Règlements

Zhi Shi

Zhi Shi

Zhǐ Shí (Fructus Immaturus Citri Aurantii)

Identification

Chinois : 枳实
Pinyin : Zhǐ Shí
Traduction : fruit immature d’oranger amer
Nom commun : fruit immature d’oranger amer, bitter orange immature
Nom latin : Fructus Immaturus Citri Aurantii
Famille : Rutaceae
Espèces : Citrus aurantium L. (枳实 Zhǐ Shí) ; Citrus sinensis Osbeck ; diverses espèces de Citrus selon les régions
Partie utilisée : fruit immature séché, récolté avant maturité complète (entre mai et juin)
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Zhi Shi

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui régularisent le Qi (lǐ qì yào 理氣藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Acide (酸 suān), légèrement Âcre (辛 xīn)
Nature : Légèrement Froid (微寒 wēi hán)
Méridiens : Rate (脾 pí), Estomac (胃 wèi), Gros Intestin (大腸 dà cháng)
Dosage : 3-10 g en décoction ; jusqu’à 30 g dans certains cas cliniques ; à utiliser en poudre ou en pilules selon les indications

Propriétés :

Brise la stagnation du Qi et dissout les accumulations, élimine les distensions et l’oppression thoracique, transforme les mucosités et dissout les accumulations, soutient le centre et dirige le Qi vers le bas.

Précautions :

Zhǐ Shí est contre-indiqué pendant la grossesse en raison de son action de brisure puissante du Qi. Il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience du Qi de la Rate et de l’Estomac, car son action dispersante puissante peut épuiser le Qi normal. Les patients présentant un Qi déficient sans stagnation doivent éviter ce remède. Une utilisation prolongée à haute dose peut affaiblir le Qi ancestral. La forme préparée au son (麩炒 fū chǎo) est préférée chez les patients fragiles pour modérer son action dispersante.

Fonctions principales :

Brise la stagnation du Qi
Dissout les accumulations
Élimine les distensions
Transforme les Mucosités
Dirige le Qi vers le bas
Traite l’oppression thoracique
Dissout les accumulations alimentaires
Soutient le relèvement du Qi (en association)

Actions et Indications

– Brise la stagnation du Qi et dissout les accumulations :
Zhǐ Shí est l’un des remèdes les plus puissants de la pharmacopée chinoise pour briser la stagnation du Qi, dissoudre les accumulations et éliminer les distensions. Il est particulièrement efficace pour les distensions et douleurs épigastriques et abdominales dues à la stagnation du Qi de la Rate et de l’Estomac, ainsi que pour les accumulations alimentaires.
– Pour la distension et la plénitude épigastriques et abdominales dues à la stagnation du Qi avec accumulation alimentaire, Zhǐ Shí est associé à Hòu Pò (Cortex Magnoliae Officinalis) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), formule Xiǎo Chéng Qì Tāng 小承氣湯 (Petite Décoction pour Ordonner le Qi).
– Pour la stagnation du Qi avec distension abdominale et constipation, on l’associe à Hòu Pò (Cortex Magnoliae Officinalis) et Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), formule Zhǐ Shí Xiāo Pǐ Wán 枳实消痞丸 (Pilule de Zhǐ Shí pour Dissoudre la Distension).
– Pour les distensions et douleurs abdominales dues à l’accumulation alimentaire, Zhǐ Shí est associé à Shān Zhā (Fructus Crataegi) et Shén Qū (Massa Medicata Fermentata), formule Zhǐ Shí Dǎo Zhì Wán 枳实导滞丸 (Pilule de Zhǐ Shí pour Conduire la Stagnation).

– Élimine les distensions et l’oppression thoracique :
Zhǐ Shí traite l’oppression thoracique, la distension du thorax et des hypocondres due à la stagnation du Qi et à l’accumulation de mucosités. Son action puissante de brisure du Qi en fait un remède de choix pour les syndromes de plénitude thoracique avec stagnation.
– Pour l’oppression thoracique et la distension hypocondriaque avec dyspnée et essoufflement dues au Qi cloisonné qui ne circule plus, Zhǐ Shí est associé à Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) et Guā Lóu (Fructus Trichosanthis), formule Zhǐ Shí Xiè Bái Guì Zhī Tāng 枳实薤白桂枝汤 (Décoction de Zhǐ Shí, Ciboulette et Cannelle).
– Pour la stagnation du Qi dans la poitrine avec accumulations de mucosités et plénitude thoracique, on l’associe à Xiè Bái (Bulbus Allii Macrostemi) et Hòu Pò (Cortex Magnoliae Officinalis).
– Pour la stagnation du Qi affectant le thorax avec anxiété, irritabilité et distension hypocondriaque, Zhǐ Shí est associé à Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae) et Dàn Dòu Chǐ (Semen Sojae Praeparatum), formule Zhī Zǐ Chǐ Tāng 梔子豉湯 avec adjonction de Zhǐ Shí.

– Transforme les mucosités et dissout les accumulations :
Zhǐ Shí possède une action remarquable pour transformer les mucosités-Humidité et dissoudre les accumulations avec forme (食積 shí jī) et sans forme (氣滯 qì zhì). Cette double capacité lui permet d’être utilisé dans les syndromes impliquant à la fois la stagnation du Qi et les accumulations de Mucosités.
– Pour les accumulations de mucosités et de Qi dans la poitrine avec dyspnée, wheeling, nausées et constipation, Zhǐ Shí est associé à Hòu Pò (Cortex Magnoliae Officinalis), formule classique dont l’interaction amplifie considérablement la brisure de la stagnation du Qi.
– Pour les mucosités obstruant le Foyer Moyen avec plénitude épigastrique, nausées et vomissements, on l’associe à Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae).
– Pour la stagnation alimentaire avec distension et douleur abdominale accompagnées de diarrhée ou de dysenterie dues à l’Humidité-Chaleur, Zhǐ Shí est associé à Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), formule Zhǐ Shí Dǎo Zhì Wán 枳实导滞丸.

– Soutient le centre et dirige le Qi vers le bas :
Zhǐ Shí traite le prolapsus des organes internes dû à la chute du Qi de la Rate – une indication paradoxale au premier abord, mais validée par la tradition clinique. Dans ce contexte, Zhǐ Shí est utilisé en association avec des remèdes toniques du Qi pour relever le Qi et traiter le prolapsus rectal, le prolapsus utérin et la ptôse gastrique.
– Pour le prolapsus rectal ou utérin dû à la déficience et chute du Qi, Zhǐ Shí est associé à Huáng Qí (Radix Astragali) et Dǎng Shēn (Radix Codonopsis) dans un contexte tonique global.
– Pour la ptôse gastrique avec sensation de lourdeur abdominale, Zhǐ Shí est associé à Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) pour tonifier la Rate et relever le Qi.

Liste des symptômes

Distensions et douleurs digestives :
Distension et plénitude épigastriques
Douleur abdominale par stagnation du Qi
Accumulation alimentaire avec borborygmes
Constipation par stagnation du Qi
Diarrhée ou dysenterie dues à l’Humidité-Chaleur
Nausées et vomissements par rébellion du Qi de l’Estomac
Ténesme et douleur abdominale

Troubles thoraciques :
Oppression et plénitude thoraciques
Distension des hypocondres
Dyspnée et essoufflement par accumulation de Mucosités
Anxiété et irritabilité avec plénitude thoracique
Sensation de quelque chose de coincé dans la gorge

Autres indications :
Prolapsus rectal par chute du Qi
Prolapsus utérin par déficience du Qi de la Rate
Ptôse gastrique
Hernies inguinales liées à la stagnation du Qi
Masses abdominales palpables dues aux accumulations

Commentaire

Zhǐ Shí (Fructus Immaturus Citri Aurantii) tire son nom de sa nature de fruit immature (实 shí, compacte et dur) d’oranger (枳 zhǐ). Mentionné dès le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), ce remède est reconnu depuis les origines de la pharmacopée chinoise comme un puissant briseur de stagnation. Son action amer-descendante et légèrement froide en fait un outil thérapeutique indispensable pour traiter toutes les formes de stagnation du Qi avec accumulation dans le Foyer Moyen.

L’un des traits les plus distinctifs de Zhǐ Shí réside dans la puissance de son action dispersante. Comme le notent Bensky et al., il brise la stagnation du Qi froide comme chaude, et peut être utilisé pour les distensions du thorax et de l’abdomen quelle que soit l’étiologie – chaleur, froid, Humidité ou Mucosités – dès lors que la stagnation du Qi cloisonné est au cœur du problème. Cette polyvalence explique sa présence dans un très grand nombre de formules classiques. Il se distingue de Zhǐ Ké (Fructus Aurantii), le fruit mature de la même plante, par une action beaucoup plus puissante et plus profonde. Le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grand Compendium de Matière Médicale) de Lǐ Shí-Zhēn précise que Zhǐ Shí est utilisé pour les maladies avec excès, en raison de la violence de ses propriétés de brisure, tandis que Zhǐ Ké convient aux maladies avec une présentation moins sévère. De même, la relation entre Zhǐ Shí et Zhǐ Ké rappelle celle qui existe entre Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) et Qīng Pí (Pericarpium Citri Reticulatae Viride) : dans chaque paire, le fruit immature possède une action plus dure et plus puissante pour briser la stagnation du Qi.

La combinaison emblématique de Zhǐ Shí avec Hòu Pò (Cortex Magnoliae Officinalis) illustre parfaitement sa place dans la pharmacopée. Ces deux remèdes, l’un froid et l’autre chaud, se complètent mutuellement pour renforcer l’action de brisure de la stagnation du Qi, d’élimination des plénitudes et de mobilisation des Mucosités, quelle que soit la nature chaude ou froide du trouble. Cette paire puissante peut traiter toute distension abdominale ou thoracique, l’essoufflement, les nausées ou la constipation, dès lors que le Qi cloisonné qui ne circule plus est la cause principale.

Associations

– avec Hòu Pò (Cortex Magnoliae Officinalis) : pour toute distension abdominale ou thoracique, dyspnée ou constipation par Qi cloisonné qui ne circule plus

– avec Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Hòu Pò (Cortex Magnoliae Officinalis) : pour les accumulations sévères avec constipation et douleur abdominale (formule Xiǎo Chéng Qì Tāng 小承氣湯 Petite Décoction pour Ordonner le Qi)

– avec Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Hòu Pò (Cortex Magnoliae Officinalis) : pour la distension épigastrique par stagnation du Qi et accumulation alimentaire (formule Zhǐ Shí Xiāo Pǐ Wán 枳实消痞丸 Pilule de Zhǐ Shí pour Dissoudre la Distension)

– avec Xiè Bái (Bulbus Allii Macrostemi) et Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) : pour l’oppression thoracique et la plénitude thoracique avec mucosités (formule Zhǐ Shí Xiè Bái Guì Zhī Tāng 枳实薤白桂枝湯 Décoction de Zhǐ Shí, Ciboulette et Cannelle)

– avec Shān Zhā (Fructus Crataegi), Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) : pour l’accumulation alimentaire avec distension et diarrhée due à l’Humidité-Chaleur (formule Zhǐ Shí Dǎo Zhì Wán 枳实导滞丸 Pilule de Zhǐ Shí pour Conduire la Stagnation)

– avec Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) : pour les mucosités obstruant le Foyer Moyen avec plénitude épigastrique et nausées

– avec Huáng Qí (Radix Astragali) et Dǎng Shēn (Radix Codonopsis) : pour le prolapsus rectal ou utérin dû à la chute du Qi

– avec Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) et Zhǐ Ké (Fructus Aurantii) : pour les douleurs épigastriques et abdominales par stagnation du Qi

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng Zhǐ Shí) : forme non préparée, action la plus puissante pour briser la stagnation et dissoudre les accumulations ; à utiliser pour les syndromes d’excès robustes
– frit au son (麩炒 fū chǎo Zhǐ Shí) : frit avec du son de blé jusqu’à légère coloration jaune ; action modérée, moins agressive sur le Qi normal ; forme la plus couramment utilisée en clinique, notamment chez les patients plus fragiles
– frit au vinaigre (醋炒 cù chǎo Zhǐ Shí) : frit après trempage dans le vinaigre ; renforce la pénétration dans le méridien du Foie et amplifie l’action de dispersion des stases et de soulagement de la douleur

Formules Classiques

Xiǎo Chéng Qì Tāng 小承氣湯 (Petite Décoction pour Ordonner le Qi)
Cette formule combine Zhǐ Shí avec Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et Hòu Pò (Cortex Magnoliae Officinalis) pour purger les accumulations de Chaleur dans les Intestins avec constipation, distension abdominale et douleur. Issue du Shāng Hán Lùn 傷寒論 (Traité sur les Dommages du Froid) de Zhāng Zhòng-Jǐng.

Zhǐ Shí Xiāo Pǐ Wán 枳实消痞丸 (Pilule de Zhǐ Shí pour Dissoudre la Distension)
Formule associant Zhǐ Shí à Hòu Pò (Cortex Magnoliae Officinalis), Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae), Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum) pour les distensions épigastriques et la plénitude abdominale dues à la stagnation conjointe du Qi de la Rate avec Chaleur.

Zhǐ Shí Xiè Bái Guì Zhī Tāng 枳实薤白桂枝湯 (Décoction de Zhǐ Shí, Ciboulette et Cannelle)
Formule classique des Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 (Prescriptions Essentielles du Coffre d’Or) combinant Zhǐ Shí avec Xiè Bái (Bulbus Allii Macrostemi), Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi), Guā Lóu (Fructus Trichosanthis) et Hòu Pò (Cortex Magnoliae Officinalis) pour traiter l’obstruction thoracique (胸痹 xiōng bì) avec oppression thoracique et douleur.

Zhǐ Shí Dǎo Zhì Wán 枳实导滞丸 (Pilule de Zhǐ Shí pour Conduire la Stagnation)
Cette formule associe Zhǐ Shí à Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Shān Zhā (Fructus Crataegi), Shén Qū (Massa Medicata Fermentata), Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Fú Líng (Poria) pour traiter l’accumulation alimentaire transformée en Humidité-Chaleur avec distension abdominale, diarrhée ou dysenterie.

Toxicité :

Zhǐ Shí ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées (3-10 g). Cependant, sa nature puissamment dispersante impose des précautions importantes. En raison de son action de brisure du Qi, une utilisation inappropriée ou prolongée peut épuiser le Qi normal et affaiblir la Rate et l’Estomac. Des doses excessives peuvent provoquer des nausées, des vomissements ou une aggravation temporaire des troubles digestifs. Il est formellement contre-indiqué pendant la grossesse, car son action de brisure du Qi peut provoquer des contractions utérines et mettre en danger le fœtus. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée dans les textes classiques.



 

Qing Pi

Qing Pi

Qīng Pí (Pericarpium Citri Reticulatae Viride)

Identification

Chinois : 青皮
Pinyin : qīng pí
Traduction : écorce verte
Nom commun : écorce verte de mandarine
Nom latin : Pericarpium Citri Reticulatae Viride
Famille : Rutaceae
Espèces : Citrus reticulata BLANCO (青皮 qīng pí)
Partie utilisée : écorce immature séchée du fruit non mûr ou de jeunes fruits entiers
Texte d’origine : Zhū Dān-Xī Xīn Fǎ 朱丹溪心法 (Enseignements de Zhu Dan-Xi) par Zhū Dān-Xī au 14e siècle
Qing Pi

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui régulent le Qi (lǐ qì yào 理氣藥)
Saveurs : Acide (酸 suān), Amer (苦 kǔ), Âcre (辛 xīn)
Nature : Tiède (溫 wēn)
Méridiens : Foie (肝 gān), Vésicule Biliaire (膽 dǎn), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 3-9 g

Propriétés :

Brise la stagnation du Qi, dissout les accumulations et les masses, draine le Foie et la Vésicule Biliaire, réduit les stases alimentaires et transforme les obstructions.

Précautions :

Qīng Pí est une substance âcre et dispersante, de nature amère et drainante. Son action est intense et tranchante : il doit être utilisé avec grande prudence chez les patients présentant une déficience du Qi ou du Sang, car une utilisation prolongée ou à doses élevées peut épuiser le Qi correct (zhèng qì 正氣). Il est contre-indiqué en cas de transpiration spontanée liée à une déficience du Qi. Les personnes âgées, déficientes ou émaciées doivent éviter ce remède ou l’utiliser uniquement avec des herbes toniques. Ce remède ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Brise la stagnation du Qi
Draine le Foie et la Vésicule Biliaire
Dissout les accumulations
Réduit les stases alimentaires sévères
Dissipe les masses et les obstructions
Traite les hernies et douleurs testiculaires
Traite le paludisme

Actions et Indications

– Draine le Foie et brise la stagnation du Qi :
Qīng Pí est l’un des remèdes les plus puissants pour drainer le Qi stagnant du Foie et de la Vésicule Biliaire. Il traite la stagnation du Qi du Foie avec douleurs et distension des hypochondres, de l’épigastre et de l’abdomen.
Il est particulièrement indiqué pour les douleurs et la distension thoraciques, les flancs douloureux, la dépression et l’irritabilité liées à la stagnation du Qi du Foie.
– Pour la stagnation du Qi du Foie avec douleurs hypochondriaques et distension épigastrique, Qīng Pí est associé à Chái Hú (Radix Bupleuri), Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) et Yù Jīn (Radix Curcumae).
– Pour les douleurs mammaires pré-menstruelles et les masses mammaires liées à la stagnation du Qi du Foie, on associe Qīng Pí à Chái Hú (Radix Bupleuri), Guā Lóu (Fructus Trichosanthis) et Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi).
– Pour les abcès mammaires au stade initial, Qīng Pí est associé à Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) et Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae).

