumon. En revanche, Zhè Bèi Mǔ, amer, froid, descendant et âcre, possède une action dispersante plus forte ; il est davantage utilisé pour les toux d’origine externe avec expectoration épaisse jaune, et est généralement préféré pour les enflures, nodules, masses et abcès.

Il convient également de distinguer Chuān Bèi Mǔ de Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae). Si les deux transforment les Glaires pour soulager la toux, leurs attributs sont fondamentalement différents : Bàn Xià est âcre, chaud et desséchant, principalement indiqué pour les patients de la Rate souffrant de Glaires-Humidité ; Chuān Bèi Mǔ est froid, humide et principalement destiné aux patients du Poumon souffrant de Glaires-sèches. Substituer l’un à l’autre de manière indifférenciée est une erreur clinique que signalent les sources traditionnelles.

Associations

– avec Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) : pour la toux sèche chronique due à la déficience du Yin du Poumon avec Chaleur par déficience (formule Èr Mǔ Sǎn 二母散 Poudre des Deux Mǔ)

– avec Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum) : pour la toux et la dyspnée dues aux Glaires-Chaleur avec expectoration jaune épaisse difficile à expectorer

– avec Sāng Yè (Folium Mori) et Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum) : pour la toux due à la sécheresse-chaleur (formule Sāng Xìng Tāng 桑杏湯 Décoction de Feuille de Mûrier et Graine d’Abricotier)

– avec Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Bǎi Bù (Radix Stemonae) et Ē Jiāo (Colla Corii Asini) : pour la toux chronique avec expectoration striée de sang due à la déficience du Yin du Poumon (formule Yuè Huá Wán 月華丸 Pilule du Clair de Lune)

– avec Běi Shā Shēn (Radix Glehniae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Biē Jiǎ (Carapax Trionycis) et Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii) : pour la tuberculose pulmonaire avec fièvre vespérale, sueurs nocturnes et toux sèche chronique

– avec Fú Hǎi Shí (Pumex), Dǎn Nán Xīng (Arisaema cum Bile) et Bái Jiè Zǐ (Semen Sinapis) : pour la toux et dyspnée due aux Glaires-Chaleur avec expectoration jaune visqueuse en grumeaux

– avec Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) : pour les écrouelles et adénopathies cervicales dues aux Glaires-Chaleur (formule Xiāo Luǒ Wán 消瘰丸 Pilule pour Réduire les Écrouelles)

– avec Hǎi Zǎo (Sargassum), Kūn Bù (Thallus Laminariae seu Eckloniae) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae) : pour les masses rocheuses dans le cou, le goitre et les adénopathies cervicales (formule Hǎi Zǎo Yù Hú Tāng 海藻玉壺湯 Décoction d’Algue pour la Flasque de Jade)

– avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae), Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) et Guā Lóu (Fructus Trichosanthis) : pour l’abcès pulmonaire, les abcès intestinaux et mammaires

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng Chuān Bèi Mǔ) : forme standard, transformation des Glaires, arrêt de la toux, dispersion des nodules
– en poudre (散 sǎn) : forme la plus couramment utilisée en clinique en raison du coût élevé de ce remède ; administrée avec la décoction strained des autres herbes de la formule à raison de 1-2 g par prise ; la poudre est plus efficace à doses équivalentes et préserve les principes actifs

Formules Classiques

– Èr Mǔ Sǎn (二母散 Poudre des Deux Mǔ)
Cette formule associe Chuān Bèi Mǔ à Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) pour traiter la toux sèche chronique due à la déficience du Yin du Poumon avec Chaleur par déficience. L’action de Zhī Mǔ ne se limite pas aux Poumons – il refroidit et tonifie le Yin des Reins et de l’Estomac. Cette paire d’herbes adresse simultanément quatre aspects de la condition : déficience, Chaleur, Glaires et sécheresse, sans être trop cloying au point de générer des Glaires supplémentaires, ni trop amer et froid au point de blesser davantage le Yin.

– Yuè Huá Wán (月華丸 Pilule du Clair de Lune)
Formule classique pour la tuberculose pulmonaire combinant Chuān Bèi Mǔ avec Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Bǎi Bù (Radix Stemonae), Ē Jiāo (Colla Corii Asini) et d’autres herbes pour traiter la toux chronique avec expectoration striée de sang, fièvre vespérale, sueurs nocturnes et perte de poids.

– Xiāo Luǒ Wán (消瘰丸 Pilule pour Réduire les Écrouelles)
Cette formule associe Chuān Bèi Mǔ à Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) pour traiter les écrouelles et adénopathies cervicales dues au Feu des Glaires, particulièrement en cas de douleurs et enflures en de multiples sites.

– Sāng Xìng Tāng (桑杏湯 Décoction de Feuille de Mûrier et Graine d’Abricotier)
Chuān Bèi Mǔ est inclus dans cette formule avec Sāng Yè (Folium Mori), Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae) et Dàn Dòu Chǐ (Semen Sojae Praeparatum) pour traiter les stades initiaux des maladies fébriles de chaleur avec sécheresse, caractérisées par une toux sèche aiguë, une gorge sèche et une expectoration rare.

– Hǎi Zǎo Yù Hú Tāng (海藻玉壺湯 Décoction d’Algue pour la Flasque de Jade)
Chuān Bèi Mǔ est associé dans cette formule à Hǎi Zǎo (Sargassum), Kūn Bù (Thallus Laminariae seu Eckloniae), Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae) et Qīng Pí (Pericarpium Citri Reticulatae Viride) pour traiter les masses rocheuses dans le centre du cou, le goitre et les adénopathies cervicales dues à l’accumulation de Glaires.

Toxicité :

Chuān Bèi Mǔ ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées lorsque les espèces standards sont utilisées. Une identification précise des espèces est essentielle pour garantir la sécurité de ce remède. Ce remède est contre-indiqué avec les médicinaux de la famille des aconits et avec Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae) selon certaines sources traditionnelles. En raison de sa nature froide et humidifiante, une utilisation prolongée peut affaiblir la Rate et l’Estomac chez les patients présentant une déficience digestive avec signes de Froid. Les effets indésirables rapportés aux doses thérapeutiques recommandées sont rares.



Hong Hua

Hong Hua

Hóng Huā (Flos Carthami Tinctorii)

Identification

Chinois : 红花
Pinyin : hóng huā
Traduction : fleur rouge
Nom commun : carthame, safran bâtard
Nom latin : Flos Carthami Tinctorii
Famille : Asteraceae (Compositae)
Espèces : Carthamus tinctorius L. (红花 hóng huā)
Partie utilisée : fleur séchée
Texte d’origine : Míng Yī Bié Lù 名医别录 (Registre des Médecins Célèbres) au 6ème siècle
Hong Hua

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui font circuler le Sang (huó xuè yào 活血藥)
Saveurs : Piquant (辛 xīn), Doux (甘 gān)
Nature : Tiède (温 wēn)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Foie (肝 gān)
Dosage : 3-10 g

Propriétés :

Active la circulation du Sang et élimine la stase de Sang, fait circuler le Qi et soulage la douleur, fait circuler les règles et soulage la douleur.

