Règlements

He Huan Pi

He Huan Pi

Hé Huān Pí (Cortex Albizziae Julibrissin)

Identification

Chinois : 合欢皮
Pinyin : Hé Huān Pí
Traduction : écorce du bonheur collectif
Nom commun : écorce d’albizzia, écorce de mimosa de soie
Nom latin : Cortex Albizziae Julibrissin
Famille : Fabaceae (Légumineuses)
Espèces : Albizia julibrissin Durazz. (合欢 hé huān) ; Albizia kalkora Roxb. (山合欢 shān hé huān)
Partie utilisée : écorce séchée
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) au 2e siècle
He Huan Pi

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui nourrissent le Cœur et calment l’esprit (yǎng xīn ān shén yào 養心安神藥)
Saveurs : Doux (甘 gān)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Foie (肝 gān)
Dosage : 10-15 g en décoction

Propriétés :

Apaise le Shen et libère la contrainte, active le Sang et réduit les tuméfactions, favorise la cicatrisation des fractures osseuses.

Précautions :

Hé Huān Pí est contre-indiqué pendant la grossesse en raison de son action stimulante sur la contraction utérine. Il doit être utilisé avec prudence chez les femmes enceintes et les patients présentant des hémorragies actives. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. En surdosage, l’albitocine contenue dans l’écorce peut entraîner une nécrose hépatique et rénale avec issue fatale chez l’animal.

Fonctions principales :

Apaise le Shen
Libère la contrainte du Foie
Active le Sang
Réduit les tuméfactions
Favorise la cicatrisation
Consolide les fractures osseuses
Élimine la chaleur-toxique

Actions et Indications

– Apaise le Shen et libère la contrainte :
Hé Huān Pí traite les perturbations émotionnelles dues à la stagnation du Qi du Foie, caractérisées par l’irritabilité, la dépression, l’insomnie, l’humeur changeante, le syndrome prémenstruel et les oublis fréquents. Son action est douce et modérée ; il est habituellement employé en complément d’autres remèdes tranquillisants pour en renforcer l’effet.
– Pour les perturbations émotionnelles avec insomnie et irritabilité, Hé Huān Pí est associé à Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae), Bǎi Zǐ Rén (Semen Platycladi), Lóng Chǐ (Dens Draconis) et Hǔ Pò (Succinum).

– Active le Sang et réduit les tuméfactions :
Hé Huān Pí active la circulation du Sang, réduit les tuméfactions, favorise la génération de chair neuve et facilite la consolidation des fractures osseuses. C’est l’un des remèdes les plus importants pour le traitement des traumatismes externes et des blessures.
– Pour les douleurs et tuméfactions dues à un traumatisme, Hé Huān Pí est associé à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Táo Rén (Semen Persicae) et Sū Mù (Lignum Sappan).

Hé Huān Pí est également efficace pour traiter les abcès pulmonaires avec douleur thoracique et crachats de sang et de mucosités.
– Pour l’abcès pulmonaire avec douleur thoracique et expectoration de pus et de sang, Hé Huān Pí est associé à Yú Xīng Cǎo (Herba Houttuyniae), Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae), Táo Rén (Semen Persicae) et Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis).
– Pour les abcès et tuméfactions avec chaleur-toxique, Hé Huān Pí est associé à Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci Mongolici cum Radice), Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae) et Yě Jú Huā (Flos Chrysanthemi Indici).

Liste des symptômes

Troubles psycho-émotionnels :
Insomnie par stagnation du Qi du Foie
Irritabilité et mauvaise humeur
Dépression et tristesse
Agitation du Shen
Oublis et difficultés de concentration
Syndrome prémenstruel avec tensiosité émotionnelle

Traumatismes et douleurs :
Douleurs et tuméfactions post-traumatiques
Fractures osseuses
Blessures des muscles et tendons
Plaies difficiles à cicatriser

Affections pulmonaires :
Abcès pulmonaire avec expectoration de pus et de sang
Douleur thoracique avec toux
Crachats malodorants et sanglants

Abcès et tuméfactions :
Abcès cutanés avec chaleur-toxique
Tuméfactions douloureuses et enflammées

Commentaire

Hé Huān Pí (合欢皮), dont le nom signifie littéralement « écorce du bonheur collectif », est issu de l’arbre à soie (Albizia julibrissin), célèbre en Chine pour ses fleurs délicates en pompons roses et sa capacité à replier ses feuilles le soir comme pour s’endormir. Ce symbolisme ancestral du rapprochement et de la joie partagée est directement associé à ses propriétés médicinales : libérer la contrainte émotionnelle, apaiser le cœur et favoriser la réconciliation entre le Qi et le Shen.

Ce remède appartient à la catégorie des substances qui nourrissent et apaisent le Shen de manière douce. Sa saveur douce et sa nature neutre lui confèrent un profil d’action bien équilibré, sans l’excès de froid ni de chaleur qui caractérise d’autres tranquillisants. Contrairement aux remèdes lourds et minéraux comme Lóng Gǔ (Os Draconis) ou Mǔ Lì (Concha Ostreae), Hé Huān Pí agit en douceur en libérant la stagnation du Qi du Foie qui comprime le Cœur et perturbe le Shen.

Sa deuxième action majeure, activer le Sang et réduire les tuméfactions, en fait un remède polyvalent, alliant traitement de l’esprit et traitement du corps. Ce double usage, psycho-émotionnel et chirurgical, témoigne de la richesse de ce remède dans la tradition de la pharmacopée chinoise. Son action sur les abcès pulmonaires le rapproche des remèdes clarificateurs de Chaleur-toxique, bien qu’il n’appartienne pas à cette catégorie principale.

Hé Huān Pí se distingue de Hé Huān Huā (Flos Albizziae), la fleur issue de la même plante, citée pour la première fois dans le Běn Cǎo Yǎn Yì 本草衍義 (Extension de la Matière Médicale) par Kòu Zōng-Shí en 1116. La fleur est plus douce et prioritairement utilisée pour la plénitude de la poitrine et de l’épigastre, l’insomnie par vide et l’irritabilité légère. L’écorce, plus active, traite aussi bien les syndromes d’excès (stagnation, abcès, traumatismes) que les syndromes de vide relatif du Shen. Hé Huān Pí se distingue également de Yè Jiāo Téng (Caulis Polygoni Multiflori) et de Bǎi Zǐ Rén (Semen Platycladi) : Yè Jiāo Téng traite l’insomnie par vide général du Sang, Bǎi Zǐ Rén par vide du Cœur, tandis que Hé Huān Huā est plus indiqué lorsque la stagnation du Qi du Foie est la cause principale.

Associations

– avec Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae), Bǎi Zǐ Rén (Semen Platycladi), Lóng Chǐ (Dens Draconis) et Hǔ Pò (Succinum) : pour les perturbations émotionnelles, insomnie et irritabilité

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Táo Rén (Semen Persicae) et Sū Mù (Lignum Sappan) : pour les douleurs et tuméfactions dues à un traumatisme

– avec Yú Xīng Cǎo (Herba Houttuyniae), Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae), Táo Rén (Semen Persicae) et Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis) : pour l’abcès pulmonaire avec douleur thoracique et expectoration de pus et de sang

– avec Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci Mongolici cum Radice), Zǐ Huā Dì Dīng (Herba Violae) et Yě Jú Huā (Flos Chrysanthemi Indici) : pour les abcès cutanés et tuméfactions avec chaleur-toxique

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (shēng hé huān pí 生合欢皮) : forme non transformée, utilisée couramment en décoction pour toutes les indications standard
– écorce de He Huan Hua (Hé Huān Huā 合欢花) : la fleur de la même plante, action plus douce, prioritairement utilisée pour l’insomnie légère par vide et la plénitude épigastrique

Formules Classiques

Hé Huān Yǐn 合欢饮 (Décoction d’Albizzia)
Cette formule associe Hé Huān Pí à Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae), Bǎi Zǐ Rén (Semen Platycladi) et Hǔ Pò (Succinum) pour traiter l’insomnie, l’irritabilité et l’agitation du Shen dues à la stagnation du Qi du Foie avec contrainte émotionnelle.

Guī Pí Tāng 归脾汤 (Décoction qui Restaure la Rate)
Hé Huān Pí peut être adjoint à cette formule classique – qui associe notamment Rén Shēn (Radix Ginseng), Huáng Qí (Radix Astragali), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Lóng Yǎn Ròu (Arillus Longan) – pour renforcer l’action tranquillisante en cas de vide du Cœur et de la Rate avec perturbation du Shen.

Toxicité :

Hé Huān Pí ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées de 10 à 15 g. Les études pharmacologiques confirment ses propriétés sédatives et hypnotiques sans effet délétère notable. Cependant, un surdosage important d’albitocine – le principal constituant actif – est associé à une nécrose hépatique et rénale avec issue fatale chez la souris entre 12 heures et 7 jours suivant l’ingestion, le mécanisme exact demeurant inconnu. En raison de son action stimulante sur la musculature lisse utérine, ce remède est contre-indiqué pendant la grossesse. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée à ce jour.


Bai Zi Ren

Ce Bai Ye

Bǎi Zǐ Rén (Semen Platycladi (anciennement Semen Biotae Orientalis))

Identification

Chinois : 柏子仁
Pinyin : Bǎi Zǐ Rén
Traduction : graine du cyprès oriental, noyau du cyprès
Nom commun : graine de platycladus, graine de thuya oriental
Nom latin : Semen Platycladi (anciennement Semen Biotae Orientalis)
Famille : Cupressaceae
Espèces : Platycladus orientalis (L.) Franco (柏子仁 bǎi zǐ rén), syn. Biota orientalis (L.) Endl.
Partie utilisée : graine séchée, décortiquée
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Bai Zi Ren

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui nourrissent le Cœur et calment l’esprit (養心安神藥 yǎng xīn ān shén yào)
Saveurs : Doux (甘 gān)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Rein (腎 shèn), Gros Intestin (大腸 dà cháng)
Dosage : 10-18 g en décoction ; écraser les graines avant la décoction pour faciliter l’extraction des constituants actifs

Propriétés :

Nourrit le Cœur et calme le Shén, lubrifie les Intestins et libère les selles, nourrit le Yin et arrête les sueurs nocturnes.

Précautions :

Bǎi Zǐ Rén doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant des selles molles ou une diarrhée, ainsi qu’en cas d’excès de Glaires (Tán 痰). Sa richesse en huiles peut aggraver les troubles digestifs avec Humidité ou Froid. Ce remède ne présente pas de toxicité aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Nourrit le Cœur
Calme le Shén
Lubrifie les Intestins
Libère les selles
Nourrit le Yin
Arrête les sueurs nocturnes

Actions et Indications

– Nourrit le Cœur et calme le Shén :
Bǎi Zǐ Rén est particulièrement indiqué pour les insomnies dues à une déficience du Sang du Cœur. Riche en huiles, il est le remède de choix pour l’insomnie avec selles sèches ou constipation associée. Il traite l’anxiété, les palpitations, l’insécurité intérieure, les rêves agités, les sudations nocturnes et les pertes de mémoire causées par un excès de soucis blessant la Rate et le Cœur.
– Pour l’insomnie, les palpitations, les vertiges et les pertes de mémoire, Bǎi Zǐ Rén est associé à Rén Shēn (Radix Ginseng), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Fú Shén (Poria Paradicis), Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis).
– Pour les troubles émotionnels, l’irritabilité, la dépression et l’insomnie dus à une stagnation du Qi du Foie, on associe Bǎi Zǐ Rén à Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae), Hé Huān Pí (Cortex Albiziae), Lóng Chǐ (Dens Draconis) et Hǔ Pò (Succinum).

– Lubrifie les Intestins et libère les selles :
Grâce à sa richesse en huiles, Bǎi Zǐ Rén lubrifie les Intestins et traite la constipation ou les selles sèches chez les personnes âgées, anémiées ou en post-partum, lorsque ces troubles résultent d’une déficience de Yin ou de Sang. Il est spécifiquement indiqué pour la constipation accompagnant une déficience du Sang du Cœur.
– Pour les selles sèches ou la constipation liées à une déficience de Yin ou de Sang, Bǎi Zǐ Rén est associé à Táo Rén (Semen Persicae), Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Huǒ Má Rén (Fructus Cannabis) et Guā Lóu Rén (Semen Trichosanthis). Formule : Wǔ Rén Wán 五仁丸 (Pilule des Cinq Graines).

– Nourrit le Yin et arrête les sueurs nocturnes :
Bǎi Zǐ Rén nourrit le Yin du Cœur et du Rein pour traiter les sueurs nocturnes liées à une déficience du Yin. Il est utilisé pour les transpitations nocturnes, les bouffées de chaleur et l’irritabilité associées à un vide de Yin avec Chaleur de type Vide.
– Pour les sueurs nocturnes dues à une déficience du Yin, Bǎi Zǐ Rén est associé à Rén Shēn (Radix Ginseng), Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis).

Liste des symptômes

Troubles du Shén et du sommeil :
Insomnie, difficulté à s’endormir ou à rester endormi
Palpitations cardiaques
Rêves agités, cauchemars
Anxiété et irritabilité
Forgetfulness, pertes de mémoire
Sentiment d’insécurité intérieure

Troubles digestifs :
Constipation avec selles sèches chez les personnes âgées
Constipation post-partum
Selles dures dues à une déficience de Sang ou de Yin

Troubles liés au Yin déficient :
Sueurs nocturnes
Bouffées de chaleur de type Vide
Bouche sèche avec soif modérée
Transpiration spontanée

Commentaire

Bǎi Zǐ Rén (Semen Platycladi) tire son nom du cyprès oriental, arbre symbole de longévité et de constance dans la tradition chinoise. Ce remède est l’un des principaux de la catégorie des substances qui nourrissent et calment le Shén. Sa saveur douce et sa nature neutre lui permettent d’agir sans brusquerie, nourrissant le Sang du Cœur et stabilisant l’esprit. Sa richesse exceptionnelle en huiles fait de lui un remède unique à l’intersection de deux actions complémentaires : calmer le Shén et lubrifier les Intestins.

Bǎi Zǐ Rén est spécifiquement indiqué pour l’insomnie résultant d’une déficience du Cœur, alors que Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae) est plus puissant pour calmer le Shén et possède également une action astringente pour arrêter les sueurs spontanées et nocturnes. Les deux remèdes traitent l’irritabilité, l’insomnie et les palpitations causées par l’incapacité du Sang à nourrir le Cœur, mais Bǎi Zǐ Rén se distingue par sa richesse en huiles qui lubrifie les Intestins, propriété absente chez Suān Zǎo Rén. De même, comparé à Yè Jiāo Téng (Caulis Polygoni Multiflori) qui traite l’insomnie liée à une déficience générale du Sang, Bǎi Zǐ Rén cible spécifiquement la déficience du Cœur.

L’action de Bǎi Zǐ Rén sur les trois méridiens qu’il pénètre, Cœur, Rein et Gros Intestin, illustre sa polyvalence clinique. En nourrissant la relation Cœur-Rein, il facilite la communication entre l’Eau et le Feu, contribuant à rétablir l’équilibre qui sous-tend un sommeil serein. Son action sur le Gros Intestin par lubrifaction douce en fait un laxatif doux particulièrement adapté aux personnes âgées, aux femmes en post-partum et aux patients chroniques présentant une déficience de Yin ou de Sang avec constipation.