Qīng Pí traite également les hernies et les douleurs testiculaires par stagnation de Qi du Foie.
– Pour les hernies et les douleurs testiculaires, on l’associe à Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae), Xiǎo Huí Xiāng (Fructus Foeniculi) et Chuān Liàn Zǐ (Fructus Toosendan).
– Pour les troubles du mouvement du Qi avec douleurs abdominales basses irradiant vers les testicules, Qīng Pí est associé à Wū Yào (Radix Linderae) et Xiǎo Huí Xiāng (Fructus Foeniculi).

– Dissout les accumulations et réduit les stases alimentaires :
Qīng Pí possède une puissante action pour briser les accumulations et dissoudre les stases alimentaires sévères, particulièrement lorsque la stagnation du Qi a progressé vers la stase de Sang.
Il est indiqué pour les distensions et douleurs épigastriques sévères accompagnées de stases alimentaires, ainsi que pour les masses abdominales mobiles ou fixes.
– Pour les stases alimentaires sévères avec douleurs épigastriques, Qīng Pí est associé à Shān Zhā (Fructus Crataegi), Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) et Mài Yá (Fructus Hordei Germinatus).
– Pour les masses abdominales où la stagnation prolongée du Qi a conduit à la stase de Sang, on l’associe à Sān Léng (Rhizoma Sparganii) et É Zhú (Rhizoma Curcumae).
– Pour les accumulations plus légères avec distension abdominale et éructations, Qīng Pí est associé à Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) et Zhǐ Shí (Fructus Aurantii Immaturus).

– Dissipe les obstructions et réduit les masses :
Qīng Pí possède une action pour dissiper les masses formées par l’obstruction du Qi, notamment les masses dues à une stagnation de Qi et de Phlegme.
Il traite les accumulations de type yin et les masses abdominales dures, particulièrement dans la région du foie et de la rate.
– Pour les masses abdominales dures avec stagnation de Qi et de Sang, Qīng Pí est associé à Sān Léng (Rhizoma Sparganii), É Zhú (Rhizoma Curcumae) et Biē Jiǎ (Carapax Trionycis), formule Biē Jiǎ Jiān Wán 鱉甲煎丸 (Pilule de Décoction de Carapace de Tortue).
– Pour les masses dues à une stagnation prolongée du Qi du Foie avec phlegme, on l’associe à Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) et Zhǐ Ké (Fructus Aurantii).

– Traite l’accès de paludisme :
Qīng Pí est utilisé de façon traditionnelle dans le traitement des accès de paludisme, en combinaison avec d’autres herbes. Son action drainante sur la Vésicule Biliaire et le Foie lui permet d’intervenir dans les alternances de frissons et de fièvre caractéristiques du paludisme.
– Pour le paludisme avec alternance de frissons et de fièvre, Qīng Pí est associé à Chái Hú (Radix Bupleuri), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae), formule Xiǎo Chái Hú Tāng 小柴胡湯 (Petite Décoction de Bupleurum).

Liste des symptômes

Troubles du Foie et de la Vésicule Biliaire :
Douleurs et distension des hypochondres
Douleurs et distension épigastriques
Irritabilité et dépression liées à la stagnation du Qi du Foie
Douleurs mammaires prémenstruelles
Gonflement et distension des seins
Abcès mammaire au stade initial

Troubles digestifs :
Stases alimentaires sévères avec douleurs épigastriques
Distension abdominale avec éructations
Indigestion avec douleurs et distension abdominales
Nausées associées à la stagnation du Qi du Foie attaquant l’Estomac

Douleurs abdominales basses et hernies :
Douleurs abdominales basses
Douleurs testiculaires par stagnation du Qi du Foie
Hernies avec douleurs irradiant vers les testicules
Douleurs de type hernie (shàn qì 疝氣)

Masses et accumulations :
Masses abdominales mobiles ou fixes
Masses de type yin dues à la stagnation prolongée du Qi
Stase de Sang secondaire à une stagnation prolongée du Qi

Autres indications :
Paludisme avec alternance de frissons et de fièvre
Douleurs thoraciques et de flancs liées à la stagnation du Qi

Commentaire

Qīng Pí (Pericarpium Citri Reticulatae Viride) est l’écorce immature du fruit du mandarinier, récoltée avant sa maturation complète. Issu du même arbre que Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), son homologue mûr, Qīng Pí possède une énergie printanière caractéristique – celle d’un fruit en pleine croissance – ce qui lui confère une action vigoureuse, descendante et dispersante. Cette différenciation entre les deux écorces n’est apparue dans la littérature médicale qu’au 11e siècle. La saveur acide de Qīng Pí le relie au Foie, sa nature amère lui permet de drainer vers le bas, et son âcreté le rend dispersant – ensemble, ces qualités en font un remarquable agent pour dégager la stagnation du Qi du Foie et de la Vésicule Biliaire.

Qīng Pí est décrit dans les textes classiques comme une substance dont la nature est intense et tranchante (měng lì 猛烈). La Zhèng Lèi Běn Cǎo 證類本草 (Matière Médicale Classifiée) précise qu’il entre dans les méridiens du Foie et de la Vésicule Biliaire pour briser la stagnation du Qi, réduire les accumulations et dissoudre les obstructions fixes. La Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Grande Matière Médicale) de Lǐ Shí-Zhēn souligne qu’il disperse les masses dures du Foie et de la Rate, et traite les accumulations de type yin et les masses tumorales. L’Essentiel de la Matière Médicale (Běn Cǎo Bèi Yào 本草備要) observe avec précision : Chén Pí monte et flotte, entrant dans les méridiens de la Rate et du Poumon, et traite ce qui est en haut ; Qīng Pí descend et dirige vers le bas, entrant dans le Foie et la Vésicule Biliaire, et traite ce qui est en bas.

La distinction fondamentale entre Qīng Pí et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) réside dans leur cible thérapeutique et leur intensité d’action. Chén Pí est modéré dans sa nature ; il entre dans les méridiens de la Rate, de l’Estomac et du Poumon pour promouvoir le mouvement du Qi, renforcer la Rate, assécher l’Humidité et transformer le Phlegme. Qīng Pí, en revanche, est intense et vigoureux ; il entre principalement dans les méridiens du Foie et de la Vésicule Biliaire pour briser la stagnation du Qi, réduire les accumulations et dissoudre les obstructions. Le fruit immature possède l’énergie ascendante du printemps – le Bois du Foie – tandis que le fruit mûr possède l’harmonie de la Terre – la Rate. C’est pourquoi l’un convient au Foie et l’autre à la Rate.

Qīng Pí se distingue également de Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) dans le traitement de la stagnation du Qi du Foie. Xiāng Fù est neutre et doux, avec une capacité dispersante et harmonisante particulièrement adaptée aux états d’inquiétude et de contrainte émotionnelle, et notamment aux troubles gynécologiques par dysménorrhée. Qīng Pí, au contraire, a une saveur et une nature intenses, avec un fort pouvoir descendant et drainant, particulièrement adapté aux stagnations sévères du Qi avec accumulations et masses, ou lorsque la stagnation chronique a évolué vers la stase de Sang.

Associations

– avec Chái Hú (Radix Bupleuri) : Chái Hú draine le Qi du Foie dans le foyer supérieur, son poids léger et sa saveur très douce permettant de libérer la contrainte dans le foyer supérieur. Qīng Pí a une saveur et une nature intenses, son amertume le faisant drainer vers le bas, dégageant ainsi le Qi du Foie dans le foyer inférieur. Ensemble, la montée et la descente du mécanisme du Qi sont restaurées, la circulation du Qi entre les foyers supérieur et inférieur reprend, et la stagnation est ainsi dispersée. En cas de stagnation prolongée du Qi du Foie impliquant finalement une stase de Sang, avec une douleur de localisation fixe et des masses palpables occasionnelles (dans les seins ou dans les troubles de type hernie), cette combinaison constitue une base appropriée sur laquelle des herbes pour vivifier le Sang ou ramollir les zones d’induration peuvent être ajoutées.

– avec Xiāng Fù (Rhizoma Cyperi) et Yù Jīn (Radix Curcumae) : pour la stagnation du Qi du Foie avec douleurs hypochondriaques, distension épigastrique et troubles gynécologiques

– avec Shān Zhā (Fructus Crataegi), Shén Qū (Massa Medicata Fermentata) et Mài Yá (Fructus Hordei Germinatus) : pour les stases alimentaires sévères avec douleurs et distension épigastriques

– avec Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) : pour l’indigestion, les douleurs abdominales et la distension avec éructations (formule Mù Xiāng Bīng Láng Wán 木香檳榔丸 Pilule d’Aucklandie et Areca)

– avec Sān Léng (Rhizoma Sparganii) et É Zhú (Rhizoma Curcumae) : pour les masses abdominales où une stagnation prolongée du Qi a progressé vers la stase de Sang

– avec Wú Zhū Yú (Fructus Evodiae), Xiǎo Huí Xiāng (Fructus Foeniculi) et Chuān Liàn Zǐ (Fructus Toosendan) : pour les hernies et les douleurs testiculaires par stagnation du Qi du Foie

– avec Pú Gōng Yīng (Herba Taraxaci) et Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) : pour les abcès mammaires au stade initial

– avec Chái Hú (Radix Bupleuri), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae) : pour le paludisme avec alternance de frissons et de fièvre

– avec Biē Jiǎ (Carapax Trionycis), Sān Léng (Rhizoma Sparganii) et É Zhú (Rhizoma Curcumae) : pour les masses abdominales dures avec stagnation de Qi et de Sang (formule Biē Jiǎ Jiān Wán 鱉甲煎丸 Pilule de Décoction de Carapace de Tortue)

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng qīng pí) : forme non préparée, action plus intense pour briser la stagnation du Qi, disperser les accumulations et réduire les masses ; utilisé pour les douleurs intenses par stagnation du Qi du Foie
– vinaigré (醋炒 cù chǎo qīng pí) : préparé avec du vinaigre, cette méthode renforce la capacité d’entrée dans le Foie, guide les effets de l’herbe vers ce méridien et améliore son action pour dissoudre les masses et alléger la douleur ; c’est la forme la plus couramment utilisée en clinique pour les affections du Foie

Formules Classiques

– Sì Mó Tāng (四磨湯 Décoction des Quatre Préparations)
Cette formule combine Qīng Pí avec Wū Yào (Radix Linderae), Chén Xiāng (Aquilariae Lignum Resinatum) et Bīng Láng (Semen Arecae) pour traiter la stagnation sévère du Qi provoquant une distension et une douleur dans la région thoracique et abdominale, avec Qi rebellant vers le haut, dyspnée et sensation d’oppression dans la poitrine.

– Tiān Tái Wū Yào Sǎn (天台烏藥散 Poudre de Lindera de Tiantai)
Qīng Pí est inclus dans cette formule avec Wū Yào (Radix Linderae), Xiǎo Huí Xiāng (Fructus Foeniculi), Chuān Liàn Zǐ (Fructus Toosendan) et Mù Xiāng (Radix Aucklandiae) pour traiter les hernies et douleurs testiculaires par accumulation de Froid et stagnation du Qi du Foie, avec douleurs abdominales basses irradiant vers les testicules.

– Biē Jiǎ Jiān Wán (鱉甲煎丸 Pilule de Décoction de Carapace de Tortue)
Cette formule classique du Jīn Guì Yào Lüè 金匱要略 (Prescriptions Essentielles du Coffre d’Or) de Zhāng Zhòng-Jǐng combine Qīng Pí avec Biē Jiǎ (Carapax Trionycis), Chái Hú (Radix Bupleuri), Huáng Qín (Radix Scutellariae), Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei) et d’autres herbes pour traiter le paludisme chronique avec masses abdominales, stagnation de Sang et de Phlegme dans la région de la Rate et du Foie.

Toxicité :

Qīng Pí ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Cependant, en raison de sa nature intense et dispersante, une utilisation prolongée à doses élevées peut épuiser le Qi correct (zhèng qì 正氣). Les textes classiques, notamment la Běn Cǎo Bèi Yào 本草備要, avertissent que pour les personnes âgées, déficientes, ou émaciées, la meilleure option est de s’abstenir totalement d’utiliser ce remède. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée. Les effets indésirables rapportés sont rares et consistent principalement en des symptômes de dispersion excessive du Qi chez les patients présentant une déficience préexistante.



Shui Niu Jiao

Shui Niu Jiao

Shuǐ Niú Jiǎo (Cornu Bubali)

Identification

Chinois : 水牛角
Pinyin : shuǐ niú jiǎo
Traduction : corne de buffle d’eau
Nom commun : corne de buffle d’eau
Nom latin : Cornu Bubali
Famille : Bovidae
Espèces : Bubalus bubalis L. (水牛 shuǐ niú)
Partie utilisée : corne
Texte d’origine : Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Registres Divers de Médecins Célèbres) par Táo Hóng-Jǐng en 500 après J.-C.
Shui Niu Jiao

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et refroidissent le Sang (qīng rè liáng xuè yào 清熱涼血藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Salé (咸 xián)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Cœur (心 xīn), Foie (肝 gān), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 20-40 g en décoction (doit être bouilli en premier), 1-2,5 g sous forme de poudre

Propriétés :

Refroidit le Sang et arrête les saignements, élimine les toxines et clarifie les éruptions cutanées, calme le Shen (Esprit) et éteint le Vent du Foie.

Précautions :

Shuǐ Niú Jiǎo est contre-indiqué en cas de déficience et de Froid de la Rate et de l’Estomac. En raison de sa nature froide et amère, il ne doit pas être utilisé chez les patients présentant une déficience de Yang ou de Qi. Ce remède doit être utilisé avec prudence pendant la grossesse. Après administration de dosages élevés, des effets secondaires ont été rapportés incluant un inconfort gastrique, des nausées, des vomissements, une plénitude abdominale et une réduction de l’appétit. Shuǐ Niú Jiǎo est utilisé comme substitut de Xī Jiǎo (Cornu Rhinoceri) qui est interdit en raison du statut d’espèce en danger du rhinocéros. Cependant, sa puissance est beaucoup plus faible et nécessite 8 à 10 fois la dose normale de Xī Jiǎo pour obtenir des effets thérapeutiques similaires.

Fonctions principales :

Refroidit le Sang
Arrête les saignements
Élimine les toxines
Clarifie les éruptions cutanées
Calme le Shen (Esprit)
Éteint le Vent du Foie
Sédative le Feu du Cœur
Arrête les convulsions

Actions et Indications

– Refroidit le Sang et arrête les saignements :
Shuǐ Niú Jiǎo traite la Chaleur dans le niveau du Sang (xuè 血) qui force le Sang à sortir des vaisseaux, causant des épistaxis, des hématémèses, des hémoptysies, des hématuries ou des hématochézies.
Il entre dans le niveau du Sang et refroidit efficacement la Chaleur à la racine des saignements.
– Pour les saignements dus à la Chaleur dans le Sang, Shuǐ Niú Jiǎo est associé à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan).
– Pour les saignements graves, Shuǐ Niú Jiǎo est associé à Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae), Dà Jì (Herba seu Radix Cirsii Japonici) et Xiǎo Jì (Herba Cirisii).

– Élimine les toxines et clarifie les éruptions cutanées :
Shuǐ Niú Jiǎo sédative le Feu et élimine les toxines, traitant les maladies fébriles caractérisées par des sensations fébriles dans tout le corps, des macules et des éruptions cutanées pourpres foncées, du purpura et divers types de saignements.
La Chaleur et les toxines attaquant la gorge se manifestent par des douleurs, des gonflements et une rougeur. D’autres signes peuvent inclure une fièvre qui s’aggrave la nuit, une soif sans désir de boire, de l’irritabilité, de l’insomnie, une langue écarlate rouge et, dans les cas graves, du délire.
– Pour les maladies fébriles avec Chaleur extrême et signes de Chaleur, Shuǐ Niú Jiǎo est associé à Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) et Dà Qīng Yè (Folium Isatidis).
– Pour une gorge douloureuse, gonflée et rouge, on associe Shuǐ Niú Jiǎo avec Shēng Má (Rhizoma Cimicifugae), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei).

– Calme le Shen (Esprit) et éteint le Vent du Foie :
Dans les maladies fébriles, la Chaleur voyage vers l’intérieur au fur et à mesure que la maladie progresse. Lorsque la Chaleur entre dans les niveaux nutritif (yíng 營) et du Sang (xuè 血), elle affecte également le Cœur et le Foie.
Les manifestations cliniques dans cette situation incluent une fièvre élevée persistante, de l’irritabilité, de l’insomnie, des macules et des éruptions cutanées pourpres foncées, des hématémèses, des épistaxis, des spasmes et des crampes musculaires, des convulsions, du délire et de la manie.
Le Cœur abrite le Shen (Esprit), lorsqu’il est envahi par la Chaleur, des symptômes d’insomnie, d’irritabilité et de délire peuvent apparaître. Le Foie contrôle les tendons, lorsque le Yang du Foie se transforme en Vent du Foie, des convulsions se produisent.
– Pour le délire et la manie dans les maladies fébriles, Shuǐ Niú Jiǎo est associé à Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae) et Lián Qiáo (Fructus Forsythiae), formule Qīng Yíng Tāng 清營湯 (Décoction pour Clarifier le Niveau Nutritif).
– Pour les convulsions dans les maladies fébriles, on associe Shuǐ Niú Jiǎo avec Líng Yáng Jiǎo (Cornu Saigae Tataricae), Niú Huáng (Calculus Bovis) et Bīng Piàn (Borneolum Syntheticum).