Précautions :

Hong Hua est strictement contre-indiqué pendant la grossesse en raison de ses effets puissants sur la circulation du Sang et ses propriétés emménagogues pouvant provoquer une fausse couche. Ne pas dépasser la dose recommandée car des doses excessives peuvent causer des saignements incessants. Hong Hua doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une tendance aux saignements ou prenant des anticoagulants. Il est contre-indiqué en cas de Chaleur dans le Sang avec hyperménorrhée.

Fonctions principales :

Active la circulation du Sang
Élimine la Stase de Sang
Régularise les menstruations
Soulage la douleur
Ouvre les canaux et les collatéraux
Traite les éruptions maculaires dues à la Chaleur dans le Sang

Actions et Indications

– Active la circulation du Sang et élimine la Stase de Sang :
Hóng Huā est l’un des remèdes les plus importants et les plus fréquemment utilisés pour activer la circulation du Sang et disperser la Stase de Sang. Il est particulièrement efficace pour les troubles gynécologiques d’origine sangsuine, les traumatismes, les douleurs liées à une Stase de Sang et les troubles cardiovasculaires.
– Pour l’aménorrhée et les douleurs menstruelles dues à une Stase de Sang avec des caillots sombres et violacés, Hóng Huā est associé à Táo Rén (Semen Persicae), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), formule Táo Hóng Sì Wù Tāng 桃紅四物湯 (Décoction des Quatre Substances avec Safran et Pêche).
– Pour les masses abdominales dues à une stagnation prolongée du Qi et du Sang, on l’associe à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Táo Rén (Semen Persicae), Yán Hú Suǒ (Rhizoma Corydalis), Sān Léng (Rhizoma Sparganii) et É Zhú (Rhizoma Curcumae).
– Pour les douleurs abdominales post-partum dues à la rétention de lochies, on l’utilise avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Táo Rén (Semen Persicae) et Páo Jiāng (Rhizoma Zingiberis Preparatum).

– Soulage les douleurs thoraciques :
Hóng Huā pénètre dans le Poumon pour activer la circulation du Qi et du Sang et soulager les douleurs thoraciques. Il est utilisé pour l’angine de poitrine, les maladies coronariennes et les douleurs thoraciques d’origine sangsuine.
– Pour les douleurs thoraciques et l’angine de poitrine dues à une Stase de Sang, on l’associe à Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae), Tán Xiāng (Lignum Santali Albi), Guā Lóu (Fructus Trichosanthis), Xiè Bái (Bulbus Allii Macrostemonis) et Wǔ Líng Zhī (Excrementum Trogopteri seu Pteromi).
– Pour l’angine de poitrine avec élévations ECG, on l’utilise avec Yán Hú Suǒ (Rhizoma Corydalis) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong).

– Soulage les douleurs articulaires et les bi zheng :
Hóng Huā active la circulation du Sang dans les canaux et les collatéraux pour soulager les douleurs articulaires, les syndromes de bi zheng (obstruction douloureuse), l’hémiplégie et la paralysie.
– Pour le bi zheng (syndrome d’obstruction douloureuse), on l’associe à Dì Lóng (Pheretima) et Dì Biē Chóng (Eupolyphaga).
– Pour l’hémiplégie post-AVC, on l’associe à Sāng Zhī (Ramulus Mori), Dì Lóng (Pheretima), Chuān Shān Jiǎ (Squama Manis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Niú Xī (Radix Cyathulae seu Achyranthis) et Huáng Qí (Radix Astragali).

– Traite les éruptions maculaires :
Les éruptions maculaires sont habituellement causées par la Chaleur dans le Sang qui expulse le Sang hors des vaisseaux. La lésion est généralement sombre et violacée. Hóng Huā est utilisé pour activer la circulation du Sang et traiter ces éruptions cutanées associées à une Stase de Sang.
– Pour les éruptions maculaires sombres dues à la Chaleur dans le Sang, Hóng Huā est associé à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Zǐ Cǎo Gēn (Radix Lithospermi) et Dà Qīng Yè (Folium Isatidis).

Liste des symptômes

Troubles gynécologiques :
Aménorrhée due à une Stase de Sang
Dysménorrhée avec caillots sombres
Douleurs abdominales post-partum
Irrégularités menstruelles avec Stase de Sang
Masses pelviennes dues à une stagnation prolongée

Troubles cardiovasculaires :
Douleurs thoraciques (angine de poitrine)
Maladies coronariennes
Thrombose cérébrale
Palpitations dues à une Stase de Sang

Troubles locomoteurs et dermatologiques :
Bi zheng – syndrome d’obstruction douloureuse
Hémiplégie et paralysie post-AVC
Douleurs articulaires chroniques avec Stase de Sang
Éruptions maculaires sombres et violacées
Traumatismes avec hématomes

Commentaire

Hóng Huā (Flos Carthami Tinctorii) tire son nom de sa couleur rouge vif caractéristique. Ce remède est de nature âcre et tiède, ce qui lui confère des propriétés dispersantes et mobilisantes du Sang. De saveur âcre, il disperse et meut le Sang ; tiède de nature, il facilite la circulation et lève les obstructions. Il est répertorié dans la catégorie des remèdes qui activent le Sang et éliminent la Stase de Sang, et représente l’un des remèdes les plus importants et les plus fréquemment prescrits dans cette catégorie en pharmacopée chinoise.

Hóng Huā est considéré comme supérieur à Táo Rén (Semen Persicae) pour disperser la Stase de Sang et ouvrir les canaux et les collatéraux, ainsi que pour traiter les douleurs des membres. À l’inverse, Táo Rén est plus efficace pour les Stases abdominales et les troubles pulmonaires. Ces deux remèdes sont couramment associés en clinique pour une action synergique. La formule emblématique Táo Hóng Sì Wù Tāng 桃紅四物湯 (Décoction des Quatre Substances avec Safran et Pêche) illustre cette association fondamentale avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba).

Dans le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Compendium de la Matière Médicale), Lǐ Shí-Zhēn souligne la polyvalence de Hóng Huā : activer le Sang, éliminer la Stase, réguler les menstruations et ouvrir les collatéraux. La formule Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 (Décoction pour Chasser la Stase du Palais du Sang), décrite dans le Yī Lín Gǎi Cuò 醫林改錯 (Correction des Erreurs en Médecine) de Wáng Qīng-Rèn, utilise Hóng Huā comme constituant majeur pour traiter les syndromes de Stase de Sang dans le thorax. Ce classique du 19e siècle a considérablement élargi la compréhension de Hóng Huā en médecine clinique.

Hóng Huā se distingue du Zāng Hóng Huā (Flos Crocus Sativus – safran de qualité tibétaine), dont l’action générale est similaire mais beaucoup plus puissante pour activer la circulation du Sang, éliminer la Stase, refroidir le Sang et éliminer les toxines de Chaleur. En raison de son coût élevé, le Zāng Hóng Huā est rarement utilisé.