Associations

– avec Rén Shēn (Radix Ginseng), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Fú Shén (Poria Paradicis), Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) : pour l’insomnie, les palpitations, les vertiges et les pertes de mémoire par déficience du Sang du Cœur

– avec Táo Rén (Semen Persicae), Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Huǒ Má Rén (Fructus Cannabis) et Guā Lóu Rén (Semen Trichosanthis) : pour la constipation avec selles sèches par déficience de Sang ou de Yin (formule Wǔ Rén Wán 五仁丸 Pilule des Cinq Graines)

– avec Hé Huān Pí (Cortex Albiziae), Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae), Lóng Chǐ (Dens Draconis) et Hǔ Pò (Succinum) : pour les troubles émotionnels, l’irritabilité et l’insomnie par stagnation du Qi du Foie

– avec Rén Shēn (Radix Ginseng), Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) : pour les sueurs nocturnes par déficience du Yin

– avec Yè Jiāo Téng (Caulis Polygoni Multiflori), Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae) et Hé Huān Huā (Flos Albiziae) : pour l’insomnie de type déficience du Sang

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng bǎi zǐ rén) : forme non préparée, à utiliser écrasé avant décoction pour faciliter l’extraction des huiles actives ; action lubrique sur les Intestins plus marquée
– décortiqué et pressé (bǎi zǐ rén shuāng 柏子仁霜) : forme allégée en huile, réduit la tendance aux selles molles et à la nausée chez les patients fragiles ; préférable chez les sujets avec déficience de la Rate

Formules Classiques

Bǎi Zǐ Yǎng Xīn Wán 柏子養心丸 (Pilule de la Graine de Cyprès pour Nourrir le Cœur)
Cette formule associe Bǎi Zǐ Rén à Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata) et Yuǎn Zhì (Radix Polygalae) pour nourrir le Yin du Cœur, tonifier le Sang et calmer le Shén dans les syndromes d’insomnie, palpitations et anxiété par déficience du Cœur et du Rein.

Wǔ Rén Wán 五仁丸 (Pilule des Cinq Graines)
Formule qui combine Bǎi Zǐ Rén avec Táo Rén (Semen Persicae), Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Yù Lǐ Rén (Semen Pruni) et Huǒ Má Rén (Fructus Cannabis), augmentée de Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) pour traiter la constipation chronique par déficience de Sang et de Yin, notamment chez les personnes âgées et les femmes en post-partum.

Tiān Wáng Bǔ Xīn Dān 天王補心丹 (Pilule du Roi Céleste pour Tonifier le Cœur)
Bǎi Zǐ Rén entre dans cette formule classique aux côtés de Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Tiān Mén Dōng (Radix Asparagi), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae), Rén Shēn (Radix Ginseng), Fú Líng (Poria), Yuǎn Zhì (Radix Polygalae) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) pour nourrir le Yin, tonifier le Sang, calmer le Shén et traiter l’insomnie, les palpitations et l’anxiété liées à une déficience du Cœur et du Rein.

Toxicité :

Bǎi Zǐ Rén ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Sa richesse en huiles peut provoquer des selles molles ou des diarrhées chez les patients présentant une déficience de la Rate avec Humidité. En cas d’excès de Glaires, ce remède doit être utilisé avec prudence car ses huiles risquent d’aggraver la production de Glaires. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée à ce jour. La forme allégée en huile (bǎi zǐ rén shuāng 柏子仁霜) est préférable chez les patients à tendance aux selles molles.


Suan Zao Ren

Da Zao

Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae)

Identification

Chinois : 酸枣仁
Pinyin : Suān Zǎo Rén
Traduction : graine de jujubier épineux
Nom commun : graine de zizyphe épineux, graine de jujube sauvage
Nom latin : Semen Zizyphi Spinosae
Famille : Rhamnaceae
Espèces : Ziziphus jujuba Mill. var. spinosa (Bunge) Hu ex H.F. Chou (酸枣仁 Suān Zǎo Rén)
Partie utilisée : graine séchée (noyau), utilisée crue ou grillée
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Suan Zao Ren

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui nourrissent le Cœur et calment l’esprit (yǎng xīn ān shén yào 養心安神藥)
Saveurs : Doux (甘 gān), Acide (酸 suān)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Foie (肝 gān)
Dosage : 9-18 g en décoction ; 1,5-3 g en poudre

Propriétés :

Nourrit le Cœur et calme le Shén, nourrit le Yin du Foie et du Cœur, arrête la transpiration spontanée et les sueurs nocturnes.

Précautions :

Suān Zǎo Rén doit être utilisé avec prudence pendant la grossesse, car il stimule les contractions utérines. Il est contre-indiqué en cas d’excès de Chaleur interne ou de diarrhée. En raison de ses effets sédatifs et hypnotiques, ce remède doit être utilisé avec prudence chez les personnes qui conduisent ou utilisent des machines lourdes. La forme grillée (chǎo suān zǎo rén) est préférée pour calmer le Shén et traiter l’insomnie ; la forme crue est plus indiquée pour drainer la Chaleur. Ce remède est considéré comme très sûr ; jusqu’à 70 g peuvent être utilisés en clinique sans réaction toxique.

Fonctions principales :

Nourrit le Cœur
Calme le Shén
Nourrit le Yin du Foie
Nourrit le Sang
Arrête la transpiration spontanée
Arrête les sueurs nocturnes

Actions et Indications

– Nourrit le Cœur et calme le Shén :
Suān Zǎo Rén est le remède de référence pour toute perturbation du Shén liée à une insuffisance de Sang ou de Yin ne nourrissant pas le Cœur. Il traite l’insomnie, les palpitations, les rêves excessifs, le sommeil léger avec tendance à se réveiller facilement, l’anxiété et l’irritabilité.

Perturbation du Shén par déficience du Cœur et de la Rate : Le Cœur gouverne le Sang et la Rate le produit. Lorsque la Rate est déficiente et ne produit pas suffisamment de Sang pour nourrir le Cœur et le Shén, on observe insomnie, palpitations, fatigue, manque d’appétit, teint jaunâtre et oublis.
– Pour ce tableau, Suān Zǎo Rén est associé à Rén Shēn (Radix Ginseng), Huáng Qí (Radix Astragali), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Lóng Yǎn Ròu (Arillus Longan), formule Guī Pí Tāng 歸脾湯 (Décoction qui Restaure la Rate).

Perturbation du Shén par déficience du Yin du Foie : Le Foie stocke le Sang nécessaire au Shén du Cœur. Lorsque le Yin du Foie est déficient, le patient peut présenter irritabilité, mauvais caractère, insomnie, palpitations, vertiges, acouphènes, sueurs nocturnes, soif et bouche sèche, pouls en corde et filiforme.
– Pour ce tableau, Suān Zǎo Rén est associé à Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Yè Jiāo Téng (Caulis Polygoni Multiflori), Shí Jué Míng (Concha Haliotidis), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Fú Shén (Poria Paradicis), Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Lóng Chǐ (Dens Draconis), formule Suān Zǎo Rén Tāng 酸棗仁湯 (Décoction de Graine de Jujubier Épineux).

Perturbation du Shén par déficience du Cœur et des Reins : Cette situation est caractérisée par une insomnie avec palpitations, soif avec bouche et gorge sèches due à une déficience du Yin des Reins qui ne nourrit plus le Cœur. D’autres symptômes peuvent inclure émissions séminales nocturnes, oublis, selles sèches, ulcères sur la langue, langue rouge avec enduit peu abondant, pouls filiforme et rapide.
– Pour ce tableau, Suān Zǎo Rén est associé à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis).

– Pour l’insomnie avec palpitations, vertiges et oublis, Suān Zǎo Rén est associé à Bái Zǐ Rén (Semen Platycladi), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Fú Shén (Poria Paradicis) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis).

Suān Zǎo Rén est aussi utilisé pour les troubles émotionnels liés à une stagnation du Qi du Foie, caractérisés par mauvaise humeur, dépression, insomnie et irritabilité.
– Pour ce tableau, Suān Zǎo Rén est associé à Hé Huān Pí (Cortex Albiziae), Bái Zǐ Rén (Semen Platycladi), Lóng Chǐ (Dens Draconis) et Hǔ Pò (Succinum).

– Arrête la transpiration spontanée et les sueurs nocturnes :
L’action astringente de Suān Zǎo Rén lui permet de traiter efficacement la transpiration spontanée due à une déficience du Qi et les sueurs nocturnes dues à une déficience du Yin. Cette action complémentaire en fait un remède de choix dans les tableaux de déficience combinant troubles du sommeil et troubles de la sudation.
– Pour la transpiration spontanée avec déficience du Qi, Suān Zǎo Rén est associé à Rén Shēn (Radix Ginseng), Huáng Qí (Radix Astragali) et Bái Zǐ Rén (Semen Platycladi).
– Pour les sueurs nocturnes avec déficience du Yin, Suān Zǎo Rén est associé à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis).

Liste des symptômes

Troubles du sommeil :
Insomnie avec difficulté à s’endormir ou à maintenir le sommeil
Sommeil léger avec tendance à se réveiller facilement
Rêves excessifs et agitation nocturne
Somnolence diurne malgré une nuit insuffisante

Manifestations cardiaques et émotionnelles :
Palpitations cardiaques
Anxiété et inquiétude excessive
Irritabilité et mauvais caractère
Dépression avec contrainte émotionnelle
Oublis et difficultés de concentration

Manifestations liées à la déficience du Sang et du Yin :
Teint pâle ou jaunâtre
Vertiges et acouphènes
Bouche et gorge sèches
Soif sans désir de boire
Langue rouge avec enduit peu abondant

Troubles de la transpiration :
Transpiration spontanée de jour (déficience du Qi)
Sueurs nocturnes (déficience du Yin)

Autres indications :
Selles sèches dans les tableaux de déficience du Yin
Fatigue et manque d’énergie dans les déficiences du Sang

Commentaire

Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae) est le remède sédatif et hypnotique par excellence en pharmacopée chinoise. Première cité dans le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), cette graine issue du jujubier épineux est depuis deux millénaires l’un des remèdes les plus utilisés pour traiter l’insomnie, les palpitations et tous les désordres du Shén liés à une insuffisance de Sang ou de Yin ne nourrissant plus le Cœur. Sa saveur douce et acide, associée à une nature neutre, en font un remède doux et nourrissant, adapté aux tableaux de déficience sans Chaleur importante.

Le mécanisme principal de Suān Zǎo Rén repose sur sa capacité à nourrir simultanément le Sang du Cœur et le Yin du Foie. En médecine chinoise, le Foie stocke le Sang pendant le sommeil ; lorsque ce Sang est insuffisant, le Shén du Cœur n’est plus ancré et le sommeil est perturbé. Suān Zǎo Rén agit donc à la fois sur le Foie, en nourrissant son Yin et son Sang, et sur le Cœur, en ancrant le Shén. Sa saveur acide lui confère également une action astringente qui arrête les pertes de fluides, qu’il s’agisse de transpiration spontanée ou de sueurs nocturnes.

Suān Zǎo Rén se distingue de Bái Zǐ Rén (Semen Platycladi) par la puissance de son action sédative et par sa fonction astringente pour arrêter la transpiration. Les deux remèdes traitent l’irritabilité, l’insomnie, l’anxiété et les palpitations liées à une insuffisance de Sang ne nourrissant plus le Cœur, mais Suān Zǎo Rén est plus fort pour calmer le Shén. Bái Zǐ Rén, riche en huiles, est quant à lui supérieur pour lubrifier les intestins en cas de constipation associée.

Associations

– avec Rén Shēn (Radix Ginseng), Huáng Qí (Radix Astragali), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Lóng Yǎn Ròu (Arillus Longan) : pour l’insomnie et les palpitations par déficience du Cœur et de la Rate (formule Guī Pí Tāng 歸脾湯 Décoction qui Restaure la Rate)

– avec Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Yè Jiāo Téng (Caulis Polygoni Multiflori), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Fú Shén (Poria Paradicis) : pour l’insomnie et l’irritabilité par déficience du Yin du Foie (formule Suān Zǎo Rén Tāng 酸棗仁湯 Décoction de Graine de Jujubier Épineux)

– avec Bái Zǐ Rén (Semen Platycladi), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) et Fú Shén (Poria Paradicis) : pour l’insomnie avec palpitations, vertiges et oublis par déficience du Sang du Cœur

– avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) : pour l’insomnie par déficience du Cœur et des Reins avec soif, émissions nocturnes et selles sèches

– avec Hé Huān Pí (Cortex Albiziae), Lóng Chǐ (Dens Draconis) et Hǔ Pò (Succinum) : pour l’insomnie et les troubles émotionnels par stagnation du Qi du Foie

– avec Rén Shēn (Radix Ginseng), Huáng Qí (Radix Astragali) et Bái Zǐ Rén (Semen Platycladi) : pour la transpiration spontanée par déficience du Qi

– avec Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) : pour les sueurs nocturnes par déficience du Yin

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生酸枣仁 shēng suān zǎo rén) : forme non transformée ; davantage indiqué pour drainer la Chaleur et traiter les states de Chaleur-Humidité
– grillé (炒酸枣仁 chǎo suān zǎo rén) : forme légèrement grillée à feu doux ; renforce l’action sédative et hypnotique, recommandée pour calmer le Shén et traiter l’insomnie ; c’est la forme la plus couramment utilisée en clinique
– Écraser les graines avant la décoction pour faciliter l’extraction des principes actifs

Formules Classiques

Suān Zǎo Rén Tāng 酸棗仁湯 (Décoction de Graine de Jujubier Épineux)
Formule tirée des Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 (Prescriptions Essentielles du Coffre en Or) de Zhāng Zhòng-Jǐng. Elle combine Suān Zǎo Rén avec Fú Líng (Poria), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter l’insomnie, l’irritabilité et les états d’épuisement par déficience du Yin du Foie avec Chaleur-Vide.

Guī Pí Tāng 歸脾湯 (Décoction qui Restaure la Rate)
Cette formule associe Suān Zǎo Rén à Rén Shēn (Radix Ginseng), Huáng Qí (Radix Astragali), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Lóng Yǎn Ròu (Arillus Longan), Fú Shén (Poria Paradicis), Yuǎn Zhì (Radix Polygalae), Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter les tableaux de déficience du Cœur et de la Rate avec insomnie, palpitations, fatigue et teint pâle.

Toxicité :

Suān Zǎo Rén est un remède très sûr. Des doses allant jusqu’à 70 g peuvent être utilisées en clinique sans réaction toxique. Dans les études de toxicologie animale, une décoction à 150 g/kg n’a montré aucune toxicité. La DL50 par injection intrapéritonéale est de 14,3 g/kg chez la souris. Ce remède possède des effets sédatifs et hypnotiques ; il potentialise l’effet sédatif des barbituriques et inverse l’excitation provoquée par la caféine. En raison de cet effet sédatif, les personnes qui le prennent doivent être prudentes lors de la conduite ou de l’utilisation de machines lourdes. L’extrait aqueux de Suān Zǎo Rén a un effet stimulant sur le muscle lisse utérin ; son usage est déconseillé pendant la grossesse.


Yuan Zhi

Yuan Zhi

Yuǎn Zhī (Radix Polygalae Tenuifoliae)

Identification

Chinois : 遠志
Pinyin : yuǎn zhī
Traduction : grande volonté, longue détermination
Nom commun : racine de polygala à feuilles étroites, racine de millepertuis de Sibérie
Nom latin : Radix Polygalae Tenuifoliae
Famille : Polygalaceae
Espèces : Polygala tenuifolia Willd. (遠志 Yuǎn Zhī) ; Polygala sibirica L. (軟葉遠志 Ruǎn Yè Yuǎn Zhī)
Partie utilisée : racine séchée, décortiquée ou entière
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Yuan Zhi

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui nourrissent le Cœur et calment l’esprit (養心安神藥 yǎng xīn ān shén yào)
Saveurs : Âcre (辛 xīn), Amer (苦 kǔ)
Nature : Légèrement Chaud (微溫 wēi wēn)
Méridiens : Poumon (肺 fèi), Cœur (心 xīn)
Dosage : 3-9 g en décoction

Propriétés :

Pacifie le Cœur et calme le Shén, dissout les Glaires et clarifie les Orifices, dissout les Glaires du Poumon, réduit les abcès et disperse les gonflements.