Liste des symptômes

Saignements dus à la Chaleur dans le Sang :
Épistaxis (saignement de nez)
Hématémèse (vomissement de sang)
Hémoptysie (crachat de sang)
Hématurie (sang dans les urines)
Hématochézie (sang dans les selles)
Purpura

Maladies fébriles avec toxines :
Fièvre élevée persistante
Macules et éruptions pourpres foncées
Sensations fébriles dans tout le corps
Langue écarlate rouge
Soif sans désir de boire

Perturbations du Shen (Esprit) :
Irritabilité
Insomnie
Délire
Manie
Agitation

Vent du Foie :
Convulsions
Spasmes musculaires
Crampes

Autres indications :
Gorge douloureuse, gonflée et rouge
Fièvre qui s’aggrave la nuit
Perte de conscience dans les cas graves

Commentaire

Shuǐ Niú Jiǎo (Cornu Bubali) occupe une place de premier plan parmi les remèdes qui refroidissent le Sang dans la pharmacopée chinoise. Substitut légal et écologique de la corne de rhinocéros (Xī Jiǎo 犀角, Cornu Rhinoceri) – désormais protégée par la Convention sur le commerce international des espèces sauvages (CITES) – la corne de buffle d’eau partage les mêmes propriétés fondamentales : amère, salée et froide, elle entre dans le méridien du Coeur et dans le niveau du Sang pour y clarifier la Chaleur, résoudre les toxines et refroidir le Sang. Sa puissance est toutefois moindre, et la dose thérapeutique doit être portée à 8 à 10 fois celle du Xī Jiǎo pour obtenir un effet comparable.

Ce remède agit selon trois axes fondamentaux. Premièrement, il refroidit le Sang pour arrêter les hémorragies causées par la Chaleur qui force le Sang à sortir de ses vaisseaux. Deuxièmement, il pénètre dans le méridien du Cœur pour dissiper la Chaleur-toxique aux niveaux yíng (nourricier) et xuè (Sang), caractéristiques des stades avancés des maladies fébriles chaudes (wēn bìng 溫病) telles que décrites par l’école des maladies de la chaleur. Troisièmement, en refroidissant le Cœur et le Foie, il calme l’esprit (Shen) et éteint le Vent interne, traitant ainsi les convulsions, spasmes et états confusionnels. Le Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Registres Divers de Médecins Célèbres), texte du 5e siècle où ce remède est mentionné pour la première fois, indique déjà son efficacité contre les frissons, fièvres et céphalées des maladies saisonnières.

Par rapport à Líng Yáng Jiǎo (Cornu Saigae Tataricae), avec lequel il est souvent comparé, Shuǐ Niú Jiǎo est également salé et froid, et les deux remèdes refroidissent la Chaleur, résolvent les toxines, refroidissent le Sang, calment l’esprit et atténuent les convulsions. Cependant, Shuǐ Niú Jiǎo est aussi amer et tend à entrer dans le méridien du Cœur et dans le niveau du Sang ; il est donc supérieur pour clarifier le Cœur, refroidir le Sang et dissoudre les stagnations. Son action se concentre principalement sur le Cœur et le Sang. Líng Yáng Jiǎo, en revanche, tend à entrer dans le méridien du Foie pour favoriser la circulation du Qi et du Sang ; il est supérieur pour clarifier le Foie, éteindre le Vent interne et atténuer les convulsions. Son action est essentiellement orientée vers le Foie.

Associations

– avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) : pour les hémorragies, purpura et éruptions dues à la Chaleur dans le Sang (formule Xī Jiǎo Dì Huáng Tāng 犀角地黃湯 Décoction de Corne de Rhinocéros et Rehmannia)

– avec Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Lián Qiào (Fructus Forsythiae) et Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) : pour la pénétration de la Chaleur au niveau nourricier avec fièvre haute, langue écarlate et délire (formule Qīng Yíng Tāng 清營湯 Décoction pour Clarifier le Niveau Nourricier)

– avec Shí Gāo (Gypsum Fibrosum) et Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) : pour la fièvre épidémique avec taches et éruptions cutanées (formule Huà Bān Tāng 化斑湯 Décoction pour Transformer les Taches)

– avec Zǐ Cǎo (Radix Arnebiae/Lithospermi), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) : pour les éruptions pourpres foncées avec discours délirant et toxines-Chaleur intenses (formule Shén Xī Dān 神犀丹 Pilule Merveilleuse de Corne de Rhinocéros)

– avec Líng Yáng Jiǎo (Cornu Saigae Tataricae), Gōu Téng (Ramulus Uncariae cum Uncis) et Jú Huā (Flos Chrysanthemi) : pour les convulsions, spasmes et délire dans les maladies fébriles (formule Líng Jiǎo Gōu Téng Tāng 羚角鉤藤湯 Décoction de Corne d’Antilope et Gou Teng)

– avec Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) : pour les hémorragies (épistaxis, hématurie) par Chaleur dans le Sang

– avec Shēng Má (Rhizoma Cimicifugae) et Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) : pour les éruptions cutanées purpuriques par toxines-Chaleur dans le niveau du Sang

Préparations (炮制 páo zhì)

– tranches (牛角片 niú jiǎo piàn) : la corne est trempée dans l’eau chaude avant d’être tranchée afin de limiter la fragmentation ; forme standard pour la décoction, nécessite une pré-trempe de 3-4 heures ou une décoction séparée de 3 heures minimum avant d’ajouter les autres herbes
– poudre fine (水牛角粉 shuǐ niú jiǎo fěn) : obtenue par broyage de la corne en poudre très fine par trituration aqueuse (méthode shuǐ fēi 水飛) ; forme la plus concentrée, absorbée plus efficacement à dose moindre (1,5-3 g), peut être mélangée à la décoction juste avant la prise

Formules Classiques

Xī Jiǎo Dì Huáng Tāng 犀角地黃湯 (Décoction de Corne de Rhinocéros et Rehmannia)
Cette formule fondamentale – où Shuǐ Niú Jiǎo remplace aujourd’hui le Xī Jiǎo (Cornu Rhinoceri) – combine ce remède avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) pour traiter la Chaleur dans le niveau du Sang avec hémorragies, purpura et vomissements de sang. Issue de la tradition classique, elle reste la formule de référence pour la Chaleur au niveau xuè.

Qīng Yíng Tāng 清營湯 (Décoction pour Clarifier le Niveau Nourricier)
Cette formule de l’école des maladies de la chaleur (Wēn Bìng Tiáo Biàn 溫病條辨 Différenciation Systématique des Maladies de la Chaleur) associe Shuǐ Niú Jiǎo à Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Lián Qiào (Fructus Forsythiae), Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) pour traiter la pénétration de la Chaleur au niveau yíng (nourricier) avec forte fièvre nocturne, langue écarlate, agitation et délire.

Huà Bān Tāng 化斑湯 (Décoction pour Transformer les Taches)
Shuǐ Niú Jiǎo est associé à Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la fièvre épidémique Chaleur-toxine humide avec taches et éruptions cutanées pourpres, fièvre haute, perte de conscience et épistaxis.

Shén Xī Dān 神犀丹 (Pilule Merveilleuse de Corne de Rhinocéros)
Cette formule classique associe Shuǐ Niú Jiǎo à Zǐ Cǎo (Radix Arnebiae/Lithospermi), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Jīn Yín Huā (Flos Lonicerae) et Lián Qiào (Fructus Forsythiae) pour traiter les éruptions pourpres foncées, le discours délirant et les toxines-Chaleur intenses pénétrant dans le niveau du Coeur.

Toxicité :

Shuǐ Niú Jiǎo présente une toxicité faible aux doses thérapeutiques recommandées. Des effets indésirables dose-dépendants ont cependant été rapportés à haute dose : inconfort gastrique, nausées, vomissements, sensation de plénitude abdominale et anorexie. Ces effets disparaissent généralement spontanément à l’arrêt ou à la réduction du traitement. En raison de sa nature froide et amère, une utilisation prolongée peut blesser le Yang de la Rate et de l’Estomac. Aucune toxicité organique majeure n’a été documentée aux doses cliniques habituelles. Ce remède est incompatible avec l’aconit (Chuān Wū 川烏, Cǎo Wū 草烏).



Bai Wei

Bai Wei

Bái Wēi (Radix Cynanchi Baiwei)

Identification

Chinois : 白薇
Pinyin : bái wēi
Traduction : petite racine blanche
Nom commun : racine de cynanchum blanc
Nom latin : Radix Cynanchi Baiwei
Famille : Asclepiadaceae
Espèces : Cynanchum atratum Bge. (白薇 bái wēi), Cynanchum versicolor Bge. (蔓生白薇 màn shēng bái wēi)
Partie utilisée : racines et rhizomes séchés
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Laboureur Céleste) au 1er siècle
Bai Wei

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et refroidissent le Sang (qīng rè liáng xuè yào 清熱涼血藥)
Saveurs : Amer (苦 kǔ), Salé (咸 xián)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Estomac (胃 wèi), Foie (肝 gān), Rein (腎 shèn)
Dosage : 3-10 g

Propriétés :

Clarifie la Chaleur et refroidit le Sang, clarifie la Chaleur de Déficience et refroidit le Sang, favorise la diurèse et traite le syndrome Lin, favorise la diurèse et réduit l’œdème.

Précautions :

Bái Wēi est contre-indiqué en cas de déficience du Yang du Rein avec Froid interne. Il ne doit pas être utilisé en cas d’absence de signes de Chaleur de Déficience. Son usage prolongé doit être évité chez les patients présentant une déficience du Qi de la Rate. Ce remède doit être utilisé avec prudence pendant la grossesse. Aux doses thérapeutiques recommandées, aucune toxicité majeure n’a été rapportée.

Fonctions principales :

Clarifie la Chaleur de Déficience
Refroidit le Sang
Arrête les saignements
Favorise la diurèse
Traite le syndrome Lin
Clarifie la Chaleur-Humidité du foyer inférieur

Actions et Indications

– Clarifie la Chaleur de Déficience et refroidit le Sang :
Bái Wēi est particulièrement efficace pour traiter la Chaleur de Déficience du Yin avec fièvre vespérale, transpiration nocturne, sensation de chaleur aux cinq cœurs (paumes, plantes des pieds et poitrine) et irritabilité.
Il est couramment utilisé pour la Chaleur de Déficience post-partum ou après une maladie fébrile prolongée.
– Pour la Chaleur de Déficience avec fièvre vespérale et transpiration nocturne, Bái Wēi est associé à Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii), Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae) et Yín Chái Hú (Radix Stellariae).
– Pour la fièvre post-partum avec épuisement du Sang et Chaleur de Déficience, on l’associe à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae), formule Bái Wēi Tāng 白薇湯 (Décoction de Cynanchum Blanc).

Bái Wēi traite également les maladies fébriles chroniques avec lésion du Yin.
– Pour la chaleur résiduelle après maladie fébrile avec lassitude et fièvre de faible grade, on ajoute ce remède à Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Biē Jiǎ (Carapax Trionycis).
– Pour l’irritabilité et l’agitation dues à la Chaleur de Déficience, Bái Wēi est associé à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Huáng Qín (Radix Scutellariae).

– Clarifie la Chaleur, refroidit le Sang et arrête les saignements :
Bái Wēi possède une action puissante pour clarifier la Chaleur dans le Sang et arrêter les saignements causés par la Chaleur dans le Sang, traitant ainsi les épistaxis, hématémèse et hématurie.
Il est traditionnellement utilisé pour les saignements accompagnés de signes de Chaleur.
– Pour les saignements dus à la Chaleur dans le Sang avec épistaxis et hématémèse, Bái Wēi est associé à Xiǎo Jì (Herba Cirsii), Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis).
– Pour l’hématurie avec douleur et sensation de brûlure à la miction, on l’associe à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Mù Tōng (Caulis Akebiae).

– Favorise la diurèse et traite le syndrome Lin :
Bái Wēi clarifie la Chaleur et favorise la diurèse pour traiter le syndrome Lin par Chaleur-Humidité avec urines rares, foncées et douloureuses.
-Pour le syndrome Lin par Chaleur avec dysurie et douleur, Bái Wēi est associé à Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Huá Shí (Talcum) et Mù Tōng (Caulis Akebiae).
-Pour les infections urinaires avec hématurie, on l’utilise avec Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Pú Huáng (Pollen Typhae).

– Traite les troubles gynécologiques :
Bái Wēi est utilisé pour traiter la fièvre post-partum causée par l’épuisement du Sang et la Chaleur de Déficience, ainsi que les pertes vaginales avec signes de Chaleur-Humidité.
– Pour la fièvre post-partum, Bái Wēi est associé à Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) dans la formule Bái Wēi Tāng 白薇湯.
– Pour les pertes vaginales avec Chaleur-Humidité, on l’associe à Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Kǔ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis).

Liste des symptômes

Chaleur de Déficience :
Fièvre vespérale
Transpiration nocturne
Sensation de chaleur aux cinq cœurs
Irritabilité et agitation
Lassitude
Fièvre de faible grade persistante
Bouche et gorge sèches

Saignements dus à la Chaleur dans le Sang :
Épistaxis
Hématémèse
Hématurie
Métrorragie

Troubles urinaires :
Dysurie avec douleur et sensation de brûlure
Urines rares, foncées et concentrées
Hématurie
Infections urinaires

Troubles gynécologiques :
Fièvre post-partum
Pertes vaginales avec Chaleur-Humidité
Épuisement du Sang post-partum

Commentaire

Bái Wēi (Radix Cynanchi Baiwei) tire son nom de la couleur blanche de ses racines et de leur finesse. Ce remède est l’un des plus précieux de la pharmacopée chinoise pour clarifier la Chaleur de Déficience tout en refroidissant le Sang. Sa saveur amère lui permet de drainer la Chaleur et de descendre le Feu, tandis que sa saveur salée adoucit les masses dures et sa nature froide en fait un excellent remède pour tous les syndromes de Chaleur de Déficience. Sa capacité unique à traiter la Chaleur de Déficience sans blesser le Yin le distingue de nombreux autres remèdes clarifiants la Chaleur.

Bái Wēi est particulièrement reconnu pour son action sur la Chaleur de Déficience post-partum, une condition fréquente résultant de l’épuisement du Sang et des liquides organiques lors de l’accouchement. Cette action spécifique fait de Bái Wēi un remède de choix dans les formules gynécologiques traitant les troubles post-partum. En médecine chinoise, ce remède traite efficacement les troubles causés par la Chaleur de Déficience qui blesse le Yin, notamment la fièvre vespérale, la transpiration nocturne et l’irritabilité.

Une autre application majeure de Bái Wēi concerne le traitement des saignements causés par la Chaleur dans le Sang. Cette action résulte de sa capacité à clarifier la Chaleur, refroidir le Sang et arrêter les hémorragies. Les études pharmacologiques modernes ont confirmé ses propriétés antipyrétiques, anti-inflammatoires et hémostatiques.

Bái Wēi se distingue par son action spécifique sur la Chaleur de Déficience plutôt que sur la Chaleur de Plénitude. Il est couramment utilisé en clinique pour traiter les maladies chroniques avec lésion du Yin, particulièrement lorsque ces troubles s’accompagnent de symptômes tels que la fièvre vespérale et la transpiration nocturne. La forme sèche du remède est la seule utilisée en pratique clinique.

Bái Wēi se distingue de Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii) par son action sur le Sang. Alors que Dì Gǔ Pí clarifie principalement la Chaleur de Déficience du Poumon et du Rein, Bái Wēi agit plus largement sur le niveau du Sang pour refroidir le Sang et arrêter les saignements. Les deux plantes clarifient la Chaleur de Déficience et traitent la fièvre vespérale et la transpiration nocturne, mais Bái Wēi est supérieur pour traiter les saignements et les troubles gynécologiques post-partum.

Associations

– avec Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii), Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae) et Yín Chái Hú (Radix Stellariae) : pour la Chaleur de Déficience avec fièvre vespérale et transpiration nocturne

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) : pour la fièvre post-partum (formule Bái Wēi Tāng 白薇湯 Décoction de Cynanchum Blanc)

– avec Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Biē Jiǎ (Carapax Trionycis) : pour la chaleur résiduelle après maladie fébrile

– avec Xiǎo Jì (Herba Cirsii), Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis) : pour les saignements dus à la Chaleur dans le Sang

– avec Chē Qián Zǐ (Semen Plantaginis), Huá Shí (Talcum) et Mù Tōng (Caulis Akebiae) : pour le syndrome Lin par Chaleur avec dysurie

– avec Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Kǔ Shēn (Radix Sophorae Flavescentis) : pour les pertes vaginales avec Chaleur-Humidité

– avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Huáng Qín (Radix Scutellariae) : pour l’irritabilité due à la Chaleur de Déficience

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng bái wēi) : forme la plus utilisée, préserve toutes les propriétés pour clarifier la Chaleur de Déficience, refroidir le Sang et favoriser la diurèse
– grillé au vin (酒炙 jiǔ zhì bái wēi) : renforce l’action sur le Sang et améliore son action pour arrêter les saignements et nourrir le Yin

Formules Classiques

– Bái Wēi Tāng (白薇湯 Décoction de Cynanchum Blanc)
Cette formule combine Bái Wēi avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la fièvre post-partum causée par l’épuisement du Sang avec fièvre vespérale et transpiration.