Associations

– avec Táo Rén (Semen Persicae) : action synergique pour activer le Sang et éliminer la Stase ; Hóng Huā disperse davantage la Stase pour ouvrir les canaux et collatéraux, tandis que Táo Rén est plus efficace pour les Stases abdominales

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Táo Rén (Semen Persicae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) : pour l’aménorrhée et la dysménorrhée par Stase de Sang (formule Táo Hóng Sì Wù Tāng 桃紅四物湯 Décoction des Quatre Substances avec Safran et Pêche)

– avec Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Chái Hú (Radix Bupleuri), Zhǐ Ké (Fructus Aurantii) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) : pour la Stase de Sang dans le thorax avec douleurs thoraciques chroniques (formule Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 Décoction pour Chasser la Stase du Palais du Sang)

– avec Zé Lán (Herba Lycopi) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) : pour l’aménorrhée avec Stase de Sang

– avec Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae), Yán Hú Suǒ (Rhizoma Corydalis) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) : pour les douleurs thoraciques et l’angine de poitrine

– avec Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Táo Rén (Semen Persicae) : pour la Stase de Sang avec constipation

– avec Zǐ Cǎo Gēn (Radix Lithospermi), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Dà Qīng Yè (Folium Isatidis) : pour les éruptions maculaires sombres et violacées dues à la Chaleur dans le Sang

– avec Niú Xī (Radix Cyathulae seu Achyranthis) et Mù Tōng (Akebiae Caulis) : pour l’aménorrhée due à une Stase de Sang

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng hóng huā) : forme standard, active la circulation du Sang, élimine la Stase et régularise les menstruations ; à utiliser pour la plupart des indications cliniques

Formules Classiques

Táo Hóng Sì Wù Tāng 桃紅四物湯 (Décoction des Quatre Substances avec Safran et Pêche)
Cette formule classique associe Hóng Huā à Táo Rén (Semen Persicae), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata) pour traiter les troubles gynécologiques dus à une Stase de Sang avec déficience sangsuine : aménorrhée, dysménorrhée, irrégularités menstruelles avec caillots sombres et douleurs abdominales. C’est la formule de référence pour la Stase de Sang avec déficience en Sang.

Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 (Décoction pour Chasser la Stase du Palais du Sang)
Issue du Yī Lín Gǎi Cuò 醫林改錯 (Correction des Erreurs en Médecine) de Wáng Qīng-Rèn (19e siècle), cette formule utilise Hóng Huā comme constituant majeur aux côtés de Táo Rén (Semen Persicae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Chái Hú (Radix Bupleuri), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Zhǐ Ké (Fructus Aurantii), Niú Xī (Radix Cyathulae seu Achyranthis), Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la Stase de Sang dans le thorax se manifestant par des douleurs thoraciques chroniques, des palpitations, de l’insomnie et des migraines.

Shēn Tōng Zhú Yū Tāng 身痛逐瘀湯 (Décoction pour Chasser la Stase lors de Douleurs Corporelles)
Cette formule de Wáng Qīng-Rèn associe Hóng Huā à Táo Rén (Semen Persicae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae), Qiāng Huó (Rhizoma et Radix Notopterygii), Dì Lóng (Pheretima) et Niú Xī (Radix Cyathulae seu Achyranthis) pour traiter les douleurs chroniques des articulations et des membres dues à une Stase de Sang obstruant les canaux et les collatéraux.

Toxicité :

La dose maximale sans danger pour Hóng Huā par voie orale est de 8 g, telle que déterminée par les études animales. La DL50 de la carthamine par injection intraveineuse est de 2,35 ± 0,14 g/kg. L’administration quotidienne de Hóng Huā à des doses allant jusqu’à 1,5 g/kg pendant 3 mois n’a montré aucune anomalie des fonctions hépatiques, rénales, cardiaques, gastriques ou intestinales chez les rats. Un surdosage peut provoquer des saignements incontrôlables. Des effets indésirables occasionnels incluent des réactions cutanées allergiques, une hyperménorrhée et une fatigue. Hóng Huā présente des effets anticoagulants et antiplaquettaires ; son utilisation concomitante avec des anticoagulants (héparine, warfarine) ou des antiplaquettaires (aspirine, clopidogrel) doit faire l’objet d’une surveillance étroite.



 

Zhu Ru

Zhu Ru

Zhú Rú (Caulis Bambusae in Taeniis)

Identification

Chinois : 竹茹
Pinyin : zhú rú
Traduction : copeaux de bambou
Nom commun : copeaux ou lanières de bambou
Nom latin : Caulis Bambusae in Taeniis
Famille : Gramineae (Poaceae)
Espèces : Bambusa tuldoides Munro (青稈竹 qīng gǎn zhú), Sinocalamus beecheyanus Munro McClure var. pubescens P.F. Li (大頭典竹 dà tóu diǎn zhú), Phyllostachys nigra Lodd. Munro var. henonis Stapf (淡竹 dàn zhú)
Partie utilisée : couche interne de l’écorce de la tige, raclée en fines lanières ou copeaux
Texte d’origine : Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Registres Divers de Médecins Célèbres) par Táo Hóng-Jǐng au 5e siècle
Zhu Ru

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et transforment les Mucosités (qīng rè huà tán yào 熱淸化痰藥)
Saveurs : Doux (甘 gān), légèrement amer (微苦 wēi kǔ)
Nature : Légèrement Froid (微寒 wēi hán)
Méridiens : Poumon (肺 fèi), Estomac (胃 wèi), Vésicule Biliaire (膽 dǎn)
Dosage : 4,5-9 g (forme sèche), jusqu’à 30 g (forme fraîche)

Propriétés :

Clarifie et transforme les Glaires-Chaleur, clarifie la Chaleur et arrête les vomissements, clarifie la Chaleur du Poumon et régule le Qi du Poumon, clarifie la Chaleur de la Vésicule Biliaire et libère la contrainte, calme le Shen.

Précautions :

Zhú Rú est contre-indiqué en cas de vomissements dus au Froid de l’Estomac ou de toux avec Glaires froides et abondantes causées par une déficience de la Rate et de l’Estomac. De nature froide, il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant des troubles digestifs liés au Froid ou à la déficience du Yang. La forme fraîche (鮮竹茹 xiān zhú rú) possède une action plus forte pour clarifier la Chaleur, transformer les Glaires et éliminer l’irritabilité que la forme séchée. Ce remède ne présente pas de toxicité aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Clarifie et transforme les Glaires-Chaleur
Clarifie la Chaleur du Poumon
Régule le Qi du Poumon
Clarifie la Chaleur de l’Estomac
Harmonise le Qi de l’Estomac
Arrête les vomissements
Clarifie la Chaleur de la Vésicule Biliaire
Libère la contrainte de la Vésicule Biliaire
Calme le Shen

Actions et Indications

– Clarifie et transforme les Glaires-Chaleur :
Zhú Rú est particulièrement efficace pour traiter la Chaleur dans le Poumon associée à des Glaires épaisses et visqueuses, des expectoration difficiles et une sensation d’oppression thoracique.
Il est couramment utilisé pour les syndromes de Glaires-Chaleur obstruant le Poumon avec toux et crachats jaunes.
– Pour la toux avec expectoration jaune et visqueuse due à la Chaleur du Poumon, Zhú Rú est associé à Guā Lóu (Fructus Trichosanthis) et Huáng Qín (Radix Scutellariae).
– Pour les Glaires-Chaleur avec sensation d’oppression thoracique et expectoration difficile, on l’associe à Zhè Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Thunbergii), Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae).