Précautions :

Yuǎn Zhī est de nature desséchante ; il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant des symptômes de Chaleur ou des Glaires chaudes. Son usage est également déconseillé en cas de gastrite, d’ulcère gastrique ou duodénal. Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) peut être ajouté pour atténuer l’effet irritant de Yuǎn Zhī sur l’Estomac et prévenir les nausées et vomissements. En raison de son action stimulante sur les contractions utérines, ce remède doit être utilisé avec une extrême prudence pendant la grossesse.

Fonctions principales :

Apaise le Cœur
Calme le Shén
Dissout les Glaires
Clarifie les Orifices
Expulse les Glaires du Poumon
Réduit les abcès
Disperse les gonflements

Actions et Indications

– Apaise le Cœur et calme le Shén :
Yuǎn Zhī renforce le Qi du Cœur et dissipe les stagnations dans le Cœur. Il est principalement utilisé pour l’agitation, les palpitations, l’insomnie ou la déficience du Rein et du Cœur entraînant des émissions nocturnes, une spermatorrhée et des troubles de la mémoire. La forme préparée au miel (mì zhì Yuǎn Zhī) nourrit davantage le Cœur et calme le Shén.
– Pour l’insomnie, les palpitations avec anxiété, l’agitation, la désorientation, les émissions nocturnes et la spermatorrhée, Yuǎn Zhī est associé à Fú Shén (Poria Paradicis), Lóng Chǐ (Dens Draconis) ou Zhū Shā (Cinnabaris).
– Pour l’oubli, la perte de mémoire ou l’incapacité à se concentrer, on l’associe à Rén Shēn (Radix Ginseng), Fú Líng (Poria), Yín Guǒ Yè (Folium Ginkgo) et Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori).
– Pour l’insomnie avec excès de rêves, on utilise Yuǎn Zhī préparé au miel en remède unique.

– Dissout les Glaires et clarifie les Orifices :
Yuǎn Zhī possède une excellente capacité à dissiper les Glaires dans le Cœur, qui se manifestent par une désorientation mentale ou émotionnelle, des convulsions ou une perte auditive due à l’obstruction des orifices par les Glaires.
– Pour la désorientation et les convulsions, il est associé à Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori), Yù Jīn (Radix Curcumae), Tiān Zhú Huáng (Concretio Silicea Bambusae) et Dǎn Nán Xīng (Arisaema cum Bile).
– Pour le comportement maniaque avec enduit lingual gras et pouls glissant, on associe Yuǎn Zhī à Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori), Dǎn Nán Xīng (Arisaema cum Bile), Fú Shén (Poria Paradicis) et Shēng Tiě Luò (Frusta Ferri).

– Dissout les Glaires du Poumon :
Yuǎn Zhī dissipe les Glaires dans le Poumon pour traiter la toux avec expectorations blanches. Ses applications cliniques incluent la bronchite, la pneumonie et d’autres affections respiratoires.
– Pour la toux avec expectorations blanches dues au Froid, ce remède est associé à Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae).

– Réduit les abcès et disperse les gonflements :
Ce remède est couramment utilisé pour traiter les furoncles, abcès, plaies ou seins gonflés et douloureux causés par l’obstruction des canaux et collatéraux par les Glaires. Yuǎn Zhī peut être pris en interne sous forme de poudre avec de l’alcool, ou appliqué en cataplasme en usage externe.

Liste des symptômes

Troubles du Shén et du Cœur :
Insomnie
Palpitations avec anxiété
Agitation et désorientation
Troubles de la mémoire et oubli
Difficultés de concentration
Émissions nocturnes et spermatorrhée

Troubles par obstruction des Glaires :
Désorientation mentale et émotionnelle
Comportement maniaque et délirant
Convulsions et épilepsie
Perte auditive par obstruction des orifices
Stupeur par accumulation de Glaires turbides dans le Cœur

Troubles respiratoires :
Toux avec expectorations blanches abondantes difficiles à expectorer
Bronchite
Pneumonie

Autres indications :
Abcès, furoncles et plaies
Seins gonflés et douloureux (mastite aiguë)
Vaginite à Trichomonas (usage externe)

Commentaire

Yuǎn Zhī (遠志), dont le nom signifie « grande volonté » ou « longue détermination », est l’un des remèdes les plus anciens de la pharmacopée chinoise, mentionné dans le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) comme remède de grade supérieur. Sa double saveur âcre et amère lui confère la capacité unique de à la fois dissiper les stagnations du Cœur et transformer les Glaires, ce qui le distingue de la plupart des autres remèdes calmant le Shén. Sa nature légèrement chaude lui permet d’agir sans engendrer de Froid pathogène.

L’action principale de Yuǎn Zhī réside dans sa capacité à renforcer la communication entre le Cœur et le Rein. Lorsque le Qi du Cœur est déficient et que la connexion entre le Cœur et le Rein est interrompue, des symptômes tels que l’insomnie, les palpitations, la spermatorrhée et les troubles de la mémoire apparaissent. En renforçant le Qi du Cœur et en dissipant les stagnations, Yuǎn Zhī rétablit cette communication essentielle. C’est en ce sens qu’il se distingue de Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori) : tous deux dissolvent les Glaires, ouvrent les Orifices et calment le Shén, mais Yuǎn Zhī est principalement utilisé pour dissoudre les Glaires et arrêter la toux, pour les patients avec toux et expectorations abondantes difficiles à expectorer, et pour disperser les nodules et les abcès ; Shí Chāng Pú dissout l’Humidité et est plus efficace pour harmoniser l’Estomac et traiter les sensations de congestion ou de douleur dans la poitrine et l’abdomen.

La forme crue de Yuǎn Zhī est plus puissante pour dissiper les Glaires et ouvrir les Orifices, tandis que la forme préparée au miel est plus efficace pour calmer le Shén et tranquilliser l’esprit. Cependant, la forme crue ou non transformée peut parfois irriter la gorge ; cette irritation peut être éliminée en faisant frire Yuǎn Zhī à sec, ou en le faisant bouillir avec Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) dans de l’eau chaude.

Associations

– avec Fú Shén (Poria Paradicis), Lóng Chǐ (Dens Draconis) ou Zhū Shā (Cinnabaris) : pour l’insomnie, les palpitations avec anxiété, l’agitation et la désorientation

– avec Rén Shēn (Radix Ginseng), Fú Líng (Poria), Yín Guǒ Yè (Folium Ginkgo) et Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori) : pour l’oubli, la perte de mémoire et les difficultés de concentration

– avec Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori), Yù Jīn (Radix Curcumae), Tiān Zhú Huáng (Concretio Silicea Bambusae) et Dǎn Nán Xīng (Arisaema cum Bile) : pour la désorientation et les convulsions dues aux Glaires obstruant le Cœur

– avec Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) : pour la toux avec expectorations blanches dues au Froid

– avec Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori) et Fú Shén (Poria Paradicis) : pour les palpitations et l’insomnie dues aux Glaires

– avec Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) : pour atténuer l’effet irritant sur l’Estomac et prévenir les nausées

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (shēng Yuǎn Zhī) : dissipe plus fortement les Glaires et ouvre les Orifices ; peut irriter la gorge et l’Estomac
– préparé au miel (mì zhì Yuǎn Zhī) : plus efficace pour calmer le Shén et tranquilliser l’esprit ; réduit l’irritation gastrique
– frit à sec (chǎo Yuǎn Zhī) : élimine l’irritation de la gorge tout en conservant l’action expectorante

Formules Classiques

– Dìng Zhì Wán (Pilule pour Stabiliser la Volonté)
Cette formule associe Yuǎn Zhī à Rén Shēn (Radix Ginseng), Fú Shén (Poria Paradicis) et Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori) pour traiter les déficiences du Cœur et du Rein avec oubli, palpitations et insomnie. Elle est également reconnue pour améliorer les fonctions cognitives et la mémoire altérées par l’éthanol.

– Ān Shén Bǔ Xīn Wán (Pilule pour Calmer le Shén et Tonifier le Cœur)
Formule intégrant Yuǎn Zhī avec Suān Zǎo Rén (Semen Ziziphi Spinosae), Bái Zǐ Rén (Semen Platycladi), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) pour traiter l’insomnie, l’anxiété et les palpitations dues à une déficience du Cœur.

– Guī Pí Tāng (Décoction pour Tonifier la Rate)
Yuǎn Zhī est incorporé dans cette formule classique avec Rén Shēn (Radix Ginseng), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Huáng Qí (Radix Astragali), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Lóng Yǎn Ròu (Arillus Longan) pour traiter les déficiences de la Rate et du Cœur avec insomnie, rêves excessifs, inquiétude, fatigue, palpitations et oubli.

Toxicité :

Yuǎn Zhī ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Il peut provoquer une irritation de la gorge et de l’Estomac, notamment sous sa forme crue. Des extraits d’eau et d’alcool ont démontré un effet stimulant sur l’utérus chez les animaux de laboratoire, ce qui contre-indique son usage pendant la grossesse. Des interactions potentielles avec les diurétiques sont à surveiller, bien qu’elles n’aient pas été formellement documentées. Aucune autre interaction médicamenteuse majeure n’a été rapportée aux doses habituelles.


Di Long

Di Long

Dì Lóng (Pheretima)

Identification

Chinois : 地龍
Pinyin : dì lóng
Traduction : dragon de la terre
Nom commun : ver de terre séché
Nom latin : Pheretima
Famille : Megascolecidae
Espèces : Pheretima aspergillum (Perrier) (廣地龍 guǎng dì lóng) ; Allolobophora caliginosa (Savigny) trapezoides (Ant. Duges) (土地龍 tǔ dì lóng)
Partie utilisée : corps entier séché, éviscéré
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Di Long

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui apaisent le Foie et éteignent le Vent (píng gān xī fēng yào 平肝熄风药)
Saveurs : Salé (鹹 xián)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Foie (肝 gān), Rate (脾 pí), Vessie (膀胱 páng guāng), Poumon (肺 fèi)
Dosage : 5-15 g en décoction ; 1-2 g en poudre ; 10-20 g (forme fraîche)

Propriétés :

Clarifie la Chaleur et éteint le Vent, arrête les convulsions et les spasmes, ouvre les méridiens et les collatéraux, calme l’asthme et arrête la dyspnée, abaisse le Yang du Foie, favorise la diurèse.

Précautions :

Dì Lóng est contre-indiqué chez les patients présentant une déficience et un Froid de la Rate et de l’Estomac, ainsi qu’en l’absence de signes de Chaleur en excès. Il doit être utilisé avec précaution pendant la grossesse, car il stimule les contractions utérines. Des réactions allergiques ont été rapportées, notamment lors d’administration par injection. Ce remède ne convient pas aux patients souffrant de vide de Qi sans manifestation de Chaleur.

Fonctions principales :

Clarifie la Chaleur et éteint le Vent
Arrête les convulsions et les spasmes
Ouvre les méridiens et les collatéraux
Soulage les douleurs d’obstruction
Calme l’asthme et arrête la dyspnée
Favorise la diurèse
Abaisse le Yang du Foie
Réduit la pression artérielle

Actions et Indications

– Clarifie la Chaleur et éteint le Vent :
Dì Lóng est pénétrant de nature, il éteint le Vent et clarifie la Chaleur pour traiter les affections fébriles avec forte fièvre, manie, convulsions, spasmes et épilepsie.
Il est particulièrement indiqué dans les patterns de Chaleur intense générant le Vent interne avec agitation, perte de conscience et opisthotonos.
– Pour la forte fièvre avec épilepsie, Dì Lóng peut être utilisé seul avec de l’eau salée.
– Pour les convulsions, on l’associe à Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Quán Xiē (Scorpio) et Zǎo Xiū (Rhizoma Paridis).
– Pour la manie et la schizophrénie avec forte fièvre, on utilise Dì Lóng frais avec du sucre blanc et de l’eau.
– Pour les convulsions fébriles de l’enfant avec méningite et fièvre persistante, on l’associe à Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) et Quán Xiē (Scorpio).

– Ouvre les méridiens et les collatéraux :
Dì Lóng débouche les méridiens, soulage les douleurs et traite les obstructions dans les méridiens et les collatéraux (bì zhèng 痺證), qu’elles soient d’origine Chaleur ou Froid.
Il est couramment utilisé pour les syndromes d’obstruction douloureuse avec douleurs articulaires, raideur et engourdissement des membres.
– Pour le bì zhèng par Chaleur avec articulations rouges, gonflées, chaudes et douloureuses, on l’associe à Sāng Zhī (Mori Ramulus), Rěn Dōng Téng (Caulis Lonicerae), Luò Shí Téng (Caulis Trachelospermi) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae).
– Pour le bì zhèng par Froid avec articulations froides, mobilité réduite et douleur aggravée par le froid, on l’associe à Cǎo Wū (Radix Aconiti Kusnezoffii), Chuān Wū (Radix Aconiti Preparata) et Tiān Nán Xīng (Rhizoma Arisaematis), formule Xiǎo Huó Luò Dān 小活絡丹 (Pilule Mineure pour Vivifier les Collatéraux).
– Pour l’hémiplégie post-AVC avec stagnation du Qi et du Sang, on l’associe à Huáng Qí (Radix Astragali), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Hóng Huā (Flos Carthami), formule Bǔ Yáng Huán Wǔ Tāng 補陽還五湯 (Décoction pour Tonifier le Yang et Restaurer les Cinq).
– Pour les fractures avec gonflement et douleur, on l’associe à Dāng Guī (Extremitas Radicis Angelicae Sinensis), Sū Mù (Lignum Sappan) et Táo Rén (Semen Persicae).
– Pour l’AVC avec hémiplégie et troubles de la parole, on l’associe à Tiān Má (Gastrodiae Rhizoma), Sāng Zhī (Mori Ramulus) et Bàn Xià (Pinelliae Rhizoma preparatum).

– Calme l’asthme et arrête la dyspnée :
Dì Lóng dilate les muscles bronchiques et calme la dyspnée. Il est efficace pour l’asthme bronchique, le sifflement respiratoire et la coqueluche chez l’enfant causés par la Chaleur du Poumon.
Il est récemment utilisé sous forme injectable pour traiter les crises d’asthme.
– Pour la Chaleur du Poumon avec dyspnée et toux, on l’associe à Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum).
– Pour la coqueluche ou les spasmes bronchiques avec mucosités, Dì Lóng peut être utilisé seul.

– Favorise la diurèse :
De saveur salée, Dì Lóng entre dans le méridien de la Vessie pour clarifier la Chaleur et promouvoir la diurèse. Il traite les difficultés urinaires avec dysurie, les calculs urinaires et la rétention urinaire.
– Pour la dysurie, on l’associe à Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Chuān Mù Tōng (Caulis Clematidis Armandii) et Dōng Kuí Zǐ (Semen Malvae).
– Pour les calculs urinaires, on l’associe à Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae) et Hǎi Jīn Shā (Herba Lygodii).
– Pour l’oedème des membres inférieurs avec démangeaisons entre les orteils et faiblesse des pieds, on l’associe à Mù Guā (Fructus Chaenomelis) et Fěn Fáng Jǐ (Radix Stephaniae Tetandrae).

– Abaisse le Yang du Foie et réduit la pression artérielle :
Dì Lóng exerce un effet doux mais durable pour abaisser la pression artérielle. Il traite efficacement l’hypertension causée par la montée du Yang du Foie avec yeux rouges, céphalées, vertiges et goût amer dans la bouche.
– Pour l’hypertension avec Yang du Foie ascendant, on l’associe à Tiān Má (Gastrodiae Rhizoma), Shí Jué Míng (Haliotidis Concha) et Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae).