– Qīng Gǔ Sǎn (清骨散 Poudre pour Clarifier les Os)
Formule combinant Bái Wēi avec Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii), Yín Chái Hú (Radix Stellariae) et Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae) pour traiter la Chaleur de Déficience avec fièvre vespérale et transpiration nocturne.

Toxicité :

Bái Wēi ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une bonne tolérance. Cependant, en raison de sa nature froide et amère, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir le Yang du Rein et blesser le Qi de la Rate chez les personnes présentant une déficience du Yang. Les effets indésirables rapportés sont rares et incluent principalement des troubles digestifs mineurs chez les personnes avec déficience de la Rate. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.



Shi Hu

Shi Hu

Shí Hú (Herba Dendrobii)

Identification

Chinois : 石斛
Pinyin : shí hú
Traduction : boisseau de pierre
Nom commun : tige de dendrobium
Nom latin : Herba Dendrobii
Famille : Orchidaceae
Espèces : Dendrobium nobile Lindl. (金釵石斛 jīn chāi shí hú) ; Dendrobium loddigesii Rolfe. (環草石斛 huán cǎo shí hú) ; Dendrobium fimbriatum Hook. var. oculatum Hook. (馬鞭石斛 mǎ biān shí hú) ; Dendrobium chrysanthum Wall. (黃草石斛 huáng cǎo shí hú) ; Dendrobium candidum Wall. ex Lindl. (鐵皮石斛 tiě pí shí hú)
Partie utilisée : tige séchée ou fraîche
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Shi Hu

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui tonifient le Yin (補陰藥 bǔ yīn yào)
Saveurs : Doux (甘 gān)
Nature : Frais (涼 liáng)
Méridiens : Rein (腎 shèn), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 6-15 g (forme sèche), 15-30 g (forme fraîche), en décoction ; précuire avant les autres plantes

Propriétés :

Nourrit le Yin de l’Estomac et génère les liquides organiques, nourrit le Yin et clarifie la Chaleur, clarifie les yeux et fortifie le dos, les tendons et les os.

Précautions :

Shí Hú est contre-indiqué en cas de maladies fébriles d’origine externe aux stades initiaux, d’accumulation d’Humidité et de Glaires, et de Froid interne avec vide. Il ne convient pas aux premiers stades des maladies fébriles de type Chaleur-Tiède. Sa nature fraîche et nourrissante en fait un remède inadapté aux syndromes d’excès avec stagnation. La forme fraîche possède une action plus puissante pour clarifier la Chaleur et générer les liquides organiques. Des surdosages importants ont été associés à des convulsions ; ce remède est très sûr aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Nourrit le Yin de l’Estomac
Génère les liquides organiques
Nourrit le Yin du Rein
Clarifie la Chaleur de vide
Clarifie les yeux
Fortifie le dos, les tendons et les os

Actions et Indications

– Nourrit le Yin de l’Estomac et génère les liquides organiques :
Shí Hú est particulièrement indiqué pour les maladies fébriles qui blessent le Yin, caractérisées par la soif, la bouche et la gorge sèches, l’irritabilité et la transpiration. Doux et frais, il entre dans l’Estomac pour nourrir le Yin et favoriser la production des liquides organiques.
– Pour les syndromes de Chaleur sévère avec soif intense, irritabilité extrême et enduit de langue noir, Shí Hú est associé à Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Lián Qiáo (Fructus Forsythiae).
– Pour les maladies fébriles post-fébriles avec vide de Qi et de Yin caractérisées par une grande fatigue, l’absence d’envie de parler et les lèvres sèches, on l’associe à Rén Shēn (Radix Ginseng) ou Xī Yáng Shēn (Radix Panacis Quinquefolii), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Mù Guā (Fructus Chaenomelis) et Lián Zǐ (Semen Nelumbinis).
– Pour le syndrome de consomption avec soif (消渴 xiāo kě), Shí Hú est associé à Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis) et Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae).

Shí Hú nourrit également le Yin de l’Estomac dans les cas de vide d’Estomac caractérisés par une bouche et une gorge sèches, une langue rouge sèche, la soif, des vomissements secs, une douleur épigastrique sourde et la constipation.
– Pour les cas modérés de vide de Yin de l’Estomac, Shí Hú est associé à Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Yù Zhú (Rhizoma Polygonati Odorati), Mù Guā (Fructus Chaenomelis), Gǔ Yá (Fructus Setariae Germinatus) et Shān Zhā (Fructus Crataegi), formule Yì Wèi Tāng 益胃湯 (Décoction pour Renforcer l’Estomac).

– Nourrit le Yin et clarifie la Chaleur :
Shí Hú traite le vide de Yin avec Chaleur interne, caractérisé par une fièvre légère persistante. Cette Chaleur de vide est traitée par des remèdes qui nourrissent le Yin et éliminent la Chaleur de vide.
– Pour la fièvre légère persistante due au vide de Yin avec Chaleur, Shí Hú est associé à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Bái Wēi (Radix Cynanchi Atrati) et Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae).
– Pour la toux sèche chronique avec fièvre légère, sueurs nocturnes et bouche sèche, on l’associe à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Bǎi Hé (Bulbus Lilii), Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae), Yín Chái Hú (Radix Stellariae) et Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii).

– Clarifie les yeux et fortifie le dos, les tendons et les os :
Shí Hú nourrit le Yin du Rein et du Foie pour traiter les troubles visuels et les douleurs lombaires liés au vide. Le Foie s’ouvre aux yeux et la présence du Yin du Foie dépend directement du Yin du Rein. Le vide de Yin du Rein entraîne un vide de Yin du Foie, qui finit par priver les yeux de leur nutrition.
– Pour la vision trouble, les pupilles dilatées et les vertiges dus au vide de Yin avec montée de Chaleur de vide, Shí Hú est associé à Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Tiān Mén Dōng (Radix Asparagi), Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Shā Yuàn Zǐ (Semen Astragali Complanati) et Jué Míng Zǐ (Semen Cassiae), formule Shí Hú Yè Guāng Wán 石斛夜光丸 (Pilule de Dendrobium pour la Vision Nocturne).
– Pour la douleur, la faiblesse et les courbatures des lombaires et des genoux, Shí Hú est associé à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Huái Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae), Sāng Jì Shēng (Herba Taxilli) et Fú Pén Zǐ (Fructus Rubi).
– Pour l’engourdissement des membres ou le syndrome d’atrophie (痿証 wěi zhèng), on l’associe à Huái Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri), Xù Duàn (Radix Dipsaci), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae) et Mù Guā (Fructus Chaenomelis).

Liste des symptômes

Troubles fébriles et soif :
Soif intense avec désir de boissons froides
Bouche et gorge sèches
Langue rouge sèche avec enduit mince ou absent
Irritabilité dans les maladies fébriles
Transpiration dans les maladies fébriles
Fièvre légère persistante après maladie fébrile
Syndrome de consomption avec soif (xiāo kě)

Troubles digestifs :
Vide de Yin de l’Estomac avec bouche sèche
Soif sans désir marqué de boire
Douleur épigastrique sourde
Vomissements secs ou hoquets
Constipation par sécheresse
Faim sans appétit

Troubles visuels :
Vision trouble ou diminuée
Vertiges et étourdissements
Pupilles dilatées (platycorie)
Points devant les yeux
Sécheresse oculaire

Douleurs et faiblesse :
Courbatures et faiblesse des lombaires et des genoux
Engourdissement des membres
Syndrome d’atrophie (wěi zhèng)
Faiblesse des tendons et des os

Chaleur de vide :
Fièvre légère persistante
Sueurs nocturnes
Toux sèche chronique avec fièvre légère
Sensation de chaleur dans les paumes et la plante des pieds

Commentaire

Shí Hú (Herba Dendrobii) tire son nom de sa croissance caractéristique sur les rochers et les arbres, et désigne littéralement « boisseau de pierre ». Cité pour la première fois dans le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) au 2e siècle, il est l’un des remèdes tonifiants le Yin les plus précieux de la pharmacopée chinoise. Sa saveur douce lui permet de nourrir le Yin et de générer les liquides organiques, tandis que sa nature fraîche en fait un excellent remède pour les syndromes de Yin déficient avec Chaleur.

Shí Hú est particulièrement réputé pour son action sur l’Estomac et le Rein. Il nourrit le Yin de l’Estomac avec une efficacité remarquable, traitant le vide de Yin de l’Estomac caractérisé par la bouche sèche, la soif, la langue rouge sèche, les vomissements secs et la constipation. Cette double action sur l’Estomac et le Rein lui permet d’intervenir sur les syndromes de Yin déficient à différents niveaux du corps. La forme fraîche du remède possède une action plus puissante pour clarifier la Chaleur et générer les liquides organiques que la forme sèche.

Shí Hú se distingue de Yù Zhú (Rhizoma Polygonati Odorati) par son action plus puissante pour générer les liquides organiques et soulager la soif, ainsi que pour nourrir le Yin du Rein et dissiper le feu de vide. Yù Zhú, plus doux et plus léger, ne crée pas de stagnation comme certains autres toniques. Il est également utilisé pour les patients présentant un vide de Yin avec invasion de Vent-Chaleur externe. Shí Hú se distingue également de Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis) par son action plus marquée sur le Yin du Rein et l’éclaircissement de la vision, tandis que Tiān Huā Fěn sédule plus efficacement le feu et nourrit le Yin de l’Estomac.

Associations

– avec Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) : pour la Chaleur sévère avec soif intense et langue sèche à enduit noir

– avec Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Yù Zhú (Rhizoma Polygonati Odorati) : pour le vide de Yin de l’Estomac avec bouche sèche et soif (formule Yì Wèi Tāng 益胃湯 Décoction pour Renforcer l’Estomac)

– avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Bái Wēi (Radix Cynanchi Atrati) et Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae) : pour la fièvre légère persistante due au vide de Yin avec Chaleur

– avec Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Tiān Mén Dōng (Radix Asparagi) et Jú Huā (Flos Chrysanthemi) : pour la vision trouble et les vertiges dus au vide de Yin avec montée de Chaleur de vide (formule Shí Hú Yè Guāng Wán 石斛夜光丸 Pilule de Dendrobium pour la Vision Nocturne)

– avec Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Huái Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) et Sāng Jì Shēng (Herba Taxilli) : pour la douleur, la faiblesse et les courbatures des lombaires et des genoux

– avec Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis) et Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae) : pour le syndrome de consomption avec soif (xiāo kě)

– avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Bǎi Hé (Bulbus Lilii) et Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii) : pour la toux sèche chronique avec fièvre légère et sueurs nocturnes

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng shí hú) : forme sèche, a un effet modéré pour nourrir le Yin de l’Estomac et générer les liquides organiques ; traite les cas de vide de Yin d’intensité légère à modérée
– frais (鮮用 xiān shí hú) : forme fraîche, possède une action plus puissante pour clarifier la Chaleur et générer les liquides organiques ; particulièrement efficace pour les maladies fébriles avec lésion des liquides organiques, la soif et la langue rouge

Formules Classiques

– Yì Wèi Tāng (益胃湯 Décoction pour Renforcer l’Estomac)
Cette formule combine Shí Hú avec Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Yù Zhú (Rhizoma Polygonati Odorati) et du sucre candi pour traiter le vide de Yin de l’Estomac avec bouche sèche, soif, langue rouge sèche et douleur épigastrique sourde. C’est la formule classique de référence pour le vide de Yin de l’Estomac.

– Shí Hú Yè Guāng Wán (石斛夜光丸 Pilule de Dendrobium pour la Vision Nocturne)
Formule combinant Shí Hú avec Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Tiān Mén Dōng (Radix Asparagi), Jú Huā (Flos Chrysanthemi), Shā Yuàn Zǐ (Semen Astragali Complanati) et Jué Míng Zǐ (Semen Cassiae) pour traiter la vision trouble, les pupilles dilatées et les vertiges dus au vide de Yin du Foie et du Rein avec montée de Chaleur de vide.

– Qīng Hāo Biē Jiǎ Tāng (青蒿鱉甲湯 Décoction d’Armoise Annuelle et de Carapace de Tortue)
Shí Hú est incorporé dans certaines variantes de cette formule avec Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae), Biē Jiǎ (Carapax Trionycis), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) pour traiter la fièvre nocturne avec fraîcheur matinale, émaciation et langue rouge due au vide de Yin avec Chaleur résiduelle profondément installée.

Toxicité :

Shí Hú est un remède très sûr aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une excellente tolérance. Ses constituants alcaloïdes – dont la dendrobine – ont montré des effets antipyrétiques et analgésiques comparables mais légèrement inférieurs à la phénacétine. En cas de surdosage important, des convulsions ont été exceptionnellement rapportées. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée aux doses thérapeutiques.



Gui Ban

 

Gui Ban

Guī Bǎn (Plastrum Testudinis)

Identification

Chinois : 龜板
Pinyin : Guī Bǎn
Traduction : plastron de tortue
Nom commun : plastron de tortue à boîte
Nom latin : Plastrum Testudinis
Famille : Testudinidae
Espèces : Chinemys reevesii (Gray) (龜板 Guī Bǎn)
Partie utilisée : plastron (face ventrale de la carapace), séché
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Gui Ban

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui tonifient le Yin (補陰藥 bǔ yīn yào)
Saveurs : Doux (甘 gān), Salé (鹹 xián)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Rein (腎 shèn), Foie (肝 gān), Cœur (心 xīn)
Dosage : 10-30 g en décoction (à précuire), 3-10 g pour Guī Bǎn Jiāo (gélatine)

Propriétés :

Nourrit le Yin du Rein et du Foie, ancre le Yang et éteint le Vent interne, clarifie la Chaleur par déficience et les sensations de vapeur des os, tonifie le Sang et nourrit le Cœur, renforce les os et les tendons, arrête les saignements, favorise la cicatrisation des plaies.

Précautions :

Guī Bǎn est contre-indiqué pendant la grossesse, en cas de diarrhée, de déficience avec signes de Froid, ou de Froid-Humidité. En raison de sa nature froide et de sa texture lourde, il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience de la Rate et de l’Estomac. Ce remède doit être précuit (15 à 30 minutes avant les autres herbes) pour faciliter l’extraction des principes actifs. Sa forme gélifiée, le Guī Bǎn Jiāo, n’est pas décocté mais dissous dans le décocté chaud avant l’ingestion.
Remède d’origine animale figurant à l’Annexe II de la CITES, son utilisation implique de s’assurer de la légalité et de la traçabilité de son origine.

Fonctions principales :

Nourrit le Yin du Rein et du Foie
Ancre le Yang
Éteint le Vent interne
Clarifie la Chaleur par déficience
Clarifie les sensations de vapeur des os
Renforce les os et les tendons
Tonifie le Sang et nourrit le Cœur
Arrête les saignements
Favorise la cicatrisation des plaies (usage topique)

Actions et Indications

– Nourrit le Yin et ancre le Yang :
Guī Bǎn est l’un des remèdes de référence pour nourrir le Yin du Rein et du Foie et ancrer le Yang en excès. Il est indiqué dans les syndromes de déficience du Yin avec Yang flottant, caractérisés par des vertiges, des acouphènes, une vision trouble, une chaleur palmoplantaire, des sueurs nocturnes, une fièvre vespérale, et une agitation.
– Pour la déficience du Yin du Rein avec Yang du Foie montant, vertiges et acouphènes, Guī Bǎn est associé à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata), Shān Zhū Yú (Fructus Corni) et Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae).
– Pour la déficience du Yin avec Feu du Rein, faiblesse et douleurs des genoux et du bas du dos, on l’associe à Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri), formule Dà Bǔ Yīn Wán 大補陰丸 (Grande Pilule qui Tonifie le Yin).
– Pour les tremblements, spasmes musculaires et convulsions en fin de maladie fébrile par épuisement du Yin et du Sang, Guī Bǎn est associé à Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Ē Jiāo (Colla Corii Asini) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), formule Dà Dìng Fēng Zhū 大定風珠 (Grande Perle qui Fixe le Vent).

– Clarifie la Chaleur par déficience et les sensations de vapeur des os :
Guī Bǎn clarifie efficacement la Chaleur par déficience du Yin, traitant les symptômes tels que la fièvre vespérale, les sueurs nocturnes, les sensations de vapeur des os, l’amaigrissement et l’agitation interne.
– Pour la fièvre vespérale, les sueurs nocturnes et les sensations de vapeur des os dues à la déficience du Yin, Guī Bǎn est associé à Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae).
– Pour les sensations de vapeur des os sévères, on peut l’associer à Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii) et Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae).

– Renforce les os et les tendons :
Guī Bǎn fortifie les os et les tendons en nourrissant le Jīng-Essence et le Yin du Rein qui gouvernent la moelle osseuse et les structures ostéo-tendineuses. Il est indiqué pour les retards de développement osseux chez l’enfant, le retard de fermeture de la fontanelle, ainsi que les douleurs et faiblesses du dos et des genoux.
– Pour le retard de fermeture de la fontanelle et le retard de développement osseux chez l’enfant, Guī Bǎn est associé à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata), Suǒ Yáng (Herba Cynomorii) et Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), formule Hǔ Qián Wán 虎潛丸 (Pilule du Tigre Tapi dans l’Ombre).
– Pour la faiblesse et les douleurs du bas du dos et des genoux liées à la déficience du Yin du Rein, on l’associe à Dù Zhòng (Cortex Eucommiae) et Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae).