Zhú Rú traite également les Glaires-Chaleur du Cœur et de la Vésicule Biliaire avec agitation et insomnie.
– Pour l’insomnie, les palpitations et l’irritabilité dues à l’entremêlement des Glaires et de la Chaleur perturbant l’harmonie entre la Vésicule Biliaire et l’Estomac, Zhú Rú est associé à Zhǐ Shí (Fructus Aurantii Immaturus) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum), formule Wēn Dǎn Tāng 溫膽湯 (Décoction pour Réchauffer la Vésicule Biliaire).
– Pour l’agitation mentale et l’irritabilité avec Glaires-Chaleur, on l’utilise avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), formule Huáng Lián Wēn Dǎn Tāng 黃連溫膽湯 (Décoction de Coptis pour Réchauffer la Vésicule Biliaire).

– Clarifie la Chaleur et arrête les vomissements :
Zhú Rú possède une action puissante pour clarifier la Chaleur de l’Estomac et harmoniser le Qi de l’Estomac, traitant ainsi les vomissements de matières amères ou acides, les hoquets et les nausées causés par la Chaleur de l’Estomac avec mauvaise haleine, aversion pour la Chaleur et enduit lingual jaune et gras.
Cette Chaleur de l’Estomac peut être due à un excès ou à une déficience.
– Pour les vomissements et la soif dus à la Chaleur de l’Estomac avec appauvrissement des liquides organiques, Zhú Rú est associé à Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis) et Pí Pá Yè (Folium Eriobotryae).
– Pour les vomissements par Glaires-Chaleur dans l’Estomac avec sensation d’oppression épigastrique, on l’associe à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae).
– Pour les nausées et vomissements dus à la déficience du Yin de l’Estomac avec faim sans pouvoir manger, sécheresse buccale et soif, Zhú Rú est associé à Shí Hú (Herba Dendrobii).
– Pour les vomissements ou le hoquet dus à la déficience de l’Estomac avec Chaleur, on le combine avec Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens) et Rén Shēn (Radix Ginseng).

Zhú Rú est particulièrement efficace pour les nausées du matin (nausées de grossesse).
– Pour les nausées de grossesse, on le combine avec Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens) sous sa forme gingembre-préparée (姜竹茹 jiāng zhú rú), avec ajout de Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Sū Gěng (Caulis Perillae).

– Clarifie la Chaleur du Poumon et régule le Qi du Poumon :
Zhú Rú clarifie la Chaleur du Poumon et régule le Qi du Poumon pour traiter la toux avec crachats de sang due à la Chaleur dans le Poumon.
Il est utilisé comme plante adjuvante puissante, en petite dose, pour la toux due aux Glaires-Chaleur.
– Pour la Chaleur du Poumon obstruant les voies aériennes avec expectoration de mucosités jaunes et visqueuses et sensation d’oppression thoracique, Zhú Rú est associé à Guā Lóu (Fructus Trichosanthis) et Pí Pá Yè (Folium Eriobotryae).
– Pour la toux avec crachats de sang, on peut l’associer à Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis).

– Calme le Shen et libère la contrainte de la Vésicule Biliaire :
Zhú Rú pénètre dans le méridien de la Vésicule Biliaire pour calmer le Shen, libérer la contrainte et soulager l’irritabilité due au Feu de la Vésicule Biliaire associé aux Glaires perturbant le Cœur.
Il traite efficacement les états d’agitation, d’insomnie et de labilité émotionnelle résultant de la contrainte de la Vésicule Biliaire couplée aux Glaires qui troublent le Cœur.
– Pour l’insomnie, l’irritabilité et la sensation d’oppression thoracique due au Feu de la Vésicule Biliaire et aux Glaires perturbant le Cœur, Zhú Rú est associé à Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum), Fú Líng (Poria) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), formule Wēn Dǎn Tāng 溫膽湯 (Décoction pour Réchauffer la Vésicule Biliaire).

Liste des symptômes

Troubles respiratoires :
Toux due à la Chaleur du Poumon
Expectoration jaune, épaisse et visqueuse
Sensation d’oppression thoracique
Crachats de sang dus à la Chaleur dans le Poumon
Difficulté à expectorer

Troubles digestifs :
Nausées et vomissements dus à la Chaleur de l’Estomac
Vomissements de matières amères ou acides
Hoquet par inversion du Qi de l’Estomac
Mauvaise haleine due à la Chaleur de l’Estomac
Nausées de grossesse
Sensation d’oppression épigastrique par Glaires-Chaleur
Faim sans pouvoir manger par déficience du Yin de l’Estomac

Troubles psycho-émotionnels :
Insomnie par Glaires-Chaleur
Palpitations par Glaires-Chaleur
Irritabilité et agitation par Feu de la Vésicule Biliaire
Labilité émotionnelle par contrainte de la Vésicule Biliaire
Sensation d’oppression thoracique par Glaires-Chaleur

Commentaire

Zhú Rú (Caulis Bambusae in Taeniis) tire son nom du bambou dont il est issu – « zhú » désignant le bambou et « rú » signifiant les raclures ou lanières fines. Ce remède est obtenu en raclant la couche interne de l’écorce des tiges fraîches de bambou, ce qui lui confère ses propriétés particulièrement humidifiantes et rafraîchissantes. Sa saveur douce et légèrement amère lui permet de clarifier la Chaleur sans excessive dessiccation, tandis que sa nature légèrement froide en fait un remède adapté aux syndromes de Chaleur modérée affectant le Poumon, l’Estomac et la Vésicule Biliaire.

Zhú Rú est particulièrement reconnu pour sa triple action : il clarifie la Chaleur du Poumon dans le foyer supérieur en transformant les Glaires-Chaleur, la Chaleur de l’Estomac dans le foyer moyen en dirigeant le Qi rebelle vers le bas et en arrêtant les vomissements, et la Chaleur de la Vésicule Biliaire en libérant la contrainte et en calmant le Shen. Cette polyvalence fait de Zhú Rú un remède précieux dans de nombreuses formules traitant les maladies impliquant la Chaleur et les Glaires. Comme le note le Suí Hán Jū Shí 隨函居食 : « Zhú Rú circule dans le Poumon, élimine les Glaires chaudes qui y pénètrent ; entrant dans l’Estomac, il expulse la Chaleur et arrête les nausées et le reflux ; entrant dans la Vésicule Biliaire, il calme le Shen, libère la contrainte et soulage l’irritabilité. »

En médecine chinoise, Zhú Rú se distingue par son humidité (tī huá 體滑) qui lui permet de lubrifier les voies respiratoires et digestives tout en transformant les Glaires. Cette qualité glissante est particulièrement appréciée pour diriger le Qi rebelle vers le bas et faciliter l’expectoration. De plus, selon Suí Hán Jū Shí 隨函居食, Zhú Rú, en tant qu’écorce du bambou, est à la fois rafraîchissant et descendant : il clarifie ainsi le Poumon et facilite l’élimination des Glaires, ouvre les voies de passage des fluides dans le Triple Foyer, et peut traiter efficacement les dysenteries avec ténesme.

Zhú Rú se distingue de Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum) par sa nature humidifiante et rafraîchissante, orientée vers le traitement des Glaires-Chaleur et des nausées dues à la Chaleur de l’Estomac. Bàn Xià, au contraire, est âcre, chaud et desséchant, davantage indiqué pour les Glaires-Froid, les Glaires-Humidité et les nausées dues au Froid ou à la déficience. Les deux plantes transforment les Glaires, soulagent les nausées et calment le Shen – c’est pourquoi elles sont souvent combinées pour renforcer mutuellement leurs effets, comme dans la formule Wēn Dǎn Tāng 溫膽湯.