Liste des symptômes

Troubles fébriles et neurologiques :
Forte fièvre avec agitation et manie
Convulsions et spasmes chez l’enfant
Épilepsie et crises convulsives
Opisthotonos et contractures
Perte de conscience

Troubles musculo-squelettiques :
Syndrome d’obstruction douloureuse par Chaleur-Humidité
Articulations rouges, gonflées, chaudes et douloureuses
Raideur et engourdissement des membres
Hémiplégie post-AVC
Paralysie avec troubles de la parole
Douleurs et gonflement des fractures

Troubles respiratoires :
Asthme bronchique par Chaleur du Poumon
Sifflement respiratoire et dyspnée
Coqueluche chez l’enfant
Spasmes bronchiques avec mucosités

Troubles urinaires et cardiovasculaires :
Dysurie par Chaleur de la Vessie
Calculs urinaires
Rétention urinaire
Oedème des membres inférieurs
Hypertension par Yang du Foie ascendant
Céphalées et vertiges par Yang ascendant

Commentaire

Dì Lóng (Pheretima) tire son nom de «dragon de la terre» (dì lóng 地龍), évoquant sa nature pénétrante et sa capacité à se mouvoir librement dans la terre, tout comme il ouvre les méridiens et les collatéraux dans le corps humain. Ce remède figure parmi les plus anciens de la pharmacopée chinoise, mentionné dès le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur). Sa saveur salée lui confère une action descendante et pénétrante, tandis que sa nature froide en fait un remède de choix pour tous les syndromes de Chaleur interne génératrice de Vent.

La principale caractéristique de Dì Lóng est sa polyvalence remarquable. Il agit simultanément sur quatre méridiens, Foie, Rate, Vessie et Poumon, ce qui lui permet de traiter des pathologies aussi diverses que les convulsions fébriles, l’hémiplégie, l’asthme et les calculs urinaires. Son action sur le méridien du Foie lui permet d’éteindre le Vent interne et de calmer le Yang ascendant, tandis que son action sur le méridien du Poumon lui permet de dilater les bronches et de calmer la dyspnée. La Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Traité de la Matière Médicale) de Lǐ Shí-Zhēn au 16e siècle décrit son action pénétrante pour ouvrir les collatéraux obstrués.

Dì Lóng se distingue de Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis) par ses actions complémentaires : alors que Gōu Téng se concentre principalement sur l’extinction du Vent hépatique et la sédation du Yang du Foie par sa nature légère et clarifiante, Dì Lóng excelle dans l’ouverture des méridiens et des collatéraux, le traitement de l’hémiplégie et la dilatation bronchique. Dì Lóng est par ailleurs supérieur à Gōu Téng pour la diurèse et le traitement des obstructions des voies urinaires. La combinaison des deux substances renforce l’extinction du Vent interne dans les pathologies sévères.

Associations

– avec Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) et Quán Xiē (Scorpio) : pour les convulsions, spasmes et méningite avec fièvre persistante et perte de conscience

– avec Huáng Qí (Radix Astragali), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Hóng Huā (Flos Carthami) : pour l’hémiplégie post-AVC avec stagnation du Qi et du Sang (formule Bǔ Yáng Huán Wǔ Tāng 補陽還五湯 Décoction pour Tonifier le Yang et Restaurer les Cinq)

– avec Cǎo Wū (Radix Aconiti Kusnezoffii), Chuān Wū (Radix Aconiti Preparata) et Tiān Nán Xīng (Rhizoma Arisaematis) : pour le syndrome d’obstruction douloureuse par Froid avec articulations froides et mobilité réduite (formule Xiǎo Huó Luò Dān 小活絡丹 Pilule Mineure pour Vivifier les Collatéraux)

– avec Sāng Zhī (Mori Ramulus), Rěn Dōng Téng (Caulis Lonicerae) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) : pour le syndrome d’obstruction douloureuse par Chaleur-Humidité avec articulations rouges et gonflées

– avec Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum) : pour la Chaleur du Poumon avec dyspnée et toux

– avec Tiān Má (Gastrodiae Rhizoma), Shí Jué Míng (Haliotidis Concha) et Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae) : pour l’hypertension par Yang du Foie ascendant

– avec Tiān Má (Gastrodiae Rhizoma), Sāng Zhī (Mori Ramulus) et Bàn Xià (Pinelliae Rhizoma preparatum) : pour l’AVC avec hémiplégie et troubles de la parole

– avec Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis) et Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae) : pour les calculs urinaires avec dysurie

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng dì lóng) : forme standard en décoction, action complète pour clarifier la Chaleur, éteindre le Vent, ouvrir les méridiens et favoriser la diurèse
– en poudre (研末 yán mò) : dosage réduit à 1-2 g, efficace pour les convulsions, l’épilepsie et l’ouverture des collatéraux
– frais (鮮用 xiān yòng) : dosage augmenté à 10-20 g, action plus forte pour clarifier la Chaleur ; peut être utilisé topiquement broyé avec du sucre pour les parotidites aiguës, les ulcères chroniques, les brûlures et les furoncles

Formules Classiques

– Bǔ Yáng Huán Wǔ Tāng (補陽還五湯 Décoction pour Tonifier le Yang et Restaurer les Cinq)
Cette formule combine Dì Lóng avec Huáng Qí (Radix Astragali) en grande dose, Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Hóng Huā (Flos Carthami) et Táo Rén (Semen Persicae) pour traiter l’hémiplégie, la paralysie faciale, les troubles de la parole et l’incontinence urinaire consécutifs à un AVC par déficience du Qi et stagnation du Sang.

– Xiǎo Huó Luò Dān (小活絡丹 Pilule Mineure pour Vivifier les Collatéraux)
Cette pilule associe Dì Lóng à Cǎo Wū (Radix Aconiti Kusnezoffii), Chuān Wū (Radix Aconiti Preparata), Tiān Nán Xīng (Rhizoma Arisaematis) et Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum) pour traiter le syndrome d’obstruction douloureuse chronique par Froid-Humidité avec douleurs intenses des articulations et des muscles, engourdissement et mobilité réduite.

Toxicité :

Dì Lóng présente une toxicité faible aux doses thérapeutiques recommandées. Des réactions allergiques ont été rapportées, principalement lors d’administration par injection, mais les données précises sur leur fréquence et leur gravité restent limitées. Une stimulation des contractions utérines a été démontrée expérimentalement chez l’animal, justifiant la contre-indication pendant la grossesse. En raison de sa nature froide, une utilisation prolongée peut affaiblir la Rate et l’Estomac chez les sujets présentant une déficience digestive avec signes de Froid. L’usage topique (broyé avec sucre) est bien toléré. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été formellement documentée dans les sources traditionnelles, mais la prudence s’impose chez les patients sous anticoagulants, en raison des effets antithrombotiques mis en évidence expérimentalement.


Jiang Can

Jiang Can

Jiāng Cán (Bombyx batryticatus)

Identification

Chinois : 僵蚕
Pinyin : Jiāng Cán
Traduction : Ver à soie momifié (blanc)
Nom commun : Ver à soie mort-blanc, Bombyx batryticatus
Nom latin : Bombyx batryticatus
Famille : Bombycidae
Espèces : Bombyx mori L. (蚕 jiǎn cán) parasité par Beauveria bassiana (BALS.) Vuill. (白僵菌 bái jiāng jūn)
Partie utilisée : Corps entier du ver à soie larvaire mort et momifié avant sa mue
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) par Shén Nóng au 2è siècle
Jiang Can

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui apaisent le Foie et éteignent le Vent ( 平肝熄风药 píng gān xī fēng yào)
Saveurs : Piquant (辛 xīn), Salé (鹹 xián)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Foie (肝 gān), Poumon (肺 fèi)
Dosage : 3-9 g en décoction ; 1-1,5 g en poudre avalée directement

Propriétés :

Jiāng Cán éteint le Vent, arrête les spasmes et les convulsions, disperse la Chaleur-Vent, transforme les Glaires et disperse les accumulations. Il est particulièrement indiqué dans les pathologies mêlant Vent, Glaires et Chaleur avec manifestations convulsives, céphalées, obstructions du pharynx ou nodules phlegmateux.

Précautions :

Contre-indiqué dans les convulsions ou terreurs nocturnes de l’enfant dues à un vide du Cœur avec agitation de l’Esprit (Shen 神) et de l’Âme Éthérée (Hún 魂), ou à un vide de Sang entraînant des spasmes des canaux et collatéraux. Contre-indiqué dans les hémorragies utérines continues ou les douleurs post-partum ne relevant pas d’une invasion extérieure de Vent-Froid. Selon certaines sources traditionnelles, antagonise Jié Gěng (Platycodi Radix), Fú Líng (Poria), Bì Xiè (Dioscoreae hypoglaucae Rhizoma) et Sāng Piāo Xiāo (Mantidis Ootheca).

Fonctions principales :

Éteint le Vent interne du Foie
Arrête les spasmes et convulsions
Transforme les Glaires-Chaleur
Dissipe les nodules et accumulations de Glaires
Dissipe le Vent externe
Arrête la douleur due au Vent
Soulage les démangeaisons cutanées dues au Vent

Actions et Indications

– Éteint le Vent et arrête les spasmes et convulsions :
Jiāng Cán traite les convulsions de l’enfant, la paralysie faciale, le trismus et les crises épileptiques. Il est particulièrement indiqué pour les convulsions liées au mouvement interne du Vent du Foie ou aux Glaires-Chaleur, surtout quand ces deux facteurs sont associés.
Il s’emploie dans toutes les formes de convulsions, qu’elles soient fébriles ou non, et pour les séquelles neuromusculaires (tétanos, paralysie faciale par Vent-froid ou Vent-Chaleur).
– Pour les convulsions fébriles de l’enfant et de l’adulte associées aux maladies de Tièdeur (Wen Bing), Jiāng Cán est associé à Chán Tuì (Cicadae Periostracum), Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis) et Jú Huā (Chrysanthemi Flos).
– Pour les convulsions rapidement évolutives accompagnées de râles et de contractions généralisées, on l’associe à Tiān Má (Gastrodiae Rhizoma),
Quán Xiē (Scorpio) et Dǎn Nán Xīng (Arisaema cum Bile).
– Pour les convulsions chroniques de l’enfant dues à une diarrhée chronique par vide de Rate, on l’associe à Dǎng Shēn (Codonopsis Radix), Bái Zhú (Atractylodis macrocephalae Rhizoma) et Tiān Má (Gastrodiae Rhizoma).

– Disperse le Vent-Chaleur, arrête la douleur et calme les démangeaisons :
Jiāng Cán traite les céphalées et migraines rebelles, la toothalglie par Vent de la tête, les yeux rouges et douloureux, la gorge enflée et douloureuse avec perte de voix, ainsi que les éruptions cutanées prurigineuses par Vent-Chaleur.
Son action piquante, dispersante et ascendante lui permet d’atteindre la face, la tête et la gorge, zones privilégiées d’expression du Vent-Chaleur.
– Pour les céphalées frontales, Jiāng Cán est associé à Bái Zhǐ (Angelicae dahuricae Radix).
– Pour les maux de gorge enflés et douloureux avec Vent-Chaleur, on l’associe à Chán Tuì (Cicadae Periostracum) et Bò Hé (Menthae haplocalycis Herba).

– Transforme les Glaires et disperse les accumulations :
Jiāng Cán traite les accumulations phlegmateuses sous forme de scrofules, de nodules cervicaux, de masses de Glaires, et de syndrome Bi obstructif. Sa nature asséchante et sa saveur salée lui permettent de ramollir et disperser les accumulations dures.
Il est indiqué dans les gonflements et douleurs de la gorge par Glaires-Chaleur, les nodules lymphatiques, le goitre phlegmateux et toutes formes de masses dues aux Glaires.
– Pour les scrofules, les nodules de Glaires et les masses phlegmateuses, Jiāng Cán est associé à Xià Kū Cǎo (Prunellae Spica) et Zhè Bèi Mǔ (Fritillariae thunbergii Bulbus).
– Pour les convulsions épileptiques dues aux Glaires-Chaleur, on l’associe à Yù Jīn (Curcumae Radix) et Míng Fán (Alumen).

– Expulse le Vent et arrête les démangeaisons cutanées :
Jiāng Cán traite l’urticaire, les éruptions cutanées prurigineuses et toutes affections de la peau accompagnées de démangeaisons liées au Vent.
Son action externe de dispersion du Vent en surface de la peau et des interstices le rend utile en dermatologie, notamment pour les éruptions dues au Vent-Chaleur.
– Pour les éruptions cutanées prurigineuses par Vent-Chaleur, Jiāng Cán est associé à Chán Tuì (Cicadae Periostracum) et Fáng Fēng (Saposhnikoviae Radix).

Liste des symptômes

Vent interne et convulsions :
Convulsions fébriles de l’enfant
Épilepsie et crises convulsives par Vent-Glaires-Chaleur
Paralysie faciale et bouche déviée (séquelles de Vent)
Tétanos et contractures musculaires
Trismus (opisthotonos)

Vent-Chaleur à la tête et gorge :
Céphalées et migraines rebelles par Vent de la tête
Gorge douloureuse et enflée avec perte de voix
Yeux rouges et douloureux
Odontalgie par Vent-Chaleur

Glaires et accumulations :
Scrofules et adénopathies cervicales
Nodules de Glaires dans la gorge
Goitre phlegmateux
Masses de Glaires dans la région cervicale

Affections cutanées :
Urticaire (éruptions par Vent-Chaleur)
Démangeaisons cutanées par Vent
Éruptions prurigineuses diverses

Commentaire

Jiāng Cán 僵蚕 est la larve du ver à soie (Bombyx mori) morte et momifiée par le champignon Beauveria bassiana avant d’atteindre son stade de filage de la soie. Son premier texte de référence est le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur). Piquant, salé et neutre, il entre dans les méridiens du Foie et du Poumon. Sa nature asséchante lui permet de transformer les Glaires et d’assécher l’Humidité, tandis que ses saveurs piquante et salée lui confèrent respectivement une action dispersante du Vent-Chaleur et une capacité à ramollir les nodules et disperser les accumulations dures.

Li Shí-Zhēn soulignait dans le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Compendium de Matière Médicale) que Jiāng Cán « traite le Vent, transforme les Glaires, disperse les accumulations et favorise la circulation dans les canaux – c’est ce qu’on appelle reconnaître la signification de l’influence mutuelle du Qi et l’appliquer ». Zhang Shān-Léi précisa ultérieurement qu’il « clarifie, purifie et dirige le Feu vers le bas ». Zhang Jié-Gǔ le qualifiait de « légèrement chaud par nature, léger, flottant et haussant le Yang dans le Yang », ce qui lui permet d’expulser tout type de Vent dans la peau. Son originalité clinique réside dans sa double capacité : éteindre le Vent interne tout en transformant les Glaires, ce qui le rend irremplaçable dans les convulsions à composante phlegmateuse. La poudre fine de Jiāng Cán cru, mélangée à du vinaigre vieilli et appliquée en topique, a montré de bons résultats dans la mastite aiguë.

Comparé à Chán Tuì (Cicadae Periostracum), Jiāng Cán partage la capacité d’éliminer le Vent et de relâcher les spasmes, et les deux remèdes sont souvent combinés pour traiter les céphalées, la gorge enflée et les convulsions dues aux pathologies Vent-Chaleur dans les méridiens du Poumon et du Foie. Cependant, Jiāng Cán possède en outre la capacité de transformer les Glaires et de disperser les accumulations (scrofules, nodules), tandis que Chán Tuì est plus indiqué pour faire sortir les éruptions cutanées et réduire les obstructions visuelles superficielles. Comparé à Quán Xiē (Scorpio) et Wú Gōng (Scolopendra), tous trois expulsent le Vent et arrêtent les spasmes : Jiāng Cán tend à drainer la Chaleur, expulser le Vent et transformer les Glaires ; Quán Xiē éteint plus fortement le Vent et arrête les spasmes ; Wú Gōng est plus violent dans son action, utilisé pour les contractures rigides et l’opisthotonos.

