Règlements

Yan Hu Suo

Yan Hu Suo

Yán Hú Suǒ (Rhizoma Corydalis Yanhusuo)

Identification

Chinois : 延胡索
Pinyin : Yán Hú Suǒ
Traduction : Rhizome de l’extension aux entraves
Nom commun : Corydale
Nom latin : Rhizoma Corydalis Yanhusuo
Famille : Papaveraceae (Fumariacées)
Espèces : Corydalis yanhusuo W. T. Wang (syn. Corydalis turtschaninovii Bess. f. yanhusuo Y. H. Chou et C. C. Hsu)
Partie utilisée : Rhizome (tubéreux, séché)
Texte d’origine : Kāi Bǎo Běn Cǎo 開寶本草 (Matière Médicale de l’Ère Kaibao) par Ma Zhi au Xe siècle (973-974)
Yan Hu Suo

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui font circuler le Sang (huó xuè yào 活血藥)
Saveurs : Piquant (辛 xīn), Amer (苦 kǔ)
Nature : Tiède (溫 wēn)
Méridiens : Foie (肝 gān), Rate (脾 pí), Cœur (心 xīn)
Dosage : 3-10 g en décoction ; 1,5-3 g en poudre (plus efficace sous forme pulvérisée)

Propriétés :

Yán Hú Suǒ active le Sang, fait circuler le Qi et est considéré comme l’un des analgésiques les plus puissants de la pharmacopée chinoise, efficace aussi bien pour les douleurs liées à la Stagnation du Qi que pour celles dues à la stagnation de Sang. Son champ d’action s’étend à l’ensemble du corps, lui conférant une polyvalence remarquable dans le traitement des syndromes douloureux de toute localisation.

Précautions :

Contre-indiqué pendant la grossesse en raison de ses puissantes propriétés d’activation du Sang et de déplacement du Qi. À utiliser avec prudence chez les patientes présentant des dysménorrhées liées à un Vide de Sang ou de Qi. Déconseillé en cas de faiblesse générale sans stagnation avérée. En raison de sa teneur en alcaloïdes (notamment la corydaline et la tétrahydropalmatine), une utilisation prolongée à forte dose peut générer une légère sédation ou une dépendance psychologique. À éviter en association avec des inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO) et avec les médicaments sédatifs ou analgésiques opioïdes du fait d’une potentialisation possible des effets.

Fonctions principales :

Active le Sang et élimine la stagnation de Sang (活血 huó xuè)
Fait circuler le Qi et soulage la douleur (行氣止痛 xíng qì zhǐ tòng)
Traite les syndromes douloureux de toute localisation

Actions et Indications

– Active le Sang et élimine la stagnation de Sang :
Yán Hú Suǒ est l’un des remèdes de premier choix pour traiter la stagnation de Sang, quelle que soit sa localisation. Son action piquante et tiède disperse les accumulations, fluidifie la circulation sanguine et dénoue les blocages dans les méridiens. Il s’applique aux douleurs thoraciques, abdominales, épigastriques, gynécologiques et traumatiques d’origine congestive.
Les douleurs sont typiquement fixes, de type piqûre ou coup de couteau, aggravées à la pression et soulagées par la chaleur locale. On observe souvent une langue violacée ou présentant des pétéchies, et un pouls en corde ou rugueux.
– Pour les douleurs thoraciques et précordiales dues à la stagnation de Sang, Yán Hú Suǒ est associé à Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) et Hóng Huā (Flos Carthami).
– Pour les douleurs post-traumatiques avec ecchymoses, on l’associe à Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum) et Mò Yào (Myrrha).

– Fait circuler le Qi et soulage la douleur :
Grâce à sa saveur piquante qui disperse, Yán Hú Suǒ dénoue la Stagnation du Qi du Foie et lève les blocages dans le Réchauffeur Moyen. Il traite les douleurs de type distension ou crampe liées à la stagnation fonctionnelle, notamment les douleurs épigastriques, hypochondriaques et intestinales. Cette double action sur le Qi et le Sang en fait un remède inégalé pour les douleurs mixtes.
Associé à des herbes qui régulent le Qi du Foie, il est particulièrement indiqué pour les douleurs hypochondriaques et les spasmes gastro-intestinaux accompagnés d’irritabilité, de soupirs fréquents et d’un pouls en corde.
– Pour les douleurs épigastriques et hypochondriaques liées à la Stagnation du Qi du Foie attaquant l’Estomac, Yán Hú Suǒ est associé à Chuān Liàn Zǐ (Fructus Toosendan) dans la formule classique Jīn Líng Zǐ Sǎn 金鈴子散 (Poudre de Melia).
– Pour les douleurs coliques intestinales et les crampes abdominales dues à la stagnation de Qi et de Sang, on l’associe à Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) et Shā Rén (Fructus Amomi).

– Traite les dysménorrhées et régule les menstruations :
Yán Hú Suǒ est un remède majeur pour les douleurs gynécologiques. Il traite les dysménorrhées par stagnation de Sang et de Qi, les aménorrhées douloureuses et les douleurs du bas-ventre avant ou pendant les règles. Son action combinée sur le Sang et le Qi en fait un choix privilégié dans les formules gynécologiques, qu’il s’agisse de froid obstruant les méridiens ou de chaleur forçant la circulation.
Il est particulièrement efficace lorsque les douleurs menstruelles s’accompagnent de caillots sombres, d’une amélioration après l’expulsion des caillots et d’une distension abdominale associée.
– Pour les dysménorrhées avec Froid obstruant le Réchauffeur Inférieur, Yán Hú Suǒ est associé à Ròu Guì (Cortex Cinnamomi) et Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis).
– Pour les dysménorrhées avec stagnation de Sang et de Qi, on l’associe à Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong).

– Soulage les douleurs de toute localisation :
Les classiques décrivent Yán Hú Suǒ comme capable de traiter les douleurs dans l’ensemble du corps – de la tête aux pieds – ce qui lui confère un statut exceptionnel parmi les analgésiques de la pharmacopée. Son activité alcaloïdique (tétrahydropalmatine notamment) a été confirmée par des études pharmacologiques modernes démontrant un effet analgésique central et périphérique comparable à la morphine mais sans dépendance notable aux doses thérapeutiques.
Il est utilisé pour les céphalées, les douleurs dentaires, les douleurs de hernies, les lombalgies, les douleurs articulaires et les douleurs thoraciques.
– Pour les céphalées liées à la stagnation de Sang et de Qi, Yán Hú Suǒ est associé à Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Bái Zhǐ (Radix Angelicae Dahuricae).
– Pour les douleurs de hernies inguinales liées à la stagnation de Qi du Foie et au Froid, on l’associe à Wū Yào (Radix Linderae) et Xiǎo Huí Xiāng (Fructus Foeniculi).

Liste des symptômes

Douleurs par stagnation de Sang :
Douleurs thoraciques et précordiales fixes et intenses
Douleurs épigastriques de type piqûre ou couteau
Dysménorrhées sévères avec caillots sombres
Douleurs post-traumatiques avec ecchymoses et tuméfaction
Aménorrhée douloureuse par stagnation de Sang

Douleurs par Stagnation du Qi :
Douleurs hypochondriaques avec distension
Crampes abdominales et coliques intestinales
Douleurs gastriques aggravées par le stress et l’émotion
Distension et oppression thoracique
Douleurs de hernies avec sensation de tiraillement

Douleurs diverses :
Céphalées et douleurs dentaires
Lombalgies et douleurs de l’appareil locomoteur
Douleurs articulaires par syndrome Bi avec composante de stagnation
Douleurs post-opératoires ou post-partum
Insomnies légères par agitation mentale (effet sédatif des alcaloïdes)

Commentaire

Yán Hú Suǒ est originaire du nord-est de la Chine (Zhejiang, Jiangsu, Hubei) et fut introduit dans la pharmacopée officielle lors de l’ère Kaibao des Song (973-974 ap. J.-C.), bien que son usage empirique soit probablement plus ancien. Son nom chinois 延胡索, parfois abrégé en 元胡 (Yuán Hú) dans les ordonnances modernes, fait référence à sa provenance géographique originelle. Il appartient à la grande famille des herbes activant le Sang et se distingue par sa double affinité sur le Qi et le Sang, ce qui lui confère une efficacité analgésique remarquablement étendue. Li Shi-Zhen, dans le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Compendium de la Matière Médicale, 1578), le décrit comme capable de « traiter toutes les douleurs dans le corps entier » – une formulation restée célèbre dans la littérature médicale chinoise.

Du point de vue clinique, Yán Hú Suǒ présente une particularité thérapeutique rare : il agit simultanément sur la stagnation de Sang et la Stagnation du Qi, deux mécanismes pathogènes fréquemment associés dans les syndromes douloureux chroniques. Sa saveur piquante débloque les stagnations de Qi dans le Foie et dans les méridiens, tandis que sa tiédeur réchauffe et fluidifie le Sang. Cette double action explique pourquoi il est prescrit aussi bien pour les douleurs de type distension (Qi) que pour les douleurs fixes de type piqûre (Sang). En pharmacologie moderne, ses alcaloïdes principaux – la tétrahydropalmatine (THP ou l-THP), la corydaline et la protopine – ont démontré des propriétés analgésiques, antispasmodiques, sédatives et cardio-vasculaires significatives. La l-THP inhibe les récepteurs dopaminergiques et les canaux calciques, ce qui explique à la fois l’effet analgésique central et l’action antispasmodique sur la musculature lisse.

Comparé à Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), autre grande herbe activant le Sang et faisant circuler le Qi, Yán Hú Suǒ est davantage orienté vers l’analgésie et agit plus profondément sur la stagnation de Sang dans le bas du corps et dans les Organes internes, tandis que Chuān Xiōng monte vers la tête et est plus spécifique aux céphalées et aux affections gynécologiques impliquant le méridien du Foie. Yán Hú Suǒ est nettement plus puissant comme analgésique général, mais moins efficace pour disperser le Vent et monter vers la tête. Les deux herbes sont fréquemment associées pour amplifier l’effet combiné sur le Qi et le Sang dans les formules gynécologiques complexes.

Associations

– avec Chuān Liàn Zǐ (Fructus Toosendan) : douleurs épigastriques et hypochondriaques par Stagnation du Qi du Foie et Chaleur (formule classique Jīn Líng Zǐ Sǎn 金鈴子散)
– avec Wǔ Líng Zhī (Excrementum Trogopteri) et Pú Huáng (Pollen Typhae) : dysménorrhées et douleurs post-partum par stagnation de Sang (formule Shī Xiào Sǎn 失笑散)
– avec Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) et Hóng Huā (Flos Carthami) : douleurs précordiales et angine de poitrine par stagnation de Sang dans le Cœur
– avec Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis) et Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) : dysménorrhées par Stagnation du Qi et stagnation de Sang
– avec Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum) et Mò Yào (Myrrha) : traumatismes, fractures et douleurs musculo-squelettiques par stagnation de Sang et de Qi
– avec Xiǎo Huí Xiāng (Fructus Foeniculi) et Wū Yào (Radix Linderae) : douleurs de hernies inguinales par Froid obstruant le méridien du Foie
– avec Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) : spasmes et crampes abdominales par stagnation de Qi du Foie envahissant la Rate
– avec Ròu Guì (Cortex Cinnamomi) et Ài Yè (Folium Artemisiae Argyi) : dysménorrhées par Froid dans le Réchauffeur Inférieur obstruant les méridiens Chong et Ren

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng yòng) : forme standard, action maximale sur l’activation du Sang et la circulation du Qi ; privilégiée pour les douleurs aiguës post-traumatiques et les dysménorrhées intenses
– préparé au vinaigre (醋炙 cù zhì) : le vinaigre (acide acétique) améliore l’extraction des alcaloïdes actifs en formant des sels solubles dans l’eau – cette préparation est recommandée en décoction car elle augmente significativement la concentration plasmatique de tétrahydropalmatine et renforce l’effet analgésique ; c’est la forme la plus couramment utilisée en clinique moderne
– préparé à l’alcool de riz (酒炙 jiǔ zhì) : l’alcool potentialise l’action activatrice du Sang et oriente davantage le remède vers les méridiens supérieurs, favorisant son action sur les douleurs thoraciques et les céphalées
– pulvérisé (研末服 yán mò fú) : la prise en poudre directe, à raison de 1,5 à 3 g, est considérée comme plus efficace que la décoction car les alcaloïdes actifs (notamment la corydaline peu soluble) sont mieux absorbés sous cette forme ; indiquée pour les douleurs sévères rebelles

Formules Classiques

– Jīn Líng Zǐ Sǎn (金鈴子散 Poudre de Melia)
Formule classique issue du Sù Wèn Bìng Jī Qì Yí Bǎo Mìng Jí 素問病機氣宜保命集 (Recueil de prescriptions précieuses pour la vie basé sur la pathologie du Sùwèn) de Liu Wan-Su (XIIe siècle), composée uniquement de Yán Hú Suǒ et de Chuān Liàn Zǐ (Fructus Toosendan) à parts égales. Indiquée pour les douleurs épigastriques, thoraciques et hypochondriaques par Stagnation du Qi du Foie et Chaleur, avec irritabilité, goût amer en bouche et pouls en corde. Chuān Liàn Zǐ disperse le Qi stagnant du Foie et élimine la Chaleur, tandis que Yán Hú Suǒ active le Sang et soulage la douleur – leur association couvre simultanément la stagnation de Qi et la stagnation de Sang.

– Ān Zhōng Sǎn (安中散 Poudre pour Pacifier le Réchauffeur Moyen)
Formule issue des Tài Píng Huì Mín Hé Jì Jú Fāng 太平惠民和劑局方 (Formulaire des pharmacies impériales de l’ère Taiping) comprenant notamment Yán Hú Suǒ, Ròu Guì (Cortex Cinnamomi), Mù Xiāng (Radix Aucklandiae), Xiǎo Huí Xiāng (Fructus Foeniculi) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae). Indiquée pour les douleurs épigastriques et abdominales liées au Froid obstruant le Réchauffeur Moyen avec stagnation de Qi.

– Gé Xià Zhú Yū Tāng (膈下逐瘀湯 Décoction pour Chasser la Stase sous le Diaphragme)
Formule du médecin Wang Qing-Ren (XIXe siècle), issue du Yī Lín Gǎi Cuò 醫林改錯 (Corrections des erreurs dans le monde médical, 1830), comprenant Yán Hú Suǒ, Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Táo Rén (Semen Persicae), Hóng Huā (Flos Carthami), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Wǔ Líng Zhī (Excrementum Trogopteri) et Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi). Indiquée pour les masses abdominales douloureuses sous le diaphragme par stagnation de Sang et de Qi, les douleurs hypochondriaques chroniques et les hépatosplénoménalies douloureuses.

– Shǎo Fù Zhú Yū Tāng (少腹逐瘀湯 Décoction pour Chasser la Stase dans le Bas-Ventre)
Également de Wang Qing-Ren, cette formule comprend Yán Hú Suǒ, Ròu Guì (Cortex Cinnamomi), Gān Jiāng (Rhizoma Zingiberis), Xiǎo Huí Xiāng (Fructus Foeniculi), Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Pú Huáng (Pollen Typhae) et Wǔ Líng Zhī (Excrementum Trogopteri). Indiquée pour les dysménorrhées sévères, les masses utérines et les douleurs du bas-ventre par stagnation de Sang et Froid dans le Réchauffeur Inférieur.

Toxicité :

Yán Hú Suǒ est considéré comme non toxique aux doses thérapeutiques habituelles (3-10 g). La tétrahydropalmatine (l-THP), son alcaloïde principal, peut provoquer à doses élevées une sédation, une somnolence et une légère dépression du système nerveux central. Des études animales ont montré que la l-THP inhibe les récepteurs dopaminergiques D1 et D2, ce qui peut, en usage prolongé ou à haute dose, entraîner des symptômes extrapyramidaux (tremblements, rigidité) similaires à ceux des neuroleptiques. Des cas d’hépatotoxicité légère ont été signalés lors de traitements prolongés à forte dose, nécessitant une surveillance des enzymes hépatiques. Des interactions médicamenteuses potentielles existent avec les antidouleurs opioïdes (potentialisation des effets analgésiques), les sédatifs et les neuroleptiques (risque de majoration des effets sédatifs et extrapyramidaux), les IMAO, ainsi qu’avec les médicaments métabolisés par le CYP2D6 (risque d’interactions pharmacocinétiques). En raison de ses propriétés d’activation du Sang, Yán Hú Suǒ est formellement contre-indiqué pendant la grossesse. En usage clinique raisonné, avec respect des contre-indications et des dosages appropriés, ce remède présente un profil de sécurité satisfaisant.



Yu Jin

Yu Jin

Yù Jīn (Curcuma aromatica Salisb. ; Curcuma wenyujin Y.H.Chen et C.Ling ; Curcuma kwangsiensis S.G.Lee et C.F.Liang ; Curcuma phaeocaulis Val.)