Associations

– avec Guā Lóu (Fructus Trichosanthis) et Huáng Qín (Radix Scutellariae) : pour la toux avec expectoration jaune et visqueuse due à la Chaleur du Poumon

– avec Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis) et Pí Pá Yè (Folium Eriobotryae) : pour les nausées, vomissements et soif dus à la Chaleur de l’Estomac

– avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) : pour les vomissements par Glaires-Chaleur dans l’Estomac

– avec Shí Hú (Herba Dendrobii) : pour les nausées et vomissements récurrents par déficience du Yin de l’Estomac

– avec Zhǐ Shí (Fructus Aurantii Immaturus) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum) : pour l’insomnie, les palpitations et l’irritabilité par Glaires-Chaleur perturbant l’harmonie Vésicule Biliaire-Estomac (formule Wēn Dǎn Tāng 溫膽湯 Décoction pour Réchauffer la Vésicule Biliaire)

– avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) : pour les palpitations, l’insomnie, l’irritabilité et la labilité émotionnelle due au Feu de la Vésicule Biliaire et aux Glaires perturbant le Cœur (formule Huáng Lián Wēn Dǎn Tāng 黃連溫膽湯 Décoction de Coptis pour Réchauffer la Vésicule Biliaire)

– avec Jié Gěng (Radix Platycodonis), Zhè Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Thunbergii) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) : pour la toux sèche due au Vent-Chaleur avec gorge sèche et expectoration épaisse difficile à expectorer

– avec Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens) : pour tempérer la nature froide de Zhú Rú et renforcer son action pour arrêter les vomissements, notamment lors des nausées de grossesse

– avec Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis) : pour les crachats de sang dus à la Chaleur dans le Poumon

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生竹茹 shēng zhú rú) : forme standard, également connue sous le nom de copeaux de bambou frais (鮮竹茹 xiān zhú rú) ; nature très froide, action supérieure pour clarifier la Chaleur, transformer les Glaires et éliminer l’irritabilité ; généralement utilisée pour les Glaires-Chaleur entremêlées qui perturbent le Shen et causent une irritabilité agitée, et moins fréquemment pour la toux par Chaleur du Poumon avec expectoration jaune et visqueuse
– copeaux de bambou au gingembre (姜竹茹 jiāng zhú rú) : l’herbe est d’abord aspergée de jus de gingembre frais (Shēng Jiāng) puis frite à feu doux jusqu’à ce qu’elle devienne jaune foncé ou orangée ; cette préparation modifie la nature de Zhú Rú de froide à légèrement tiède et augmente son aptitude à diriger le Qi rebelle vers le bas et à soulager les nausées ; peut être utilisée pour les nausées et le reflux, quelle que soit leur cause, Froid ou Chaleur de l’Estomac
– copeaux de bambou frit à sec (炒竹茹 chǎo zhú rú) : les copeaux sont frits ou cuits à chaleur modérée jusqu’à légère carbonisation ; la friture atténue sa nature froide de sorte qu’il convient au reflux et au Qi rebelle par déficience de l’Estomac

Formules Classiques

– Wēn Dǎn Tāng (溫膽湯 Décoction pour Réchauffer la Vésicule Biliaire)
Cette formule combine Zhú Rú avec Zhǐ Shí (Fructus Aurantii Immaturus), Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum), Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Fú Líng (Poria) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter l’insomnie, les palpitations et l’irritabilité dues à l’entremêlement des Glaires et de la Chaleur entraînant une disharmonie entre la Vésicule Biliaire et l’Estomac, avec sensation d’oppression thoracique, agitation, insomnie et pouls glissant et rapide. C’est la formule classique de référence pour Zhú Rú.

– Huáng Lián Wēn Dǎn Tāng (黃連溫膽湯 Décoction de Coptis pour Réchauffer la Vésicule Biliaire)
Variante renforcée de la formule précédente, combinant Zhú Rú avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum), Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Fú Líng (Poria), Zhǐ Shí (Fructus Aurantii Immaturus) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter les palpitations, l’insomnie et l’irritabilité résultant du Feu de la Vésicule Biliaire associé aux Glaires qui perturbent le Cœur, avec une composante de Chaleur plus marquée.

Toxicité :

Zhú Rú ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une très bonne tolérance. Cependant, en raison de sa nature froide, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir la Rate et l’Estomac chez les personnes présentant une déficience digestive avec signes de Froid ou de Yang. Les effets indésirables rapportés sont rares. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.



Chuan Xiong

Chuan Xiong

Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong)

Identification

Chinois : 川芎
Pinyin : chuān xiōng
Traduction : rhizome de ligustique du Sichuan
Nom commun : rhizome de ligustique du Sichuan
Nom latin : Rhizoma Ligustici Chuanxiong
Famille : Apiaceae (Umbelliferae)
Espèces : Ligusticum chuanxiong Hort. (川芎 chuān xiōng)
Partie utilisée : rhizome séché
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Chuan Xiong

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui font circuler le Sang (huó xuè yào 活血藥)
Saveurs : Piquant (辛 xīn)
Nature : Tiède (溫 wēn)
Méridiens : Foie (肝 gān), Vésicule Biliaire (膽 dǎn), Péricarde (心包 xīn bāo)
Dosage : 3-9 g en décoction ; jusqu’à 30 g en usage externe

Propriétés :

Active le Sang et régule le Qi, expulse le Vent et soulage la douleur, remonte et disperse, guide le Qi dans le Sang.

Précautions :

Chuān Xiōng est contre-indiqué en cas de déficience du Yin avec chaleur interne, en cas de saignements abondants non liés à une stase de Sang, et pendant le premier trimestre de la grossesse. Sa nature montante et dispersante le rend inapproprié dans les céphalées dues à un vide de Sang ou à un Yin insuffisant. Il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant des menstruations abondantes. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées, mais un surdosage peut provoquer des vomissements et des vertiges.

Fonctions principales :

Active le Sang et dissout les stases
Régule le Qi
Expulse le Vent
Soulage la douleur
Guide le Qi dans le Sang
Réchauffe les méridiens
Accède à la tête pour traiter les céphalées

Actions et Indications

– Active le Sang et régule le Qi :
Chuān Xiōng est l’un des remèdes les plus importants pour activer le Sang et dissoudre les stases de Sang. Il est décrit comme un remède du Qi au sein du Sang, car il mobilise à la fois le Qi et le Sang pour soulager la douleur et traiter les stases.
Il est indiqué pour toutes les formes de douleurs liées à une stase de Sang, notamment dans la région abdominale, les flancs et la poitrine.
– Pour la stase de Sang avec douleurs abdominales et règles irrégulières ou dysménorrhée, Chuān Xiōng est associé à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), formule Sì Wù Tāng 四物湯 (Décoction des Quatre Substances).
– Pour la douleur thoracique due à une stase de Sang avec froid, Chuān Xiōng est associé à Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) et Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae).
– Pour les masses abdominales et les douleurs liées à une stase de Sang au niveau de l’utérus, on l’associe à Táo Rén (Semen Persicae) et Hóng Huā (Flos Carthami), formule Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 (Décoction pour Chasser la Stase du Palais du Sang).