Associations

– avec Chán Tuì (Cicadae Periostracum) et Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis) : convulsions fébriles de l’enfant et de l’adulte dans les maladies de Tièdeur (Wen Bing)

– avec Tiān Má (Gastrodiae Rhizoma) et Quán Xiē (Scorpio) : convulsions rapidement évolutives avec contractures généralisées et râles dans la gorge

– avec Quán Xiē (Scorpio), Wú Gōng (Scolopendra) et Chán Tuì (Cicadae Periostracum) : tétanos et affections de type tétanique dans la formule Wǔ Hǔ Zhuī Fēng Sǎn 五虎追風散 (Poudre des Cinq Tigres pour Pourchasser le Vent)

– avec Bái Zhǐ (Angelicae dahuricae Radix) : céphalées frontales par Vent de la tête (yang brightness)

– avec Xià Kū Cǎo (Prunellae Spica) et Zhè Bèi Mǔ (Fritillariae thunbergii Bulbus) : scrofules, nodules lymphatiques et masses de Glaires au cou

– avec Yù Jīn (Curcumae Radix) et Míng Fán (Alumen) : crises d’épilepsie dues aux Glaires-Chaleur

– avec Dǎng Shēn (Codonopsis Radix), Bái Zhú (Atractylodis macrocephalae Rhizoma) et Tiān Má (Gastrodiae Rhizoma) : convulsions chroniques de l’enfant avec diarrhée chronique par vide de Rate

– avec Líng Yáng Jiǎo (Saigae tataricae Cornu), Lóng Dǎn Cǎo (Gentianae Radix) et Dài Zhě Shí (Haematitum) : convulsions fébriles aiguës chez l’enfant par Feu intense

– avec Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis), Tiān Má (Gastrodiae Rhizoma) et Quán Xiē (Scorpio) : paralysie faciale par Vent-froid ou Vent-Chaleur avec déviation de la bouche

– avec Bò Hé (Menthae haplocalycis Herba) et Jié Gěng (Platycodi Radix) : gorge douloureuse, enflée et aphonie par Vent-Chaleur

– avec Chán Tuì (Cicadae Periostracum) et Fáng Fēng (Saposhnikoviae Radix) : urticaire et éruptions prurigineuses par Vent-Chaleur

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng yòng) : forme la plus courante en décoction ou réduit en poudre fine pour usage interne ou application topique ; conserve la plénitude des actions d’expulsion du Vent, de transformation des Glaires et de dispersion des accumulations ; la poudre crue mélangée à du vinaigre vieilli est appliquée localement pour les abcès du sein et les tuméfactions
– préparé au son (麩炒 fū chǎo) : le ver à soie est sauté avec du son de blé jusqu’à légère coloration dorée ; réduit l’odeur désagréable et facilite la pulvérisation ; légèrement tempère l’action dispersante en renforçant l’action sur la Rate
– préparé au gingembre (薑汁炙 jiāng zhī zhì) : imprégné de jus de Zingiberis Rhizoma recens avant séchage ; renforce l’action anti-émétique et réduit l’effet potentiellement nauséeux pour les patients avec Estomac fragile

Formules Classiques

– Qiān Jīn Zhǐ Jìng Sǎn (千金止痙散 Poudre des Mille Pièces d’Or pour Arrêter les Spasmes)
Formule classique associant Jiāng Cán à Quán Xiē (Scorpio) pour traiter les convulsions et spasmes sévères par Vent interne. Indiquée dans les convulsions de l’enfant, les spasmes sévères dus à la Chaleur fébrile intense, et le tétanos. Les deux substances insectes se potentialisent mutuellement pour éteindre le Vent et arrêter les spasmes.

– Wǔ Hǔ Zhuī Fēng Sǎn (五虎追風散 Poudre des Cinq Tigres pour Pourchasser le Vent)
Cette poudre classique combine Jiāng Cán avec Quán Xiē (Scorpio), Wú Gōng (Scolopendra), Chán Tuì (Cicadae Periostracum) et Dǎn Nán Xīng (Arisaema cum Bile). Elle est indiquée dans le tétanos et les affections analogues avec trismus, convulsions et opisthotonos.

– Jiāng Cán Sǎn (僵蚕散 Poudre de Bombyx Batrycatus)
Préparation simple où Jiāng Cán cru est réduit en poudre fine, utilisée seule ou associée à Bò Hé (Menthae haplocalycis Herba) et Jié Gěng (Platycodi Radix) pour les gonflements et douleurs de la gorge avec obstruction pharyngée et perte de voix dues au Vent-Chaleur montant dans la gorge. Selon Wang Kuāng, « dès que cela passe la gorge, cela guérit immédiatement – cela n’a jamais failli ».

– Huó Luò Xiào Líng Dān (活絡效靈丹 Élixir Merveilleux pour Activer les Collatéraux)
Dans ce contexte, Jiāng Cán est associé à Quán Xiē (Scorpio), Dì Lóng (Pheretima) et Wú Gōng (Scolopendra) pour les céphalées rebelles et les migraines accompagnées de stagnation de Sang, selon le principe que « les douleurs anciennes entrent dans les collatéraux » et nécessitent des substances animales pour débloquer les collatéraux et arrêter la douleur.

Toxicité :

Les effets indésirables suivants ont été rapportés lors de l’usage interne : nausées, vomissements, diarrhée, palpitations, sensation d’oppression thoracique et douleurs dans la poitrine. Des réactions allergiques peuvent survenir avec bouffées de chaleur au visage, engourdissement thoracique, difficulté à avaler, tachypnée, agitation, oppression thoracique, prurit des extrémités et urticaire. Dans les cas graves, une dyspnée, une pneumonite allergique et un choc anaphylactique ont été rapportés. L’injection de préparations contenant Jiāng Cán peut provoquer un choc anaphylactique : il doit donc être utilisé avec précaution chez les patients allergiques. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée à ce jour, mais les sources traditionnelles signalent un antagonisme potentiel avec Jié Gěng (Platycodi Radix), Fú Líng (Poria), Bì Xiè (Dioscoreae hypoglaucae Rhizoma) et Sāng Piāo Xiāo (Mantidis Ootheca), qui doit conduire à une prudence d’association.


Shi Jue Ming

Shi Jue Ming

Shí Jué Míng (Concha Haliotidis)

Identification

Chinois : 石決明
Pinyin : shí jué míng
Traduction : coquille de décision lumineuse de pierre
Nom commun : coquille d’ormeau
Nom latin : Concha Haliotidis
Famille : Haliotidae
Espèces : Haliotis diversicolor REEVE (雜色鮑 zá sè bào), Haliotis discus hannai Ino (皺紋盤鮑 zhòu wén pán bào), Haliotis ovina GMELIN (羊鮑 yáng bào), Haliotis ruber (LEACH) (澳洲鮑 àozhōu bào), Haliotis asinina LINNAEUS (耳鮑 ěr bào), Haliotis laevigata (DONOVAN) (白鮑 bái bào)
Partie utilisée : coquille séchée
Texte d’origine : Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Registres Divers de Médecins Célèbres)
Shi Jue Ming

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui apaisent le Foie et éteignent le Vent (píng gān xī fēng yào 平肝熄风药)
Saveurs : Salé (咸 xián)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Rein (腎 shèn), Foie (肝 gān)
Dosage : 15-30 g ; à décocter en premier (先煎 xiān jiān) 30 à 60 minutes avant les autres substances

Propriétés :

Draine le Feu du Foie et ancre le Yang du Foie, améliore la vision et fait régresser les obstructions visuelles superficielles, nourrit le Yin du Foie.

Précautions :

Shí Jué Míng est à utiliser avec prudence en cas de déficience et de Froid de la Rate et de l’Estomac accompagnés d’une perte d’appétit et de selles molles. Sa nature froide et lourde risque de nuire aux fonctions digestives chez les patients présentant une insuffisance du Yang de la Rate. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Draine le Feu du Foie
Ancre et apaise le Yang du Foie
Éteint le Vent du Foie
Nourrit le Yin du Foie
Améliore la vision
Fait régresser les obstructions visuelles superficielles

Actions et Indications

– Draine le Feu du Foie et ancre et apaise le Yang du Foie :
Shí Jué Míng est l’un des principaux remèdes pour traiter les tableaux de Feu du Foie et de montée du Yang du Foie, avec des symptômes tels que céphalées, vertiges et yeux rouges. Il est couramment utilisé pour l’hypertension avec montée du Yang du Foie.
– Pour la déficience du Yin du Foie avec montée du Yang, Shí Jué Míng est associé à Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae), formule Ē Jiāo Jī Zǐ Huáng Tāng 阿膠雞子黃湯 (Décoction de Gélatine d’Ânesse et de Jaune d’Oeuf).
– Pour le Feu du Foie ou la montée du Yang du Foie avec signes de Chaleur, vertiges, céphalées, irritabilité et insomnie, on l’associe à Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Huáng Qí (Radix Astragali) et Jú Huā (Flos Chrysanthemi).

Shí Jué Míng est également associé à Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae), Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis) et Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) pour les céphalées et vertiges dus à la montée du Yang du Foie, formule Tiān Má Gōu Téng Yǐn 天麻鉤藤飲 (Décoction de Gastrodia et d’Uncaria).
– Pour l’éclampsie due au Vent du Foie, on l’associe à Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis).
– Pour l’hypertension due à la montée du Yang du Foie, on l’associe à Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis).

– Améliore la vision et fait régresser les obstructions visuelles superficielles :
Shí Jué Míng traite les tableaux de Chaleur du Foie qui affectent les yeux, provoquant une photophobie, un ptérygion ou d’autres obstructions visuelles superficielles, des yeux rouges et une vision trouble. Le Foie gouverne le Vent et son ouverture sensorielle sont les yeux ; lorsque le Sang est déficient et le Foie chaud, le Vent-Feu monte et le Yang du Foie le suit, provoquant vertiges et céphalées.
– Pour la rougeur, le gonflement et la douleur des yeux dus à la montée du Feu du Foie, on associe Shí Jué Míng à Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Jué Míng Zǐ (Semen Cassiae) et Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae).
– Pour une vision altérée due à la déficience du Yin du Foie et du Rein, on l’associe à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparatae) et Shān Zhū Yú (Fructus Corni).
– Pour la cécité nocturne progressive chronique, on l’associe à Chán Tuì (Periostracum Cicadae).
– Pour le ptérygion dû au Vent-Chaleur, on l’associe à Mì Méng Huā (Flos Buddlejae) et Gǔ Jīng Cǎo (Flos Eriocauli).

Shí Jué Míng non seulement refroidit le Foie et ancre le Yang du Foie, mais nourrit et tonifie également le Yin du Foie, traitant ainsi à la fois la manifestation secondaire et la racine fondamentale de la condition.

– Usage récent :
Shí Jué Míng est également utilisé récemment pour traiter l’hyperacidité gastrique, et en application topique pour les hémorragies traumatiques.

Liste des symptômes

Troubles du Foie et Yang ascendant :
Céphalées et migraines
Vertiges et sensations de tête lourde
Yeux rouges et douloureux
Irritabilité et agitation
Insomnie
Hypertension artérielle avec montée du Yang du Foie
Teint rouge
Pouls tendu (en corde)

Troubles visuels :
Vision trouble
Photophobie
Ptérygion et obstructions visuelles superficielles
Cécité nocturne progressive
Diminution progressive de la vue sans lésion visible

Vent interne du Foie :
Tremblements et spasmes
Convulsions
Eclampsie

Autres indications :
Hyperacidité gastrique (usage récent)
Hémorragies traumatiques (usage topique récent)

Commentaire

Shí Jué Míng (Concha Haliotidis) tire son nom de sa capacité à « clarifier avec éclat » (jué míng 決明), faisant référence à sa remarquable action sur la vue. Substance salée, froide et lourde, elle pénètre le méridien du Foie pour refroidir le Foie et calmer le Yang du Foie ascendant. Le Foie gouverne le Vent et son ouverture sensorielle sont les yeux ; lorsque le Sang est déficient et le Foie chaud, le Vent-Feu monte et le Yang du Foie le suit, provoquant vertiges, céphalées et, dans les cas graves, une perte progressive de la vision sans modification physique visible de l’oeil.

Non seulement Shí Jué Míng refroidit le Foie et ancre le Yang du Foie, mais il nourrit et tonifie également le Yin du Foie. Cette double action – traiter à la fois la manifestation secondaire (le Yang ascendant) et la racine fondamentale (la déficience du Yin) – en fait un remède particulièrement précieux. Sa nature lourde lui confère une puissante action d’ancrage qui descend le Yang rebelle, tandis que son caractère nourrissant régénère les liquides du Foie épuisés par la Chaleur excessive.

Shí Jué Míng se distingue de Mǔ Lì (Concha Ostreae) par son orientation prioritaire vers les troubles visuels et la Chaleur du Foie. Si les deux substances ancrent le Yang, Mǔ Lì est plus orienté vers l’astringence des liquides et la sédation de l’Esprit, tandis que Shí Jué Míng est supérieur pour clarifier la vision et traiter les manifestations ophtalmiques du Feu du Foie. Comparé à Zhēn Zhū Mǔ (Concha Margaritiferae Usta), Shí Jué Míng nourrit davantage le Yin du Foie tout en ancrant le Yang, tandis que Zhēn Zhū Mǔ cible plus spécifiquement la sédation du Foie pour traiter l’hypertension.

Associations

– avec Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) : pour la déficience du Yin du Foie avec montée du Yang (formule Ē Jiāo Jī Zǐ Huáng Tāng 阿膠雞子黃湯 Décoction de Gélatine d’Ânesse et de Jaune d’Oeuf)

– avec Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae), Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis) et Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) : pour les céphalées et vertiges dus à la montée du Yang du Foie (formule Tiān Má Gōu Téng Yǐn 天麻鉤藤飲 Décoction de Gastrodia et d’Uncaria)

– avec Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Huáng Qí (Radix Astragali) et Jú Huā (Flos Chrysanthemi) : pour le Feu du Foie ou la montée du Yang du Foie avec signes de Chaleur, vertiges, céphalées, irritabilité et insomnie

– avec Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis) : pour l’hypertension due à la montée du Yang du Foie

– avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Jué Míng Zǐ (Semen Cassiae) et Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae) : pour la rougeur, le gonflement et la douleur des yeux dus à la montée du Feu du Foie

– avec Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparatae) et Shān Zhū Yú (Fructus Corni) : pour une vision altérée due à la déficience du Yin du Foie et du Rein

– avec Chán Tuì (Periostracum Cicadae) : pour la cécité nocturne progressive chronique

– avec Mì Méng Huā (Flos Buddlejae) et Gǔ Jīng Cǎo (Flos Eriocauli) : pour le ptérygion dû au Vent-Chaleur

– avec Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis) : pour l’éclampsie due au Vent du Foie

Préparations (炮制 páo zhì)

– crue (生石決明 shēng shí jué míng) : forme brute, action plus forte pour drainer le Feu du Foie et améliorer la vision ; doit être décoctée en premier (先煎 xiān jiān) 30 à 60 minutes avant les autres substances
– calcinée (煅石決明 duàn shí jué míng) : calcination à haute température, action astringente renforcée, plus appropriée pour l’usage externe en cas d’hémorragie traumatique et pour neutraliser l’hyperacidité gastrique ; la calcination facilite également la libération des principes actifs lors de la décoction

Formules Classiques

Tiān Má Gōu Téng Yǐn 天麻鉤藤飲 (Décoction de Gastrodia et d’Uncaria)
Cette formule combine Shí Jué Míng avec Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae), Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis), Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae), Huáng Qín (Radix Scutellariae), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Dù Zhòng (Cortex Eucommiae), Sāng Jì Shēng (Herba Taxilli), Fú Shén (Sclerotium Poriae Pararadicis) et Yè Jiāo Téng (Caulis Polygoni Multiflori) pour traiter les céphalées, vertiges, insomnie et hypertension dus à la montée du Yang du Foie avec insuffisance du Yin du Foie et du Rein.