– Tonifie le Sang et nourrit le Cœur :
Guī Bǎn est doux et nourrit le Sang du Cœur, traitant les manifestations d’insuffisance du Sang qui nourrit le Shén-Esprit du Cœur, telles que l’insomnie, les palpitations, les oublis et l’anxiété.
– Pour l’insomnie et l’anxiété liées à la déficience du Sang du Cœur, Guī Bǎn est associé à Lóng Gǔ (Os Draconis), Yuǎn Zhì (Radix Polygalae), Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori) et Yè Jiāo Téng (Caulis Polygoni Multiflori).

– Arrête les saignements :
Guī Bǎn traite les saignements utérins anormaux causés par la déficience du Yin avec Chaleur par déficience qui pousse le Sang hors des vaisseaux. Il nourrit le Yin, tonifie le Sang et arrête les hémorragies.
– Pour les métrorragies et les ménorragies, Guī Bǎn est associé à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Ē Jiāo (Colla Corii Asini), Huáng Qín (Radix Scutellariae), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) et Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri).

– Favorise la cicatrisation des plaies :
Sous forme calcinée en poudre, Guī Bǎn est appliqué topiquement pour traiter les plaies chroniques non cicatrisantes, les ulcérations et les escarres. Il favorise la régénération tissulaire et peut être utilisé dans les brûlures en mélange avec d’autres poudres d’herbes calcinées.

Liste des symptômes

Déficience du Yin avec Yang flottant :
Vertiges et sensation de tête vide
Acouphènes et hypoacousie
Vision trouble
Fièvre vespérale et sueurs nocturnes
Sensations de chaleur palmoplantaire
Sensations de vapeur des os

Déficience du Yin avec Vent interne :
Tremblements des membres
Spasmes et crampes musculaires
Convulsions en fin de maladie fébrile
Rigidité des tendons

Déficience du Jīng-Essence du Rein :
Faiblesse et douleurs du bas du dos et des genoux
Retard de fermeture de la fontanelle chez l’enfant
Retard de développement osseux
Impuissance et émissions séminales nocturnes
Retard de développement mental chez l’enfant

Troubles du Cœur :
Insomnie et rêves agités
Palpitations et anxiété
Oublis et difficultés de concentration

Saignements :
Métrorragies et ménorragies par Chaleur par déficience
Saignements utérins chroniques

Affections topiques :
Plaies chroniques non cicatrisantes
Ulcérations cutanées
Escarres et brûlures

Commentaire

Guī Bǎn (Plastrum Testudinis) tire son nom de la tortue à boîte de Reeves (Chinemys reevesii), dont le plastron – la face ventrale de la carapace – constitue la partie médicinale. La tortue est un animal emblématique de la médecine chinoise traditionnelle, symbole de longévité et de vitalité profonde : son plastron, orienté vers le bas et la terre, appartient au domaine du Yin par excellence. Cité pour la première fois dans le Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), ce remède s’est imposé au fil des siècles comme l’un des toniques du Yin les plus puissants et les plus polyvalents de toute la pharmacopée chinoise.

La nature salée et froide de Guī Bǎn lui permet de pénétrer profondément dans les méridiens du Rein et du Foie pour nourrir le Yin fondamental, le Jīng-Essence et le Sang, tout en ancrant le Yang excessif qui tend à monter. Sa saveur douce lui confère en outre une action nourricière sur le Cœur et l’Esprit. Cette triple capacité – nourrir le Yin profond, ancrer le Yang flottant et calmer le Shén-Esprit – en fait un remède de premier choix dans les syndromes de vide du Yin du Rein compliqués de Yang montant, de Vent interne ou de troubles du Cœur. Le Bǎo Mìng Jí 保命集 (Collection pour Sauvegarder la Vie) du médecin Zhāng Yuán-Sù au 12e siècle soulignait déjà l’aptitude de ce remède à nourrir le Yin absolu et à fortifier les os.

Guī Bǎn se distingue par sa capacité à renforcer les structures ostéo-tendineuses, ce qui le rend indispensable dans les syndromes de déficience du Jīng-Essence avec ramollissement des os, retard de développement chez l’enfant ou faiblesse chronique du bas du dos et des genoux. Cette action sur les os s’explique par le fait que le Rein gouverne la moelle osseuse : en nourrissant le Yin et le Jīng du Rein, Guī Bǎn restaure la substance qui nourrit et fortifie les os. Le Dān Xī Xīn Fǎ 丹溪心法 (Méthode du Cœur selon Dān-Xī) de Zhū Dān-Xī au 14e siècle fait abondamment référence à ce remède dans le traitement du Feu par déficience du Yin.

Guī Bǎn se distingue de Biē Jiǎ (Carapax Trionycis), l’autre grand remède à base de carapace de reptile aquatique. Les deux nourrissent le Yin du Foie et ancrent le Yang, et tous deux traitent les sensations de vapeur des os, les sueurs nocturnes, les émissions nocturnes, les tremblements et les convulsions. Cependant, Guī Bǎn est supérieur pour renforcer les os, traiter la faiblesse des tendons et des os, la douleur dorso-lombaire, le retard de fermeture de la fontanelle. Il calme le Shén-Esprit et traite les palpitations et l’insomnie. Biē Jiǎ (Carapax Trionycis), de son côté, est plus efficace pour ramollir les duretés, dissiper les nodules et traiter l’organomégalie ou les masses abdominales.

Associations

– avec Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) : pour le Feu par déficience du Yin avec fièvre vespérale, sueurs nocturnes et sensations de vapeur des os

– avec Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata), Shān Zhū Yú (Fructus Corni) et Niú Xī (Radix Achyranthis Bidentatae) : pour la déficience du Yin du Rein et du Foie avec vertiges et acouphènes

– avec Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Ē Jiāo (Colla Corii Asini) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) : pour les tremblements et spasmes dus à la déficience du Yin en fin de maladie fébrile (formule Dà Dìng Fēng Zhū 大定風珠 Grande Perle qui Fixe le Vent)

– avec Suǒ Yáng (Herba Cynomorii), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata) et Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) : pour la faiblesse des os et des tendons, douleurs des genoux et du bas du dos (formule Hǔ Qián Wán 虎潛丸 Pilule du Tigre Tapi dans l’Ombre)

– avec Lóng Gǔ (Os Draconis), Yuǎn Zhì (Radix Polygalae) et Shí Chāng Pú (Rhizoma Acori) : pour l’insomnie et l’anxiété par déficience du Sang du Cœur

– avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Ē Jiāo (Colla Corii Asini) et Huáng Qín (Radix Scutellariae) : pour les métrorragies et ménorragies par Chaleur par déficience du Yin

– avec Lù Róng (Cornu Cervi Pantotrichum) et Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii) : pour la profonde déficience du Jīng-Essence du Rein avec impuissance, vertiges et cheveux prématurément blancs (formule Guī Lù Èr Xiān Jiāo 龜鹿二仙膠 Sirop des Deux Immortels Tortue et Cerf)

– avec Biē Jiǎ (Carapax Trionycis) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) : pour ancrer le Yang et éteindre le Vent interne avec convulsions

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng guī bǎn) : forme non transformée, utilisée pour nourrir le Yin, clarifier la Chaleur par déficience et arrêter les saignements
– traité au vinaigre (醋制 cù zhì guī bǎn) : le vinaigre guide le remède vers le Foie, renforce l’action de dissipation des nodules, d’activation du Sang et de ramollissement des duretés ; cette forme est préférée pour les masses abdominales et les douleurs
– calciné (煅制 duàn guī bǎn) : forme calcinée réduite en poudre, utilisée en application topique pour favoriser la cicatrisation des plaies chroniques, les ulcérations et les brûlures
– Guī Bǎn Jiāo (龜板膠 guī bǎn jiāo) : gélatine obtenue par décoction prolongée du plastron ; plus riche pour nourrir le Yin et arrêter les saignements ; dosage 3-10 g, dissout dans le décocté chaud

Formules Classiques

– Dà Bǔ Yīn Wán (大補陰丸 Grande Pilule qui Tonifie le Yin)
Cette formule, issue du Dān Xī Xīn Fǎ 丹溪心法 (Méthode du Cœur selon Dān-Xī) de Zhū Dān-Xī, associe Guī Bǎn à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et la moelle de porc pour traiter le Feu par déficience du Yin avec fièvre vespérale, sueurs nocturnes, sensations de vapeur des os, faiblesse des genoux et émissions séminales nocturnes.

– Hǔ Qián Wán (虎潛丸 Pilule du Tigre Tapi dans l’Ombre)
Formule du Dān Xī Xīn Fǎ 丹溪心法, associant Guī Bǎn à Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata), Suǒ Yáng (Herba Cynomorii), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), pour traiter la déficience du Yin du Rein avec Feu par déficience, faiblesse et douleurs des genoux et du bas du dos, et atrophie des membres inférieurs.

– Dà Dìng Fēng Zhū (大定風珠 Grande Perle qui Fixe le Vent)
Issue du Wēn Bìng Tiáo Biàn 溫病條辨 (Analyse Systématique des Maladies Fébriles par Chaleur) de Wú Jú-Tōng, cette formule combine Guī Bǎn avec Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Ē Jiāo (Colla Corii Asini), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Biē Jiǎ (Carapax Trionycis) pour traiter les tremblements, spasmes et convulsions en fin de maladie fébrile par épuisement profond du Yin et du Sang.

– Guī Lù Èr Xiān Jiāo (龜鹿二仙膠 Sirop des Deux Immortels Tortue et Cerf)
Cette formule tonique profonde associe Guī Bǎn Jiāo (Gelatinum Plastrum Testudinis) à Lù Jiǎo Jiāo (Gelatinum Cornu Cervi), Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii) et Rén Shēn (Radix Ginseng) pour traiter la profonde déficience du Jīng-Essence et du Sang avec amaigrissement, impuissance, infertilité, spermatorrhée et vieillissement prématuré. La tortue apporte le Yin et le cerf apporte le Yang, réalisant ainsi un équilibre de la vitalité fondamentale.

Toxicité :

Guī Bǎn ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. En raison de sa nature froide et lourde, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir la Rate et l’Estomac chez les personnes présentant une déficience digestive sous-jacente ; dans ce cas, l’adjonction d’herbes favorisant la digestion est recommandée. Ce remède est formellement contre-indiqué pendant la grossesse. Des effets indésirables gastro-intestinaux (nausées, inconfort digestif) peuvent survenir si le remède n’est pas précuit suffisamment. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée aux doses thérapeutiques usuelles.
En tant que remède d’origine animale inscrit à l’Annexe II de la Convention CITES, son approvisionnement doit respecter les réglementations en vigueur relatives à la protection des espèces.



Bie Jia

Bie Jia

Biē Jiǎ (Carapax Amydae Sinensis (syn. Carapax Trionycis))

Identification

Chinois : 鱉甲
Pinyin : biē jiǎ
Traduction : carapace de tortue molle
Nom commun : carapace de la tortue molle de Chine
Nom latin : Carapax Amydae Sinensis (syn. Carapax Trionycis)
Famille : Trionychidae
Espèces : Trionyx sinensis Wiegmann (鱉 biē)
Partie utilisée : dossière (carapace dorsale) séchée
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur) au 2e siècle
Bie Jia

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui tonifient le Yin (補陰藥 bǔ yīn yào)
Saveurs : Salé (鹹 xián)
Nature : Froid (寒 hán)
Méridiens : Foie (肝 gān), Rein (腎 shèn)
Dosage : 10-30 g (en décoction, à mettre en décoction préliminaire après concassage)

Propriétés :

Nourrit le Yin et ancre le Yang, clarifie la Chaleur par déficience et élimine la fièvre due à la déficience, ramollit les duretés et dissipe les stases et les nodules, brise les accumulations et les masses abdominales.

Précautions :

Biē Jiǎ est contre-indiqué durant la grossesse en raison de ses fonctions de dissipation et de dispersion. Il est également contre-indiqué chez les patients présentant une déficience de la Rate avec selles molles ou diarrhée, ainsi que chez les patients n’ayant pas encore complètement guéri d’un trouble extérieur. En raison de sa nature froide et salée, il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une déficience de la Rate et de l’Estomac. Des cas occasionnels de réaction allergique ont été rapportés. La forme traitée au vinaigre est préférée pour dissiper les nodules et ramollir les masses.

Fonctions principales :

Nourrit le Yin du Foie et du Rein
Ancre le Yang
Clarifie la Chaleur par déficience
Élimine les fièvres vespérales et les os fumants
Éteint le Vent interne du Foie
Ramollit les duretés
Dissipe les nodules et les masses
Brise les stases et les accumulations abdominales

Actions et Indications

– Nourrit le Yin et ancre le Yang :
Biē Jiǎ est l’un des remèdes les plus efficaces pour nourrir le Yin du Foie et du Rein, ancrer le Yang et traiter le Vent interne du Foie résultant d’une déficience du Yin. La déficience du Yin du Foie peut provoquer une rigidité des tendons. Une déficience prolongée entraîne non seulement une élévation du Yang, mais aussi un mouvement interne du Vent du Foie, se manifestant par des tremblements, des vertiges, des acouphènes, des céphalées, un teint rouge, des yeux rouges, des spasmes musculaires et des convulsions.
– Pour le Vent du Foie dû à une déficience du Yin et du Sang, avec des contractures musculaires et des convulsions, Biē Jiǎ est associé à Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Ē Jiāo (Colla Corii Asini) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), formule Dà Dìng Fēng Zhū 大定風珠 (Grande Perle qui Arrête le Vent).

Biē Jiǎ traite également la déficience du Yin avec élévation du Yang, caractérisée par des vertiges, des acouphènes, un teint rouge, des yeux rouges et de l’irritabilité.
– Pour la déficience du Yin avec élévation du Yang du Foie, Biē Jiǎ est associé à Guī Bǎn (Plastrum Testudinis), Mǔ Lì (Concha Ostreae) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae).

– Clarifie la Chaleur par déficience et élimine les fièvres :
Biē Jiǎ est particulièrement efficace pour traiter les symptômes de Chaleur par déficience survenant après une maladie fébrile, tels qu’une fièvre légère persistante, des fièvres vespérales, des sensations de chaleur osseuse (syndrome des os fumants), la soif et les sueurs nocturnes. Ce remède nourrit simultanément le Yin et élimine la Chaleur par déficience.
– Pour la Chaleur par déficience avec sensation de chaleur nocturne et de fraîcheur matinale, fièvre légère sans transpiration, langue rouge, enduit rare et pouls filiforme et rapide, Biē Jiǎ est associé à Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), formule Qīng Hāo Biē Jiǎ Tāng 青蒿鱉甲湯 (Décoction d’Armoise Annuelle et de Carapace de Tortue Molle).
– Pour les sensations de chaleur osseuse sévères avec fièvres vespérales, sueurs nocturnes, amaigrissement, toux et fatigue, Biē Jiǎ est associé à Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae), Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii), Chái Hú (Radix Bupleuri) et Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), formule Qīng Gǔ Sǎn 清骨散 (Poudre qui Clarifie les Os).
– Pour la tuberculose avec toux consomptive chronique, expectorations striées de sang et fièvre par déficience, Biē Jiǎ est associé à Yín Chái Hú (Radix Stellariae), Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae), Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae), Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Wū Méi (Fructus Mume), Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), formule Qín Jiāo Biē Jiǎ Sǎn 秦艽鱉甲散 (Poudre de Gentiane Macrophylle et de Carapace de Tortue Molle).

– Ramollit les duretés et dissipe les nodules :
Biē Jiǎ possède une action remarquable pour ramollir les duretés et dissiper les nodules, traitant ainsi l’aménorrhée et les masses dans le foyer inférieur dues à une stase de Sang. Il peut également traiter l’aménorrhée causée par une déficience du Yin et du Sang.
– Pour l’aménorrhée ou les masses dues à une stase de Sang, Biē Jiǎ est associé à Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Táo Rén (Semen Persicae), Hóng Huā (Flos Carthami), Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Chì Sháo (Radix Paeoniae Rubrae), Sān Léng (Rhizoma Sparganii), Ē Zhú (Rhizoma Curcumae), Guì Zhī (Ramulus Cinnamomi) et Chuān Shān Jiǎ (Squama Manis).
– Pour les hépatomégalies ou splénomégalies, Biē Jiǎ est associé à Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae), Hǔ Zhāng (Rhizoma Polygoni Cuspidati), Yù Jīn (Radix Curcumae), Xuán Shēn (Radix Scrophulariae) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba).
– Pour le goitre, Biē Jiǎ est associé à Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Zhī Zǐ (Fructus Gardeniae), Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae), Chuān Niú Xī (Radix Cyathulae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae).