– Traite les affections gynécologiques :
Chuān Xiōng est considéré comme le remède principal des troubles gynécologiques en raison de sa capacité à activer le Sang, réguler le Qi et réguler les menstruations. Il traite l’aménorrhée, la dysménorrhée et les menstruations irrégulières liées à la stase de Sang ou au froid dans les vaisseaux.
Il est couramment associé à d’autres remèdes qui nourrissent et activent le Sang pour traiter les affections gynécologiques.
– Pour l’aménorrhée ou la dysménorrhée dues à la stase de Sang et au Froid dans le Chong et le Ren, Chuān Xiōng est associé à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Ē Jiāo (Colla Corii Asini) et Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae), formule Wēn Jīng Tāng 溫經湯 (Décoction pour Réchauffer les Méridiens).
– Pour les douleurs post-partum dues à une stase de Sang, on l’associe à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Táo Rén (Semen Persicae) et Páo Jiāng (Rhizoma Zingiberis Preparata), formule Shēng Huà Tāng 生化湯 (Décoction Générante et Transformante).
– Pour les masses abdominales et les douleurs lors des menstruations liées à une stase de Sang, Chuān Xiōng est associé à Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Fú Líng (Poria) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), formule Guì Zhī Fú Líng Wán 桂枝茯苓丸 (Pilule de Cannelle et Poria).

– Expulse le Vent et soulage la douleur :
Chuān Xiōng est le remède de référence pour traiter les céphalées de toutes origines, en particulier les céphalées temporales et les douleurs impliquant une stase de Sang. Sa nature montante et dispersante lui permet d’accéder à la tête pour expulser les facteurs pathogènes.
Il est couramment utilisé pour les céphalées dues au Vent-Froid, au Vent-Chaleur, à la montée du Yang du Foie ou à la stase de Sang.
– Pour les céphalées dues au Vent-Froid avec absence de transpiration, Chuān Xiōng est associé à Bái Zhǐ (Radix Angelicae Dahuricae), Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) et Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae), formule Chuān Xiōng Chá Tiáo Sǎn 川芎茶調散 (Poudre de Chuān Xiōng à Prendre avec du Thé Vert).
– Pour les céphalées dues au Vent-Chaleur, Chuān Xiōng est associé à Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum).
– Pour les céphalées dues à la montée du Yang du Foie, on l’associe à Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis).
– Pour les céphalées chroniques avec stase de Sang, Chuān Xiōng est associé à Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) et Hóng Huā (Flos Carthami).

Chuān Xiōng traite également le syndrome d’obstruction douloureuse (*bì zhèng*) et les douleurs articulaires liées au Vent-Humidité-Froid.
– Pour le syndrome d’obstruction douloureuse avec douleurs dans les membres supérieurs et le dos, Chuān Xiōng est associé à Qiāng Huó (Rhizoma et Radix Notopterygii) et Dú Huó (Radix Angelicae Pubescentis), formule Juān Bì Tāng 蠲痹湯 (Décoction pour Supprimer l’Obstruction Douloureuse).
– Pour les douleurs articulaires chroniques avec froid, on l’associe à Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) pour réchauffer les méridiens et dégager les collatéraux.

– Traite les traumatismes et les douleurs post-traumatiques :
Chuān Xiōng est couramment utilisé pour traiter les douleurs dues aux traumatismes, aux contusions et aux blessures des tendons et des os, grâce à sa puissante action d’activation du Sang et de dissolution des stases.
– Pour les douleurs traumatiques avec stase de Sang, Chuān Xiōng est associé à Rǔ Xiāng (Olibanum) et Mò Yào (Myrrha) pour activer le Sang et soulager la douleur.
– Pour les abcès et furoncles au stade initial, Chuān Xiōng est associé à Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) et Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) pour activer le Sang, réduire le gonflement et expulser le pus.

Liste des symptômes

Troubles gynécologiques :
Aménorrhée et dysménorrhée dues à la stase de Sang
Règles irrégulières avec douleurs
Masses abdominales liées à une stase
Douleurs post-partum avec lochies insuffisantes
Douleurs lors des menstruations avec sensation de froid

Céphalées et douleurs :
Céphalées temporales ou migraineuses
Céphalées dues au Vent-Froid avec absence de transpiration
Céphalées chroniques liées à une stase de Sang
Céphalées dues à la montée du Yang du Foie
Douleurs dans les flancs et la région épigastrique

Syndrome d’obstruction douloureuse :
Douleurs articulaires liées au Vent-Froid-Humidité
Douleurs dans les membres supérieurs et l’épaule
Raideur et douleur musculaire chronique
Douleurs traumatiques post-blessures

Autres indications :
Douleur thoracique due à une stase de Sang
Qi stagnant dans le Foie et la Vésicule Biliaire
Abcès et furoncles au stade initial
Éruptions cutanées incomplètement exprimées

Commentaire

Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) est l’un des remèdes les plus polyvalents de la pharmacopée chinoise pour traiter la stase de Sang et la douleur. Il est souvent décrit comme un remède du Qi au sein du Sang (xuè zhōng qì yào 血中氣藥) : il active à la fois le Sang et le Qi, ce qui lui confère une action particulièrement efficace pour dissoudre les stases et soulager les douleurs d’origines diverses. Ce double mécanisme d’action distingue Chuān Xiōng de nombreux autres remèdes qui n’agissent que sur le Sang ou que sur le Qi.

Sa nature piquante et tiède, associée à son action montante et dispersante, lui permet de remonter jusqu’à la tête et aux yeux pour expulser le Vent et soulager les céphalées. Il est traditionnellement considéré comme le remède de référence pour les céphalées temporales ou migraineuses, quelle que soit leur étiologie, dans la mesure où l’on pense que toutes les céphalées chroniques impliquent une composante de stase de Sang dans les collatéraux. Cette propriété est résumée dans le traité Běn Cǎo Huì Yán 本草彙言 (Compendium de la Matière Médicale) : Chuān Xiōng est le remède essentiel pour traiter les maladies de la tête et des yeux.

Chuān Xiōng est également le remède clé des affections gynécologiques impliquant une stase de Sang. Il entre dans la composition de nombreuses formules classiques pour les troubles menstruels, en particulier la formule fondatrice Sì Wù Tāng 四物湯 (Décoction des Quatre Substances), où il est associé à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata). Cette formule fondamentale est la base de nombreuses modifications pour traiter les troubles gynécologiques liés à la déficience et à la stase du Sang.

Chuān Xiōng se distingue de Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) par son action prépondérante sur le mouvement et la dispersion : là où Dāng Guī nourrit et active le Sang avec une tendance plus descendante, Chuān Xiōng est expressément dispersant et montant, moins apte à nourrir le Sang et plus propre à désobstruer les collatéraux. Selon le traité Qiú Zhēn Běn Cǎo 求真本草 (Recherche de l’Exactitude dans la Matière Médicale) : Chuān Xiōng excelle à disperser, voyage dans le méridien du Foie – c’est un remède du Qi qui active le Sang. Il disperse le Vent-Froid, traite les céphalées, brise les stases, désobstrue les vaisseaux sanguins et soulage la douleur.