Identification

Chinois : 鬱金
Pinyin : Yù Jīn
Traduction : Or déprimé / Or qui lève la dépression
Nom commun : Curcuma tubéreux, Radix de curcuma
Nom latin : Curcuma aromatica Salisb. ; Curcuma wenyujin Y.H.Chen et C.Ling ; Curcuma kwangsiensis S.G.Lee et C.F.Liang ; Curcuma phaeocaulis Val.
Famille : Zingibéracées (Zingiberaceae)
Espèces : Curcuma aromatica Salisb. (principale) ; C. wenyujin, C. kwangsiensis, C. phaeocaulis
Partie utilisée : Tubercule (radix / tubérosité radicale)
Texte d’origine : Yào Xìng Lùn 藥性論 (Traité des propriétés médicinales) par Zhen Quan au VIIe siècle (dynastie Tang)
Yu Jin

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui font circuler le Sang (huó xuè yào 活血藥)
Saveurs : Piquant (辛 xīn), Amer (苦 kǔ)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Foie (肝 gān), Cœur (心 xīn), Poumon (肺 fèi)
Dosage : 6-12 g

Propriétés :

Yù Jīn active le Sang, élimine la Stagnation de Sang, régule le Qi du Foie, disperse les Glaires et clarifie la Chaleur. Il traite aussi bien les douleurs thoraciques et abdominales par Stagnation du Qi et du Sang que les troubles mentaux par obstruction des orifices de l’Esprit par les Glaires-Chaleur, ainsi que les saignements par Chaleur dans le Sang, et les syndromes de jaunisse par Humidité-Chaleur.

Précautions :

Contre-indiqué en cas de grossesse. À utiliser avec prudence en cas de vide de Sang sans Stagnation. Contre-indiqué en cas de froid de l’Estomac ou de vide de Yang. Ne pas associer à Ding Xiang (Flos Caryophylli) en raison d’une incompatibilité traditionnelle (les dix-neuf incompatibilités). À utiliser avec précaution chez les patients sous anticoagulants en raison de l’effet fluidifiant du Sang.

Fonctions principales :

Active le Sang et élimine la Stagnation de Sang
Régule le Qi du Foie et soulage la dépression-contrainte
Clarifie la Chaleur dans le Sang et arrête les saignements
Résout les Glaires-Chaleur et ouvre les orifices de l’Esprit
Clarifie l’Humidité-Chaleur du Foie et de la Vésicule Biliaire et traite la jaunisse

Actions et Indications

– Active le Sang, élimine la Stagnation de Sang et soulage la douleur :
Yù Jīn est piquant, amer et froid ; il possède une capacité à pénétrer et à faire circuler le Sang stagnant tout en refroidissant la Chaleur pathogène. Son action combinée sur le Qi et le Sang en fait un remède de choix pour les syndromes douloureux liés à la Stagnation du Qi du Foie et à la Stagnation de Sang.
Il est indiqué dans les douleurs et distensions thoraciques et hypochondriaques, les masses abdominales, la dysménorrhée et l’aménorrhée par Stagnation de Sang et de Qi du Foie, les douleurs épigastriques et abdominales liées à la Stagnation du Qi du Foie envahissant l’Estomac.
– Pour la dysménorrhée et les douleurs menstruelles par Stagnation de Sang avec Froid ou Chaleur, Yù Jīn est associé à Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis).
– Pour les masses et accumulations abdominales avec Stagnation de Sang, on l’associe à É Zhú (Rhizoma Curcumae) et Sān Léng (Rhizoma Sparganii).

– Régule le Qi, disperse le Foie et soulage la dépression-contrainte :
Yù Jīn entre dans le méridien du Foie et possède une action piquante dispersante qui lève la Stagnation du Qi du Foie. Il traite la Stagnation du Qi du Foie avec distension et douleur des flancs et de l’hypochondre, l’irritabilité, la dépression, les éructations et la plénitude de poitrine.
Il convient particulièrement aux tableaux où la Stagnation du Qi du Foie s’associe à une Stagnation de Sang ou à la présence de Chaleur, en raison de sa nature froide qui prévient toute aggravation par la Chaleur.
– Pour la Stagnation du Qi du Foie avec distension des flancs et douleur épigastrique, Yù Jīn est associé à Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) et Chái Hú (Radix Bupleuri).
– Pour la Stagnation du Qi du Foie avec signes de Chaleur, irritabilité et insomnies, on l’associe à Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan).

– Clarifie la Chaleur et refroidit le Sang, arrête les saignements :
Par sa nature froide et son entrée dans le méridien du Cœur et du Foie, Yù Jīn refroidit la Chaleur dans le Sang et arrête les saignements liés à la Chaleur dans le Sang forçant le Sang à circuler de façon anarchique. Il est indiqué dans les hémoptysies, hématémèses, épistaxis et les ménorragies dues à la Chaleur dans le Sang.
La combinaison de son action hémostatique et anti-Stagnation le rend précieux dans les cas où saignement et Stagnation coexistent.
– Pour les saignements par Chaleur dans le Sang, Yù Jīn est associé à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan).
– Pour les hémorragies gynécologiques par Chaleur dans le Sang, on l’associe à Dì Yú (Radix Sanguisorbae) et Cè Bǎi Yè (Cacumen Platycladi).

– Clarifie la Chaleur, résout les Glaires-Chaleur et ouvre les orifices de l’Esprit :
Yù Jīn entre dans le méridien du Cœur et possède la capacité de dissoudre les Glaires-Chaleur qui obstruent les orifices de l’Esprit. Il est utilisé dans les troubles mentaux, les états confusionnels, la perte de conscience, l’épilepsie et les troubles psychiatriques de type folie Kuang (狂) ou Dian (癲) liés à l’obstruction du Cœur par les Glaires-Chaleur.
Son association avec des herbes ouvrant les orifices de l’Esprit et résolvant les Glaires-Feu est fondamentale dans les maladies de Tièdeur (Wen Bing) avec atteinte du Péricarde.
– Pour l’obstruction des orifices de l’Esprit par les Glaires-Chaleur avec troubles de la conscience, Yù Jīn est associé à Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori) dans la formule Bái Jīn Wán 白金丸.
– Pour l’épilepsie et la folie Dian (癲) par obstruction des Glaires, on l’associe à Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae) et Tiān Nán Xīng (Rhizoma Arisaematis).

– Clarifie l’Humidité-Chaleur du Foie et de la Vésicule Biliaire, traite la jaunisse :
Yù Jīn est amer et froid, ce qui lui confère une action de clarification de l’Humidité-Chaleur dans le Foie et la Vésicule Biliaire. Il est employé dans la jaunisse, les calculs biliaires, les douleurs hypochondriaques et les cholécystites liées à l’Humidité-Chaleur.
Son association avec des herbes drainant l’Humidité et clarifiant la Chaleur du Foie en fait un remède précieux dans les pathologies hépato-biliaires.
– Pour la jaunisse et les affections hépato-biliaires par Humidité-Chaleur, Yù Jīn est associé à Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae).
– Pour les calculs biliaires avec douleurs hypochondriaques intenses, on l’associe à Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei).

Liste des symptômes

Stagnation du Qi du Foie et Stagnation de Sang :
Douleurs et distensions thoraciques et hypochondriaques
Dysménorrhée, aménorrhée, douleurs menstruelles avec caillots
Masses et accumulations dans l’abdomen (zheng jia 癥瘕)
Douleurs épigastriques et abdominales chroniques
Irritabilité, labilité émotionnelle, dépression

Chaleur dans le Sang et saignements :
Hémoptysie, hématémèse, épistaxis d’origine Chaleur
Ménorragies et métrorragies par Chaleur dans le Sang
Urine sanglante (hématurie) par Chaleur dans le Sang

Glaires-Chaleur obstruant les orifices de l’Esprit :
Troubles de la conscience, agitation mentale, délire
Épilepsie (xian 癲) et convulsions par Glaires-Feu
Folie Dian (癲) et Kuang (狂) par obstruction des Glaires-Chaleur
Insomnie et anxiété intense par Glaires-Chaleur affectant le Cœur

Humidité-Chaleur dans le Foie et la Vésicule Biliaire :
Jaunisse (teint jaune, yeux jaunes, urine foncée) par Humidité-Chaleur
Calculs biliaires, cholécystite, douleurs hypochondriaques
Distension et plénitude de l’hypochondre droit

Commentaire

Yù Jīn (鬱金) est mentionné pour la première fois en tant que substance médicinale dans le Yào Xìng Lùn 藥性論 (Traité des propriétés des médicaments) du VIIe siècle, bien que le terme yù jīn soit employé de manière plus ancienne dans les textes pour désigner diverses préparations à base de curcuma. Son nom signifie littéralement « l’or de la dépression-contrainte », faisant directement référence à sa double action sur la dépression-contrainte du Qi et l’obstruction par Stagnation, rappelant la couleur dorée caractéristique de sa chair. Le Āi Yú Fāng 艾余方 et d’autres textes classiques de la période Tang-Song mentionnent déjà son usage pour les douleurs de poitrine et d’hypochondre. Sa nature froide et piquante-amère en fait l’un des rares remèdes capables d’agir simultanément sur le Qi, le Sang et les Glaires tout en refroidissant la Chaleur, ce qui lui confère une place de premier rang dans les catégories « active le Sang » et « régule le Qi ».

Sur le plan clinique, la double appartenance méridienne de Yù Jīn aux canaux du Foie et du Cœur explique ses deux grandes sphères d’action : d’une part, le traitement de la Stagnation du Qi du Foie avec répercussion sur le Sang (douleurs hypochondriaques, dysménorrhée, masses) et, d’autre part, l’ouverture des orifices de l’Esprit en dissolvant les Glaires-Chaleur qui entravent le Cœur. Cette action sur le Cœur en fait un élément clé des formules psychiatriques chinoises classiques pour les troubles de la conscience, les crises convulsives et les troubles bipolaires de type Kuang (狂). Sa nature froide le distingue des herbes activant le Sang de nature tiède ou chaude, et le rend particulièrement adapté aux Stagnations d’origine Chaleur ou aux tableaux où la Chaleur et la Stagnation coexistent. Son entrée dans le méridien du Poumon lui confère également une action accessoire sur les saignements pulmonaires.

Yù Jīn est souvent comparé à Jiāng Huáng (Rhizoma Curcumae Longae), qui est le rhizome horizontal de Curcuma longa tandis que Yù Jīn en est le tubercule radiculaire. Les deux herbes partagent des propriétés d’activation du Sang et de régulation du Qi, mais Jiāng Huáng est de nature tiède et pénètre les méridiens de la Rate et de l’Estomac, se focalisant davantage sur les douleurs des membres supérieurs et les syndromes Bi des épaules, tandis que Yù Jīn, de nature froide, entre dans les méridiens du Foie et du Cœur et convient aux pathologies avec Chaleur, aux troubles mentaux et aux affections hépato-biliaires. Une autre herbe fréquemment comparée est É Zhú (Rhizoma Curcumae), également issue du genre Curcuma, mais dont l’action est beaucoup plus puissante pour briser les masses dures et éliminer les accumulations de Stagnation de Sang sévère.

Associations

– avec Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori) : obstruction des orifices de l’Esprit par Glaires-Chaleur avec troubles de la conscience, épilepsie et folie – formule Bái Jīn Wán 白金丸 (Pilule de Blanc et d’Or)

– avec Yīn Chén Hāo (Herba Artemisiae Scopariae) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) : jaunisse et affections hépato-biliaires par Humidité-Chaleur

– avec Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) : saignements par Chaleur dans le Sang forçant le Sang à circuler de façon anarchique (hémoptysie, épistaxis, ménorragies)

– avec Chái Hú (Radix Bupleuri) et Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) : Stagnation du Qi du Foie avec distension et douleur des flancs, irritabilité, dépression

– avec Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) : douleurs thoraciques et coronariennes par Stagnation de Sang obstruant le Cœur

– avec Jīn Qián Cǎo (Herba Lysimachiae) et Jī Nèi Jīn (Endothelium Corneum Gigeriae Galli) : calculs biliaires et lithiase urinaire par Humidité-Chaleur

– avec Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) : jaunisse aiguë et affections hépatiques avec Chaleur-Humidité marquée

– avec Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae) et Fú Líng (Poria) : épilepsie et troubles psychiatriques par accumulation de Glaires obstruant le Cœur

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng yòng) : action complète sur l’activation du Sang, la régulation du Qi du Foie, la clarification de la Chaleur et l’ouverture des orifices de l’Esprit ; forme standard utilisée en décoction pour la majorité des indications
– préparé au vinaigre (醋炙 cù zhì) : le vinaigre accentue l’entrée dans le méridien du Foie et renforce l’action de dispersion du Foie, de soulagement de la dépression-contrainte et d’analgésie ; préféré pour les douleurs épigastriques et hypochondriaques par Stagnation du Qi du Foie
– préparé au sel (鹽炙 yán zhì) : le sel guide l’action vers le méridien du Rein et renforce l’effet calmant sur le Cœur ; utilisé pour les troubles mentaux par vide de Yin avec agitation du Cœur
– carbonisé (炭炒 tàn chǎo) : la carbonisation renforce l’action hémostatique pour les saignements abondants par Chaleur dans le Sang ; préféré dans les cas d’hémoptysie ou de ménorragies sévères

Formules Classiques

– Bái Jīn Wán (白金丸 Pilule Blanche et Or)
Formule classique de deux herbes issue du Yī Fāng Jí Jiě 醫方集解 (Recueil annoté des formules médicales), indiquée pour l’obstruction des orifices de l’Esprit par les Glaires-Chaleur se manifestant par des troubles mentaux, l’épilepsie, la folie Dian (癲) et Kuang (狂), les troubles de la conscience et l’agitation. Elle associe Yù Jīn pour activer le Sang, régulariser le Qi et dissoudre les Glaires à Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori) pour ouvrir les orifices de l’Esprit et transformer les Glaires. L’alun (明礬 míng fán) est utilisé dans certaines versions pour renforcer l’élimination des Glaires.

– Xuān Yù Tōng Jīng Tāng (宣鬱通經湯 Décoction pour Dissiper la Dépression-Contrainte et Libérer les Méridiens)
Formule issue du Fù Qīng Zhǔ Nǚ Kē 傅青主女科 (Gynécologie de Fu Qingzhu), indiquée pour la dysménorrhée et l’aménorrhée par Stagnation du Qi du Foie avec Chaleur dans le Sang. Elle associe Yù Jīn pour activer le Sang, régulariser le Qi et refroidir la Chaleur à Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Chái Hú (Radix Bupleuri).

– Yù Jīn Tāng (鬱金湯 Décoction de Yù Jīn)
Formule classique indiquée pour la Stagnation du Qi du Foie avec douleurs épigastriques et hypochondriaques, irritabilité et dépression marquées, avec signes de Chaleur. Elle associe Yù Jīn à Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi), Zhǐ Ké (Fructus Aurantii), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae).

– Qīng Xīn Jiě Yù Tāng (清心解鬱湯 Décoction pour Clarifier le Cœur et Résoudre la Dépression-Contrainte)
Formule utilisée pour les tableaux combinant Stagnation du Qi du Foie et Chaleur du Cœur-Foie avec insomnie, anxiété, palpitations et agitation mentale. Elle associe Yù Jīn à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) et Fú Líng (Poria).

Toxicité :

Yù Jīn est généralement considéré comme sûr aux doses thérapeutiques habituelles (6-12 g). Des effets indésirables digestifs (nausées, douleurs épigastriques, diarrhée) peuvent survenir à doses élevées ou chez les patients présentant un vide de Yang de la Rate et de l’Estomac, en raison de sa nature froide. Des réactions allergiques cutanées ont été rapportées de manière très rare. Curcuma longa, principale espèce source, contient des curcuminoïdes (curcumine, desméthoxycurcumine, bisdesméthoxycurcumine) et des huiles essentielles (turmérone, ar-turmérone, zingibérène) aux propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes documentées pharmacologiquement. La curcumine possède des effets anticoagulants démontrés in vitro et en clinique : l’association à des anticoagulants de synthèse (warfarine, héparine, aspirine) doit être évitée ou étroitement surveillée. Des études animales ont montré un potentiel d’inhibition de l’agrégation plaquettaire. À doses très élevées et prolongées, une hépatotoxicité a été signalée dans de rares cas, surtout avec des extraits concentrés. Contre-indiqué en association avec Dīng Xiāng (Flos Caryophylli) selon les dix-neuf incompatibilités traditionnelles (十九畏 shíjiǔ wèi). Contre-indiqué durant la grossesse en raison de son action sur le Sang et de son effet potentiellement emménagogue.



Huai Niu Xi

Huai Niu Xi
Chinois :
怀牛膝
Pinyin : huái niú xī
Traduction : genou de boeuf du Huai
Nom commun : racine d’achyranthe bidentée
Nom latin : Achyranthis Bidentatae Radix
Famille : Amaranthaceae
Espèces : Achyranthes bidentata Blume (怀牛膝 huái niú xī)
Partie utilisée : racine séchée
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) au 2e siècle
Huai Niu Xi

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui font circuler le Sang (huó xuè yào 活血藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Acide (酸 suān)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Foie (肝 gān), Rein (肾 shèn)
Dosage : 10-15 g en décoction

Propriétés :

Tonifie le Foie et le Rein, renforce les tendons et les os, active la circulation du Sang et élimine la stase de Sang, favorise la miction, dirige le Feu et le Sang vers le bas.

Précautions :

Huái Niú Xī est contre-indiqué pendant la grossesse en raison de son action utérotonique et emménagogue. Il est également contre-indiqué en cas de ménorragies abondantes. Sa nature descendante et sa capacité à activer le Sang le rendent inapproprié pour les patients présentant une hémorragie active ou une grossesse. La préparation au vin de grain renforce son action pour activer la circulation du Sang et ouvrir les canaux et collatéraux. La préparation au sel marin (炒鹽 chǎo yán) dirige l’action du remède vers le Rein et renforce ses propriétés tonifiantes des os et des tendons.