– Traite les troubles palustres chroniques :
Biē Jiǎ est couramment utilisé pour traiter les troubles palustres chroniques avec formation de masses ou de nodules. Il agit pour ramollir les duretés et dissiper les nodules. Utilisé seul, son action est relativement faible et il est généralement associé à d’autres remèdes.
– Pour les masses abdominales dues au paludisme, Biē Jiǎ est associé à Shè Gān (Rhizoma Belamcandae), Méng Chóng (Tabanus), Táo Rén (Semen Persicae) et Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei).
– Pour les troubles palustres chroniques, Biē Jiǎ est associé à Cháng Shān (Radix Dichroae), Shēng Má (Rhizoma Cimicifugae), Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata) et Hǎi Piāo Xiāo (Endoconcha Sepiae).

Liste des symptômes

Déficience du Yin avec Chaleur interne :
Fièvres vespérales ou nocturnes légères et persistantes
Sensation de chaleur nocturne avec fraîcheur matinale
Syndrome des os fumants (sensations de chaleur dans les os)
Sueurs nocturnes
Amaigrissement progressif
Soif avec désir de boissons
Langue rouge avec enduit rare ou absent
Pouls filiforme et rapide

Vent interne du Foie :
Tremblements et spasmes musculaires
Vertiges et acouphènes
Céphalées avec sensation de lourdeur au sommet du crâne
Teint rouge et yeux rouges
Irritabilité et emportement
Convulsions dans les cas graves

Masses et stases :
Aménorrhée due à une stase de Sang
Masses abdominales palpables
Hépatomégalie ou splénomégalie
Goitre et nodules thyroïdiens
Masses abdominales dues au paludisme chronique

Autres indications :
Tuberculose avec fièvre consomptive chronique
Douleurs thoraciques costales (chondrite)
Abcès intestinaux (poudre calcinée, usage externe)

Commentaire

Biē Jiǎ (Carapax Amydae Sinensis) tire son nom de la tortue molle de Chine (Trionyx sinensis), un animal aquatique dont la carapace est récoltée. Ce remède est l’un des plus importants de la pharmacopée chinoise pour nourrir le Yin profond, ancrer le Yang et clarifier la Chaleur par déficience. Sa saveur salée lui permet de pénétrer profondément dans le niveau du Yin, d’amollir les duretés et de dissiper les stases, tandis que sa nature froide en fait un excellent remède pour tous les syndromes de Chaleur par déficience. Sa capacité unique à nourrir le Yin tout en dissipant activement les nodules le distingue de la plupart des autres toniques du Yin.

Biē Jiǎ est particulièrement reconnu pour son action sur les stades tardifs des maladies fébriles dans lesquels le Yin et le Sang sont blessés. Il traite la Chaleur résiduelle qui se loge dans les profondeurs du niveau du Yin, se manifestant par une fièvre nocturne avec fraîcheur matinale, une fièvre qui régresse sans transpiration, un amaigrissement et une langue rouge avec peu d’enduit. La formule classique Qīng Hāo Biē Jiǎ Tāng 青蒿鱉甲湯 illustre parfaitement ce mécanisme d’action : Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae), de nature froide et aromatique, clarifie la Chaleur et fait sortir les facteurs pathogènes vers l’extérieur, tandis que Biē Jiǎ nourrit le Yin qui a été ravagé par l’influence pathogène. Ces deux remèdes se complètent admirablement.

L’action de Biē Jiǎ pour ramollir les duretés et dissiper les nodules est particulièrement précieuse en clinique moderne pour traiter les hépatomégalies, les splénomégalies, les tumeurs abdominales et les nodules thyroïdiens. La forme traitée au vinaigre est préférée pour cette indication, car le vinaigre renforce la pénétration du remède dans les zones de stase et amplifie son action sur les masses. En revanche, la forme non traitée est préférée pour nourrir le Yin et éliminer la Chaleur par déficience.

Biē Jiǎ se distingue de Guī Bǎn (Plastrum Testudinis) par son action spécifique de dissipation des nodules et de rupture des stases. Alors que Guī Bǎn est supérieur pour nourrir fortement le Yin, renforcer les os, nourrir le Sang, tonifier le Cœur et arrêter les saignements, Biē Jiǎ excelle davantage pour clarifier la Chaleur par déficience, ramollir les duretés et disperser les stases. Les deux remèdes nourrissent le Yin du Foie et ancrent le Yang, et sont souvent utilisés ensemble dans les syndromes de déficience sévère du Yin avec Vent interne du Foie.

Associations

– avec Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae), Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) et Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) : pour la Chaleur par déficience avec fièvre nocturne et fraîcheur matinale (formule Qīng Hāo Biē Jiǎ Tāng 青蒿鱉甲湯 Décoction d’Armoise Annuelle et de Carapace de Tortue Molle)

– avec Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae), Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii), Chái Hú (Radix Bupleuri) et Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) : pour les sensations de chaleur osseuse sévères, fièvres vespérales et sueurs nocturnes (formule Qīng Gǔ Sǎn 清骨散 Poudre qui Clarifie les Os)

– avec Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Ē Jiāo (Colla Corii Asini) et Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) : pour le Vent interne du Foie avec spasmes musculaires et convulsions dus à la déficience du Yin (formule Dà Dìng Fēng Zhū 大定風珠 Grande Perle qui Arrête le Vent)

– avec Yín Chái Hú (Radix Stellariae), Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae), Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae), Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis) : pour la tuberculose avec fièvre consomptive, amaigrissement et toux striée de sang (formule Qín Jiāo Biē Jiǎ Sǎn 秦艽鱉甲散 Poudre de Gentiane Macrophylle et de Carapace de Tortue Molle)

– avec Dà Huáng (Radix et Rhizoma Rhei), Táo Rén (Semen Persicae), Hóng Huā (Flos Carthami) et Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis) : pour l’aménorrhée et les masses abdominales dues à la stase de Sang

– avec Guī Bǎn (Plastrum Testudinis) : pour nourrir fortement le Yin, ancrer le Yang et traiter les sensations de chaleur osseuse avec sueurs nocturnes et émissions séminales

– avec Dān Shēn (Radix Salviae Miltiorrhizae), Yù Jīn (Radix Curcumae) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) : pour l’hépatomégalie ou la splénomégalie

– avec Xuán Shēn (Radix Scrophulariae), Xià Kū Cǎo (Spica Prunellae) et Mǔ Lì (Concha Ostreae) : pour le goitre et les nodules thyroïdiens

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生鱉甲 shēng biē jiǎ) : forme non traitée, préférée pour nourrir le Yin et éliminer la Chaleur par déficience ; doit être concassé et mis en décoction préliminaire de 30 à 60 minutes
– traité au vinaigre (醋鱉甲 cù biē jiǎ) : la carapace est chauffée puis trempée dans du vinaigre, cette préparation renforce l’action de dissipation des nodules et de ramollissement des masses, et améliore l’extraction des principes actifs
– poudre calcinée (鱉甲粉 biē jiǎ fěn) : forme calcinée utilisée en application externe pour les abcès intestinaux et les ulcérations chroniques

Formules Classiques

– Qīng Hāo Biē Jiǎ Tāng (青蒿鱉甲湯 Décoction d’Armoise Annuelle et de Carapace de Tortue Molle)
Cette formule issue du Wēn Bìng Tiáo Biàn 溫病條辨 (Différenciation Systématique des Maladies par la Chaleur) de Wú Jū-Tōng combine Biē Jiǎ avec Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Mǔ Dān Pí (Cortex Moutan) pour traiter la Chaleur résiduelle logée dans les profondeurs du niveau du Yin, caractérisée par une fièvre nocturne avec fraîcheur matinale, la fièvre se dissipant sans transpiration, un amaigrissement et une langue rouge avec peu d’enduit.

– Qīng Gǔ Sǎn (清骨散 Poudre qui Clarifie les Os)
Formule issue du Zhèng Zhì Zhǔn Shéng 證治準繩 (Normes de Diagnostic et de Traitement) combinant Biē Jiǎ avec Yín Chái Hú (Radix Stellariae), Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae), Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii), Chái Hú (Radix Bupleuri), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter les syndromes de chaleur osseuse sévères avec fièvres vespérales, sueurs nocturnes, amaigrissement et fatigue dus à la déficience du Yin.

– Dà Dìng Fēng Zhū (大定風珠 Grande Perle qui Arrête le Vent)
Formule issue du Wēn Bìng Tiáo Biàn 溫病條辨 combinant Biē Jiǎ avec Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba), Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Ē Jiāo (Colla Corii Asini), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Guī Bǎn (Plastrum Testudinis), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) et des jaunes d’œufs pour traiter les stades tardifs des maladies fébriles avec déficience du Yin et du Sang, caractérisés par des contractures musculaires, des tremblements des membres, des convulsions et une agitation.

– Qín Jiāo Biē Jiǎ Sǎn (秦艽鱉甲散 Poudre de Gentiane Macrophylle et de Carapace de Tortue Molle)
Biē Jiǎ est associé dans cette formule à Yín Chái Hú (Radix Stellariae), Qín Jiāo (Radix Gentianae Macrophyllae), Qīng Hāo (Herba Artemisiae Annuae), Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Dāng Guī (Radix Angelicae Sinensis), Wū Méi (Fructus Mume) et Bái Sháo (Radix Paeoniae Alba) pour traiter la tuberculose avec fièvre consomptive chronique, toux sèche, expectorations striées de sang et sueurs nocturnes.

Toxicité :

Biē Jiǎ ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent que la carapace inhibe la prolifération du tissu conjonctif et dissout les masses et nodules. Elle augmente les protéines plasmatiques et traite l’anémie due aux troubles hépatiques. Des cas occasionnels de réaction allergique ont été rapportés. En raison de sa nature froide et de ses fonctions de dissipation, une utilisation prolongée peut affaiblir la Rate chez les personnes présentant une déficience digestive. La forme calcinée est réservée à l’usage externe pour les abcès intestinaux et les ulcérations. Biē Jiǎ est contre-indiqué durant la grossesse.



Yu Zhu

Yu Zhu

Yù Zhú (Rhizoma Polygonati Odorati)

Identification

Chinois : 玉竹
Pinyin : Yù Zhú
Traduction : bambou de jade
Nom commun : rhizome de sceau de Salomon odorant
Nom latin : Rhizoma Polygonati Odorati
Famille : Liliaceae
Espèces : Polygonatum odoratum (Mill.) Druce (玉竹 Yù Zhú)
Partie utilisée : rhizome séché ou frais
Texte d’origine : Shén Nóng Běn Cǎo Jīng 神農本草經 (Classique de la Matière Médicale du Divin Laboureur), 2e siècle
Yu Zhu

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui tonifient le Yin (補陰藥 bǔ yīn yào)
Saveurs : Doux (甘 gān)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Poumon (肺 fèi), Estomac (胃 wèi)
Dosage : 10-15 g en décoction ; usage possible en pâte ou en poudre

Propriétés :

Nourrit le Yin et humidifie le Poumon, génère les liquides organiques et nourrit l’Estomac, tonifie sans provoquer de stagnation.

Précautions :

Yù Zhú est contre-indiqué en cas de déficience de la Rate, d’accumulation d’Humidité, de stagnation des Glaires ou de stagnation du Qi. Sa nature douce et humidifiante peut aggraver ces conditions en retenant les facteurs pathogènes dans l’organisme. Ce remède ne présente pas de toxicité aux doses thérapeutiques recommandées. La forme fraîche est plus efficace pour traiter la Chaleur due à une déficience du Yin ; la forme séchée convient davantage aux déficiences du Yin modérées.

Fonctions principales :

Nourrit le Yin
Humidifie le Poumon
Génère les liquides organiques
Nourrit l’Estomac
Tonifie sans provoquer de stagnation
Traite le syndrome de Xiao Ke

Actions et Indications

– Nourrit le Yin et humidifie le Poumon :
Yù Zhú est particulièrement indiqué lorsque la sécheresse pathogène attaque le Poumon à l’automne, blessant le Yin du Poumon et provoquant une toux sèche non productive ou une toux avec expectoration rare et collante, ainsi que la sécheresse de la bouche et de la gorge.
Ce remède possède une sève abondante qui humidifie conjointement le Poumon et l’Estomac. Il nourrit le Yin sans provoquer de stagnation, ce qui le rend idéal pour traiter une déficience du Yin accompagnée de Chaleur.
– Pour la toux sèche due à la sécheresse du Poumon et à la déficience du Yin, Yù Zhú est associé à Nán Shā Shēn (Radix Adenophorae), Běi Shā Shēn (Radix Glehniae), Shí Hú (Herba Dendrobii), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Sāng Yè (Folium Mori) et Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis), formule Shā Shēn Mài Dōng Tāng 沙參麥冬湯 (Décoction de Glehnie et d’Ophiopogon).
– Pour la sécheresse du Poumon avec Froid, on l’associe à Sāng Yè (Folium Mori), Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Qián Hú (Radix Peucedani) et Jié Gěng (Radix Platycodonis).

Yù Zhú traite également la toux consomptive due à la déficience chronique du Yin du Poumon, caractérisée par une toux faible et sèche avec expectoration rare et difficile à expectorer.
– Pour la toux chronique avec Chaleur de déficience relativement prononcée, Yù Zhú est associé à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii).
– Pour la toux chronique avec déficience relative du Yin, on l’associe à Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae) et Bǎi Bù (Radix Stemonae).

Yù Zhú traite également la déficience du Yin du Poumon et de l’Estomac avec invasion extérieure du Vent-Chaleur, condition dans laquelle le patient présente à la fois une déficience chronique du Yin et une exposition récente à des facteurs pathogènes externes – aversion pour le Vent, fièvre, toux sèche, expectoration rare, vertiges, irritabilité et bouche sèche.
– Pour la déficience du Yin avec invasion extérieure du Vent-Chaleur, Yù Zhú est associé à Bò Hé (Herba Menthae), Bái Wēi (Radix Cynanchi Atrati), Dàn Dòu Chǐ (Semen Sojae Praeparatum) et Jié Gěng (Radix Platycodonis).

– Génère les liquides organiques et nourrit l’Estomac :
La déficience du Yin de l’Estomac peut résulter d’une maladie fébrile ou d’une Chaleur intérieure. Ses manifestations cliniques comprennent la faim sans désir de manger, une douleur épigastrique sourde, une gêne gastrique, la bouche et la langue sèches.
Doux de saveur, Yù Zhú pénètre l’Estomac pour nourrir le Yin et favoriser la génération des liquides. Il est particulièrement adapté aux stades tardifs des maladies fébriles avec déficience du Yin, ou aux désharmonies entre organes causées par la Chaleur blessant les liquides organiques.
– Pour la déficience du Yin de l’Estomac, Yù Zhú est associé à Nán Shā Shēn (Radix Adenophorae), Shí Hú (Herba Dendrobii), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Mù Guā (Fructus Chaenomelis), Gǔ Yá (Fructus Setariae Germinatus) et Shān Zhā (Fructus Crataegi).

Yù Zhú traite également le syndrome de Xiao Ke (syndrome de dépérissement et de soif), caractérisé par une déficience du Yin du Poumon, de l’Estomac et du Rein, engendrant polydipsie, polyphagie et polyurie.
– Pour le syndrome de Xiao Ke, on associe Yù Zhú à Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis), Gé Gēn (Radix Puerariae) frais, Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae) frais et Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata) frais.
– Pour le Xiao Ke du Foyer supérieur avec polydipsie, on l’associe à Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis).
– Pour le Xiao Ke du Foyer médian avec polyphagie, on l’associe à Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae).
– Pour le Xiao Ke du Foyer inférieur avec polyurie, on l’associe à Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Huáng Bǎi (Cortex Phellodendri), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) et Shān Zhū Yú (Fructus Corni).

Liste des symptômes

Troubles respiratoires :
Toux sèche non productive
Toux avec expectoration rare et collante
Sécheresse de la bouche et de la gorge
Toux faible et sèche chronique
Expectoration difficile à expectorer
Aversion pour le Vent avec fièvre et toux sèche (déficience du Yin avec invasion extérieure)

Troubles digestifs et de l’Estomac :
Faim sans désir de manger
Douleur épigastrique sourde
Gêne gastrique
Bouche et langue sèches
Constipation par sécheresse

Syndrome de Xiao Ke :
Polydipsie (soif intense)
Polyphagie (appétit excessif)
Polyurie (urination fréquente et abondante)

Autres indications :
Irritabilité et vertiges dus à la déficience du Yin
Fièvre légère persistante
Transpiration nocturne modérée
Sécheresse générale des muqueuses

Commentaire

Yù Zhú (Rhizoma Polygonati Odorati) tire son nom poétique – « bambou de jade » – de l’aspect lustré et jaunâtre de son rhizome, rappelant le jade précieux. Ce remède est l’un des toniques du Yin les plus équilibrés de la pharmacopée chinoise, réputé pour sa capacité unique à nourrir le Yin sans créer de stagnation, contrairement à de nombreux autres toniques qui peuvent être lourds et obstruer la circulation du Qi. Sa saveur douce lui permet d’humidifier les tissus et de générer les liquides, tandis que sa nature neutre le rend applicable dans de nombreuses situations cliniques sans risque de déséquilibre thermique.

Yù Zhú est particulièrement apprécié pour sa double action sur le Poumon et l’Estomac. Dans le Foyer supérieur, il nourrit le Yin du Poumon et humidifie la sécheresse, traitant les toux chroniques dues à une déficience du Yin. Dans le Foyer médian, il génère les liquides de l’Estomac et traite la déficience du Yin gastrique avec ses manifestations de bouche sèche, faim sans appétit et douleurs épigastriques sourdes. Cette polyvalence fait de Yù Zhú un remède de choix dans les maladies fébriles prolongées qui ont épuisé le Yin.