Associations

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata) : pour les troubles gynécologiques avec déficience et stase du Sang, aménorrhée, dysménorrhée, règles irrégulières (formule Sì Wù Tāng 四物湯 Décoction des Quatre Substances)

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Ē Jiāo (Colla Corii Asini) et Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae) : pour l’aménorrhée, la dysménorrhée avec froid dans les vaisseaux (formule Wēn Jīng Tāng 溫經湯 Décoction pour Réchauffer les Méridiens)

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Táo Rén (Semen Persicae) et Páo Jiāng (Rhizoma Zingiberis Preparata) : pour les douleurs post-partum avec stase de Sang (formule Shēng Huà Tāng 生化湯 Décoction Générante et Transformante)

– avec Táo Rén (Semen Persicae) et Hóng Huā (Flos Carthami) : pour la stase de Sang avec douleurs abdominales ou thoraciques (formule Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 Décoction pour Chasser la Stase du Palais du Sang)

– avec Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Fú Líng (Poria) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) : pour les masses abdominales et les troubles menstruels avec stase de Sang (formule Guì Zhī Fú Líng Wán 桂枝茯苓丸 Pilule de Cannelle et Poria)

– avec Bái Zhǐ (Radix Angelicae Dahuricae), Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) et Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae) : pour les céphalées dues au Vent-Froid (formule Chuān Xiōng Chá Tiáo Sǎn 川芎茶調散 Poudre de Chuān Xiōng à Prendre avec du Thé Vert)

– avec Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis) : pour les céphalées dues à la montée du Yang du Foie avec vertiges

– avec Qiāng Huó (Rhizoma et Radix Notopterygii) et Dú Huó (Radix Angelicae Pubescentis) : pour le syndrome d’obstruction douloureuse avec douleurs articulaires dues au Vent-Froid-Humidité (formule Juān Bì Tāng 蠲痹湯 Décoction pour Supprimer l’Obstruction Douloureuse)

– avec Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) : pour expulser le Vent-Humidité, réchauffer les méridiens et les collatéraux, faciliter le mouvement articulaire et soulager l’obstruction douloureuse

– avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi) : pour les céphalées dues au Vent-Chaleur externe ou à la montée du Yang du Foie

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Hóng Huā (Flos Carthami) : pour les masses douloureuses au niveau du sein liées à une stase de Sang

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng chuān xiōng) : forme standard, active le Sang, régule le Qi et expulse le Vent ; c’est la forme la plus couramment utilisée en décoction
– traité au vin (酒炒 jiǔ chǎo chuān xiōng) : la préparation au vin renforce l’action d’activation du Sang et de réchauffement des méridiens ; particulièrement indiqué pour les troubles gynécologiques avec froid et stase
– carbonisé (炒炭 chǎo tàn chuān xiōng) : la forme carbonisée est utilisée pour arrêter les saignements liés à une stase de Sang

Formules Classiques

– Sì Wù Tāng (四物湯 Décoction des Quatre Substances)
Cette formule fondamentale associe Chuān Xiōng à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata) pour nourrir et activer le Sang, traiter les règles irrégulières, l’aménorrhée, la dysménorrhée et la déficience du Sang. Elle constitue la base de nombreuses formules gynécologiques classiques.

– Chuān Xiōng Chá Tiáo Sǎn (川芎茶調散 Poudre de Chuān Xiōng à Prendre avec du Thé Vert)
Cette formule combine Chuān Xiōng avec Bái Zhǐ (Radix Angelicae Dahuricae), Jīng Jiè (Herba Schizonepetae), Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae) et Qiāng Huó (Rhizoma et Radix Notopterygii) pour traiter les céphalées et les migraines dues à l’invasion de Vent-Froid ou à la stase de Vent dans les collatéraux de la tête.

– Wēn Jīng Tāng (溫經湯 Décoction pour Réchauffer les Méridiens)
Cette formule associe Chuān Xiōng à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Ē Jiāo (Colla Corii Asini), Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) pour traiter les troubles gynécologiques avec froid et stase de Sang dans les vaisseaux du Chong et du Ren, caractérisés par l’aménorrhée, la dysménorrhée et la sensation de froid dans l’abdomen.

– Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng (血府逐瘀湯 Décoction pour Chasser la Stase du Palais du Sang)
Chuān Xiōng est inclus dans cette formule avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Táo Rén (Semen Persicae), Hóng Huā (Flos Carthami) et Chái Hú (Radix Bupleuri) pour traiter la stase de Sang dans la poitrine avec douleurs thoraciques, palpitations, insomnies et irritabilité.

– Shēng Huà Tāng (生化湯 Décoction Générante et Transformante)
Cette formule associe Chuān Xiōng à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Táo Rén (Semen Persicae), Páo Jiāng (Rhizoma Zingiberis Preparata) et Zhì Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae Preparata) pour traiter les douleurs abdominales post-partum dues à la rétention de lochies et à la stase de Sang avec froid.

Toxicité :

Chuān Xiōng ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées (3-9 g en décoction). Un surdosage peut provoquer des nausées, des vomissements, des vertiges et des céphalées. En raison de sa nature piquante, montante et dispersante, une utilisation prolongée à doses élevées peut blesser le Yin et le Qi. Ce remède doit être utilisé avec prudence chez les femmes enceintes, les patientes avec des règles abondantes et les patients présentant une déficience du Yin avec chaleur interne. Les effets indésirables rapportés sont rares aux doses thérapeutiques habituelles.



 

Zi Wan

Zi Wan

Zǐ Wǎn (Asteris Radix)

Identification

Chinois : 紫菀
Pinyin : zǐ wǎn
Traduction : aster violet
Nom commun : racine d’aster, aster de Tartarie
Nom latin : Asteris Radix
Famille : Asteraceae
Espèces : Aster tataricus L.f. (紫菀 zǐ wǎn)
Partie utilisée : racine et rhizome
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) au 2e siècle
Zi Wan

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui arrêtent la toux et calment les sifflements respiratoires (zhǐ ké píng chuǎn yào 止咳平喘藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Piquant (辛 xīn)
Nature : Tiède (温 wēn)
Méridiens : Poumon (肺 fèi)
Dosage : 4,5-9 g

Propriétés :

Humidifie le Poumon et dirige le Qi rebelle vers le bas, transforme les glaires, arrête la toux et apaise les sifflements respiratoires.

Précautions :

Zi Wan est contre-indiqué dans les cas de déficience du Yin avec chaleur dans le Poumon. En raison de sa nature dispersante, il ne doit pas être utilisé seul ou en grande quantité chez les patients présentant une déficience du Yin pulmonaire. Il doit être soutenu par des remèdes nourrissant le Yin comme Sheng Di Huang (Radix Rehmanniae) ou Mai Men Dong (Radix Ophiopogonis). La forme préparée au miel est préférable pour les toux chroniques par sécheresse du Poumon avec Yin endommagé.

Fonctions principales :

Humidifie le Poumon
Dirige le Qi rebelle vers le bas
Transforme les glaires
Arrête la toux
Calme les sifflements respiratoires
Circule le Qi et le Sang du Poumon

Actions et Indications

– Humidifie le Poumon, dirige le Qi rebelle vers le bas et arrête la toux :
Zi Wan est l’un des remèdes essentiels pour arrêter la toux dans la pharmacopée chinoise. Sa saveur piquante le rend dispersant et sa saveur amère le rend drainant. De nature tiède et humidifiante, il ne dessèche pas comme la plupart des remèdes piquants et amers. Il entre dans l’aspect Qi du méridien du Poumon mais aussi dans son aspect Sang, permettant de mobiliser le Qi et le Sang en facilitant la circulation du Qi du Poumon. Il humidifie simultanément le Poumon, dirige le Qi rebelle vers le bas, transforme les glaires et calme la toux.