Fonctions principales :

Tonifie le Foie et le Rein
Renforce les tendons et les os
Active la circulation du Sang
Élimine les stases sanguines
Favorise la diurèse
Traite la dysurie
Dirige le Feu vers le bas
Dirige le Sang vers le bas
Ancre le Yang du Foie

Actions et Indications

– Tonifie le Foie et le Rein, renforce les tendons et les os :
Huái Niú Xī est l’un des remèdes les plus importants pour traiter les douleurs chroniques de la partie inférieure du corps liées à une déficience du Foie et du Rein. Il nourrit les tissus contrôlés par ces deux organes – les tendons pour le Foie, les os pour le Rein – et est particulièrement indiqué pour les lombalgies chroniques et la faiblesse des genoux.
– Pour la faiblesse et la douleur du bas du dos et des genoux, Huái Niú Xī est associé à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Guī Bǎn (Plastrum Testudinis), Dù Zhòng (Cortex Eucommiae) et Suǒ Yáng (Herba Cynomorii).
– Pour les rougeurs, gonflements et douleurs des articulations de la partie inférieure du corps causés par la Chaleur-Humidité, on associe ce remède à Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Yì Yǐ Rén (Semen Coicis), formule Èr Miào Sǎn 二妙散 (Poudre aux Deux Merveilles).
– Pour les douleurs articulaires de la partie inférieure dues au Vent et à l’Humidité, on ajoute Mù Guā (Fructus Chaenomelis), Fěn Fáng Jǐ (Radix Stephaniae Tetandrae) et Bì Xiè (Rhizoma Dioscoreae Hypoglaucae).

– Active la circulation du Sang et élimine les stases :
Huái Niú Xī est l’un des remèdes les plus efficaces pour activer le Sang et traiter divers troubles caractérisés par des stases sanguines. Il est couramment utilisé pour les troubles gynécologiques tels que les dysménorrhées, les irrégularités menstruelles, l’aménorrhée et les douleurs abdominales post-partum. Son action descendante le rend particulièrement adapté aux stases du bas du corps.
– Pour les troubles gynécologiques avec stase sanguine (dysménorrhée, aménorrhée, irrégularités menstruelles, douleurs post-partum), Huái Niú Xī est associé à Hóng Huā (Flos Carthami), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Táo Rén (Semen Persicae).
– Pour les accouchements difficiles, on l’associe à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Guī Bǎn (Plastrum Testudinis).
– Pour les douleurs musculo-squelettiques dues à des traumatismes ou des blessures sportives, on associe ce remède à Hóng Huā (Flos Carthami), Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum) et Mò Yào (Myrrha).

– Favorise la diurèse et traite la dysurie :
Huái Niú Xī élimine la Chaleur-Humidité et les stases sanguines du Réchauffeur Inférieur pour traiter les brûlures et douleurs à la miction.
– Pour l’hématurie avec brûlures et douleurs à la miction, Huái Niú Xī est associé à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Qú Mài (Herba Dianthi) et Huá Shí (Talcum).

– Dirige le Feu et le Sang vers le bas :
Cette action descendante caractéristique de Huái Niú Xī lui permet de traiter les saignements anormaux causés par un Feu s’élevant vers le haut. Les indications cliniques incluent les hématémèses, les épistaxis, les maux de dents, les ulcérations de la bouche et de la langue, les céphalées et les vertiges. Huái Niú Xī tonifie également le Yin du Foie et du Rein pour ancrer le Yang du Foie et prévenir le Vent du Foie ascendant.
– Pour les hématémèses et épistaxis, ce remède est associé à Xiǎo Jì (Herba Cirsii), Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae).
– Pour les maux de dents ou les ulcérations de la langue et de la bouche dus au Feu de déficience du Yin, on associe Huái Niú Xī à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), formule Yù Nǚ Jiān 玉女煎 (Décoction de la Vierge de Jade).
– Pour le Yang du Foie et le Vent du Foie ascendants, Huái Niú Xī est associé à Dài Zhě Shí (Haematitum), Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Guī Bǎn (Plastrum Testudinis) pour nourrir le Yin et ancrer le Yang, formule Zhèn Gān Xī Fēng Tāng 鎮肝熄風湯 (Décoction pour Sédater le Foie et Éteindre le Vent).

Liste des symptômes

Troubles musculo-squelettiques :
Lombalgie chronique avec faiblesse
Douleur et faiblesse des genoux
Douleurs articulaires de la partie inférieure du corps
Articulations rouges, gonflées et douloureuses (Chaleur-Humidité)
Douleurs musculo-squelettiques post-traumatiques
Faiblesse des tendons et des os

Troubles gynécologiques et obstétricaux :
Dysménorrhée avec stase sanguine
Irrégularités menstruelles
Aménorrhée
Douleurs abdominales post-partum
Accouchement difficile

Troubles urinaires :
Hématurie
Dysurie avec brûlures
Douleurs à la miction

Saignements et syndromes de Feu ascendant :
Hématémèse
Épistaxis
Maux de dents d’origine Yin-déficiente
Ulcérations de la bouche et de la langue
Céphalées et vertiges dus au Yang du Foie ascendant

Commentaire

Huái Niú Xī (怀牛膝) tire son nom de la région de Huai (province actuelle du Henan), réputée pour produire la meilleure qualité de cette plante, et de la forme de ses articulations nodulaires qui évoquent un genou de bœuf (niú xī 牛膝). Inscrit depuis le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), ce remède est l’un des plus polyvalents pour les affections du bas du corps. Sa double nature de tonique et d’activateur du Sang le distingue de la majorité des remèdes de sa catégorie.

La particularité fondamentale de Huái Niú Xī réside dans sa direction d’action : il guide systématiquement l’effet des formules vers le bas, ce qui en fait un ingrédient indispensable pour toutes les pathologies situées dans le Réchauffeur Inférieur. Utilisé cru (生用 shēng yòng), il conduit le Feu et le Sang vers le bas pour traiter les syndromes de Chaleur et les stases ; préparé au sel marin (鹽炒 yán chǎo), il entre préférentiellement dans le Rein et renforce son action tonifiante des os et des tendons ; préparé à l’alcool (酒炒 jiǔ chǎo), il renforce son activité pour activer la circulation du Sang et ouvrir les canaux et collatéraux.

Il importe de distinguer Huái Niú Xī (怀牛膝) de Chuān Niú Xī (Radix Cyathulae), son proche parent originaire du Sichuan. Si les deux remèdes partagent des fonctions similaires, Huái Niú Xī est supérieur pour tonifier le Foie et le Rein et renforcer les tendons et les os, le rendant plus adapté aux douleurs chroniques du bas du corps liées à une déficience. À l’inverse, Chuān Niú Xī (Radix Cyathulae) est plus puissant pour activer la circulation du Sang, éliminer les stases, favoriser la diurèse et diriger la Chaleur vers le bas. De nombreux textes classiques utilisent simplement le terme Niú Xī 牛膝 sans préciser l’espèce, ce qui explique que les deux remèdes soient souvent présentés conjointement dans la littérature.

Associations

– avec Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Guī Bǎn (Plastrum Testudinis) et Dù Zhòng (Cortex Eucommiae) : pour la faiblesse et la douleur du bas du dos et des genoux par déficience du Foie et du Rein

– avec Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis) et Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) : pour les douleurs articulaires du bas du corps par Chaleur-Humidité (formule Èr Miào Sǎn 二妙散 Poudre aux Deux Merveilles)

– avec Hóng Huā (Flos Carthami), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Táo Rén (Semen Persicae) : pour les troubles gynécologiques avec stase sanguine (dysménorrhée, aménorrhée)

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Qú Mài (Herba Dianthi) : pour l’hématurie avec dysurie par Chaleur-Humidité

– avec Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) : pour les maux de dents et ulcérations buccales par Feu de déficience du Yin (formule Yù Nǚ Jiān 玉女煎 Décoction de la Vierge de Jade)

– avec Dài Zhě Shí (Haematitum), Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Guī Bǎn (Plastrum Testudinis) : pour le Yang du Foie ascendant avec Vent du Foie (formule Zhèn Gān Xī Fēng Tāng 鎮肝熄風湯 Décoction pour Apaiser le Foie et Éteindre le Vent)

– avec Xiǎo Jì (Herba Cirsii), Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) : pour les hématémèses et épistaxis par Feu ascendant

– avec Dú Huó (Radix Angelicae Pubescentis) et Sāng Jì Shēng (Herba Taxilli) : pour les douleurs du bas du dos et des membres inférieurs par Vent-Humidité avec déficience du Foie et du Rein (formule Dú Huó Jì Shēng Wán 獨活寄生丸 Pilule à l’Angélique Pubescente et au Taxillus)

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng Huái Niú Xī) : forme non préparée, privilégiée pour activer le Sang, éliminer les stases, favoriser la diurèse et diriger le Feu vers le bas
– préparé au vin de grain (酒炒 jiǔ chǎo Huái Niú Xī) : la préparation à l’alcool renforce l’action pour activer la circulation du Sang et ouvrir les canaux et collatéraux
– préparé au sel marin (鹽炒 yán chǎo Huái Niú Xī) : dirige l’action vers le Rein et potentialise la fonction de renforcement des os et des tendons

Formules Classiques

– Dú Huó Jì Shēng Wán (獨活寄生丸 Pilule à l’Angélique Pubescente et au Taxillus)
Cette formule de référence pour les douleurs chroniques du bas du dos et des genoux combine Huái Niú Xī avec Dú Huó (Radix Angelicae Pubescentis), Sāng Jì Shēng (Herba Taxilli), Dù Zhòng (Cortex Eucommiae), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et d’autres remèdes pour dispeller le Vent-Froid-Humidité tout en tonifiant le Foie et le Rein. Elle est indiquée pour les bi-syndromes chroniques avec déficience sous-jacente du Foie et du Rein.

– Yù Nǚ Jiān (玉女煎 Décoction de la Vierge de Jade)
Cette formule classique associe Huái Niú Xī à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) pour traiter la déficience du Yin de l’Estomac et du Rein avec Feu ascendant, se manifestant par des maux de dents, des gencives enflées et douloureuses, et des ulcérations buccales.

– Zhèn Gān Xī Fēng Tāng (鎮肝熄風湯 Décoction pour Apaiser le Foie et Éteindre le Vent)
Formule majeure pour traiter le Yang du Foie ascendant et le Vent du Foie interne, associant Huái Niú Xī à Dài Zhě Shí (Haematitum), Mǔ Lì (Concha Ostreae), Guī Bǎn (Plastrum Testudinis) et d’autres remèdes nourriciers du Yin. Elle est indiquée pour les céphalées, vertiges, acouphènes et hypertension artérielle par montée du Yang du Foie.

– Juǎn Bì Tāng (蠲痹湯 Décoction pour Éloigner le Bi-Syndrome)
Cette formule traite les bi-syndromes douloureux du Vent-Froid-Humidité, associant Huái Niú Xī à Qiāng Huó (Rhizoma et Radix Notopterygii), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Huáng Qí (Radix Astragali) pour soulager les douleurs articulaires chroniques des membres inférieurs.

Toxicité :

Huái Niú Xī présente une toxicité très faible aux doses thérapeutiques recommandées. L’administration orale de décoction à raison de 60 g/kg/jour pendant 30 jours chez l’animal n’a produit aucune anomalie à l’examen sanguin ni aux examens du foie, du rein ou d’autres organes internes. Cependant, ce remède présente un effet utérotonique avéré et doit être formellement contre-indiqué pendant la grossesse. Des études ont démontré une diminution du pourcentage de fécondation et un risque accru de fausse couche lors d’administrations répétées chez la souris. En usage clinique, son utilisation a été associée à une dilatation marquée du col utérin. Il est également contre-indiqué en cas de ménorragies.



Chuan Niu Xi

Chuan Niu Xi

Chuān Niú Xī (Radix Cyathulae)

Identification

Chinois : 川牛膝
Pinyin : chuān niú xī
Traduction : genou de bœuf du Sichuan
Nom commun : cyathule, racine de cyathule médicinale
Nom latin : Radix Cyathulae
Famille : Amaranthaceae
Espèces : Cyathula officinalis Kuan. (川牛膝 chuān niú xī) ; Cyathula capitata Wall. Moq. (马牛膝 mǎ niú xī)
Partie utilisée : racine séchée
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) au 2e siècle
Chuan Niu Xi

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui font circuler le Sang (huó xuè yào 活血藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Acide (酸 suān)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Foie (肝 gān), Rein (腎 shèn)
Dosage : 10-15 g en décoction

Propriétés :

Active la circulation sanguine et élimine la stase sanguine, favorise la diurèse et traite la dysurie, dirige le Feu et le Sang vers le bas, tonifie le Foie et le Rein et renforce les tendons et les os.

Précautions :

Chuān Niú Xī est contre-indiqué pendant la grossesse en raison de son action stimulante sur l’utérus. Il est contre-indiqué en cas de ménorragie (saignements menstruels abondants). Des études pharmacologiques indiquent qu’une administration à des doses de 250 à 500 mg/kg pendant 20 jours chez la souris est associée à une diminution du taux de fécondation et à un risque accru de fausse couche. Ce remède doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience en Qi ou en Yin.

Fonctions principales :

Active la circulation sanguine
Élimine la stase sanguine
Favorise la diurèse
Traite la dysurie
Dirige le Feu vers le bas
Dirige le Sang vers le bas
Tonifie le Foie et le Rein
Renforce les tendons et les os
Régule les menstruations

Actions et Indications

– Active la circulation sanguine et élimine la stase sanguine :
Chuān Niú Xī est l’un des remèdes les plus puissants pour activer la circulation sanguine et traiter les troubles caractérisés par la stase sanguine. Il est particulièrement efficace pour les affections gynécologiques et les douleurs musculo-squelettiques liées aux traumatismes.
– Pour les troubles gynécologiques caractérisés par la stase sanguine (douleurs menstruelles, irrégularités menstruelles, aménorrhée et douleurs abdominales post-partum), Chuān Niú Xī est associé à Hóng Huā (Flos Carthami), Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis) et Táo Rén (Semen Persicae).
– Pour l’accouchement difficile, on l’associe à Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Guī Bǎn (Plastrum Testudinis).
– Pour les douleurs musculo-squelettiques dues aux traumatismes et blessures sportives, Chuān Niú Xī est combiné à Hóng Huā (Flos Carthami), Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum) et Mò Yào (Myrrha).

– Favorise la diurèse et traite la dysurie :
Chuān Niú Xī dissipe la Chaleur-Humidité et élimine la stase sanguine dans le Foyer inférieur pour traiter les syndromes de dysurie avec sensation de brûlure et douleur à la miction, ainsi que l’hématurie.
– Pour l’hématurie avec sensation de brûlure et douleur à la miction, Chuān Niú Xī est associé à Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Qū Mài (Herba Dianthi) et Huá Shí (Talcum).

– Dirige le Feu et le Sang vers le bas :
Chuān Niú Xī possède une puissante action descendante qui dirige le Feu et le Sang vers le bas, permettant de traiter les hémorragies anormales causées par la montée du Feu. Il tonifie également le Yin du Foie et du Rein pour ancrer le Yang du Foie et prévenir la montée du Vent du Foie.

Les applications cliniques incluent l’hématémèse, l’épistaxis, les douleurs dentaires, les ulcérations de la bouche et de la langue, les céphalées et les vertiges.
– Pour l’hématémèse et l’épistaxis, Chuān Niú Xī est associé à Xiǎo Jì (Herba Cirsii), Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae).
– Pour les douleurs dentaires ou les ulcérations de la bouche et de la langue dues au Feu de déficience du Yin, on l’associe à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), formule Yù Nǚ Jiān 玉女煎 (Décoction de la Vierge de Jade).
– Pour la montée du Yang du Foie et le Vent du Foie avec vertiges et céphalées, Chuān Niú Xī est combiné à Dài Zhě Shí (Haematitum), Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Guī Bǎn (Plastrum Testudinis), formule Zhèn Gān Xī Fēng Tāng 鎮肝熄風湯 (Décoction pour Apaiser le Foie et Éteindre le Vent).

– Tonifie le Foie et le Rein et renforce les tendons et les os :
Chuān Niú Xī tonifie le Foie et le Rein et renforce leurs tissus respectifs – les tendons et les os. Il est l’un des remèdes les plus importants pour les douleurs chroniques du bas du corps, notamment les lombalgies et la faiblesse des genoux.
– Pour la faiblesse et les douleurs du bas du dos et des genoux, Chuān Niú Xī est associé à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata), Guī Bǎn (Plastrum Testudinis), Dù Zhòng (Cortex Eucommiae) et Suǒ Yáng (Herba Cynomorii).
– Pour les rougeurs, gonflements et douleurs des articulations du bas du corps dus à la Chaleur-Humidité, on l’associe à Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Yì Yǐ Rén (Semen Coicis), formule Èr Miào Sǎn 二妙散 (Poudre des Deux Merveilles).
– Pour les douleurs articulaires du bas du corps dues au Vent-Humidité, Chuān Niú Xī est combiné à Mù Guā (Fructus Chaenomelis), Fěn Fáng Jǐ (Radix Stephaniae Tetandrae) et Bì Xiè (Rhizoma Dioscoreae Hypoglaucae).