Une particularité remarquable de Yù Zhú est sa capacité à traiter les patients présentant à la fois une déficience chronique du Yin et une invasion extérieure de Vent-Chaleur. Modéré dans son action et non stagnant de nature, il nourrit le Yin tout en étant moins susceptible que les autres toniques du Yin de retenir les facteurs pathogènes extérieurs dans l’organisme. Cette qualité le distingue de la plupart des toniques du Yin qui sont contre-indiqués en présence de facteurs pathogènes externes.

Yù Zhú se distingue de Shí Hú (Herba Dendrobii) bien que les deux tonifient le Yin, génèrent les liquides organiques et nourrissent le Yin de l’Estomac. Shí Hú génère plus fortement les liquides organiques et soulage la soif ; il nourrit également le Yin du Rein pour dissiper le Feu de déficience. Plus doux et plus léger, Yù Zhú ne crée pas de stagnation comme d’autres toniques. Il est également utilisé pour les patients présentant une déficience du Yin avec invasion de Vent-Chaleur se manifestant par une toux sèche, des douleurs de gorge et la soif – une indication pour laquelle Shí Hú est moins adapté.

Associations

– avec Nán Shā Shēn (Radix Adenophorae), Běi Shā Shēn (Radix Glehniae), Shí Hú (Herba Dendrobii), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Sāng Yè (Folium Mori) et Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis) : pour la toux sèche due à la déficience du Yin du Poumon (formule Shā Shēn Mài Dōng Tāng 沙參麥冬湯 Décoction de Glehnie et d’Ophiopogon)

– avec Sāng Yè (Folium Mori), Xìng Rén (Semen Armeniacae Amarum), Qián Hú (Radix Peucedani) et Jié Gěng (Radix Platycodonis) : pour la sécheresse du Poumon avec Froid

– avec Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii) : pour la toux chronique avec Chaleur de déficience prononcée

– avec Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae) et Bǎi Bù (Radix Stemonae) : pour la toux chronique avec déficience relative du Yin

– avec Bò Hé (Herba Menthae), Bái Wēi (Radix Cynanchi Atrati), Dàn Dòu Chǐ (Semen Sojae Praeparatum) et Jié Gěng (Radix Platycodonis) : pour la déficience du Yin avec invasion extérieure du Vent-Chaleur

– avec Nán Shā Shēn (Radix Adenophorae), Shí Hú (Herba Dendrobii), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Mù Guā (Fructus Chaenomelis), Gǔ Yá (Fructus Setariae Germinatus) et Shān Zhā (Fructus Crataegi) : pour la déficience du Yin de l’Estomac

– avec Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis), Gé Gēn (Radix Puerariae) frais, Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae) frais et Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Praeparata) frais : pour le syndrome de Xiao Ke

– avec Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae), Huáng Qín (Radix Scutellariae) et Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis) : pour le Xiao Ke du Foyer supérieur avec polydipsie

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng yù zhú) : forme séchée, action équilibrée pour nourrir le Yin et humidifier le Poumon et l’Estomac ; utilisé pour les déficiences du Yin modérées
– frais (鮮用 xiān yù zhú) : forme fraîche, plus efficace pour traiter la Chaleur due à la déficience du Yin ; particulièrement indiqué dans les maladies fébriles récentes avec blessure des liquides organiques

Formules Classiques

– Shā Shēn Mài Dōng Tāng (沙參麥冬湯 Décoction de Glehnie et d’Ophiopogon)
Cette formule tire son origine du Wēn Bìng Tiáo Biàn 溫病條辨 (Analyse Systématique des Maladies Chaudes) de Wú Jú-Tōng au 18e siècle. Elle combine Yù Zhú avec Běi Shā Shēn (Radix Glehniae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis), Sāng Yè (Folium Mori), Bái Biǎn Dòu (Semen Lablab Album) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la déficience du Yin du Poumon et de l’Estomac avec sécheresse, toux sèche, bouche et gorge sèches et soif après une maladie fébrile.

– Jiā Jiǎn Wēi Ruí Tāng (加減葳蕤湯 Décoction Modifiée de Wei Rui)
Formule issue du Tōng Sú Shāng Hán Lùn 通俗傷寒論 (Traité Populaire des Lésions dues au Froid) de Yú Gēn-Chū. Elle combine Yù Zhú avec Bái Wēi (Radix Cynanchi Atrati), Bò Hé (Herba Menthae), Jīng Jiè (Herba Schizonepetae), Dàn Dòu Chǐ (Semen Sojae Praeparatum), Jié Gěng (Radix Platycodonis), Dà Zǎo (Fructus Jujubae) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter la déficience du Yin avec invasion extérieure de Vent-Chaleur, manifestant aversion pour le Vent, fièvre, toux sèche et soif.

Toxicité :

Yù Zhú ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une très bonne tolérance générale. En raison de sa nature douce et humidifiante, une utilisation prolongée est déconseillée chez les patients présentant une déficience de la Rate avec accumulation d’Humidité ou stagnation des Glaires, car elle peut aggraver ces conditions. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.



Huang Jing

Huang Jing

Huáng Jīng (Rhizoma Polygonati)

Identification

Chinois : 黄精
Pinyin : Huáng Jīng
Traduction : essence jaune
Nom commun : rhizome de sceau de Salomon jaune
Nom latin : Rhizoma Polygonati
Famille : Liliaceae
Espèces : Polygonatum sibiricum Red. (黄精 Huáng Jīng) ; Polygonatum kingianum Coll. et Hemsl. (滇黄精 Diān Huáng Jīng) ; Polygonatum cyrtonema Hua. (多花黄精 Duō Huā Huáng Jīng)
Partie utilisée : rhizome séché ou frais
Texte d’origine : Míng Yī Bié Lù 名醫別錄 (Registres Supplémentaires de Médecins Célèbres) par Táo Hóng-Jǐng au 5e siècle
Huang Jing

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui tonifient le Yin (補陰藥 bǔ yīn yào)
Saveurs : Doux (甘 gān)
Nature : Neutre (平 píng)
Méridiens : Poumon (肺 fèi), Rate (脾 pí), Rein (腎 shèn)
Dosage : 10-15 g (forme sèche), 30-60 g (forme fraîche), en décoction

Propriétés :

Tonifie le Qi de la Rate et de l’Estomac, nourrit le Yin du Poumon et de l’Estomac, tonifie le Yin du Rein et renforce l’Essence, traite le syndrome xiao ke (消渴) de consomption-soif.

Précautions :

Huáng Jīng est contre-indiqué en cas de vide de Yang de la Rate avec Humidité, de toux avec expectorations abondantes, de diarrhée due au Froid ou de plénitude et distension par stagnation du Qi. De nature grasse et visqueuse, ce remède peut engendrer de l’Humidité et de la stagnation chez les patients présentant une faiblesse digestive. La forme non préparée peut être légèrement irritante pour la gorge ; un traitement préalable par cuisson à la vapeur avec de l’eau ou de l’alcool de céréales est recommandé pour l’usage oral.

Fonctions principales :

Tonifie le Qi de la Rate et de l’Estomac
Nourrit le Yin du Poumon
Nourrit le Yin de l’Estomac
Tonifie le Yin du Rein
Renforce l’Essence du Rein (精 Jīng)
Traite le syndrome xiao ke de consomption-soif
Fortifie les muscles et les tendons

Actions et Indications

– Tonifie le Qi de la Rate et de l’Estomac :
Huáng Jīng tonifie le Qi et le Yin de la Rate et de l’Estomac pour soulager la fatigue, le manque d’appétit, la faiblesse du pouls, la sécheresse buccale et la langue rouge sans enduit, manifestations d’un vide de Qi et de Yin de la Rate et de l’Estomac. Son action tonique sur la Rate est relativement douce et requiert généralement une association avec d’autres remèdes.
– Pour les vides de Qi et de Yin de la Rate et de l’Estomac, Huáng Jīng est associé à Dǎng Shēn (Radix Codonopsis), Fú Líng (Poria) et Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae).
– Pour les vides de Yin de la Rate et de l’Estomac, on l’associe à Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Yù Zhú (Rhizoma Polygonati Odorati).
– Pour les vides de Qi et de Yin de la Rate et de l’Estomac combinés, on l’utilise avec Dǎng Shēn (Radix Codonopsis), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis), Wǔ Wèi Zǐ (Fructus Schisandrae Chinensis) et Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae).

– Nourrit le Yin du Poumon et tonifie le Qi du Poumon :
Huáng Jīng nourrit le Yin du Poumon et génère les Liquides Organiques pour traiter la toux sèche, les expectorations rares et collantes, la sécheresse buccale, la gorge sèche et la toux chronique liées à un vide de Yin du Poumon. Ce remède agit simultanément sur le Qi et le Yin, ce qui le rend particulièrement adapté aux tableaux de double vide.
– Pour la toux sèche par vide de Yin du Poumon, Huáng Jīng est associé à Běi Shā Shēn (Radix Glehniae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Tiān Mén Dōng (Radix Asparagi).
– Pour la tuberculose pulmonaire avec vide de Yin et chaleur de vide, on l’associe à Bǎi Hé (Bulbus Lilii), Dì Gǔ Pí (Cortex Lycii) et Biē Jiǎ (Carapax Trionycis).

– Tonifie le Yin du Rein et renforce l’Essence :
Huáng Jīng entre dans le méridien du Rein pour nourrir le Yin, renforcer l’Essence et tonifier le Qi du Rein, traitant les manifestations de vide de Yin et d’Essence du Rein telles que les vertiges, l’acouphène, la faiblesse et la douleur lombaire, la faiblesse des membres inférieurs, la vision trouble et les cheveux précocement blancs. Sa nature neutre lui permet d’être utilisé sur le long terme sans générer de Chaleur-Feu.
– Pour le vide d’Essence du Rein, Huáng Jīng est utilisé en association avec de petites quantités de Gān Jiāng (Rhizoma Zingiberis) et de Ròu Guì (Cortex Cinnamomi) pour potentialiser la fonction tonique.
– Pour les vides de Yin du Rein et du Foie, on l’associe à Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii).
– Pour les vides d’Essence et de Sang du Rein, on ajoute Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis).
– Pour les vertiges, acouphènes, vision trouble et faiblesse lombaire dus au vide de Yin du Foie et du Rein, Huáng Jīng est associé à Hé Shǒu Wū (Radix Polygoni Multiflori) et Sāng Shèn Zǐ (Fructus Mori).

– Traite le syndrome xiao ke de consomption-soif :
Le syndrome xiao ke est caractérisé par une Chaleur par vide de Yin avec polyurie, polyphagie et polydipsie, accompagnées d’amaigrissement, d’irritabilité et de fatigue. Huáng Jīng pénètre et nourrit le Poumon, la Rate et le Rein, les organes fréquemment touchés par ce syndrome, et peut donc traiter les formes supérieure, moyenne et inférieure du xiao ke. Sa nature neutre et son action simultanée sur le Qi et le Yin en font un remède idéal pour le traitement chronique de ce syndrome.
– Pour le xiao ke avec Chaleur prédominante, Huáng Jīng est associé à Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis), Shí Gāo (Gypsum Fibrosum), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Huáng Lián (Rhizoma Coptidis).
– Pour le xiao ke avec vide de Yin sévère, on l’associe à Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae), Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Tiān Mén Dōng (Radix Asparagi) et Shí Hú (Herba Dendrobii).
– Pour le xiao ke avec vide de Yin et de Yang, on l’utilise avec Shú Dì Huáng (Radix Rehmanniae Preparata), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Shān Zhū Yú (Fructus Corni), Ròu Guì (Cortex Cinnamomi) et Fù Zǐ (Radix Aconiti Lateralis Praeparata).
– Pour le xiao ke avec vide de Qi et de Yin, on l’associe à Huáng Qí (Radix Astragali), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae), Xī Yáng Shēn (Radix Panacis Quinquefolii) et Tài Zǐ Shēn (Radix Pseudostellariae).

Liste des symptômes

Vide de Qi et de Yin de la Rate et de l’Estomac :
Fatigue et manque d’énergie
Manque d’appétit
Sécheresse buccale
Pouls faible et fin
Langue rouge sans enduit ou à enduit mince

Vide de Yin du Poumon :
Toux sèche chronique
Expectorations rares, collantes, difficiles à expectorer
Gorge sèche et enrouée
Essoufflement par vide du Poumon

Vide de Yin et d’Essence du Rein :
Vertiges et étourdissements
Acouphènes
Douleur et faiblesse lombaires
Faiblesse des membres inférieurs
Vision trouble
Cheveux précocement blancs
Émissions nocturnes par vide du Rein

Syndrome xiao ke de consomption-soif :
Polyurie
Polydipsie (soif excessive)
Polyphagie (faim excessive)
Amaigrissement
Irritabilité et fatigue

Commentaire

Huáng Jīng (Rhizoma Polygonati) tire son nom de sa couleur jaune caractéristique et de sa qualité d’Essence (Jīng 精). Ce remède est l’un des toniques les plus précieux de la pharmacopée chinoise car il tonifie simultanément le Qi et le Yin des trois organes fondamentaux – Poumon, Rate et Rein – ce qui est rare dans la matière médicale. Sa saveur douce et sa nature neutre lui confèrent une action nutritive profonde sans tendance à générer de Chaleur, ce qui le distingue de nombreux autres toniques.

Mentionné dans le Míng Yī Bié Lù 名醫別錄 (Registres Supplémentaires de Médecins Célèbres), Huáng Jīng est qualifié de remède qui « nourrit le Qi intermédiaire, tonifie les cinq viscères, renforce l’Essence et fortifie les tendons et les os ». Le Běn Cǎo Gāng Mù 本草綱目 (Compendium de Matière Médicale) de Lǐ Shí-Zhēn souligne quant à lui sa capacité à renforcer l’Essence et la Moelle, à nourrir les muscles et les tendons, et à prévenir le vieillissement prématuré. Ces propriétés ont fait de Huáng Jīng un remède de longévité apprécié des taoïstes.

L’un des atouts majeurs de Huáng Jīng est son action simultanée sur le Qi et le Yin, ce qui en fait un remède idéal pour les pathologies chroniques de consomption impliquant les deux. Comparé à Yù Zhú (Rhizoma Polygonati Odorati), qui appartient au même genre botanique, Huáng Jīng est plus puissant pour tonifier le Yin du Rein et traiter les vertiges, la faiblesse lombaire et les genoux. Yù Zhú, quant à lui, est plus efficace pour tonifier le Yin de l’Estomac avec sécheresse buccale et soif. Les deux remèdes nourrissent le Poumon et l’Estomac, mais leurs cibles prioritaires diffèrent.

Associations

– avec Dǎng Shēn (Radix Codonopsis), Fú Líng (Poria) et Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) : pour les vides de Qi de la Rate et de l’Estomac

– avec Shā Shēn (Radix Glehniae seu Adenophorae), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Yù Zhú (Rhizoma Polygonati Odorati) : pour les vides de Yin de la Rate et de l’Estomac

– avec Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii) : pour les vides de Yin du Foie et du Rein avec vertiges et vision trouble

– avec Dāng Guī (Radicis Angelicae Sinensis) : pour les vides d’Essence et de Sang du Rein

– avec Hé Shǒu Wū (Radix Polygoni Multiflori) et Sāng Shèn Zǐ (Fructus Mori) : pour les vertiges, acouphènes, vision trouble et cheveux blancs précoces par vide de Yin du Foie et du Rein

– avec Tiān Huā Fěn (Radix Trichosanthis), Zhī Mǔ (Radix Anemarrhenae) et Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) : pour le xiao ke avec Chaleur prédominante

– avec Huáng Qí (Radix Astragali), Shān Yào (Rhizoma Dioscoreae) et Xī Yáng Shēn (Radix Panacis Quinquefolii) : pour le xiao ke avec vide de Qi et de Yin

– avec Dǎng Shēn (Radix Codonopsis), Ròu Guì (Cortex Cinnamomi) et Dà Zǎo (Fructus Jujubae) : pour l’hypotension avec vide de Qi

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生用 shēng Huáng Jīng) : forme non préparée, légèrement irritante pour la gorge ; son usage en décoction est rare et réservé à l’application topique (infections fongiques cutanées)
– préparé à la vapeur (蒸制 zhēng Huáng Jīng) : rhizome étuvé avec de l’eau ou de l’alcool de céréales, élimine l’irritation, renforce les propriétés toniques du Yin et du Rein ; forme d’usage oral la plus courante
– préparé au vin (酒制 jiǔ Huáng Jīng) : macéré dans l’alcool de céréales avant cuisson, potentialise l’action tonique et améliore la pénétration dans les méridiens profonds

Formules Classiques

– Èr Jīng Wán (二精丸 Pilule des Deux Essences)
Cette formule combine Huáng Jīng avec Gǒu Qǐ Zǐ (Fructus Lycii) pour tonifier l’Essence du Rein et le Yin du Foie, traiter les vertiges, la faiblesse lombaire, la vision trouble et les cheveux blancs précoces. C’est une formule classique de renforcement de l’Essence et de la longévité.

– Jīng Yè Gāo (精液膏 Onguent de l’Essence et des Liquides)
Formule tonique à base de Huáng Jīng associé à Tiān Mén Dōng (Radix Asparagi), Mài Mén Dōng (Radix Ophiopogonis) et Shēng Dì Huáng (Radix Rehmanniae) pour nourrir profondément le Yin et renforcer l’Essence dans les tableaux chroniques de consomption avec vide de Yin marqué.