Avec d’autres remèdes appropriés, Zi Wan peut être utilisé que la toux soit d’origine exogène ou endogène, chaude ou froide. Il est cependant particulièrement approprié pour l’obstruction du Qi du Poumon suite à une atteinte externe par le vent-froid qui bloque le Qi du Poumon, entraînant toux et sifflements respiratoires avec glaires abondantes.
– Pour la toux par Vent-Froid avec glaires liquides et aqueuses abondantes, Zi Wan est associé à Gan Jiang (Rhizoma Zingiberis), Xi Xin (Herba Asari) et Ban Xia (Rhizoma Pinelliae Preparatum).
– Pour la toux avec sifflements respiratoires et glaires difficiles à expectorer, on l’utilise avec Bai Qian (Rhizoma Cynanchi Stauntonii) et Ban Xia (Rhizoma Pinelliae Preparatum).
– Pour la toux chronique par déficience avec expectoration de sang ou glaires striées de sang, on l’ajoute à Kuan Dong Hua (Flos Farfarae), Bai He (Bulbus Lilii), E Jiao (Colla Corii Asini) et Sheng Di Huang (Radix Rehmanniae).
– Pour la toux chronique par déficience du Poumon avec glaires striées de sang, Zi Wan est associé à Zhi Mu (Rhizoma Anemarrhenae) et Chuan Bei Mu (Bulbus Fritillariae Cirrhosae).

Liste des symptômes

Toux par Vent-Froid avec glaires abondantes
Toux avec sifflements respiratoires et glaires difficiles à expectorer
Toux chronique par obstruction du Qi du Poumon
Toux chronique de déficience avec expectoration de sang
Toux avec glaires striées de sang
Toux par déficience du Poumon avec sécheresse
Toux persistante et rebelle
Plénitude de la poitrine avec glaires
Essoufflement et respiration difficile

Commentaire

Zǐ Wǎn (Radix Asteris) disperse en raison de sa saveur piquante et draine en raison de son amertume. Il est de nature tiède et humidifiante sans être desséchant, contrairement à la plupart des remèdes piquants et amers. Il entre dans l’aspect Qi du méridien du Poumon mais aussi dans son aspect Sang, permettant ainsi de mobiliser le Qi et le Sang en facilitant la circulation du Qi du Poumon, tout en humidifiant le Poumon et en dirigeant le Qi rebelle du Poumon vers le bas, transformant les glaires et calmant la toux.

Sa nature harmonieuse lui permet d’être utilisé pour traiter toutes sortes de toux, qu’elles soient exogènes ou endogènes, chaudes ou froides. Il est cependant particulièrement adapté à l’obstruction du Qi du Poumon suite à une atteinte externe par le vent-froid qui bloque le Qi du Poumon, entraînant toux et sifflements respiratoires avec glaires abondantes.

La racine de Zi Wan est composée de nombreuses radicelles, parfois jusqu’à dix, qui tendent à pointer vers le bas, traitant ainsi la remontée rebelle du Qi. Étant humide et non desséchant, tout en étant ouvrant, drainant et dirigeant le Qi vers le bas, Zi Wan convient à tous les types de toux, mais est particulièrement important pour la toux chronique et la toux par déficience.

Bien que sa nature ascendante et descendante soit superbe en dirigeant le Qi vers le bas pour atteindre la Vessie, facilitant ainsi la miction, cette propriété est souvent méconnue des praticiens.

Associations

– avec Kuan Dong Hua (Flos Farfarae) : association classique extrêmement courante où Zi Wan transforme plus fortement les glaires tandis que Kuan Dong Hua calme plus efficacement la toux. Ensemble, ils sont appropriés pour tous types de toux, particulièrement pour la toux de type froid avec glaires abondantes ou la toux chronique avec expectorations striées de sang.
– avec Bai Qian (Rhizoma Cynanchi Stauntonii) : les deux remèdes entrent dans le méridien du Poumon et sont spécifiques pour calmer la toux et transformer les glaires. Bai Qian est particulièrement efficace pour diriger le Qi vers le bas. Lorsque le Qi descend, les glaires et les mucosités se dispersent d’elles-mêmes et la toux cesse naturellement. Ensemble avec la douceur de Zi Wan qui humidifie et son amertume qui draine, les deux remèdes s’assistent et se complètent mutuellement, fournissant un puissant effet de transformation des glaires qui n’est pas trop desséchant, tout en pacifiant le Qi du Poumon. Cette combinaison peut être utilisée chaque fois que le Poumon est obstrué par des glaires abondantes avec symptômes de toux, plénitude dans la poitrine et sifflements respiratoires, que la condition soit chaude ou froide, excès ou déficience.
– avec Xi Xin (Herba Asari), Gan Jiang (Rhizoma Zingiberis) et Ma Huang (Herba Ephedrae) : pour la toux par vent-froid (formule Xiǎo Qīng Lóng Tāng 小青龙汤 Petite Décoction du Dragon Bleu-Vert)
– avec Bai He (Bulbus Lilii), Sheng Di Huang (Radix Rehmanniae) et Shan Zhu Yu (Fructus Corni) : pour la toux chronique de consomption
– avec Ren Shen (Radix Ginseng) et Ge Jie (Gecko) : pour l’asthme

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生紫菀 shēng zǐ wǎn) : utilisé pour les conditions d’excès plutôt que pour la déficience du Yin ou la sécheresse du Poumon
– préparé au miel (蜜炙紫菀 mì zhì zǐ wǎn) : la racine est cuite ou sautée avec du miel jusqu’à ce qu’elle ne soit plus collante. Cette méthode de préparation renforce sa capacité à humidifier et bénéficier le Poumon, et est particulièrement utile pour la toux chronique due à la sécheresse du Poumon avec Yin endommagé.

Formules Classiques

– Zhi Sou San (止嗽散 Poudre pour Arrêter la Toux)
Formule classique contenant Zi Wan avec Jie Geng (Radix Platycodonis), Jing Jie (Herba Schizonepetae), Bai Qian (Rhizoma Cynanchi Stauntonii) et d’autres herbes pour traiter la toux rebelle par accumulation de glaires-froid ou vent-froid.

– Xiao Qing Long Tang (小青龙汤 Petite Décoction du Dragon Bleu-Vert)
Formule majeure pour le vent-froid avec rétention de liquides, où Zi Wan est parfois ajouté pour renforcer l’action de transformation des glaires et de calme de la toux.

Toxicité

Zi Wan est généralement sûr lorsqu’il est utilisé aux dosages recommandés. Cependant, 20 à 30% des patients peuvent présenter de légères réactions indésirables lors de la prise orale de racine fraîche, notamment sensations de brûlure dans la poitrine, sécheresse de la bouche, des muqueuses nasales ou de la gorge, étourdissements, oppression thoracique, respiration rapide, anorexie, douleurs abdominales ou diarrhée. L’ingestion du remède doit cesser si l’un de ces symptômes apparaît.



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