Liste des symptômes

Troubles gynécologiques et obstétricaux :
Dysménorrhée par stase sanguine
Irrégularités menstruelles
Aménorrhée
Douleurs abdominales post-partum
Accouchement difficile

Douleurs musculo-squelettiques du bas du corps :
Lombalgies chroniques
Faiblesse et douleurs des genoux
Douleurs et gonflements articulaires par Chaleur-Humidité
Douleurs articulaires par Vent-Humidité
Traumatismes et blessures sportives

Hémorragies par montée du Feu :
Hématémèse
Épistaxis
Douleurs dentaires par Feu de déficience
Ulcérations de la bouche et de la langue
Céphalées et vertiges par montée du Yang du Foie

Troubles urinaires :
Hématurie
Dysurie avec sensation de brûlure
Douleurs à la miction

Commentaire

Chuān Niú Xī (Radix Cyathulae Officinalis) tire son nom de sa provenance historique dans la province du Sichuan (川 chuān) et de la forme de ses nœuds racinaires qui rappellent le genou du bœuf (牛膝 niú xī). Ce remède appartient à la catégorie des herbes qui activent le Sang et éliminent la stase, et il se distingue par la puissance de son action descendante qui en fait un guide thérapeutique vers le Foyer inférieur.

La caractéristique la plus remarquable de Chuān Niú Xī est sa double capacité à la fois à activer et à descendre : il active vigoureusement la circulation sanguine tout en guidant le Qi et le Sang vers le bas. Cette double action en fait un remède indispensable dans les syndromes où le Feu ou le Yang du Foie montent de manière pathologique pour provoquer des hémorragies ou des symptômes dans la partie supérieure du corps – épistaxis, hématémèse, céphalées par montée du Yang. En médecine chinoise, le principe de traitement consiste alors à «guider le Sang vers le bas» (引血下行 yǐn xuè xià xíng), et Chuān Niú Xī est l’un des meilleurs remèdes pour cette stratégie thérapeutique.

Chuān Niú Xī se distingue de Huái Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) par l’accent mis sur ses différentes fonctions. Chuān Niú Xī est plus puissant pour activer la circulation sanguine, éliminer la stase sanguine, favoriser la diurèse et diriger la Chaleur vers le bas. Il est ainsi préféré pour les syndromes douloureux caractérisés par la stase sanguine, la dysurie et les hémorragies diverses causées par la Chaleur et le Feu. Huái Niú Xī, quant à lui, est plus puissant pour tonifier le Foie et le Rein et renforcer les tendons et les os : il est donc préféré pour les syndromes douloureux du bas du corps caractérisés par la faiblesse et la déficience, notamment ceux des lombaires et des genoux. De nombreux textes classiques utilisent le terme générique Niú Xī sans préciser lequel des deux remèdes est utilisé, tant leurs indications se recoupent.

Associations

– avec Hóng Huā (Flos Carthami), Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis) et Táo Rén (Semen Persicae) : pour les troubles gynécologiques par stase sanguine : dysménorrhée, aménorrhée, irrégularités menstruelles

– avec Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Guī Bǎn (Plastrum Testudinis) : pour l’accouchement difficile

– avec Hóng Huā (Flos Carthami), Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum) et Mò Yào (Myrrha) : pour les douleurs musculo-squelettiques dues aux traumatismes

– avec Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Qū Mài (Herba Dianthi) et Huá Shí (Talcum) : pour l’hématurie avec dysurie douloureuse

– avec Xiǎo Jì (Herba Cirsii), Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) : pour l’hématémèse et l’épistaxis

– avec Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) : pour les douleurs dentaires et ulcérations buccales par Feu de déficience du Yin (formule Yù Nǚ Jiān 玉女煎 Décoction de la Vierge de Jade)

– avec Dài Zhě Shí (Haematitum), Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Guī Bǎn (Plastrum Testudinis) : pour la montée du Yang du Foie et le Vent du Foie (formule Zhèn Gān Xī Fēng Tāng 鎮肝熄風湯 Décoction pour Apaiser le Foie et Éteindre le Vent)

– avec Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata), Guī Bǎn (Plastrum Testudinis), Dù Zhòng (Cortex Eucommiae) et Suǒ Yáng (Herba Cynomorii) : pour la faiblesse et les douleurs du bas du dos et des genoux

– avec Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) : pour les douleurs articulaires du bas du corps par Chaleur-Humidité (formule Èr Miào Sǎn 二妙散 Poudre des Deux Merveilles)

– avec Mù Guā (Fructus Chaenomelis), Fěn Fáng Jǐ (Radix Stephaniae Tetandrae) et Bì Xiè (Rhizoma Dioscoreae Hypoglaucae) : pour les douleurs articulaires du bas du corps dues au Vent-Humidité

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng Chuān Niú Xī) : forme non traitée, plus puissante pour activer la circulation sanguine, éliminer la stase et diriger le Feu vers le bas
– frit au vin de céréales (酒炒 jiǔ chǎo Chuān Niú Xī) : la cuisson au vin renforce son efficacité pour activer la circulation sanguine et ouvrir les méridiens et collatéraux

Formules Classiques

– Zhèn Gān Xī Fēng Tāng (鎮肝熄風湯 Décoction pour Apaiser le Foie et Éteindre le Vent)
Cette formule combine Chuān Niú Xī avec Dài Zhě Shí (Haematitum), Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Guī Bǎn (Plastrum Testudinis) pour traiter les vertiges, les céphalées et les manifestations de vent interne dues à la montée du Yang du Foie.

– Yù Nǚ Jiān (玉女煎 Décoction de la Vierge de Jade)
Cette formule associe Chuān Niú Xī à Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) pour traiter les douleurs dentaires, les ulcérations buccales et les saignements des gencives dus au Feu de l’Estomac avec déficience du Yin.

– Èr Miào Sǎn (二妙散 Poudre des Deux Merveilles)
Chuān Niú Xī est fréquemment ajouté à cette formule de base composée de Cāng Zhú (Rhizoma Atractylodis) et Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) pour traiter les syndromes d’obstruction douloureuse (bì zhèng 痹證) du bas du corps avec rougeur, gonflement et douleur due à la Chaleur-Humidité.

Toxicité :

Chuān Niú Xī ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées (10-15 g en décoction). Les études pharmacologiques indiquent une bonne tolérance générale. Une administration à doses élevées et prolongées (250-500 mg/kg) chez la souris est associée à une diminution du taux de fécondation et à un risque accru de fausse couche, ce qui justifie sa contre-indication formelle pendant la grossesse. Son utilisation est déconseillée en cas de ménorragie. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée à ce jour aux doses thérapeutiques habituelles.



Chuan Xiong

Chuan Xiong

Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong)

Identification

Chinois : 川芎
Pinyin : chuān xiōng
Traduction : rhizome de ligustique du Sichuan
Nom commun : rhizome de ligustique du Sichuan
Nom latin : Rhizoma Ligustici Chuanxiong
Famille : Apiaceae (Umbelliferae)
Espèces : Ligusticum chuanxiong Hort. (川芎 chuān xiōng)
Partie utilisée : rhizome séché
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Chuan Xiong

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui font circuler le Sang (huó xuè yào 活血藥)
Saveurs : Piquant (辛 xīn)
Nature : Tiède (溫 wēn)
Méridiens : Foie (肝 gān), Vésicule Biliaire (膽 dǎn), Péricarde (心包 xīn bāo)
Dosage : 3-9 g en décoction ; jusqu’à 30 g en usage externe

Propriétés :

Active le Sang et régule le Qi, expulse le Vent et soulage la douleur, remonte et disperse, guide le Qi dans le Sang.

Précautions :

Chuān Xiōng est contre-indiqué en cas de déficience du Yin avec chaleur interne, en cas de saignements abondants non liés à une stase de Sang, et pendant le premier trimestre de la grossesse. Sa nature montante et dispersante le rend inapproprié dans les céphalées dues à un vide de Sang ou à un Yin insuffisant. Il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant des menstruations abondantes. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées, mais un surdosage peut provoquer des vomissements et des vertiges.

Fonctions principales :

Active le Sang et dissout les stases
Régule le Qi
Expulse le Vent
Soulage la douleur
Guide le Qi dans le Sang
Réchauffe les méridiens
Accède à la tête pour traiter les céphalées

Actions et Indications

– Active le Sang et régule le Qi :
Chuān Xiōng est l’un des remèdes les plus importants pour activer le Sang et dissoudre les stases de Sang. Il est décrit comme un remède du Qi au sein du Sang, car il mobilise à la fois le Qi et le Sang pour soulager la douleur et traiter les stases.
Il est indiqué pour toutes les formes de douleurs liées à une stase de Sang, notamment dans la région abdominale, les flancs et la poitrine.
– Pour la stase de Sang avec douleurs abdominales et règles irrégulières ou dysménorrhée, Chuān Xiōng est associé à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), formule Sì Wù Tāng 四物湯 (Décoction des Quatre Substances).
– Pour la douleur thoracique due à une stase de Sang avec froid, Chuān Xiōng est associé à Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) et Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae).
– Pour les masses abdominales et les douleurs liées à une stase de Sang au niveau de l’utérus, on l’associe à Táo Rén (Semen Persicae) et Hóng Huā (Flos Carthami), formule Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 (Décoction pour Chasser la Stase du Palais du Sang).

– Traite les affections gynécologiques :
Chuān Xiōng est considéré comme le remède principal des troubles gynécologiques en raison de sa capacité à activer le Sang, réguler le Qi et réguler les menstruations. Il traite l’aménorrhée, la dysménorrhée et les menstruations irrégulières liées à la stase de Sang ou au froid dans les vaisseaux.
Il est couramment associé à d’autres remèdes qui nourrissent et activent le Sang pour traiter les affections gynécologiques.
– Pour l’aménorrhée ou la dysménorrhée dues à la stase de Sang et au Froid dans le Chong et le Ren, Chuān Xiōng est associé à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Ē Jiāo (Colla Corii Asini) et Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae), formule Wēn Jīng Tāng 溫經湯 (Décoction pour Réchauffer les Méridiens).
– Pour les douleurs post-partum dues à une stase de Sang, on l’associe à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Táo Rén (Semen Persicae) et Páo Jiāng (Rhizoma Zingiberis Preparata), formule Shēng Huà Tāng 生化湯 (Décoction Générante et Transformante).
– Pour les masses abdominales et les douleurs lors des menstruations liées à une stase de Sang, Chuān Xiōng est associé à Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Fú Líng (Poria) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), formule Guì Zhī Fú Líng Wán 桂枝茯苓丸 (Pilule de Cannelle et Poria).

– Expulse le Vent et soulage la douleur :
Chuān Xiōng est le remède de référence pour traiter les céphalées de toutes origines, en particulier les céphalées temporales et les douleurs impliquant une stase de Sang. Sa nature montante et dispersante lui permet d’accéder à la tête pour expulser les facteurs pathogènes.
Il est couramment utilisé pour les céphalées dues au Vent-Froid, au Vent-Chaleur, à la montée du Yang du Foie ou à la stase de Sang.
– Pour les céphalées dues au Vent-Froid avec absence de transpiration, Chuān Xiōng est associé à Bái Zhǐ (Radix Angelicae Dahuricae), Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) et Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae), formule Chuān Xiōng Chá Tiáo Sǎn 川芎茶調散 (Poudre de Chuān Xiōng à Prendre avec du Thé Vert).
– Pour les céphalées dues au Vent-Chaleur, Chuān Xiōng est associé à Jú Huā (Flos Chrysanthemi) et Shí Gāo (Gypsum Fibrosum).
– Pour les céphalées dues à la montée du Yang du Foie, on l’associe à Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis).
– Pour les céphalées chroniques avec stase de Sang, Chuān Xiōng est associé à Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) et Hóng Huā (Flos Carthami).

Chuān Xiōng traite également le syndrome d’obstruction douloureuse (*bì zhèng*) et les douleurs articulaires liées au Vent-Humidité-Froid.
– Pour le syndrome d’obstruction douloureuse avec douleurs dans les membres supérieurs et le dos, Chuān Xiōng est associé à Qiāng Huó (Rhizoma et Radix Notopterygii) et Dú Huó (Radix Angelicae Pubescentis), formule Juān Bì Tāng 蠲痹湯 (Décoction pour Supprimer l’Obstruction Douloureuse).
– Pour les douleurs articulaires chroniques avec froid, on l’associe à Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) pour réchauffer les méridiens et dégager les collatéraux.

– Traite les traumatismes et les douleurs post-traumatiques :
Chuān Xiōng est couramment utilisé pour traiter les douleurs dues aux traumatismes, aux contusions et aux blessures des tendons et des os, grâce à sa puissante action d’activation du Sang et de dissolution des stases.
– Pour les douleurs traumatiques avec stase de Sang, Chuān Xiōng est associé à Rǔ Xiāng (Olibanum) et Mò Yào (Myrrha) pour activer le Sang et soulager la douleur.
– Pour les abcès et furoncles au stade initial, Chuān Xiōng est associé à Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) et Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) pour activer le Sang, réduire le gonflement et expulser le pus.

Liste des symptômes

Troubles gynécologiques :
Aménorrhée et dysménorrhée dues à la stase de Sang
Règles irrégulières avec douleurs
Masses abdominales liées à une stase
Douleurs post-partum avec lochies insuffisantes
Douleurs lors des menstruations avec sensation de froid

Céphalées et douleurs :
Céphalées temporales ou migraineuses
Céphalées dues au Vent-Froid avec absence de transpiration
Céphalées chroniques liées à une stase de Sang
Céphalées dues à la montée du Yang du Foie
Douleurs dans les flancs et la région épigastrique

Syndrome d’obstruction douloureuse :
Douleurs articulaires liées au Vent-Froid-Humidité
Douleurs dans les membres supérieurs et l’épaule
Raideur et douleur musculaire chronique
Douleurs traumatiques post-blessures

Autres indications :
Douleur thoracique due à une stase de Sang
Qi stagnant dans le Foie et la Vésicule Biliaire
Abcès et furoncles au stade initial
Éruptions cutanées incomplètement exprimées

Commentaire

Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) est l’un des remèdes les plus polyvalents de la pharmacopée chinoise pour traiter la stase de Sang et la douleur. Il est souvent décrit comme un remède du Qi au sein du Sang (xuè zhōng qì yào 血中氣藥) : il active à la fois le Sang et le Qi, ce qui lui confère une action particulièrement efficace pour dissoudre les stases et soulager les douleurs d’origines diverses. Ce double mécanisme d’action distingue Chuān Xiōng de nombreux autres remèdes qui n’agissent que sur le Sang ou que sur le Qi.

Sa nature piquante et tiède, associée à son action montante et dispersante, lui permet de remonter jusqu’à la tête et aux yeux pour expulser le Vent et soulager les céphalées. Il est traditionnellement considéré comme le remède de référence pour les céphalées temporales ou migraineuses, quelle que soit leur étiologie, dans la mesure où l’on pense que toutes les céphalées chroniques impliquent une composante de stase de Sang dans les collatéraux. Cette propriété est résumée dans le traité Běn Cǎo Huì Yán 本草彙言 (Compendium de la Matière Médicale) : Chuān Xiōng est le remède essentiel pour traiter les maladies de la tête et des yeux.

Chuān Xiōng est également le remède clé des affections gynécologiques impliquant une stase de Sang. Il entre dans la composition de nombreuses formules classiques pour les troubles menstruels, en particulier la formule fondatrice Sì Wù Tāng 四物湯 (Décoction des Quatre Substances), où il est associé à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata). Cette formule fondamentale est la base de nombreuses modifications pour traiter les troubles gynécologiques liés à la déficience et à la stase du Sang.

Chuān Xiōng se distingue de Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) par son action prépondérante sur le mouvement et la dispersion : là où Dāng Guī nourrit et active le Sang avec une tendance plus descendante, Chuān Xiōng est expressément dispersant et montant, moins apte à nourrir le Sang et plus propre à désobstruer les collatéraux. Selon le traité Qiú Zhēn Běn Cǎo 求真本草 (Recherche de l’Exactitude dans la Matière Médicale) : Chuān Xiōng excelle à disperser, voyage dans le méridien du Foie – c’est un remède du Qi qui active le Sang. Il disperse le Vent-Froid, traite les céphalées, brise les stases, désobstrue les vaisseaux sanguins et soulage la douleur.