Ē Jiāo Jī Zǐ Huáng Tāng 阿膠雞子黃湯 (Décoction de Gélatine d’Ânesse et de Jaune d’Oeuf)
Shí Jué Míng est inclus dans cette formule avec Ē Jiāo (Colla Corii Asini), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) pour nourrir le Yin du Foie, ancrer le Yang et traiter les vertiges, tremblements et spasmes des membres dus à la déficience du Yin du Foie avec montée du Yang.

Toxicité :

Shí Jué Míng ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. En raison de sa nature froide et lourde, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir les fonctions digestives de la Rate et de l’Estomac chez les patients présentant une déficience du Yang de la Rate. Les effets indésirables rapportés sont rares et limités à des troubles digestifs en cas de faiblesse préexistante du milieu. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée aux doses thérapeutiques habituelles.


Bai Ji Li

Bai Ji Li

Bái Jí Lí (Fructus Tribuli Terrestris)

Identification

Chinois : 蒺藜
Pinyin : Bái Jí Lí
Traduction : Fruit épineux tranchant (jí = affliction/épine ; lí = tranchant/pointu)
Nom commun : Tribule terrestre, croix-de-Malte, chardon étoilé
Nom latin : Fructus Tribuli Terrestris
Famille : Zygophyllaceae
Espèces : Tribulus terrestris L.
Partie utilisée : Fruit mûr séché
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) par Shén Nóng au 2e siècle
Bai Ji Li

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui apaisent le Foie et éteignent le Vent (píng gān xī fēng yào 平肝熄风药)
Saveurs : Piquant (辛 xīn), Amer (苦 kǔ)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Foie (肝 gān)
Dosage : 6-15 g

Propriétés :

Bái Jí Lí calme le Foie et ancre le Yang, disperse le Vent-Chaleur et éclaircit la vision, désobstrue le Qi du Foie pour en régulariser la circulation, et disperse le Vent pour arrêter les démangeaisons. Son caractère piquant-dispersant et amer-drainant lui permet d’atteindre le Réchauffeur Supérieur tout en pénétrant le Foie pour éteindre le Vent interne.

Précautions :

À utiliser avec précaution pendant la grossesse et en cas de vide de Qi ou de Sang. Contre-indiqué en cas de vide du Foie selon certains textes classiques. Déconseillé chez les patients présentant une insuffisance de Yin et de Sang, ou une sécheresse de l’Essence et de la Moelle. En raison de sa nature dispersante et drainante, son usage prolongé est à éviter sans tonification complémentaire.

Fonctions principales :

Apaise le Foie
Ancre le Yang du Foie
Disperse le Vent du Foie
Élimine le Vent et arrête les démangeaisons
Éclaircit les yeux
Élimine l’obstruction visuelle superficielle
Disperse le Vent-Humidité
Soulage la douleur

Actions et Indications

– Calme le Foie et ancre le Yang :
Bái Jí Lí est indiqué pour les céphalées, vertiges et étourdissements résultant d’une montée anarchique du Yang du Foie. Sa légèreté lui permet d’atteindre le Réchauffeur Supérieur et d’ancrer le Yang qui monte en excès, signe d’une insuffisance du Yin du Foie ou d’une perturbation de son équilibre dynamique.
Cliniquement, on l’utilise pour les hypertensions, céphalées de tension et vertiges avec visage rouge, irritabilité, pouls tendu et filant en contexte de plénitude du Yang du Foie.
– Pour les vertiges et la vision trouble liés à la montée du Yang du Foie, Bái Jí Lí est associé à Lǜ Dòu Yī (Glycinis Testa), Bái Sháo (Paeoniae Radix alba) et Jú Huā (Chrysanthemi Flos).
– Pour les vertiges et l’hypertension artérielle avec montée du Yang du Foie, on l’associe à Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis), Zhēn Zhū Mǔ (Margaritiferae Concha usta) et Niú Xī (Achyranthis bidentatae Radix).

– Disperse le Vent-Chaleur et éclaircit la vision :
Bái Jí Lí draine le Vent-Chaleur du méridien du Foie et traite les yeux rouges, douloureux et gonflés accompagnés d’un larmoiement excessif. Il restaure la clarté visuelle perturbée par une agression externe de Vent-Chaleur ou par une inflammation de la voie oculaire du Foie.
On l’emploie également pour les opacités cornéennes, les ptérygions et les troubles visuels secondaires au vide de Yin du Foie et du Rein.
– Pour les yeux rouges, douloureux, gonflés avec larmoiement excessif dû à la Chaleur-Vent dans le méridien du Foie, Bái Jí Lí est associé à
Jú Huā (Chrysanthemi Flos), Jué Míng Zǐ (Cassiae Semen) et Gān Cǎo (Glycyrrhizae Radix).
– Pour les opacités cornéennes, on l’associe à Mù Zéi (Equiseti hiemalis Herba), Jú Huā (Chrysanthemi Flos) et Chán Tuì (Cicadae Periostracum).

– Désobstrue le Qi du Foie, disperse la stagnation et les accumulations :
Bái Jí Lí régularise la circulation du Qi du Foie et dissout les accumulations résultant d’une Stagnation du Qi du Foie, avec douleurs et distension thoraco-hypochondriaques, irrégularités menstruelles ou lactation insuffisante. Sa nature piquante-dispersante lui permet d’agir sur les accumulations et les gonflements douloureux du sein.
Il est également indiqué dans le syndrome de running piglet (bēn tún 奔豚), les hernies, les masses abdominales mobiles et les douleurs testiculaires.
– Pour les douleurs et distension des flancs et de l’hypochondre par Stagnation du Qi du Foie, Bái Jí Lí est associé à Chái Hú (Bupleuri Radix), Xiāng Fù (Cyperi Rhizoma) et Qīng Pí (Citri reticulatae viride Pericarpium).
– Pour la lactation insuffisante avec seins gonflés et douloureux, on l’associe à Chuān Shān Jiǎ (Manitis Squama) et Wáng Bù Liú Xíng (Vaccariae Semen).

– Disperse le Vent et arrête les démangeaisons :
Bái Jí Lí est efficace pour toute lésion cutanée accompagnée de démangeaisons importantes, notamment l’urticaire, l’eczéma, le vitiligo. Il peut être utilisé seul ou en association pour les démangeaisons de nature Vent-Chaleur ou liées à une montée du Yang du Foie avec vide de Sang.
Son action dispersante du Vent en surface le rend utile autant en usage interne qu’en application externe par lavage.
– Pour les démangeaisons cutanées d’origine Vent-Chaleur, Bái Jí Lí est associé à
Chán Tuì (Cicadae Periostracum) et Fáng Fēng (Saposhnikoviae Radix).
– Pour les démangeaisons intenses dues à la montée du Yang du Foie et au vide de Sang, on l’associe à Dāng Guī (Angelicae sinensis Radix), Hé Shǒu Wū (Polygoni multiflori Radix preparata) et Fáng Fēng (Saposhnikoviae Radix).

Liste des symptômes

Tête et sens :
Céphalées, vertiges, étourdissements par montée du Yang du Foie
Yeux rouges, douloureux, gonflés avec larmoiement excessif
Opacités cornéennes, ptérygion, vision trouble
Acouphènes et hypertension artérielle par Yang du Foie ascendant

Thorax, flancs et seins :
Douleurs et distension de la poitrine et des flancs par Stagnation du Qi du Foie
Seins gonflés et douloureux
Lactation insuffisante ou absente
Masses abdominales mobiles, hernies, douleurs testiculaires

Gynécologie :
Irrégularités menstruelles par Stagnation du Qi du Foie
Dysménorrhée avec distension

Peau :
Urticaire et prurit generalisé d’origine Vent-Chaleur ou par montée du Yang et vide de Sang
Eczéma (usage interne et lavage externe)
Vitiligo (usage possible en monothérapie)

Commentaire

Mentionné dès le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), Bái Jí Lí – dont le nom évoque les épines blessantes de son fruit – était décrit comme gouvernant le Sang vicié, brisant les masses et accumulations fixes, traitant l’obstruction douloureuse de la gorge et la difficulté urinaire. Son nom actuel, littéralement « fruit épineux tranchant », reflète sa nature physique : un fruit hérissé de piques qui blesse quiconque le foule, d’où ses noms alternatifs « fait courber la personne » (qū rén 屈人) ou « arrête le voyage » (zhǐ xíng 止行). Li Shí-Zhēn dans le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Compendium de Matière Médicale) en précisa l’étymologie : le caractère jí signifie affliction, tandis que lí signifie tranchant – ses piques blessent les gens, à la fois affligeants et coupants. Le nom latin Tribulus terrestris reflète cette même réalité du premier contact humain avec cette plante.

Piquant par nature il disperse, amer il draine : Bái Jí Lí est léger en poids, ce qui lui permet d’atteindre le Réchauffeur Supérieur pour calmer le Foie et éteindre le Vent interne, tout en désobstruant simultanément la Chaleur-Vent du Foie et du Poumon, levant la dépression-contrainte du Foie, favorisant la circulation du Qi et brisant la stagnation de Sang. Son champ d’action couvre ainsi les céphalées et vertiges par Yang du Foie ascendant, les yeux rouges et larmoiements excessifs par Chaleur-Vent, les démangeaisons cutanées par urticaire-Vent, et les douleurs thoraciques et des flancs, les irrégularités menstruelles, les abcès du sein ou les difficultés de lactation associées à la Stagnation du Qi du Foie. Pour la lactation insuffisante accompagnée de seins douloureux, il peut être utilisé seul, frit à sec et réduit en poudre, comme le rapporte l’usage traditionnel. Zhang Bǐng-Chéng dans le Biàn Yào Zhì Nán 便藥指南 (Guide de lecture pratique de la Matière Médicale) rectifie une confusion ancienne avec l’Astragali complanati Semen (shā yuán zǐ 沙苑子) – nommé jadis « bái jí lì blanc » – qui avait conduit certains auteurs à lui attribuer à tort des propriétés tonifiantes : « Il excelle à circuler et à briser les accumulations, entrant spécifiquement dans le Poumon et le Foie pour disséminer la stagnation du Poumon et disperser la stase dans le Foie. Il n’a aucun effet tonifiant ni augmentant. »

Comparé à Mù Zéi (Equiseti hiemalis Herba), Bái Jí Lí partage avec lui la capacité de désobstruer et disperser le Vent-Chaleur, d’éclaircir la vision et d’arrêter les démangeaisons – les deux peuvent être combinés dans le traitement de ces affections. Cependant, Bái Jí Lí présente un spectre plus large : il peut calmer le Foie et éteindre le Vent interne, et désobstruer le Qi du Foie pour favoriser la circulation du Qi et du Sang stagnants. Mù Zéi (Equiseti hiemalis Herba), en revanche, libère le niveau musculaire et expulse l’Humidité-Vent, tout en dissolvant plus fortement les obstructions visuelles superficielles, pour lesquelles il est spécifique.

Associations

– avec Lǜ Dòu Yī (Glycinis Testa) et Bái Sháo (Paeoniae Radix alba) et Jú Huā (Chrysanthemi Flos) : vertiges et vision trouble par vide de Sang du Foie avec Yang ascendant

– avec Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis) et Zhēn Zhū Mǔ (Margaritiferae Concha usta) et Niú Xī (Achyranthis bidentatae Radix) : vertiges et hypertension artérielle par Yang du Foie ascendant

– avec Jú Huā (Chrysanthemi Flos) et Jué Míng Zǐ (Cassiae Semen) et Gān Cǎo (Glycyrrhizae Radix) : douleur, rougeur et gonflement oculaire avec larmoiement excessif par Chaleur-Vent dans le méridien du Foie ; également utile dans l’hypertension artérielle

– avec Mù Zéi (Equiseti hiemalis Herba) et Jú Huā (Chrysanthemi Flos) et Chán Tuì (Cicadae Periostracum) : opacités cornéennes

– avec Tiān Mén Dōng (Asparagi Radix), Shú Dì Huáng (Rehmanniae Radix preparata) et Shí Hú (Dendrobii Herba) : troubles visuels par vide de Yin du Foie et du Rein, dans la formule Shí Hú Yè Guāng Wán 石斛夜光丸 (Pilule de Dendrobium pour la Vision Nocturne)

– avec Chái Hú (Bupleuri Radix) et Xiāng Fù (Cyperi Rhizoma) et Qīng Pí (Citri reticulatae viride Pericarpium) : douleurs et distension thoraco-hypochondriaques par Stagnation du Qi du Foie

– avec Xiǎo Huí Xiāng (Foeniculi Fructus) et Rǔ Xiāng (Olibanum) et Mò Yào (Myrrha) : syndrome de running piglet, hernies, masses abdominales mobiles

– avec Chuān Shān Jiǎ (Manitis Squama) et Wáng Bù Liú Xíng (Vaccariae Semen) : masses mammaires douloureuses et gonflées, lactation insuffisante

– avec Chán Tuì (Cicadae Periostracum) et Fáng Fēng (Saposhnikoviae Radix) : prurit cutané d’origine Vent-Chaleur

– avec Bái Xiān Pí (Dictamni Cortex) et Mǎ Chǐ Xiàn (Portulacae Herba) : lavage externe pour l’eczéma

– avec Dāng Guī (Angelicae sinensis Radix) et Hé Shǒu Wū (Polygoni multiflori Radix preparata) et Fáng Fēng (Saposhnikoviae Radix) : démangeaisons intenses par montée du Yang du Foie et vide de Sang

– avec Tiān Má (Gastrodiae Rhizoma) et Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis) et Jī Xuè Téng (Spatholobi Caulis) : céphalées migraineuses, vision trouble, engourdissement des extrémités par Vent-Glaires troublant la partie supérieure et Vent interne du Foie ascendant

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng yòng) : le fruit brut conserve son action piquante-dispersante maximale ; indiqué pour disperser la Chaleur-Vent, éclaircir la vision, traiter les maladies oculaires et les lésions cutanées avec prurit, désobstruer le Qi du Foie et lever la stagnation
– frit à sec (炒蒺藜 chǎo jí lí) : le fruit est frit à sec jusqu’à ce qu’il prenne une teinte jaune foncée ; cette méthode réduit les qualités piquantes-dispersantes et renforce la capacité à calmer le Foie, ancrer le Yang, réguler la circulation du Qi du Foie et lever la dépression-contrainte ; indiqué en priorité pour les céphalées et vertiges par Yang du Foie, les douleurs thoraciques et des flancs, et la lactation insuffisante

Formules Classiques

– Shí Hú Yè Guāng Wán (石斛夜光丸 Pilule de Dendrobium pour la Vision Nocturne)
Formule ophtalmologique classique destinée à traiter les troubles visuels par vide de Yin du Foie et du Rein. Bái Jí Lí y est associé à Tiān Mén Dōng (Asparagi Radix), Shú Dì Huáng (Rehmanniae Radix preparata) et Shí Hú (Dendrobii Herba) pour nourrir le Yin, tonifier le Foie et le Rein et améliorer la vision nocturne déficiente.

– Tiān Má Gōu Téng Yǐn (天麻鉤藤飲 Décoction de Gastrodie et d’Uncaria)
Formule classique destinée à calmer le Foie, éteindre le Vent interne, pacifier le Yang ascendant et favoriser le sommeil, utilisée dans l’hypertension artérielle, les céphalées, les vertiges, les acouphènes, l’insomnie et l’irritabilité par montée du Yang du Foie. Bái Jí Lí peut y être incorporé en association avec Tiān Má (Gastrodiae Rhizoma), Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis), Shí Jué Míng (Haliotidis Concha) et Niú Xī (Achyranthis bidentatae Radix).