– Formule de l’hypotension (formule clinique)
Association de Huáng Jīng (30 g), Dǎng Shēn (Radix Codonopsis) (30 g) et Ròu Guì (Cortex Cinnamomi) (10 g) avec Dà Zǎo (Fructus Jujubae) (10 pièces) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) (6 g), rapportée pour ses bons effets immédiats dans le traitement de l’hypotension avec vide de Qi et de Yin.

Toxicité :

Huáng Jīng présente une toxicité très faible aux doses thérapeutiques recommandées. La forme non préparée peut être légèrement irritante pour la gorge et provoquer des nausées chez certains patients ; cet effet est éliminé par le traitement préalable à la vapeur. En raison de sa nature grasse et visqueuse, une utilisation prolongée à doses élevées peut engendrer de l’Humidité et de la stagnation chez les patients présentant une faiblesse de la Rate. Des études pharmacologiques ont confirmé une bonne tolérance générale. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée, bien que des précautions soient recommandées en cas de traitement antidiabétique en raison de l’effet hypoglycémiant de ce remède.



Zhu Ru

Zhu Ru

Zhú Rú (Caulis Bambusae in Taeniis)

Identification

Chinois : 竹茹
Pinyin : zhú rú
Traduction : copeaux de bambou
Nom commun : copeaux ou lanières de bambou
Nom latin : Caulis Bambusae in Taeniis
Famille : Gramineae (Poaceae)
Espèces : Bambusa tuldoides Munro (青稈竹 qīng gǎn zhú), Sinocalamus beecheyanus Munro McClure var. pubescens P.F. Li (大頭典竹 dà tóu diǎn zhú), Phyllostachys nigra Lodd. Munro var. henonis Stapf (淡竹 dàn zhú)
Partie utilisée : couche interne de l’écorce de la tige, raclée en fines lanières ou copeaux
Texte d’origine : Míng Yī Zá Zhù 名醫雜著 (Registres Divers de Médecins Célèbres) par Táo Hóng-Jǐng au 5e siècle
Zhu Ru

Nature et Saveur

Catégorie : Remèdes qui clarifient la Chaleur et transforment les Mucosités (qīng rè huà tán yào 熱淸化痰藥)
Saveurs : Doux (甘 gān), légèrement amer (微苦 wēi kǔ)
Nature : Légèrement Froid (微寒 wēi hán)
Méridiens : Poumon (肺 fèi), Estomac (胃 wèi), Vésicule Biliaire (膽 dǎn)
Dosage : 4,5-9 g (forme sèche), jusqu’à 30 g (forme fraîche)

Propriétés :

Clarifie et transforme les Glaires-Chaleur, clarifie la Chaleur et arrête les vomissements, clarifie la Chaleur du Poumon et régule le Qi du Poumon, clarifie la Chaleur de la Vésicule Biliaire et libère la contrainte, calme le Shen.

Précautions :

Zhú Rú est contre-indiqué en cas de vomissements dus au Froid de l’Estomac ou de toux avec Glaires froides et abondantes causées par une déficience de la Rate et de l’Estomac. De nature froide, il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant des troubles digestifs liés au Froid ou à la déficience du Yang. La forme fraîche (鮮竹茹 xiān zhú rú) possède une action plus forte pour clarifier la Chaleur, transformer les Glaires et éliminer l’irritabilité que la forme séchée. Ce remède ne présente pas de toxicité aux doses thérapeutiques recommandées.

Fonctions principales :

Clarifie et transforme les Glaires-Chaleur
Clarifie la Chaleur du Poumon
Régule le Qi du Poumon
Clarifie la Chaleur de l’Estomac
Harmonise le Qi de l’Estomac
Arrête les vomissements
Clarifie la Chaleur de la Vésicule Biliaire
Libère la contrainte de la Vésicule Biliaire
Calme le Shen

Actions et Indications

– Clarifie et transforme les Glaires-Chaleur :
Zhú Rú est particulièrement efficace pour traiter la Chaleur dans le Poumon associée à des Glaires épaisses et visqueuses, des expectoration difficiles et une sensation d’oppression thoracique.
Il est couramment utilisé pour les syndromes de Glaires-Chaleur obstruant le Poumon avec toux et crachats jaunes.
– Pour la toux avec expectoration jaune et visqueuse due à la Chaleur du Poumon, Zhú Rú est associé à Guā Lóu (Fructus Trichosanthis) et Huáng Qín (Radix Scutellariae).
– Pour les Glaires-Chaleur avec sensation d’oppression thoracique et expectoration difficile, on l’associe à Zhè Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Thunbergii), Jié Gěng (Radix Platycodonis) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae).

Zhú Rú traite également les Glaires-Chaleur du Cœur et de la Vésicule Biliaire avec agitation et insomnie.
– Pour l’insomnie, les palpitations et l’irritabilité dues à l’entremêlement des Glaires et de la Chaleur perturbant l’harmonie entre la Vésicule Biliaire et l’Estomac, Zhú Rú est associé à Zhǐ Shí (Fructus Aurantii Immaturus) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum), formule Wēn Dǎn Tāng 溫膽湯 (Décoction pour Réchauffer la Vésicule Biliaire).
– Pour l’agitation mentale et l’irritabilité avec Glaires-Chaleur, on l’utilise avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), formule Huáng Lián Wēn Dǎn Tāng 黃連溫膽湯 (Décoction de Coptis pour Réchauffer la Vésicule Biliaire).

– Clarifie la Chaleur et arrête les vomissements :
Zhú Rú possède une action puissante pour clarifier la Chaleur de l’Estomac et harmoniser le Qi de l’Estomac, traitant ainsi les vomissements de matières amères ou acides, les hoquets et les nausées causés par la Chaleur de l’Estomac avec mauvaise haleine, aversion pour la Chaleur et enduit lingual jaune et gras.
Cette Chaleur de l’Estomac peut être due à un excès ou à une déficience.
– Pour les vomissements et la soif dus à la Chaleur de l’Estomac avec appauvrissement des liquides organiques, Zhú Rú est associé à Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis) et Pí Pá Yè (Folium Eriobotryae).
– Pour les vomissements par Glaires-Chaleur dans l’Estomac avec sensation d’oppression épigastrique, on l’associe à Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae).
– Pour les nausées et vomissements dus à la déficience du Yin de l’Estomac avec faim sans pouvoir manger, sécheresse buccale et soif, Zhú Rú est associé à Shí Hú (Herba Dendrobii).
– Pour les vomissements ou le hoquet dus à la déficience de l’Estomac avec Chaleur, on le combine avec Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens) et Rén Shēn (Radix Ginseng).

Zhú Rú est particulièrement efficace pour les nausées du matin (nausées de grossesse).
– Pour les nausées de grossesse, on le combine avec Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens) sous sa forme gingembre-préparée (姜竹茹 jiāng zhú rú), avec ajout de Bái Zhú (Rhizoma Atractylodis Macrocephalae) et Sū Gěng (Caulis Perillae).

– Clarifie la Chaleur du Poumon et régule le Qi du Poumon :
Zhú Rú clarifie la Chaleur du Poumon et régule le Qi du Poumon pour traiter la toux avec crachats de sang due à la Chaleur dans le Poumon.
Il est utilisé comme plante adjuvante puissante, en petite dose, pour la toux due aux Glaires-Chaleur.
– Pour la Chaleur du Poumon obstruant les voies aériennes avec expectoration de mucosités jaunes et visqueuses et sensation d’oppression thoracique, Zhú Rú est associé à Guā Lóu (Fructus Trichosanthis) et Pí Pá Yè (Folium Eriobotryae).
– Pour la toux avec crachats de sang, on peut l’associer à Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis).

– Calme le Shen et libère la contrainte de la Vésicule Biliaire :
Zhú Rú pénètre dans le méridien de la Vésicule Biliaire pour calmer le Shen, libérer la contrainte et soulager l’irritabilité due au Feu de la Vésicule Biliaire associé aux Glaires perturbant le Cœur.
Il traite efficacement les états d’agitation, d’insomnie et de labilité émotionnelle résultant de la contrainte de la Vésicule Biliaire couplée aux Glaires qui troublent le Cœur.
– Pour l’insomnie, l’irritabilité et la sensation d’oppression thoracique due au Feu de la Vésicule Biliaire et aux Glaires perturbant le Cœur, Zhú Rú est associé à Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum), Fú Líng (Poria) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), formule Wēn Dǎn Tāng 溫膽湯 (Décoction pour Réchauffer la Vésicule Biliaire).

Liste des symptômes

Troubles respiratoires :
Toux due à la Chaleur du Poumon
Expectoration jaune, épaisse et visqueuse
Sensation d’oppression thoracique
Crachats de sang dus à la Chaleur dans le Poumon
Difficulté à expectorer

Troubles digestifs :
Nausées et vomissements dus à la Chaleur de l’Estomac
Vomissements de matières amères ou acides
Hoquet par inversion du Qi de l’Estomac
Mauvaise haleine due à la Chaleur de l’Estomac
Nausées de grossesse
Sensation d’oppression épigastrique par Glaires-Chaleur
Faim sans pouvoir manger par déficience du Yin de l’Estomac

Troubles psycho-émotionnels :
Insomnie par Glaires-Chaleur
Palpitations par Glaires-Chaleur
Irritabilité et agitation par Feu de la Vésicule Biliaire
Labilité émotionnelle par contrainte de la Vésicule Biliaire
Sensation d’oppression thoracique par Glaires-Chaleur

Commentaire

Zhú Rú (Caulis Bambusae in Taeniis) tire son nom du bambou dont il est issu – « zhú » désignant le bambou et « rú » signifiant les raclures ou lanières fines. Ce remède est obtenu en raclant la couche interne de l’écorce des tiges fraîches de bambou, ce qui lui confère ses propriétés particulièrement humidifiantes et rafraîchissantes. Sa saveur douce et légèrement amère lui permet de clarifier la Chaleur sans excessive dessiccation, tandis que sa nature légèrement froide en fait un remède adapté aux syndromes de Chaleur modérée affectant le Poumon, l’Estomac et la Vésicule Biliaire.

Zhú Rú est particulièrement reconnu pour sa triple action : il clarifie la Chaleur du Poumon dans le foyer supérieur en transformant les Glaires-Chaleur, la Chaleur de l’Estomac dans le foyer moyen en dirigeant le Qi rebelle vers le bas et en arrêtant les vomissements, et la Chaleur de la Vésicule Biliaire en libérant la contrainte et en calmant le Shen. Cette polyvalence fait de Zhú Rú un remède précieux dans de nombreuses formules traitant les maladies impliquant la Chaleur et les Glaires. Comme le note le Suí Hán Jū Shí 隨函居食 : « Zhú Rú circule dans le Poumon, élimine les Glaires chaudes qui y pénètrent ; entrant dans l’Estomac, il expulse la Chaleur et arrête les nausées et le reflux ; entrant dans la Vésicule Biliaire, il calme le Shen, libère la contrainte et soulage l’irritabilité. »

En médecine chinoise, Zhú Rú se distingue par son humidité (tī huá 體滑) qui lui permet de lubrifier les voies respiratoires et digestives tout en transformant les Glaires. Cette qualité glissante est particulièrement appréciée pour diriger le Qi rebelle vers le bas et faciliter l’expectoration. De plus, selon Suí Hán Jū Shí 隨函居食, Zhú Rú, en tant qu’écorce du bambou, est à la fois rafraîchissant et descendant : il clarifie ainsi le Poumon et facilite l’élimination des Glaires, ouvre les voies de passage des fluides dans le Triple Foyer, et peut traiter efficacement les dysenteries avec ténesme.

Zhú Rú se distingue de Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum) par sa nature humidifiante et rafraîchissante, orientée vers le traitement des Glaires-Chaleur et des nausées dues à la Chaleur de l’Estomac. Bàn Xià, au contraire, est âcre, chaud et desséchant, davantage indiqué pour les Glaires-Froid, les Glaires-Humidité et les nausées dues au Froid ou à la déficience. Les deux plantes transforment les Glaires, soulagent les nausées et calment le Shen – c’est pourquoi elles sont souvent combinées pour renforcer mutuellement leurs effets, comme dans la formule Wēn Dǎn Tāng 溫膽湯.

Associations

– avec Guā Lóu (Fructus Trichosanthis) et Huáng Qín (Radix Scutellariae) : pour la toux avec expectoration jaune et visqueuse due à la Chaleur du Poumon

– avec Lú Gēn (Rhizoma Phragmitis) et Pí Pá Yè (Folium Eriobotryae) : pour les nausées, vomissements et soif dus à la Chaleur de l’Estomac

– avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) : pour les vomissements par Glaires-Chaleur dans l’Estomac

– avec Shí Hú (Herba Dendrobii) : pour les nausées et vomissements récurrents par déficience du Yin de l’Estomac

– avec Zhǐ Shí (Fructus Aurantii Immaturus) et Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum) : pour l’insomnie, les palpitations et l’irritabilité par Glaires-Chaleur perturbant l’harmonie Vésicule Biliaire-Estomac (formule Wēn Dǎn Tāng 溫膽湯 Décoction pour Réchauffer la Vésicule Biliaire)

– avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis) : pour les palpitations, l’insomnie, l’irritabilité et la labilité émotionnelle due au Feu de la Vésicule Biliaire et aux Glaires perturbant le Cœur (formule Huáng Lián Wēn Dǎn Tāng 黃連溫膽湯 Décoction de Coptis pour Réchauffer la Vésicule Biliaire)

– avec Jié Gěng (Radix Platycodonis), Zhè Bèi Mǔ (Bulbus Fritillariae Thunbergii) et Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae) : pour la toux sèche due au Vent-Chaleur avec gorge sèche et expectoration épaisse difficile à expectorer

– avec Shēng Jiāng (Rhizoma Zingiberis Recens) : pour tempérer la nature froide de Zhú Rú et renforcer son action pour arrêter les vomissements, notamment lors des nausées de grossesse

– avec Bái Máo Gēn (Rhizoma Imperatae) et Ǒu Jié (Nodus Nelumbinis Rhizomatis) : pour les crachats de sang dus à la Chaleur dans le Poumon

Préparations (炮制 páo zhì)

– cru (生竹茹 shēng zhú rú) : forme standard, également connue sous le nom de copeaux de bambou frais (鮮竹茹 xiān zhú rú) ; nature très froide, action supérieure pour clarifier la Chaleur, transformer les Glaires et éliminer l’irritabilité ; généralement utilisée pour les Glaires-Chaleur entremêlées qui perturbent le Shen et causent une irritabilité agitée, et moins fréquemment pour la toux par Chaleur du Poumon avec expectoration jaune et visqueuse
– copeaux de bambou au gingembre (姜竹茹 jiāng zhú rú) : l’herbe est d’abord aspergée de jus de gingembre frais (Shēng Jiāng) puis frite à feu doux jusqu’à ce qu’elle devienne jaune foncé ou orangée ; cette préparation modifie la nature de Zhú Rú de froide à légèrement tiède et augmente son aptitude à diriger le Qi rebelle vers le bas et à soulager les nausées ; peut être utilisée pour les nausées et le reflux, quelle que soit leur cause, Froid ou Chaleur de l’Estomac
– copeaux de bambou frit à sec (炒竹茹 chǎo zhú rú) : les copeaux sont frits ou cuits à chaleur modérée jusqu’à légère carbonisation ; la friture atténue sa nature froide de sorte qu’il convient au reflux et au Qi rebelle par déficience de l’Estomac

Formules Classiques

– Wēn Dǎn Tāng (溫膽湯 Décoction pour Réchauffer la Vésicule Biliaire)
Cette formule combine Zhú Rú avec Zhǐ Shí (Fructus Aurantii Immaturus), Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum), Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Fú Líng (Poria) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter l’insomnie, les palpitations et l’irritabilité dues à l’entremêlement des Glaires et de la Chaleur entraînant une disharmonie entre la Vésicule Biliaire et l’Estomac, avec sensation d’oppression thoracique, agitation, insomnie et pouls glissant et rapide. C’est la formule classique de référence pour Zhú Rú.

– Huáng Lián Wēn Dǎn Tāng (黃連溫膽湯 Décoction de Coptis pour Réchauffer la Vésicule Biliaire)
Variante renforcée de la formule précédente, combinant Zhú Rú avec Huáng Lián (Rhizoma Coptidis), Bàn Xià (Rhizoma Pinelliae Preparatum), Chén Pí (Pericarpium Citri Reticulatae), Fú Líng (Poria), Zhǐ Shí (Fructus Aurantii Immaturus) et Gān Cǎo (Radix Glycyrrhizae) pour traiter les palpitations, l’insomnie et l’irritabilité résultant du Feu de la Vésicule Biliaire associé aux Glaires qui perturbent le Cœur, avec une composante de Chaleur plus marquée.

Toxicité :

Zhú Rú ne présente pas de toxicité significative aux doses thérapeutiques recommandées. Les études pharmacologiques indiquent une très bonne tolérance. Cependant, en raison de sa nature froide, une utilisation prolongée à doses élevées peut affaiblir la Rate et l’Estomac chez les personnes présentant une déficience digestive avec signes de Froid ou de Yang. Les effets indésirables rapportés sont rares. Aucune interaction médicamenteuse majeure n’a été documentée.



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