Associations

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata) : pour les troubles gynécologiques avec déficience et stase du Sang, aménorrhée, dysménorrhée, règles irrégulières (formule Sì Wù Tāng 四物湯 Décoction des Quatre Substances)

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Ē Jiāo (Colla Corii Asini) et Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae) : pour l’aménorrhée, la dysménorrhée avec froid dans les vaisseaux (formule Wēn Jīng Tāng 溫經湯 Décoction pour Réchauffer les Méridiens)

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Táo Rén (Semen Persicae) et Páo Jiāng (Rhizoma Zingiberis Preparata) : pour les douleurs post-partum avec stase de Sang (formule Shēng Huà Tāng 生化湯 Décoction Générante et Transformante)

– avec Táo Rén (Semen Persicae) et Hóng Huā (Flos Carthami) : pour la stase de Sang avec douleurs abdominales ou thoraciques (formule Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 Décoction pour Chasser la Stase du Palais du Sang)

– avec Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Fú Líng (Poria) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) : pour les masses abdominales et les troubles menstruels avec stase de Sang (formule Guì Zhī Fú Líng Wán 桂枝茯苓丸 Pilule de Cannelle et Poria)

– avec Bái Zhǐ (Radix Angelicae Dahuricae), Jīng Jiè (Herba Schizonepetae) et Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae) : pour les céphalées dues au Vent-Froid (formule Chuān Xiōng Chá Tiáo Sǎn 川芎茶調散 Poudre de Chuān Xiōng à Prendre avec du Thé Vert)

– avec Tiān Má (Rhizoma Gastrodiae), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis) : pour les céphalées dues à la montée du Yang du Foie avec vertiges

– avec Qiāng Huó (Rhizoma et Radix Notopterygii) et Dú Huó (Radix Angelicae Pubescentis) : pour le syndrome d’obstruction douloureuse avec douleurs articulaires dues au Vent-Froid-Humidité (formule Juān Bì Tāng 蠲痹湯 Décoction pour Supprimer l’Obstruction Douloureuse)

– avec Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) : pour expulser le Vent-Humidité, réchauffer les méridiens et les collatéraux, faciliter le mouvement articulaire et soulager l’obstruction douloureuse

– avec Jú Huā (Flos Chrysanthemi) : pour les céphalées dues au Vent-Chaleur externe ou à la montée du Yang du Foie

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Hóng Huā (Flos Carthami) : pour les masses douloureuses au niveau du sein liées à une stase de Sang

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng chuān xiōng) : forme standard, active le Sang, régule le Qi et expulse le Vent ; c’est la forme la plus couramment utilisée en décoction
– traité au vin (酒炒 jiǔ chǎo chuān xiōng) : la préparation au vin renforce l’action d’activation du Sang et de réchauffement des méridiens ; particulièrement indiqué pour les troubles gynécologiques avec froid et stase
– carbonisé (炒炭 chǎo tàn chuān xiōng) : la forme carbonisée est utilisée pour arrêter les saignements liés à une stase de Sang

Formules Classiques

– Sì Wù Tāng (四物湯 Décoction des Quatre Substances)
Cette formule fondamentale associe Chuān Xiōng à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata) pour nourrir et activer le Sang, traiter les règles irrégulières, l’aménorrhée, la dysménorrhée et la déficience du Sang. Elle constitue la base de nombreuses formules gynécologiques classiques.

– Chuān Xiōng Chá Tiáo Sǎn (川芎茶調散 Poudre de Chuān Xiōng à Prendre avec du Thé Vert)
Cette formule combine Chuān Xiōng avec Bái Zhǐ (Radix Angelicae Dahuricae), Jīng Jiè (Herba Schizonepetae), Fáng Fēng (Radix Saposhnikoviae) et Qiāng Huó (Rhizoma et Radix Notopterygii) pour traiter les céphalées et les migraines dues à l’invasion de Vent-Froid ou à la stase de Vent dans les collatéraux de la tête.

– Wēn Jīng Tāng (溫經湯 Décoction pour Réchauffer les Méridiens)
Cette formule associe Chuān Xiōng à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Ē Jiāo (Colla Corii Asini), Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) pour traiter les troubles gynécologiques avec froid et stase de Sang dans les vaisseaux du Chong et du Ren, caractérisés par l’aménorrhée, la dysménorrhée et la sensation de froid dans l’abdomen.

– Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng (血府逐瘀湯 Décoction pour Chasser la Stase du Palais du Sang)
Chuān Xiōng est inclus dans cette formule avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Táo Rén (Semen Persicae), Hóng Huā (Flos Carthami) et Chái Hú (Radix Bupleuri) pour traiter la stase de Sang dans la poitrine avec douleurs thoraciques, palpitations, insomnies et irritabilité.

– Shēng Huà Tāng (生化湯 Décoction Générante et Transformante)
Cette formule associe Chuān Xiōng à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Táo Rén (Semen Persicae), Páo Jiāng (Rhizoma Zingiberis Preparata) et Zhì Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae Preparata) pour traiter les douleurs abdominales post-partum dues à la rétention de lochies et à la stase de Sang avec froid.

Toxicité :

Chuān Xiōng ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées (3-9 g en décoction). Un surdosage peut provoquer des nausées, des vomissements, des vertiges et des céphalées. En raison de sa nature piquante, montante et dispersante, une utilisation prolongée à doses élevées peut blesser le Yin et le Qi. Ce remède doit être utilisé avec prudence chez les femmes enceintes, les patientes avec des règles abondantes et les patients présentant une déficience du Yin avec chaleur interne. Les effets indésirables rapportés sont rares aux doses thérapeutiques habituelles.



 

Hong Hua

Hong Hua

Hóng Huā (Flos Carthami Tinctorii)

Identification

Chinois : 红花
Pinyin : hóng huā
Traduction : fleur rouge
Nom commun : carthame, safran bâtard
Nom latin : Flos Carthami Tinctorii
Famille : Asteraceae (Compositae)
Espèces : Carthamus tinctorius L. (红花 hóng huā)
Partie utilisée : fleur séchée
Texte d’origine : Míng Yī Bié Lù 名医别录 (Registre des Médecins Célèbres) au 6ème siècle
Hong Hua

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui font circuler le Sang (huó xuè yào 活血藥)
Saveurs : Piquant (辛 xīn), Doux (甘 gān)
Nature : Tiède (温 wēn)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Foie (肝 gān)
Dosage : 3-10 g

Propriétés :

Active la circulation du Sang et élimine la stase de Sang, fait circuler le Qi et soulage la douleur, fait circuler les règles et soulage la douleur.

Précautions :

Hong Hua est strictement contre-indiqué pendant la grossesse en raison de ses effets puissants sur la circulation du Sang et ses propriétés emménagogues pouvant provoquer une fausse couche. Ne pas dépasser la dose recommandée car des doses excessives peuvent causer des saignements incessants. Hong Hua doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une tendance aux saignements ou prenant des anticoagulants. Il est contre-indiqué en cas de Chaleur dans le Sang avec hyperménorrhée.

Fonctions principales :

Active la circulation du Sang
Élimine la Stase de Sang
Régularise les menstruations
Soulage la douleur
Ouvre les canaux et les collatéraux
Traite les éruptions maculaires dues à la Chaleur dans le Sang

Actions et Indications

– Active la circulation du Sang et élimine la Stase de Sang :
Hóng Huā est l’un des remèdes les plus importants et les plus fréquemment utilisés pour activer la circulation du Sang et disperser la Stase de Sang. Il est particulièrement efficace pour les troubles gynécologiques d’origine sangsuine, les traumatismes, les douleurs liées à une Stase de Sang et les troubles cardiovasculaires.
– Pour l’aménorrhée et les douleurs menstruelles dues à une Stase de Sang avec des caillots sombres et violacés, Hóng Huā est associé à Táo Rén (Semen Persicae), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), formule Táo Hóng Sì Wù Tāng 桃紅四物湯 (Décoction des Quatre Substances avec Safran et Pêche).
– Pour les masses abdominales dues à une stagnation prolongée du Qi et du Sang, on l’associe à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Táo Rén (Semen Persicae), Yán Hú Suǒ (Rhizoma Corydalis), Sān Léng (Rhizoma Sparganii) et É Zhú (Rhizoma Curcumae).
– Pour les douleurs abdominales post-partum dues à la rétention de lochies, on l’utilise avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Táo Rén (Semen Persicae) et Páo Jiāng (Rhizoma Zingiberis Preparatum).

– Soulage les douleurs thoraciques :
Hóng Huā pénètre dans le Poumon pour activer la circulation du Qi et du Sang et soulager les douleurs thoraciques. Il est utilisé pour l’angine de poitrine, les maladies coronariennes et les douleurs thoraciques d’origine sangsuine.
– Pour les douleurs thoraciques et l’angine de poitrine dues à une Stase de Sang, on l’associe à Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae), Tán Xiāng (Lignum Santali Albi), Guā Lóu (Fructus Trichosanthis), Xiè Bái (Bulbus Allii Macrostemonis) et Wǔ Líng Zhī (Excrementum Trogopteri seu Pteromi).
– Pour l’angine de poitrine avec élévations ECG, on l’utilise avec Yán Hú Suǒ (Rhizoma Corydalis) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong).

– Soulage les douleurs articulaires et les bi zheng :
Hóng Huā active la circulation du Sang dans les canaux et les collatéraux pour soulager les douleurs articulaires, les syndromes de bi zheng (obstruction douloureuse), l’hémiplégie et la paralysie.
– Pour le bi zheng (syndrome d’obstruction douloureuse), on l’associe à Dì Lóng (Pheretima) et Dì Biē Chóng (Eupolyphaga).
– Pour l’hémiplégie post-AVC, on l’associe à Sāng Zhī (Ramulus Mori), Dì Lóng (Pheretima), Chuān Shān Jiǎ (Squama Manis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Niú Xī (Radix Cyathulae seu Achyranthis) et Huáng Qí (Radix Astragali).

– Traite les éruptions maculaires :
Les éruptions maculaires sont habituellement causées par la Chaleur dans le Sang qui expulse le Sang hors des vaisseaux. La lésion est généralement sombre et violacée. Hóng Huā est utilisé pour activer la circulation du Sang et traiter ces éruptions cutanées associées à une Stase de Sang.
– Pour les éruptions maculaires sombres dues à la Chaleur dans le Sang, Hóng Huā est associé à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Zǐ Cǎo Gēn (Radix Lithospermi) et Dà Qīng Yè (Folium Isatidis).

Liste des symptômes

Troubles gynécologiques :
Aménorrhée due à une Stase de Sang
Dysménorrhée avec caillots sombres
Douleurs abdominales post-partum
Irrégularités menstruelles avec Stase de Sang
Masses pelviennes dues à une stagnation prolongée

Troubles cardiovasculaires :
Douleurs thoraciques (angine de poitrine)
Maladies coronariennes
Thrombose cérébrale
Palpitations dues à une Stase de Sang

Troubles locomoteurs et dermatologiques :
Bi zheng – syndrome d’obstruction douloureuse
Hémiplégie et paralysie post-AVC
Douleurs articulaires chroniques avec Stase de Sang
Éruptions maculaires sombres et violacées
Traumatismes avec hématomes

Commentaire

Hóng Huā (Flos Carthami Tinctorii) tire son nom de sa couleur rouge vif caractéristique. Ce remède est de nature âcre et tiède, ce qui lui confère des propriétés dispersantes et mobilisantes du Sang. De saveur âcre, il disperse et meut le Sang ; tiède de nature, il facilite la circulation et lève les obstructions. Il est répertorié dans la catégorie des remèdes qui activent le Sang et éliminent la Stase de Sang, et représente l’un des remèdes les plus importants et les plus fréquemment prescrits dans cette catégorie en pharmacopée chinoise.

Hóng Huā est considéré comme supérieur à Táo Rén (Semen Persicae) pour disperser la Stase de Sang et ouvrir les canaux et les collatéraux, ainsi que pour traiter les douleurs des membres. À l’inverse, Táo Rén est plus efficace pour les Stases abdominales et les troubles pulmonaires. Ces deux remèdes sont couramment associés en clinique pour une action synergique. La formule emblématique Táo Hóng Sì Wù Tāng 桃紅四物湯 (Décoction des Quatre Substances avec Safran et Pêche) illustre cette association fondamentale avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba).

Dans le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Compendium de la Matière Médicale), Lǐ Shí-Zhēn souligne la polyvalence de Hóng Huā : activer le Sang, éliminer la Stase, réguler les menstruations et ouvrir les collatéraux. La formule Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 (Décoction pour Chasser la Stase du Palais du Sang), décrite dans le Yī Lín Gǎi Cuò 醫林改錯 (Correction des Erreurs en Médecine) de Wáng Qīng-Rèn, utilise Hóng Huā comme constituant majeur pour traiter les syndromes de Stase de Sang dans le thorax. Ce classique du 19e siècle a considérablement élargi la compréhension de Hóng Huā en médecine clinique.

Hóng Huā se distingue du Zāng Hóng Huā (Flos Crocus Sativus – safran de qualité tibétaine), dont l’action générale est similaire mais beaucoup plus puissante pour activer la circulation du Sang, éliminer la Stase, refroidir le Sang et éliminer les toxines de Chaleur. En raison de son coût élevé, le Zāng Hóng Huā est rarement utilisé.

Associations

– avec Táo Rén (Semen Persicae) : action synergique pour activer le Sang et éliminer la Stase ; Hóng Huā disperse davantage la Stase pour ouvrir les canaux et collatéraux, tandis que Táo Rén est plus efficace pour les Stases abdominales

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Táo Rén (Semen Persicae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) : pour l’aménorrhée et la dysménorrhée par Stase de Sang (formule Táo Hóng Sì Wù Tāng 桃紅四物湯 Décoction des Quatre Substances avec Safran et Pêche)

– avec Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Chái Hú (Radix Bupleuri), Zhǐ Ké (Fructus Aurantii) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) : pour la Stase de Sang dans le thorax avec douleurs thoraciques chroniques (formule Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 Décoction pour Chasser la Stase du Palais du Sang)

– avec Zé Lán (Herba Lycopi) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) : pour l’aménorrhée avec Stase de Sang

– avec Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae), Yán Hú Suǒ (Rhizoma Corydalis) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) : pour les douleurs thoraciques et l’angine de poitrine

– avec Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Táo Rén (Semen Persicae) : pour la Stase de Sang avec constipation

– avec Zǐ Cǎo Gēn (Radix Lithospermi), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Dà Qīng Yè (Folium Isatidis) : pour les éruptions maculaires sombres et violacées dues à la Chaleur dans le Sang

– avec Niú Xī (Radix Cyathulae seu Achyranthis) et Mù Tōng (Akebiae Caulis) : pour l’aménorrhée due à une Stase de Sang

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng hóng huā) : forme standard, active la circulation du Sang, élimine la Stase et régularise les menstruations ; à utiliser pour la plupart des indications cliniques

Formules Classiques

Táo Hóng Sì Wù Tāng 桃紅四物湯 (Décoction des Quatre Substances avec Safran et Pêche)
Cette formule classique associe Hóng Huā à Táo Rén (Semen Persicae), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata) pour traiter les troubles gynécologiques dus à une Stase de Sang avec déficience sangsuine : aménorrhée, dysménorrhée, irrégularités menstruelles avec caillots sombres et douleurs abdominales. C’est la formule de référence pour la Stase de Sang avec déficience en Sang.

Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 (Décoction pour Chasser la Stase du Palais du Sang)
Issue du Yī Lín Gǎi Cuò 醫林改錯 (Correction des Erreurs en Médecine) de Wáng Qīng-Rèn (19e siècle), cette formule utilise Hóng Huā comme constituant majeur aux côtés de Táo Rén (Semen Persicae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Chái Hú (Radix Bupleuri), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Zhǐ Ké (Fructus Aurantii), Niú Xī (Radix Cyathulae seu Achyranthis), Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la Stase de Sang dans le thorax se manifestant par des douleurs thoraciques chroniques, des palpitations, de l’insomnie et des migraines.

Shēn Tōng Zhú Yū Tāng 身痛逐瘀湯 (Décoction pour Chasser la Stase lors de Douleurs Corporelles)
Cette formule de Wáng Qīng-Rèn associe Hóng Huā à Táo Rén (Semen Persicae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae), Qiāng Huó (Rhizoma et Radix Notopterygii), Dì Lóng (Pheretima) et Niú Xī (Radix Cyathulae seu Achyranthis) pour traiter les douleurs chroniques des articulations et des membres dues à une Stase de Sang obstruant les canaux et les collatéraux.

Toxicité :

La dose maximale sans danger pour Hóng Huā par voie orale est de 8 g, telle que déterminée par les études animales. La DL50 de la carthamine par injection intraveineuse est de 2,35 ± 0,14 g/kg. L’administration quotidienne de Hóng Huā à des doses allant jusqu’à 1,5 g/kg pendant 3 mois n’a montré aucune anomalie des fonctions hépatiques, rénales, cardiaques, gastriques ou intestinales chez les rats. Un surdosage peut provoquer des saignements incontrôlables. Des effets indésirables occasionnels incluent des réactions cutanées allergiques, une hyperménorrhée et une fatigue. Hóng Huā présente des effets anticoagulants et antiplaquettaires ; son utilisation concomitante avec des anticoagulants (héparine, warfarine) ou des antiplaquettaires (aspirine, clopidogrel) doit faire l’objet d’une surveillance étroite.



 

Tao Ren

Tao Ren

Táo Rén (Semen Persicae)

Identification

Chinois : 桃仁
Pinyin : táo rén
Traduction : noyau de pêche
Nom commun : graine de pêcher
Nom latin : Semen Persicae
Famille : Rosaceae
Espèces : Prunus persica (L.) Batsch. táo ; Prunus davidiana (Carr.) Franch. shān táo
Partie utilisée : graine (amande) séchée, débarrassée du tégument
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Tao Ren

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui font circuler le Sang (huó xuè yào 活血藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Doux (甘 gān)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Cœur( 心 xīn), Foie (肝 gān), Gros Intestin (大腸 dà cháng), Poumon (肺 fèi)
Dosage : 6-10 g, broyer avant décoction ; 3-6 g en poudre

Propriétés :
Active le Sang et élimine la Stase de Sang, humidifie les Intestins et dégage les selles, clarifie la Chaleur et réduit les abcès.