– Zhèn Gān Xī Fēng Tāng (鎮肝熄風湯 Décoction pour Sédater le Foie et Éteindre le Vent)
Formule majeure pour les syndromes de montée anarchique du Yang du Foie avec risque d’attaque de Vent interne, indiquée dans l’hypertension sévère, les accidents vasculaires cérébraux imminents, les vertiges intenses et les céphalées pulsatiles. Bái Jí Lí peut être associé à Lóng Gǔ (Fossilia Ossis Mastodi), Mǔ Lì (Ostreae Concha), Bái Sháo (Paeoniae Radix alba) et Dài Zhě Shí (Haematitum) pour ancrer le Yang et calmer le Foie.

Toxicité :

Bái Jí Lí présente une légère toxicité attribuée à sa teneur en nitrite de potassium, mais dans les limites des doses habituelles (6-15 g), aucun effet toxique n’est attendu. Un surdosage peut provoquer une faiblesse générale, une somnolence, des étourdissements, des nausées, des vomissements, des palpitations, une accélération respiratoire, un pouls rapide, une cyanose et, dans les cas graves, un œdème pulmonaire et une insuffisance respiratoire. Des réactions cutanées allergiques ont également été rapportées. L’usage est contre-indiqué pendant la grossesse en raison d’un effet potentiellement abortif – Zhang Bǐng-Chéng notait : « il excelle à faire circuler et à briser, c’est pourquoi il peut provoquer un avortement ». Aucune interaction médicamenteuse majeure documentée aux doses thérapeutiques habituelles.


Tian Ma

Tian Ma

Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae Elatae)

Identification

Chinois : 天麻
Pinyin : tiān má
Traduction : chanvre céleste
Nom commun : rhizome de gastrodie élevée
Nom latin : Rhizoma Gastrodiae Elatae
Famille : Orchidaceae
Espèces : Gastrodia elata Bl. (天麻 tiān má)
Partie utilisée : rhizome séché
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Tian Ma

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui apaisent le Foie et éteignent le Vent (平肝熄风药 píng gān xī fēng yào)
Saveurs : Doux (甘 gān)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Foie (肝 gān)
Dosage : 3-10 g (décoction), 1-1,5 g (poudre)

Propriétés :

Calme le Foie et éteint le Vent, contrôle les spasmes et tremblements, apaise le Yang du Foie et soulage la douleur, disperse l’obstruction douloureuse par le Vent-Humidité.

Précautions :

Tiān Má ne doit pas être utilisé à la légère en cas de déficience du Qi et du Sang. Il est contre-indiqué chez les patients présentant une sécheresse de la bouche et de la gorge, une constipation avec selles sèches, ou des céphalées par déficience sanguine sans Vent pathogène. Bien que peu toxique aux doses thérapeutiques, des réactions allergiques rares ont été rapportées. L’utilisation à forte dose (plus de 80 g en trois heures) peut provoquer des signes d’intoxication tels que vertiges, faiblesse musculaire et perte de conscience.

Fonctions principales :

Calme le Foie
Éteint le Vent interne
Contrôle les spasmes et tremblements
Apaise le Yang du Foie
Soulage les céphalées et vertiges
Disperse l’obstruction douloureuse par le Vent-Humidité
Nourrit les liquides du Foie

Actions et Indications

– Calme le Foie, éteint le Vent et contrôle les spasmes :
Tiān Má est l’une des herbes les plus importantes pour traiter le mouvement interne du Vent du Foie, qu’il soit causé par la Chaleur ou le Froid, dans des conditions d’excès comme de déficience.
Il est indiqué pour les convulsions, tremblements, spasmes, tétanie, opisthotonos, épilepsie, accident vasculaire cérébral, ainsi que les convulsions infantiles.
– Pour les convulsions infantiles aiguës, Tiān Má est associé à Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis) et Quán Xiē (Scorpio).
– Pour les convulsions infantiles chroniques, on l’associe à Rén Shēn (Radix Ginseng), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Quán Xiē (Scorpio).
– Pour la tétanie avec spasmes, twitchings et opisthotonos, Tiān Má est utilisé avec Dǎn Nán Xīng (Arisaema cum Bile), Bái Fù Zǐ (Rhizoma Typhonii) et Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae), formule Yù Zhēn Sǎn 玉真散 (Poudre de la Vraie Jade).
– Pour l’AVC avec paralysie faciale et salivation, on l’associe à Quán Xiē (Scorpio), Bái Fù Zǐ (Rhizoma Typhonii), Jiāng Cán (Bombyx Batryticatus), Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae) et Dǎn Nán Xīng (Arisaema cum Bile).
– Pour l’AVC avec hémiplégie, engourdissements et difficultés d’élocution, Tiān Má est combiné à Dǎn Nán Xīng (Arisaema cum Bile), Bái Jí Lí (Fructus Tribuli), Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis), Chuān Xiōng (Rhizoma Chuanxiong), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) et Dì Lóng (Pheretima).
– Pour les convulsions infantiles dues au Vent-Glaires, Tiān Má est associé à Dǎn Nán Xīng (Arisaema cum Bile), Jiāng Cán (Bombyx Batryticatus) et Bàn Xià Qū (Pinelliae Massa Fermentata).

– calme le Foie et ancre le Yang :
Tiān Má est utilisé pour le Yang du Foie ascendant, le Feu du Foie et les céphalées par Vent-Glaires, qu’il s’agisse de conditions d’excès ou de déficience.
Il traite efficacement l’hypertension artérielle, les vertiges, les céphalées et les migraines associés à ces tableaux pathologiques.
– Pour les céphalées, vertiges et hypertension dus au Yang du Foie ascendant, Tiān Má est associé à Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae), formule Tiān Má Gōu Téng Yǐn 天麻鉤藤飲 (Décoction de Gastrodie et d’Uncaria).
– Pour les céphalées et vertiges par Vent-Glaires avec lourdeur de tête, Tiān Má est utilisé avec Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Fú Líng (Poria), formule Bàn Xià Bái Zhú Tiān Má Tāng 半夏白朮天麻湯 (Décoction de Pinellie, Atractylode et Gastrodie).
– Pour les migraines et céphalées temporales ou frontales, on ajoute Chuān Xiōng (Rhizoma Chuanxiong), Bái Jí Lí (Fructus Tribuli), Bái Zhǐ (Radix Angelicae Dahuricae) et Jīng Jiè (Herba Schizonepetae).
– Pour les céphalées et vertiges par Vent du Foie avec vision brouillée et engourdissements des extrémités, Tiān Má est associé à Bái Jí Lí (Fructus Tribuli), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Sāng Yè (Folium Mori).
– Pour les vertiges dus au Feu du Foie avec yeux rouges, irritabilité et pouls tendu, on ajoute Shí Jué Míng (Concha Haliotidis) et Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis).

– Disperse l’obstruction douloureuse par le Vent-Humidité :
Tiān Má est utilisé pour les douleurs articulaires, l’engourdissement des muscles et membres, les douleurs arthritiques et la diminution de l’agilité liés au Vent-Humidité.
Il traite également les douleurs profondes des tendons et des os consécutives à un AVC.
– Pour le syndrome Bì par Vent-Humidité avec douleurs articulaires, Tiān Má est associé à Cǎo Wū (Radix Aconiti Kusnezoffii) et Má Huáng (Herba Ephedrae).
– Pour les difficultés de mouvement et les douleurs profondes des tendons et os après un AVC, on l’associe à Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Mò Yào (Myrrha) et Zhì Chuān Wū (Aconiti Radix preparata).
– Pour l’obstruction douloureuse par Vent-Humidité avec difficulté à plier les articulations, Tiān Má est utilisé avec Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae), Qiāng Huó (Rhizoma seu Radix Notopterygii) et Sāng Zhī (Ramulus Mori).
– Pour le syndrome Bì par Vent-Humidité avec douleurs des tendons et os et engourdissement cutané, on l’associe à Má Huáng (Herba Ephedrae), Zhì Cǎo Wū (Aconiti Kusnezoffii Radix preparata) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae).

Liste des symptômes

Troubles du Vent interne :
Convulsions et spasmes
Tremblements des membres
Tétanie et opisthotonos
Épilepsie (crises tonico-cloniques)
Convulsions infantiles aiguës et chroniques
AVC avec hémiplégie
Paralysie faciale avec salivation
Difficultés d’élocution

Troubles du Foie – Yang ascendant et Feu du Foie :
Céphalées et migraines
Vertiges et éblouissements
Hypertension artérielle
Vision brouillée
Irritabilité et agitation
Engourdissement des extrémités

Obstruction douloureuse par Vent-Humidité :
Douleurs articulaires
Engourdissement des muscles et des membres
Douleurs arthritiques
Diminution de l’agilité et de la mobilité
Douleurs profondes des tendons et des os

Commentaire

Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae) tire son nom de l’aspect de sa tige dressée, droite et rouge comme une flèche, d’où son nom alternatif chì jiàn 赤箭 (flèche écarlate). Sa texture est lourde, épaisse, dense, translucide, luisante et humide, riche en huiles, ce qui lui confère une nature calme et quiescente, sédative et stabilisante. De saveur douce et de nature neutre, il entre dans le méridien du Foie pour nourrir les liquides Yin, calmer le Foie et éteindre le Vent. Le Běn Cǎo Huì Yán 本草彙言 (Compilation des Propos sur la Matière Médicale) dit de lui qu’il est « harmonieux et modéré par nature » et que le Nèi Jīng 內經 (Classique Interne) enseigne que « lorsque le Foie souffre d’agitation, utiliser la douceur pour le modérer » – c’est ainsi que Tiān Má modère le Qi du Foie.

Tiān Má est considéré comme l’herbe sage par excellence pour tous les syndromes de Vent interne. Le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Compendium de la Matière Médicale) de Lǐ Shí-Zhēn indique qu’il « gouverne les céphalées par Vent de tête, les vertiges, l’épilepsie avec convulsions violentes, les spasmes des quatre membres, les difficultés d’élocution, et tous les AVC et Vent-Glaires ». Son caractère unique réside dans sa capacité à éteindre le Vent du Foie et le Feu, et à disperser les Glaires, sans dessécher le Yin – ce qui le rend utilisable aussi bien dans les conditions d’excès que de déficience. C’est pour cette raison qu’il est également connu sous le nom de dìng fēng cǎo 定風草 (herbe qui stabilise le Vent).

Tiān Má se distingue de Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis) par sa nature douce, neutre, enrichissante et humidifiante qui modère l’agitation du Foie, alors que Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis) est amer et froid, tendant à refroidir le Foie pour éteindre le Vent, et est donc davantage indiqué pour la Chaleur du Foie engendrant le Vent et les convulsions. Les deux herbes calment le Foie et éteignent le Vent interne, et sont souvent combinées pour un effet synergique. Li Gao observe : « lorsque le Foie est déficient, utiliser Tiān Má et Chuān Xiōng (Rhizoma Chuanxiong) pour le tonifier ».

Associations

– avec Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis) : pour calmer le Foie et éteindre le Vent mutuellement – l’un par humidification douce, l’autre par drainage du Feu du Foie

– avec Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) : pour les céphalées, vertiges et hypertension dus au Yang du Foie ascendant (formule Tiān Má Gōu Téng Yǐn 天麻鉤藤飲 Décoction de Gastrodie et d’Uncaria)

– avec Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Fú Líng (Poria) : pour les céphalées et vertiges par Vent-Glaires avec sensation de lourdeur de tête (formule Bàn Xià Bái Zhú Tiān Má Tāng 半夏白朮天麻湯 Décoction de Pinellie, Atractylode et Gastrodie)

– avec Dǎn Nán Xīng (Arisaema cum Bile), Bái Fù Zǐ (Rhizoma Typhonii) et Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae) : pour la tétanie avec spasmes et opisthotonos (formule Yù Zhēn Sǎn 玉真散 Poudre de la Vraie Jade)

– avec Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis) et Quán Xiē (Scorpio) : pour les convulsions par Chaleur du Foie et mouvement du Vent du Foie

– avec Chuān Xiōng (Rhizoma Chuanxiong) : pour les attaques violentes de Vent engendrant des migraines et vertiges sévères

– avec Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae), Qiāng Huó (Rhizoma seu Radix Notopterygii) et Sāng Zhī (Ramulus Mori) : pour le syndrome Bì par Vent-Humidité avec difficulté à fléchir les articulations

– avec Bái Jí Lí (Fructus Tribuli), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Sāng Yè (Folium Mori) : pour les céphalées, vertiges, vision brouillée et engourdissement des extrémités par Vent-Glaires perturbant le Haut

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng tiān má) : forme standard séchée, utilisée pour la majorité des indications ; convient pour calmer le Foie, éteindre le Vent et traiter les céphalées, vertiges et convulsions
– tranché (天麻片 tiān má piàn) : rhizome découpé en fines lamelles, forme la plus courante en pharmacopée ; sa texture est cornée, brillante et translucide, signe d’une bonne qualité
– en poudre (天麻末 tiān má mò) : utilisé à plus faible dose (1 à 1,5 g) directement en prise buccale ou infusé dans une décoction ; particulièrement indiqué pour les céphalées chroniques et les convulsions
– gastrodie d’hiver (冬天麻 dōng tiān má) : récolté en novembre-décembre, considéré de qualité supérieure ; rhizome plus dense et plus riche en constituants actifs que la forme de printemps

Formules Classiques

Tiān Má Gōu Téng Yǐn 天麻鉤藤飲 (Décoction de Gastrodie et d’Uncaria)
Cette formule combine Tiān Má avec Gōu Téng (Uncariae Ramulus cum Uncis), Shí Jué Míng (Concha Haliotidis), Huáng Qín (Radix Scutellariae), Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae), Dù Zhòng (Cortex Eucommiae), Sāng Jì Shēng (Herba Taxilli), Yì Mǔ Cǎo (Herba Leonuri), Fú Shén (Poria Pararadicis) et Yè Jiāo Téng (Caulis Polygoni Multiflori) pour traiter le Yang du Foie ascendant avec vertiges, céphalées, insomnie, agitation et hypertension artérielle.

Bàn Xià Bái Zhú Tiān Má Tāng 半夏白朮天麻湯 (Décoction de Pinellie, Atractylode et Gastrodie)
Formule combinant Tiān Má avec Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Fú Líng (Poria), Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae), Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens) et Dà Zǎo (Fructus Jujubae) pour traiter les céphalées et vertiges avec sensation de lourdeur, nausées, saburre blanche et grasse, et pouls glissant, dus aux Glaires-Humidité perturbant le Haut.

Yù Zhēn Sǎn 玉真散 (Poudre de la Vraie Jade)
Tiān Má est inclus dans cette formule avec Bái Fù Zǐ (Rhizoma Typhonii), Dǎn Nán Xīng (Arisaema cum Bile), Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae), Bái Zhǐ (Radix Angelicae Dahuricae) et Qiāng Huó (Rhizoma seu Radix Notopterygii) pour traiter la tétanie, les spasmes musculaires, l’opisthotonos et le trismus dus au Vent externe pénétrant dans les tendons.

Toxicité :

Tiān Má présente une très faible toxicité aux doses thérapeutiques recommandées. Dans les limites des doses normales, aucun effet indésirable notable n’est à attendre. Aucune dépendance ni tolérance n’a été observée. L’administration d’une dose très élevée (80 g en trois heures) a occasionnellement provoqué des signes d’intoxication comprenant une bouffée vasomotrice du visage, une faiblesse générale, des céphalées, des vertiges, des troubles visuels, une perte de coordination musculaire et une perte de connaissance. De très rares réactions allergiques ont été rapportées, incluant urticaire, purpura, vertiges sévères, insuffisance rénale aiguë et choc anaphylactique. Les effets indésirables notés dans la littérature incluent également éruptions cutanées, eczéma et alopécie, même à des doses aussi faibles que 10 g en décoction chez des sujets sensibles. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée, bien que Tiān Má potentialise l’effet sédatif des barbituriques.