Précautions :
Táo Rén est contre-indiqué pendant la grossesse en raison de son action puissante sur le Sang qui peut provoquer des contractions utérines et déclencher un avortement. Il doit être utilisé avec prudence chez les femmes en période menstruelle si le flux est abondant. Son action laxative contre-indique son utilisation en cas de diarrhée ou de selles molles. La graine crue contient de l’amygdaline, un glycoside cyanogénique toxique à forte dose : un traitement trop prolongé ou un surdosage peut entraîner des signes de toxicité aux cyanures (céphalées, palpitations, nausées). Incompatible avec Hóng Huā (Flos Carthami) chez les patientes enceintes. Ne pas combiner avec des anticoagulants sans surveillance médicale.

Fonctions principales :

Active le Sang
Élimine la Stase de Sang
Humidifie les Intestins
Débloque les selles
Clarifie la Chaleur
Réduit les abcès internes

Actions et Indications

– Active le Sang et élimine la Stase de Sang
Táo Rén est l’un des remèdes les plus importants de la pharmacopée chinoise pour traiter tous les syndromes de Stase de Sang. Sa nature bittro-douce lui permet de pénétrer le niveau du Sang du Foie et du Cœur pour disperser les accumulations de Sang stagnant. Il est indiqué dans les douleurs fixes et intenses, les masses abdominales, les contusions traumatiques et les troubles gynécologiques liés à la Stase.
– Pour l’aménorrhée et les dysménorrhées dues à la Stase de Sang, Táo Rén est associé à Hóng Huā (Flos Carthami), Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), formule Táo Hóng Sì Wù Tāng Décoction des Quatre Substances aux Pêche et Safran.
– Pour les masses abdominales (zhēng jiǎ) et les douleurs pelviennes dues à la Stase, on l’associe à Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Fú Líng (Poria), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), formule Guì Zhī Fú Líng Wán Pilule de Cannelle et Poria.
– Pour les traumatismes avec douleurs et hématomes dues à la Stase, Táo Rén est associé à Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum), Mò Yào (Myrrha) et Sū Mù (Lignum Sappan).
– Pour la Stase de Sang post-partum avec rétention des lochies, douleurs abdominales et fièvre, on l’associe à Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), formule Táo Hé Chéng Qì Tāng 桃核承氣湯 (Décoction de Noyau de Pêche qui Ordonne le Qi).
– Pour les douleurs thoraciques et les cardiopathies ischémiques liées à la Stase, Táo Rén est associé à Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Hóng Huā (Flos Carthami).

– Humidifie les Intestins et débloque les selles
Táo Rén contient une huile grasse abondante qui lubrifie les Intestins et facilite le transit. Il est particulièrement indiqué en cas de constipation due à la sécheresse des Intestins, notamment chez les personnes âgées, les femmes en post-partum et les patients présentant une déficience de Sang et une insuffisance de liquides organiques.
– Pour la constipation par sécheresse intestinale, Táo Rén est associé à Huǒ Má Rén (Cannabis Semen), Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum) et Yù Lǐ Rén (Semen Pruni), formule Rùn Cháng Wán 潤腸丸 (Pilule pour Humecter les Intestins).
– Pour la constipation avec Chaleur dans les Intestins et Stase de Sang, on l’associe à Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Máng Xiāo (Natrii Sulfas).

– Clarifie la Chaleur et réduit les abcès internes
Táo Rén est couramment utilisé dans le traitement des abcès internes, notamment l’abcès pulmonaire et l’abcès intestinal, en combinant son action d’élimination de la Stase à une clarification de la Chaleur-toxique.
– Pour l’abcès pulmonaire (fèi yōng) avec toux, fièvre, douleurs thoraciques et expectorations purulentes malodorantes, Táo Rén est associé à Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis), Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) et Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae), formule Wěi Jīng Tāng 葦莖湯 (Décoction de Tige de Roseau).
– Pour l’abcès intestinal (cháng yōng) au stade précoce avec douleurs abdominales, fièvre et constipation, on l’associe à Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae), formule Dà Huáng Mǔ Dān Tāng 大黃牡丹湯 (Décoction de Rhubarbe et Pivoine).
– Pour l’abcès intestinal avec formation de pus, Táo Rén est associé à Guā Lóu Rén (Semen Trichosanthis) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan).

Liste des symptômes

Stase de Sang gynécologique
Aménorrhée due à la Stase
Dysménorrhée avec douleurs fixes
Rétention des lochies post-partum
Masses pelviennes (zhēng jiǎ)

Douleurs par Stase de Sang
Douleurs thoraciques et cardiopathies ischémiques
Douleurs abdominales fixes et intenses
Traumatismes avec hématomes et contusions
Douleurs post-chirurgicales par Stase

Troubles du transit intestinal
Constipation par sécheresse intestinale
Constipation chez la personne âgée
Constipation post-partum par déficience de Sang
Constipation avec Chaleur intestinale et Stase

Abcès internes
Abcès pulmonaire (fèi yōng) avec expectorations purulentes
Abcès intestinal (cháng yōng) au stade initial
Abcès intestinal avec formation de pus

Autres indications
Douleurs de la tête par Stase de Sang (associées à Chuān Xiōng Rhizoma Ligustici Chuanxiong)
Maladies coronariennes dues à la Stase de Sang

Commentaires

Táo Rén 桃仁 tire son nom de táo (pêche) et rén (graine, amande). Il est extrait du noyau du pêcher commun (Prunus persica) et constitue l’un des remèdes emblématiques de la catégorie des substances qui activent le Sang et éliminent la Stase. Sa première mention dans le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 témoigne de son utilisation ancienne et de son importance fondatrice dans la pharmacopée chinoise.

Sa saveur amère lui confère la capacité de pénétrer en profondeur et de drainer les accumulations, tandis que sa légère douceur lui permet d’agir sans trop disperser le Qi correct. Sa nature neutre évite les déséquilibres thermiques, ce qui en fait un remède applicable dans diverses configurations pathologiques impliquant la Stase de Sang, qu’elles soient accompagnées de Chaleur, de Froid ou de déficience. Le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Traité de la Matière Médicale) de Li Shi-Zhen note que Táo Rén pénètre le niveau du Sang du Foie pour briser les accumulations de Sang et que son action huileux-glissante humidifie les Intestins.

Táo Rén est étroitement associé à Hóng Huā (Flos Carthami) dans la pratique clinique : les deux remèdes se complètent mutuellement pour activer le Sang et éliminer la Stase. Cependant, Táo Rén est considéré comme plus puissant que Hóng Huā pour briser les accumulations de Sang dures et anciennes, tandis que Hóng Huā agit plutôt sur les obstructions plus récentes et moins résistantes. Táo Rén se distingue également de Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) : Dān Shēn active le Sang tout en nourrissant le Sang et en calmant l’Esprit, alors que Táo Rén agit plus directement sur la Stase résistante sans propriété tonifiante.

Les études pharmacologiques modernes ont confirmé l’action anticoagulante et anti-plaquettaire de Táo Rén, notamment via son contenu en amygdaline et en composés lipidiques. Son huile fixe (environ 45 %) contient des acides gras insaturés (acide oléique, linoléique) qui contribuent à l’effet laxatif. Des études cliniques ont démontré son efficacité dans les pathologies cardiovasculaires ischémiques, les dysménorrhées et certaines affections hépatiques fibrotiques.

Associations

avec Hóng Huā (Flos Carthami), Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis) et Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) pour l’aménorrhée et la dysménorrhée par Stase de Sang, formule Táo Hóng Sì Wù Tāng 桃紅四物湯 (Décoction des Quatre Substances aux Pêche et Safran)

avec Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Fú Líng (Poria), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) pour les masses abdominales et la Stase pelviennes, formule Guì Zhī Fú Líng Wán 桂枝茯苓丸 (Pilule de Cannelle et Poria)

avec Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) pour la Stase de Sang post-partum avec fièvre et constipation, formule Táo Hé Chéng Qì Tāng 桃核承氣湯 (Décoction de Noyau de Pêche qui Ordonne le Qi)

avec Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis), Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) et Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae) pour l’abcès pulmonaire, formule Wěi Jīng Tāng 葦莖湯 (Décoction de Tige de Roseau)

avec Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae) pour l’abcès intestinal au stade initial, formule Dà Huáng Mǔ Dān Tāng 大黃牡丹湯 (Décoction de Rhubarbe et Pivoine)

avec Huǒ Má Rén (Cannabis Semen) et Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum) pour la constipation par sécheresse intestinale, formule Rùn Cháng Wán 潤腸丸 (Pilule pour Humecter les Intestins)

avec Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Hóng Huā (Flos Carthami) pour les cardiopathies ischémiques et les douleurs thoraciques par Stase

Préparations (炮制 páo zhì)

cru (生 shēng táo rén) : forme non préparée, action forte pour éliminer la Stase et humidifier les Intestins ; à utiliser pour les cas d’excès réels de Stase
broyé (搗碎 dǎo suì táo rén) : broyé avant décoction pour maximiser l’extraction des composants actifs et de l’huile fixe laxative
blanchi (炒 chāo táo rén) (grillé à sec) : légèrement grillé à sec jusqu’à coloration dorée ; réduit l’action humidifiante et potentialise l’action sur le Sang stagnant résistant
fermenté au son (fū chǎo táo rén) : préparation rare, utilisée pour harmoniser la Rate tout en activant le Sang

Formules Classiques

Táo Hé Chéng Qì Tāng 桃核承氣湯 (Décoction de Noyau de Pêche qui Ordonne le Qi)
Formule issue du Shāng Hán Lùn 傷寒論 (Traité des Maladies Causées par le Froid) de Zhang Zhongjing. Elle associe Táo Rén à Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Máng Xiāo (Natrii Sulfas) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la Stase de Sang dans le Foyer Inférieur avec fièvre, douleurs abdominales, rétention des lochies et constipation.

Guì Zhī Fú Líng Wán 桂枝茯苓丸 (Pilule de Cannelle et Poria)
Formule classique du Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 (Abrégé du Coffret Doré) de Zhang Zhongjing. Elle combine Táo Rén avec Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Fú Líng (Poria), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) pour éliminer les masses abdominales et les douleurs pelviennes chroniques liées à la Stase de Sang.

Táo Hóng Sì Wù Tāng 桃紅四物湯 (Décoction des Quatre Substances aux Pêche et Safran)
Formule dérivée du Yī Zōng Jīn Jiàn 醫宗金鑑 (Miroir Doré de la Médecine). Elle réunit Táo Rén et Hóng Huā (Flos Carthami) aux quatre substances toniques du Sang – Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) – pour tonifier et activer le Sang, traiter l’aménorrhée, la dysménorrhée et les irrégularités menstruelles par Stase de Sang sur fond de déficience.

Wěi Jīng Tāng 葦莖湯 (Décoction de Tige de Roseau)
Formule citée dans le Qiān Jīn Yào Fāng 千金要方 (Formules Précieuses Valant Mille Pièces d’Or) de Sun Simiao. Elle associe Táo Rén à Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis), Yì Yǐ Rén (Semen Coicis) et Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae) pour traiter l’abcès pulmonaire avec expectorations purulentes sanglantes et malodorantes.

Dà Huáng Mǔ Dān Tāng 大黃牡丹湯 (Décoction de Rhubarbe et Pivoine)
Formule du Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 qui combine Táo Rén avec Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Dōng Guā Zǐ (Semen Benincasae) et Máng Xiāo (Natrii Sulfas) pour traiter l’abcès intestinal (appendicite) au stade non-suppuré avec douleurs localisées dans le quadrant inférieur droit, fièvre légère et constipation.

Toxicité

Táo Rén contient de l’amygdaline (environ 3,5 %), un glycoside cyanogénique hydrolysable en acide cyanhydrique par les enzymes intestinales. Aux doses thérapeutiques recommandées (6-10 g en décoction), la toxicité est négligeable car la chaleur de la décoction dégrade en partie l’amygdaline. Cependant, la consommation de graines crues en grande quantité (>50 graines) peut provoquer des signes d’intoxication cyanhydrique : céphalées, vertiges, nausées, palpitations, hypotension, et dans les cas graves, convulsions et détresse respiratoire. La cuisson et le blanchiment préalable (pelage du tégument) réduisent significativement la teneur en amygdaline. Aucune toxicité hépatique ou rénale significative n’a été rapportée aux doses cliniques usuelles. Les études pharmacologiques confirment une bonne tolérance de la décoction standard. La prudence s’impose néanmoins en cas d’usage prolongé ou chez les patients sous traitement anticoagulant, en raison d’un risque de potentialisation de l’effet anticoagulant.



Dan Shen

Dan Shen

Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae)

Identification

Chinois : 丹参
Pinyin : dān shēn
Traduction : racine rouge (de sauge)
Nom commun : racine de sauge rouge, sauge rouge de Chine
Nom latin : Radix Salviae Miltiorrhizae
Famille : Lamiaceae (Labiatae)
Espèces : Salvia miltiorrhiza Bge. (丹参 dān shēn)
Partie utilisée : racine séchée
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Dan Shen

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui font circuler le Sang (huó xuè yào 活血藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ)
Nature : Légèrement froid (微寒 wēi hán)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Péricarde (心包 xīn bāo), Foie (肝 gān)
Dosage : 9-15 g en décoction ; jusqu’à 30 g dans certaines formules

Propriétés :

Active le Sang et élimine les stases de Sang, calme le Shen et l’agitation, rafraîchit le Sang et élimine les abcès.

Précautions :

Dān Shēn est contre-indiqué en cas de grossesse. Il est déconseillé en l’absence de stase de Sang. Ce remède est incompatible avec Lí Lú (Radix et Rhizoma Veratri) selon certains textes classiques. Des précautions s’imposent lors d’une prise concomitante d’anticoagulants (warfarine, héparine) en raison d’un risque de potentialisation de l’effet antiplaquettaire. Dān Shēn est utilisé avec prudence chez les patients présentant une tendance aux saignements.

Fonctions principales :

– Active le Sang et élimine les stases de Sang
– Régule la menstruation et soulage la douleur
– Calme le Shen et traite l’agitation
– Rafraîchit le Sang et élimine les abcès
– Ouvre les collatéraux et soulage la douleur

Actions et Indications

– Active le Sang, élimine les stases et régule la menstruation :
Dān Shēn est l’un des remèdes les plus importants pour activer le Sang et éliminer les stases. Il traite de nombreux syndromes de stase de Sang, notamment les douleurs thoraciques, abdominales et précordiales dues à l’obstruction des vaisseaux par la stase.
Il est traditionnellement dit que « Dān Shēn à lui seul accomplit l’action des quatre substances » (Sì Wù Tāng 四物湯), en référence à sa puissance à la fois tonifiante et activatrice du Sang.
– Pour la douleur thoracique et précordiale par stase de Sang obstruant les vaisseaux, Dān Shēn est associé à Tán Xiāng (Lignum Santali Albi) et Shā Rén (Fructus Amomi), formule Dān Shēn Yǐn 丹参飲 (Décoction de Dān Shēn).
– Pour la stagnation du Qi du Foie avec stase de Sang causant douleurs thoraciques et hypochondriaques, on l’associe à Chái Hú (Radix Bupleuri), Yù Jīn (Radix Curcumae) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae).
– Pour la maladie coronarienne avec douleur angineuse, stase de Sang et obstruction des méridiens du Cœur, Dān Shēn est associé à Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), Hóng Huā (Flos Carthami) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae).

Dān Shēn régule également la menstruation et soulage les douleurs gynécologiques par stase de Sang.
– Pour la dysménorrhée, l’aménorrhée et les irrégularités menstruelles par stase de Sang, Dān Shēn est associé à Hóng Huā (Flos Carthami), Táo Rén (Semen Persicae) et Yì Mǔ Cǎo (Herba Leonuri).
– Pour les masses abdominales (zheng jia) et les douleurs post-partum par stase de Sang, on l’associe à Sān Léng (Rhizoma Sparganii) et É Zhú (Rhizoma Curcumae).

– Ouvre les collatéraux et soulage la douleur :
Dān Shēn traite les douleurs articulaires et les bi zheng (syndromes d’obstruction douloureuse) dus à la stase de Sang dans les méridiens et les collatéraux.
– Pour les douleurs traumatiques et les contusions avec stase de Sang, Dān Shēn est associé à Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum) et Mò Yào (Myrrha).
– Pour le bi zheng douloureux avec obstruction des méridiens et stase de Sang, on l’associe à Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) et Dú Huó (Radix Angelicae Pubescentis).
– Pour l’hépatomégalie ou la splénomégalie par stase de Sang et accumulation de Chaleur-Humidité, Dān Shēn est associé à Biē Jiǎ (Carapax Trionycis), Hǔ Zhāng (Rhizoma Polygoni Cuspidati) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba).

– Calme le Shen et traite l’agitation :
Dān Shēn entre dans les méridiens du Cœur et du Péricarde. Il nourrit le Sang du Cœur, rafraîchit la Chaleur du Cœur et calme le Shen, traitant l’insomnie, les palpitations et l’agitation liées à une insuffisance du Sang du Cœur ou à une Chaleur perturbant le Shen.
– Pour les palpitations, l’insomnie et l’agitation par insuffisance du Sang du Cœur, Dān Shēn est associé à Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae), Bǎi Zǐ Rén (Semen Platycladi) et Yuǎn Zhì (Radix Polygalae), formule Tiān Wáng Bǔ Xīn Dān 天王補心丹 (Pilule Spéciale de l’Empereur des Cieux pour Tonifier le Cœur).
– Pour la fièvre du niveau Ying avec agitation, délire et palpitations par Chaleur perturbant le Shen, on l’associe à Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Lián Qiào (Fructus Forsythiae), formule Qīng Yíng Tāng 清營湯 (Décoction pour Clarifier le Niveau Nutritif).

– Rafraîchit le Sang et élimine les abcès :
Dān Shēn rafraîchit le Sang et élimine les toxines Chaleur pour traiter les abcès, furoncles et ulcères cutanés dus à la stase de Sang avec Chaleur-Poison.
– Pour les abcès et furoncles précoces avec rougeur, chaleur et douleur, Dān Shēn est associé à Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) et Lián Qiào (Fructus Forsythiae).
– Pour les abcès mammaires (ru yong), Dān Shēn est associé à Chuān Shān Jiǎ (Squama Manis) et Zào Jiǎo Cì (Spina Gleditsiae).

Liste des symptômes

Douleurs par stase de Sang :
Douleur thoracique et précordiale (bi zheng de la poitrine)
Angine de poitrine dans les maladies coronariennes
Douleur hypochondriaque
Masses abdominales palpables

Troubles gynécologiques :
Dysménorrhée par stase de Sang
Aménorrhée
Irrégularités menstruelles
Douleurs post-partum par stase de Sang

Troubles du Cœur et du Shen :
Palpitations par insuffisance du Sang du Cœur
Insomnie et rêves agités
Agitation mentale
Délire dans les maladies fébriles au niveau Ying

Autres indications :
Bi zheng douloureux avec stase dans les collatéraux
Traumatismes et contusions
Hépatomégalie et splénomégalie
Abcès, furoncles et ulcères cutanés par Chaleur-Poison et stase

Commentaire

Dān Shēn tire son nom de la couleur rouge-carmin (dān 丹) de sa racine, symbole de son action sur le Sang. Inscrit dès le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) dans la catégorie des remèdes supérieurs, Dān Shēn est considéré comme l’un des remèdes les plus importants pour activer le Sang et éliminer les stases dans toute la pharmacopée chinoise. Son adage clinique traditionnel – « Une seule Dān Shēn remplace les Quatre Substances » – reflète sa polyvalence : elle active le Sang comme Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong), nourrit le Sang comme Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), régule le Sang comme Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et astringit le Sang comme Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba).

Sa double entrée dans les méridiens du Cœur et du Foie lui confère une action à la fois cardiovasculaire et psycho-émotionnelle. En entrant dans le méridien du Cœur, Dān Shēn nourrit et rafraîchit le Sang du Cœur, sédatant ainsi le Shen perturbé par la Chaleur ou par une insuffisance du Sang. En entrant dans le méridien du Foie, il élimine la stase de Sang, régule le Qi du Foie et ouvre les collatéraux. Cette dualité fait de Dān Shēn un remède incontournable dans les syndromes de bi zheng de la poitrine (xiong bi 胸痹), les troubles gynécologiques et les déséquilibres émotionnels liés au Cœur.

La pharmacologie moderne a confirmé les actions cardiovasculaires majeures de Dān Shēn : ses principes actifs, les tanshinones (tanshinone I, IIA, IIB) et les composés hydrophiles (acide salvianolique, acide rosmarinique, protocatéchualdéhyde), exercent des effets vasodilatateurs, antiplaquettaires, antioxydants, cardioprotecteurs et anti-inflammatoires. Des études cliniques chinoises ont démontré son efficacité dans le traitement de la maladie coronarienne, notamment dans la réduction des crises d’angine de poitrine et l’amélioration de la microcirculation. Dān Shēn abaisse également les IgE impliquées dans les réactions allergiques.

Dān Shēn se distingue de Hóng Huā (Flos Carthami) par sa capacité à nourrir légèrement le Sang et à calmer le Shen, en plus d’activer la circulation. Hóng Huā est plus fortement dispersant et activateur du Sang mais sans action sur le Shen. Comparée à Táo Rén (Semen Persicae), Dān Shēn agit davantage sur les douleurs chroniques et profondes par stase de Sang, tandis que Táo Rén est plus puissant pour briser les stases récentes et les masses.

Associations

– avec Tán Xiāng (Lignum Santali Albi) et Shā Rén (Fructus Amomi) : pour la douleur thoracique et précordiale par stase de Sang et stagnation du Qi (formule Dān Shēn Yǐn 丹参飲 Décoction de Dān Shēn)

– avec Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae), Bǎi Zǐ Rén (Semen Platycladi) et Yuǎn Zhì (Radix Polygalae) : pour les palpitations et l’insomnie par insuffisance du Sang du Cœur (formule Tiān Wáng Bǔ Xīn Dān 天王補心丹 Pilule Spéciale de l’Empereur des Cieux pour Tonifier le Cœur)

– avec Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Lián Qiào (Fructus Forsythiae) : pour la fièvre au niveau Ying avec agitation et délire (formule Qīng Yíng Tāng 清營湯 Décoction pour Clarifier le Niveau Nutritif)

– avec Hóng Huā (Flos Carthami), Táo Rén (Semen Persicae) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) : pour la dysménorrhée, l’aménorrhée et les douleurs gynécologiques par stase de Sang (formule Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 Décoction pour Chasser la Stase de la Demeure du Sang)

– avec Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) : pour les maladies coronariennes avec angine de poitrine par stase de Sang

– avec Biē Jiǎ (Carapax Trionycis), Hǔ Zhāng (Rhizoma Polygoni Cuspidati) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) : pour l’hépatomégalie et la splénomégalie par stase de Sang

– avec Rǔ Xiāng (Gummi Olibanum) et Mò Yào (Myrrha) : pour les douleurs traumatiques et contusions avec stase de Sang

– avec Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) et Lián Qiào (Fructus Forsythiae) : pour les abcès et furoncles par Chaleur-Poison et stase de Sang

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng dān shēn) : forme non préparée, action plus froide, privilégiée pour rafraîchir le Sang, éliminer les abcès et calmer le Shen dans les syndromes de Chaleur
– préparé au vin de riz (酒炙 jiǔ zhì dān shēn) : la cuisson au vin renforce l’action d’activation du Sang et d’élimination des stases, améliore la pénétration dans les méridiens, privilégiée pour les syndromes de froid avec stase de Sang et les douleurs gynécologiques

Formules Classiques

Dān Shēn Yǐn 丹参飲 (Décoction de Dān Shēn)
Cette formule issue du Shí Bǔ Zhāi Yī Shū 時步齋醫書 combine Dān Shēn avec Tán Xiāng (Lignum Santali Albi) et Shā Rén (Fructus Amomi) pour traiter la douleur thoracique et épigastrique par stagnation du Qi et stase de Sang.

Tiān Wáng Bǔ Xīn Dān 天王補心丹 (Pilule Spéciale de l’Empereur des Cieux pour Tonifier le Cœur)
Formule classique pour le vide du Yin du Cœur et du Rein avec Chaleur vide. Dān Shēn y est associé à Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae), Bǎi Zǐ Rén (Semen Platycladi), Yuǎn Zhì (Radix Polygalae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) pour traiter l’insomnie, les palpitations, l’anxiété et la fatigue mentale.

Qīng Yíng Tāng 清營湯 (Décoction pour Clarifier le Niveau Nutritif)
Formule issue du Wēn Bìng Tiáo Biàn 溫病條辨 (Discrimination Systématique des Maladies Fébriles) de Wú Jū-Tōng. Dān Shēn y est associé à Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Lián Qiào (Fructus Forsythiae), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) pour traiter les maladies fébriles graves avec pénétration de la Chaleur au niveau Ying, caractérisées par fièvre vespérale, agitation, délire, palpitations et éruptions cutanées.

Xuè Fǔ Zhú Yū Tāng 血府逐瘀湯 (Décoction pour Chasser la Stase de la Demeure du Sang)
Grande formule classique de Wang Qing-Ren issue du Yī Lín Gǎi Cuò 醫林改錯 (Corrections des Erreurs dans les Arts Médicaux). Dān Shēn y contribue en synergie avec Táo Rén (Semen Persicae), Hóng Huā (Flos Carthami), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Chuān Xiōng (Rhizoma Ligustici Chuanxiong) et Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) pour traiter la stase de Sang dans la poitrine.

Toxicité :

Dān Shēn présente une très bonne tolérance aux doses thérapeutiques. Les études pharmacologiques n’ont pas mis en évidence de toxicité significative aux doses usuelles. Des interactions médicamenteuses sont documentées avec les anticoagulants de type warfarine (potentialisation de l’effet anticoagulant) et avec la digoxine (augmentation de la biodisponibilité). Une utilisation prolongée à fortes doses peut, dans de rares cas, provoquer des réactions cutanées. L’incompatibilité avec Lí Lú (Radix et Rhizoma Veratri) est mentionnée dans les textes classiques (règle des « dix-huit incompatibilités »).



Mai Ya

Mai Ya

Mài Yá (Fructus Hordei Vulgaris Germinatus)

Identification

Chinois : 麦芽
Pinyin : mài yá
Traduction : germe d’orge
Nom commun : malt d’orge germé
Nom latin : Fructus Hordei Vulgaris Germinatus
Famille : Gramineae (Poaceae)
Espèces : Hordeum vulgare L. (大麦 dà mài)
Partie utilisée : fruit germé et séché au soleil, avec germes de 6 à 9 mm de longueur
Texte d’origine : Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Registres Divers de Médecins Célèbres) par Táo Hóng-Jǐng au 5e siècle
Mai Ya

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui facilitent la digestion (xiāo shí yào 消食藥)
Saveurs : Doux (甘 gān), légèrement acide (酸 suān)
Nature : Neutre à légèrement tiède (平 píng / 微溫 wēi wēn)
Méridiens : Rate (脾 pí), Estomac (胃 wèi), Foie (肝 gān)
Dosage : 9-15 g (usage courant) ; 30-120 g (pour diminuer la lactation ou sevrer)

Propriétés :

Élimine les stagnations alimentaires et restaure l’appétit, renforce la Rate et harmonise l’Estomac, draine et désobstrue le Qi du Foie, réduit la lactation et facilite le sevrage.

Précautions :

Mài Yá est contre-indiqué pendant la grossesse et l’allaitement, sauf dans l’intention précise de diminuer ou tarir le lait maternel. À doses modérées, il favorise la production lactée – à doses élevées, il la réduit. Son usage prolongé ou à doses élevées peut affaiblir le Qi de la Rate et de l’Estomac. Il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience de Qi sans stagnation alimentaire. Les formes chauffées (torréfiées, carbonisées) ont des actions plus douces et moins drainantes que la forme crue.

Fonctions principales :

Élimine les stagnations alimentaires
Restaure l’appétit
Renforce la Rate
Harmonise l’Estomac
Draine le Qi du Foie
Désobstrue le Qi du Foie
Réduit la lactation (à forte dose)
Favorise la lactation (à faible dose)

Actions et Indications

– Élimine les stagnations alimentaires et restaure l’appétit :
Mài Yá est particulièrement efficace pour éliminer les stagnations dues à la surconsommation de riz, de farines, de fruits et d’aliments amylacés. Il désobstrue l’Estomac, dirige le Qi vers le bas et restaure l’appétit physiologique.
Il est couramment utilisé pour les troubles digestifs caractérisés par une sensation de plénitude épigastrique, des éructations, une régurgitation acide et une perte d’appétit.
– Pour la stagnation alimentaire avec plénitude épigastrique et abdominale, éructations malodorantes, régurgitation acide et diarrhée, Mài Yá est associé à Shān Zhā (Fructus Crataegi), Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), formule Bǎo Hé Wán 保和丸 (Pilule pour Préserver l’Harmonie).
– Pour la stagnation alimentaire due aux céréales et aux farines avec perte d’appétit marquée, on l’associe à Gǔ Yá (Setariae Oryzae Fructus Germinatus).
– Pour la stagnation alimentaire avec déficience de la Rate et de l’Estomac, on l’associe à Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Jī Nèi Jīn (Gigeriae Galli Endothelium Corneum).

– Renforce la Rate et harmonise l’Estomac :
Mài Yá renforce les fonctions de transformation et de transport de la Rate, harmonise le Qi de l’Estomac et traite les troubles digestifs liés à une déficience de la Rate avec perte d’appétit.
Il est traditionnellement utilisé pour la faiblesse digestive chronique, l’absence de goût pour la nourriture, la fatigue après les repas et les selles molles.
– Pour la faiblesse de la Rate et de l’Estomac avec stagnation alimentaire, Mài Yá torréfié est associé à Jī Nèi Jīn (Gigeriae Galli Endothelium Corneum) et Dǎng Shēn (Radix Codonopsis).
– Pour la perte d’appétit chez les enfants avec malnutrition et distension abdominale, on l’associe à Shān Zhā (Fructus Crataegi) et Shén Qū (Massa Medicata Fermentata), combinaison connue sous le nom de sān xiān 三仙 (les Trois Immortels).

– Draine et désobstrue le Qi du Foie :
La forme crue (生麦芽 shēng mài yá) de Mài Yá possède une action spécifique pour désobstruer et drainer le Qi du Foie, traiter la stagnation du Qi du Foie aggravant la Rate et l’Estomac, ainsi que la distension et la plénitude hypochondriaques.
Il est utilisé pour les troubles digestifs liés à une disharmonie Foie-Rate avec douleurs des flancs, irritabilité et perte d’appétit.
– Pour la stagnation du Qi du Foie avec distension hypochondriaque et dyspepsie, Mài Yá cru est associé à Chái Hú (Radix Bupleuri) et Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi).

– Réduit la lactation et facilite le sevrage :
À doses élevées (60-120 g), Mài Yá disperse le Qi et le Sang pour réduire la production de lait maternel et faciliter le sevrage. À doses modérées (9-15 g), il favorise au contraire la circulation du Qi et peut contribuer à promouvoir la lactation chez les femmes dont la production de lait est insuffisante par stagnation du Qi du Foie.
– Pour diminuer la lactation en vue du sevrage, Mài Yá cru ou torréfié est utilisé seul en décoction à dose élevée (60-120 g), bu comme infusion tout au long de la journée.
– Pour favoriser la lactation insuffisante par stagnation du Qi, Mài Yá cru à dose modérée est associé à Wáng Bù Liú Xíng (Semen Vaccariae) et Tōng Cǎo (Medulla Tetrapanacis).

Liste des symptômes

Troubles digestifs par stagnation alimentaire :
Sensation de plénitude et de distension épigastrique
Éructations malodorantes
Régurgitation acide
Perte d’appétit
Nausées après les repas
Borborygmes et flatulences
Diarrhées avec douleurs abdominales dues à la stagnation

Faiblesse digestive par déficience de la Rate :
Manque de goût pour la nourriture
Fatigue et léthargie après les repas
Selles molles ou diarrhées chroniques
Distension abdominale postprandiale

Stagnation du Qi du Foie aggravant la Rate :
Distension et douleur des flancs et de l’hypochondre
Irritabilité émotionnelle avec troubles digestifs
Dyspepsie liée au stress ou aux émotions

Troubles de la lactation :
Lactation excessive nécessitant un sevrage
Engorgement mammaire lors du sevrage
Lactation insuffisante par stagnation du Qi du Foie

Commentaire

Mài Yá (Fructus Hordei Vulgaris Germinatus) est obtenu en faisant germer l’orge jusqu’à ce que les pousses atteignent 6 à 9 mm de longueur, puis en séchant le grain au soleil. Son nom chinois signifie littéralement « germe de blé », bien qu’il provienne de l’orge (Hordeum vulgare). Ce remède occupe une place centrale dans la catégorie des substances éliminant les stagnations alimentaires, et se distingue par sa capacité à traiter spécifiquement les stagnations dues aux céréales, aux farines, aux fruits et aux aliments amylacés.

La particularité de Mài Yá réside dans sa double action : d’une part sur le Foyer Moyen (Rate et Estomac) pour désobstruer les stagnations alimentaires et renforcer les fonctions de transformation et de transport, et d’autre part sur le Foie pour drainer et désobstruer son Qi. Cette action hépatique le distingue des autres remèdes de sa catégorie. Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) et Shān Zhā (Fructus Crataegi) n’agissent pas sur le Qi du Foie, alors que Mài Yá, par sa saveur légèrement acide, entre dans le méridien du Foie et y draine les obstructions de Qi. Cette propriété le rend particulièrement indiqué pour les troubles digestifs liés au stress, à la frustration ou à la stagnation émotionnelle.

Un aspect remarquable et souvent cité de Mài Yá est son effet dose-dépendant sur la lactation. À petites doses, il favorise la circulation du Qi dans le sein et peut stimuler ou régulariser un flux lacté insuffisant dû à une stagnation du Qi du Foie. À doses très élevées (60-120 g), il disperse le Qi et le Sang, réduit l’engorgement mammaire et facilite le tarissement du lait lors du sevrage. Cette propriété est mentionnée dans le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Traité de Matière Médicale) de Lǐ Shí-Zhēn. La forme crue semble la plus efficace pour le sevrage, et certains auteurs soulignent que c’est la dose élevée – bien plus que la forme de préparation – qui constitue le facteur déterminant.