Wu Zhu Yu

Wu Zhu Yu

Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae Rutaecarpae)

Identification

Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae Rutaecarpae)

Identification

Chinois : 吴茱萸
Pinyin : wú zhū yú
Traduction : fruit d’evodia de Wu
Nom commun : evodia, fruit d’évodie médicinale
Nom latin : Fructus Evodiae Rutaecarpae
Famille : Rutaceae
Espèces : Evodia rutaecarpa (Juss.) Benth. (吴茱萸 wú zhū yú) ; Evodia rutaecarpa (Juss.) Benth. var. officinalis Dode (石虎 shí hǔ) ; Evodia rutaecarpa (Juss.) Benth. var. bodinieri Dode (疏毛吴茱萸 shū máo wú zhū yú)
Partie utilisée : fruit presque mûr, séché
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Wu Zhu Yu

Nature et Saveur

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui réchauffent l’Intérieur (wēn lǐ yào 溫裡藥)
Saveurs : Âcre (辛 xīn), Amer (苦 kǔ)
Nature : Chaud (熱 rè)
Méridiens : Foie (肝 gān), Rate (脾 pí), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 1,5 à 5 g en décoction ; usage externe : quantité suffisante en poudre mélangée au vinaigre

Propriétés :

Chasse le Froid, assèche l’Humidité, active la circulation du Qi et soulage la douleur, disperse le Foie et fait descendre le Qi, réchauffe le Foyer Moyen et arrête la diarrhée, dirige le Feu vers le bas.

Précautions :

Wú Zhū Yú est contre-indiqué en cas de vide de Yin avec signes de Chaleur. En raison de sa nature très chaude et desséchante, il ne doit pas être utilisé sur le long terme ni à doses élevées. Sa légère toxicité impose de respecter scrupuleusement les posologies thérapeutiques recommandées. L’utilisation interne nécessite généralement une préparation préalable par cuisson avec
Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) afin d’atténuer son caractère desséchant et de réduire sa toxicité. L’usage est déconseillé pendant la grossesse.

Fonctions principales :

Chasse le Froid
Assèche l’Humidité
Active la circulation du Qi
Soulage la douleur
Disperse le Foie
Fait descendre le Qi rebelle
Réchauffe le Foyer Moyen
Arrête la diarrhée
Dirige le Feu vers le bas

Actions et Indications

– Chasse le Froid, assèche l’Humidité, active la circulation du Qi et soulage la douleur :
Wú Zhū Yú est particulièrement efficace pour traiter les douleurs dues à la stagnation du Froid, de l’Humidité et du Qi dans le canal du Foie Jueyin. Il réchauffe le Foyer Moyen, disperse le Froid dans les canaux du Foie et de l’Estomac, et soulage les céphalées au vertex, les douleurs abdominales et les hernies froides.
C’est le remède de choix pour les migraines ou céphalées au vertex accompagnées de nausées et vomissements, caractéristiques de la montée du Froid dans le canal du Foie Jueyin.
– Pour les douleurs épigastriques et abdominales dues au Froid et à l’Humidité, Wú Zhū Yú est associé à Gān Jiāng (Rhizoma Zingiberis) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi).
– Pour les céphalées au vertex ou migraines, on l’associe à Rén Shēn (Radix Ginseng) et Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens), formule Wú Zhū Yú Tāng 吴茱萸汤 (Décoction d’Evodia).
– Pour les douleurs herniales froides ou douleurs abdominales, on l’associe à Xiǎo Huí Xiāng (Fructus Foeniculi) et Wū Yào (Radix Linderae).
– Pour les douleurs herniales avec stagnation du Qi, on l’associe à Wū Yào (Radix Linderae), Qīng Pí (Pericarpium Citri Reticulatae Viride), Xiǎo Huí Xiāng (Fructus Foeniculi), Jú Hé (Semen Citri Rubrum) et Lì Zhī Hé (Semen Litchi).
– Pour les dysménorrhées dues au Froid dans l’Utérus, Wú Zhū Yú est associé à Ài Yè (Folium Artemisiae Argyi), Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) et Wǔ Líng Zhī (Excrementum Trogopteri seu Pteromi).
– Pour le qi de jambe (脚气 jiǎo qì) dû à l’accumulation de Froid et d’Humidité, Wú Zhū Yú est associé à Mù Guā (Fructus Chaenomelis) et Bīng Láng (Semen Arecae).

– Disperse le Foie et fait descendre le Qi :
Wú Zhū Yú est l’un des remèdes les plus efficaces pour traiter les vomissements et régurgitations acides causés par l’agression de l’Estomac par le Foie. Il régule le Qi du Foie, dissipe la stagnation et abaisse le Qi rebelle de l’Estomac.
Les autres symptômes associés à ce tableau comprennent les douleurs hypochondriaques, les douleurs épigastriques et les nausées.
– Pour les régurgitations acides après les repas dues à un vide et au Froid de l’Estomac, Wú Zhū Yú peut être utilisé seul ou associé à Gān Jiāng (Rhizoma Zingiberis).
– Pour les nausées, vomissements et douleurs épigastriques avec régurgitations acides dus au vide et au Froid de l’Estomac, on l’associe à Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens), Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), Gāo Liáng Jiāng (Rhizoma Alpiniae Officinarum), Huò Xiāng (Herba Agastache) et Shā Rén (Fructus Amomi).
– Pour les régurgitations acides, les douleurs épigastriques et hypochondriaques avec mauvaise haleine dues à la Chaleur du Foie agressant l’Estomac, Wú Zhū Yú est associé à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) dans un rapport de un pour cinq, formule Zuǒ Jīn Wán 左金丸 (Pilule du Métal Gauche).

– Réchauffe le Foyer Moyen et arrête la diarrhée :
Wú Zhū Yú traite les diarrhées chroniques résultant de l’accumulation de Froid et d’Humidité, ou du vide et du Froid de la Rate et du Rein. Les patients présentant un vide et un Froid de la Rate et du Rein connaissent des diarrhées aux premières heures du matin (diarrhée du coq).
– Pour les diarrhées chroniques dues au vide et au Froid de la Rate et du Rein, Wú Zhū Yú est associé à Ròu Dòu Kòu (Semen Myristicae), Bǔ Gǔ Zhī (Fructus Psoraleae) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), formule Sì Shén Wán 四神丸 (Pilule des Quatre Miracles).
– Pour les dysenteries chroniques dues à l’accumulation de Froid et d’Humidité affectant la Rate, Wú Zhū Yú est associé à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba).

– Dirige le Feu vers le bas :
Wú Zhū Yú traite certaines affections par Chaleur, telles que les ulcérations de la bouche et de la langue ainsi que l’hypertension artérielle, en dirigeant la Chaleur vers le bas par application externe sur la plante des pieds (point Yǒngquán VR-1).
– Pour les ulcères buccaux et l’hypertension artérielle, on mélange la poudre de Wú Zhū Yú avec du vinaigre et on applique le cataplasme obtenu au centre de la plante des pieds.
– Pour l’eczéma ou les plaies du cuir chevelu, on applique Wú Zhū Yú sous forme liquide ou en poudre mélangée à de l’eau.

Liste des symptômes

Douleurs dues au Froid :
Douleurs épigastriques et abdominales dues au Froid et à l’Humidité
Céphalées au vertex avec nausées et vomissements
Migraines liées au Froid dans le canal du Foie
Douleurs herniales dues au Froid
Dysménorrhées dues au Froid dans l’Utérus
Douleurs de jambe (qi de jambe) dues à l’accumulation de Froid et d’Humidité

Troubles digestifs :
Régurgitations acides et vomissements dus à l’agression de l’Estomac par le Foie
Nausées et vomissements par vide et Froid de l’Estomac
Douleurs épigastriques avec acidité gastrique
Diarrhée chronique du matin (diarrhée du coq)
Dysenterie chronique par Froid et Humidité

Autres indications :
Hypertension artérielle (usage externe)
Ulcérations de la bouche et de la langue (usage externe)
Eczéma et plaies du cuir chevelu (usage externe)

Commentaire

Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae) tire son nom du district de Wu où il était particulièrement cultivé dans l’Antiquité. Ce remède occupe une place centrale parmi les herbes qui réchauffent l’Intérieur de la pharmacopée chinoise. Sa nature très chaude, ses saveurs âcre et amère, sa capacité à disperser et à faire descendre en font un outil thérapeutique majeur pour les syndromes de Froid dans les canaux du Foie et de l’Estomac. Sa particularité est d’agir sur le canal du Foie Jueyin, ce qui le distingue de la plupart des autres herbes réchauffant l’Intérieur.

Wú Zhū Yú est reconnu comme le remède de référence pour les céphalées au vertex et les migraines accompagnées de nausées et vomissements, caractéristiques d’une invasion de Froid dans le canal du Foie Jueyin. Cette indication est clairement formulée dans la formule classique Wú Zhū Yú Tāng 吴茱萸汤 (Décoction d’Evodia). Son action descendante lui permet simultanément de traiter le Qi rebelle de l’Estomac, ce qui explique son efficacité dans les syndromes d’agression de l’Estomac par le Foie avec régurgitations acides et vomissements.

L’une des associations les plus remarquables de la pharmacopée chinoise est celle de Wú Zhū Yú avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) dans la formule Zuǒ Jīn Wán 左金丸. Il s’agit d’une combinaison de remèdes chauds et froids qui traite la Chaleur du canal du Foie entraînant une disharmonie Foie-Estomac. Huáng Lián, dans un rapport cinq fois supérieur à Wú Zhū Yú, refroidit le Cœur et clarifie la Chaleur du Foie, tandis que la petite quantité de Wú Zhū Yú, âcre, amer et très chaud, pénètre directement dans le Jueyin pour activer le Qi, libérer la stagnation et guider la Chaleur vers le bas.

Wú Zhū Yú se distingue de Gān Jiāng (Rhizoma Zingiberis) par la spécificité de son action : alors que Gān Jiāng, âcre, chaud et desséchant, agit principalement sur la Rate, l’Estomac, le Cœur et le Poumon pour réchauffer le Foyer Moyen et disperser le Froid des Foyers Supérieur et Moyen, Wú Zhū Yú entre dans le Foie et l’Estomac pour traiter principalement les désordres du Foyer Moyen et Inférieur – douleurs épigastriques et abdominales, hernies et dysménorrhées. Sa capacité à faire descendre le Qi rebelle en fait également un remède de choix pour les régurgitations acides et vomissements.

Associations

– avec Rén Shēn (Radix Ginseng) et Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens) : pour les céphalées au vertex avec nausées et vomissements dus au Froid dans le canal du Foie (formule Wú Zhū Yú Tāng 吴茱萸汤 Décoction d’Evodia)

– avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) : pour les régurgitations acides, vomissements et douleurs épigastriques par Chaleur du Foie agressant l’Estomac (formule Zuǒ Jīn Wán 左金丸 Pilule du Métal Gauche)

– avec Ròu Dòu Kòu (Semen Myristicae), Bǔ Gǔ Zhī (Fructus Psoraleae) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) : pour les diarrhées chroniques du matin par vide et Froid de la Rate et du Rein (formule Sì Shén Wán 四神丸 Pilule des Quatre Miracles)

– avec Gān Jiāng (Rhizoma Zingiberis) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) : pour les douleurs épigastriques et abdominales par Froid et Humidité

– avec Xiǎo Huí Xiāng (Fructus Foeniculi) et Wū Yào (Radix Linderae) : pour les douleurs herniales froides ou douleurs abdominales par Froid dans le Foie

– avec Ài Yè (Folium Artemisiae Argyi), Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) : pour les dysménorrhées dues au Froid dans l’Utérus

– avec Mù Guā (Fructus Chaenomelis) et Bīng Láng (Semen Arecae) : pour le qi de jambe par accumulation de Froid et d’Humidité

– avec Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens) et Gāo Liáng Jiāng (Rhizoma Alpiniae Officinarum) : pour les nausées et vomissements par vide et Froid de l’Estomac

– avec Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) : pour les dysenteries chroniques par accumulation de Froid et d’Humidité dans la Rate

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng wú zhū yú) : forme non préparée, souvent utilisée en application externe ; son caractère desséchant et sa légère toxicité sont plus marqués
– préparé au Gān Cǎo (制吴茱萸 zhì wú zhū yú) : cuisson avec Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour atténuer le caractère desséchant et réduire la toxicité ; forme de référence pour l’usage interne
– préparé au vinaigre (醋制 cù zhì) : renforce l’action sur le canal du Foie et améliore l’efficacité pour traiter les douleurs herniales et gynécologiques

Formules Classiques

– Wú Zhū Yú Tāng (吴茱萸汤 Décoction d’Evodia)
Cette formule fondamentale associe Wú Zhū Yú à Rén Shēn (Radix Ginseng), Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens) et Dà Zǎo (Fructus Jujubae). Elle traite les céphalées au vertex avec nausées et vomissements abondants, les douleurs épigastriques avec vomissements de salive froide et les diarrhées du matin, tous syndromes liés à l’invasion du Froid dans le canal du Foie Jueyin ou au vide et au Froid du Foyer Moyen. Elle est issue du Shāng Hán Lùn 傷寒論 (Traité des Maladies causées par le Froid) de Zhāng Zhòng-Jǐng.

– Zuǒ Jīn Wán (左金丸 Pilule du Métal Gauche)
Formule associant Wú Zhū Yú à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) dans un rapport de un à cinq (1 g de Wú Zhū Yú pour 5 g de Huáng Lián). Cette combinaison traite la Chaleur du Foie agressant l’Estomac, avec vomissements, régurgitations acides, douleurs hypochondriaques et épigastriques. L’association du chaud et du froid illustre la sophistication de la pensée thérapeutique chinoise : le Huáng Lián clarifie la Chaleur du Foie, tandis que la petite quantité de Wú Zhū Yú guide le Qi dans le canal du Foie et prévient la trop grande froideur de la formule d’endommager l’Estomac.

– Sì Shén Wán (四神丸 Pilule des Quatre Miracles)
Cette formule combine Wú Zhū Yú avec Bǔ Gǔ Zhī (Fructus Psoraleae), Ròu Dòu Kòu (Semen Myristicae) et Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis). Elle est spécifiquement indiquée pour les diarrhées chroniques du petit matin (diarrhée du coq, 五更泄 wǔ gēng xiè) liées au vide et au Froid de la Rate et du Rein.

– Jī Míng Sǎn (鸡鸣散 Poudre à prendre au chant du Coq)
Wú Zhū Yú entre dans cette formule avec Mù Guā (Fructus Chaenomelis) et Bīng Láng (Semen Arecae) pour traiter le qi de jambe froid-humide avec douleurs, lourdeur et gonflement des membres inférieurs.

Toxicité :

Wú Zhū Yú est classé comme légèrement toxique (小毒 xiǎo dú) dans la pharmacopée chinoise. Un surdosage peut provoquer de violentes douleurs abdominales, de la diarrhée, des troubles visuels, une alopécie, une oppression thoracique, des céphalées, des vertiges et des éruptions cutanées. En cas de surdosage général, un traitement par décoction de 15 g de Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) peut être administré. Pour les troubles visuels ou l’alopécie liés à un surdosage, une décoction comprenant Shí Hú (Herba Dendrobii), Huáng Qín (Radix Scutellariae), Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii) peut être utilisée. L’usage prolongé à doses élevées est formellement déconseillé. En raison de sa nature très chaude et de sa légère toxicité, Wú Zhū Yú doit toujours être prescrit en tenant compte de la constitution du patient et ne jamais être utilisé en cas de vide de Yin avec signes de Chaleur.



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