Mài Yá se distingue de Gǔ Yá (Setariae Oryzae Fructus Germinatus) par son action plus marquée sur la stagnation alimentaire et sur le Qi du Foie. Gǔ Yá, plus doux et plus harmonieux, ne draine pas le Qi de la Rate de la même manière et convient davantage aux patients âgés, aux enfants et aux constitutions fragiles. En revanche, Mài Yá est supérieur pour les cas de stagnation alimentaire avérée avec implication du Qi du Foie. Les deux remèdes sont fréquemment associés car leurs actions se complètent : Mài Yá désobstrue fortement la stagnation et draine le Foie, tandis que Gǔ Yá renforce doucement la Terre du Foyer Moyen.

Associations

– avec Shān Zhā (Fructus Crataegi) et Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) : pour les stagnations alimentaires avec plénitude épigastrique, éructations et diarrhée (combinaison des Trois Immortels sān xiān 三仙)

– avec Shān Zhā (Fructus Crataegi), Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) : pour la stagnation alimentaire avec distension épigastrique et abdominale (formule Bǎo Hé Wán 保和丸 Pilule pour Préserver l’Harmonie)

– avec Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Jī Nèi Jīn (Gigeriae Galli Endothelium Corneum) : pour la stagnation alimentaire avec déficience de la Rate et de l’Estomac

– avec Gǔ Yá (Setariae Oryzae Fructus Germinatus) : pour la perte d’appétit et la stagnation alimentaire, en particulier due aux céréales (combinaison pour renforcer et restaurer les fonctions de transport et de transformation du Foyer Moyen)

– avec Chái Hú (Radix Bupleuri) et Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) : pour la stagnation du Qi du Foie avec distension hypochondriaque et dyspepsie liée aux émotions

– avec Dǎng Shēn (Radix Codonopsis) et Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) : pour la faiblesse digestive chronique avec stagnation alimentaire et déficience du Qi de la Rate

– avec Wáng Bù Liú Xíng (Semen Vaccariae) et Tōng Cǎo (Medulla Tetrapanacis) : pour la lactation insuffisante par stagnation du Qi du Foie (à dose modérée)

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生麦芽 shēng mài yá) : forme non préparée au-delà du séchage ; c’est la forme la plus efficace pour drainer et désobstruer le Qi du Foie, éliminer les stagnations alimentaires et réduire la lactation à dose élevée ; les recherches modernes montrent que c’est aussi la forme la plus efficace pour la digestion des amidons
– torréfié (炒麦芽 chǎo mài yá) : séché-frit à feu modéré jusqu’à coloration jaune dorée ; cette préparation rend l’action plus douce et moins drainante, renforce les propriétés tonifiantes sur la Rate et l’Estomac, et est privilégiée pour les patients présentant une déficience du Qi
– préparé au son (制麦芽 zhì mài yá) : séché-frit avec du son de blé ; cette méthode de préparation est traditionnellement considérée comme conférant des propriétés tonifiantes et ascendantes tout en améliorant la capacité à éliminer les stagnations alimentaires et à renforcer la Rate

Formules Classiques

– Bǎo Hé Wán (保和丸 Pilule pour Préserver l’Harmonie)
Cette formule combine Mài Yá avec Shān Zhā (Fructus Crataegi), Shén Qū (Massa Medicata Fermentata), Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), Fú Líng (Poria) et Lián Qiáo (Fructus Forsythiae) pour traiter la stagnation alimentaire par suralimentation avec plénitude épigastrique et abdominale, éructations malodorantes, régurgitation acide et diarrhée. Cette formule est issue des Dān Xī Xīn Fǎ 丹溪心法 (Méthodes Essentielles de Dān Xī) de Zhū Dān-Xī.

– Sān Xiān (三仙 Les Trois Immortels)
Association de Mài Yá avec Shān Zhā (Fructus Crataegi) et Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) pour traiter les stagnations alimentaires dues à la suralimentation avec éructations, distension épigastrique et abdominale, diarrhée, perte d’appétit et léthargie post-prandiale. Cette combinaison des Trois Immortels peut être intégrée directement dans des prescriptions ou utilisée comme base à laquelle on ajoute d’autres remèdes selon les besoins.

– Jiàn Pí Wán (健脾丸 Pilule pour Fortifier la Rate)
Mài Yá est inclus dans cette formule avec Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Dǎng Shēn (Radix Codonopsis), Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Jī Nèi Jīn (Gigeriae Galli Endothelium Corneum) et Shān Zhā (Fructus Crataegi) pour renforcer la Rate et l’Estomac tout en éliminant les stagnations alimentaires, traitant la déficience de la Rate avec stagnation et perte d’appétit chronique.

Toxicité :

Mài Yá ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Il est contre-indiqué pendant la grossesse en cas de risque d’avortement, et doit être utilisé avec une extrême prudence chez les femmes allaitantes qui souhaitent maintenir leur lactation, car à doses élevées il réduit ou tarit le lait maternel. En raison de sa capacité à disperser le Qi de la Rate et de l’Estomac, son utilisation prolongée ou à doses excessives peut affaiblir le Foyer Moyen. Il est déconseillé chez les patients présentant une déficience du Qi sans stagnation alimentaire avérée. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’t été documentée aux doses thérapeutiques habituelles.



Lian Zi

Lian Zi

Lián Zǐ (Semen Nelumbinis Nuciferae)

Identification

Chinois : 莲子
Pinyin : Lián Zǐ
Traduction : graine de lotus
Nom commun : graine de lotus sacré
Nom latin : Semen Nelumbinis Nuciferae
Famille : Nelumbonaceae
Espèces : Nelumbo nucifera Gaertn. (莲 Lián)
Partie utilisée : graine séchée (sans l’embryon dans certaines préparations)
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Lian Zi

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui stabilisent et resserrent (astringeants) (收敛固摄藥 shōu liǎn gù shè yào)
Saveurs : Doux (甘 gān), Astringent (澀 sè)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Rein (腎 shèn), Rate (脾 pí)
Dosage : 10-15 g en décoction. Dose maximale : 30 g

Propriétés :

Tonifie la Rate et arrête la diarrhée, tonifie le Rein et consolide l’essence vitale, nourrit le Cœur et calme le Shen.

Précautions :

Lián Zǐ est contre-indiqué en cas de constipation ou de présence de masses abdominales, car son action astringente pourrait aggraver ces conditions en retenant les facteurs pathogènes à l’intérieur du corps. En raison de sa nature astringente, ce remède ne doit pas être utilisé lorsque des facteurs pathogènes sont encore présents, tels que la Chaleur-Humidité ou les agents pathogènes externes. Il doit être utilisé avec prudence en cas de fièvre avec diarrhée, car l’astringence risquerait de retenir les pathogènes. Ce remède ne présente pas de toxicité aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Tonifie la Rate
Arrête la diarrhée chronique
Tonifie le Rein
Consolide l’essence vitale (Jīng)
Retient l’urine
Nourrit le Cœur
Calme le Shen

Actions et Indications

– Tonifie la Rate et arrête la diarrhée :
Lián Zǐ traite couramment la diarrhée chronique causée par une déficience de la Rate et son incapacité à transporter et transformer les liquides. La Rate déficiente perd sa fonction de contrôle de l’eau, ce qui inonde les intestins et engendre la diarrhée. Lián Zǐ agit à la fois par son action tonifiante sur la Rate et par sa nature astringente pour arrêter les pertes.
– Pour la diarrhée chronique due à la déficience de la Rate, Lián Zǐ est associé à Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Dǎng Shēn (Radix Codonopsis) et Fú Líng (Poria).
– Pour la diarrhée chronique avec déficience du Yang de la Rate et de l’Estomac, on l’associe à Ròu Dòu Kòu (Semen Myristicae), Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) et Qiàn Shí (Semen Euryales).

– Tonifie le Rein et consolide l’essence vitale (Jīng) :
La déficience du Qi du Rein entraîne l’incapacité à retenir l’essence vitale, se manifestant par des émissions séminales, des pollutions nocturnes, une énurésie ou des pertes vaginales abondantes. Lián Zǐ stabilise et retient l’essence du Rein grâce à son action astringente combinée à sa nature tonifiante.
– Pour les émissions séminales et les pollutions nocturnes dues à une déficience du Rein, Lián Zǐ est associé à Shā Yuàn Zǐ (Semen Astragali Complanati), Shān Zhū Yú (Fructus Corni) et Qiàn Shí (Semen Euryales).
– Pour l’incontinence urinaire et l’énurésie, on l’associe à Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis), Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae) et Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae).
– Pour les pertes vaginales claires et abondantes dues à une déficience du Rein, Lián Zǐ est associé à Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae) et Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae).
– Pour le diabète insipide avec polyurie, on l’associe à Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Shān Zhū Yú (Fructus Corni) et Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae).

Lián Zǐ traite également les troubles urinaires liés à une déficience du Cœur avec inquiétude excessive, caractérisée par des mictions en gouttes, des urines troubles blanches et une énurésie.
– Pour la déficience du Qi du Cœur due à une inquiétude excessive, avec mictions en gouttes et énurésie, on l’associe à Fú Líng (Poria) et Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae).

– Nourrit le Cœur et calme le Shen :
Lián Zǐ nourrit le Cœur pour traiter les troubles du Shen, notamment l’insomnie, les palpitations, l’anxiété et les troubles émotionnels liés à une déficience du Cœur. Sa nature douce lui permet de nourrir sans excès le Yin du Cœur, ce qui en fait un remède de choix pour les états de nervosité et d’agitation liés à une insuffisance nutritive.
– Pour les émissions séminales avec rêves excessifs, Lián Zǐ est associé à Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Yuǎn Zhì (Radix Polygalae) et Qiàn Shí (Semen Euryales).
– Pour la déficience du Rein et du Cœur avec des troubles urinaires fréquents, Lián Zǐ est associé à Rén Shēn (Radix Ginseng), Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae), Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori) et Yuǎn Zhì (Radix Polygalae), formule Qīng Xīn Lián Zǐ Yǐn 清心蓮子飲 (Décoction de Graine de Lotus pour Clarifier le Cœur).

Liste des symptômes

Troubles digestifs :
Diarrhée chronique due à la déficience de la Rate
Selles molles ou liquides avec fatigue digestive
Absence d’appétit avec ballonnements
Prolapsus rectal dans les cas sévères

Troubles génito-urinaires :
Émissions séminales et pollutions nocturnes
Éjaculation prématurée
Énurésie et incontinence urinaire
Pollakiurie
Urines troubles ou blanchâtres
Pertes vaginales abondantes et claires

Troubles du Shen :
Insomnie et rêves agités
Palpitations cardiaques
Anxiété et agitation mentale
Troubles émotionnels liés à une déficience du Cœur
Mémoire déficiente

Autres indications :
Diabète insipide avec polyurie
Faiblesse générale liée à la déficience de la Rate et du Rein

Commentaire

Lián Zǐ (Semen Nelumbinis) tire son nom du lotus sacré (Nelumbo nucifera), plante aquatique emblématique de la culture et de la spiritualité asiatiques. Ce remède est issu d’une plante dont huit parties différentes sont utilisées en pharmacopée chinoise, chacune ayant des fonctions propres. Lián Zǐ lui-même est classé parmi les remèdes astringents qui retiennent et stabilisent, mais il se distingue de la plupart des autres remèdes de cette catégorie par sa triple action tonifiante sur la Rate, le Rein et le Cœur. Sa saveur douce et astringente associée à sa nature neutre en font un remède polyvalent et doux, adapté à un usage prolongé chez les patients déficients.

Son action principale sur la Rate en fait l’un des remèdes les plus utilisés pour la diarrhée chronique d’origine déficiente. Contrairement aux seuls remèdes astringents qui se contentent de retenir les fluides sans traiter la cause, Lián Zǐ agit sur la racine du problème en tonifiant la Rate et en restaurant sa capacité à transporter et transformer les liquides. Cette double approche – traiter à la fois le symptôme (diarrhée) et la cause (déficience de la Rate) – lui confère une efficacité particulièrement durable.

Sur le plan du Rein, Lián Zǐ consolide le Jīng et retient l’essence, ce qui le rend indispensable dans les formules traitant les émissions séminales, les pollutions nocturnes et la polyurie. Il agit sur la Porte de la Vie (Mìng Mén 命門) pour renforcer la capacité du Rein à retenir les substances précieuses. Son action sur le Cœur, quant à elle, est plus douce que celle de Lián Zǐ Xīn (Plumula Nelumbinis) – l’embryon de la graine de lotus -, qui clarifie la Chaleur du Cœur et soulage l’irritabilité. Alors que Lián Zǐ Xīn est froid et bitter pour clarifier et drainer, Lián Zǐ est neutre et doux pour nourrir et stabiliser le Shen.

Lián Zǐ se distingue de Qiàn Shí (Semen Euryales), son partenaire habituel dans de nombreuses formules classiques, par la présence de cette triple action sur la Rate, le Rein et le Cœur. Qiàn Shí, lui aussi doux, astringent et neutre, tonifie la Rate pour arrêter la diarrhée et consolide le Rein pour stopper les émissions séminales et les pertes vaginales, mais il ne nourrit pas le Cœur. En revanche, Qiàn Shí est plus efficace que Lián Zǐ pour drainer l’Humidité de la Rate. Les deux plantes sont fréquemment associées dans les formules traitant la déficience conjointe de la Rate et du Rein.

Associations

– avec Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Dǎng Shēn (Radix Codonopsis) et Fú Líng (Poria) : pour la diarrhée chronique due à la déficience de la Rate

– avec Qiàn Shí (Semen Euryales) et Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae) : pour les émissions séminales, les pertes vaginales et l’incontinence urinaire

– avec Shā Yuàn Zǐ (Semen Astragali Complanati), Shān Zhū Yú (Fructus Corni) et Qiàn Shí (Semen Euryales) : pour les émissions séminales et les pollutions nocturnes dues à une déficience du Rein

– avec Sāng Piāo Xiāo (Ootheca Mantidis), Yì Zhì Rén (Fructus Alpiniae Oxyphyllae) et Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae) : pour l’incontinence urinaire et l’énurésie

– avec Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae) et Jīn Yīng Zǐ (Fructus Rosae Laevigatae) : pour les pertes vaginales claires et abondantes

– avec Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis), Yuǎn Zhì (Radix Polygalae) et Qiàn Shí (Semen Euryales) : pour les émissions séminales avec rêves excessifs

– avec Rén Shēn (Radix Ginseng), Suān Zǎo Rén (Semen Zizyphi Spinosae), Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori) et Yuǎn Zhì (Radix Polygalae) : pour la déficience du Cœur et du Rein avec troubles urinaires et insomnie (formule Qīng Xīn Lián Zǐ Yǐn 清心蓮子飲 Décoction de Graine de Lotus pour Clarifier le Cœur)

– avec Fú Líng (Poria) et Tú Sī Zǐ (Semen Cuscutae) : pour la déficience du Qi du Cœur due à une inquiétude excessive, avec mictions en gouttes et énurésie

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng lián zǐ) : forme non préparée, efficace pour nourrir le Cœur et calmer le Shen, ainsi que pour tonifier la Rate et le Rein
– avec embryon (帶心 dài xīn lián zǐ) : la graine avec son embryon (Lián Zǐ Xīn) conservé, à utiliser lorsqu’on souhaite également clarifier la Chaleur du Cœur et soulager l’irritabilité
– sans embryon (去心 qù xīn lián zǐ) : l’embryon amer est retiré pour atténuer le caractère clarificateur et renforcer l’action tonifiante douce – forme la plus couramment utilisée

Formules Classiques

Qīng Xīn Lián Zǐ Yǐn 清心蓮子飲 (Décoction de Graine de Lotus pour Clarifier le Cœur)
Cette formule combine Lián Zǐ avec Rén Shēn (Radix Ginseng), Fú Líng (Poria), Huáng Qí (Radix Astragali), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii), Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la déficience du Qi du Cœur et du Rein avec urines troubles, énurésie, mictions fréquentes et douleurs en miction.

Shēn Líng Bái Zhú Sǎn 參苓白術散 (Poudre de Ginseng, Poria et Atractylodes Macrocephala)
Lián Zǐ est inclus dans cette formule fondamentale avec Rén Shēn (Radix Ginseng), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Fú Líng (Poria), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Yì Yǐ Rén (Semen Coicis), Shā Rén (Fructus Amomi), Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la déficience de la Rate et de l’Estomac avec diarrhée chronique, fatigue, absence d’appétit et teint terne.

Jīn Suǒ Gù Jīng Wán 金鎖固精丸 (Pilule du Verrou d’Or pour Stabiliser l’Essence)
Cette formule combine Lián Zǐ avec Shā Yuàn Zǐ (Semen Astragali Complanati), Qiàn Shí (Semen Euryales), Lóng Gǔ (Os Draconis) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) pour traiter les émissions séminales, les pollutions nocturnes et la spermatorrhée liées à une déficience du Rein.

Toxicité :

Lián Zǐ ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Ce remède est considéré comme très sûr, avec une très bonne tolérance générale. En raison de sa nature astringente, une utilisation prolongée peut néanmoins aggraver la constipation ou retenir des facteurs pathogènes en cas de mauvais diagnostic différentiel. Les remèdes astringents en général, dont Lián Zǐ, ne doivent pas être utilisés lorsque la diarrhée est causée par une Chaleur-Humidité ou par des facteurs pathogènes externes encore présents dans le corps. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.



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